Alain YVER

Alain YVER

ADRIEN GOMBEAUD, ED FEINGERSH

ADRIEN GOMBEAUD, ED FEINGERSH



ADRIEN GOMBEAUD, ED FEINGERSH
“UNE BLONDE À MANHATTAN”



quelques photos:

http://pepsi54.unblog.fr/tag/photo-ed-feingersh/

http://www.cursumperficio.net/FicheF2.html

ED FEINGERSH
Biographie

Photographe pour le magazine Redbook (magazine féminin), Ed Feingersh suit Marilyn Monroe à New-York au printemps 55. Ces séances de pose, qui réclameront 7 jours de travail, immortalisent la star dans des lieux ordinaires loin du glamour des studios hollywoodiens.




“UNE BLONDE À MANHATTAN”

En mars 1955, Marilyn s'exile à New York pour échapper à la pression de la Twenthieth Century Fox. La star veut se débarasser de son image de blonde écervelée et rejoint Lee Strasberg à l'Actor Studios.

Ed Feingersh, photographe pour Redbook, va la suivre pendant une semaine qui entrera dans la légende. Durant sept jours, il l'immortalise dans les lieux les plus ordinaires, le métro, sa chambre d'hôtel... Après 1955, le photographe perdra tout goût pour la création.

Les photos, gardées secrètement, ne seront retrouvées que trente ans après sa mort.

Adrien Gombeaud a réuni les témoignages de Robert Stein, de photographes et d'amis d'Ed Feingersh, pour comprendre l'enjeu de cette collaboration mythique. Avec Une Blonde à Manhattan, il revient sur une page importante de la photographie à travers deux destins tragiques : l'un glorieux, l'autre anonyme. Cet ouvrage paraît le 6 mai, aux Editions Le Serpent à Plumes.

A l'occasion de la sortie d'Une Blonde à Manhattan une exposition des photographies de Marilyn Monroe par Ed Feingersh sera organisée du 31 mai au 7 octobre à la photo-galerie de La Maison des Amériques, à Paris.

LA PHOTO GALERIE DE LA MAISON DES AMERIQUES

« Une Blonde à Manhattan »
3, rue Cassette
75006 Paris









Une blonde à Manhattan

1955, Marilyn s’installe à New York. Durant une semaine, le photographe Ed Feingersh est le témoin privilégié de sa nouvelle vie. L’histoire de cette rencontre est aujourd’hui racontée dans un livre.

Au mois de janvier 1955, Marilyn Monroe s’enfuit comme une voleuse de Los Angeles pour s’installer à Manhattan. Elle est bien décidée à rompre avec le studio de la Fox et à casser son image de blonde écervelée. Elle entend trouver crédibilité et indépendance comme actrice et en créant sa propre société de production.
Du 24 au 30 mars, elle accepte que le talentueux photographe pigiste Ed Feingersh la suive pour le compte du magazine Redbook. L’idée est de montrer Marilyn comme le public ne l’a jamais vu. La Californienne va se prêter de bonne grâce à l’exercice et donner à voir une star différente, moins superficielle et plus complexe que dans ses films. L'image d’une jeune femme qui travaille avec application, lit la presse, va aux cours de l’Actors Studio ou prend le métro comme une simple New-Yorkaise. Cette série de photographies va contribuer à entériner le mythe d’une Norma Jean authentique et fragile dont la subtilité est occultée par Marilyn, la créature sexy façonnée de toutes pièces à Hollywood. Deux facettes paradoxales et pourtant peut-être tout aussi vraies de sa personnalité.
Le critique de cinéma Adrien Gombeaud a enquêté sur la rencontre d’Ed Feingersh et de Marilyn pour livrer un portrait croisé judicieux de cet inconnu et de cette star. Contrairement à cette actrice si populaire, ce photographe de génie est tombé aujourd’hui dans l’oubli. Ne reste de son travail que les pellicules de cette fameuse semaine de printemps à Manhattan….

01men : comment vous est venue l’idée de ce portrait croisé ?

Adrien Gombeaud : ces photos sont très connues. J’avais acheté l’album qui les regroupaient toutes et j’avais été frappé de constater qu’on n’y apprenait presque rien sur Ed Feingersh. Il était totalement expédié. J’ai cherché des informations mais sans succès. Le contraste était d’autant plus frappant que la vie de Marilyn est hyper traitée. C’est là que j’ai su que je tenais un bon sujet. Ce décalage m’intéressait.

Avez-vous facilement reconstitué le parcours du photographe ?

Le plus dur, comme toute enquête, a été de trouver les tous premiers contacts. J’ai envoyé un synopsis en anglais à son ami Robert Stein. Et j’ai ensuite facilement convaincu le reste de son entourage qui était heureux de pouvoir sauver de l’oubli un photographe de talent dont tous les négatifs ont disparu, exception faite de ces clichés de Marilyn. Sa mort a été un grand traumatisme pour eux.

