Alain YVER

Alain YVER

ALEX BEAUPAIN

ALEX BEAUPAIN





//www.alexbeaupain.com/

//www.myspace.com/alexbeaupainpop

//www.facebook.com/alexbeaupain

pourquoi battait mon cœur
//www.youtube.com/watch?v=IA-CMZxRmLw

au départ
//www.youtube.com/watch?v=h5uPfdhqNfk

entrevue
//www.youtube.com/watch?v=jCO2v-hw6yI


















"Après avoir tourné pendant plus d'un an suite à la sortie de son album "Pourquoi battait mon coeur", encensé par la critique, Alex Beaupain sortira un nouvel album début 2013 et présentera son nouveau spectacle à l'Olympia le 13 mai.

« Sur scène, le garçon est enthousiasmant. Il peint le désir, l'excitation et le délitement des sentiments à la manière d'un Daho, sans doute plus crûment. » Stéphane Davet, Le Monde Magazine

« Dans une Cigale pleine, Alex Beaupain chante son brillant dernier album, pop ciselée teintée d'électro, et contrairement aux trois quarts des chanteurs de sa génération, parle de sexe sans chichis, de politique sans tracts et d'amour sans niaiserie. » Thierry Dague, Le Parisien / Aujourd'hui en France"






Alex Beaupain, né à Besançon en 1974, est un auteur-compositeur-interprète et compositeur de musiques de films français.

Biographie

Alex Beaupain est le fils d'une institutrice et d'un cheminot, qui lui donnent très tôt le goût de la culture, de la musique, du cinéma, de la bande dessinée et de la littérature. Il prend notamment des cours de piano, et chante dans une chorale d'enfants.

Après une année passée à Nancy, il vient à Paris pour étudier à Institut d'études politiques.

Il est l'auteur de plusieurs spectacles musicaux, créés par la Compagnie Les Ressorts à la fin des années 1990.

Dans les années 2000, il compose à la fois des bandes originales et des chansons pour les films du réalisateur Christophe Honoré, notamment pour les films 17 fois Cécile Cassard (2002) et Dans Paris (2006). Il écrit également la bande originale du film Qui a tué Bambi ?, de Gilles Marchand. En mai 2011, le Festival de Cannes se clôt avec la projection hors compétition d'une comédie musicale de Christophe Honoré, Les Bien-aimés, dont Alex Beaupain a composé les chansons.

Garçon d'honneur, son premier album, sorti chez Naïve Records en 2005, inspire à Honoré la trame de son film musical Les Chansons d'amour (2007).

Le deuxième album de Beaupain, sorti en octobre 2008, s'intitule 33 Tours. Comme la bande originale des Chansons d'amour, ce nouvel album est réalisé par Frédéric Lo. Il compte douze morceaux. I want to go home en est le premier single. C'est le jeune cinéaste Christophe Charrier qui en réalise le clip[1].

Son troisième album, sorti en avril 2011, s'intitule Pourquoi battait mon coeur. Il est arrangé par Jean-Philippe Verdin. Le premier single est Au départ, une chanson qui trace un parallèle entre l'histoire de la gauche en France et celle d'un couple. Le disque contient également un duo avec Camélia Jordana, Avant la haine, titre qui figurait déjà dans la bande originale de Dans Paris. C'est Christophe Honoré qui en réalise le clip[2].

Influences

Ayant baigné dans la chanson française traditionnelle (Jacques Brel, Barbara, Georges Brassens) quand il était enfant, Beaupain est dans la lignée d'une musique pop littéraire, autobiographique et mélancolique.

Il a beaucoup écouté Alain Souchon, Serge Gainsbourg et Étienne Daho, mais aussi Jean-Louis Murat et Alain Bashung.

Ses influences sont également cinéphiliques (il a passé un bac A3 cinéma) et littéraires[réf. souhaitée].

