Alain YVER

Alain YVER

AGNES OBEL

AGNES OBEL


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Evénements Tournée


Agnes Obel au Trianon
les 2 et 4 décembre Paris, au Trianon
La chanteuse est à Paris pour 2 concerts avec en première partie Feral and Stray à 19h30.
Présentation de l'album par Isabel Pasquier

Aventine est un disque magnifique, qui se déploie de façon fascinante, sans aucune précipitation. Si le premier était une balade en forêt, celui-ci prend le temps de contempler la beauté et de sentir la texture d’une seule feuille. Il est à la fois microcosmique et universel.
Toutes les chansons d’Aventine ont été écrites (paroles et musiques), enregistrées, produites et arrangées par Agnes Obel, entre le début de l’année 2012 et la fin du printemps 2013, chez elle à Berlin et dans un studio du district de Kreuzberg, loué à l’été 2012. Les aficionados reconnaîtront les deux exceptions, « Fuel to Fire » et « Smoke & Mirrors », écrites en 2010, qui faisaient partie de la liste des titres joués en concert en 2011.
« The Curse », le premier single, sorti avant l’album Aventine lui-même. Considérez-le comme la bande-annonce de votre film préféré de l’année. De n’importe quelle année. Et découvrez le en exclusivité

C’est étrange, mais je dois à tout prix fuir l’atmosphère de la ville pour faire de la musique (même si j’adore vraiment vivre ici).

Une fois à l’intérieur (ou devrait-on dire à l’extérieur ?), elle n’est plus consciente de ce qui se passe. C’est le mystère de son mode de fonctionnement, quelque chose qu’elle ne peut pas expliquer. Qui ajoute simplement à la qualité aérienne de sa musique.

Aventine est une oeuvre merveilleusement mélodique (même si Agnes prétend trouver difficile d’écrire des mélodies), captivante, ensorcelante, malicieuse.

Le deuxième album nous permet donc de tracer une courbe ascendante dans la trajectoire d’Agnes Obel. Un premier disque intemporel est rejoint par un deuxième, riche en références historiques. Nous voyons maintenant qu’Agnes, ou plutôt sa musique, serait à sa place à n’importe quelle époque – grésillant dans un jukebox de snack-bar dans les années cinquante, apaisant les âmes sixties à Woodstock, brillant comme un éperon d’argent dans le Nashville des seventies. Choisissez n’importe quelle décennie. Les années quatre-vingt ? Elle aurait conquis la scène acoustique pendant que la new wave se consumait. Tracez une ligne allant de Béla Bartók à Sandy Denny, d’Erik Satie à John Lurie (imaginez-là composant la musique des premiers films de Jim Jarmusch) :
Je voyais et j’entendais de plus en plus de liens entre toutes sortes de styles de musiques de différentes époques, surtout en dehors des genres dont j’aurais normalement pensé qu’ils étaient en relation avec ma musique.
La tournée
21 Novembre à Bordeaux au Femina
22 Novembre à Rennes à l’Opéra - complet
23 Novembre à Rouen au 106
24 Novembre à Lyon à l’Auditorium Lumière
30 Novembre à Roubaix à la Piscine - complet
1er Décembre au Théâtre d’Herouville pour le festival les Boréales
2 Décembre à Paris au Trianon - complet
4 Décembre à Paris au Trianon
- 2014
8 avril - Strasbourg, La Laiterie / Festival des Artefacts
9 avril - Lille, Théâtre Sebastopol / Festival Paradis Artificiels
11 avril - Nîmes, Paloma
12 avril - Dijon, Grand Théâtre
14 avril - Paris, Grand Rex


http://www.franceinter.fr/evenement-agnes-obel-en-live-pour-vous






Agnes Obel continue de chanter la mélancolie

Avec un deuxième disque façonné à la maison, la Danoise Agnes Obel continue de chanter la mélancolie sur des folksongs nocturnes, dans un espace-temps connu d’elle seule. Rencontre et critique.

“Ce disque a été mon obsession ces deux dernières années. Je n’ai vécu que pour lui, je n’ai pensé qu’à lui. C’est mon fonctionnement : je ne sais faire les choses que dans l’excès.” A la question de savoir comment donner suite à un premier album acclamé de toutes parts, certains artistes répondent en cherchant à surprendre. D’autres s’entourent de producteurs à la mode, veulent être bousculés. D’autres, enfin, gardent le cap, mais redoublent d’efforts, ne pensent plus qu’à ça.
C’est le cas d’Agnes Obel, Danoise exilée à Berlin que son premier recueil Philharmonics avait hissée, en 2011, au sommet des charts et des palmarès de la presse musicale. Pour façonner son successeur, un disque auquel elle a donné, sans le savoir, le nom de la colline romaine Aventine – “je ne savais même pas que cette colline existait, je l’ai découvert en donnant des interviews” –, la musicienne s’est enfermée dans son appartement du quartier de Kreuzberg. Là, loin des gros studios et des grands producteurs, elle a composé, enregistré et arrangé en solitaire un nouvel album qui continue de l’ériger en souveraine d’un folk au piano boisé et mélancolique, un folk qui sent l’ébène, la nuit ou le grenier, mais jamais la poussière.
En 2011, elle a vendu près d’un demi-million d’exemplaires de Philharmonics, remporté cinq Danish Music Awards dans son pays natal et multiplié les concerts dans des salles sans cesse plus vastes. “Je ne m’attendais pas du tout à ça. Lorsque le disque est sorti, j’étais convaincue que ma musique, plutôt calme, n’était pas faite pour les masses. Au début, j’avais même exclu l’idée de partir en tournée, je trouvais mes chansons guère taillées pour la scène. Le succès m’a offert de nouvelles possibilités, m’a ouvert des portes. Mais j’ai décidé de les fermer pour continuer à oeuvrer comme avant, seule à la maison. Cette méthode m’avait été imposée pour le premier album ; je n’avais pas les moyens de faire autrement. Cette fois, ce fut un choix.”
Seule, Agnes Obel ne l’est pas totalement : pour façonner Aventine, la belle a fait appel à deux musiciens. On la retrouve aujourd’hui entourée de Mika Posen, échappée du groupe canadien Timber Timbre, rencontré au gré des tournées, et de la violoncelliste Anne Müller, déjà présente sur Philharmonics. “Je voulais donner un rôle central au violoncelle sur ce disque. J’aime cet instrument car il est versatile : il peut évoquer une basse, une batterie, une voix même. Il trouve sa place autant dans la musique classique que dans les genres contemporains, et ça me plaisait.” Quand Agnes Obel évoque les genres contemporains, elle a sa propre manière de concevoir le temps qui passe. “Pour ce disque, je me suis inspirée de musiques modernes, c’est-à-dire des choses sorties après le XIXe siècle, après la musique classique. Dans ce qui est très récent, j’ai beaucoup écouté Roy Orbison : j’aime le désir, le chagrin et l’onirisme qui s’échappent de ses chansons.”
Avec toutes ces influences en tête, la Danoise a agencé un disque dont elle explique qu’il traite, pour la première fois dans sa carrière, de choses qui lui sont arrivées dans sa vie personnelle. Elle n’en dira pas plus, Obel masquée. Aventine, d’ailleurs, est un beau disque de secrets, un album mystérieux qui ne se dévoile jamais totalement et sur lequel plane une brume comme échappée d’un conte filmé par Tim Burton. S’inscrivant dans la lignée de son prédécesseur pour cette façon de jouer la mélancolie et d’ignorer le réchauffement de la planète, Aventine donne tout de même à son auteur un nouveau lien de parenté : celle en qui on avait vu une héritière d’Erik Satie et une cousine de Fiona Apple apparaît aujourd’hui comme une soeur spirituelle de Lana Del Rey, le strass en moins (l’impérial Run Cried the Crawling, Pass Them by). Avec Dorian, potentiel petit tube de folk choral, la Scandinave pourrait connaître la même consécration que l’Américaine. Belle de jour, Obel de nuit.

