Alain YVER

Alain YVER

AGNES PATAUX

AGNES PATAUX



     
    

Agnès Pataux est née en France en 1957.
À côté de son travail d’institutrice, elle développe très tôt son intérêt pour la photographie.
Après sa rencontre avec Seymour Jacobs, en 1983, elle s’y dédie en tant que photographe indépendante. Respectivement en 2003 et en 2004 sont publiés les livres sur l’Irlande et le pays Dogon. Elle poursuit actuellement un projet sur les célibataires, les ritualistes et les objets de culte animistes.
Ses photographies ont été exposées, entre autre, au Château d’Eau à Toulouse (2003), à la Galerie Agathe Gaillard à Paris (2004), le Musée National du Mali (2004) et à la Royal Hibernian Academy à Dublin (2007).
Certaines de la série sur les ritualistes font également partie de la collection du Musée du Quai Branly.

par Beatrice Rossetto
    

    

Beatrice Rossetto : Comment êtes-vous arrivée à la photographie ? Quelles sont vos références (dans l’art ou ailleurs) ?

Agnès Pataux : Par affinité instinctive je dirais.
Amateur de littérature, de musique, de sculpture ou de peinture, j’aimais aussi la photographie. Pendant une dizaine d’années je fus, si je puis le dire ainsi, photographe passive. Témoin du monde dans lequel j’évoluais, je ne considérais pas nécessaire de m’en emparer. D’autant que les expositions que je voyais alors me proposaient des travaux aboutis, remarquables parfois, et je ne me percevais ni comme ayant quelque chose de singulier à dire, qui serait une contribution valable à ce qui existait déjà, ni comme capable de le mettre en forme.
Puis j’ai rencontré le photographe juif new-yorkais Seymour Jacobs. Rencontre poignante et amoureuse. Il fut le révélateur – pour employer un terme d’autant plus approprié qu’il est dans le registre de la photographie. J’étais prête. Je suis passée à l’acte. J’ai commencé à prendre des photos avec sérieux. Ce qui signifie utiliser l’outil adéquat et avoir un sujet qui vous captive.

Mes références, qui seraient plus exactement des compagnons de route, pour n’en citer que quelques uns : des grands noms, excusez du peu. Pour la photographie je dirais August Sander, Diane Arbus, George Dureau, Joel-Peter Witkin…
Pour la peinture Ingres, Rembrandt, et tout récemment Jean Rustin… Pour la littérature Proust, Dostoïevsky… Pour la sculpture Rodin, Giacometti…Pour la musique Bach, Mahler, Schönberg, Shostakovich… la musique de chambre essentiellement, de Beethoven je n’aime que les quatuors.


B. R. : Quel poids ont vos choix techniques sur le résultat final ?

A. P. : Pour moi le choix technique fut décisif. J’utilise un appareil que j’affectionne particulièrement parce que modeste et correspondant, je l’ai compris en le choisissant, à une posture qui me convient. Si je perçois beaucoup de ce qui se passe autour de moi –conversations, attitudes, mimiques – j’ai constaté que je n’étais pas douée pour le saisir en une photo instantanée qui, pour être bonne à mes yeux, doit dépasser l’anecdote. Par conséquent vous ne me rencontrerez pas, partout et en toute circonstance, avec un appareil en bandoulière. Je travaille presque exclusivement sur trépied, ce qui me permet de me poser avec mon sujet, et m’évite aussi de trembler parce que trop émotive. Par ailleurs je n’aime pas le format allongé du 24x36 alors que je suis à l’aise à construire mes images dans la rigueur qui est celle du format carré. J’utilise un appareil dont je ne peux changer l’objectif, avec une visée par le haut. C’est donc à moi de me mettre en situation, d’aller au devant du sujet avec lequel je ne perds pas le contact n’étant pas caché par l’appareil : nous pouvons ainsi nous regarder droit dans les yeux, ce qui n’est possible qu’avec consentement mutuel.


B. R. : Comment arrivez-vous au choix du lieu et comment évolue votre rapport avec les lieux et les personnes au fur et à mesure que le travail photographique avance ? Quel est le lien qui se crée une fois le travail fini ?

