Alain YVER

Alain YVER

ALAN TURING

ALAN TURING





Site très complet sur Alan Turing.
http://www.turing.org.uk/turing/

Une vie, une oeuvre  par Matthieu Garrigou-Lagrange
http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4359823






Alan Turing
L’homme qui a croqué la pomme




de Laurent Lemire
Editeur : Hachette Littératures Parution : 12 Mai 2004

« En inventant ce formidable outil, Turing donnait au XXIè siècle son feu. On pouvait, comme à l’époque préhistorique, en tirer le meilleur comme le pire. Cela, il ne l’avait pas prévu. »
résumé du livre
Alan Turing, mathématicien anglais, vécut de 1912 à 1954, date à laquelle il se suicida en croquant dans une pomme empoisonnée... Il doit sa réputation à la résolution du code 'Enigma' dont se servait l'armée allemande pendant la guerre. Les équipes internationales travaillaient sur ces communications secrètes depuis 1932, tandis qu'il ne fallut à Alan Turing que quelques semaines pour 'casser' le code ! Fasciné par le film 'Blanche-Neige' de Walt Disney, inventeur du premier ordinateur (la machine 'Colossus', pourvue d'un lecteur de bandes capable de lire plus de 5000 signes par seconde), condamné pour homosexualité dans une Angleterre encore victorienne, Turing eut un destin passionnant.






Alan Turing,
génie des maths et persécuté pour homosexualité, aurait eu cent ans


Samedi 23 juin 2012

La communauté scientifique mondiale commémore aujourd'hui le centenaire de son fils mal aimé et père de l'informatique moderne, le génie des mathématiques britannique Alan Turing, vainqueur des codes secrets nazis durant la Seconde Guerre mondiale.
 
Aujourd'hui, centième anniversaire de sa naissance à Londres, de nombreuses villes organisent conférences et expositions pour rendre hommage aux travaux d'un homme qui fait désormais figure d'Einstein des mathématiques mais qui fut de son vivant persécuté pour son homosexualité.
 
«Turing est sans doute la seule personne à avoir apporté des contributions qui ont changé la face du monde dans les trois types d'intelligence les plus fins: humaine, artificielle et militaire», écrivait la revue scientifique Nature dans un récent éditorial.
 
Mais, après avoir été cambriolé par son amant, Turing rapporte le vol à la police et admet avoir eu des relations sexuelles avec lui, chose interdite à l’époque. Il est condamné pour comportement «indécent» et placé devant un choix terrible: la prison ou la castration chimique. Il opte pour cette dernière, mais deux ans plus tard, à l'âge de 41 ans, il empoisonnera une pomme au cyanure avant de la manger.
 
Inventeur de l'ordinateur
Certains pensent que le scientifique, réputé pour son excentricité, s'est suicidé en 1954 en croquant une pomme empoisonnée mais cela n'a jamais été formellement prouvé. Le mémorial qui lui est consacré près de l'université britannique de Manchester le représente d'ailleurs assis sur un banc, tenant une pomme à la main.
 
Durant sa courte existence, Alan Turing sera parvenu à poser les fondations de l'informatique moderne, à définir les critères de l'intelligence artificielle, à déjouer les codes utilisés par l'armée allemande ce qui selon certains aura sauvé des millions de vies en écourtant la guerre, et a presque résolu une énigme biologique qui confond encore actuellement les chercheurs.
 
En 1936, Turing, qui avait annoncé vouloir «construire un cerveau», publie un article décrivant «la machine universelle Turing». Il était ainsi le premier à envisager de fournir des programmes à une machine sous forme de «données» pour lui permettre d'accomplir les tâches de plusieurs autres en même temps, à l'instar de nos ordinateurs.
 
«Casser» les codes nazis
Lorsqu'elle fut effectivement construite par d'autres scientifiques en 1950, la première version de l'Automatic Computing Engine (ACE) de Turing était le calculateur le plus rapide au monde.
 
«Inventer l'ordinateur est une contribution tellement immense que ça paraît bizarre d'en chercher une autre encore plus grande. Mais je suppose que sa contribution au décryptage» des codes nazis «a eu un impact encore plus grand sur le monde», déclare à l'AFP Jack Copeland, spécialiste des mathématiques, qui a écrit plusieurs livres sur Turing.
 
Pour le grand public, le plus haut fait d'armes de Turing est en effet d'avoir réussi, avec son équipe, à «casser» les codes de la machine Enigma utilisés pour leurs communications par les sous-marins allemands croisant dans l'Atlantique nord. Certains historiens estiment que ce coup de génie a précipité la chute d'Hitler, qui autrement aurait pu tenir un ou deux ans de plus.
 
Test de Turing
Après la guerre, Turing explorera la question de l'intelligence artificielle et en définira les critères logiques, encore en vigueur aujourd'hui: le fameux «test de Turing» qui se fonde sur la faculté d'une machine à tenir une conversation. Autrement dit, un ordinateur ne serait vraiment intelligent que si un humain n'est pas capable de faire la différence entre ses réponses à une question et celles d'un autre humain.
 
Passionné de biologie, Turing appliquera ses talents de mathématicien à la morphogénèse, ou comment les animaux et végétaux développent certains modèles de formes, comme les rayures du zèbre ou les taches d'une vache. Des théories sur lesquelles planchent encore aujourd'hui les chimistes.
 