Elle savait manipuler les photographes, ne l’a-t-elle pas encore fait aussi finalement  avec Ed Feingersh ?

Oui et non. Elle avait certes envie de changer son image. Mais en même temps, il ne semble pas qu’elle ait tenté de contrôler le travail du photographe que ce soit au moment des prises de vue ou avant la publication. Elle avait confiance en Ed Feingersh et une formidable confiance en elle. Ce qui n’est pas la conséquence d’une innocence : elle savait tout simplement qu’elle contrôlait la situation et qu’elle allait donner le meilleur d’elle-même à la lumière naturelle et dans un style assez naturaliste. D’ailleurs, elle n’a pas eu peur de montrer ses imperfections comme un ventre un peu rond par exemple. Aucune actrice ne ferait ça et n’assumerait ça aujourd’hui.

Quel impact ce reportage a-t-il eu à l’époque ?

Le magazine Redbook qui le publiait connaissait alors une période difficile. Les ventes de ce numéro en 1955 ont été bonnes sans être exceptionnelles et donc l’impact du reportage s’est trouvé limité. C’est en 1987, quand le collectionneur Michael Ochs a découvert les négatifs du reportage dans un vieux hangar, que tout a changé. Les photos ont été énormément exploitées au point de devenir cultes. La plus célèbre reste celle où l’actrice se met du parfum Chanel n°5, venant ainsi illustrer sa fameuse réplique à un journaliste lui demandant ce qu’elle portait la nuit. La marque ne doit pas être étrangère à la popularité de ce portrait.

Adrien Gombeaud, Une Blonde à Manhattan, Le Serpent à plumes, 19 euros.











« Une blonde à Manhattan »

Peu connu du grand public, l’Américain Ed Feingersh était pourtant une sacrée pointure dans le domaine du photo-reportage d’après-guerre. Moins médiatique que Robert Capa, certes, mais pas moins important avec ses reportages remarquables pris durant la guerre de Corée.
L’artiste est mort à l’aube des années 60, incapable de réagir aux bouleversements des médias. A moins de 40 ans, mais au terme d’une vie bien remplie. D’aventures, d’alcool, de bonnes photos et de jolies filles.
Comme Marilyn Monroe, sujet d’un reportage étonnant commandé pour le magazine Redbook  et qui a failli disparaître. Un sort quasi certain sans sa découverte fortuite en 1987 dans un entrepôt.

Blonde-manhattan
C’est l’histoire de cette petite semaine passée entre le photographe et son modèle qui est racontée dans ce document passionnant , « Une blonde à Manhattan » (Le Serpent à Plumes) rédigé par le journaliste et critique de cinéma Adrien Gombeau. Les pellicules retrouvées dans une vieille enveloppe témoignent d’une rencontre extraordinaire entre une actrice mythique et un photographe considéré comme surdoué mais marginal. Deux êtres à qui la vie n’avait guère fait de cadeaux. Deux solitaires réunis pour un petit moment.

 En 1955, Marilyn est à New York. Pour des raisons professionnelles et pour fuir son image de blonde idiote. Accessible, dépourvue de ses artifices et accompagnée de son meilleur ami, le flacon de Chanel N°5. Pour la petite histoire, Marilyn qui fut la meilleure ambassadrice de Chanel n’a jamais reçu un dollar de la marque en guise de remerciement.

Jamais la star n’a été si bien mise en valeur par un photographe, loin de ce monde artificiel d’Hollywood. L’actrice est suivie pendant une semaine dans sa vie quotidienne, dans sa découverte de New York. « Le photographe fait de nous ce spectateur du 22e rang qui observe la légende du cinéma comme aucun autre ne la voit : au-delà de l’objet sexuel, au-delà de notre Marilyn Monroe.  Il la suit, la voit s’habiller, se maquiller, étudier , rire. Bientôt, elle le quittera sans laisser de numéro. Pas de regret. Ed restera seul. Avec quelques souvenirs sur une pellicule noir et blanc. »

Une photo présente dans le cahier photographique de l’ouvrage résume tout le livre. On y voit Marilyn, détendue, dans un restaurant, fixant le photographe avec l’air complice qui caractérise le travail entre Eddie Feingersh et la star. « Moi aussi je t’ai vu » semble-t-elle dire.

Usé, arrivé au bout de sa passion, Ed meurt le 12 juin 1961 dans une overdose de barbiturique.
Comme Marilyn un an plus tard. Dans les mêmes circonstances.
Près de 56 ans après le reportage, il ne reste rien du New York d’Ed Feingersh et de Marilyn. Les lieux visités ont tous été transformés ou rasés.
Il ne reste que ces clichés, comme ultimes souvenirs d’une rencontre improbable.

 « Au final, connaît-on beaucoup mieux Marilyn Monroe qu’Edwin Feingersh ? Le photographe a effacé ses traces, l’actrice les a brouillées. Et chacun, à sa façon, a disparu. » Cette séance de photos a largement inspiré des générations de photographes avides de montrer la vraie vie des modèles. 

