Alain YVER

Alain YVER

A TRIBE CALLED QUEST

A TRIBE CALLED QUEST


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//atribecalledquest.com/html/

https://www.facebook.com/ATribeCalledQuest

https://myspace.com/atribecalledquest

//www.youtube.com/watch?v=lRrM6tfOHds

//www.lastfm.fr/music/A+Tribe+Called+Quest

//www.dailymotion.com/video/xthkc_a-tribe-called-quest-feat-de-la-sou_music

//www.du-bruit.com/samples-a-tribe-called-quest.html


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A Tribe Called Quest incarne l'âge d'or du rap positif et jazzy des 90's, revendicatif et anti-gangsta avec d'autres groupes, comme De La Soul ou encore The Roots.
Leurs lyrics engagés mettant en avant des problèmes sociaux de l'époque ont été la source de leur succès et ont ainsi contribué au changement radical du mouvement hip-hop.
L'album The Low End Theory, un des meilleurs albums réalisés à ce jour, est le symbole d'une page qui s'est tournée dans l'histoire du hip-hop.


//www.tshirt-hiphop.com/54__a-tribe-called-quest






DOCUMENTAIRE : BEATS, RHYMES AND LIFE…THE TRAVELS OF A TRIBE CALLED QUEST

 

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The Travels of a Tribe Called Quest est un véritable laissez-passez à l’un des groupes de hip-hop les plus influents et les plus légendaires, A Tribe Called Quest, tourné lors d’une série de concerts sold-out à travers l’Amérique.
Le film suit le groupe tout au long de leurs concers ponctuées d’interviews avec des fans et des artistes tels les Beastie Boys, Kanye West, Pharrell Williams, Mos Def, Monie Love, Ghostface Killah, De la Soul, Jungle Brothers et Common. Le film bénéficie d’une bande originale produite  par Madlib ainsi que des entretiens approfondis avec les membres du groupe eux-mêmes: Q-Tip, Phife Dawg, Jarobi Blanc et Ali Shaheed Muhammad.
Ce documentaire est absolument captivant et livre une vision authentique du groupe A Tribe Called Quest et à travers eux du Hip-Hop. Ce documentaire à été primé lors du festival Sundance 2011.


//oozemag.com/artculture/documentaire-beats-rhymes-and-life-the-travels-of-a-tribe-called-quest/





Beats Rhymes & Life : The Travels of a Tribe Called Quest
A Tribe Called Quest au cinéma
Découvrez la bande-annonce du documentaire sur le collectif de hip hop new-yorkais légendaire, A Tribe Called Quest, réalisé par le comédien Michael Rapaport.
Notes : A Tribe Called Quest restera à tout jamais pour les amateurs de hip hop comme le fleuron du genre. Ils ont marqué les années 90 de leurs sons urbains uniques, avec notamment l’album The low end theory qui cartonna dans les charts et obtint quelques-unes des meilleures critiques musicales de son époque. Séparé depuis 1998, le groupe est aujourd’hui l’objet d’un documentaire, déjà projeté à Sundance en début d’année 2011, et qui connaîtra une sortie dans quelques salles américaines le 8 juillet, sous la bannière de Sony Classics. L’annonce d’une réunion miraculeuse pour ce collectif encore adulé aujourd’hui ?

    •    Réalisateur : Rapaport, Michael
    •    Genre : Documentaire, Musical
    •    Nationalité : Américain
    •    Date de sortie :   2011
    •    Plus d'informations : //www.sonyclassics.com/beatsrh...

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A Tribe Called Quest : un film polémique
Le 26 novembre 2011 | Par Mimouna


Michael Rapaport, originellement acteur (vous l’avez vu dans quelques séries comme Friends ou Prison Break), nouvellement réalisateur de documentaire et éternellement fan de hip hop (son fils porte le nom d’un des membres de De La Soul), a mis en avant dans le film Beats, Rhymes & Life : The Travels Of A Tribe Called Quest le groupe de légende A Tribe Called Quest, réuni en 2008 à l’occasion des festivals Rock The Bells aux Etats-Unis. Réunion qui ne s’est pas faite que dans la joie et l’allégresse mais qui a permis d’en apprendre beaucoup sur le groupe, de l’impact qu’il a eu sur la scène rap à la vie en communauté de ses membres.
Polémique donc avant la sortie et pendant sa promotion parce que sous l’oeil du réalisateur, bien des choses sont montrées qu’on n’aurait pas suspectées ou voulu croire. Entre les querelles internes et l’avis de figures du milieu (de Questlove à Prince Paul en passant par les Beastie Boys), on comprend pourquoi le groupe et Q-Tip en particulier n’a pas beaucoup soutenu ce documentaire, pourtant acclamé par la critique notamment à Sundance en 2011 (et que je vous recommande fortement tant il est efficace).
Beats. Tout au long du film, on en apprend beaucoup sur Q-Tip, producteur des trois premiers albums du groupe, des petites astuces utilisées pour la création de beats avant l’arrivée du sampler à son perfectionnisme sans bornes qui mène à une certaine crispation de la maison de disque avant la sortie de The Low End Theory. En plus de la simple histoire propre à A Tribe Called Quest, des artistes comme Common parlent de l’impact qu’à eu le groupe sur la scène rap avec l’introduction de sonorités jazz et même bebop dans leur son. On voit aussi Pharrell parler de l’ovni qu’à représenté ce même album, The Low End Theory, avec l’émergence de Phife Dawg qui prend alors clairement une place de leader au mic, notamment sur la bombe Buggin’ Out et son « Yo, microphone check, one, two, what is this ? ».
Rhymes. Pas de bon MC sans texte à la hauteur. A Tribe Called Quest arrive dans le rap au moment même où le phénomène sort du Bronx et devient une culture à part entière : l’éloquence des MCs va permettre de juger la qualité de la scène rap new yorkaise. Rapaport ne manque pas de revenir sur le mouvement Native Tongues, né du rapprochement d’ATCQ avec De La Soul, The Jungle Brothers et Queen Latifah notamment sous l’œil attentif de DJ Red Alert. Avec leur rap festif, leur look d’aliens et un semblant d’afrocentrisme, A Tribe Called Quest et le collectif Native Tongues montrent que le rap peut être différent de ce qui se fait déjà avec Public Enemy ou N.W.A. et se poser comme la possibilité d’un groupe qui crée avec une identité et dans la bonne humeur, loin des beefs.
Life. Prenant pour exemples Run DMC et LL Cool J, Phife Dawg et Q-Tip, dans la même classe et presque voisins, commencent à rapper : Quest est né ! Jarobi se joint après avoir entamé un petit beatbox devant Phife alors qu’Ali était en cours avec Q-Tip et découvre le DJing. Quand le groupe commence à se faire une place, Afrika Baby Bam des Jungle Brothers leur suggère de changer leur nom : A Tribe Called Quest est né ! En huit ans, le groupe a sorti cinq albums. A ce jour, leur contrat initial avec Jive Records n’est pas honoré : il leur reste un album à faire pour conclure le deal signé en 1989. Mais la vie continue après la rupture, Q et Ali poursuivant des carrières chacun de leur coté. Le groupe n’est quand même pas oublié puisqu’il continue d’attiser l’intérêt de promoteurs de salles et festivals aujourd’hui.

