Alain YVER

Alain YVER

AIR

A I R


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Biographie

La très vertueuse et très sélecte ville de Versailles, en région parisienne, n'est pas célèbre que pour son château et ses forêts. Elle a aussi donné le jour, en 1969 pour être précis, à deux jeunes gens biens sous tout rapport que l'amour de la musique rapproche dès le lycée, au bon vieux temps des années 80.
Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin, ce sont leurs noms, décident alors de former un collectif, « Orange », pour assouvir leur passion et draguent dans leur sillage d'autres garçons du coin, un certain Etienne de Crecy et un certain Alex Gopher, aujourd'hui célèbres pour avoir apporté leurs lettres de noblesse à la musique éléctro « made in France ».

Tout en continuant mollement leurs études, il faut bien vivre, les deux compères continuent à caresser, sans trop d'espoir, le rêve de percer sur la scène musicale française. Quelques refus de maisons de disques plus tard (tout le monde ne peut pas avoir du nez), Nicolas Godin continue à s'accrocher, enregistre sous le nom de Air et se fait remarquer par Virgin avec un premier titre, « Modulor ». « Modulor » fait doucement son chemin et se fait également remarquer par Mo'Wax, le légendaire label anglais. Jean-Benoît Dunkel revient dans l'aventure et apporte sa touche mélodique. Après plusieurs maxi CDs très réussis, ils commencent à enregistrer leur premier album en 1997 en région parisienne et, excusez du peu, dans les mythiques studios d'Abbey Road (les Beatles, ça te dit quelque chose ?). L'album, « Moon Safari » sort un peu partout dans le monde en 1998, cette fois, on croit très fort en ces jeunes poulains, et leurs clips (« Sexy Boy », « Kelly watch the stars »), mélanges de kitch et d'esthétique pop 70, à l'image de leur musique, passent en boucle sur les chaînes musicales. C'est le succès : en Angleterre, on les invite à « Top of the Pops » et Françoise Hardy accepte d'enregistrer un titre avec eux, « Jeanne », une petite merveille.

Air entame une tournée, même aux Etats-Unis, et surprise, ça marche ! Le public américain branché, la réalisatrice Sophia Coppola en tête, les adore. Sophia leur passe commande de la B.O de son film, désormais culte auprès des teenagers, « The Virgin Suicide » qui sort en 2000. Aérienne, c'est le cas de le dire, la B.O est encore un succès.
Au printemps 2001, leur deuxième véritable album sort. Il s'agit de « 10 000 Hz Legend ». La critique adore et déteste à la fois, chacun choisit son camp. Il faut dire que le duo a gagné en psychédélisme avoué et ne ménage pas ses effets. Air ne se lasse pas d'expérimenter, au contraire, après avoir créé leur propre label, sortis un album de remixes dus à Mr Oizo (la pub Levi's, la peluche jaune ?), Modjo et les Daft Punk, ben voyons, ils composent une musique pour un ballet de danse contemporaine et composent en même temps « Talkie Walkie », un troisième album ambient-pop doucement assagi.  (FIN)







Biographie

Jean-benoît Dunckel et Nicolas Godin se sont réunis, en 1995, pour former le groupe, mondialement connu, "AIR". Amis depuis le lycée, les deux compères, fous de musique, passent leur temps libre à bidouiller des sons électroniques sur leurs ordinateurs. En 1980, ils créent le collectif " Orange " qui réunit de jeunes adeptes de musiques électroniques : parmi eux, Alex Gopher et Etienne de Crécy, deux futures stars de la techno.
Après le lycée, Jean-Benoît se lance dans des études de mathématiques pour devenir professeur. Nicolas, quant à lui, suit des cours d'architecture et consacre le reste de son temps à ses créations musicales. En 1995, il présente son titre " Modulor " à une grande maison de disques sous le pseudonyme " Air ". Ce titre est signé sur une compilation avant de paraître, en 1996, sur un fameux label Anglais.

A cette époque, Nicolas retrouve son ami Jean-benoît devenu professeur de mathématiques. Passionné de musique et pianiste à ses heures, Jean-Benoît décide de s'associer au projet de Nicolas. Ensemble, ils créent de nouveaux titres qui paraissent, en 1996, sous forme d'un maxi cinq titres " Premiers symptômes ".

