Alain YVER

Alain YVER

AGORIA

AGORIA





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" L'héritier spirituel de Laurent Garnier prépare en exclusivité pour les Trans Musicales un set carré, sec et aérien, envisagé comme une véritable histoire – un voyage au bout de l'inouï. "  

En 2003, Agoria frappait un grand coup avec son premier essai et le hit La 11ème Marche. Depuis, Sébastien Devaud a toujours surpris et jamais déçu. Une connaissance encyclopédique de la techno de Detroit (entre autres !), des idées en pagaille et un savoir-faire certain (des années de DJ, ça se ressent) ont propulsé le Lyonnais dans les plus hautes sphères – mais il a gardé les pieds sur terre. Activiste hyperactif, on le retrouve derrière les immanquables Nuits Sonores et surtout, à la tête du précieux label In Finé. À l'aise derrière des platines comme des machines, en studio (quatre albums depuis 2003) comme sur scène, l'héritier spirituel de Laurent Garnier prépare en exclusivité pour les Trans Musicales un set carré, sec et aérien, envisagé comme une véritable histoire – un voyage au bout de l'inouï.







Rencontre avec le producteur Agoria autour de son projet audiovisuel FORMS


Julie Le Baron 29 août
Après des années d’activité, quatre albums et un nombre infini de sets à travers le monde, il paraît presque superflu de présenter Agoria. Depuis ses premiers DJ sets dans les années 1990 à son dernier album Impermanence sorti l’année dernière, l’artiste s’est progressivement imposé comme figure majeure de la scène électronique française. Le week-end dernier, la tranche démographique française la plus hermétique aux averses s’était rendue au festival Rock en Seine, où le producteur livrait un DJ set soutenu par son projet audiovisuel FORMS, conçu en étroite collaboration avec le collectif français Scale. Présenté pour la première fois aux Transmusicales, le projet a depuis eu le temps de s’affûter au fil des dates, opérant un savant mélange entre design, architecture, musique et effets visuels. On a posé quelques questions à Agoria pour en savoir plus sur son rapport à l’image et sur la conception du projet.
The Creators Project : C’est la première fois que tu présentes un live audiovisuel ?
Agoria : En réalité non, j’avais déjà fait ça pour mon premier live il y a quatre ou cinq ans, je travaillais avec le collectif berlinois Pfadfinderei, en particulier avec Honza. En ce qui concerne ma collaboration avec Scale pour FORMS, je les ai rencontrés à l’occasion de la semaine InFiné à la Gaîté Lyrique. Lorsque Jean-Louis Brossard, le directeur des Transmusicales, m’a demandé de faire un projet spécial pour son festival, je les ai immédiatement contactés. C’était le point de départ, même si dans le cadre de ce festival, nous étions plus dans un schéma classique d’illustration. C’est seulement cette année qu’on a pu développer le projet.
Comment s’est déroulée cette collaboration ? Vous avez élaboré les visuels ensemble ou tu leur a laissé carte blanche ?
On est parti sur l’idée de tout jouer en live avec les contraintes qui vont avec. Musicalement, le set est à la fois improvisé et scénarisé, il en est donc de même en ce qui concerne les visuels. Les premiers shows étaient un peu déstructurés, ça avait tendance à partir dans tous les sens. Il a fallu épurer l’aspect visuel pour le rendre plus fort. Comme en musique ou en architecture, mettre trop de couches ou d’effets nuit au message d’origine. Il a donc fallu qu’on enregistre beaucoup de shows pour voir ce qui fonctionnait bien ou pas, et on est partis d’une ossature visuelle et sonore qui nous plaisait pour écrire notre histoire. Mais on tient à ce que ça reste vivant, avec une part d’improvisation et de surprises. Au final, on est quatre à jouer live en même temps, un peu comme un groupe de rock, mais sans refrains.
Et sans batteur en retrait qui se plaint de ne pas être assez mis en valeur sur la scène.
Voilà, il n’y a aucune dimension égotique dans ce type de concert. Chacun se répartit les tâches et il y a un bon dialogue entre les trois membres du collectif pour que personne ne se mette trop en avant par rapport aux autres.

Le concert d’Agoria à Rock en Seine dans son intégralité.
Malgré la part d’improvisation que tu tiens à préserver, tu leur dis quand même à l’avance ce que tu comptes mettre dans ton set pour qu’ils s’adaptent en fonction ?
Oui bien sûr, chaque semaine je leur envoie les morceaux nouveaux que je pense insérer et on discute ensemble de quel tableau pourrait coller et de comment les amener. En fait, on a eu la chance d’avoir un partenariat avec GETTY images via BETC qui nous permet de piocher selon les morceaux dans une banque visuelle assez impressionnante, puis Joachim et Vincent [du collectif Scale] font des court-métrages à partir de ces images qu’ils rejouent en live. Pour moi aussi c’est un peu un casse-tête parfois, car il y a certains morceaux qu’on peut être amené à jouer à différents moments selon l’ambiance ou l’humeur du public.
J’ai regardé ta performance à Rock en Seine sur Arte avec un ami, qui m’a fait remarquer qu’il trouvait ton set presque pédagogique, avec une espèce de chronologie des musiques électroniques. Je ne sais pas si c’est son côté fils d’instituteurs qui biaise sa vision des choses ou si c’est une vraie volonté de ta part ?
C’est très vrai, mais je me vois plus comme un témoin. J’ai envie de transmettre, mais pas comme si je donnais un cours, plus comme si je donnais un regard. Et lorsque je joue dans des festivals rock, le show FORMS est différent que lors d’un festival comme Dour ou I LOVE TECHNO où le public a une connaissance plus pointue. Mais j’aime beaucoup les deux, faire des sets où le défi est de garder tous les fans d’Oasis, et faire écouter de la musique à des puristes plus avertis. Je crois vraiment qu ‘un DJ est là pour transmettre des émotions et se doit de s’adapter tout en gardant une ligne directrice fidèle à ses goûts. Mais je crois aussi que c’est la force d’un projet comme FORMS, si j’étais seul sur scène à jouer un track de DJ SNEAK, de Lil’ Louis ou de Kevin Saunderson sans l’approche globale du projet, ça ne marcherait pas aussi bien devant un public moins averti. Ce format audiovisuel rend la passerelle plus facile à traverser.