par Johanna Seban
le 03 octobre 2013

http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/agnes-obel-continue-de-chanter-la-melancolie/





Une journée avec Agnes Obel

Après le succès de « Philharmonics » (triple disque d’or), la lumineuse Scandinave vient réchauffer notre hiver avec les ballades envoûtantes de son nouvel album, « Aventine » (Pias).
Écrit par :

Marina Rozenman

09.00 Pendant des années, chez moi, à Copenhague, j’avais une mappemonde dans le couloir et je la regardais en me disant : « C’est bizarre que mon pays, le Danemark, soit un petit point si minuscule sur le globe… » Je rêvais d’un ailleurs. Et, finalement, je ne suis pas allée bien loin. Un tout petit peu plus bas. Au sud-est. A Berlin. J’y vis depuis sept ans. Avec mon boyfriend, Alex. Le matin, nous promenons notre chien, Woody. On en profite pour aller boire un café. Et, de retour à la maison, nous retrouvons les deux copains qui viennent travailler chez nous. Chacun s’immerge alors dans son univers : Bjørn Svin fait de la musique électro. Notre autre ami planche sur son scénario. Alex, lui, réalise des figurines en argile pour ses films d’animation (pour voir son dernier film, tapez « The Hopper » + ekkofilm.dk sur Google). Moi, je m’installe à mon piano. Je joue depuis l’âge de 7 ans. Je compose depuis l’adolescence. Tout s’est emballé très vite, en 2009, quand Deutsche Telekom a utilisé ma chanson « Just so », qu’ils avaient repérée sur MySpace, pour l’une de leurs pubs. Du jour au lendemain, j’étais sur scène dans les salles de concert où j’avais moi-même écouté Lou Reed ou Portishead. C’était très étrange [cette année-là, Agnes Obel a raflé, au Danemark, l’équivalent de cinq Victoires de la musique, ndlr]. Berlin m’a permis de me concentrer. Et de préserver un certain anonymat.

13.00 Je déjeune souvent dehors. Dans un boui-boui. Mais je rentre rapidement pour travailler. Encore et encore… Vous connaissez ces vers de la poétesse Inger Christensen ? « Seule sous la neige/Qui suis-je ? En clair/ Une horloge/Sinon, l’éternité/Comment ferait-elle/Pour se repérer ? » Le temps qui _ le est l’une de mes obsessions. J’ai enregistré mon dernier album chez moi. Parce que la combinaison parquet + rayonnages de bibliothèque + généreuse hauteur sous plafond est idéale pour les ondes sonores. J’avais loué, par ailleurs, un « placard » pour écrire. Sans fenêtre ni connexion Internet. J’évoque cet isolement créatif dans « Aventine ». Suivre son intuition, c’est un saut dans l’inconnu accompagné d’un drôle de sentiment car on sait que là-haut, au sommet de notre montagne – qui est notre objectif personnel_–, on va certainement trouver quelque chose…
21.00 J’ai de la chance, Alex cuisine très bien. Du poisson, par exemple, avec des fèves d’édamamé. Dans quelques jours, je serai en tournée*. Je vais emporter, dans mes valises, des livres de Henry Miller et un essai du neurologue Oliver Sacks, « Musicophilia : la musique, le cerveau et nous » (éd. Points). Mais, d’ici là, je vais à nouveau rêvasser devant ma mappemonde… J’ai besoin de me sentir étrangère, perdue dans la ville, et ce n’est plus le cas à Berlin, donc il est temps de partir. Etats-Unis ? Argentine ? France ? Canada ? Je ne sais pas. Je vous dis ça dans un an ?
* En concert à Paris au Trianon les 2 et 4 décembre, et au Grand Rex le 14 avril 2014.


http://www.elle.fr/People/La-vie-des-people/Une-journee-avec/Une-journee-avec-Agnes-Obel-2635449






VIDEO.

«Aventine» d'Agnes Obel : c’est la merveille de l’automne
Le deuxième album de la Danoise Agnes Obel, voix enivrante sur piano et cordes, est un bijou.
EMMANUEL MAROLLE | Publié le 25.10.2013


Paris (IXe), le 9 septembre. L’album « Aventine » caracole dans le top 5 des ventes.

Agnes Obel se souvient très bien de la sortie de son premier album il y a trois ans. « J’étais à Liverpool ce jour-là. Je suis allée dans un grand magasin de disques et j’ai vu le mien. Je l’ai même pris en photo. Dans les rayons, il était juste derrière le groupe… Oasis », raconte la chanteuse, hilare. Depuis, près de 150 000 fans français ont acheté « Philharmonics », tandis que le second, le magnifique « Aventine », caracole dans le top5 des ventes depuis sa sortie, il y a trois semaines, et que sa tournée affiche quasi complet.

Un succès inattendu pour une musique éthérée, intimiste, autour d’un piano et quelques cordes.

Une artiste épanouie

« Un miracle », reconnaît l’intéressée, Danoise de 32 ans installée à Berlin, nourrie au jazz, au classique, émerveillée par sa destinée. Lors de notre première rencontre il y a deux ans, elle était timide. On a retrouvé une artiste épanouie. « Je n’étais pas préparée au succès, j’avais fait mes premières chansons dans mon coin. Soudain, je me suis retrouvée à jouer dans des immenses festivals de rock en plein air. J’étais très stressée au début. Il y a des concerts dont je n’ai plus aucun souvenir tellement j’étais tendue. Mais c’est toujours bien de réaliser des choses dont vous ne pensiez pas être capable. »

Aujourd’hui, Agnes Obel n’a plus peur. « J’aime écrire, composer, travailler les chansons. J’étais en manque de ça pendant cette longue tournée. Mais j’ai enregistré sur mon iPhone plein de mélodies jouées sur tous les pianos du monde, quand je répétais avant le concert du soir. » Elle a mis un an et demi pour peaufiner et coudre les chansons en dentelle d’« Aventine », disque haute couture porté par sa voix vaporeuse et enivrante. Un cocon idéal pour les soirées d’automne. « J’ai longtemps travaillé seule, pour moi, avoue-t-elle. Cette fois, j’ai pensé aux gens qui allaient les écouter. » Et ils devraient être de plus en plus nombreux, tant « Aventine » est l’une des merveilles de l’année.

