Alain YVER

Alain YVER

ALEXANDRE TASSEL

ALEXANDRE TASSEL




SON SITE

http://altassel.free.fr/

SON ESPACE
http://www.myspace.com/alexandretassel

JAZZ SOUL ELECTRO
http://www.7islands.net/sevenislands/HOME.html




Alexandre Tassel

(26 mars 1975 - ) est un trompettiste et compositeur de jazz français, né à Angers.

Il vit en Bretagne jusqu'à l'âge de 18 ans où il prend des cours de piano avec Marie Barrau élève de Marguerite Long. A 18 il se tourne vers la trompette et le jazz, il intègre la classe de Jazz du conservatoire de Rouen, y fait ses débuts tout en fréquentant de plus en plus les clubs de Jazz de la Capitale .

À 21 ans il s'installe définitivement à Paris où il crée les "Nuits Blanches" dans le club "le Petit Opportun" qui a plus tard fermé ses portes. Cette expérience lui fait rencontrer une grande majorité des musiciens de Jazz en France, Christian Escoudé, André Villéger, Emmanuel Bex, Lionel Belmondo, Tony Rabeson, Archie Shepp, David Murray, Antonio Farao...

À 23 ans il publie son premier disque avec Baptiste Trotignon, Vincent Artaud, François Ricard et Olivier Temime "49 minutes d'arrêt", séléctionné par JazzMagazine comme l'un des meilleurs disques de l'année 98.

À 24 ans il produit un nouvel opus "Booker" enregistré live au festival de Jazz de Marciac et tourne avec Tonton Salut Jazz Futures aux côtés de Baptiste Trotignon ou Franck Avitabile et Olivier Temime.

En 2000 il monte et dirige avec Guillaume Naturel le "Paris Jazz Quintet" constitué de Franck Avitabile au piano, Gildas Scouarnec à la contrebasse et André Ceccarelli à la batterie. Ils enregistrent pour le label Suisse TCB un album "introducing". 2000 est également l'année ou il rencontre Dj cam avec lequel il entame une tournée mondiale puis pour qui il réunit une équipe de musiciens qui ne le quittera plus par la suite. Ils enregistrent l'album "Soulshine" pour Columbia sur lequel ils jouent aux côtés de Cameo, Guru, Angun, Donnie... Cela donne naissance entre autres au titre "Summer in Paris" véritable succès de la House à tendance Jazz .

2001 cette période est le début de nouvelles collaborations pour Alexandre. Il tourne pendant deux ans aux côtés de Laurent de Wilde dans son groupe ÉlectroJazz "Time for Change", y rencontre Stéphane Huchard et Minino Garay avec qui il travaillera de manière réguliere ensuite, il rencontre également Disiz La Peste, JmdeeBeat avec qui il commence aussi à jouer et enregistrer. Dj cam produit le premier album du duo Alexandre Tassel et Guillaume Naturel "Fillet of soul by Tassel&Naturel". Alexandre tourne beaucoup comme sideman et il est appelé en 2003 par Manu Katché avec qui il tourne dans le monde depuis au sein de son groupe MKTendances. Manu Katché est depuis présent aux côtés d'Alexandre sur deux albums "Fillet of soul opus 2" 2003 et "Food For Thought" sorti en 2007 .

Alexandre collabore aussi à de nombreux projets musicaux très divers Sanseverino, Disiz la peste, Stéphane Huchard, Michel Bénita, Dj Cam, Laurent de Wilde, Peeda, Abd Al Malik, Pierrick Pedron, Olivier Temime, Bouncer Crew et compose de la musique pour la télévision. Il est également très présent sur les compilations Jazz lounge dont "St Germain des Prés Café" (Wagram),"Rendez vous Lounge", Return to Paradise (Sony Bmg) ...

en 2007 il sort l'album "de producteurs" Tassel&Naturel "Food for Thought" avec Manu Katché, Marcus Miller, Guru, Dj cam, Dj Grazzhoppa, Song, Eztriga, Eric Legnini, Franck Avitabile, Daniel Romeo, Laurent Vernerey, Julien Charlet, laurent de Wilde, Phillipe Bussonet...la réunion de beaucoup de rencontres enrichissantes des années précédentes. il est toujours en tournée avec Manu Katché et enregistre son nouvel album...