D’ailleurs comment s’est passée ta rencontre avec Saunderson avant qu’il te demande de travailler sur Big Fun ? Remixer le premier disque qu’on a acheté, ça doit être un peu l’équivalent de devenir cosmonaute pour un producteur.
En effet, j’ai un peu eu l’impression de faire face à Prince ou Madonna. J’avais lavé les voitures de mes voisins pour m’acheter le 45 tours au supermarché du coin, à l’époque, Inner City et la techno de Détroit étaient sur toutes les ondes. En gros, il cherchait un remixeur pour une compilation sur Pias, et je crois qu’il avait bien aimé La 11ème marche. Par la suite j’ai eu le bonheur de le voir entraîner son équipe de baseball et de jouer à une de ses soirées.
J’ai lu que tu avais constaté “des similitudes entre écriture scénaristique et composition d’un morceau” alors que tu composais la B.O de Go Fast. Lesquelles en particulier ?
À la base, je voulais être scénariste et j’ai donc fait des études de cinéma. Que l’on compose un morceau ou que l’on écrive une histoire, il y a toujours cette recherche du momentum le moment où l’on bascule et où on est séduit. Même pour un morceau très répétitif, comme ça arrive souvent en techno , il y a un moment où on perd pied. Le moment où cette répétition devient transe et hypnotique constitue le point de basculement. Si tu écoutes TV VICTOR, il a poussé l’idée à son paroxysme avec Agai. Mais de façon plus classique, dans le cas d’un morceau évolutif, il y a la mise en place des éléments (des personnages), le développement (le récit, les dialogues), un début, une fin et un momentum (qui est souvent le break) dans les tracks électroniques. Et une fois qu’on a ces codes, le bon scénario ou morceau est celui qui s en affranchit, celui qui dépasse l’arithmétique. Il y a plus de folie que de méthode dans la création d un bon morceau ou d’un bon synopsis. C’est pour cela aussi qu’avec FORMS, on a une ossature autour de laquelle on se laisse aller.
Et à l’inverse, comment ton processus créatif diffère quand il s’agit de composer pour le film de quelqu’un d’autre plutôt que pour un album personnel?
Il faut l’appréhender inversement, se mettre au service du personnage, du récit. Les premières maquettes que j’avais faites étaient hors sujet car la musique prenait trop de place et on sortait de l histoire. Il faut être en retrait mais ça dépend du film lui-même, et du réalisateur. Il peut y avoir des cas où au contraire la musique est le fil conducteur, mais on touche plus à des films d’auteur comme Koyaanisqatsi avec la musique de Philip Glass par exemple.
Avoir une direction claire pour un film est un vrai travail d’expérimentation avec des guidances précises, donc au final tu vas plus loin dans la recherche sonore. Lorsque tu fais ton album, tu es tellement libre que tu peux aisément t’éparpiller. En musique électronique, tu peux refaire des centaines de fois le même track et essayer des nouveaux traitements, des nouveaux sons, c’est sans fin et ça peut s’avérer vraiment dangereux. C’est là que revêt toute l’ importance d’une deadline… Sans ça je suis mort. Si je n’ai pas de date butoire, je ne finis rien, et c’est pour ça que je bosse bien mieux dans l’urgence.

Est-ce que tu comptes faire un projet exclusivement cinématographique comme tu le désirais avant, ou la musique a simplement pris trop le pas sur tes ambitions passées ?
Je pense refaire des B.O bien sûr mais je n’ai pas le temps nécessaire pour écrire… J’écris en général dans les avions, lorsque je suis déconnecté, c’est un moment que j’aime bien, mais pour écrire un projet long il faut rester plusieurs semaines concentré, se couper du reste… ce n’est vraiment pas possible pour moi en ce moment, mais quand j aurais 50 ans, avec tout ce que j ai eu la chance de voir depuis 15 ans dans le monde entier, peut être que j’y songerai.
Quels sont tes projets à venir ?
J’ai fini de mixer l’album de KID A qui sort sur Ninja Tune l’année prochaine, et là je fais deux-trois remixes pour Woodkid, Tricky et un morceau de Tittsworth en featuring avec QTIP… je ferais une “pause” début 2013 pour bosser sur un prochain disque personnel.
Agoria présentera FORMS au festival Nördik Impakt très prochainement, ainsi qu’à Toulouse dans le cadre de La Petite invite #Worldwide festival, le 1er novembre 2012.









Agoria:
 «La Techno Parade, pour défendre toutes les musiques électroniques»

Publié le 15 septembre 2012.