Qu'aurait pensé cet excentrique timide, qui portait un masque à gaz pour éviter le rhume des foins lorsqu'il faisait du vélo, des célébrations qui se profilent en son honneur? «Je ne crois pas qu'il aurait pu l'imaginer, mais il s'en serait probablement un peu moqué. C'était la curiosité et l'esprit scientifique qui l'animaient et, dès lors qu'il avait trouvé, il ne faisait pas grand cas de transmettre ses idées aux autres», estime Jack Copeland.
 
Source TETU






Alan Turing, un souffle de génie

    •    Le savant britannique Alan Turing a eu un destin scientifique exceptionnel et son nom reste en particulier attaché à l’apparition de l’informatique. En à peine vingt ans, il a profondément modifié la façon de concevoir la notion même de résultat scientifique.
    •    À l’image d’une course, la vie du savant britannique Alan Mathison Turing (1912-1954) fut aussi courte que dense. Son originalité fut immense, des fondements théoriques de l’informatique à la construction des premiers ordinateurs, en passant par l’ouverture de nouvelles pistes en biologie théorique. En à peine vingt ans, il a profondément transformé de nombreux champs scientifiques, non seulement dans leurs contenus mais aussi dans leurs rapports réciproques. Qu’on en juge plutôt. Entré au King’s College de l’université de Cambridge en 1931, il commence par faire des études de mathématiques et se spécialise dans le calcul des probabilités où il démontre un résultat important, dont il apprend plus tard qu’il a déjà été prouvé, mais qui lui vaut une bourse de recherche. En 1936, il obtient en logique mathématique des résultats qui fondent un nouveau champ théorique, celui de la « calculabilité », la théorie du calcul, qui constituera la base théorique de l’informatique. En 1937, c’est le départ pour les États-Unis, il se rend à l’université de Princeton pour travailler avec l’un des spécialistes mondiaux de ce qui deviendra la théorie des langages de programmation.
http://www.docsciences.fr/Alan-Turing-un-souffle-de-genie







Biographie d'Alan Türing (23 juin 1912 [Londres] - 8 juin 1954)



Türing est une des grandes figures du XXiè siècle dont la mémoire n'a été que récemment réhabilitée. Il est pourtant le père des ordinateurs modernes, au moins pour leur partie théorique. Sa contribution à la victoire des alliés pendant la Seconde Guerre Mondiale est décisive. Mais un suicide prématuré, peut-être "encouragé" par les autorités britanniques, son homosexualité, l'ont plongé un temps dans l'anonymat de l'histoire.

  Alan Mathison Türing est né le 23 juin 1912 à Londres. Son père est collecteur d'impôts aux Indes, sa mère, qui est rentrée en Angleterre pour accoucher, part le rejoindre en 1913, laissant le petit Türing, alors âgé de 15 mois, aller de tuteurs en pensionnat durant toute son enfance. Türing n'est pas un élève très brillant. Ses professeurs le décrivent comme brouillon, inattentif. A l'âge de 15 ans, il rencontre Christopher Morton, interne comme lui, avec lequel il partage la même passion des sciences. Cette relation est peut-être ambigüe, car il semble que Türing soit tombé amoureux de son camarade. Mais Christopher décède en février 1930, laissant Türing désemparé, mais habité d'une grande motivation pour réussir les brillantes études auxquelles était promis son ami.

  C'est ainsi qu'il réussit en 1931 l'examen d'entrée au très sélectif King's College de Cambridge. Il va s'y épanouir, car personne là-bas ne raille son homosexualité, son apparence décalée. Chacun, dit-on là-bas, doit être ce qu'il est. Outre au sport, qu'il pratique à haut niveau, Türing s'intéresse aux travaux de mécanique quantique de John Von Neumann, ce qui l'amène à étudier les probabilités et la logique. En 1935, il met au point le concept d'une machine universelle, qui formalise la notion de problème résoluble par un algorithme. Cette machine de Türing est capable de calculer tout ce qu'un processus algorithmique est capable de faire. Par essence même, les ordinateurs modernes sont des réalisations concrètes des machines de Türing.

  En 1936, Türing part faire son doctorat à Princeton (Etats-Unis). Assistant à la montée du nazisme, il se rapproche des milieux pacifistes, sans pour autant fréquenter les marxistes. De retour en Angleterre en 1938, il est enrôlé par l'armée anglaise sitôt la guerre commencée. Attardons-nous quelque peu sur cette période. L'armée allemande remporte au début de la Seconde Guerre Mondiale de nombreuses victoires dans les mers. Une des clés de ces victoires est la machine Enigma, une machine à coder électro-magnétique, qui permet à l'état major allemand de transmettre à ses sous-marins des messages indéchiffrables par les services secrets alliés. L'armée britannique réunit alors, dans un lieu tenu secret, 10.000 personnes, essentiellement des "petites mains" - c'est-à-dire des secrétaires chargées des tâches rébarbatives - mais aussi des chercheurs des joueurs d'échecs, etc... afin de tout faire pour comprendre le mécanisme de la machine Enigma. Avec un autre mathématicien, Welchman, Türing est à la pointe de ces travaux de recherche, et avant la fin de la guerre, il conçoit une machine électronique, le Kolossus, qui permet de décrypter tous les messages allemands.

  Après la guerre, Türing travaille à l'institut de Physique de Grande-Bretagne à la conception des premiers ordinateurs. Il s'intéresse aussi à la biologie, et particulièrement aux connexions neuronales, avec en toile de fond la question : pourquoi les machines, si douées pour effectuer des calculs rébarbatifs à l'homme, sont-elles si gênées pour simuler les actions les plus naturelles de l'être humain (marcher, prendre un verre...).