The Travels Of A Tribe Called Quest. Phife le dit dès le début : bien qu’il connaisse Q-Tip depuis toujours ou presque, il n’a jamais su le cerner. On comprend d’entrée de jeu que les deux caractères et membres historiques du groupe vont être au cœur d’un affrontement au milieu duquel se trouvent Jarobi et Ali Shaheed Muhammad. Pourtant, c’est Phife qui a mis le pied à l’étrier à Q-Tip et l’a incité à rapper dans les années 80. Au fil du temps, les brouilles et malentendus éloignent les deux hommes jusqu’à l’explosion du groupe en 1998 et la sortie de The Love Movement. Si Jarobi a quitté le groupe avant, on sait désormais pourquoi : lassé des règles et de ne pas pouvoir s’exprimer comme il le voulait, il a préféré se mettre en retrait. Ce qui ne l’a pas empêché de revenir avec les autres pour des concerts notamment à la demande de Phife, malade, qui réclamait son soutien, tant physique sur scène que visiblement moral dans les coulisses.
Le diabète de Phife Dawg est finalement au cœur de la vie de ce groupe : grâce aux images de l’époque, on voit clairement l’impact de la maladie sur Phife au cours de différentes apparitions. En 1992, chez Letterman, on comprend l’état second du MC qui semble être au ralenti parce qu’il est en fait pleine crise. Le lendemain, il passe par la case hôpital et doit manquer un plateau télé : le groupe s’y présente quand même et c’est le début d’une longue série de petites brouilles, déclarations et mots mal choisis qui mène irrémédiablement à la fin d’ATCQ. De Q-Tip qui veut tout contrôler à l’intronisation de Consequence au sein du groupe, A Tribe Called Quest est déchiré entre ses deux leaders, menant à sa séparation en 1998.
Entre amitié et rivalité, fraternité et business, le parcours d’ATCQ tel qu’il est montré dans ce documentaire n’est pas de tout repos et le sommet est atteint lors du festival de 2008, où Phife refuse de monter sur scène. Finalement, le groupe est bien présent en 2010 pour haranguer les foules japonaises sans haine apparente. Mais ces rassemblements laissent une question en suspens : sont-ils réunis pour l’amour d’ATCQ et en toute amitié ou simplement pour honorer des contrats et recevoir un cachet ? Vrai, clairement polémique parce que complétement immergé dans la vie du groupe, avec une bande son superbement mixée par Madlib, ce film d’une heure trente-cinq mérite votre attention que vous soyez fan d’ATCQ ou non, ne serait-ce que pour cette leçon d’histoire du hip hop que Beats, Rhymes & Life : The Travels Of A Tribe Called Quest représente.


//www.soultonoreille.com/2011/11/26/beats-rhymes-life-the-travels-of-a-tribe-called-quest/






Sundance fait revivre "A Tribe Called Quest", les empereurs du hip-hop
Publié le 29/01/2011


Ils furent "les Rolling Stones du hip-hop" dans les années 90, avant leur séparation en 1998. La trajectoire exceptionnelle du groupe "A Tribe Called Quest" fait l'objet d'un documentaire à Sundance, signé par un fan de la première heure, l'acteur Michael Rapaport.

"Beats, Rhymes and Life: The Travels of A Tribe Called Quest" (Rythme, rimes et existence: les voyages de A Tribe Called Quest) est en compétition au festival du cinéma indépendant qui se déroule jusqu'à dimanche à Park City, dans les montagnes de l'Utah (ouest).
Avec ses cinq albums - tous disques d'or ou de platine - le groupe, dont tous les membre sont originaires du Queens (New York), ont révolutionné le hip hop, que ce soit sur le plan musical, en y intégrant notamment des influences jazz, ou des textes, en n'hésitant pas à aborder des problèmes de société.

"J'ai toujours été fan du groupe", déclare à l'AFP Michael Rapaport, un géant blond américain qu'on a pu voir notamment dans "Escrocs mais pas trop" de Woody Allen ou dans la série télévisée "Prison Break".
"L'idée de faire le film m'est venue en 2006, lors d'un concert", précise-t-il. Malgré sa séparation et la fin du travail en studio avec leur dernier album "The Love Movement" (1998), le groupe a en effet donné plusieurs concerts aux Etats-Unis et dans le reste du monde.
"Quand je les ai vus jouer, j'ai passé un moment tellement formidable, l'ambiance était tellement joyeuse, que je me suis juste dit: +Je veux faire un film sur ces gars-là", explique-t-il.
Après une première partie très musicale, qui retrace le succès irrésistible de Q-Tip, Phife Dawg, Ali Shaheed Mohammed et Jarobi White (ce dernier prenant le large après le premier album), le documentaire explore ensuite les raisons de la séparation, avec des entretiens sans fard de tous les membres.
Parti pour être "une sorte de concert, de célébration musicale" le film a évolué lors du tournage "vers un terrain plus personnel", remarque le réalisateur. "Je n'imaginais pas que j'y aurais accès. Quand j'ai réalisé que c'était le cas (...) j'ai trouvé ça excitant et inquiétant à la fois, car ça devenait plus compliqué faire".
Michael Rapaport se retrouve notamment à plus d'une occasion au milieu de disputes de coulisses -- dont une mémorable à San Francisco -- qui jettent une lumière crue sur les rancoeurs et frustrations de ces amis d'enfance.
"Parfois ils m'oubliaient, parfois ils n'étaient pas contents que je sois là, ils étaient inquiets, ils ne voulaient pas avoir l'air excessifs. Mais au final, ils m'ont fait suffisamment confiance pour que je puisse obtenir le matériel nécessaire au film que je voulais faire", affirme l'acteur.
Malgré son caractère parfois introspectif, le documentaire ne néglige pas l'aspect musical et Michael Rapaport a rassemblé une impressionnante brochette des musiciens pour parler de l'apport du groupe au monde musical, de DJ Red Alert aux Jungle Brothers, en passant par Busta Rhymes, De La Soul, les Beastie Boys ou Kanye West.
"Leur musique est drôle, expressive, porteuse d'un message mais jamais donneuse de leçons. Et le rythme est incroyable. C'est la substance et la profondeur de cette musique qui la rend unique", estime le réalisateur.
"A Tribe Called Quest représente pour les fans de hip hop la même chose que les Rolling Stones ou les Doors pour les fans de rock", dit-il.
Quand à la séparation de ses membres -- qui se sont récemment réunis pour la énième fois --, elle est selon lui toute relative. "Ils sont mariés à A Tribe Called Quest. Ils ne peuvent pas y échapper. Il n'y a pas de divorce possible".