En 1998, ils enregistrent leur tout premier album " Moon Safari " qui paraît dans 40 pays ; le succès est immédiat. Découvert en Angleterre puis aux Etats-Unis, Air entame d'emblée une carrière internationale. Une tournée est même prévue, dès octobre 1998, dans de nombreuses villes des Etats-Unis. Le public américain se déplace en masse pour découvrir ces jeunes prodiges, auteurs du grand tube " Sexy Boy ".

Alerté par l'immense succès de ce groupe outre-atlantique, le public français s'enthousiasme, à son tour, pour ce genre musical nouveau. " Sexy Boy " et " Kelly Watch The Stars " deviennent d'immenses succès. En 1999, Air reçoit la Victoire de la Musique de " l'album techno/dance de l'année " pour " Moon Safari ". Après avoir vendu près de 900 000 albums dans le monde, Air fut sollicité, en 2000, par la réalisatrice Sofia Coppola pour signer la bande son de son long métrage " Virgin Suicide ".

Trois ans après la parution de leur premier album, Air présente, aujourd'hui, sa nouvelle création. Ce deuxième opus " 10,000 Hz Legend " est, aux dires des deux auteurs, plus mature et plus abouti que le précédent. Air signe un album qui mêle l'acoustique et l'électronique, des genres musicaux divers et des sons très modernes. (FIN)




Air

Si le duo de Daft Punk a connu un succès fulgurant et international avec sa techno-pour-tous, les deux membres de Air ont cartonné presque simultanément et de façon aussi phénoménale avec un registre plus pop mais toujours électronique.

Tous deux nés en 1969, Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin sont respectivement originaires de la très bourgeoise ville de Versailles près de Paris et de sa voisine, Le Chesnay. Ils se sont rencontrent sur les bancs du lycée Jules Ferry dans les années 80. Déjà fous de musique, ils forment avec des amis le collectif Orange qui réunit d'autres futurs noms de l'électronique française des années 90 tels Etienne de Crécy futur Motorbass ou Alex Gopher. Ils tentent ensemble de présenter quelques démos à des maisons de disques mais en vain. Un peu découragé, Nicolas se lance dans des études d'architecture tout en continuant de bidouiller assidûment ses petits synthés dans son salon. En 1995, il propose un titre instrumental, "Modulor", à la maison de disques Virgin pour sa très courue compilation "Source Lab vol1", recueil de compositions essentiellement instrumentales et mélangeant subtilement influences pop, trip hop, techno ou easy listening.

Casanova


AIR


Le titre de Nicolas, qui se fait appeler déjà Air, est un hommage à son idole l'architecte français Le Corbusier. Choisi pour figurer sur la compil qui sort en novembre 1995, ce titre se détache immédiatement du lot. A tel point qu'il ressortira en août 1996 sur le fameux label anglais trip hop de James Lavelle, Mo'Wax. "Modulor" séduit même la très classique BBC qui l'intègre à sa programmation.

Entre temps, Nicolas a retrouvé son compère d'Orange, Jean-Benoît Dunckel, qui après l'expérience Orange est devenu prof de maths et à l'occasion, pianiste de bar. Riche d'une formation musicale plus classique - il a passé de nombreuses années dans les classes de piano du Conservatoire de Versailles à étudier le piano -, il apporte la touche mélodique au duo.

Dès juillet 1996, ils sortent un second maxi CD, "Casanova 70". Très influencé par les années 1970, par la variété la plus mélodique et la plus populaire de Polnareff à Joe Dassin et par les premiers pas de la musique électronique française façon "Pop Corn", leur style plaît immédiatement aux anglo-saxons et en particulier, aux Anglais très friands de cette sauce musicale "frenchy".

Oiseau cosmique

Un an plus tard, en juillet 1997, sort un troisième maxi CD, "Le Soleil est près de moi". Toujours instrumental, il apparaît avec les deux premiers sur un CD 5 titres, "Premiers symptômes" qui sort au même moment. Le duo commence désormais sérieusement à faire parler de lui. L'enfilade de maxi CDs plus réussis les une que les autres, selon la critique, fait d'eux un duo fort recherché par le gotha du rock dont Depeche Mode ou Neneh Cherry ! Ils travaillent également avec un vétéran de la musique électronique en France, Jean-Jacques Perrey, sorte de savant fou, adepte du Moog, synthé préhistorique et légendaire. Du haut de ses 70 ans, Perrey participe jovialement à la création des titres "Cosmic Bird" et "Remember".