INTERVIEW - Le DJ et compositeur lyonnais Agoria est le parrain de l'édition 2012 de la Techno Parade, qui a lieu samedi à Paris...
Agoria, pourquoi avez-vous accepté d’être parrain de la Techno Parade?
C’est la quatrième ou la cinquième fois que l’association Technopole me demande d’en être le parrain. Jusque-là, je ne l’avais jamais senti. La Techno Parade n’était pas ce que j’attendais d’une manifestation culturelle. Et puis des paramètres plus personnels n’étaient pas réunis les années passées, comme le temps ou l’envie d’être un porte-drapeau. Et là, on a réussi à se concerter pour parler notamment de la direction artistique.
Vous avez d’ailleurs participé à la fondation de Technopole…
Oui, dans le milieu des années 1990. A l’époque, Lyon était l’épicentre de la répression des soirées électro. On pouvait organiser des soirées dans les clubs ou ailleurs, mais Raymond Barre, alors maire, ne donnait des autorisations que jusqu’à 1h du matin. En 1996, après l’annulation du festival Polaris, on s’est «militantisés» en créant une sorte de syndicat de la techno. C’était Technopole.
Comment êtes-vous revenu vers Technopole?
J’ai toujours été réceptif aux idées de la Techno Parade, mais ces dernières années, il n’y avait aucun message politique. Aujourd’hui, la musique électro est partout, à la radio, dans les magasins… Il n’y a plus de message. Pas de problème. Mais à ce moment-là, il faut placer la Techno Parade sur le plan culturel pour défendre toutes les musiques électroniques. En 2011, le parrain, c’était Bob Sinclar. On ne fait pas du tout la même musique. Il est parti sur des chemins plus commerciaux, ce n’est pas la musique que je vais jouer ou défendre.
Comment votre ambition pour la Techno Parade se concrétise-t-elle?
Par les artistes que je veux voir jouer à la soirée de clôture, par les concours de DJ, ou le simple fait de prendre la parole dans les médias. J’espère que les gens vont s’intéresser à d’autres branches de la musique électro. On joue parfois dans des salles entre 15.000 et 20.000 personnes, mais le grand public ne connaît que ce qui passe à la radio.
Quels DJs joueront à la soirée de clôture, Renew, au Showcase?
Chacun a sa propre personnalité et sa musique. Nina Kraviz pratique une techno très actuelle, avec des influences de Chicago et de Detroit, c’est un retour aux sources de la musique électro. Dave Clarke, c’est un son plus dur et un des meilleurs DJs au monde, avec une super technique, il aime le hip hop. Joris Voorn a un côté plus soyeux, on joue très souvent ensemble, il a beaucoup de classe. Booka Shade est un duo qui représente le son allemand, avec une techno très joyeuse.
Cette année, vous avez montré Forms, un spectacle assez audacieux. De quoi s’agit-il?
Depuis que je suis DJ, je souhaitais mêler plusieurs formes d’art. Forms fait appel au design, aux figures géométriques... Même si la musique reste l’élément principal, Forms permet de faire appel à tous les sens, d’être immergé dans un univers. J’aimais bien l’idée de ne pas être le point central du show, que les gens oublient le DJ et que je fasse partie du décor.
Pourquoi vous faire oublier?
Ce qui m’excite le plus dans la musique électro, c’est le moment vécu et de partage, que les gens rentrent chez eux d’une soirée avec leur vie changée. Avant, je revenais d’un club ou d’une rave, avec l’impression d’avoir passé trente minutes quand s’était écoulée une nuit. On perd ses repères et la notion du temps. La musique électro, ce n’est pas aller voir quelqu’un.
Propos recueillis par Joël Métreau








Agoria & InFiné, c’est fini
//www.sourdoreille.net/agoria-infine-cest-fini/

Nouvelle surprenante : Agoria, co-fondateur du label, a décidé de prendre ses distances avec InFiné, crée en 2006 et reconnu aujourd’hui comme l’un des labels français les plus pertinents.
Le Lyonnais quitte ses chronophages fonctions de directeur artistique pour se concentrer uniquement sur ses productions, collaborations et autres bandes originales de films.
Verbatim : « C’est clairement une question de choix. Je n’aurais jamais pensé que cette aventure deviendrait un travail quotidien. Je suis vraiment heureux pour tout ce qui a été accompli, notamment d’avoir pu signer des gens comme Arandel ou Rone. Mais aujourd’hui il y a tellement d’artistes et le label a pris une proportion telle que je ne fais plus rien pour la musique, je passe mon temps à rencontrer des gens et à travailler tout le côté « business » que ça implique. Je pense qu’InFiné n’a plus nécessairement besoin de moi, le label continuera de grandir après mon départ.»
Le label poursuit donc sa route sans lui, avec les sorties prévues en 2012 des albums de Spitzer, Danton Eeprom ou Rone.








Le set d’Agoria à Rock en Seine :


c'est beau un DJ qui mixe vraiment
Retour sur... | Que font les DJ’s derrière leur platines ? Pas toujours grand chose dit la rumeur. Sauf quand il s'agit d’Agoria, dont le projet “Forms” a retourné Rock en Seine.
Le 31/08/2012 à 17h00 - Mis à jour le 31/08/2012 à 13h44 
Odile de Plas
Mais que font-ils, ces fichus DJ's, derrière leurs tourne-disques ? La question est vieille comme les musiques électroniques et ressurgit régulièrement au gré de scandales divers. Récemment David Guetta était ainsi accusé d'avoir fait semblant de mixer au festival Tomorrowland 2012. Autre cible du Web, Paris Hilton, qui s'est improvisée DJ à Rio en juin, mais que l'on voyait surtout lever les bras en l'air. Ou encore la Swedish House Mafia, star de l'Electronic Dance Music (EDM) selon le terme consacré au Etats-Unis, régulièrement soupçonnée de diffuser des mix pré-enregistrés lors de ses prestations. La rumeur circule aussi tout autant au sujet du live du duo français Justice...
Il n'est d'ailleurs pas rare aujourd'hui de voir des DJ's annoncer un « show » et non plus un « set », bref garantir le spectacle (avec force feux d'artifices) et non pas l'originalité du mix, censé être unique – mais qui croit encore qu'un spectacle de Madonna ou de Beyoncé est unique ? Steve Angello, l'un des trois membres de la Swedish House Mafia a d'ailleurs fini par le reconnaître dans une interview. Hasard du calendrier, son groupe s'est depuis séparé, à la grande joie du Canadien DJ Sneak, pionnier de la scène house, qui était devenu l'un de leurs plus grands détracteurs.
Pour répondre à la question du début, reste une solution : regarder cette vidéo signée Arte Live Web du set d'Agoria, le 25 août à Rock en Seine. Le DJ-producteur lyonnais présentait son projet Forms, un son et lumière d'une belle élégance, qui rappelle deux choses :
1 - Les musiciens électroniques sont attachés à la géométrie (on se rappelle le triangle des Daft Punk, le cube d'Etienne de Crécy, le cylindre de Plastikman).
2 - Bien mixer c'est un sacré boulot, pas très impressionnant comme ça, mais qui demande de la délicatesse, de la dextérité et une excellente concentration. Il faut voir les mains d'Agoria préparer le disque suivant, effleurer les potards, envoyer une basse, un charley, une voix ; faire languir son public sans verser dans le racolage. La vraie différence se situe plutôt là.