Discographie

Seul

    * Garçon d'honneur (2005)
    * 33 tours réalisé et arrangé par Frédéric Lo (2008)
    * Pourquoi battait mon cœur (2011)

 Autres

    * 17 fois Cécile Cassard avec Lily Margot et Doc Matéo (2002)
    * Un an avec Foreign Office (Lily Margot et Doc Matéo) (2006)
    * Dans Paris (avec Armel Dupas) (2006)
    * Les Chansons d'amour réalisé et arrangé par Frédéric Lo (2007)
    * Non ma fille tu n'iras pas danser (2009)
    * Les Bien-aimés (2011)

Compositeur

    * 17 fois Cécile Cassard de Christophe Honoré (2002)
    * Tout contre Léo de Christophe Honoré (2002)
    * Qui a tué Bambi ? de Gilles Marchand (2003)
    * Dans Paris de Christophe Honoré (2006)
    * Les Chansons d'amour de Christophe Honoré (2007)
    * La Belle Personne de Christophe Honoré (2008)
    * Non ma fille tu n'iras pas danser de Christophe Honoré (2009)
    * Les Bien-aimés de Christophe Honoré (2011)

Récompenses

    * Étoile d'or de la meilleure musique en 2008 pour Les Chansons d'amour
    * Grand prix international du disque de l'Académie Charles-Cros en 2008 pour 33 tours
    * Césars 2008 : César de la meilleure musique pour Les Chansons d'amour
    * Prix Constantin 2011 : nomination pour Pourquoi battait mon coeur
    * Césars 2012 : nomination au César de la meilleure musique pour Les Bien-Aimés

Notes

   1. Å™ Dailymotion.com [archive]
   2. Å™ [archive]

//fr.wikipedia.org/wiki/Alex_Beaupain








Alex Beaupain: «J'ai été attiré par les garçons sur le tard»
Par Sylvain Zimmermann lundi 23 mai 2011, à 13h30 | 24043 vues
Plus de: Alex Beaupain, musique, Christophe Honoré, Catherine Deneuve.

Son dernier single Au départ:

//www.tetu.com/actualites/culture/alex-beaupain-jai-ete-attire-par-les-garcons-sur-le-tard-19477


INTERVIEW. Filles ou garçons, plans baise à Père Lachaise, déception de la gauche, le compositeur des «Chansons d'amour» d'Honoré se lâche dans son nouvel album. Rencontre avec un compositeur aux chansons souvent très charnelles…

Alex Beaupain chantera ce soir à la Cigale qui affiche complet depuis déjà pas mal de temps (mais il a ajouté une date le 4 novembre au Bataclan). C'est mérité. Le compositeur surdoué des Chansons d'amour de Christophe Honoré a sorti il y a deux mois un disque d'une classe folle avec un titre en forme clin d'œil à Jacques Audiard, Pourquoi battait mon cœur. Il a touché le nôtre. Un album personnel, politique, très pop, aux textes ciselés. Comme toujours. Beaupain y livre ses réflexions sur la vie, ses fantasmes, ses histoires de cul. Fin mars, on l'avait rencontré près de chez lui, dans un café au pied de la butte Montmartre. Alex s'était livré comme jamais sur la politique, sa prochaine comédie musicale avec Christophe Honoré, Les Bien-Aimés (sortie le 24 août), ses amours compliqués entre garçons et filles. Extraits choisis de son entretien dans TÊTU (n°165, avril) complétés de passages non publiés dans le magazine.

TÊTU: Dans plusieurs chansons de Pourquoi battait mon cœur, tu mélanges histoire sentimentale et politique. «Un homme une rose à la main», c'est une histoire d'amour déçu avec la gauche?
Alex Beaupain: La chanson engagée c'est souvent très premier degré, j'ai du mal avec ce côté frontal. J'ai compris depuis longtemps que je n'écrivais que des chansons d'amour, mais j'ai vu que je pouvais faire des parallèles. La politique c'est comme en amour: ça commence avec une grande vague d'espoir et puis ça finit par la cohabitation. Ma génération n'a même pas connu, ou alors enfant, l'espoir qu'avait pu représenter Mitterrand en 1981. On a tout de suite été du côté de la déception.

Il y a cette chanson cul Sur toute la ligne: «Plan baise à Père Lachaise, trip pervers à Anvers» ou encore  «Je suis d'une reine le trône à Couronne et d'un prince le cheval à Etoile»…
Je ne dirai pas qui était la reine, ni le prince… En tout cas, à la fin, le mec qui accumule les aventures est puni: l'autre le quitte. J'aurais pu finir le morceau autrement mais j'ai pas pu. Pourquoi, je ne sais pas. Peut-être un fond de morale judéo-chrétienne qui me rattrape (rires).