Entre-temps, du 15 avril au 15 juillet 1997, Nicolas et Jean-Benoît ont commencé à enregistrer leur premier album dans un studio de la banlieue parisienne. C'est en janvier 1998 que sort "Moon Safari" dans 40 pays d'un coup ! Le CD réunit dix titres essentiellement instrumentaux. Trois titres seulement sont chantés : "All I need" et "You make it easy" par une jeune chanteuse américaine, Beth Hirsch, et "Sexy boy" par Air. Les cordes ont été enregistrées dans les légendaires studios d'Abbey Road et dirigées par le non moins légendaire David Whitaker.

Très vite, la musique de Air est célébrée dans la presse. On loue sa légèreté pop, ses influences multiples, son côté à la fois populaire et très contemporain et surtout son excellente facture. L'album cartonne en Angleterre, et assez vite, aux Etats-Unis qui voient dans "Moon Safari" une production très élégante et terriblement "française". Le premier extrait, "Sexy Boy", tourne dans les play-lists de nombreux pays et se vend très bien, surtout hors de France. Même le musicien américain Beck décide de le remixer !

Même schéma avec "Kelly watch the stars", deuxième extrait qui sort en mai 1998. L'engouement ne fait qu'augmenter et les éloges vont bon train. Ils sont partout. On les interviewe, on leur déplie le tapis rouge où qu'ils aillent. Françoise Hardy accepte même d'enregistrer un de leur titre, "Jeanne". En février 1998, ils passent dans la très célèbre émission britannique Top of the Pops.

Air dans les étoiles

En automne, ils entament une longue tournée internationale qui démarre le 11 octobre dans la très rock cité américaine de Seattle. Ils disposent d'une promotion exceptionnelle et leur succès est d'autant plus phénoménal que le public est essentiellement composé d'Américains ce qui reste très rare lorsque que des Français tournent aux Etats-Unis où ils remplissent souvent les salles avec leurs compatriotes…

A partir du 27 octobre, après huit dates nord-américaines, Air retrouve l'Europe pour une tournée qui sillonne huit pays avec une escale parisienne le 7 novembre à la Cigale. En France, Air se voit attribuer le 20 février 1999, la Victoire de la Musique de l'album techno/dance de l'année pour "Moon Safari".

Comptabilisant quelques 900.000 albums vendus (dont les 9/10èmes hors des frontières hexagonales), Air se voit confier par la réalisatrice américaine Sofia Coppola la réalisation de la bande son de son premier film "the Virgin suicide" qui sort à l'automne 2000. Fort de ce succès, leur maison de disques, division de Virgin décide de ressortir "Premiers symptômes" en CD, vinyle et cassette en août 1999 alors que le titre "Le Soleil est près de moi" est remixé par Money Mark, Buffalo Daughter et Heinrich Muller.

En 2000, Air décide de créer son propre label pour y produire ses coups de cœur. Au sein de cette nouvelle structure appelée "Record Makers", littéralement fabricants de disques, les deux musiciens s'attachent à travailler avec des artistes dits "alternatifs", quelque soit leur domaine de prédilection, de l'électronique à l'instar d'Arpanet, au hip hop comme le Klub des Loosers ou DSL.

Dans la légende ?

Trois ans après "Moon Safari", le duo annonce en janvier 2001 un deuxième opus pour le printemps, "10,000Hz Legend". Cet album sort en mai et marque une nouvelle étape dans le succès international du groupe. Cependant si certains crient au génie (intelligence des mariages sonores, érudition musicale, finesse des arrangements), d'autres y trouvent beaucoup d'emphase un peu vide, beaucoup d'effets prétentieux. Le duo fait appel pour ce disque à des collaborateurs de renom dont l'Américain Beck qui imprime clairement sa trace sur le titre "The Vagabond". Les influences sont d'ailleurs nombreuses : psychédélisme, disco, folk, Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel puisent inlassablement, et à l'instar des Daft Punk, dans leurs souvenirs d'enfance et dans l'histoire musicale de ces quarante dernières années.