90BPM > Interviews > Agoria : "L'Art est inutile"


Juste retour des choses, après une quinzaine d'années de bienfaisance au sein de la techno, Agoria devenait le mois dernier parrain de la Techno Parade. Formidable, nous dit Jack et il a raison. Agoria c'est le genre de Parrain sur lequel Coppola ne fera pas de films (qui sait ?) et comme on n'a pas de caméra, on lui a tendu un micro. Entretien avec un empire de la techno d'en France.
Qu'est ce que ça te fait de devenir parrain de la Techno Parade ?
Agoria : Rien ! (Rires) Non, je plaisante, c'est la quatrième année où ils me demandent d'être parrain. J'avais pas trop réagi avant, déjà parce que je trouve la manifestation vieillotte, je voyais pas tellement ce que je pouvais lui apporter. Et puis, parce qu'il n'y a rien à défendre aussi dans la culture des musiques électroniques. Il n'y a plus besoin de les défendre. Du moins politiquement. On peut les défendre culturellement mais à mon sens il n'y a plus besoin. Donc cette année je me suis dit qu'on ne pouvait pas cracher dans la soupe, puisque les années passées on avait des parrains qui font une musique qui moi ne me touche pas beaucoup comme Joachim Garraud ou Bob Sinclar. Donc je me suis dit qu'il était temps d'essayer de voir si de l'intérieur on pouvait faire évoluer cette parade vieillissante.
 
 Et qu'est ce que ça a été ton rôle au milieu de tout ça ?
Agoria : Au final, il n'a pas été si énorme que ça. Les marches de manœuvre ne sont pas très grandes. On a su tardivement que j'allais avoir un char et une soirée pour inviter des gens que j'aime bien comme Nina Kraviz, Dave Clark ou Joris Voorn. Et puis sur le char, j'ai invité des jeunes artistes comme Villanova et Bambounou qui sort bientôt son premier album sur le label de Modeselektor, 50Weapons. Ils ont tous les deux une musique différente de la mienne. Bambounou, il a un côté un peu old school, un peu dubstep, un peu techno aussi, même si je le trouve plus proche de la scène anglaise que de la scène allemande. Villanova, ils font une house assez glamour, c'est l'union d'un DJ club au bon sens du terme et d'un artiste qui aime plutôt le jazz.

Et faire suite à Joachim Garraud ou David Guetta, c'est un symbole selon toi ?
Agoria : Je pense que le symbole est évident. Ils voulaient une crédibilité, du moins sur un plan artistique. Moi je ne suis évidemment pas aussi connu qu'eux. Mais je ne le cherche pas. Je ne suis pas parrain de la Techno Parade pour être le prochain David Guetta ! Je pense que ça vient de mon passé, j'ai toujours aimé créer des choses. J'ai cofondé les Nuits Sonores, j'ai participé à la vie d'Infiné pendant ses premières années, quand j'étais gamin j'organisais plein de raves donc j'ai toujours eu cette idée d'équipée collective. Pour moi via la techno parade j'aimais l'idée de transmettre, pas en tant que connaisseur, mais du point de vue du message. Je le passe aujourd'hui à Adrien (Villanova, présent en face de lui, ndlr) et dans dix ans peut-être que lui aussi le transmettra. Dans le rock c'est quelque chose qui se fait beaucoup, tu as beaucoup d'artistes qui se passent le flambeau. Maintenant notre musique a vingt ou trente ans et c'est normal qu'il y ait le même système de transmission.
 
Les origines de la techno parade sont Lyonnaises d'ailleurs, comme toi. C'est un retour aux sources ?
Agoria : Tu fais un raccourci, la Techno Parade n'est pas Lyonnaise, c'est l'association Technopol qui est à l'origine du projet qui vient de Lyon. Mais oui, j'étais là au début, je me souviens de cette salle de conférence où j'ai fait partie des premiers signataires. Tu avais tous les organisateurs de rave, tous les artistes, toutes les petites assos, tout le monde était venu à Lyon pour signer cette sorte de protocole de premier syndicat de la musique électronique. Du coup... j'ai oublié ta question.
 
Tu vois ton parrainage comme un retour aux sources ? Une envie de revenir au message originel ?
Agoria : non, je pense pas qu'il y ait de retour aux sources. Au même titre que la techno : tous les deux ans, il y a de la fraîcheur dans le style, on remet une couche de peinture. Je crois pas qu'il faille revenir sur ce message originel, la techno doit aller de l'avant. Il y a beaucoup de choses à faire encore. 
 
Malgré tout durant cette semaine de conférences, des questions intéressantes ont été soulevées. Je vais te les poser :
Agoria : houla ! Ça m’effraie.
 
Rien de méchant. Par exemple : "comment gagner sa vie comme artiste électronique ? ", c'est intéressant... Ou alors la reconnaissance du DJ en tant qu'artiste.
Agoria : Je ne crois pas du tout que ça soit une vraie question la reconnaissance du DJ...
 