Discographie

1996 : Sébasien Souchois "Quintessence"

1997 : Mourad Benhammou

1998 : Alexandre Tassel "49 minutes d'arrêt"

1999 : Alexandre Tassel "Booker"

2000 : Paris Jazz Quintet TCB music

2001 : Cam Soulshine (Columbia/Sony)

2002 : Cam "the Audiobiography" Inflamable Records

2002 : Shaun Escoffery (UK) Columbia

2003 : Tassel&Naturel "Fillet of Soul" Inflamable records

2003 : St Germain des prés Café 3&4 (Wagram)

2003 : Hotel Costes 5

2004 : St Germain des prés café vol 5 (Wagram)

2004 : Seringe M'Baye "Itinéraire d'un enfant bronzé" (Barclay/Universal)

2004 : Tassel&Naturel Fillet of Soul Opus 2 (Seven Islands/Nocturne)

2005 : St Germain des Prés Café vol 6

2005 : Dj Cam "My playlist" (Wagram)

2005 : Return to Paradise (Sony/Bmg)greece

2005 : After Sunset Grooves (Moda)italy

2005 : Sanseverino "on aime on aide" Fnac

2006 : Stéphane Huchard "Bouchabouches" (Nocturne)

2006 : Jean Pierre Gallis "The Song Seeker" (Nocturne)

2006 : Disiz La Peste "Histoires extraordinaires d'un jeune de banlieue" (Barclay/Universal)

2006 : Rendez Vous Lounge 2 (rendez vous entertainment) Usa

2006 : Wise "Metrophone" (Such/Naive)

2006 : Tassel&Naturel selected by Dj Reg "Diamond suite" (Seven Islands records/Nocturne)

2006 : Alexandre Tassel/ Christian Brun "Nostomania" (Seven Islands/Nocturne)

2006 : St Germain des Prés Café vol 8 (Wagram)

2006 : Manu Katché "Grévin" by Manu Katché

2007 : Tassel&Naturel "Food for thought" (Seven Islands/Nocturne)

2007 : Bouncer Crew (Inflamable/Nocturne)

2007 : Peeda "" (Barclay/universal)

Catégories :








Alex Tassel Electro Sextet

Concert donné à Rennes le jeudi 7 novembre 2002 à la Maison des Jeunes et de la Culture de Bréquigny, dans le cadre du festival " Jazz à l'Ouest " 2002, organisé par la MJC.

Alexandre Tassel (flg), Laurent de Wilde (elp), Daniel Romeo (elb), Stéphane Huchard (d), Guillaume Naturel (ts, fl), DJ Cam (platines).

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Alex Tassel par Stéphane Barthod

Depuis Eric Le Lann en 1989 à Rennes et Miles Davis en 1990 à Saint Brieuc, je n'avais plus été à un concert d'un trompettiste branché sur le secteur. C'est dire si ce concert d'Alex Tassel représentait pour moi la grande aventure ! Depuis, j'ai appris que le sieur Tassel est breton, cousin d'Eric Le Lann. Bref, un bon gars bien de chez nous.

Pour commencer, un morceau tiré de Bitches Brew enchaîné avec un morceau d' In a silent way. Peu étonnant, car ce concert est un hommage à Miles Davis. D'où des sonorités qui répondent à mes souvenirs de Miles et de Le Lann, le grand cousin breton d'Alexandre, il y a plus de dix ans déjà. Daniel Romeo avec sa petite taille, son petit bonnet rouge, ses petites lunettes cerclées a l'air d'un Schtroumpf bassiste. Avec Huchard, il forme la rythmique la plus funky, la plus groovy que j'ai entendu depuis Sonny Thompson et Michael Bland avec Prince sur la scène de Paris Bercy le 1er septembre 1993. Ca date et de toute façon Sonny T et Michael B me faisaient mal au ventre tellement ils pulsaient. On n'en est pas là mais ça vous donne une idée, ami lecteur. Le DJ ponctue la musique de façon intelligente. Il n'est pas présent par effet de mode. Le bassiste a un son plus grand, plus gros que lui, c'est vraiment impressionnant. Il a beaucoup écouté Jaco Pastorius, bonne référence pour un bassiste. Guillaume Naturel prend un solo shorterien en diable sur Shhh. On est vraiment dans l'ambiance davisienne du tournant de 1969-70. Ca peut faire découvrir cette musique à certains jeunes auditeurs.