Après un passage parisien juste avant l'été, Air est sur les scènes françaises à l'automne. En février 2002, le duo sort un album de remix, "Everybody hertz", dans la continuité de l'album. Une série d'artistes (Thomas Bangalter de Daft Punk, Mr Oizo, Modjo, pour les plus célèbres).




Talkie-Walkie



L'année 2003 est l'année des expérimentations pour le groupe versaillais. En mars sort "City reading (tre storie western)", un disque de huit titres sur lequel l'écrivain italien Alessandro Barrico récite des passages de son livre "City". En mai, Jean-Benoît et Nicolas signent ensemble la musique d'un ballet conçu par le chorégraphe Angelin Prejlocaj "Near Life Experience". Entre deux disques, le groupe a quand même le temps de monter sur scène. Le 22 avril de la même année, ils rejoignent l'agitateur pop californien Beck pour deux morceaux lors de son concert au Grand Rex de Paris.



Début 2004 sort enfin le tant attendu troisième opus du duo intitulé "Talkie-Walkie". Avec l'aide du producteur de Radiohead, Nigel Godrich et de l'arrangeur, Michel Colombier, les Versaillais font de cet album un petit chef d'oeuvre pop, à la fois mature et sensible, d'une grande clarté sonore. Suit alors une grande tournée française et internationale qui mène le duo en Angleterre, au Japon ou aux Etats-Unis.

Ouvert à toutes les expériences musicales, le duo se consacre à plusieurs projets : c'est ainsi que Jean-Benoît sort sous le nom de Darkel, un album solo en 2006, que les deux musiciens compose la musique de l'album de Charlotte Gainsbourg "5.55" sorti en août de cette même année. A cette occasion, ils rencontrent l'artiste britannique Jarvis Cocker, ex-Pulp. A peu près à la même date, Air propose un album de mixes de la série "Late night tales" du label Azuri sur lequel on retrouve aussi bien The Cure que Ravel, démonstration une fois encore, de leur éclectisme.



2007 : "Pocket symphony"



L'album "Pocket symphony" sort en mars 2007. Le nom de cet opus est né de l'idée que la musique pouvait être transportée dans la poche, comme une alternative aux difficultés du quotidien. Largement planante, cette musique que nous donne à écouter Air semble en effet, proposer un voyage dans un univers où l'élément "eau" a toute son importance. L'introduction d'instruments japonais comme le koto renforce cette atmosphère. Le duo fait appel une nouvelle fois au producteur Nigel Godrich. Plusieurs autres artistes figurent sur cet album : Jarvis Cocker vient chanter sur "One Hell Of A Party" et Neil Hannon (The Divine Comedy) sur "Somewhere Between Waking And Sleeping". On retrouve aussi le batteur Tony Allen et le flûtiste Magic Malik sur "Once upon a time".

La tournée démarre très rapidement par l'Angleterre puis l'Allemagne et quelques dates dans d'autres pays d'Europe comme en France, à Paris, le 29 mars 2007 (La Cigale).   (FIN)



" Pocket Symphony " Air


Après les collaborations, il était temps pour Air d'enregistrer un nouvel album. "Pocket Symphony" nous invite à un voyage vers la "zénitude".
Avec quatre albums et trois BO atypiques vendus à des millions d'exemplaires, le duo versaillais Air s'est très vite fait une réputation mondiale et a beaucoup contribué à colporter la fameuse ''french touch''. En effet, la scène pop française actuelle n'aurait peut-être pas été la même sans Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin. Tous les artistes avec lesquels ils ont collaboré récemment pourraient en parler. Tout ce qu'ils touchent devient or'. Après de nombreuses collaborations ces derniers mois, il était temps pour Air de revenir en studio pour un album très personnel.