Côté préférences, tu es comme Daho «une quille ou un glaçon va savoir»?
(Il réfléchit) Filles ou garçon… Franchement, si je le savais, je le dirai. Je ne cherche pas à me défiler, à chercher de faux-semblants. J'ai simplement la chance de vivre à Paris, d'évoluer dans un milieu où la sexualité n'est pas un problème, et donc je n'ai jamais eu à me poser la question. Je ne sais pas où je vais et je ne veux pas savoir.

Plus jeune, les garçons t'attiraient?
En fait, cela s'est fait sur le tard, à Paris. J'ai été en couple très jeune et longtemps avec une femme. Cela peut surprendre mais j'ai été très fidèle.

François Sagat dans une comédie musicale? Mais pourquoi pas? J'ai bien aimé «Homme au bain». Tu peux nous dire quelques mots sur ta prochaine comédie musicale avec Christophe Honoré, Les Bien-Aimés?
On a tout fait à l'inverse des Chansons d'amour! Cette fois-ci la musique, les paroles sont écrites à partir de l'histoire que Christophe avait en tête. Pas d'enregistrement dans l'urgence, là on a pris le temps, on a peaufiné les arrangements. J'ai adoré travailler avec Catherine Deneuve. Elle aime chanter et ça s'entend, on ne peut pas le faire avec tous les acteurs. Il m'est arrivé parfois d'avoir des doutes sur certains choix de Christophe et il m'a toujours prouvé qu'il savait ce qu'il faisait…

Tu pourrais faire chanter François Sagat dans une comédie musicale?
Mais pourquoi pas? Je ne connais pas sa voix. J'ai bien aimé Homme au bain. Je crois que le film a été parfois mal compris. C'était un truc très libre, un geste différent et très personnel et les gens ont pris ça pour un film ordinaire.

C'était comment ton enfance dans le Doubs?
Une enfance plutôt heureuse. Un père cheminot, une mère institutrice, toujours à l'écoute, prêts à m'aider pour un appart' à Paris quand j'ai été accepté à Science po. Ils ont toujours compris mes choix, même celui de vouloir devenir chanteur. On écoutait beaucoup de musique à la maison: Trénet, Brassens, Brel, Barbara. Ma mère jouait mal de plusieurs instruments, moi j'ai préféré jouer mal seulement du piano. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, il n'y a pas eu de fêlure, il faut chercher la fêlure autre part…

Dans les Chansons d'amour?
Exactement. La disparition de ma copine m'a beaucoup affecté, Christophe (Honoré) a tiré ce film de mon histoire. J'ai vu aussi que cette douleur décuplait ma créativité. J'ai longtemps porté une sorte de culpabilité : écrire des belles chansons grâce à sa disparition. Alors comment faire? On s'adresse le plus sincèrement à l'autre, et on fait le moins putassier possible, au plus juste.

Pourquoi battait mon cœur, Alex Beaupain (Naïve).






11/04/2011 à 12h28
Gauche mon amour dépité : Alex Beaupain en exclu sur Rue89
Chloé Leprince  Rue89


D'Alex Beaupain, on connaît surtout des bandes originales, et notamment les chansons intimistes qui ont servies de BO au film de Christophe Honoré, « Les Chansons d'amour ». Sur sa bio, on (re)découvre aussi qu'il est né en 1974 et qu'il a fait Sciences-Po. Anecdotique ? Sans doute, si ce n'était un nouveau titre, en exclusivité pour Rue89 dans le cadre d'un partenariat avec sa maison de disques, Naïve, dont voici le clip. (Voir la vidéo)

Cette chanson, qui sortira en même temps que l'album « Pourquoi battait mon cœur » (en avril), s'intitule « Au départ », et raconte l'histoire de la gauche en France. Une mythologie sous forme d'inventaire ultra référencé façon Arnaud Fleurent-Didier, ambiance « France Culture » plutôt que Renaud, époque « Dans mon HLM ".

La chanson tranche avec les histoires qui nourrissent les textes d'Alex Beaupain. A une nuance près toutefois : pour nous raconter le chemin du Mitterrand du Panthéon à la gauche plurielle de Jospin, en passant par deux cohabitations ou Saint-Bernard, Beaupain va et vient entre l'histoire de la gauche et celle d'un amour qui démarre fort et finit trop vite :

    'Le parallèle est venu alors que je cherchais un principe idiot. Il faut toujours un principe idiot, une idée simple, pour bâtir une chanson. Ce parallèle m'a permis de faire le pas de côté que je cherchais depuis un moment, alors que je voulais renouveler mes thèmes.'