  Les moeurs homosexuelles de Türing gênent beaucoup dans la prude Angleterre de la guerre froide, d'autant que les services secrets, pour lesquels il travaille encore sans doute, se méfient des confidences sur l'oreiller qu'il pourrait faire à un espion russe formé à cela. A la suite d'une sombre histoire de cambriolage (dont au départ il est la victime), Türing est condamné pour ses pratiques sexuelles. Pour échapper à la prison, il doit subir un traitement de castration chimique par prise d'oestrogènes, dont un des effets secondaires est de développer sa poitrine. Le 7 juin 1954, il croque une pomme qu'il a préalablement trempée dans une solution de cyanure, et il est retrouvé mort le lendemain, l'écume aux lèvres. Ce geste lui aurait été inspiré par Blanche Neige et les 7 Nains, où dans une scène la méchante sorcière trempe une pomme dans le bouillon empoisonné. Certains disent aussi que le logo d'Apple, une petite pomme croquée, serait un clin d'oeil au destin tragique de Türing.

http://www.bibmath.net/crypto/index.php?action=affiche&quoi=complements/turing









La science commémore son fils mal aimé Alan Turing
Créé le 23-06-2012
Par Le Nouvel Observateur avec AFP

Le génie des mathématiques britannique, pionnier de l'informatique et de l'intelligence artificielle, persécuté pour son homosexualité, aurait eu cent ans aujourd'hui.
La communauté scientifique mondiale commémore ce samedi 23 juin le centenaire de son fils mal aimé et père de l'informatique moderne, le génie des mathématiques britannique Alan Turing, vainqueur des codes secrets nazis durant la seconde Guerre mondiale.
Le 23 juin, centième anniversaire de sa naissance à Londres, de nombreuses villes organisent conférences et expositions pour rendre hommage aux travaux d'un homme qui fait désormais figure d'Einstein des mathématiques mais qui fut de son vivant persécuté pour son homosexualité.
"Turing est sans doute la seule personne à avoir apporté des contributions qui ont changé la face du monde dans les trois types d'intelligence les plus fines : humaine, artificielle et militaire", écrivait la revue scientifique "Nature" dans un récent éditorial.
Turing est mort à l'âge de 41 ans, empoisonné au cyanure, après avoir été condamné en 1952 pour "outrage aux bonnes moeurs" en raison de son homosexualité, encore illégale en Grande-Bretagne à l'époque, et contraint à la castration chimique.
Certains pensent que le scientifique, réputé pour son excentricité, s'est suicidé en 1954 en croquant une pomme empoisonnée mais cela n'a jamais été formellement prouvé.
Le mémorial qui lui est consacré près de l'université britannique de Manchester le représente d'ailleurs assis sur un banc, tenant une pomme à la main.








Alan Turing, hommage à un génie persécuté
Samedi 23 Juin 2012
Alan Turing aurait eu 100 ans ce samedi. Le père de l’informatique moderne a vaincu les codes secrets nazis et défini les critères de l’intelligence artificielle. Condamné en 1952 pour homosexualité, le Britannique s'est suicidé à 41 ans.
La communauté scientifique mondiale rend hommage ce samedi à l’une de ses plus illustres figures, Alan Turing. Né le 23 juin 1912 en Angleterre, ce génie a posé les fondations de l’informatique moderne. Pour le centième anniversaire de sa naissance, de nombreuses villes organisent des conférences et des expositions sur les travaux de cet Einstein des Mathématiques.

"Turing est sans doute la seule personne à avoir apporté des contributions qui ont changé la face du monde dans les trois types d’intelligence le plus fins : humaine, artificielle et militaire", a résumé la revue scientifique Nature dans un récent numéro.

Un héros de guerre

Alan Turing est surtout connu du grand public pour avoir cassé les codes de la machine Enigma utilisée par l’armée allemande durant la seconde guerre mondiale pour les communications avec les sous-marins croisant dans l’Atlantique nord. Pour de nombreux historiens, ce fait d’armes aura permis de précipiter la chute d’Adolf Hitler.

Avant le conflit, le jeune scientifique avait déjà étonné ses contemporains en dessinant les contours d’une première machine programmable ou machine de Turing. Tous les ordinateurs modernes sont désormais conçus selon le principe de fonctionnement qu'il présentait dans un article datant de 1936.

Les informaticiens d’aujourd’hui savent qu’ils sont redevables envers ce précurseur. Pour preuve, le géant Google célèbre à sa façon son anniversaire. La page d’accueil du moteur de recherche présente un jeu inspiré par la machine de Turing. Les internautes doivent parvenir à reconstituer les lettres du mot Google.

Pour commémorer son centenaire, des scientifiques néerlandais ont également imaginé une machine en Lego à partir du modèle théorique du mathématicien britannique.

Dans les années 50, le génie explora aussi la question de l’intelligence artificielle. Il mit au point le fameux test de Turing, censé déterminer si le répondant est un humain ou une machine.

Sa réhabilitation

Malgré ses avancées spectaculaires, Alan Turing a fini par être banni de la communauté scientifique. En 1952, il est condamné pour outrage aux bonnes mœurs en raison de son homosexualité, alors illégale en Grande-Bretagne. Contraint à la castration chimique, il meurt deux ans plus tard à l’âge de 41 ans. Il se serait suicidé en croquant une pomme empoisonnée au cyanure.