Agnes Obel, « Aventine »,

http://www.leparisien.fr/musique/video-aventine-d-agnes-obel-c-est-la-merveille-de-l-automne-25-10-2013-3257775.php






Agnès Obel, une étoile polaire scintille à la Piscine de Roubaix
Publié le 02/12/2013

Agnès Obel, l'ange blond de la folk music venu du nord

Il y a des moments rares baignés de lenteur et de pureté diaphane que l'on aimerait prolonger une jour polaire sans fin. Cet instant unique a eu lieu un soir dans un endroit unique laissant le privilège à quelques spectateurs d'assister au concert lumineux et intime d'Agnès Obel à la Piscine de Roubaix.
Par Odile Morain

La chanteuse danoise est actuellement en tournée en France pour présenter au public son dernier album "Aventine" sorti en novembre 2013.
 
Marie-Candice Delouvrié et Antoine Morvan l'ont rencontrée juste après sa prestation. Elle évoque le lien particulier entre le son, l'eau et les statues.

Le concert qu'elle a donné à la piscine de Roubaix a fait raisonner sa voix au milieu des sculptures et des oeuvres exposées au musée. Accompagnée de ses deux musiciennes, une violoniste et une violoncelliste, elle a a fait vibrer la corde sensible des spectateurs.

Cette soirée musicale autour du Danemark a été organisée par le musée de la Piscine de Roubaix qui accueille jusqu'au 12 janvier 2014 l'exposition "Le siècle d'or de la peinture danoise"

Agnès Obel écrit, compose et interprète toutes ses chansons. Celles qui composent son deuxième album, Aventine, ont été enregistrées dans un studio à Berlin où elle vit désormais. « The Curse » est le premier single, sorti avant l’album Aventine lui-même.

Agnès Obel poursuit sa tournée de concerts le 2 décembre et 4 décembre au Trianon de Paris puis à nouveau en France au printemps 2014.

http://culturebox.francetvinfo.fr/agnes-obel-une-etoile-polaire-scintille-a-la-piscine-de-roubaix-146019






Grand Théâtre
Présenté par La Vapeur & l'Opéra Dijon samedi 12 avril


Pop symphonique 

AGNES OBEL (DK)
S’est-il réellement écoulé près de trois ans depuis Philharmonics ? Le premier album d’Agnes Obel semble toujours frais comme une pâquerette. Une fleur délicate, devenue un phénomène tranquille, qui s’est vendu à près d’un demi-million d’exemplaires à ce jour. Philharmonics a été certifié disque d’or en Hollande, platine en Belgique et en France, et quintuple platine dans son pays natal, le Danemark, où Agnes a remporté cinq Danish Music Awards (l’équivalent danois des Brits) en 2011.
On dit que le deuxième album est le plus difficile d’entre tous. L’artiste passe sa vie entière à préparer son premier LP, mais dès qu’il est sorti, le compte à rebours démarre pour le suivant. Comment Agnes Obel, lauréate du prix European Border Breakers (qui récompense les artistes ayant obtenu un succès en dehors de leur pays avec leur premier album) en 2012, a-t-elle donc réussi à éviter les traditionnels écueils de l’album n°2 ?
Sur Aventine (sorti le 30 sept.), Agnes Obel met les choses en perspective. Un deuxième album ajoute de la profondeur à l’image, sans quoi le premier disque reste un unique instantané de génie, sans réelle indication de vers où nous emmène le voyage.
 Maintenant nous savons.



 

http://www.lavapeur.com/agenda/v/agnes-obel/






La délicatesse d’Agnès Obel


Insuffler du silence entre les notes. Épurer la phrase musicale jusqu’à n’en retenir que ses plus intimes particules élémentaires. Agnès Obel rejoint les musiciens qui ne gardent de la matière sonore que ses effluves premières. Un simple piano ou les cordes d’un violon suffisent à construire un univers intemporel imprégné de flagrances à la fois subtiles et immédiatement attachantes.
Conservant une approche pop de la visée mélodique, assimilant l’héritage du classique, Agnès Obel fait partie d’une longue lignée d’artistes dont on peut situer le point d’ancrage dans les œuvres de Rachel’s, groupe culte des années 90, et qui se poursuit aujourd’hui avec des compositeurs instrumentaux tels que Carlos Cipa, Richard Moult ; ou bien encore tous ceux gravitant autour des labels underground Fluid Audio et Facture (Christoph Berg, Sqanto, Olan Mill…).
Mais dans cette niche musicale qui flirte rarement avec les charts et fait souvent peu parler d’elle, le succès de la chanteuse danoise (un demi-million d’exemplaires vendus de son premier album Philharmonics), a de quoi surprendre. Cette reconnaissance doit beaucoup à la voix d’Obel. Ses intonations incarnées agissent comme une caisse de résonnance qui emporte la musique bien au delà des territoires habituels du genre. On pourrait évoquer à son propos un cousinage éloigné avec Sophie Moleta, Jesse Sykes ou Ane Brun. Agnès Obel navigue pourtant seule. Il y a dans ses poses, le timbre de sa voix, quelque chose de brumeux et de lyrique à la fois qui se soustrait à toute identification trop claire. Comme si la chanteuse aimait à s’entourer d’un mystère quasi insondable. Un mystère qui n’est pas prêt de se dissiper avec la sortie de ce deuxième album.
Aventine commence les réjouissances par une suite d’accords au piano qui rappelle les oeuvres de Dustin O’Halloran. C’est un bonheur d’écouter Agnès Obel s’immerger ainsi, avec autant de réussite, dans la composition instrumentale (et ce n’est pas l’épilogue de The Curse, ou bien les morceaux Tokka ou Fivefold, qui vont nous faire penser le contraire).
La suite du disque est à l’image de Philharmonics, mais on sent chez Obel une plénitude absolue dans sa maîtrise artistique. La voix suit des lignes d’intonations habiles et très douces sans jamais laisser l’auditeur perplexe ou détaché. Bien au contraire. On a le sentiment de faire corps avec quelque chose d’immatériel et de très beau. Parfois même à la limite du tangible. Si les anges de Michel-Ange pouvaient chanter, il n’est pas hasardeux de penser qu’ils auraient la voix d’Agnès Obel. Le somptueux morceau Fuel To Fire pourrait servir de bande son idéale à une visite de la Chapelle Sixtine.
Pour le reste, la musique franchit elle aussi un niveau encore supérieur. Le titre Aventine est un peu le barycentre symbolique de cette mise en hauteur. Aidée par Anne Muller (violon & violoncelle) et Mika Posen (Timber Timbre); les arpèges viennent enrichir d’une vibration et d’un rythme nouveaux les atmosphères déjà contemplées sur Philharmonics. Ici le violon, l’alto ou le violoncelle occupent désormais une place centrale. Que les cordes soient pincées, grattées ou jouées à l’archet, on sent une osmose parfaite entre les 3 musiciennes. Le talent d’Agnès Obel est de lier tout cela (la dimension minérale et éthérée du piano –parfois jusqu’à l’abstraction d’une simple note (Dorian)- les profondeurs graves du violoncelle, les courbes romanesques du violon) sans jamais s’écarter de l’ambition mélodique.
Au final on sort de l’écoute d’Aventine un peu comme on se relève d’un songe éveillé; étourdi et enivré. Agnès Obel possède de toute évidence cette capacité à habiller la musique d’élégances et de voluptés. Un art de draperies invisibles qui enveloppe les sens et adoucit l’âme. La musique d’Agnès est belle. Tout simplement.