Ha oui ?
Agora : ça l'a été et on en a parlé un peu tout à l'heure mais aujourd'hui le DJ est reconnu. Il y a quinze ans quand tu disais que tu étais DJ, t'avais honte, l'image du DJ c'était "boule à facette et sono mobile". Aujourd'hui, il y a une telle commercialisation de DJs tels que David Guetta, que le DJ n'a plus ce côté... branleur. Ce que le grand public a appris des DJs c'est ça. Je pense que maintenant on est relax, on n'est plus comme des bouseux et il n'y a plus ce renouveau là à faire. La SACEM a compris ça il y a dix, douze ans maintenant : quand tu joues en tant que DJ quelque part, tu touches des droits d'auteur comme n'importe quel artiste. Je ne crois pas qu'il y ait encore quelque chose à défendre. Et puis est-ce qu'on va défendre un guitariste ? On n'a pas à se justifier d'être un artiste. Pour certain, un guitariste, ça peut être un branleur, pas un artiste, parce qu'on ne s'y intéresse pas ou qu'on ne comprend pas.
 
Dans le cas du DJ, l'instrument est plus flou, moins conventionnel, ce qu'il crée n'est pas clairement défini et même s'il y a trente ans d'histoire de sample, je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui tout le monde comprenne que l'on puisse créer avec la création d'autrui.
Agoria : Bah tous ces gens qui pensent que c'est très facile d'être DJ et faire danser les foules, je les invite à se rendre sur des salles de 12 000 personnes, seuls, et de leur faire lever les bras tout en passant une belle musique. Après le débat est éternel sur ce qui est de l'art ou pas. La seule bonne réponse que je trouve à cette question c'est que "l'Art est inutile". À partir du moment où tu fais quelque chose qui n'a pas une utilité productive ou mercantile, tu fais quelque chose d'artistique. Pour moi l'art c'est ça et est-ce que le DJ fait quelque chose d'utile, je ne crois pas.
 
Tu as été invité à Rock En Seine, on n'aurait pas vu de techno lors d'un festival de rock il n'y a encore pas si longtemps. Tu crois que la techno s'assimile beaucoup mieux au paysage musical français ?
Agoria : je pense surtout que le France n'est pas pays "dance". Ce que je veux dire c'est qu'il n'y pas de culture club. Donc pour les artistes, comme il y a moins de clubs, ils vont forcément sur des événements qui peuvent permettre de jouer, donc les festivals de rock. Parce qu'évidemment les festivals de rock suivent aussi les nouvelles tendances, ils ont envie d'être en connexion avec les générations nouvelles. Mais je pense que c'est surtout parce qu'on n'a pas de culture club.
 
Ça arrive tard aussi parce qu'on n'a pas eu de Detroit ou de Chicago...
Agoria : mais la culture club est pas dingue à Détroit et Chicago non plus, tu sais aujourd'hui...
 
Oui mais je veux dire qu'on ne les a pas eu aussi intensément en France il y a trente ans...
Agoria : bah si mais avec cinq ans de décalage. Par exemple la Belgique, qui est un pays voisin, où il y a des émissions de radio, des fanzines... quand il y a un lieu qui ouvre, c'est pas du tout la même effervescence que la France où on agit un peu à l'inverse de l’Angleterre. Ici on attend une heure ou deux heures avant de sortir. A Londres les clubs sont tous pleins dès 11h. En France, à 5h les gens comment à rentrer chez eux, à Berlin les gens commencent à sortir parce qu'ils veulent rester jusqu'au lundi matin. En France on n'a pas cette culture du Djing ou du "comment on peut danser pendant dix heures".
 
Tu as le sentiment qu'en France c'est en train de changer un peu ? Il y a des initiatives comme la Concrete.
Agoria : Heureusement qu'à Paris il se passe des choses. Mais c'est souvent et malheureusement souvent réduit à Paris parce qu'il se passe peu de choses en France. Il y a les mecs d'Astropolis qui font de très belles choses dans l'Ouest, tu as évidemment ma petite famille des Nuits Sonores à Lyon, quelques trucs dans le sud mais... à côté de villes comme l'Allemagne où tu as deux/trois clubs dans chaque ville, comme Cologne, Leipzig, Hambourg, c'est pas la même chose... Je suis pas jaloux de ce qu'il se passe à l'étranger, c'est pas très grave, on a tous nos petites particularités, faut faire avec. Quand j'ai joué à Rock En Seine, je faisais pas le fier, j'étais pas complétement convaincu, tu sais quand tu joues devant des fans de Noel Gallagher après son concert, tu te demandes comment ils vont réagir. Et c'était génial, bien avant que je commence, il y avait déjà deux/trois milles personnes et puis après d'autres sont encore arrivés. Je pense que c'est un nouveau challenge, on ne mixe pas de la même façon à Rock En Seine, au Panorama Bar ou à la Fabric de Londres. Parce que ce n'est pas le même public. Parfois, j'ai des potes à moi, puristes, qui me disent "putain Seb, t'as pas joué comme d'habitude" et moi ça me dérange pas ça, c'est quelque chose que j'aime bien aussi : faire des choses différentes.
 
En même temps, j'ai vu ton live à Rock En Seine, tu passes du Bashmore par exemple, je n'ai pas le sentiment que tu te trahisses
Agoria : Non je ne me trahis pas mais je ne peux pas aller aussi loin, je ne peux pas prendre autant de risques lorsque je joue devant mille mecs qui connaissent ça par cœur et qui sortent en club depuis quinze ans que lorsque je joue à Rock En Seine devant un public hétérogène qui aime la pop, le rock... Donc on est dans une certaine efficacité, dans une recherche d'instantanée plus que dans un vrai travail de fond. Même si j'essaye de rechercher la chose, de l'amener petit à petit, ce n'est pas le même travail.
 