Après sa mort, son génie est finalement reconnu. Un prix Turing ou Nobel de l’informatique est attribué tous les ans depuis 1966.

En 2009, le Premier ministre britannique Gordon Brown a également présenté ses excuses posthumes au nom du gouvernement britannique pour le traitement déplorable qui lui a été réservé.

SOURCE:France24

http://www.leral.net/Alan-Turing-hommage-a-un-genie-persecute_a44335.html








Alan Turing

Alan Mathison Turing, (23 juin 1912 - 7 juin 1954) est un mathématicien, cryptologue et informaticien britannique. Il est auteur de l'article fondateur de la science informatique1 qui allait donner le coup d'envoi à la création des calculateurs universels programmables (ordinateurs). Il y présente sa machine de Turing et les concepts modernes de programmation et de programme2,3. Il est également à l'origine de la formalisation des concepts d'algorithme et de calculabilité qui ont profondément marqué cette discipline. Son modèle a contribué à établir définitivement la thèse Church-Turing qui donne une définition mathématique au concept intuitif de fonction calculable.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il joue un rôle majeur dans les recherches sur les cryptographies générées par la machine Enigma utilisée par les nazis. Après la guerre, il travaille sur un des tout premiers ordinateurs, puis contribue de manière provocatrice au débat déjà houleux à cette période sur la capacité des machines à penser en établissant le test de Turing4. Vers la fin de sa vie, il s'intéresse à des modèles de morphogenèse du vivant conduisant aux « structures de Turing ».
En 1952, un fait divers indirectement lié à son homosexualité lui vaut des poursuites judiciaires. Pour éviter la prison, il choisit la castration chimique par prise d'œstrogènes. Il se suicide par empoisonnement au cyanure le 7 juin 1954.
Biographie
Enfance et jeunesse
Alan Turing est né à Paddington du fonctionnaire d'administration coloniale Julius Mathison Turing et de sa femme Ethel Sarah Turing (née Stoney). À partir de l'âge d'un an, le jeune Alan est élevé par des amis de la famille Turing.
Sa mère rejoint alors son père qui était en fonction dans l'Indian Civil Service. Ces derniers reviendront au Royaume-Uni à la retraite de Julius en 1926. Très tôt, le jeune Turing montre les signes de son génie. Il est par exemple relaté qu'il apprit seul à lire en trois semaines.[réf. nécessaire] De même, il montra une affinité précoce pour les chiffres et les énigmes.
Ses parents l'inscrivent à l'école St. Michael's, à l'âge de six ans. La directrice reconnaît rapidement en lui un génie[réf. nécessaire], comme beaucoup de ses professeurs consécutifs au Marlborough College. À Marlborough, il est pour la première fois confronté à des camarades plus âgés que lui, il deviendra l'une de leurs têtes de turc. À partir de 13 ans, il fréquente le Sherborne School, où son premier jour de classe fut couvert par la presse locale en raison de son exploit sportif. En effet, une grève générale avait éclaté au Royaume-Uni et Turing s'était rendu à son école distante de près de 90 kilomètres à vélo, s'arrêtant la nuit dans un motel.
Sportif accompli, Alan Turing arrivera même 4e à l'arrivée du marathon de l'Association des athlètes amateurs (AAA Marathon, dont les meilleurs coureurs sont traditionnellement qualifiés pour les Jeux olympiques) en 1949, en 2 heures 46 minutes et 3 secondes, un très bon temps à l'époque. Blessé à une jambe, Turing cessera de courir sérieusement à partir de 19505.
Le penchant naturel de Turing pour les sciences ne lui apporte le respect ni de ses professeurs, ni des membres de l'administration de Sherborne, dont la définition de la formation mettait plus en valeur les disciplines classiques (littérature, arts, culture physique) que les sciences. Malgré cela, Turing continue de faire des prouesses dignes d'intérêt dans les matières qu'il aime, résolvant des problèmes très ardus pour son âge. Par exemple, en 1928, Turing découvre les travaux d'Albert Einstein et les comprend alors qu'il a à peine 16 ans, allant même jusqu'à extrapoler la loi du mouvement d'Einstein à partir d'un texte dans lequel elle n'était pas décrite explicitement.