//www.lepoint.fr/culture/sundance-fait-revivre-a-tribe-called-quest-les-empereurs-du-hip-hop-29-01-2011-133483_3.php





L'hommage de deux musiciens mozambicains au groupe A Tribe Called Quest
18/11/2013  Par Jérôme Besnault
    
Deux Mozambicains rendent hommage au groupe américain de hip-hop A Tribe Called Quest. Rencontre inattendue et réussie.
Dans l'histoire du hip-hop, les New-Yorkais d'A Tribe Called Quest forment l'un des groupes les plus influents et les plus innovants. Depuis près de trente ans, ils proposent des compositions léchées et dont la particularité est l'utilisation de samples venant d'univers musicaux variés dont le mélange semble parfois improbable. Ils ont influencé toute une génération d'artistes et leur rayonnement mondial s'est propagé jusqu'au Mozambique où le rappeur Nelson Angelo Sitoi, dit Simba, et le producteur-musicien Milton Gulli ont décidé de leur rendre hommage sur un album entièrement consacré à leurs idoles.
Le point commun entre les deux compères et A Tribe Called Quest ? Leur capacité à s'approprier différents styles musicaux, allant du rock au jazz en passant par l'afrobeat et le funk, et d'en créer un son bien à eux.
Simba fut le premier et, à ce jour, l'unique rappeur mozambicain à se produire au prestigieux festival de jazz du Mozambique, ce qui lui vaut d'être reconnu par les puristes du genre. Quant au musicien Milton Gulli, il passe ses jeunes années entre Lisbonne, l'Arabie saoudite et Madère, d'où il rapporte un maximum de sons afin de développer un style entre reggae, dub, funk, soul ou afro. Ses diverses participations au sein de collectifs bigarrés comme Cool Hipnoise, premier groupe d'acid-jazz portugais ou Cacique 97, aux sonorités afrobeat, lui permettent ainsi de jongler avec toutes ces influences. En 2011, il retourne au Mozambique et travaille avec Simba. Lors de cette rencontre, ils décident de faire un album hommage, entre relecture africaine et reprise de plusieurs morceaux cultes du groupe. Un album fantastique à découvrir d'urgence. À noter la sortie de l'album dans sa version instrumentale.


//www.jeuneafrique.com/Article/JA2757p094.xml2/






La biographie de A Tribe Called Quest

Originaire du Queens à New-York, A Tribe Called Quest (Q-Tip, Phife Dawg et Ali Shaheed Muhammad) se forme au début des années 90 et fait parti de ces rares groupes avec De la Soul à critiquer ouvertement la tournure « gansga rap » que prenait les choses. Privilégiant des réflexions essentielles et existentielles (la négritude, la vie, le désir) à des réflexions consuméristes (quel est la marque de ton survêtement ?), ils sortent leur premier disque chez Jive « People's Instinctive Travels and the Paths of Rhythm » avec leur fameux titre « Can I Kick It ? » (yes you can) puis toujours chez Jive « The Low End Theory” un an plus tard (avec la couverture “à la Mandrill”). En 98, le groupe se split et chacun entame une carrière solo. En tout, « une tribu nommée quête » nous aura donné 8 années d’excellent rap.

//musique.ados.fr/A-Tribe-Called-Quest.html





A Tribe Called Quest
Midnight Marauders
Novembre 1993 / Jive/BMG

A Tribe Called Quest nous ramène au temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Le temps de l’âge d’or du Rap, où le Bling-Bling décérébré n’envahissait pas nos écrans de télévision. Nostalgie quand tu nous tiens…
A écouter et surtout à faire écouter aux rappeurs actuels
C'est quoi ce groupe ?
Quatuor à l’origine, A Tribe Called Quest devient un trio suite au départ de Jarobi White après un premier album, People's Instinctive Travels and The Paths of Rhythm, pourtant plébiscité par les critiques. Pour ce troisième volet, ne restent donc plus que les deux rappeurs, Q-Tip et Phyfe Dawng, épaulés à la production par leur DJ de toujours, Ali Shaheed Muhammad. Regorgeant de samples distillés à la perfection, cet album fera date et imposera le groupe comme l’un des plus doués de l’histoire du Hip-Hop. Leur séparation en 1998 reste aujourd’hui encore vécue comme une tragédie par leurs nombreux fans.
C'est quoi cet album ?
Midnight Marauders est un hymne à la nuit et à la musique qui va avec. Il faut attendre la fin de l’album pour comprendre le sens de ce titre et le concept du groupe. Selon eux, la musique est principalement écoutée après minuit. La bande à Q-Tip se propose donc d’être les maraudeurs de nos oreilles, un club de Jazz à eux tous seuls qui ne fermerait que quand le jour se lève. Mais bien loin d’une ambiance hardcore à la Wu-Tang Clan, A Tribe Called Quest est du genre posé. Et précurseur aussi. Au niveau artistique et purement esthétique tout d’abord, en défrichant le terrain encore vierge qu’est le Jazz-Rap (aussi appelé Jazz Hop). Mais surtout en choisissant un rap conscient et une démarche positive au moment où le Gangsta Rap fait office d’étalon-or. A Tribe Called Quest c’est aussi une question de juste équilibre entre les deux MCs que sont Q-Tip et Phyfe Dog. Le premier, dont le phrasé poétique est reconnaissable entre mille, est le versant tranquille et réfléchi du duo. Alors que le second, d’un tempérament plus spontané, apporte ce côté insolent et brut de décoffrage. Et puis il y a cette musique, cette ambiance Soul et Jazzy sur laquelle ils ont bâti leur réputation. Du Jazz, ils ont importé cette basse suave qui vous transperce, ces cuivres aériens qui vous transportent et ce piano qui vous transforme un beat quelconque en coup de génie. Leur son est à la fois créatif et sophistiqué, tout en nuance, sans rien perdre du côté urbain propre au Hip-Hop. Les thèmes évoqués sont là pour le rappeler, A Tribe Called Quest est un objecteur de conscience illustrant une maturité peu commune dans l’industrie du Rap. La religion, le machisme ou encore les travers de nos sociétés consuméristes sont autant de sujets qui les inspirent. ‘Electric Relaxation’ et ‘Oh My God’ (dont le célèbre refrain est assuré par le trublion de service Busta Rhymes) sont les petites perles de cet opus qui n’en manque pas. On retrouve aussi Raphael Saadiq à la production sur ‘Midnight’, bien avant que celui-ci ne truste les premières places des charts avec son revival Soul. Attention cependant, l’écoute de cet album peut vous rendre nostalgique. Il vous rappelle qu’à cette époque, A Tribe Called Quest était la norme, l’objectif à atteindre. Une époque qui nous paraît, malheureusement, bien révolue aujourd’hui au vu des productions Hip-Hop du moment.
par Alex