A. P. : Si la tendance de l’époque est, je le déplore, d’avoir un projet, de savoir et de dire comment on va le réaliser puis l’évaluer, c’est pour ma part rétrospectivement que je peux formuler le pourquoi et le comment de ce que j’ai fait. Notamment par les photos qui en témoignent. Je suis une intuition. Je vais, je le comprends maintenant, au devant d’une rencontre, d’une énigme… « Et plus si affinité ». Ce qui m’attire vers l’autre c’est sa particularité, sa différence, mais aussi ce qu’il a de semblable, ce que nous avons en commun. Ce qui amène nécessairement un retour sur soi-même par le passage à l’altérité. De nature anxieuse, en quête de sens et de ravissement, je me plais dans des paysages austères, grandioses dont la force et l’immensité apaisent mon désarroi et le ramène à de justes proportions. Comme on peut le voir dans mes photos, j’ai souvent fréquenté le tranchant de la falaise. Ces territoires sont peuplés par des civilisations remarquables. J’y rencontre des êtres qui vivent et persistent dans des conditions rudes et exigeantes, qui m’émeuvent, suscitent mon admiration et qui de surcroît m’accueillent. Ce que je vis fréquemment comme un véritable privilège. Je m’assigne alors la tâche d’en témoigner, d’en révéler sans la trahir quelque chose d’une vérité. Bien entendue subjective. Comme le dit si justement August Sander, il s’agit de « Voir, observer, penser » à moins que ce ne soit, selon le philosophe Alain Badiou « Aller, être, et dire ».
Mon rapport avec les lieux et les personnes photographiés est, je suppose, essentiellement affectif. Une sorte d’adoption. J’adopte et, je pense pouvoir aller jusqu’à dire, je suis adoptée. D’où une certaine mélancolie lorsqu’il me faut poursuivre mon chemin, aller vers une autre rencontre même si c’est moi qui décide : lieux et personnes me manquent alors, c’est inévitable.
Je rapporte toujours leur portrait aux personnes photographiées. De même que je tiens à exposer mon travail là où il a pris forme, en Irlande, au Mali… Régulièrement je me pose donc la question de savoir quelle photo donner à la personne concernée : la plus anodine ou celle que je considère comme la meilleure ? Jusqu’à présent j’ai toujours choisi de donner la meilleure considérant que même si sur le moment elle perturbe un peu la personne, avec le temps elle l’acceptera. C’est aussi cela une rencontre. La plus belle réaction fut celle d’une Irlandaise qui, lorsque je lui rapportais les photos, d’elle-même, de son mari et de son fils célibataire, dit simplement et spontanément: « It’s pure reality ». C’est ainsi que j’intitulerai la série de portraits des célibataires et serais au fond tout à fait satisfaite si cela pouvait s’appliquer à l’ensemble de mon travail.


B. R. : Ressentez-vous le besoin de confrontation avec la photographie contemporaine et comment situez-vous votre travail dans le panorama actuel ?

A. P. : Bien sûr je m’intéresse, de plus ou moins près, à la photographie contemporaine et à l’art contemporain en général. J’ai des sentiments très mitigés à ce sujet. Lorsqu’un galeriste auquel je montrais mes photos me dit en guise de non-recevoir « Nous cherchons de la photographie contemporaine » j’eus envie de lui demander de me pincer pour qu’il admette que j’étais bien là en face de lui, vivante et pas encore dans la tombe. Même si je savais très bien ce qu’il voulait dire. Je suis tout à fait consciente que mon travail est très classique. Depuis que nous sommes au XXIe siècle, je vais jusqu’à dire que je ne suis pas même une photographe du XXe siècle mais du XIXe siècle. Je constate souvent des parentés entre mes photos et celles des débuts de l’histoire de la photographie. Cela tient aussi à mes sujets. Peut-on encore au XXIe siècle photographier comme le faisait Curtis ? Pendant une bonne vingtaine d’années ce fut la photo plasticienne puis les installations, souvent au moyen de la vidéo, qui occupèrent le devant de la scène. Maintenant c’est l’ère de la photo numérique qui permet le virtuel. Je reconnais que dans un tel contexte j’ai souffert un certain temps de me sentir obsolète. Il me semble que les choses sont peut-être en train de changer et qu’il y a maintenant de la place pour une variété de formes d’expression. A moins que ce ne soit parce que j’ai rencontré malgré tout des gens qui s’intéressent à ce que je fais. Le principal pour moi est, je m’en rends compte, de continuer à prendre, si possible, de bonnes photos. Travailler en fonction de ce que je suis et non en me préoccupant de me situer dans l’histoire de l’art.
Je peux être irritée par l’art contemporain lorsqu’il consiste à fabriquer de l’art. Lorsque le créateur, ce qui est fréquent en occident, prend la posture de l’artiste. Je lui reproche d’être trop souvent excessivement narcissique. Cela étant dit, si je prends comme exemple quelqu’un comme Cindy Sherman, qui a incontestablement constitué une œuvre, comme l’a si bien montré l’exposition de l’an dernier au Jeu de Paume, j’ai beaucoup de respect et d’admiration pour cette œuvre.