Études supérieures et travaux sur la calculabilité

La salle informatique de King's College à Cambridge porte désormais le nom de Turing.
À cause de son manque d'enthousiasme à travailler aussi dur dans les matières classiques que dans les matières scientifiques, Turing échoue plusieurs fois à ses examens, et finit par n'être admis que dans l'établissement qu'il avait mentionné par défaut, King's College de l'université de Cambridge, alors qu'il avait demandé Trinity College en premier choix. Il étudie de 1931 à 1934 sous la direction de Godfrey Harold Hardy, mathématicien émérite alors titulaire de la chaire de Sadleirian puis responsable du centre de recherches et d'études en mathématiques. Il suit également les cours d'Arthur Eddington et, la dernière année, de Max Newman qui l'introduit à la logique développée par David Hilbert. En 1935, Turing est élu fellow, équivalent d'enseignant-chercheur, du King's College.
Dans son remarquable article « On Computable Numbers, with an Application to the Entscheidungsproblem » (1936)1,6, il répond à un problème posé par Hilbert à savoir celui du problème de la décision (Entscheidung) dans les théories axiomatiques, qui demande s'il est possible de trouver une méthode effectivement calculable qui affirme si, oui ou non, une proposition est démontrable. Pour montrer que cela n'est pas possible, il faut caractériser ce qu'est un procédé effectivement calculable.
Turing le fait en introduisant les machines de Turing. Dans le cours de son raisonnement, il démontre que le problème de l'arrêt d'une machine de Turing ne peut être résolu par algorithme : il n'est pas possible de décider avec un algorithme (c'est-à-dire avec une machine de Turing) si une machine de Turing donnée s'arrêtera. Bien que sa preuve fût publiée après celle de Alonzo Church, le travail de Turing est plus accessible et intuitif. Il est aussi complètement nouveau dans sa présentation du concept de « machine universelle (de Turing) », avec l'idée qu'une telle machine puisse accomplir les tâches de n'importe quelle autre machine. L'article présente également la notion de nombre réel calculable. Il déduit de l'indécidabilité du problème de l'arrêt que l'on peut définir des nombres réels qui ne sont pas calculables.
Turing passe la plus grande partie de 1937 et de 1938 à travailler à l'université de Princeton, sous la direction d'Alonzo Church. Il obtient en mai 1938 son Ph.D.7 de l'université de Princeton ; son manuscrit présente la notion d'hypercalcul, où les machines de Turing sont complétées par ce qu'il appelle des oracles8, autorisant ainsi l'étude de problèmes qui ne peuvent pas être résolus de manière algorithmique. L'appellation de « machine de Turing » vient de Church, son directeur de thèse, qui l'emploie pour la première fois dans un compte-rendu du travail de son élève dans le Journal of Symbolic Logic.
De retour à Cambridge en 1939, il participe à des cours publics de Ludwig Wittgenstein sur les fondements des mathématiques. Tous les deux discutent de manière véhémente et tombent en désaccord, Turing défendant le formalisme alors que Wittgenstein pense que les mathématiques sont surestimées et qu'elles ne permettent pas de découvrir une quelconque vérité absolue.