Père cheminot cégétiste et coco, mère enseignante et socialiste

Le chanteur dit que ça lui ressemble autant de parler politique que d'amours qui se détricotent :

    'Lecture des journaux, soirées électorales entre potes, je fais ce genre de choses.'

Il a toujours voté, on apprend qu'il n'a jamais changé de couleur de bulletin, sauf le 21 avril 2002, on imagine le parti, même s'il élude (un peu). Père cheminot cégétiste et coco, mère enseignante et socialiste, il est issu de la classe moyenne, a grandi à Besançon, et jure que c'est seulement 'pour être sûr de pouvoir aller à Paris qu'il a fait Sciences-Po'.
'De Renaud, j'ai gardé Mistral Gagnant', pas 'Société tu m'auras pas'

Un premier album qui ne marche pas du tout le fait douter – 'J'ai pensé
que mes chansons étaient trop nombrilistes et n'intéressaient que moi,
j'ai pensé arrêter.' Le film de Christophe Honoré leur donne une
seconde vie, un écho inespéré qui galvanise sur son flanc intimiste
celui qui a biberonné Daho, Souchon ou Barbara – 'Des gens qui
parlaient avant tout d'eux'.

Le changement de registre amorcé avec ce titre lui a demandé du temps :

    'Je me suis longtemps demandé sous quelle forme faire des choses plus sociétales ou politiques. Comment éviter la chanson engagée. Trouver une forme a été extrêmement compliqué : je ne voulais pas d'un militantisme un peu primal à la Ferrat ou Renaud.

    De Renaud, j'ai gardé Mistral Gagnant', que j'écoutais en sixième à sa sortie en 1986, mais pas 'Société tu m'auras pas . La chanson militante frontale, je n'y crois pas.'

Pourquoi avoir attendu 37 ans pour se hasarder dans ce registre ?

    'Je me suis mis à écrire tôt, vers 18 ans, mais je me suis avoué chanteur tardivement, à 25 ans passés, et attendu encore avant de trouver de l'intérêt à mes chansons. A partir du moment, en fait, où j'ai trouvé une forme autobiographique un peu intime, un peu perso.'

En sort une chanson ni très féroce ni très savante et un petit fumet Mitterrandiste qui a de quoi étonner en 2010. Alex Beaupain avait sept ans quand le premier président socialiste de la Cinquième République a été élu. Il n'a pas l'air de lui en tenir rigueur, conserve 'une fascination' pour le personnage, et pas seulement le versant Machiavel mais 'un certain sens de l'histoire'. Puis il conclut l'entretien en disant qu'il ne s'agit pas non plus d'en faire une thèse. Ouf.







L'interview Loto
Alex Beaupain:"
Je suis encore impressionné par ma rencontre avec Catherine Deneuve"


Par LEXPRESS.fr, publié le 16/07/2011

Son album Pourquoi battait mon coeur est excellent. Et il fait chanter Catherine Deneuve sur la B.O des Bien-Aimés.

dr

L'interview Loto: 5 numéros dans une grille de 49. Chacun correspondant à une question. Plus la complémentaire.

Plutôt Sylvie Vartan ou plutôt Sheila?

Sheila. Je lui avait écrit deux chansons il y a quelques années mais elle n'en a finalement chantées aucune. A la mer, que j'ai repris sur mon deuxième album. Et Question de choix, qui parlait de sa rivalité avec Sylvie Vartan. Je l'ai proposée à Sylvie qui ne l'a pas retenue non plus (Il se marre). Le texte parlait de cette époque des sixties: "rappelle-toi, la vie/était question de choix/Kennedy ou Fidel Castro/Johnny Hallyday ou Ringo/De Gaulle ou François Mitterrand/ Et Sheila ou Sylvie Vartan." C'était ma première chanson politique (Il se marre de nouveau).

Avez-vous des superstitions avant d'entrer en scène?

Non, mais j'ai des manies. Je bois des litres de thé au miel toute la journée et un quart-d'heure avant le concert, je n'arrête pas d'aller faire pipi, par trac et par nécessité.

Recommandez-nous une chanson pour un tête-à-tête?

Quelque chose d'un peu sexy alors? Pull Marine.

Et c'est garanti, on emballe?