La recette est sensiblement similaire à leur travail précédent même si les tonalités rock de "Moon Safari" ont disparu depuis longtemps. Air s'oriente vers une pop plus ''zen'' et japonisante. On retrouve toujours les fameuses envolées lyriques, les leads de synthé rétro-futuriste et les refrains ''sirupeux'' qui ont fait leur succès. Jarvis Cocker et Neil Hannon posent leur voix sur deux ballades atmosphériques, qui deviendront les singles du disque, et les autres morceaux restent dans le plus pur style de Air. Une nouvelle fois, le duo devrait sans problème convaincre un public déjà conquis. (FIN)

Tracklisting












Moon safari


s'ouvre sur un morceau charmant, un peu mélancolique, La femme d'argent. Bruits d'eau, rythmique bossa nova tranquille, jolie ligne de basse, mélodie au synthé agrémentée de sonorités qui évoquent l'espace, le décollage, qui donnent l'impression de voler... Par moment, les effets synthé-basse et les arrangements ne sont pas sans rappeler le supra culte Melody Nelson de Gainsbourg.
Parfois le son se fait plus rock, avec batterie et guitare comme Sexy Boy, morceau qui reste électro dans l'esprit avec des voix filtrées et toujours cette ambiance planante. Ce matin-là sonne très seventies, nostalgique à souhait, avec cuivres, guitare sèche, violons et, même, de l'harmonica. Mais toujours dans le même esprit : certains sons venus d'ailleurs ne peuvent dater que de l'ère électro. Le son du synthé est excellent sur cet album, très seventies lui aussi, tel qu'on peut l'entendre, notamment, sur des morceaux de Stevie Wonder de cette époque-là.
Le nom du groupe est en parfaite adéquation avec sa musique : Air et leur musique électro aérienne, légère, qui caresse agréablement les oreilles... On pourrait reprocher la naïveté de l'ensemble mais c'est une naïveté douce et charmante, un peu comme celle des Beatles, Kelly watch the stars évoquant immanquablement Lucy in the Sky with Diamonds . Et ne hurlez pas, svp, j'adore les Beatles.
Un autre parallèle me vient à l'esprit. Cet album est dans la lignée des concept album, ceux de Gainsbourg encore ou ceux de Bowie... comme un voyage initiatique. Vers la lune, évidemment. Air a créé un univers aussi planant et prégnant que peuvent l'être ceux de Massive Attack dans un autre genre.

Air est le groupe idéal pour faire aimer la musique électro à votre grand-mère (si vous ne lui dites pas avant que c'est de la musique électro, bien sûr). Rien de péjoratif là-dedans.
Air a créé un son électro-pop mélancolique, avec des mélodies délicates, des jolis chants, des rythmiques douces, le tout mêlé aux codes de la musique électro (montées et descentes, effets sonores, filtres, samples...). Un bon moyen pour faire changer d'avis ceux qui pensent que l'électro n'est pas de la musique. Air, c'est de la jolie musique.

Si je ne raffole pas de tous les morceaux, certains sont déjà devenus des classiques et s'écoutent toujours avec grand plaisir. Idéal les jours de stress (ou dans le métro) pour se retrouver en état d'apesanteur musicale, dans la lenteur de l'atmosphère lunaire, et se détendre...  (FIN)

Belfégore










Un bol d'air zen
INTERVIEW DE AIR

Après plusieurs participations remarquées à des musiques de films, Air sort un nouvel album intitulé 'Pocket Symphony'. Le duo versaillais y diffuse une atmosphère planante, riche de sonorités asiatiques.
Rencontre avec l'un des groupes pionniers de la french touch.

Mercredi après-midi, dans les locaux d'une grande maison de disques. Nous sommes invités à nous installer dans une petite salle lorsque Jean-Benoît Dunckel apparaît. Lui qui s'était offert avec 'Darkel' une escapade musicale en solitaire est finalement revenu à ses premières amours. L'occasion de nous expliquer l'origine de ce nouveau projet à quatre mains et de confier les envies d'un groupe toujours inspiré.

Pour commencer, pourquoi ce titre 'Pocket Symphony' ?

C'est un mot-clé facile à retenir quand on l'entend. Il fait aussi référence au côté nomade de la musique, l'idée d'une harmonie qu'on peut mettre dans sa poche. Cela représente bien la façon dont on consomme la musique aujourd'hui. C'est un peu l'effet iPod.

On sent beaucoup d'influences asiatiques dans les sonorités de l'album. Un reste de votre participation au film 'Lost in Translation' ?