Décryptage

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Turing est un des principaux contributeurs britanniques aux recherches menées à Bletchley Park visant à percer les secrets de la machine Enigma utilisée par les états-majors nazis. Turing a conçu des versions améliorées de la « Bombe » polonaise utilisée pour trouver des clés de messages chiffrés au moyen de la machine Enigma. Ce sont des dispositifs électromécaniques associant plusieurs « machines Enigma » pour éliminer rapidement des ensembles de clés potentielles sur des blocs de communication d'Enigma.
Les capacités de décryptage de Bletchley Park et l'opération Ultra furent tenues secret militaire absolu jusqu'aux indiscrétions des années 1970. Les techniques de décryptage d'Enigma n'ont pas été déclassées avant 2000.
Codage de la voix
Turing conçoit une machine à coder la voix. Il contribue à de nombreuses autres recherches mathématiques, comme celles qui aboutiront à casser le code généré par le téléscripteur de Fish (machine construite par Lorenz et Siemens en partenariat). Les recherches sur le code de Fish furent utilisées lors de la conception de l'ordinateur Colossus. Cette machine fut conçue par Max Newman et construite au laboratoire de recherche des Postes de Dollis Hill par une équipe dirigée par Thomas Flowers en 1943.
Cryptanalyse d'Enigma
Articles détaillés : Cryptanalyse d'Enigma et Bletchley Park.
Depuis septembre 1938, Turing travaille à temps partiel pour la GC&CS. Avec le concours d'un briseur de codes de haut rang, Dilly Knox, il se concentre sur la cryptanalyse d'Enigma. Peu après la rencontre de Varsovie (juillet 1939) où le bureau polonais du chiffre explique aux Français et aux Anglais le câblage détaillé des rotors Enigma et la méthode polonaise de décryptage des messages associés, Turing et Knox se mettent à travailler une approche moins opportuniste du problème. En effet, la méthode polonaise était fondée sur le décryptage de la clef répétée au début du message, mais cette répétition était susceptible d'être supprimée, car trop vulnérable, ce qui arriva en mai 1940. Tenus à l'écart de Bletchey Park, les ingénieurs polonais réfugiés en Grande-Bretagne sont affectés au décryptage de codes mineurs.
Plus générale, l'approche de Turing utilise la cryptanalyse d'Enigma. Il ne s'agit plus de deviner un réglage choisi parmi 159 milliards de milliards de réglages disponibles, mais de mettre en œuvre une logique fondée sur la connaissance du fonctionnement interne de la machine Enigma et d'exploiter les imprudences des chiffreurs allemands, afin de déduire le réglage de toutes les machines Enigma d'un réseau particulier pour la journée : disposition initiale des rotors (parmi 80 dispositions initiales disponibles), réglage initial des rotors (parmi 336 réglages initiaux disponibles), position des fiches du tableau de connexions (parmi 17 500 enfichages disponibles), etc. C'est alors que Turing rédige la première spécification fonctionnelle d'une bombe, machine électromécanique capable d'abattre quotidiennement le travail de dix mille personnes.
La spécification de cette bombe est la première de cinq progrès majeurs dus à Turing pendant la durée de la guerre. Les autres sont : la procédure d'identification par déduction de la clef quotidienne des différents réseaux de la Kriegsmarine ; le développement d'une procédure statistique d'amélioration de l'efficacité des bombes (Banburismus (en)) ; le développement d'une procédure (« Turingerie ») de déduction des réglages des roues de la machine Lorenz SZ 40/42 ; enfin, vers la fin de la guerre, le développement d'un brouilleur de radiophonie.
En utilisant certaines techniques statistiques en vue d'optimiser l'essai des différentes possibilités du processus de décryptage, Turing apporte une contribution innovatrice. Deux documents qu'il rédige alors (Rapport sur les applications de la probabilité à la cryptographie et Document sur la statistique des répétitions) ne seront déclassés et remis aux National Archives du Royaume-Uni qu'en avril 2012.
La bombe de Turing, Welchman et Pendered
Quelques semaines à peine après son arrivée à Bletchley Park, Turing rédige les spécifications d'une machine électromécanique plus efficace que la bomba polonaise. La capacité de la bombe de Turing est doublée, grâce à un autre mathématicien de Cambridge, Gordon Welchman. Encore améliorée par un espoir de Cambridge, Richard Pendered, la bombe, une fois fabriquée par les ingénieurs de la British Tabulating Company, est l'outil de base (et le plus automatisé) de l'attaque des messages cryptés par Enigma.
Au moyen d'un fragment probable de texte en clair, la bombe recherche les réglages corrects possibles utilisés pour 24 heures par chaque réseau allemand (ordre des rotors, réglages des rotors et enfichage du tableau de connexions). Pour chaque réglage possible des rotors, la bombe effectue électriquement une chaine de déductions logiques fondées sur les mots probables. À chaque occurrence d'une contradiction, la bombe écarte ce réglage et passe au suivant. La plupart des réglages essayés provoquent des contradictions, ils sont alors rebutés et ceux qui restent, peu nombreux, sont alors examinés de près. Ce procédé permet, pendant presque toute la durée de la guerre, de déchiffrer les messages Enigma de la Luftwaffe dont les chiffreurs multiplient les négligences. Comme l'aviation coopère étroitement avec les deux autres armées (mer, terre), la GC&CS par ce biais obtient des renseignements sur l'ensemble des activités de la Wehrmacht.