C'est marrant que tu me dises ça parce que peu de temps avant son live à Rock En Seine, j'avais rencontré Kalkbrenner, qui a des manières d'ours avec les journalistes - ça le gonfle, je peux comprendre – et qui m'avait dit : "il n'y aucune différence quand je joue en club ou en festival, tu fais ton truc, l'extérieur ou le public ne change rien". Ça m'avait étonné.
Agoria : Du point de vue Allemand, je comprends que ça change rien. Le public des festivals allemand, c'est le même que le public des clubs. En France, quand tu joues à Rock En Seine ou aux Vieilles Charrues, dans des festivals comme ça, ça change. C'est une certitude. Après si tu vas jouer à Astropolis, au N.A.M.E ou aux Nuits Sonores, pour le cadre, il y a rien qui change, parce que c'est le même public, les mecs viennent de partout et ils savent pourquoi ils sont là. Ce sont des événements dédiés à notre musique.
 
Tu as le sentiment de faire quelque chose de plus accessible quand tu es à Rock En Seine ?
Agoria : Evidemment. Je ne vais pas jouer Alva Noto en ouverture. Tu ne joues pas la même chose. Mais attention, je suis pas en train de dénigrer, ça me fait vachement plaisir de jouer devant quinze mille personnes et de me dire à la fin que j'ai rempli mon contrat, que pas un seul ne s'est barré et qu'ils ont gardés les bras en l'air du début à la fin. Je trouve ça aussi excitant que de jouer devant des mecs hyper-pointus qui vont apprécier le truc de la façon dont tu l'amènes. Et c'est ça le travail de DJ finalement, à l'inverse du live où tu joues tes propres morceaux donc tu es dans un cadre délimité. Le DJ peut partir dans toutes les directions, quand il a envie à chaque date. Un coup, c'est plus ambiant, un coup c'est techno dure, mais toujours sans se mentir. C'est vraiment ça le truc.
 
Toujours en termes d'accessibilité, je me souviens d'Erwan Perron dans Télérama qui disait quelque chose d'assez flatteur à propos d'Impermanence : "on aimerait oublier tout ce qu'on sait de la techno, pour la redécouvrir avec Agoria". Finalement, est-ce qu'on peut dire - que sans trahir son authenticité – tu fais de la techno accessible ?
Agoria : Oui. Déjà le dernier est plus accessible parce qu'il y a plus de voix donc quand tu as plus de voix, tu interprètes le morceau différemment.
 
Oui mais c'est Troxler, Carl Craig, pas des noms connus du grand public.
Agoria : Moi je trouve que c'est très difficile d'écouter un album de techno quand tu as douze morceaux uniquement instrumentaux, très répétitifs. Les albums de techno à l'origine, c'est pour les DJs, c'est des trucs à mixer, ce n'est pas fait pour être écouté chez toi. Ma conception de l'album rejoint celle d'Underworld, des albums que tu peux vraiment écouter, mon école vient plutôt d'ici. Même si en tant que DJ, j'adore la techno "répétitive" mais j'ai souvent dit qu'un des morceaux préférés est TV Victor de Agai , un titre de 70 minutes avec une boucle qui se répète sans fin et où il y a juste quelques petits changements. Ou alors ce que fait Mark Ernestus (Maurizio, ndlr) de Basic Channel, qui est un génie absolu, si tu as l'occasion d'aller le voir, n'hésites pas.
 
Tu as un nouvel album de prévu ?
Agoria : non, je tourne comme un taré donc j'ai pas forcément le temps de me pencher dessus. J'ai fait quelques remix là, un remix pour Q-Tip, un remix pour Tricky et un remix à paraître sur Visionquest. Mais je n'ai pas eu le temps de faire de musique pour moi. Je pense que je vais m'arrêter de tourner vers Mars prochain parce que ça fait trois ans que je fais ça non-stop donc j'ai besoin de me poser un peu, voir mes proches, ma famille et puis passer un peu de temps en studio après. Donc peut-être en fin d'année prochaine. Mais j'ai pas envie d'être dans la course à la sortie, de devoir me speeder pour sortir un truc. J'ai cette chance. Sinon, j'ai mixé l'album de Kid A qui sortira chez Ninja Tune en début d'année prochaine. Tu avais aimé le live aux Trans ?
Ouais c'était hyper cool. Il y avait un monde dingue, la Halle est pourtant énorme mais elle en devenait hyper petite.
Agoria : Elle est énorme pourtant cette salle. Mais c'est vrai que mes potes n'ont pas pu rentrer, il y avait des panneaux "désolé, c'est complet".
 
Et c'était l'ébauche d'ailleurs l'ébauche de "Forms" ton nouveau projet scénique ?
Agoria : Ouais c'était l'ébauche de "Forms" et tu as vu une version plus aboutie durant Rock En Seine. Quand j'y repense, c'est un risque parce que si tu te ramasses c'est dur... Jouer devant quinze milles personnes qui se font chier...









Sébastien Devaud, dit Agoria, né le 16 janvier 1976, est un producteur, compositeur et DJ français de musique électronique. Il a signé quatre albums, dont la bande originale de Go Fast, et cofondé le label musical Infiné. Attaché à la ville de Lyon, il a participé à la création du festival Nuits Sonores.