Oui, ça a été un point de départ. On a découvert sur le titre 'Alone In Kyoto' qu'on pouvait tirer la production de Air vers un son japonisant, très zen et faire planer les gens. On a alors décidé d'étirer ce concept sur un album entier. Notre musique est un peu à l'image des atomes, elle contient beaucoup de vide. Et ce vide fait du bien. Notre musique sonne légère et laisse une place à l'imagination et à la détente.

Un peu fatigué qu'on associe souvent Air à de la musique de films ?

Non, ça ne me dérange pas. Je suis suffisamment égocentrique pour être content qu'on parle de Air, même en mal ! (rires) Plus sérieusement, je pense que c'est une chance d'être utilisé pour l'image. Ce n'est pas forcément quelque chose qu'on a voulu, on vient nous chercher à chaque fois. Finalement, on a fait une seule BO, celle de 'Virgin Suicides'. En revanche, il y a beaucoup de demandes d'utilisation de morceaux déjà existants. Pour des pubs sur Internet, des films, des oeuvres d'art dans les musées…

Certains artistes refusent que leur musique soit utilisée dans des publicités. En faites-vous partie ?

Non. Je pense que quand on fait de la musique, on s'expose forcément. A l'heure actuelle, la synchronisation de pub est un moyen d'atteindre les gens chez eux, de faire découvrir l'univers de Air. Mais de là à tout accepter, c'est autre chose. Ce qui est dément, c'est d'avoir le contrôle, de pouvoir sélectionner. Notre ratio doit être à 20 %. On refuse 80 % des propositions de musiques de pub. Tu ne peux pas cautionner quelque chose qui n'a pas "la classe".

Le koto, un instrument oriental, a été utilisé dans cet album. C'est Nicolas qui en a appris la maîtrise ?

Oui. Il a fait fabriquer cet instrument au Japon en total respect de la méthode traditionnelle et du protocole artistique. Pour en jouer, il faut se tenir d'une certaine manière, utiliser un certain matériau, être respectueux de la culture. D'ailleurs on nous a déconseillé d'en jouer sur scène au Japon.

En parlant de la scène, les publics de pays différents se comportent-ils de la même façon lors des concerts de Air ?

Non, l'aspect culturel rentre en jeu. Au Royaume-Uni, les gens sont très chauds, très accueillants. Au Japon, en revanche, ils sont très respectueux : ils vont bien se concentrer, écouter, tout regarder en détail et applaudir ensuite de façon un peu timide. Aux Etats-Unis, c'est plus un public underground qui prend Air comme son groupe privé, bien à lui et qu'il chérit.

Votre musique est le fruit de rencontres, d'expériences. En ce moment, qu'est-ce qui vous inspire ?

Cela fonctionne par flashes. Je développe des techniques pour ne pas perdre les idées qui me semblent plus fortes que les autres. Dans une journée, beaucoup de choses me passent par la tête. Tout le jeu consiste à isoler celles qui soulèvent quelque chose d'intéressant, par exemple en les notant dans un petit carnet. Pour moi, tout choc émotionnel suscite l'inspiration, que ce soit dans le bien ou dans le mal…

Et aujourd'hui, qu'est-ce qui vous a ému ?

Quand j'ai laissé mes enfants à l'école, ça m'a ému.

Et ça pourrait vous donner envie d'écrire un morceau de musique ?

Oui. Comme je suis très angoissé, j'ai déjà écrit sur le temps qui passe. Quand je dis au revoir à mes enfants le matin à l'école, je sais qu'ils vont faire leur vie après. Personne n'est indispensable, on est juste de passage. Quand tu es père, tu as un rôle particulier : tu es un accompagnateur de tes enfants, en charge de leur éducation et de leur entrée dans la société. C'est une tâche assez lourde. Cette expérience peut donner naissance à une chanson. Ce fut le cas sur 'Darkel', mon album solo, où je parle de mes trois enfants.

Comment se déroule le passage de votre musique du studio à la scène ?