La Hutte 8 et l'Enigma navale
Turing décide de traiter un problème autrement difficile, la cryptanalyse de l'Enigma navale : « Parce que personne d'autre ne s'en occupait et que je pouvais l'avoir pour moi tout seul ». La même nuit, il conçoit le Banburismus (en), technique statistique séquentielle (plus tard appelée analyse séquentielle par Abraham Wald), dans l'espoir de percer l'Enigma navale : « Pourtant je n'étais pas sûr que ça marcherait en pratique. » Dans cette idée, il invente une mesure de poids de la preuve qu'il baptise le Ban. Les Banburismes peuvent écarter certaines séquences des rotors Enigma, c'est un gain de temps important. Cependant, les chiffreurs de la Kriegsmarine, en particulier les sous-mariniers, appliquent sans faille toutes les consignes de sécurité. Les messages de l'Enigma navale ne sont décryptés que pendant les périodes couvertes par les manuels ou les feuilles de bigrammes capturés par les Alliés.
En novembre 1942, Turing se rend aux États-Unis où, avec des cryptanalystes de l'U.S. Navy, il travaille sur l'Enigma navale et à la construction de bombes. À Dayton (Ohio), il visite l'United States Naval Computing Machine Laboratory. Les bombes à l'américaine n'éveillent pas son enthousiasme. Pourtant, c'est l'extraordinaire puissance de travail combinée des centaines de bombes construites grâce aux moyens de l'industrie américaine qui, finalement, permet de percer les secrets d'Enigma, spécialement ceux de la Kriegsmarine et des U-Boot. Cependant, à l'époque (fin 1943), les sous-marins allemands ont déjà été chassés de l'Atlantique-Nord par la seule puissance militaire des marines de guerre alliées.
En mars 1943, Turing revient à la Hutte 8. En son absence, son adjoint Hugh Alexander avait officiellement pris la fonction de directeur de la Hutte 8. Devant le manque d'intérêt de Turing, c'est Alexander qui avait de fait toujours dirigé le service. Turing devient consultant en cryptanalyse au profit de l'ensemble de la GC&CS. À propos du rôle de Turing, Alexander dit: « : Il n'est pas permis de douter que les travaux de Turing furent le facteur le plus important du succès de la Hutte 8. Au départ, il fut le seul cryptographe à penser que le problème valait d'être abordé et non seulement lui revient le mérite de l'essentiel du travail théorique de la Hutte 8, mais encore il partage avec Gordon Welchman et Harold Keen le mérite de l'invention de la bombe. Il est toujours difficile de dire que tel ou tel est absolument indispensable, mais si quelqu'un fut indispensable à la Hutte 8, ce fut Turing. Le travail de pionnier tend toujours à être oublié quand par la suite tout paraît plus facile, sous l'effet de l'expérience et de la routine. »
Travail sur les premiers ordinateurs ; le test de Turing
En 1945, pendant son séjour à Ebermannstadt, les deux bombes atomiques américaines sont larguées sur le Japon et il n'en est pas surpris : il connaissait, depuis son voyage secret aux États-Unis de 1942-1943, l'existence du projet à Los Alamos dans des proportions non encore élucidées9.
De 1945 à 1948, il travaille au National Physical Laboratory, situé à Teddington au Royaume-Uni, sur la conception de l'ACE (Automatic Computing Engine : « Moteur de calculs automatiques »). En 1949, il devient directeur délégué du laboratoire d'informatique de l'université de Manchester, et travaille alors sur la programmation de l'un des tout premiers véritables ordinateurs : Manchester Mark I.
Lors de la conférence marquant l'inauguration du laboratoire de recherches en informatique, il propose une méthode de preuve de correction de programmes fondée sur des assertions10 (voir logique de Hoare) qui préfigure la méthode connue sous le nom de « méthode de Floyd-Hoare ». Pendant ce temps, il continue à produire un travail de réflexion fondamentale et, dans l'article « Computing Machinery and Intelligence » (Mind, octobre 1950), Turing explore le problème de l'intelligence artificielle et propose une expérience maintenant connue sous le nom de test de Turing dans une tentative de définition d'un standard permettant de qualifier une machine de « consciente » ; Turing fait le « pari que d'ici cinquante ans, il n'y aura plus moyen de distinguer les réponses données par un homme ou un ordinateur et ce, sur n'importe quel sujet »11.
En mai 1952, Turing écrit un programme de jeu d'échecs. Ne disposant pas d'un ordinateur assez puissant pour l'exécuter, il simule les calculs de la machine, mettant environ une demi-heure pour effectuer chaque coup. Une partie fut enregistrée, où le programme perdit contre un collègue de Turing.
Le programme de Joe Weizenbaum, ELIZA, écrit en 1966 et qui ne prend pas plus de trois pages de langage SNOBOL, sera le premier à donner l'illusion pendant quelques minutes de satisfaire au test de Turing.
Morphogenèse
En 1952, Turing s'est intéressé à une autre branche des mathématiques : l'analyse, et, à partir de l'équation de réaction-diffusion, a élaboré un modèle biomathématique de la morphogenèse, tant chez l'animal que chez le végétal. Il fait paraître un article, « The chemical basis of morphogenesis » (Philosophical Transactions of the Royal Society of London, août 1952), où il propose trois modèles de formes (Turing patterns). Dans les années 1990, des expériences de chimie viendront confirmer expérimentalement les modèles théoriques de Turing.
Condamnation et mort