S'ensuit Edward K de Laurent de Wilde qui je suppose est un hommage à Edward Kennedy Ellington dit "The Duke". John Lewis avait lui écrit un Maestro E.K mais dans un autre style. Ici, il s'agit d'une sorte de course poursuite entre rythmique et cuivres ponctuée par le DJ.

Une petite ballade pour calmer le jeu. Les cuivres introduisent puis s'effacent. Le son du bugle de Tassel est très pur, très éthéré. Puis vient un duo basse/flute traversière, gravité contre légèreté, ponctué par les saccades du Fender Rhodes.

Une autre ballade s'annonce, par le duo bugle/clavier. Le groove est tellement bon que j'ai l'impression d'être le Surfer d'Argent alors que je suis assis sur mon fauteuil. Tassel joue du bugle avec la pédale wah wah. J'ai l'impression quil est reparti dans du Miles des 70's mais cette fois-çi je ne retrouve pas le titre.

Rappel

Alexandre Tassel revient seul sur scène. Il travaille beaucoup sa sonorité avec des effets d'écho, de réverbération. C'est Jean-Pierre, la fameuse berceuse de Miles Davis. Les autres musiciens reviennent progressivement. De Wilde, cigarette aux lèvres, se prend pour Stevie Wonder et joue un solo de guitare aux claviers. Naturel prend la suite au saxophone ténor accompagné du DJ. Quelques jeunes gens dansent devant la scène. Spectacle rare dans un concert de Jazz.

J'ai beaucoup aimé cette musique sur l'instant du concert. Après réflexion, je me suis demandé si le dernier cri de la modernité en jazz consistait à jouer ce que faisait Miles Davis il y a plus de trente ans ? Et puis, après tout, Alexandre Tassel est né en 1975. Il n'a connu cette musique que par les disques. Il se fait plaisir et en procure à son public en la jouant aujourd'hui. Il finira bien par trouver sa voie personnelle. Comme les peintres toscans de la Renaissance, les jazzmen d'aujourd'hui ne doivent ils pas s'imprégner des œuvres de leurs aînés avant que de créer la leur ?

Guillaume Lagrée












Alex Tassel, trompettiste, bugliste et compositeur, né en mars 1975. Il débute la musique par des études de piano classique, mais après une rencontre marquante avec le trompettiste Eric Le Lann, s'oriente vers le jazz et apprend la trompette en autodidacte, écoutant des disques de Chet Baker, Miles Davis, Clifford Brown...
A son arrivée à Paris, il ne manque pas une occasion de faire le boeuf, et fonde le collectif "Nuit Blanches" au Petit Opportun, où de nombreux jeunes et moins jeunes musiciens se retrouvent pour jouer ensemble, sur un répertoire à chaque fois différent... Une sorte de "laboratoire musical" qui a permis à de nombreux talents [Alex Tassel, Olivier Temime, Baptiste Trotignon...] d'éclore.

Avec le saxophoniste Guillaume Naturel, rencontré lors des Nuits Blanches, il co-fonde le Paris Jazz Quintet, avec Franck Avitabile au piano, Gildas Scouarnec à la contrebasse et André Ceccarelli ou Dré Pallemaerts à la batterie. Ils ont enregistré un album du même nom, sorti en 2001 sur le label suisse TCB Records.

::: INTERVIEW - 21 01 2002 :::

Le Paris Jazz Quintet

Alex Tassel: "Le Paris Jazz Quintet est né de la rencontre avec Guillaume Naturel, Franck Avitabile... aux "Nuits blanches" du Petit Opportun... Comme Olivier Temime jouait dans mon quintet, et que moi je jouais dans son groupe, cela faisait un petit peu double emploi, et j'ai eu envie de monter une nouvelle formation.
J'ai donc appelé Guillaume, qui était très motivé. Il écrivait aussi beaucoup de musique, et on s'est rendu compte rapidement que le répertoire était autant le sien que le mien. On était assez d'accord sur la musique qu'on écrivait, sur l'esthétique et comme on s'entend bien et qu'on aime bien travailler ensemble, on a décidé que ce soit notre groupe à tous les deux, et puis aussi avec Franck qui fait partie du noyau dur."