Biographie
Ses débuts
Sébastien Devaud a grandi à Valencin, dans l'Isère1. Il est élevé dans un milieu plutôt artistique, avec un père architecte et une mère chanteuse lyrique2. Son père collectionnant des disques et sa mère étant chanteuse, il se rappelle avoir été imprégné par une grande diversité musicale3. Des années plus tard, la mère d'Agoria posera d'ailleurs sa voix sur Altre Voci, issu de la BO de Go Fast composée par son fils4.
Le premier disque de musique électronique qu'Agoria achète, vers l'âge de 12 ans, c'est Big Fun de Inner City, sorti en 1988. Un disque acquis avec l'argent qu'il avait gagné en lavant les voitures de ses voisins [réf. nécessaire]. Ce disque marque, pour lui, le début de son attrait pour la techno de Détroit. Des années plus tard, il présentera son 45-tours à Kevin Saunderson, producteur de Inner City, qui lui avait demandé de remixer Big Fun5. Puis, il s'enthousiasme pour la house de Chicago, l'acid house ainsi que la New Beat venue de Belgique, qu'illustre le tube Rock to the Beat de One O One. Il s'intéresse également à un DJ français en pleine ascension, Laurent Garnier6.
A l'âge de 15 ou 16 ans, il assiste à un DJ set de Jeff Mills. Impressionné par la technique de l'Américain, qui mixe avec trois platines7, il achète une platine TechnicsSL-MK2 et apprend à mixer. N'ayant pas assez d'argent à l'époque pour en acheter une seconde, il s'entraîne au son de la radio6. Il commence à mixer dans des soirées pour des amis et en 1993, âgé de 17 ans, il se retrouve à jouer dans un club en première partie des DJ Richie Hawtin et Carl Cox8,9.
Après avoir passé le baccalauréat, il s'inscrit à l'université, où il reste trois mois, préférant « organiser des soirées » et se rendre dans « les magasins de disques », où il rêvait de travailler quand il était plus jeune10. Il fréquente la boutique Independance Records à Lyon, croisant parfois Miss Kittin11. Il poursuit des études de cinéma dans une école d'audiovisuel, mais à 23 ans, il décide de se consacrer entièrement à la musique12,13.
Sa carrière musicale
Une renommée acquise avec Blossom
Son premier maxi, Influence hivernale, sort en 1999 sur le label Kubik, alors géré par Cyrille Bonin, futur directeur du Transbordeur à Lyon. Ce dernier voyait en lui « un jeune mec ambitieux et bosseur »1. Les morceaux suivants sont publiés sur d'autres petits labels (UMF, Future Frontier...)14. Le titre qui le fera accéder à la renommée, La Onzième marche, sort d'abord sur le label Tekmics en 2001. Il ne s'en écoule que 600 exemplaires avant de ressortir sur le label PIAS15. En 2002, son maxi La Onzième marche figure sur les play-lists de DJ réputés comme Laurent Garnier et Andrew Weatherall16. Le titre figure dans son premier album, qui sort l'année suivante sur le label PIAS. Blossom, qui convie notamment Tricky et l'épouse de Kevin Saunderson, est alors qualifié de « réussite » dans le quotidien Libération17. La BBC évoque certes un album « pas essentiel », mais « un talent à suivre »16 et le site spécialisé Resident Advisor prédit en 2003 à ses lecteurs qu'ils vont « davantage entendre le nom d'Agoria dans un proche futur »18. À cette période, il est invité par Kevin Saunderson, le producteur d'Inner City, à remixer Big Fun, le premier disque qu'il avait acheté1,19.
Deux autres albums, une BO et un label
Son deuxième album, The Green Armchair, sort en 2006, tandis que la techno minimale imprègne le milieu électro, quitte à le lasser20. Agoria, également fatigué de cette tendance qu'il qualifie de « hype », s'est attelé à ce disque après des mois épuisants de DJ-sets à travers le monde21. Comme sur son premier album, des invités ont participé à des morceaux : les chanteuses Neneh Cherry et Princess Superstar ainsi que l'ancien leader du groupe rock Bauhaus, Peter Murphy. La conception de The Green Armchair a pris deux ans, en partie parce qu'Agoria éprouvait des difficulté à trouver les arrangements qui lui convenaient3.
En 2006, avec Alexandre Cazac et Yannick Matray, il crée le label Infiné, afin de publier le premier album de Francesco Tristano. Ce label se veut avant-gardiste et raffiné, doté d'un éclectisme affirmé qui rallie musique classique, techno, house, pop ou world. Agoria signe pour la première fois sur ce label son troisième album, Impermanence, en 2011. Mais à la fin de cette même année, il décide de le quitter pour se consacrer à des projets plus personnels22.
En 2008, Agoria compose pour la première fois une bande originale pour le long métrage Go Fast, produit par Luc Besson. La société EuropaCorp l'avait d'abord contacté pour deux morceaux issus de son album The Green Armchair. Finalement, il accepte d'écrire une musique inédite pour le film12. Après Go Fast, il reçoit des propositions pour écrire d'autres BO. Fort de son expérience dans le cinéma, il constate « des similitudes entre l’écriture scénaristique et la composition d’un morceau »23.
Son troisième album studio, Impermanence sort le 26 janvier 2011. Comme sur Blossom et The Green Armchair, il convie plusieurs artistes, tous de nationalité américaine : la chanteuse Kid A, le DJ Seth Troxler (en) et le musicien Carl Craig. Ces deux derniers chantent d'ailleurs pour la première fois24. Par rapport à ses précédents albums, Agoria déclare avoir « rajouté quelques touches acoustiques » dans son univers techno25 et qualifie son album d'« épanoui et intime »26.
L'attachement à Lyon