De Cambridge à Bletchley Park, Turing avait librement pratiqué des préférences homosexuelles dont il ne faisait aucun mystère. Il était d'ailleurs loin d'être le seul12,13. Mais une affaire de droit commun révèle son goût pour de jeunes escarpes. En 1952, la maison de Turing est cambriolée. Turing porte plainte. Arrêté, le cambrioleur dénonce le complice qui lui avait indiqué l'affaire, un ex-amant occasionnel de Turing. Turing ne nie pas cette ancienne relation. Tous deux sont inculpés d'« indécence manifeste et de perversion sexuelle » (d'après la loi britannique sur la sodomie).
Le procès est très médiatisé. Hugh Alexander fait de son confrère un brillant portrait, mais il est empêché de citer ses titres de guerre par le Secret Act. Turing est mis en demeure de choisir : incarcération ou castration chimique réduisant sa libido. Il choisit le traitement, d'une durée d'un an, avec des effets secondaires comme le grossissement de ses seins (gynécomastie). Alors qu'il avait été consacré, en 1951, en devenant membre de la Royal Society, à partir de 1952 il sera écarté des plus grands projets scientifiques.
En 1954, Turing meurt d'un empoisonnement au cyanure. L'enquête conclut au suicide, même si sa mère tenta d'écarter cette thèse. Le moyen d'ingestion du poison aurait été une pomme partiellement mangée (une légende tenace, et démentie, y voit l'origine du logo de la firme Apple14) retrouvée près du corps de Turing et qui aurait été imbibée de cyanure (même s'il n'existe pas de certitude à cet égard, la pomme n'ayant pas été analysée15). Le biographe de Turing, Andrew Hodges (en), a émis l'hypothèse que Turing ait pu choisir ce mode d'ingestion précisément pour laisser à sa mère la possibilité de croire à un accident16. Nombreux sont ceux qui ont souligné le lien entre sa méthode de suicide présumé et le film Blanche-Neige et les Sept Nains, dont il avait particulièrement apprécié la scène où la sorcière empoisonne la pomme, au point de régulièrement chantonner les vers prononcés par la sorcière : « Plongeons la pomme dans le chaudron, pour qu'elle s'imprègne de poison »17,18.
Œuvres
    •    Collected Works of Alan Mathison Turing
    ◦    Mechanical Intelligence, éd. Darrel Ince, (ISBN 978-0-444-88058-1)
    ◦    Morphogenesis, éd. P. T. Saunders, (ISBN 978-0-444-88486-2)
    ◦    Pure Mathematics, éd. J. L. Britton, (ISBN 978-0-444-88059-8)
    ◦    Mathematical Logic, éds. R. O. Gandy and C. E. M. Yates, (ISBN 978-0-444-50423-4)
    •    Alan Turing, Jean-Yves Girard, La machine de Turing [détail des éditions] traduction en français de deux articles de Turing, On Computable Numbers with an Application to the Entscheidungsproblem (1936)1 et Computing machinery and intelligence (1950), avec une introduction et des articles sur les mêmes sujets de Jean-Yves Girard.
    •    Alan Turing (en) On Computable Numbers with an Application to the Entscheidungsproblem [PDF]1
    •    Alan Turing (en) Computing machinery and intelligence Texte complet de l'article.
Reconnaissance posthume
Depuis 1966, le prix Turing (Turing Award en anglais) est annuellement décerné par l'Association for Computing Machinery à des personnes ayant apporté une contribution scientifique significative à la science de l'informatique. Cette récompense est souvent considérée comme l'équivalent du prix Nobel de l'informatique.
En 2009, une courte pétition (« Nous soussignés demandons au premier ministre de s'excuser pour les poursuites engagées contre Alan Turing qui ont abouti à sa mort prématurée»), dressée à l'initiative de l'informaticien John Graham-Cumming a été envoyée à Gordon Brown. En septembre 2009, le Premier ministre britannique a présenté des regrets au nom du gouvernement britannique pour le traitement qui lui a été infligé19.
Malgré cette reconnaissance du premier ministre, le ministre de la justice a fait une réponse écrite le 2 février 2012 pour exprimer le refus de revenir sur une décision qui, bien que paraissant aujourd'hui cruelle et absurde, a été rendue en son temps par les lois de ce temps. (« A posthumous pardon was not considered appropriate as Alan Turing was properly convicted of what at the time was a criminal offence. He would have known that his offence was against the law and that he would be prosecuted. »)20
En février 2011, au terme d'une vente aux enchères, des papiers de Turing datant de la Seconde Guerre mondiale sont acquis par le musée de Bletchley Park avec l'aide du National Heritage Memorial Fund, restant de la sorte en Angleterre21.
Le 23 juin 2012, à l'occasion de ce qui aurait été son centième anniversaire, Google lui rend hommage à travers un doodle présentant un modèle de la machine de Turing et le 14 décembre 2012, un groupe de onze scientifiques britanniques, dont le physicien Stephen Hawking, appelle le gouvernement britannique à annuler sa condamnation, à titre posthume22.
Notes et références
    •    (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Alan Turing » (voir la liste des auteurs)
    1.    ↑ a, b, c et d (en) Alan Turing, « On Computable Numbers, with an Application to the Entscheidungsproblem », dans Proc. London Math. Soc., 2e série, vol. 42, 1937, p. 230-265 [lien DOI [archive]] et « [idem] : A Correction », dans Proc. London Math. Soc., 2e série, vol. 43, 1938, p. 544-546 [lien DOI [archive]], [texte intégral des deux articles [archive]][PDF]
    2.    ↑ (en) John C. Mitchell,Concepts in programming languages, Cambridge University Press, 2003, p.14 [archive] «The fact that all standard programming languages express precisely the class of partial recursive functions is often summarized by the statement that all programming languages are Turing complete.»
    3.    ↑ (en) Bruce J.MacLennan, Principles of Programming Languages, Introduction : What is a programming language?, Oxford University Press, 1999. «A programming language is a language that is intended for the expression of computer programs and that is capable of expressing any computer program. This is not a vague notion. There is a precice theorical way of determining whether a computer language can be used to express any program, namely, by showing that is equivalent to a universal Turing machine.»
    4.    ↑ Ces questions sont discutées dans l'article « philosophie de la technique ».
    5.    ↑ « Je lui ai demandé un jour pourquoi il se punissait autant par l'entraînement. Il m'a dit : « mon métier est si stressant que mon seul moyen de le chasser de mon esprit est de courir à fond. C'est le seul moyen pour moi de relâcher la pression. » (« I have such a stressful job that the only way I can get it out of my mind is by running hard; its the only way I can get some release »). J.-F. Harding, secrétaire du Walton Athletic Club, cité par le magazine Runner’s World (septembre 1999).
    6.    ↑ Précis on Computable numbers made for Comptes rendus [archive], annonce des résultats écrite en français pour les Comptes rendus de l'Académie des Sciences.
    7.    ↑ Turing A. M., 1939, Systems of logic defined by ordinals, Proc. Lond. Math. Soc., ser. 2, 45: 161-228; aussi in (Davis 1965) et in (Gandy et Yates 2001). Cet article reprend sa thèse de doctorat.
    8.    ↑ La notion d'« oracle » est déjà présentée sans être exploitée dans son article original On computable numbers.
    9.    ↑ Jean Lassègue, « Turing, et l'informatique fut », dans Les Génies de la science, 25 novembre - janvier 2006− [texte intégral [archive] (page consultée le 25 janvier 2010)]
    10.    ↑ Turing, A. M., Checking a Large Routine. In Report of a Conference on High Speed Automatic Calculating Machines, Univ. Math. Lab., Cambridge, p. 67-69 (1949) in Morris, F. L. et C. B. Jones. Avril 1984. An Early Program Proof by Alan Turing, Ann. Hist. Comp., vol. 6, no 2, p. 139-143.
    11.    ↑ Alan Turing : la pensée informatique, Docsciences, no 14, juin 2012, p. 5.
    12.    ↑ (en) Hugh Sebag-Montefiore, Enigma, the Battle for the Code
    13.    ↑ Sinclair McKay, The Secret Life of Bletchley Park
    14.    ↑ L'Ordinateur individuel, Petites histoires Grands logos, no 248, avril 2012, p. 62.
    15.    ↑ Hodges 1983, p. 488. (Référence issue de la version anglophone. À confirmer.)
    16.    ↑ Hodges 1983, p. 488, 489. (Référence issue de la version anglophone. À confirmer.)
    17.    ↑ The Turing enigma [archive], The Independant, 18 août 2009
    18.    ↑ Leavitt 2006, p. 140. (Référence issue de la version anglophone. À confirmer.)
    19.    ↑ number10.gov.uk : Treatment of Alan Turing was appalling - PM [archive], le 10 septembre 2009
    20.    ↑ : To ask Her Majesty's Government whether they will consider granting a posthumous pardon to Alan Turing. [archive]
    21.    ↑ « Turing papers to stay in UK after 11th-hour auction bid » [archive], The Guardian, vendredi 25 février 2011, consulté en ligne le 13 juin 2011.
    22.    ↑ [1] [archive], Actualités de l'AFP le 14 décembre 2012

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Turing



03/01/2013
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