Ca marche toujours très bien. C'est un slow, il y a un côté variété, mais derrière on peut citer Gainsbourg et Isabelle Adjani, super belle. C'est ma chanson préférée du monde et d'ailleurs je la reprends en concert.

Quelle est le pire morceau que vous avez écrit?

Il y en a pas mal... Non, pas tant que ça... La Flemme, mon premier single, fait beaucoup rire mes musiciens. je disais: "Et nous nous ennuyons d'un ennui délicieux." Musicalement, c'était un mauvais décalque de Foule Sentimentale. Et en plus très niais.

Que voyez-vous de votre fenêtre?

Ma concierge, Claudine Tricot, elle vient du "chnord", elle me regarde quand je passe à la télé, et elle est déçue que je ne sois pas nominé tous les ans aux Césars. Je l'adore. Elle est venue me voir à La Cigale et elle a déjà ses places pour Le Bataclan.Sinon, mon piano est face au mur, c'est une page blanche.

Et la question complémentaire: A quand un album entier pour Catherine Deneuve?

Pour moi, c'est toujours délicat d'écrire pour une comédienne si ce n'est pas dans le cadre d'un film. Quand j'ai fait chanter Catherine Deneuve, je me suis senti humble et impressionné, je le suis encore. Lorsque j'écoute la b.o des Bien-aimés, je n'ai pas le sentiment que j'en suis l'auteur. Je suis ému en tant qu'auditeur et cinéphile.  

Avez-vous écrit pour d'autres artistes récemment?

Oui, un texte pour le nouveau disque de Julien Clerc, je lui ai donné comme titre de travail La nuit, c'est tous les jours. Et une musique pour une chanson de Jane Birkin qui sera dans un album collectif intitulé Elles sont Paris, des comédiennes comme Charlotte Rampling, Elsa Zylberstein, Jane Birkin, etc rendent hommage à la capitale.








Interview : Alex Beaupain   
Rencontre avec Alex Beaupain lors du Nancy Jazz Pulsations 2011.
Par Diane Charbonnel  22.11.2011

//www.soul-kitchen.fr/24913-interview-alex-beaupain

Alex Beaupain

Les chansons d'amour à la française, Alex Beaupain les connaît bien. C'est en tant que compositeur pour les films de Christophe Honoré qu'il les découvre. Une rencontre qui fut le moteur de sa carrière. « Il est la première personne à m'avoir poussé à faire des chansons », affirme l'artiste. Aujourd'hui son cœur bat, même s'il se demande pourquoi dans son troisième album personnel sorti en avril 2011. Onze morceaux qui rappellent qu'Alex Beaupain n'écrit pas uniquement sur les commandes du cinéaste. Et c'est dans cette dualité que l'auteur, interprète, compositeur s'épanouit. « Si je n'étais que chanteur je m'ennuierais, mais j'aime bien aussi être mon propre chef. Christophe est un ami très proche, c'est bien de travailler avec lui mais de ce fait, il est beaucoup moins indulgent. »

Depuis le succès du film les chansons d'amour, Alex Beaupain n'est plus dans l'ombre. « Ce film a sauvé ma carrière ». Alors il continue à écrire sur ce sentiment mais surtout sur la tristesse de la fin d'une idylle. « J'ai un tempérament qui fait que c'est très compliqué pour moi d'écrire des chansons solaires. Je trouve difficile d'écrire des chansons sur le bonheur sans être niais. » Au son d'un piano il raconte ainsi ces remords qui nous hante lors d'une rupture. Et comme elle n'arrive jamais seule, Camélia Jordana vient rejoindre le chanteur pour un duo Avant la haine, une chanson qui lui tenait particulièrement à cœur et qui apparaissait déjà dans le film Dans Paris.

Mais surprise dans cet album, Alex Beaupain nous dévoile une autre passion. Celle de la politique. Au départ raconte le socialisme, son histoire d'amour déchue avec le PS. L'amour gauche, l'amour fini, l'artiste n'a pas fini de faire parler de ses chansons d'amour… et nous de les aimer.

Merci à Alex Beaupain et l'équipe du NJP !







Interview : Alex Beaupain par Pierre Derensy

Ce jeune garçon, accort, un rien dandy mérite, comme son album l'indique, tous les honneurs. Après Science Po et quelques BO de films français il débarque avec des chansons intimes (et pas intimistes), des textes amers sur notre société qui bat de l'aile et reste vigilant sur l'abandon amoureux dont nous sommes tous victimes un jour ou l'autre. 11 titres de pop soignée qu'il chante d'une voix feutrée et qui sied parfaitement au costume qu'il s'est taillé.