Guillaume Naturel: "Quand on a commencé, il y a environ deux ans, on ne savait pas du tout où on allait, on avait envie de faire des choses, de faire un disque... et on avait décidé de se réunir, je crois, une fois par semaine, pour essayer de faire le bilan des opérations, dans un petit bar vers Stanlingrad. Puis on a trouvé un ou deux concerts, et un jour, notre ami Peter Schmidlin [TCB Records] est venu nous voir jouer au Sunset. A la fin du concert il nous a demandé si on avait envie d'enregistrer un disque, et on a dit oui !"


L'album "Paris Jazz Quintet" sur lequel vous signez, Alexandre et Guillaume, les compositions...

Alex: "On n'a pas eu de chance, parce que l'album a été bien accueilli par les media, hormis une critique mitigée... il était disque de la semaine à Fip, il passait en permanence sur TSF... malheureusement le disque n'était pas dans les bacs. Pour nous et pour Peter c'est du gâchis. Bien sur, le disque est là, on l'a fait, et on en n'est pas mécontent, mais il est resté plus que confidentiel."


Le collectif "Nuits Blanches" au Petit Opportun

Alex: "A l'époque, j'ai monté ça avec Loïc Richard, guitariste et Emmanuel Dupré, pianiste parce qu'on arrivait tous les trois de Normandie - j'y ai habité deux ans - à Paris, et quand le collectif Mu [Eric Prost, Gaël Horellou...] venait à Paris, on faisait le beuf souvent au Petit Opportun. Il y avait une bonne ambiance et ça durait souvent très tard. On a donc proposé au patron d'essayer de faire une soirée une fois par semaine. Dans un premier temps, on a fait des soirées hommages, revisitant le répertoire de Miles Davis, Freddy Hubbard, Cannonball Adderley, Wes Montgomery... Toutes les semaines, on relevait un disque et on jouait la musique. Ensuite, on a commencé à avoir des invités. C'est comme ça que j'ai rencontré Guillaume, d'ailleurs. On était vraiment entre nous, et on n'avait pas d'autre pression que de progresser. Il y avait vraiment une bonne émulation. C'était la possibilité de faire le boeuf sans avoir la crainte d'arriver en terrain inconnu. C'était une manière pour nous de préparer le terrain et de rencontrer des gens en leur faisant jouer un répertoire qui leur plaisait, et ça nous permettait de le pratiquer, de voir un peu comment ça allait se passer. C'était très agréable et on en a tous profité, ça nous a permis de rencontrer d'autres musiciens, de créer des groupes..."


Les Nuits Blanches aujourd'hui ?

Alex: "Quand, avec Olivier Temime, Baptiste Trotignon, etc. on a commencé à monter nos groupes et donc à jouer beaucoup ailleurs, il y a quelques personnes du collectif qui ont continué, mais malheureusement c'est devenu assez rapidement un prétexte à gig. Ils finissaient par jouer leur répertoire, toutes les semaines les mêmes morceaux. J'aurais souhaité que ça continue, même si c'était un tremplin pour les jeunes musiciens, et - on en parlait dans le train tout à l'heure avec Guillaume -, on aurait encore envie de le faire aujourd'hui. Parce que je crois qu'il faut avoir l'énergie et l'envie profonde de le faire. Parce que malgré tout, il fallait préparer un répertoire, prendre des risques en jouant avec des musiciens qu'on ne connaissait absolument pas, dans des styles différents... Avec Guillaume, la première fois qu'on a joué ensemble, on a choisi un répertoire de Bill Evans, d'un disque magnifique mais très compliqué, qui s'appelle "We will meet again". Ca tranchait complètement avec tout ce que j'avais pu faire avant, et même si harmoniquement ce n'était pas plus moderne, c'était une autre esthétique et ce n'était pas si évident. En même temps, le fait de prendre des risques ça crée une complicité, parce que tous les deux on s'est retrouvé à travailler ce répertoire, et on s'est rendu compte qu'on avait beau avoir 10 ou 15 ans de différence d'âge, on était attiré par le même répertoire et on éprouvait les mêmes difficultés, on se posait les mêmes questions... Et c'était tout l'intérêt des Nuits Blanches, rencontrer des personnes avec qui on n'avait pas forcément l'habitude de jouer et jouer de la musique qu'on n'avait pas non plus forcément l'habitude de jouer. Ca m'a permis de jouer avec des musiciens incroyables comme George Brown, d'une autre culture, d'une autre génération et d'avoir une grande complicité avec ces musiciens. C'était une super expérience."