 Par ailleurs, une exposition a lieu à Paris qui dévoile les photos de Marilyn Monroe vue par Ed Feingersh. L’exposition se tient jusqu’au 7 octobre 2011 à la photo-galerie de La Maison des Amériques à Paris. Entrée libre, de 10h à 19h sauf dimanche et jours fériés.

 Philippe Degouy

“Une blonde à Manhattan”. Par Adrien Gombeaud. Editions le Serpent à plumes. 19 euros, 213 pages.











Les présentations des éditeurs : 18/05/2011

New York, 1955. Marilyn Monroe quitte Hollywood pour échapper à l'emprise des studios et à son image de blonde écervelée. Elle se réinvente en fréquentant l'élite intellectuelle et les cours de l'Actors Studio. Pour témoigner de cette nouvelle Marilyn, un magazine populaire engage le photographe Ed Feingersh.
Ensemble, Ed et Marilyn inventent un style de reportage qui emporte le lecteur dans l'intimité de la star. Créatif et téméraire, il la suit pas à pas dans les rues, le métro ou les bars de Manhattan. De son objectif jaillissent les images sensibles d'une femme sans fard, une passante presque ordinaire, heureuse, mélancolique, impériale et solitaire.
Cinquante ans plus tard, ces clichés cachent encore une énigme : alors que l'actrice entrait dans la légende, le photographe disparaissait sans laisser de trace. Le temps d'une semaine, il avait su voir Marilyn comme personne avant lui.

Adrien Gombeaud, journaliste et critique de cinéma, collabore au quotidien Les Échos et est membre du comité de rédaction de Positif. Il a notamment publié Séoul Cinéma (2006), et L'Homme de la place Tiananmen (Seuil 2009).

    * Les courts extraits de livres : 18/05/2011

Au début es années 1950, Ed Feingersh était l'un des plus importants photo reporters de New York City. On ne lui connaissait qu'une adresse : le Costello's, un café poussiéreux planté sur la troisième avenue. Parfois, il disparaissait pendant des semaines ou des mois, mais il revenait toujours avec des photos fabuleuses et des histoires du bout du monde. Eddie est mort à l'aube des années 1960. Il n'avait pas quarante ans. Il y eut un enterrement discret dans un cimetière perdu sur les hauteurs de Brooklyn. Pendant quelque temps, personne n'osa s'asseoir à sa table chez Costello's. Puis la vie reprit son court, chacun partit de son côté. Sans qu'on s'en aperçoive, Eddie s'égara dans le siècle et dans la mémoire de ses contemporains, jusqu'à ce qu'ils ne soient plus qu'une dizaine à se souvenir encore de lui, de son sourire charmeur, de son goût pour la vitesse, les alcools forts, les costumes bien taillés, le jazz et les jolies filles. Il leur revenait dans ces instants de nostalgie qui les ramenaient aux nuits de Costello's. En regardant grandir leurs enfants et petits-enfants, certains comprirent qu'avec Eddie, ils avaient enterré leur propre jeunesse. Que dans ce cimetière de Brooklyn que plus personne n'allait fleurir, un monde insouciant, perdu à jamais, reposait aux côtés de leur ami.
Quelques-uns tentèrent de ressusciter son travail, d'organiser une rétrospective de son oeuvre. Mais ils s'aperçurent qu'Eddie avait soigneusement effacé les traces de son passage sur terre. De cette vie de photographe, il ne restait plus rien. Tout avait disparu. Jusqu'à ce jour de 1987, où un certain Michael Ochs poussa la porte d'un hangar.
Ochs se décrivait volontiers comme un «médiocre détective», un modeste fouineur qui avait toujours eu de la chance. A sa façon, il était un chercheur d'or, un pêcheur d'images à la dérive. Il avait construit sa carrière sur la naissance d'un marché. Jusqu'aux années 1970, la photo n'avait été qu'un loisir, un art de seconde zone. Puis, l'argentique avait soudain pris de la valeur et Michael avait fait de sa passion une profession : des centaines de trésors abandonnés gisaient de par le monde, il suffisait de les débusquer. En une dizaine d'années, il avait constitué l'une des plus riches collections photographiques des États-Unis. Ce matin de 1987, il entra donc presque par hasard dans un vieux hangar de Brooklyn. On avait entreposé là des images sans valeur, les débris de Pix, une énorme agence photographique sabordée au milieu des années 1960. Michael commença à prospecter, ouvrant les cartons et les boîtes. Au bout de quelques heures, une vieille enveloppe attira son attention. Elle contenait un bouquet de négatifs en vrac, une commande réalisée trente ans auparavant pour le magazine féminin Redbook. Ochs, stupéfié, reconnut aussitôt le modèle. Une centaine d'images totalement inédites de Marilyn Monroe venait de refaire surface.



03/07/2011
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Photo & Vidéo pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2 autres membres