http://www.fnac.com/La-delicatesse-d-Agnes-Obel/cp21663/w-4






Agnes Obel

Danemark //Folk jazz classique

Trois ans après son premier album très remarqué et vendu à un million d’exemplaires, la belle et douce danoise revient avec un nouvel opus. Frais, profond, aérien. Ecouter sa musique équivaut à entrer dans son monde. Un monde plein de douceur et de volupté. Un monde elfique et envoûtant.
 Le dernier album d’Agnes Obel, Philharmonics a été certifié disque d’or en Hollande, platine en Belgique et en France, et quintuple platine dans son pays natal, le Danemark, où Agnes a remporté cinq Danish Music Awards (l’équivalent danois des Brits) en 2011. On pourrait continuer à énumérer les distinctions (qui donnent le vertige tant elles sont nombreuses !!!), mais on se contentera de qualifier, sans référence aucune, Agnes Obel de «force tranquille».
Son dernier album, Aventine est principalement constitué de piano, de chant (Agnes Obel) et de violoncelle (Anne Müller, déjà présente sur Philharmonics et qui fait partie de la formation scénique depuis 2009). Le violon et l’alto sont aussi à l’honneur (Mika Posen, du groupe canadien Timber Timbre), quand ce n’est pas la guitare (Robert Kondorossi) ou la harpe écossaise (Gillian Fleetwood).

Très cinématographique et évocatrice, la musique d’Agnes est complètement atemporelle. On l’imagine grésiller dans un jukebox de snack-bar dans les années 50, apaisant les âmes 60’s à Woodstock, brillant comme un éperon d’argent dans le Nashville des 70’s. Dans les 80’s, elle aurait conquis la scène acoustique pendant que la new wave se consumait. Tracez une ligne allant de Béla Bartók à Sandy Denny, d’Erik Satie à John Lurie (films de Jim Jarmusch). Une musique qui parle d’elle-même. 

Phénomène à elle toute seule, Agnes Obel est une artiste singulière à voir absolument en live. Tous ses concerts sont complets, autant dire que les festivaliers pourront s’estimer chanceux de l’accueillir à Landaoudec.


http://www.festivalduboutdumonde.com/programmation-2014/59-les-premiers-noms/439-agnes-obel.html






Hérouville Les Boréales. Interview. L’enchantement Agnes Obel...


Agnes Obel est une artiste comme on en voit peu. Il ne faut que quelques notes à la Danoise pour émerveiller et émouvoir un public. Dimanche, elle chantera au théâtre d'Hérouville.
 02/12/2013


 Agnes Obel, une artiste tout simplement magique...
Pouvez-vous nous raconter la transition entre vos deux albums, Philarmonics et Aventine ?
Cela a pris quelques temps pour sortir Philharmonics, ce qui veut dire que j’ai eu le temps de penser au deuxième disque avant même de sortir le premier. C’est pour ça que ces deux albums me semblent connectés. Quand on a terminé de tourner début 2012, ça faisait presque deux ans que je pensais au nouvel album. La plupart des idées sont venues en jouant Philharmonics avec les cordes et en essayant de nouvelles techniques avec ces instruments.
Vous avez travaillé avec Mika Posen de Timber Timbre…
J’ai rencontré Mika dans un festival français, en 2011, où elle jouait avec son groupe. Puis, on s’est revues l’année suivante pendant sa tournée européene. J’étais en plein enregistrement d’Aventine. Je lui ai proposé de jouer un peu sur The Curse et elle a posé des violons à la fin du titre. Elle a fini par jouer sur deux autres titres. Elle leur apporte quelque chose d’assez unique.
Il y a encore des plages instrumentales sur Aventine. C’est important pour vous ?
Le défi avec le tracklisting de cet album, c’était de faire sonner l’instrumental de façon très naturelle. Comme une continuité des chansons avec chant. Je ne voulais pas de quelque chose qui fasse forcé. Cela a du sens pour moi, car tous les morceaux ou presque sont des instrumentaux à la base. J’apprécie parfois de travailler sans penser à la voix et aux mots, c’est agréable.

Il y a plus de cordes qu’auparavant…
Je suis de plus en plus intéressée par les cordes. Jouer avec les violonistes m’a montré qu’on pouvait faire énormément de choses avec ces instruments. Un violoncelle par exemple peut être utilisé pour le rythme, doubler la basse, une voix ou un effet… C’est très intéressant.
Vous jouez en groupe sur scène ?
Pour le moment nous jouons en trio. Mika Posen fait les violons et des choeurs, Anne Müller du violoncelle, de la guitare et des choeurs, et je suis au piano et au chant. C’est une formule qui fonctionne bien.


http://www.cotecaen.fr/26281/les-boreales-interview-l%E2%80%99enchantement-agnes-obel/






La douce métamorphose d'Agnes Obel
Par Olivier Nuc Publié le 04/10/2013

Avec Aventine, son second album, la musicienne danoise se renouvelle subtilement et confirme ses talents d'écriture.