Agoria s'est fortement impliqué dans la scène locale électro de Lyon, ville pour laquelle il éprouve une « fierté »27. Ainsi, en 2002, alors que son premier album vient de sortir, il participe aux côtés de Vincent Carry à la création des Nuits Sonores, festival lyonnais de musiques électroniques12. Il s'y est produit chaque année depuis. « Séb est, avec Laurent Garnier, l'ange gardien du festival », déclarait début 2011 Vincent Carry, directeur des Nuits Sonores1. C'est à Lyon qu'il enregistre ses albums et mixes, depuis son studio baptisé « Circle Room »28,29.
L'influence de Détroit
La techno de Détroit est l'une des sources d'influences majeures pour Agoria : Le premier 45-tours qu'il achète, c'est Big Fun, d'Inner City et le DJ qui lui insuffle le désir de mixer, c'est Jeff Mills, originaire de cette ville américaine. Si bien que le journaliste de France Inter, Didier Varrod, qualifie Agoria d'« enfant de la techno de Detroit »30. Son attachement pour ce courant musical se manifeste aussi par des contacts de plus en plus étroits avec les fondateurs du genre. Ainsi, Agoria s'est rendu plusieurs fois dans cette ville, notamment en 2010, à l'occasion du Detroit Electronic Music Festival. Lors de ce séjour d'une semaine, il est emmené par Carl Craig et des membres d'Underground Resistance à la mairie pour assister à un conseil municipal sur le budget de la culture31.
Discographie partielle
Maxis
    •    1999 : Influence Hivernale
    •    2000 : Bel Air Street
    •    2001 : Euro 2000 EP
    •    2002 : La Onzième Marche
    •    2003 : Spinach Girl
    •    2004 : Stereolove
    •    2005 : Beaux Jours
    •    2006 : Code 1026
    •    2006 : Baboul Hair Cuttin (feat. Scalde / remixes par Gui Boratto et Radio Slave)
    •    2007 : Les Violons Ivres
    •    2008 : Dust (feat. Scalde)
    •    2009 : Diva Drive
    •    2009 : Solarized (feat. Scalde)
    •    2009 : Libellules
    •    2010 : Grande Torino
    •    2010 : Speechless (feat. Carl Craig)
Albums
    •    2003 : Blossom
    •    2006 : The Green Armchair
    •    2008 : Go Fast
    •    2011 : Impermanence
Compilations mixées
    •    2005 : Cute & Cult
    •    2007 : At The Controls
    •    2010 : Balance 016
    •    2011 : Fabric 57
Notes et références
    1.    ↑ a, b, c et d Sandra Moisson, « Agoria remet le son », dans Télérama Sortir n°3184 spécial Lyon, 19 janvier 2011
    2.    ↑ (en) //www.myspace.com/agoriagoria [archive], sur myspace.com, consulté le 19 janvier 2011
    3.    ↑ a et b (en) INTERVIEW : AGORIA [archive], sur betcmusic.fr, consulté le 4 février 2011
    4.    ↑ (en) Agoria, Balance 016) [archive], sur tsugi.fr, consulté le 19 janvier 2011
    5.    ↑ (en) Under the gun: Agoria [archive], sur residentadvisor.net, consulté le 19 janvier 2011
    6.    ↑ a et b (en) An interview with Agoria... by Fiona Walsh [archive], sur clubbersguideireland.com, consulté le 18 janvier 2011
    7.    ↑ (en) Pre Movement 2010 Coverage – AGORIA [archive], sur justqualitymusic.com, consulté le 18 janvier 2011
    8.    ↑ Agoria en quelques dates [archive], sur petit-bulletin.fr, consulté le 4 février 2011
    9.    ↑ Agoria, le grand mix [archive], sur rfimusique.com, consulté le 4 février 2011
    10.    ↑ (en) Agoria's InFiné [archive], sur dazeddigital.com, consulté le 4 février 2011
    11.    ↑ (en) AAn interview of France’s Agoria [archive], sur beatportal.com, consulté le 19 janvier 2011
    12.    ↑ a, b et c Agoria : "La french Touch n'est plus qu'une histoire de re-lifting d’un courant ayant déjà existé" [archive], sur intalk.fr, consulté le 18 janvier 2011
    13.    ↑ Agoria: «Je suis toujours très étonné du succès grandissant des Nuits sonores» [archive], sur 20minutes.fr, consulté le 4 février 2011
    14.    ↑ (en) Agoria discography [archive], sur discogs.com, consulté le 18 janvier 2011
    15.    ↑ Interview Agoria [archive], sur atomicx.net, consulté le 18 janvier 2011
    16.    ↑ a et b (en) Agoria, Blossom, Widescreen techno from Lyon [archive], sur //www.bbc.co.uk [archive], consulté le 18 janvier 2011
    17.    ↑ Agoria [archive], sur liberation.fr, consulté le 18 janvier 2011
    18.    ↑ (en) Agoria Blossom's in the UK [archive], sur residentadvisor.net, consulté le 18 janvier 2011
    19.    ↑ (en) Inner City - Big Fun (Remixes) (Part 1) [archive], sur discogs.com, consulté le 4 février 2011
    20.    ↑ (en) The strange, lingering death of minimal techno [archive], sur guardian.co.uk, consulté le 18 janvier 2011
    21.    ↑ Agoria Interview [archive], sur nightcode.be, consulté le 18 janvier 2011
    22.    ↑ (en) Will Lynch, « Agoria leaves Infine Music [archive] » sur residentadvisor.net, 16 novembre 2011
    23.    ↑ DE PLATEAUX EN PLATINES [archive], sur petit-bulletin.fr, consulté le 4 février 2011
    24.    ↑ Impermanence-Agoria [archive], sur telerama.fr, consulté le 2 mars 2011
    25.    ↑ in bed (ou presque) with agoria [archive], sur nuits-sonores.com, consulté le 4 février 2011
    26.    ↑ Agoria, super chaman [archive] sur 20minutes.fr, consulté le 4 février 2011
    27.    ↑ (en) Agora, l'interview [archive], sur justqualitymusic.com, consulté le 18 janvier 2011
    28.    ↑ L'électro d'Agoria, un mix entre la tête et les jambes [archive], sur ouest-france.fr, consulté le 19 janvier 2011
    29.    ↑ the sun shines with agoria [archive], sur infine-music.com, consulté le 19 janvier 2011
    30.    ↑ Encore un matin [archive], sur sites.radiofrance.fr, consulté le 4 février 2011
    31.    ↑ AGORIA raconte Détroit [archive], sur betcmusic.fr, consulté 4 février 2011





17/11/2012
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