Est-ce que le fait d'avoir déjà un beau palmarès de musiques de films vous a ouvert des portes pour votre album perso ?

Alex Beaupain : « Pas forcément, cela m'a fait connaître. Les gens des maisons de disques pouvaient m'identifier. Après, ce sont deux métiers totalement différents. Faire de la musique de film et être chanteur cela ne va pas forcément ensemble. Je ne suis pas persuadé que cela aide à signer quelque part, disons que grâce à mes BO j'ai retenu l'attention. »

Qu'est-ce qui vous a poussé à franchir ce pas de devenir chanteur ?

Alex Beaupain : « Oh je voulais le faire depuis très longtemps. Je me suis lancé dans de la musique de film quand Christophe Honoré m'a proposé de faire sa BO de « 17 fois Cécile Cassard » suite à l'écoute de mes chansons. »

Finalement n'aviez vous pas pendant longtemps pris à votre compte l'adage « pour vivre heureux vivons caché » et plus particulièrement en ce qui vous concerne, l'écran blanc du cinéma pour vous protéger ?

Alex Beaupain : « Oui je pense que vous avez raison... j'ai mis du temps à m'assumer, à faire mon coming-out de chanteur. Je trouvais ça difficile de se présenter à des gens en chantant des choses personnelles et bêtement je trouvais qu'il y avait quelque chose de ridicule dans ce métier. »

Dans « Libération » on dit de vous que vous êtes l'enfant de Calogero et de Dominique A, alors est ce que votre parenté n'est pas trop lourde à porter ?

Alex Beaupain : « C'est une phrase de journaliste voulant dire que je suis mélodiste comme le premier et que j'écris des textes personnels comme le second. Après que ce soit eux ou d'autres... »

Vous retrouvez vous quand on vous compare à ces 2 là mais aussi à Daho, Gainsbourg et d'autres encore ?

Alex Beaupain : « Tant que ce n'est pas Nicoletta et Dave ça va ! »

Est-ce que c'est difficile de renouveler la chanson française ?

Alex Beaupain : « Oui ça je pense que c'est très difficile. Pour ma part je ne pense pas du tout la renouveler par exemple. Je l'accompagne. On sent beaucoup dans mes chansons les influences que j'ai pu avoir et je ne m'en cache pas. Je ne vois pas ce qui se profile dans la chanson française qui soit extraordinaire d'innovation. J'essaye d'écrire des textes personnels et de le faire de la manière la plus élégante possible et de ne pas considérer la musique comme un support. Je ne souhaitais pas tout axer sur mes paroles et laisser la musique de côté. »

Sans « Lily Margot » et Doc Mattéo auriez vous réalisé cet album ?

Alex Beaupain : « J'aurais eu du mal à le réaliser comme ça. Ils m'ont aidé à mettre en forme tout ce que j'avais dans la tête. Je voulais un album qui sonne un peu pop avec une formation basique guitare-basse-batterie. Sachant que je ne joue absolument pas de la guitare mais que je compose au piano, sans leur savoir faire et le fait qu'ils aient compris ma démarche je n'aurais pas pu aller vers ce disque. »

Votre disque pourrait très bien servir de BO au dernier livre de Michel Houellebecq, comme lui vous semblez angoissé, voir obsédé sur le temps qui passe et la décrépitude des sentiments ?

Alex Beaupain : « C'est le cas. Je connais très peu de personnes qui ne soient pas inquiètes du temps qui passe, c'est quand même quelque chose d'abominable. J'ai l'impression qu'à partir de 30 ans on ne va pas vers le beau. Par contre le fait de décrire les difficultés à pouvoir rester longtemps avec quelqu'un c'est quelque chose de beaucoup plus personnel. »

Jusqu'à la dernière strophe de « Brooklyn Bridge », votre titre de conclusion de l'album, vous avancez vers une fin bien souvent amère ?

Alex Beaupain : « Parce que ce sont des choses qui me sont arrivées ! Quand il m'arrive des choses joyeuses, et cela m'arrive, j'en fais des chansons joyeuses. C'est certainement plus facile d'écrire des titres mélancoliques. »

« Au Ciel » derrière une musique pop se cache une vraie blessure textuelle, la consolation de mettre en musique ses cicatrices est-elle un bon moyen de guérir ?