Cette jeune Danoise a élu domicile à Berlin mais c'est Paris qui l'a définitivement adoptée. En France, Agnes Obel a en effet écoulé pas moins de 150.000 exemplaires de son premier album, Philharmonics, paru en 2010. Soit un tiers de ses ventes totales. Une gageure pour une musique à mille lieues des canons commerciaux. Avec ses délicates compositions au piano, la trentenaire se situe à l'opposé des starlettes pailletées et provoc' façon Katy Perry ou Lady Gaga, à la production taillée pour les radios FM.
Cette discrète blonde était d'ailleurs loin d'imaginer un tel triomphe. «Je n'avais jamais espéré vivre de mes disques. Je pensais gagner ma vie en composant pour le cinéma, tout en écrivant des chansons personnelles à côté», explique-t-elle. Si elle n'a toujours pas travaillé pour le septième art, elle vient de publier son second album, Aventine (PIAS), qui confirme ses talents d'écriture. «Après avoir passé dix-huit mois sur les routes, il me tardait de me retrouver seule pour composer de nouvelles chansons. J'avais besoin de faire le tri dans mes idées, et un désir urgent de faire du neuf, après avoir joué les mêmes morceaux pendant tout ce temps.»
Agnes Obel n'a pas transformé son approche de la musique. Aventine prolonge et amplifie les qualités de Philharmonics. «J'ai eu le courage de faire confiance à mes intuitions», confie-t-elle. «Jouer autant en public m'a donné des tas d'idées nouvelles.» Initialement rétive à la scène, cette timide pianiste et chanteuse a fini par y consacrer un an et demi de sa vie. Elle serait probablement encore sur les routes aujourd'hui si elle n'avait mis fin à ce marathon. «Je pensais que ce serait une erreur de continuer à tourner, même s'il me restait encore des endroits où jouer.»
Un touché de piano très personnel
Agnes Obel n'est pas tombée dans le piège qui aurait consisté à surcharger son album, manière de justifier un budget confortable autorisé par son nouveau statut. L'instrumentation repose principalement sur son touché de piano et le violoncelle de sa collaboratrice Anne Ostsee. Avec, sur certains morceaux, la présence d'un violon tenu par Mika Posen, du groupe Timber Timbre. «Je n'aurais jamais pensé pouvoir jouer avec elle. Mika est aussi à l'aise dans le classique que dans le folk, avec un son bien à elle. Et en plus, elle chante bien!» L'addition de l'instrumentiste ajoute une dimension nouvelle à la musique d'Agnes Obel. «J'espérais bien obtenir ce son folk nord-américain qu'elle a apporté à un morceau comme Pass Them By, sur lequel elle a improvisé.»
Profitant d'une pause dans le planning de sa formation, Mika Posen accompagnera la chanteuse lors de sa prochaine tournée, qui commencera dans deux semaines en Allemagne. C'est à Berlin qu'elle a confectionné Aventine, profitant des conditions offertes par la ville aux artistes. «J'ai loué un studio dans le quartier de Kreuzberg, où j'étais censée enregistrer le disque. Il s'est avéré que c'était l'endroit idéal pour écrire mes textes, surtout le week-end, lorsque le bâtiment était vide des musiciens qui l'occupent toute la semaine.»


http://www.lefigaro.fr/musique/2013/10/04/03006-20131004ARTFIG00230-la-douce-metamorphose-d-agnes-obel.php






Folk soirée avec Agnes Obel
Gilles RENAULT 1 décembre 2013
    
Modèle de discrétion, la Danoise Agnes Obel a ceci de rassurant qu’elle continue de triompher aux antipodes de toutes les ficelles du star-system. Parfaite inconnue il y a encore trois ans, la trentenaire a pris tout le monde par surprise avec son premier album, Philharmonics. Le temps de repasser par Berlin laver son linge et la voilà de retour, depuis fin septembre, avec un nouveau disque de chevet archétypal, Aventine, bréviaire folk tempéré idéalement coordonné aux frimas de l’automne, puisque conçu avec Mika Posen, du groupe canadien Timber Timbre, et la violoncelliste Anne Müller, véritable bras droit qui la suit depuis longtemps sur les routes. A ce sujet, Agnes Obel est annoncée deux soirs à Paris, aujourd’hui et mercredi. Peu de calembours à prévoir, mais plutôt un beau moment de connivence songeuse pour public attentif, sinon absorbé.