B. R. : Quels sont vos projets actuels ?

A. P. : Articuler le travail existant, y compris celui non publié, autrement que ce fut le cas jusqu’à présent. Le sortir des catégories Irlande et Dogon pour l’aborder comme un seul et même travail, comme vous l’avez fait pour ce portfolio d’EDIT:. Mais cela a encore besoin de mûrir et se fera peut-être naturellement avec le temps.
Finaliser un projet sur les murs de pierre sèche qui me tient à cœur depuis longtemps, mais qui, faute de moyens, n’est pas arrivé à terme. Les photos existent. Des kilomètres de murs de pierre sèche que je trouve fascinants.
Poursuivre le thème des portraits de célibataires en milieu rural, initié en Irlande et que j’ai repris en France, dans le Cantal.
Continuer le travail en Afrique, en milieu animiste, auprès des confréries de chasseurs et des tradipraticiens et de leurs objets de culte. C’est un milieu avec des croyances et des pratiques qui m’intéressent énormément. De photographe autodidacte, il se pourrait que je sois en train de devenir anthropologue autodidacte.
 










Du 16 au 18 Novembre à Clermont-Ferrand
Photographies d'Agnès Pataux : la Galerie virtuelle
Photographie Agnès Pataux.     

Agnès Pataux
Les gens de la falaise

Photographies Agnès Pataux

Il y a d'abord cette falaise, comme un grand corps, avec ses trous, ses plis, sa peau. On l'imagine forteresse, sanctuaire, cavité primale. On lui sent presque battre un cœur. Puis il y a ces gens, des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards dont la peau est comme la roche, les cicatrices comme des racines. Ils sont assis ou allongés parmi les pierres, ils sont accolés à la montagne, et on se demande qui est né de qui : est-ce l'homme qui a fait la falaise, l'a creusée, ou est-ce la falaise qui a donné l'homme ? Ainsi, dans les images qu'Agnès Pataux a faites au pays dogon depuis quelques années et qui sont présentées à la FNAC ITALIE 2 jusqu'au 3 novembre (puis à Clermont-Ferrand du 16 au 18 novembre), tout est corps. Portraits ou paysages, les défis photographiques sont les mêmes : transmettre la force, une forme humble du grandiose qui caractérise ces lieux et ces personnes.

Les Dogons, peuple de l'actuel Mali, ont, dit-on, trouvé un jour refuge auprès de cette falaise pour fuir l'islam et défendre leur religion animiste. La falaise a abrité les hommes en son sein dans des habitations troglodytes qui recueillent aujourd'hui essentiellement les défunts. A flanc de montagne vivent les anciens, qui approchent de la mort. Au pied, les plus jeunes ont construit leurs maisons à côté des hauts greniers aux toits pointus. En contrebas, le fleuve étale lui aussi ses grands membres. Les paysages sont beaux, mais exigeants. La falaise a abrité et façonné les hommes, cette communauté dogon profondément imprégnée de son milieu naturel, tant dans ses croyances que dans son mode de vie où rien n'est encore mécanisé.


Dans ce bel accrochage, oasis de calme au sein du fourmillant centre commercial, les images de paysages alternent donc naturellement avec les portraits. Il y a le forgeron, le fils du forgeron, une femme et son bébé, quelques anciens… Ce sont les gens d'Atô, de Sanga, de Youga Piri, ce sont des gens pris et montrés tels qu'ils sont, dans leurs âges, leurs joies et leurs tâches.