//www.musicabrac.fr/chronique,4-46,a-tribe-called-quest-midnight-marauders?PHPSESSID=d10c313cfffc85b57add7669f5253585






Quest Beats, rhymes and life
A tribe called quest - Quest Beats, rhymes and life Jive - BMG


Même en petite forme, A Tribe Called Quest écrase la concurrence : aussi jouissif que frustrant. Qu’il est lourd à porter, le fardeau des héros. Qu’elle est ingrate, la mission d’être à chaque fois ni tout à fait le même ni tout à fait un autre. Pour le fan, le tourment n’est pas moins cornélien […]

Même en petite forme, A Tribe Called Quest écrase la concurrence : aussi jouissif que frustrant.
Qu’il est lourd à porter, le fardeau des héros. Qu’elle est ingrate, la mission d’être à chaque fois ni tout à fait le même ni tout à fait un autre. Pour le fan, le tourment n’est pas moins cornélien lorsqu’il s’agit de faire la part des choses entre la tentation d’indulgence et le devoir d’exigence. Prenons A Tribe Called Quest. Un groupe irréprochable qui a su faire preuve au fil des ans d’une sincérité sans failles, d’un talent novateur inégalable et d’une remarquable loyauté envers les valeurs fondatrices du hip-hop. Au quatrième album, qui enfonce largement 99 % de la production rap actuelle, à quoi bon aller chercher des poux à cette exemplaire équipe ? Faut-il vraiment pester contre son manque d’audace et lui reprocher quelques vétilles ­ un premier single teinté de R&B ou une nouvelle propension à user de paroles directes en lieu et place d’une merveilleuse poésie abstraite ? Car si A Tribe Called Quest demeure l’un des meilleurs groupes de rap du monde, il peut certainement mieux faire aujourd’hui que de se limiter à une formule aux risques mesurés à laquelle l’intensité de l’inexploré fait souvent défaut. Ces trois surdoués ont heureusement de la ressource et un charme imparable capable de faire retomber les critiques tatillonnes comme un soufflé. Animés d’une attente moins démesurée, on pourrait même être parfaitement comblés avec cette nouvelle douceur pur beurre, cuisinée avec amour, fidèle aux ingrédients de qualité qui ont bâti la renommée de la tribu : une louche de climats veloutés, une mesure de poésie, un doigt d’humour, le tout émulsionné énergiquement à coups de beats secs sur feu doux mid-tempo. On notera l’incursion sur une demi-douzaine de titres d’un nouveau rimeur, Consequence, dont le timbre rappelle Nas, et la multiplication des morceaux solo. Les deux rappers n’ont d’ailleurs jamais autant pratiqué le dialogue de sourds ­ en musulman fraîchement converti, Q-Tip fait assaut d’analyses profondes et “responsables” alors que Phife reste un B-boy facétieux particulièrement doué pour les rimes espiègles. Et pourtant, l’alchimie est toujours optimale lorsqu’ils sont réunis, tel le fondant The Hop, le grisant Mind power ou l’insouciant Jam. Quant à 1nce again et Stressed out, seules concessions commerciales dotées respectivement des voix de Tammy Lucas et de Faith, ils brillent d’une luminosité que n’approcheront jamais les écœurantes tentatives R&B de la concurrence.