http://www.liberation.fr/culture/2013/12/01/folk-soiree-avec-agnes-obel_963422






Agnes Obel, miracle de l’automne

Sur la pointe des pieds, tout en chansons feutrées, la Danoise Agnes Obel s’est mystérieusement imposée en France. Alors qu’elle tourne cette semaine, conversation avec une excentrique aux airs austères.
Sur la pochette d’Aventine, son deuxième album, Agnes Obel apparaît de profil – qu’elle a aquilin –, le visage dans l’ombre, entouré d’un nimbe rougeoyant. Auréolée de succès, c’est sûr (son premier album, Philharmonics, pourtant si peu taillé pour ça, s’est vendu à 200 000 exemplaires en France, et Aventine frôle les 100 000 deux mois après sa sortie), la chanteuse danoise sise à Berlin est certainement un ange. Des cordes (vocales, de violon, de violoncelle, de piano) et de la miséricorde. Lady Glagla triomphant de Lady Gaga dans les charts : c’est le miracle de cet automne 2013.
On connaît sa musique : des instruments d’orchestre, une voix romantique douce et blanche, des silences, de la lenteur, de la pénombre, de la mélancolie sans concessions ni complaisance. Un genre de folk solennel, au premier degré, foncièrement européen, sans rêve américain. Son premier album s’appelait donc Philharmonics, mais elle était plutôt du côté de la musique de chambre et de chevet. Musique d’avant l’électricité, d’avant l’ère pop. En noir et blanc, avec toutes les nuances de gris. Agnes Obel ne réinvente pas la musique, elle la réhabilite. Parfum d’éternité et ambiance fin de siècle, mais le XIXe plus que le XXe. Ses influences directes sont encore et toujours Erik Satie et Claude Debussy. Dans un entretien en octobre, elle nous confiait que dans la musique vraiment récente, elle avait adoré Roy Orbison (rires)…
Ce qui est assez formidable avec le deuxième album d’Agnes Obel, c’est qu’il n’est pas du tout influencé par le carton commercial du premier. C’est presque la même musique, les mêmes instruments, le même territoire – et on s’y sent chez soi. S’il y a une modernité chez Agnes Obel, qui peut aussi expliquer son succès, elle est nichée au cœur de sa musique, dans l’évidence pop de son écriture, de ses mélodies. Nos oreilles aiment jouer à la poupée avec les chansons, les imaginer habillées autrement, avec des arrangements plus rock, voire triviaux. Et là, on se dit qu’Arcade Fire, Radiohead ou Nick Cave pourraient enregistrer des albums de reprises d’Agnes Obel. Peut-être même que Lady Gaga devrait essayer. S. D.
Quel est ton premier souvenir de chant ?
Agnes Obel – Je ne me souviens pas ne pas chanter : c’est comme si je l’avais toujours fait. Je nous revois, en famille, dans la voiture : je chantais à tue-tête, le visage contre la vitre – parce que j’aimais le son – et mon frère détestait ça. Chanter, ça a toujours été lié au plaisir, à une forme très primale d’expression, c’est très instinctif pour moi… J’adore également triturer ensuite ce chant en studio, le malaxer avec de la musique, enchevêtrer les deux… Je sais exactement ce que je peux faire de ma voix. J’aime quand elle m’échappe, qu’elle sort de mon corps : c’est d’une puissance terrible, je ne peux plus rien cacher… Si ça ne tenait qu’à moi, ma musique serait plus souvent instrumentale – je me souviens de mon enfance avec Debussy ou Satie… Chanter n’est pas une nécessité. Récemment, j’ai souffert d’une pneumonie, je ne pouvais donc pas chanter, j’ai alors composé de très étranges instrumentaux.
As-tu chanté dans des chorales ?
J’ai grandi sans la moindre religion, je n’ai donc jamais chanté à l’église, mais je le faisais sans arrêt à l’école. J’ai suivi toute ma scolarité dans une école expérimentale, où les cours étaient donnés en anglais. Y compris la musique : j’ai donc chanté en anglais avant même de comprendre ce que je chantais ! Quand je réentends ces chansons de l’enfance dont je comprends aujourd’hui les textes, ça me fait un drôle d’effet : j’avais imaginé un sens totalement différent.
As-tu continué à utiliser l’anglais pour ses sons plutôt que pour son sens ?
Maintenant que je parle anglais, je ne sais plus ce qui relève de la sémantique ou tout simplement du son, qui colore quoi… Mais je pense utiliser des mots pour leur sens, parce que j’ai besoin d’écrire… Parfois, quand tout s’effondre, l’écriture est la seule chose qui tourne rond dans ma vie. Ecrire une chanson puis l’enregistrer est cathartique. Mais je serais incapable d’écrire en danois, je serais trop analytique.
Sur tes pochettes, tu sembles très sérieuse, voire austère. Ça ne reflète pas du tout un autre côté de toi plus excentrique, joyeux…
Pour Philharmonics, je voulais que la pochette illustre l’importance de l’enjeu : c’était mon premier album, j’y avais mis toute ma vie, c’était du sérieux ! La pochette devait donc refléter à la fois cette solennité et aussi la tonalité de l’album. La pochette d’Aventine aurait dû être différente, Aventine aurait dû être différent, plus léger… Mais la vie m’a rattrapée, beaucoup de choses sont arrivées, c’est devenu un disque très intime, très personnel, la pochette a à son tour reflété cette ambiance. Elle est prise près de chez moi, près de la pièce où j’ai tout enregistré, elle conforte cette idée de repli.
Tu as une pièce dédiée à la musique ?
Dès que mon copain fait trop de bruit, je m’y réfugie. Elle donne sur le jardin, j’y suis bien, avec mes deux pianos, mon clavier… C’est ma bulle, ma petite île. Je peux m’y isoler des gens, du vacarme, j’adore ce contraste entre cette paix, cette sérénité et l’agitation de Berlin. Ici, j’ai mes petites habitudes, mes rituels pour mettre mon esprit dans les bonnes dispositions. J’aime y être à l’aube, quand tout est paisible, quand je suis seule… Même quand je suis entourée, j’ai tendance à me réfugier dans ma bulle où je n’ai pas à écouter les avis.
Tu considères la musique comme une issue de secours ou, au contraire, un moyen d’affronter la réalité ?
Transformer la laideur, la douleur en beauté, c’est le but des chansons. Je reste spectatrice, curieuse de ce qui m’arrive, mais je ne cherche pas à fuir. En concert notamment, je me perds totalement dans la musique, je sors parfois de scène sans me souvenir de ce qui s’est passé, comme si je revenais d’une transe. Je ne comprends pas du tout ce qui m’arrive alors, c’est très intense, très physique. Je laisse échapper beaucoup d’émotions…
As-tu commencé la musique avec beaucoup d’ambitions ?
J’ai commencé le piano à 6 ou 7 ans, je m’amusais, je n’avais aucune ambition. Dans ma classe, d’autres gamins semblaient obsédés par le Conservatoire. Pas moi. A 17 ans, j’ai fait un stage dans un studio d’enregistrement de Copenhague et un musicien du coin est venu y enregistrer un album solo, avec ses propres compositions. Ça a été une révélation : je pensais jusqu’alors que la musique, c’était forcément jouer les partitions des autres. Et lui, il racontait ses propres histoires, comme un livre : je me suis dit que ça avait l’air vraiment cool, qu’il fallait que je tente le coup. Voilà pour mes ambitions (rires)…
Maîtrises-tu tout ce qui t’arrive, les attentes, les tournées, les récompenses ?
Ça a été un peu étouffant à l’époque de Philharmonics car je me suis mise à voyager sans la moindre pause. Comme je suis incapable de composer hors de chez moi, ça a parfois été frustrant. Mais je ne me suis jamais sentie exploitée, je contrôle toutes les décisions, on ne m’a jamais fait porter des vêtements que je n’avais pas envie de porter (rires)… C’est un peu compliqué d’être juste une artiste, et pas une femme artiste… On parle de votre physique, on vous compare obligatoirement à d’autres femmes, on limite d’entrée votre champ de possibles. A mes débuts, j’ai souffert de cette attitude qui consistait à me considérer comme la chanteuse, jamais la compositrice. “Elle est jolie, la chanson, tu la joues très bien au piano, mais elle est de qui ?”
Quel souvenir gardes-tu des groupes de rock auxquels tu as participé ?
C’était vraiment histoire de traîner et de s’amuser, ces groupes. A chaque fois, j’étais la moins motivée, la moins ambitieuse du groupe, sans doute parce que la musique ne me parlait pas et qu’inconsciemment, je pensais déjà faire des chansons en solo. Suivant les groupes, je jouais de la basse, du piano, je chantais.
Quelle enfance as-tu eue ?
J’étais une bonne écolière, dans une école joyeuse. Il y avait toujours de la musique à la maison. Ma mère, avocate, jouait du piano classique et mon père, fan de jazz, collectionnait les instruments. Et pourtant, jamais personne n’aurait envisagé faire de la musique son métier. Ce n’était pas la mentalité de la famille.
A quel moment la musique est-elle devenue ton truc et plus celui de ta famille ?
Avec le Dummy de Portishead. Cet album m’a littéralement obsédée, et tout ce son de Bristol en général. Adolescente, j’avais l’impression qu’il m’appartenait, qu’il me résumait. Ce mélange de mélancolie et de rêverie… Il y avait aussi Björk qui démarrait, j’adorais également les Cocteau Twins.
Que cherchais-tu en quittant la maison familiale de Copenhague pour t’installer à Berlin ?
Ça a peut-être été le seul acte de rébellion de ma vie… Je cherchais à me trouver, sans la pression constante de mes proches. Il y avait tellement d’opinions et de critiques à prendre en compte au Danemark… J’ai découvert la paix et la liberté en arrivant à Berlin. En quittant mon confort, mes habitudes, je cherchais peut-être à enfin être juste anonyme.
Après le triomphe de ton premier album, tu aurais pu tout faire dans le second : enregistrer au bout du monde ou avec un orchestre symphonique. Pourtant, tu es revenue à la case départ, à ta salle de musique, à ton piano…
(Rires)… Pendant la longue tournée de Philharmonics, je rêvais de refaire de la musique, j’avais plein d’ambitions pour le second album. Et quand je suis revenue à la maison, j’ai commencé à simplifier tous ces vastes projets. J’avais des idées très élaborées et finalement, je me suis retrouvée à nouveau seule, avec mes intuitions… Pendant des jours, je n’ai fait que jouer du piano, je ne voulais même plus chanter. Dans ma tête, il devait y avoir abondance. Mais rien ne s’est passé comme prévu dès lors que je suis revenue dans ma bulle. Pour le grand album ambitieux, il faudra sans doute attendre le prochain !