Vous avez tous les deux un peu la même "histoire" musicale, c'est à dire que vous avez fait des études classiques sur un instrument, et puis à un moment donné vous vous êtes mis au jazz et vous avez appris en autodidacte un autre instrument...

Guillaume: "Oui, j'ai commencé par le violoncelle, je jouais du classique, Jean-Sébastien Bach... J'aime d'ailleurs toujours beaucoup Bach, c'est pour moi le plus grand compositeur de tous les temps. Après, à l'adolescence, j'ai un peu arrêté, j'ai fait un an de guitare... et puis un jour j'ai rencontré un copain qui écoutait Django Reinhardt, Charlie Parker... et je me suis mis au saxophone. J'étais attiré par cet instrument..."

Alex: "Je jouais du piano classique, et j'étais voué à commencer à en faire vraiment sérieusement parce que je ne voulais pas faire d'études supérieures autres que musicales. Mes parents voulaient que je passe le DE, le CA... J'étais assez réfractaire, et je commençais à jouer des morceaux de jazz que j'avais appris à la manière classique, comme "Satin Doll" ou "New York, New York"... Et un jour, je jouait "Satin Doll" dans un magasin de piano à Lorient, quand un trompettiste s'est mit à jouer dessus et à improviser, et là j'ai commencé à avoir des sueurs froides ! C'était Eric Le Lann ! On a discuté, et il m'a expliqué que le jazz c'était beaucoup plus intéressant que ça, que c'était la liberté. J'ai commencé à aller l'écouter quand il venait jouer dans le coin, et voilà. J'ai arrêté le piano, acheté une trompette, et j'ai commencé à faire le boeuf et à aborder la musique d'une autre manière, complètement autodidacte. J'ai appris à jouer vraiment à l'oreille, et quand j'ai commencé à écrire de la musique, je me suis intéressé à savoir ce qu'était l'harmonie, comment marchaient les accords... et je m'y suis beaucoup plus retrouvé, à essayer d'aborder la musique d'une manière plus instinctive."


Le jazz...

Alex: "Ce que j'aimais dans le classique, c'était interpréter, et dans le jazz ce qui est super, c'est que tu interprètes une mélodie que tu crées, avec une marge de manoeuvre beaucoup plus importante que dans le classique. Tu as la surprise de ce qui va sortir de ton instrument au moment où tu joues - ça peut être très mauvais comme très bon ! et parfois tu as le bonheur d'arriver à raconter quelque chose dans l'idée qui vient. C'était ce que j'avais envie de faire. Quelque soit d'ailleurs le style de musique. Avec Guillaume, on travaille avec DJ Cam. Il y a un disque qui sort en avril chez Columbia, c'est plus new soul avec certaines influences de Miles électrique. C'est très différent. Je travaille aussi avec Laurent De Wilde, et là, c'est électro-jazz. Donc, les styles, les harmoniques et rythmiques sont différents, mais le principe est le même. Je joue strictement de la même manière. C'est une forme de liberté. Pour moi, la vérité, l'intérêt de cette musique, c'est que j'essaye de jouer ce qui me vient à l'oreille. C'est ce qui m'a plu vraiment dans le jazz, la possibilité de jouer les choses qui te viennent à l'idée et de développer la manière de jouer de l'instrument en fonction de ça. Plus ton oreille évolue, plus tu entends des choses différentes, plus tu cherches sur l'instrument une manière différente de jouer. C'est l'évolution la plus naturelle possible."


La promotion du groupe, les concerts...

Guillaume: "On n'a pas grand chose de prévu. En fait, il nous manque un maillon à la chaîne, l'agent. C'est une formule, où il n'y a pas "de grandes stars", et le jazz reste quand même une musique que tout le monde n'écoute pas... Ce sont des choses qui s'accumulent pour faire qu'un agent ne s'y intéresse pas. Il faudrait qu'il y ait un travail de fond qui se fasse sur un certain temps."