par Laure Narlian
le 30 novembre 1995

//www.lesinrocks.com/musique/critique-album/quest-beats-rhymes-and-life/





A Tribe Called Quest – Mouvement interrompu

Officiellement séparés depuis cet été, les pionniers du hip-hop espéranto de A Tribe Called Quest tirent leur révérence avec un album pourtant plein de vie : The Love movement. En compagnie d’un trio au bord des larmes, retour sur un phénomène qui a changé la donne du rap en lui inoculant tendresse et vulnérabilité.
La nouvelle n’a sans doute pas perturbé la bonne marche des affaires du monde en ce milieu de mois d’août, mais dans le hip-hop, elle a fait l’effet d’une bombe : A Tribe Called Quest baisse le rideau. Pour les fans, c’est la désolation. Phénomène à part, ce groupe a toujours occupé une place de choix au panthéon de tous les authentiques B-boys et B-girls de la planète.
D’abord, Q-Tip, Phife et Ali Shaheed ont réalisé coup sur coup au moins deux, voire trois albums certifiés “classiques” du hip-hop (People’s instinctive travels and the paths of rhythm en 1990, The Low end theory en 1991 et Midnight marauders en 1993), en gagnant constamment le pari difficile de la réinvention. Ensuite, ils font partie de la généreuse famille new-yorkaise des Native Tongues (De La Soul, Jungle Brothers, Black Sheep, Queen Latifah, etc.), dont il est impossible d’évoquer l’âge d’or sans nostalgie.
Visionnaires, loyaux, frais, brillants et surtout “positifs”, ces héros tranquilles ont introduit une nouvelle dimension dans le hip-hop, celle de la poésie abstraite, de la tendresse et de la vulnérabilité ­ une école dont Pharcyde et Hieroglyphics auront retenu les leçons ­ tout en accomplissant le miracle du rap universel. Un rap capable de séduire le plus grand nombre tout en conservant le respect de la rue. Normal pour un trio dont le but, de l’aveu d’Ali, “a toujours été d’unifier et de rassembler autour d’une même flamme des gens de couleur et de background différents”.
Nous voilà donc aujourd’hui orphelins impuissants, le coeur en pente douce et l’espoir en berne, à nous demander quelle mouche a bien pu piquer le trio, dont Q-Tip nous vantait encore en mai dernier “l’amitié indestructible basée sur l’amour réciproque et la longue complicité”. Surtout, que diable a-t-il bien pu se passer entre la déclaration d’Ali, assurant avec aplomb que “notre boulot en tant que A Tribe Called Quest est loin d’être terminé. Nous comptons bien être encore dans la course d’ici vingt ans”, et cette confession, deux mois plus tard, au magazine américain The Source : “En tant que A Tribe Called Quest, nous avons tout dit. Cela ne pourrait que se dégrader au fur et à mesure jusqu’à ne plus rien signifier pour personne” ? La piste facile d’un différend personnel au sein de l’équipe est exclue : depuis leur décision de révéler la nouvelle, les deux MC’s et le DJ n’ont fait preuve d’aucune animosité réciproque, se contentant de rappeler dans la joie et la bonne humeur à chaque étape de leur tournée américaine avec les Beastie Boys que The Love movement, leur cinquième album, serait aussi le dernier. Officiellement, jeter l’éponge serait la décision sage ­ et historique ­ d’une équipe intelligente et loyale, soucieuse de terminer en beauté, au mieux de sa forme, plutôt que de s’accrocher à tout prix. Pourtant, à examiner de plus près notre entretien de mai dernier et leurs plus récentes déclarations, on sent bien que A Tribe Called Quest entend aussi, voire surtout, se libérer du contrat qui le lie au label Jive. Cette rupture serait en effet probablement le seul moyen d’échapper à la livraison d’un sixième album dû au label après la signature d’un contrat assez douteux avec un agent. Il y a des signes qui ne trompent pas : Ali insistant sur les rapports en dents de scie avec Jive et sa préoccupation numéro un pour l’avenir ­ “Etre propriétaire de mon art” ­ ou Q-Tip sortant cette année un disque à compte d’auteur sous le pseudonyme de Lone Ranger. Ce mois-ci, dans l’”ultime” interview publiée par The Source, il n’hésite pas à sortir l’artillerie lourde contre une industrie qu’il qualifie à quatre reprises de “raciste”, avec une véhémence rarement entendue chez ce rapper au discours habituellement très pondéré.
Une amertume presque inquiétante pour cet aspirant acteur ­ il n’a pas fini d’en baver à Hollywood ­ dont les ambitions cinématographiques pourraient bien constituer la porte de sortie idéale de l’après-Tribe : cinq ans après sa brève apparition dans Poetic justice, au bouche à bouche avec sa grande copine Janet Jackson, Q-Tip sera bientôt à l’affiche de Love googles d’Anthony Davis, avant d’enchaîner sur une comédie musicale qu’il a prévu de coécrire avec Darnell Martin, réalisatrice de I like it like that.
Pour autant, la musique reste sa passion numéro un ­ “avec les femmes” ­ et ce collectionneur impénitent de vinyles, victime au début de l’année d’un terrible incendie qui a ravagé sa précieuse discothèque et des dizaines de demos, n’a pas dit son dernier mot sur le terrain de la production ­ que ce soit seul, comme il l’a déjà fait brillamment notamment pour Nas, ou au sein de la structure The Ummah. Sans compter les nombreuses invitations à rimer chez les autres, de Deee-Lite à Mobb Deep.
On disait de Q-Tip, repabtisé Kamaal, qu’il avait beaucoup changé depuis sa conversion à l’islam. Le joli coeur à la voix et au débit souple reconnaissables entre mille était devenu arrogant et blasé, affichant une moue d’ennui incommensurable, le portable constamment soudé à l’oreille. Certes, Q-Tip se livre peu, esquive souvent et cultive les fausses absences, mais nulle trace d’arrogance dans ses propos. Des trois, il est même le seul à être manifestement excité par la nouvelle vague de jeunes pousses et par le retour “du sens de la communauté et de l’esprit d’unité dans le hip-hop”. Fou de musique, il ne pense qu’à “en apprendre chaque jour davantage” et rend hommage à Ali, “qui m’a initié à la production et m’a poussé ces dernières années à jouer des claviers. C’est devenu ma drogue. Je n’ai qu’une idée : rentrer à la maison pour jouer. Pour moi, le hip-hop est comme une passion amoureuse, j’y reviens toujours, c’est un refuge. Je serai hip-hop jusqu’à mon dernier souffle.”
De son côté, Phife, dont on retrouvera la plume alerte en tant que journaliste sportif (le Five Foot Assassin est un fondu de basket, de football américain et de baseball), travaille à la fondation d’une structure censée “donner leur chance à des talents méconnus, aussi bien chanteurs, rappers que poètes ou comédiens”. Avec son sourire de chat persan, sa sucette à la cerise au bec (le sucre prévient les crises d’hypoglycémie) et son indévissable casquette aux couleurs orange et bleu de l’équipe des Knicks ­ “Mon coeur ne bat que pour eux : quand ils perdent, je perds. Et je perds depuis 1973″ ­, le discret Phife est manifestement celui sur lequel les années et le showbiz ont eu le moins d’effet. Il reste le pur B-boy au franc-parler et aux rimes ludiques qu’il est depuis ces jours lointains où il était obligé d’aimer le hip-hop en cachette. “Le hip-hop et le sport sont entrés dans ma vie à peu près au même moment, vers 7-8 ans. Dans mon quartier du Queens, si tu ne pratiquais ni l’un ni l’autre, tu n’étais personne et j’ai dû lutter toute ma jeunesse pour en être. C’est ma mère, poète, qui m’a poussé à écrire, mais j’ai été élevé par une grand-mère très stricte et très croyante, une adventiste du Septième Jour qui m’interdisait absolument toute sortie et toute distraction le week-end. Impossible non seulement de participer aux fêtes de quartier, mais aussi de voir les dessins animés et les matchs à la télé. J’étais obligé de tout faire en secret et d’écrire mes rimes en douce en faisant semblant de lire la Bible et d’étudier mes leçons de catéchisme. Je connais Q-Tip depuis le jardin d’enfants car nos parents étaient liés. Nous allions à la même église. Un jour ­ c’était un samedi de 1984 ou 85 ­, il m’a demandé, en plein catéchisme : “Tu m’accompagnes à cette session d’enregistrement cet après-midi ?” Moi, je paniquais en pensant à ma grand-mère. Mais en un éclair, j’ai réalisé que mon avenir se jouait peut-être là précisément. Nous avons donc quitté l’église subrepticement et nous nous sommes retrouvés dans le métro, en route pour le studio, encore vêtus de nos costumes de bons petits paroissiens. C’était la honte : tout le monde nous regardait. C’est à cette session que j’ai rencontré Ali pour la première fois. Aujourd’hui, je suis reconnaissant d’avoir trahi l’Eglise. Pardonnez-moi, Seigneur.” Dieu veillait sans doute au grain puisque Ali, le plus mature et le plus vertueux du trio, a toujours poussé ses complices à rester dans le droit chemin, leur conseillant d’éviter la fumette et les gros mots.
Déjà vu à l’oeuvre au chevet de D’Angelo ou de Mariah Carey, ce “compagnon du devoir” ne devrait pas manquer de propositions, y compris pour ses talents de directeur artistique (pour le label Qwest Records). Enfant de Brooklyn (les deux autres sont du Queens), Ali se souvient de ses premiers émois hip-hop, dans les fêtes de quartier où son oncle Mike sévissait déjà comme DJ au début du mouvement. “Il apportait tout son équipement à la maison pour les fêtes que donnait ma mère. Grâce à lui, j’ai touché mes premières platines dès l’âge de 8 ans. J’étais déjà à fond dans le hip-hop, c’était le son de ma vie. Je harcelais quotidiennement ma mère pour qu’elle m’achète mes deux platines, que j’ai finalement obtenues à 17 ans après avoir squatté toutes celles sur lesquelles je pouvais me faire la main. Mon oncle possédait aussi des claviers et un multipistes et, lorsque j’ai rencontré Q-Tip au lycée, à l’âge de 14 ans, il passait souvent chez ma grand-mère pour faire des beats et de la musique.” A l’époque, le calme et posé Ali jouait aussi du saxophone et de la clarinette : c’est peut-être ce qui lui donna l’audace d’introduire, au tournant du troisième album, des instruments live tels que la basse et les claviers dans le son de plus en plus complexe de A Tribe Called Quest.
Une complexité délibérément en retrait sur ce cinquième et dernier album construit sur le thème de l’amour, qui marque un retour à la vibration des débuts. “J’ai beaucoup écouté Abbey Road des Beatles durant la réalisation de The Love movement et je l’ai fait découvrir à Phife et Ali pour l’inspiration, raconte Q-Tip. J’adore ce disque, modèle de simplicité. J’ai repris cette philosophie pour l’appliquer à notre album. Nous avons essayé de revenir à notre innocence, de poser un regard frais sur les choses. Cet album parle d’amour, ce qui englobe l’amitié et la fraternité. Une façon de contrebalancer le matérialisme, la violence et le cynisme qui prévalent actuellement dans le hip-hop.”
Mission accomplie : testament on ne peut plus optimiste et léger, The Love movement montre encore une fois la voie d’un rap lumineux, positif et conscient, délesté de tous les clichés qui le rongent de l’intérieur. Contrastant avec le précédent, victime d’une passagère panne d’inspiration, cet album boucle admirablement la boucle en renouant avec l’insouciance juvénile des débuts en compagnie d’une brochette record d’invités. Interdit de faux pas et condamné à l’excellence depuis son premier album intronisé classique, le groupe semble cette fois totalement décomplexé, débarrassé de toute obligation pesante et se lâche avec jubilation.
Dépouillé dans la production, simple dans les paroles ­ il s’agit cette fois d’être compris de tous, y compris de la jeune “Puffy” génération ­, pétillant d’idées, The Love movement est un hymne à l’amour euphorique et spontané, à l’image de l’adorable ritournelle bossa-nova de Find a way. Du pastiche rigolard My name is Muddy Ranks au poignant Love movement ­ “We do it for the love”, s’époumone Q-Tip jusqu’au vertige ­, des tendres Against the world et Like it like that au clin d’oeil old-school Rock rock ya’ll, jamais enterrement n’aura été fêté d’aussi joyeuse façon, rarement veillée funèbre n’aura été aussi prometteuse. Que le deuil en soit de même.
 A Tribe Called Quest, The Love movement (Jive/Virgin).