propos recueillis par JDB
album Aventine 
concerts ce soir à Paris (Trianon), puis le 8 avril à Strasbourg, le 9 à Lille, le 11 à Nîmes, le 12 à Dijon et le 14 à Paris (Grand Rex)

par JD Beauvallet & Stéphane Deschamps
le 04 décembre 2013

https://www.lesinrocks.com/2013/12/04/musique/agnes-obel-miracle-lautomne-interview-aventine-concert-11448586/





Agnes Obel

Agnes Obel, née Agnes Caroline Thaarup Obel le 28 octobre 1980 à Gentofte au Danemark, est une musicienne, compositrice et interprète danoise.
Son premier album Philharmonics (en) est sorti en 2010, certifié Disque d'Or par la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI)1. En octobre 2011, Agnes Obel remporte le prix European Border Breakers Awards 2012. En novembre 2011, Agnes Obel remporte la majorité des prix musicaux aux Danish Music Awards avec cinq prix : Meilleur album, Meilleure sortie Pop, Meilleure nouvelle artiste, Meilleure interprète féminine et meilleure auteuse-compositrice2.
Biographie
Agnes Caroline Thaarup Obel naît le 28 octobre 1980 à Gentofte au Nord de Copenhague3. Sa mère pratique le piano et joue souvent les pièces pour enfants de Bartók et Chopin. Son père avait été, dans sa jeunesse, un guitariste professionnel4. Enfant, elle écoute régulièrement les mélodies de Jan Johansson. Pianiste de jazz, Jan Johansson reprend au piano des chansons folk traditionnelles en les accompagnant de mélodies d'une grande simplicité5. « La musique orchestrale ou symphonique ne m'a jamais spécialement intéressée. J'ai toujours été attirée par les mélodies toutes simples, presque enfantines. (…) J'ai d'ailleurs mis longtemps avant d'écrire des textes, les airs que j'aime me semblent déjà raconter une histoire, projeter des images »4.
La chanteuse intègre son premier groupe de rock à l'âge de dix-sept ans. Agnes joue de la basse en faisant quelques petites tournées et enregistre même certains morceaux6. Elle passe sa scolarité au lycée Det frie Gymnasium7 et étudie à l'Université de Roskilde8, au Danemark.
En 1994, Agnes Obel apparaît brièvement dans le court-métrage Le garçon qui marchait à reculons de Thomas Vinterberg, dans lequel son frère Holger Thaarup joue le rôle principal. Elle n’apparaît que dans deux scènes du court métrage, où elle joue une petite écolière et voisine de classe d’Andreas (Holger Thaarup).
Carrière
Après de vrais débuts dans le groupe danois Sohio, Obel se lance dans une carrière solo en 2009. Agnes Obel écrit, compose et interprète l'intégralité des titres de son premier album Philharmonics sorti en 2010, à l'exception de Close Watch, écrit et arrangé par John Cale. Travaillant principalement seule, elle produit elle-même ses travaux afin de limiter le plus possible les interventions extérieures9.
Repéré sur le site MySpace, le titre Just So sera choisi pour la campagne publicitaire de Deutsche Telekom en 2009.
Influences
Son style s'inspire autant de musiciens français comme Claude Debussy, Maurice Ravel ou Erik Satie que d'auteurs-compositeurs plus contemporains comme Joni Mitchell, Roy Orbison, Elliott Smith. Erik Satie va largement influencer l'atmosphère de son premier album : « Je suis une très grande admiratrice de son travail sur les silences. J'aime aussi la manière dont il use de séquences répétitives, presque hypnotiques. Cela donne des morceaux extrêmement forts, à la fois calmes et puissants… »10
Parmi les autres artistes qui eurent une influence certaine sur son univers : les photographes aux styles épurés comme Sibylle Bergemann, Robert Mapplethorpe et Tina Modotti. Edgar Allan Poe, poète du macabre et du fantastique, reste son écrivain préféré11.
Vie privée
Depuis 2005, Agnes Obel vit à Berlin.
Philharmonics
Son premier album, Philharmonics (album) est édité par Pias Recordings le 4 octobre 2010 au Danemark ainsi qu'en France et en Allemagne12. "La musique est le moyen le plus évident d'exprimer ce que je suis, où j'en suis. Dans la musique, il y a quelque chose d'immédiat, auquel je me sens directement liée."10 En ce qui concerne son inspiration, Agnes Obel raconte  : "Les textes viennent de la mélodie, de son atmosphère, du piano (…) Ils parlent aussi de l'incertitude du futur et sans doute du sentiment de solitude, mais sans la colère qui, pour moi, n'est pas un moteur musical"3.La photo de couverture de Philarmonics est une référence directe au film d'Alfred Hitchcock : Les Oiseaux (1963).
Philharmonics a reçu d'excellentes critiques notamment de Hugo Cassavetti de Télérama : «Un piano d’une rare délicatesse, une voix pure, d’une élégante sensualité, une petite mélodie à tomber.»13 Dans Lords of Rock, Anthony Golay compare le titre Riverside à : «Une rivière de mélancolie et de tendresse.» et rajoute « Toujours des mélodies parfaites pour des films où tout peut chavirer d’un instant à l’autre (Philarmonics, Wallflower). »14 Johanna Seban, journaliste au Inrocks, parle d'une « Pureté désarmante » et rajoute «Il y a, dans ces ballades à la mélancolie profonde, la clarté et la noblesse rassurante des disques de chevet.»15 James Skinner, journaliste à la BBC, dira : «Les harmonies apaisantes d'Obel sont légions et, bien que certains arrangements de Philharmonics apparaissent parfois lugubres, ils sont capables d'envolées lyriques absolument fascinantes.»16 Enfin, François Mailhes ironise avec talent : « Au début du concert, je me suis quand même demandé s’il valait mieux que je m’endorme ou que je me suicide. Je ne m’attendais pas à La Compagnie créole, mais tout de même, Agnès semblait juste sortie d’un congélateur. Mais, c’est un peu comme chez John Cale. Au début on s’ennuie, puis note après note on rentre dans un monde mélancolique, pluvieux, mais agréable.»17
De formation classique, Agnès Obel ponctue ce premier album de trois morceaux musicaux purement instrumentaux : Falling and Catching, Louretta, Wallflower. En représentation publique, Obel est accompagnée de la violoncelliste allemande Anna Müller.
Le 19 septembre 2010, Obel participe au Garage Télérama Session18 en interprétant trois titres de Philharmonics : Over the Hill, On Powdered Ground et Riverside. Le 24 décembre 2010, elle participe à l'émission : Le Live du Figaro19 et interprète en direct : Riverside, Just So et Brother Sparrow. Lors de la promotion de Philharmonics, Agnes Obel réalise une tournée européenne et chante dans plusieurs grandes villes françaises comme : Paris, Lyon, Strasbourg, Nancy, Nantes et Rennes.
Le titre Riverside, présent sur la Bande Originale du film Submarino, reçoit le prix Robert de la meilleure chanson originale 201120. Le titre Riverside apparaît dans l'épisode n°16 de la saison 7 de Grey's Anatomy : Not Responsible; dans l'épisode 4, saison 1, intitulé 'Duplicity' de la série Revenge et également dans l'épisode 12 de la saison 1 de Ringer, intitulé What Are You Doing Here, Ho-Bag?21. Le titre Close Watch apparaît dans l'épisode 19 de la saison 2 de Lost Girl : Truth and Consequences