Après un long travail sur l'Irlande, c'est en Afrique qu'Agnès Pataux a consacré ses derniers voyages. Pour cette photographe qui œuvre au 6 x 6 (sinon, en 24 x 36, "ce n'est pas de la photographie", dit-elle), la quête entreprise à l'extrême ouest de l'Europe se poursuit dans ce cœur de l'Afrique où elle exprime la même connivence essentielle entre l'homme et son environnement. Des falaises battues par l'océan Atlantique, Agnès Pataux a migré vers une autre montagne, rongée par des vents plus secs. Mais ses images et son approche sont semblables. On y sent le voyage qui déplace, surprend, trouble, la marche avec l'appareil et le trépied à porter, la nécessité de s'installer et de chercher, de prendre le temps pour que l'image advienne. Une démarche à contre-courant des appareils et des reporters à grande vitesse.

Agnès Pataux dit qu'elle photographie peu, ce qu'il faut seulement. La forme, chez elle, est intuitive. Le fond est dans cette "intelligence des émotions" qui nous permet, dans un paysage ou un portrait, d'entrevoir, à travers ce coin de terre ou ce visage particulier, un peu de ces choses qui nous dépassent… Cela ne peut pas nous faire de mal !

Fabienne Siegwart









ETONNANTS VOYAGEURS


Auteur photographe indépendante, Agnès Pataux vit et travaille à Paris. Elle s’intéresse à la photographie depuis 1978. C’est en 1983, après avoir rencontré Seymour Jacobs, qu’elle devient photographe, convaincue qu’il lui faut travailler avec un moyen format.

D’abord paysagiste sur la Côte Normande entre Dieppe et Étretat, portraitiste des effigies sculptées dans les cimetières à Paris, Nice, Gênes et Rome, elle se rend ensuite fréquemment en Irlande entre 1992 et 2003. Elle y est captivée par la puissance des paysages, les visages des Irlandais à l’image de cette nature rude, et par un patrimoine exceptionnel de murs de pierre sèche.

De 1998 à 2004, Agnès Pataux va à la rencontre du peuple dogon au Mali où elle réalise un portrait de cette société remarquable où beauté naturelle s’allie à richesse culturelle et humaine.

Depuis 2002 elle poursuit un travail sur les confréries de chasseurs, les ritualistes et leurs objets de culte au Burkina Faso (chez les Lobi, les Gan, les Dian, les Dagara, les Bérifon, les Turka…) et au Mali (en Pays Mandé et dans le Miniankala).

En 2005 elle reprend en France, dans le Cantal, le thème initié en Irlande, les portraits de célibataires en milieu rural.

De ses voyages au Portugal, au Maroc, etc.… elle rapporte portraits et paysages.

Agnès Pataux est l’auteur de deux livres aux éditions 5 Continents, Irlande, au rivage de l’Europe et Dogon, gens de la falaise.

Lauréate du prix « Nature et Découverte » en 2003, elle est finaliste du « Prix Femme Artiste des Amis du National Museum of Women in the Arts » de Washington en 2007. En 2008, les collections nationales françaises – musée du quai Branly - font l’acquisition d’une série de ses photographies sur les « Tradipraticiens et objets de culte ».
 
 









Agnès Pataux, Une épopée irlandaise : de mer, de pierres et d'hommes
19 novembre 2008 - 20 février 2009

L'aventure irlandaise d'Agnès Pataux est ancienne, mais dure toujours. Dans cet engagement celte se dessine l'inéluctable lien entre l'Homme et la Nature. Les murs de pierre, éléments emblématiques du paysage irlandais, sont à la fois un témoignage du passé et un exemple d'architecture d'une étonnante modernité. Son travail se rapproche de celui de l'archéologue, de l'anthropologue. Ces photographies se révèlent les témoins d'une civilisation particulière, à travers une vision personnelle de ses paysages et de ses portraits.

Catalogue aux éditions Artefact.