Alex Beaupain : « J'aime bien que vous ayez remarqué ce contraste dans cette chanson là car je voulais une violence de texte contrebalancée par une légèreté rythmique de la chanson pop. Je crois que lorsque l'on susurre les choses ou qu'on les déclame d'une façon insidieuse elle ressortent beaucoup plus violemment. J'aime bien me placer à cet endroit. Evidemment que de faire d'une abomination quelque chose d'artistique c'est une forme de rétablissement. »

Aviez-vous besoin de la tension que dégage même une guitare sèche pour orner vos compositions ?

Alex Beaupain : « Quand j'écris mes chansons au piano je les trouvent toujours trop gentillette ou trop tragique, je n'arrive pas à pénétrer cet espèce de rythme que trouve Doc Mattéo avec sa guitare. »

Est-ce que je m'avance trop si je dis que vous avez voulu marier la musique des Beatles avec votre univers textuel ?

Alex Beaupain : « Elle y est mais elle est due à Doc Mattéo encore une fois. C'est un garçon un peu plus vieux que moi qui connaît ses classiques sur le bout des doigts. Moi j'écoutais beaucoup de chansons françaises, ce qu'on peut résumer à Daho, Murat, Gainsbourg et quelque groupes des années 80 comme les Smiths. Ce qui est difficile et motivant en même temps c'est d'avoir la prétention d'arriver à ce niveau là. »

L'amour pour l'artiste que vous êtes est-il une cochonnerie qui dénude le sens profond de la vie ?

Alex Beaupain : « Cette question est encore plus compliquée que mes chansons ! (rire) Je crois que c'est quelque chose d'essentiel. Vous avez du remarquer que mes textes tournent toujours autour de ça. Je ne pense pas avoir un rapport aussi nihiliste ou désespéré à l'amour. » Vous êtes un artiste à double face. Il y a d'un côté le romantique éconduit et de l'autre l'agitateur social. Dans « Quitter la Ville » vous n'hésitez pas à chanter tout haut ce qui doit rester tabou ?

Alex Beaupain : « Ha oui ! Ca c'est mon côté chanteur engagé ! de temps en temps cela me prend. Là ça m'a surpris moi même. Jusque là j'étais plutôt dans cet album sur le ton de l'intime, dans l'autobiographique et tout d'un coup j'ai écrit cette chanson qui est une chanson d'énervement par rapport à des choses que l'on peut voir tous les jours à la télé ou dans les journaux. J'ai mis du temps avant de la faire écouter à mes arrangeurs car j'ai toujours peur que cela soit pris pour des emportements primaires ou démagogiques. »

Ce thème sociétal c'est un résidu de votre période Renaud, artiste que vous écoutiez beaucoup étant jeune ?

Alex Beaupain : « C'était ma période collège. Vu que mon engagement à moi est moins prononcé que ce qu'il faisait avant, si mes dents s'éliment cela se verra moins. »

Je voulais revenir sur le titre « Garçon d'Honneur » ?

Alex Beaupain : « J'ai voulu l'écrire pour expliquer que l'on n'a pas forcément besoin d'une vie parfaite pour être heureux. Moi j'ai l'impression d'être plus content dans des unions libres. »

Quand vous devez mettre de la musique sur « Qui a Tué Bambi » ou sur « 17 fois Cécile Cassard » vous procédez de quelle manière ?

Alex Beaupain : « Le travail est différent d'un album de chansons. D'abord car là nous travaillons avec un réalisateur qui a des desiderata, qui demande un certain type d'ambiance, de matière sonore, certains instruments et puis aussi car là nous travaillons à trois avec Lily et Doc et que les compositions se font à l'image et ensemble. C'est un travail beaucoup moins solitaire. »

Vous comptez utiliser l'image dans votre musique ?

Alex Beaupain : « J'aimerais bien que Christophe Honoré fasse le clip de mon prochain single. »

Enfin j'aimerais savoir où vous vous fournissez en chemise car celle de la pochette est vraiment très belle ?

Alex Beaupain : « C'est le garçon qui s'est occupé du design de l'album qui me l'a trouvé. Je trouve qu'elle correspondait bien à cette élégance froissée que j'ai essayé de mettre sur le disque. »

//www.lemague.net/dyn/spip.php?article1510



17/10/2012
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