Alex: "Il aurait fallu que le disque ait une existence. Qu'on soit au Django d'Or, quelque chose comme ça. Peter a fait le travail de producteur dont on rêve tous. Musicalement, il est très compréhensif, il nous laisse toute latitude pour faire exactement ce qu'on veut, et c'est un directeur artistique en acier blindé. A tous points de vue, tout s'est passé idéalement. Mais ce qui fonctionne pour un programmateur de festival ou de salle, ce qui rend crédible un disque, c'est qu'il ait une page de pub dans Jazzman, dans Jazzbreak... Ce qu'on a eu, c'est un disque qui a été bien reçu par la critique, c'est à dire un encart de cinq lignes dans un magazine. Pour Jazz à Vienne, Nice ou Antibes... on n'existe pas !
Aujourd'hui, pour aller jouer dans les festivals, il faudrait présenter le quintet comme un semi "all stars" band - sans aucune prétention - avec les noms et le curriculum vitae de chacun. On aurait peut être un peu plus de chance de jouer quelque part.
Je ne me plaint pas, j'ai du travail, je joue dans des groupes qui me plaisent, mais c'est quand même étonnant d'avoir une semi heure de gloire - un article dans le monde, dans libération, passer au journal de France 2, faire des directs sur Radio France - et en même temps de ne pas exister du tout. Je ne sais pas ce qui pourrait être le déclencheur autre qu'une production qui décide d'investir dans le groupe et de faire de la pub sur les disques..."


Les projets du Paris Jazz Quintet

Alex: "On a plusieurs projets, et on va voir avec Peter comment on peut les réaliser. D'une part, on aimerait bien essayer de faire un disque avec le quintet et un orchestre à cordes, et puis peut être aussi enregistrer un autre disque en quintet mais avec une rythmique américaine, pour essayer de lui donner une dimension "internationale". Ce n'est pas uniquement une question de business, c'est une question de choix artistique. J'ai toujours rêvé de jouer avec des gens comme Charlie Haden ou Buster Williams...
L'intérêt de connaître et de travailler avec Peter c'est qu'il a un catalogue génial, qu'il connaît énormément de musiciens et qu'il travaille à l'ancienne. Je crois qu'on peut mettre à profit tout ça pour que ça ne soit pas qu'un aller retour à New York pour enregistrer, mais essayer, au même titre qu'on a fait avec les Nuits Blanches, de trouver une unité. Chaque fois que j'ai travaillé avec des musiciens américains, comme les quelques concerts que j'ai fait avec Archie Shepp ou des gens comme ça, ça s'est toujours très bien passé. Donc c'est encourageant, et puis à mon sens, d'enregistrer avec des musiciens américains, de jouer avec des musiciens étrangers - d'ailleurs pas forcément américains - c'est peut être tout simplement une manière de dépasser le cadre hexagonal. Il n'y a pas que la France, et rien ne nous empêche de faire des choses à l'étranger, avec des musiciens étrangers. Tout Paris Jazz Quintet qu'on soit, on joue avec un batteur belge, on a enregistré en Hollande, on est sur un label suisse, on vend quelques disques au Japon et le seul concert qu'on a en France c'est sous la houlette des suisses !"


Les autres projets...

Alex: "Avec Guillaume, on est en train de travailler sur un disque qui n'a strictement rien à voir avec ce quintet. Je fais de la programmation, je joue du Fender, de la trompette..."

Guillaume: "Je crois qu'on a envie de faire une musique un peu plus large qu'on pourrait entendre à la radio, facilement, et non pas dans le créneau jazz de 18h00 à 18h30 le vendredi."