par Laure Narlian
le 23 septembre 1998

//www.lesinrocks.com/1998/09/23/musique/a-tribe-called-quest-mouvement-interrompu-11230676/






Lucien est mon frère


Le contrepied, c’est le geste préféré des poètes d’A Tribe Called Quest. Pour jouer les intéressants, ils déshabillent leur rap ludique, sec et moelleux sur un nouvel album : fini les larcins sagaces, Q-Tip et sa bande se nourrissent maintenant de racines.

Votre nouvel album, Low end theory, est particulièrement dépouillé, plus encore que le premier. Cherchiez-vous à prouver que vous pouviez tout faire vous-même, sans recours systématique au sampling ? Le système du sampling serait-il dans une impasse ?
Nous voulions montrer que nous étions capables de faire un album strictement constitué de beat et de basses. Beaucoup de gens commencent à décrocher du hip-hop originel, avant tout à base de beat. Nous aimons toujours beaucoup les samplings, c’est simplement que cette fois, nous n’en avons pas autant utilisés. Le sampling ne mourra pas, ses variations sont tellement nombreuses qu’il ne dépérira jamais.
Comment a réagi Lou Reed à votre pillage de son Walk on the wild side pour Can I kick it ?
Ça lui a foutu les boules, je crois, car ce n’est qu’un vieux con. Tout ce qu’il voulait, c’était du blé. Soit on le payait, soit il ne nous laissait pas sortir le morceau : on lui a filé le fric. On aimait bien la chanson, on l’a samplée, c’est tout. Mais on n’avait aucune admiration particulière pour ce type. Et de toute façon, c’est Bob Dylan qui l’a écrite, pas lui. Lou Reed l’a juste chantée. Mais c’est bien Dylan qui en a écrit les paroles, enfin je crois.
Te sens-tu des choses en commun avec le monde du rock ? T attirait-il ?
Non. Le rock et le hip-hop sont deux mondes radicalement différents. Je n’ai pas été élevé avec, je n’ai aucun rapport particulier avec lui, je ne crois pas que ça ait influencé notre écriture. Jeune, j’écoutais du funk, Bobby Womack, Al Green, Isley Brothers, mais aussi beaucoup de jazz avec mon père, qui était un grand amateur du genre. Mon premier souvenir de jazz, c’est mon père en train d’écouter le saxophoniste Eddie “Lockjaw” Davies. C’était très bluesy, j’aimais beaucoup ça, l’orgue, la basse, la batterie. Le premier que j’ai vu sur scène, c’était Doug E. Fresh dans un club de New York où m avait emmené ma s’ur, j’avais 11 ou 12 ans. J’ai vécu une enfance très normale, j’étais un gamin ordinaire, désobéissant et espiègle. Je n’étais pas particulièrement passionné par la musique, mais on baignait là-dedans, il ne se passait rien à part ça. Je n’ai jamais pris la musique au sérieux, je m y suis mis, tout bêtement. Pour moi, elle est devenue une réalité naturellement. Je n’avais pas particulièrement envie de jouer d’un instrument. Maintenant, oui, la basse et la flûte. J’aime beaucoup la flûte, à cause d’Eric Dolphy. Le jazz et la soul marchent main dans la main, ils renferment tous les deux beaucoup d’émotion et de signification. Je suis un grand collectionneur de disques, j’ai tous les vieux de chez Stax, Motown, James Brown.
Trouves-tu encore des choses intéressantes dans la soul d’aujourd’hui ? Lorsqu’on dit préférer celle des années 70, on est taxé de nostalgique.
Rassure-toi, moi aussi je préfère les vieux trucs, la musique était plus intense et plus vraie. Aujourd’hui, on fait beaucoup trop appel aux ordinateurs, les chansons sont souvent prévisibles.
Certains des maîtres dont tu parles, Al Green, Marvin Gaye, avaient des liens très étroits avec la religion. Qu’en est-il pour toi ?
Je suis quelqu’un de très religieux. Je crois en Dieu, même si je ne suis pas allé à l’église depuis un bout de temps. J’y allais avec toute la famille chaque dimanche. J’ai été élevé dans un foyer chrétien, mais j’étudie maintenant l’islam. Je lis énormément, pour m aider à trouver la paix en moi. La religion est une bonne chose pour les enfants, car chacun a besoin d’une certaine spiritualité dans sa vie. Le problème est qu’aujourd’hui la religion devient une question politique, avec le pape et les catholiques qui veulent se mêler de politique. Elle devrait rester un moyen d’élévation spirituelle, non pas devenir un moyen de gouverner ou de juger la vie ; il est dit dans la Bible qu’un homme n’a pas à juger un autre homme, seul Dieu peut juger.
Pour décrire votre musique, on parle de joie, d’intelligence et d’humour, comme si ces qualités n’étaient pas courantes dans le rap. Voulais-tu y injecter quelque chose de neuf, étais-tu lassé de certains clichés ?
Je l’étais en partie Au début, c’était en réaction à d’autres groupes. Mais très vite, on ne fait plus attention à ce que fait le voisin, on se polarise sur sa propre créativité, on fait son truc dans son coin. Nous sommes ensemble depuis six ou sept ans maintenant. Phife et moi, on se connaît depuis qu’on est tout petits, et j’ai rencontré Ali au lycée. On étudiait surtout les ordinateurs. J’avais l’esprit scientifique, je voulais apprendre à les fabriquer. C’était une période très importante pour moi.J’ai rencontré beaucoup de gens, et c’est là que j’ai commencé à rapper.
Certains vous ont même qualifiés de Beach Boys du rap.
Non, non, il n’y a pas de Beach Boys dans ce putain de rap. Fun, fun, fun, le bonheur béat, ce n’est pas notre truc.
Tu as toujours vécu à New York ?
Oui, je vis dans un environnement un peu banlieusard, bien que ce soit encore le ghetto. Des mecs se font descendre, il y a de la drogue. Tout ça fait de vous un dur, vous fait lever la tête Ce que j’ai connu fait que je ne crains absolument rien ni personne, à l’exception de Dieu. J’ai reçu une éducation qui m a montré comment me comporter correctement et m a appris à rester ouvert d’esprit, à accepter de me poser des questions auxquelles je ne peux pas répondre, à apprendre le plus possible. Mes parents m ont toujours épaulé, les parents montrent la voie, c’est bien la Bible qui dit que c’est leur devoir.
Dans son film Boyz n the hood, John Singleton prétend que le problème clé des jeunes noirs américains est l’éducation parentale, souvent affaiblie par des divorces.