Agnes Obel au Cirque Royal, Bruxelles (2011)
Ventes et récompenses
Peu de temps après sa sortie, Philharmonics prit la 4e place des meilleures ventes au Danemark. Il resta, durant six semaines consécutives, n°1 des ventes d'album dans le pays. L'album fut certifié Disque d'Or par l'International Federation of the Phonographic Industry (IFPI)1.
En octobre 2011, Agnes Obel remporte le prix European Border Breakers Awards 2012. Cette récompense salue les artistes qui ont réussi à atteindre des publics au-delà de leur pays d'origine, par leur talent et leur énergie22.
En novembre 2011, Agnes Obel remporte la majorité des prix musicaux aux Danish Music Awards : Meilleur album, Meilleure sortie Pop, Meilleure nouvelle artiste, Meilleure interprète féminine et meilleure auteur-compositrice2.
Philharmonics - Version Deluxe
Le 7 février 2011, et suite au succès critique et public de Philharmonics, l'éditeur Pias Recordings sort en exclusivité sur iTunes une Version Deluxe de l'album.
Philharmonics - Version Deluxe propose onze titres inédits. Six enregistrements live à Copenhague de Smoke & Mirrors (chanson inédite), Katie Cruel (reprise de Karen Dalton), Sons and Daughters (chanson présente uniquement sur l'EP de Riverside), Louretta, Philharmonics et Close Watch, ainsi que cinq versions instrumentales de Avenue, Riverside, Brother Sparrow, Just So et On Powdered Ground.
Reprises
Toutes les chansons de Philharmonics, hormis Close Watch (de John Cale) & Katie Cruel (Une chanson folk américaine d'origine écossaise), sont des travaux originaux. Close Watch est une reprise très personnelle de  : I keep a Close Watch : John Cale (1983). Dans l'album Live in Paris, sorti le 11 avril 2011 et disponible sur Itunes, Agnes Obel reprend la chanson d'Elliot Smith : Between The Bars (1997).
Autres travaux
Thomas Vinterberg fera de nouveau appel à Agnes Obel. Trois de ses chansons apparaîtront sur la bande originale du film Submarino (2009). Selon Hugo Cassavetti, Submarino est un film oppressant "(...) dont le seul instant d'enchantement provient des notes et du chant aérien d'Agnes dans Riverside."4
Aventine
Depuis l'été 2011, Agnes Obel travaille sur un nouvel album  : "Ce seront des mélodies écrites qui ne tiennent pas à ce que j'ai pu vivre adolescente (ou à Berlin) et que j'ai composées seule. Je débuterai l'enregistrement cet été lorsque je pourrai faire une pause dans ma tournée."23 L'artiste rajoute  : "J'ai commencé à écrire de nouveaux morceaux, mais pour l'instant, tous étaient des instrumentaux, au piano seul... En ce moment, je me sens plus encline à composer des morceaux purement instrumentaux... J'ai pas mal de matière, d'ébauches."10
Sur sa page Facebook, en juin 2013, Obel confirme la sortie de son deuxième album pour le 30 septembre 2013  : Aventine24. Un premier single "The Curse" sort le 20 aout, accompagné d'un clip sobre en noir et blanc25. L'album parait comme prévu en septembre, il est certifié disque d'or au Danemark en octobre 201326 et en France, Aventine est rentré directement à la deuxième place du top albums27.
Discographie
Albums
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2010 : Philharmonics
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2013 : Aventine

EPs
    •    2010: Riverside (EP) - CH #58 - DK #33
Singles
    •    2009: "Just So" - GER #44 - NL #87
    •    2011: "Brother Sparrow"
    •    2013: "The Curse"

Références
    1.    ↑ a et b Disque d'or au Danemark 2011 [archive]
    2.    ↑ a et b Agnes Obel aux Danish Music Awards (Article en Danois) - Agnes Obels store triumf ved DMA - le 05/11/2011 [archive]
    3.    ↑ a et b Entretien A. Obel - Il faut laisser la mélodie décider du texte, le 5 novembre 2011 [archive]
    4.    ↑ a, b et c La soif de spleen d'Agnès Obel, le 3 février 2011 [archive]
    5.    ↑ Entretien A. Obel, La Voix du Nord, le 30 janvier 2011 [archive]
    6.    ↑ A.Obel La Grâce Mélancolique, Le Monde, le 9 février 2011 [archive]
    7.    ↑ Portrait A. Obel, le 29 octobre 2010 [archive]
    8.    ↑ Article A. Odel en danois du 26 décembre 2010 [archive]
    9.    ↑ A. Obel : Touche de grâce, Libération, le 10 février 2011 [archive]
    10.    ↑ a, b et c La grâce naturelle de mademoiselle Obel, Nord éclair, le 13 septembre 2011 [archive]
    11.    ↑ A. Obel : Ses artistes fétiches, aufeminin.com, le 4 mai 2011 [archive]
    12.    ↑ Agnes Obel – ny melodisk klaverpop [archive]
    13.    ↑ Agnes Obel, le trouble venu du Nord [archive]
    14.    ↑ Agnes Obel - Philarmonics [archive]
    15.    ↑ Agnes Obel - La pureté désarmante [archive]
    16.    ↑ BBC Review [archive]
    17.    ↑ Agnes Obel, sortie du congélateur - le 28/06/2011 [archive]
    18.    ↑ Télérama Garage session [archive]
    19.    ↑ Agnes Obel à l'émission Le Live du Figaro, 24/12/10 [archive]
    20.    ↑ Prix Robert 2011 [archive]
    21.    ↑ (en) Ringer Music [archive],‎ 08 February 2012
    22.    ↑ www.europeanborderbreakersawards.eu [archive]
    23.    ↑ A. Obel, 20minutes.fr, 22/03/2011 [archive]
    24.    ↑ Page facebook A. Obel [archive]
    25.    ↑ http://www.chartsinfrance.net/Agnes-Obel/news-87644.html [archive]
    26.    ↑ http://www.ifpi.dk/?q=certificeringer&page=49 [archive]
    27.    ↑ http://www.snepmusique.com/fr/pag-493536-Albums-fusionnes-(physique-et-numerique).html?cid=574396 [archive]


http://fr.wikipedia.org/wiki/Agnes_Obel



24/12/2013
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