C'est bien là le problème : quand on est en studio, on fait n'importe quoi... (rires) Et puis quand on se retrouve en concert, il faut reproduire la même chose. Mais au fur et à mesure tu comprends que les gens ne viennent pas aux concerts pour des questions purement musicales mais aussi pour comprendre Air, pour nous voir jouer. On s'aperçoit que, comme dans une pub, la musique n'est pas le plus important lors d'un concert. Elle est plus un catalyseur à émotions. Le piège, c'est de se dire que les gens vont tout écouter, qu'ils vont faire attention à tous les instruments. Et du coup, tu oublies tout le reste : tes vêtements, les lumières, le contact avec le public. Toutes ces choses qui sont pourtant cruciales pour un spectacle.

Ce travail visuel est-il un moyen de se rapprocher du public, de rentrer
en partage avec lui ?

Oui. Même si je pense qu'il y a une certaine froideur de Air sur scène qui est là malgré nous. Nous sommes comme ça et il serait aussi malvenu de se mettre à crier tout d'un coup "Ca va Paris ?" Comme on vit dans un univers pop-rock, on a pris l'habitude des concerts avec un chanteur qui se trémousse, qui danse sur les solos de guitare. Même si on adore certains groupes de rock, ce qu'on propose, c'est un show artistique, musical, un peu hors jeu.

Parlez-nous de votre projet avec Xavier Veilhan à Beaubourg…

Xavier a eu l'idée de faire un événement d'art contemporain, un show théâtral avec de la vidéo, de la danse, mélangés à de la sculpture. Il avait déjà fait un événement artistique où viennent se mêler des personnages ou des animaux avec de la musique. C'est un peu farfelu et onirique mais en même temps sobre et esthétique. Je vais jouer sur scène du synthé et Nicolas jouera sur un koto géant.

Comment l'avez-vous rencontré ?

Il y a très longtemps, lors d'une photo pour les Inrocks. C'est lui qui nous a pris en photo pour la couverture du magazine. Son concept était de faire de notre duo un trio en doublant Nicolas sur l'image. Je pense que c'était un acte psychologique pour nous dire qu'on avait besoin d'un troisième membre : lui. Et c'est vrai que quelques années plus tard, on collabore avec lui.

Etre l'un des rares artistes français à s'exporter avec succès, qu'est-ce que cela vous inspire ?

Je me dis que j'ai eu de la chance d'arriver par la bonne fenêtre. C'est un concours de circonstances, ce n'est pas quelque chose qu'on a voulu. Cela s'est fait parce qu'on est arrivé dans le bon réseau spatiotemporel. Maintenant, Air est connu partout ou du moins dans tous les pays industrialisés, en Australie, Nouvelle-Zélande, Corée, Etats-Unis, Canada…

Internet est-il un outil de diffusion privilégié ?

Oui, c'est un outil génial mais seulement à titre informatif. Il ne nous empêche pas pour autant de voyager afin de rencontrer notre public. Il permet simplement d'accélérer les choses. Et même si le CD est mal en point actuellement, je pense que la musique va très bien parce que les gens y ont accès plus facilement et plus rapidement qu'avant. La musique n'a jamais été autant diffusée. C'est formidable.

Que pensez-vous de la scène électro française ?

Je ne la connais pas très bien. J'aime bien ce que fait Ed Banger et notamment le groupe Justice : c'est un peu avant-gardiste et pêchu. J'aime bien le rock électronique. Il reste selon moi quelque chose qui n'a pas été assez exploité : c'est de faire du rock trash avec des machines. Avec la french touch, on est toujours dans un contexte un peu disco, très club. Avec des machines, on peut aller plus loin dans le trash sonore qu'avec des guitares électriques. On peut le voir dans l'album 'Evil Heat' des Primal Scream.


Une voie que vous aimeriez explorer avec Air ?

Oui, pourquoi pas ? Mais je crois que malheureusement, je n'ai pas le crédit pour le faire. Sur 'Darkel', j'ai fait des morceaux trash mais les gens disent que ce n'est pas du Air.


A ce sujet, ce projet était-il les prémices d'une séparation ?

Non ! Je ne sais pas si je vais continuer, je crois que je n'ai pas le temps. Mais c'est bien d'avoir un laboratoire sonore, je le vois comme un lieu d'expérimentation. (FIN)

Propos recueillis par Laurence de Bourbon et Jean Dieudonné pour Evene.fr - Février 2007

FIN





02/06/2007
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