Il a raison. Si ça ne commence pas à la maison, ce n’est même pas la peine d’aller à l’école. Car la maison, c’est les fondations. Ce sont les parents, les deux, qui donnent toutes les bases. Si ce n’est pas fait correctement, on ne peut pas profiter de l’école. Moi, j’ai perdu mon père à 16 ans, mais tous mes copains, sans exception, ont grandi sans leur père ou sans leur mère, divorcés, morts ou pas mariés. J’ai conscience d’avoir eu de la chance, simplement parce j’avais mes deux parents et ma s’ur, une grande famille.
Ton éducation plus bourgeoise te frustre-t-elle de la crédibilité de la rue ?
Tu n’as pas besoin d’être un crétin en classe pour être cool dans la rue. Ce n’est qu’un mythe. En général, tu restes plus longtemps en vie dans la rue si tu vas à l’école, il faut être futé, avoir du bon sens. Etre cool dans la rue, c’est inné, ça ne s’apprend pas et ça ne se perd pas, c’est en toi. Si en plus on sait ce qui se passe autour, si on sait regarder, ce n’est que mieux. Ceux qui friment avec leur passé criminel sont des machos qui veulent prouver qu’ils sont des durs, rebelles au système scolaire, qu’ils ont déjà descendu des types. C’est de la bêtise. Moi, je vendais de la drogue, est-ce que j’en suis fier ? J’étais obligé de le faire et je savais ce que je faisais. Faut être malin, ce n’est qu’un jeu, la rue est un grand jeu. Et si tu ne sais pas jouer, ça peut faire très mal.
Cela te gêne que beaucoup de ces groupes insistent sur la violence, jouent de leur passé violent ?
Non, car ils viennent de là, c’est ce qu’ils vivent. OK, ils en font de la publicité, mais c’est leur moyen de gagner du fric.
Avez-vous une responsabilité envers les gamins dont vous êtes les héros ?
Etre vrai, c’est tout. Mais il ne faut pas trop nous en demander, car nous sommes encore des gamins nous-mêmes. Tout ce que nous pouvons montrer, c’est qu’il faut vivre sa vie.
Tous ces films de metteurs en scène noirs américains qui décrivent la vie des ghettos et des gangs sont-ils généralement fidèles à la réalité ?
C’est certainement le cas du film de John Singleton. Ce mouvement est très positif car il montre enfin la forme d’expression black, afro-américaine.
Les films de Singleton et de Spike Lee notamment sont peu didactiques et mettent la violence en perspective, même si elle fascine toujours autant. Avez-vous la même fascination ?
OK, il y a peut-être fascination, mais c’est surtout un besoin de se défendre lorsqu’on se fait attaquer. Je ne suis pas pour l’attaque, je suis pour la défense. Mais j’utiliserai l’attaque si j’y suis obligé pour me défendre. Au-delà de la fascination, il y a une réalité que je ne peux pas contourner. Mais en tout cas, la violence n’est pas pour moi un moyen d’expression.
Avez-vous le sentiment que les messages et les revendications politiques des rappers restent sans effet ? Qu’ils n’arrivent pas à faire bouger le système ?
Non, car le plus important est le fait que nous sachions la vérité. Et si vous faites de votre mieux pour faire passer le message mais qu’ils ne veulent pas écouter, c’est de leur faute. Le rap n’est qu’une forme d’expression, qui éventuellement fait passer votre opinion. Le rap, ce n’est pas essayer de sauver le monde, c’est essayer de l’éclairer un peu. Le sauvetage, on le laisse à nos soi-disant leaders.
Vous avez pourtant pris politiquement position en soutenant la candidature de David Dinkins à la mairie new-yorkaise.
Ce n’était pas tout le groupe, mais Phife. Il s’agissait juste d’aider le premier noir à devenir maire de New York, ville dont une grande partie de la population est noire. Phife a simplement prononcé son nom sur le disque, la rime était parfaite. Mais on essaye de se tenir à distance de la politique. Car la politique est pourrie, je ne veux pas me mêler de choses malhonnêtes. Ce n’est pas ça qui changera la vie quotidienne, car c’est trop corrompu, les gens ne restent pas fidèles à leurs convictions, ils font de la politique pour des motivations personnelles, par vanité. Personne n’a confiance en son gouvernement, car tout est pourri. C’est comme plonger sa main dans une cuvette de chiottes en espérant la retirer sans merde dessus. Nous avons besoin de gens qui changent les choses, mais dès qu’on trouve quelqu’un, il y a un problème, car l’être humain est ainsi. Le seul moyen, c’est majorité contre minorité, et non pas un homme qui décide ce qui devrait être fait. Ça sent pas bon là-dedans, il faut qu’on reste à l’écart de toute cette merde, nous contentant d’essayer d’expliquer ce qui se passe.
L’une de vos anciennes chansons a pour héros un Français, Lucien. Qu’est-il venu faire dans votre monde ?
Il est venu en Amérique chercher un contrat avec une maison de disques et traînait avec les Jungle Brothers. Il venait souvent au studio, c’est devenu un pote. Il était cool. On avait des petites difficultés de langage, mais je le comprenais, il connaissait notre argot. Il utilisait des mots français, c’était un B. Boy français. D’où qu’ils viennent, de France ou de Sibérie, les gens que j’aime sont comme nous. Lucien est mon frère. Depuis, il a dû rentrer en France à cause de sa famille et de ses potes, mais il devrait bientôt sortir un disque.
Sachant que votre musique est très liée à votre environnement sociologique, qu’attendez-vous des publics étrangers ?
Rien, je ne me laisse pas guider par des espérances particulières car je ne veux pas être déçu. Je me contente donc de faire mon truc, nonchalant, facile C’est marrant parce qu’à l’étranger, on accepte mieux notre musique qu’en Amérique, la réponse est plus enthousiaste. Sans doute parce qu’en Amérique, les gens sont tellement gavés de rap qu’ils ne font pas attention à ce qu’il signifie vraiment. Ils ne s’asseyent pas pour écouter les choses comme le font les Européens. En Amérique, le rap fait partie du décor, on entend ça à chaque seconde ; alors qu’en Europe, c’est moins abondant, on sélectionne plus, on sait faire la distinction entre ce qui est bon et ce qui est mauvais.