Galerie Le voleur d'images
www.le-voleur-dimages.fr
9 rue Saint-Simon, 7e. Métro : Solférino
Téléphone 01 45 51 07 77











Dogon : Gens de la falaise
Agnès Pataux


Présentation de l'éditeur
Après Irlande : Au rivage de l'Europe, les Éditions 5 Continents de Milan publient aujourd'hui un second livre de photographies d'Agnès Pataux.
Depuis 1988, celle-ci se rend régulièrement au Mali, à la rencontre du peuple Dogon. Ses images témoignent d'une culture encore préservée ; leur force intime et directe atteste la qualité d'un regard devenu ami, solidaire.
Professant l'animisme, le peuple Dogon oppose au prosélytisme de l'Islam une culture à la fois complexe et cohérente, fondée sur une cosmogonie savante. À son contact, la photographe venue d'Europe, s'ouvre à un mode de vie étroitement lié au milieu naturel environnant.
L'approche se fait d'abord par la grandeur des sites, les arbres rares, la densité de la pierre et la terre. Puis apparaissent au flanc de la roche les grottes creusées par ceux qui les habitent, et la rude splendeur des lieux façonnés pour y vivre, terrasses où faire sécher les aliments, échelles dressées comme des sculptures contre la falaise. Les Dogon s'inscrivent dans ce qui est bien plus qu'un décor austère et magnifique. Leur hôte relève gestes et attitudes, observe objets et usages ; elle scrute les corps, les visages, et sonde les regards, pour ce qu'ils expriment si ouvertement de noblesse et de simplicité.
Bien au-delà d'une tradition documentaire qu'elle illustre au passage, la photographe espère ainsi contribuer à fixer le portrait de cette société remarquable, dont elle craint qu'elle ne résiste pas longtemps à l'impact conjugué de l'Islam et du tourisme.
L'ethnologue Geneviève Calame-Griaule, qui signe l'introduction de cet ouvrage, le rappelle pourtant : un symbole clé de la psychologie dogon nous est donné par l'interprétation que propose ce peuple de son propre nom, dogó, en le rapprochant de celui de l'herbe sauvage dògo, qui repousse sans cesse et qu'aucune destruction ne peut anéantir.
L'auteur vu par l'éditeur
Agnès Pataux est née dans une petite ville française au pied des Pyrénées. Ella a voyagé et travaillé au Portugal, en Belgique et en France. Elle photographie l'Irlande depuis une dizaine d'années, et le peuple Dogon depuis 1998. Elle vient de remporter le prix Nature et Découvertes au festival de photo de Biarritz pour son livre intitulé Irlande : Au rivage de l'Europe.

Geneviève Calame-Griaule, directeur de recherche honoraire au CNRS, a accompagné son père Marcel Griaule dès 1946 chez les Dogon du Mali. Ethnolinguiste, elle a étudié les relations entre langage, culture et société et publié de nombreux travaux sur la littérature orale africaine.











Après huit années de recherches sur les Dogons du Mali, Agnès Pataux interroge ici le mystère des fétiches : 23 tirages argentiques qui sont autant de documents ethnologiques exceptionnels !

Après huit années de recherches sur les Dogons du Mali, Agnès Pataux interroge ici le mystère des fétiches : 23 tirages argentiques qui sont autant de documents ethnologiques exceptionnels !
« Objet-magique, objet-sacré, objet-génie, objet de divination, objet de pouvoir, objet de protection, objet-symbole, objets réservés aux initiés : ces objets donnent à voir une énigme.
Tous, ils ont en commun une fonction de médiation entre l’homme et le divin, entre le visible et l’invisible. Chargés de puissance, ils sont rituellement réactivés par des offrandes et sollicités pour découvrir les causes cachées d’un dysfonctionnement individuel ou collectif, pour protéger contre la maladie ou le mauvais sort ou au contraire provoquer maladie ou mort. Le tradipraticien entretient une relation singulière avec l’objet-fétiche dont il est propriétaire. Il a hérité de l’objet, se l’est procuré auprès d’un confrère moyennant paiement, l’a fabriqué lui-même ou fait fabriquer tel qu’il lui a été révélé en songe.
Le tradipraticien est le plus souvent devin, thérapeute, herboriste, initié à une société secrète. » (Agnès Pataux)

Tradipraticiens et objets de culte, au Mali et au Burkina Fasso : Palais du Grand Large, Rotonde Surcouf


08/11/2010
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