par C.Fevret
le 28 novembre 1991

//www.lesinrocks.com/1991/11/28/musique/lucien-est-mon-frere-11223340/





A Tribe Called Quest

Membres
    •    Q-Tip (Kamaal Fareed)
    •    Ali Shaheed Muhammad : DJ
    •    Phife Dawg (Malik Taylor)
    •    Jarobi White (n'a participé qu'au premier album)
    •    
Histoire
Originaires du quartier de Queens à New York, ils se sont fait connaître en étant le premier groupe de hip-hop à critiquer le gangsta rap et la tournure machiste que prenait le rap en général à cette époque. Leurs paroles se focalisaient sur des problèmes abstraits et sociaux comme le mot « nigger » (« nègre »), le viol et la société de consommation.
En termes de musicalité, ATCQ a contribué au développement du style jazz rap avec d'autres groupes comme Gang Starr, De La Soul ou The Roots.
Ils ont commencé avec l'album People's Instinctive Travels and the Paths of Rhythm (1990) comprenant l'incontournable Can I Kick It. Malgré le relatif succès obtenu parmi les fans du genre, ils ont véritablement explosé avec leur album suivant, The Low End Theory (1991) et des chansons comme The Infamous Date Rape, Check the Rhime ou Scenario. Cet album est considéré comme l'un des meilleurs albums dans l'histoire du hip-hop aux yeux des spécialistes ainsi que des fans.
Suivirent les albums Midnight Marauders (1993), Beats, Rhymes and Life (1996), souvent sous-estimés à tort, qui explorent la voie ouverte par Mobb Deep l'année précédente avec The Infamous (1995), et The Love Movement (1998).
À la suite de ce dernier album, le groupe éclate. Q-Tip a continué sa carrière solo, participant à des chansons avec d'autres artistes comme le bassiste Stanley Clarke ou le groupe d'electro The Chemical Brothers. Phife Dawg et Muhammad ont également poursuivi leurs carrières personnelles, Muhammad a notamment fondé le groupe de RnB Lucy Pearl, avec Dawn Robinson, ancien membre du groupe En Vogue, entre autres.
Selon Ali Shaheed Muhammad, le groupe pourrait se reformer sans pour autant virer dans une musique trop moderne : « Nous ne voulons pas ternir notre image et détruire ce que nous avons construit jusqu'ici ».
Discographie
Albums studio
    •    1990 : People's Instinctive Travels and the Paths of Rhythm
    •    1991 : The Low End Theory
    •    1993 : Midnight Marauders
    •    1996 : Beats, Rhymes and Life
    •    1998 : The Love Movement

//fr.wikipedia.org/wiki/A_Tribe_Called_Quest



06/02/2014
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