Alex: "On a enregistré le disque avec Cam [produit sur son label et en licence chez Columbia/Sony] et ça m'a donné envie de prendre mon ordinateur et de commencer à bidouiller un peu. Guillaume est venu à la maison et on a commencé à écrire et à arranger des morceaux. L'idée de base, ce sont des machines et des cuivres, arrangés, réarrangés... On l'a fait écouter à Cam qui a bien aimé et nous a proposé de produire le disque sur son label.
Dans l'immédiat, pour le quintet, tant qu'on ne saura pas réellement si oui ou non on va faire un deuxième disque, si on va monter un dossier avec la MFA pour enregistrer avec des cordes... je suis incapable de me mettre au piano et d'écrire sans savoir combien il y aura de musiciens, etc... Et je n'en vois pas l'intérêt puisque si j'écris quelque chose maintenant et qu'on l'enregistre dans un an, pour moi ça sera peut être dépassé, et je ne n'aurais plus envie de le faire. Mais je crois qu'il ne faut surtout pas attendre que les choses se fassent d'elles-mêmes, quitte à être complètement producteurs. En ce moment on est en train de produire des projets beaucoup plus grand public, avec évidemment dans l'idée de gagner de l'argent et de pouvoir monter notre propre label pour produire ou co-produire nos propres disques avec Peter. Pour être complètement maîtres de ce que l'on fait parce que c'est trop rare de rencontrer des gens comme Peter, qui n'ont pas forcément la vie facile. Ce n'est pas évident pour lui de tenir un label avec un catalogue comme le sien qui est génial, de continuer à jouer de la musique et d'avoir des distributeurs qui ne soient pas forcément des escrocs et qui soient motivés par le catalogue. Je suis extrêmement fier de faire partie de ce catalogue. Produire, c'est éventuellement une solution pour continuer à exister, pas uniquement en tant que sideman. Pour continuer à pouvoir jouer ensemble, écrire de la musique et puis, "provoquer" tout le monde, les journalistes, les producteurs... c'est ce que j'ai fais avec mes deux premiers disques, sans quoi je n'existerais pas."


Franck Avitabile s'est joint à la conversation et nous parle brièvement de son actualité...

Franck: "Je joue beaucoup avec mon trio [Louis Petrucciani, contrebasse - Franck Aguhlon, batterie). On a des dates dans des festivals en Belgique, en Suisse, en Espagne, et des concerts en France aussi. Le nouvel album, "Right Time", sorti chez Dreyfus a été très bien accueilli par la presse française et la presse internationale, et je suis très content.
J'ai trois groupes régulier qui sont importants et où je m'investi vraiment musicalement. Mon trio, le Paris Jazz Quintet et le Christian "Ton-Ton" Salut Quartet. Ce sont trois styles complètement différents, trois esthétiques très différentes et j'apporte un peu la couleur que je peux avoir en trio ou en quartet dans le quintet et vice versa. Et puis le fait d'avoir vraiment trois projets précis, plus les autres choses qui sont plus ponctuelles, ça me permet d'avoir une esthétique personnelle. Je pense que c'est aussi pour ça qu'Alex m'a appelé. Je ne veux pas être un clône de Kenny Baron, même si je respecte beaucoup ce pianiste ou d'autres pianistes d'ailleurs, mais j'essaye d'avoir une identité, alors je sais que c'est un peu présomptueux parce que je suis un peu jeune... mais en tout cas c'est ce vers quoi je tends.
Dans le Paris Jazz Quintet, il y a des passerelles entre les musiciens. J'ai fait des concerts avec Guillaume Naturel, en trio je joue avec Dré de temps en temps et avec Alex on a fait le quintet avec Temime, donc c'est quand même des gens avec qui on a l'habitude de travailler et on s'entend très bien. Musicalement on sent qu'il y a des affinités et ça c'est génial. Parce que c'est quand même le plus dur, d'arriver à trouver des musiciens avec lesquels ça puisse coller."

Alex: "C'est un choix de jouer avec des musiciens avec qui on a des affinités, ce qui n'est pas automatiquement le plus facile. Parce que évidemment, ça serait plus facile de monter un groupe avec des "stars", et ça serait "un succès garanti", puisque cela ce vendrait mieux... mais peut être moins intéressant, parce que, même si on ne fait pas beaucoup de concerts, on travaille ensemble depuis plusieurs années, et on arrive parfois à prendre du plaisir en jouant et j'espère que ça va durer."















Tassel & Naturel


"Se surprendre à chaque fois"


Vous ne les connaissez peut-être pas encore, mais ils ont joué aux côtés des plus grand jazzmen. Depuis deux ans, Alexandre Tassel et Guuillaume Naturel ont monté un projet électro-jazz-soul baptisé Fillet of Soul. Des expérimentations qui groovent, avec des invités prestigieux comme Manu Katché, Dj Cam ou Laurent De Wilde. Leur actu ce printemps, c'est une tournée en France… et un nouvel album, promis pour bientôt.

propos recueillis par Olivier Sibille | le 02/05/2006


Photo © DR

« Dj Cam nous a proposé de produire notre album dans cette lignée, une sorte de mélange de jazz, soul et électro »

On vous a découvert avec 2 albums, entre jazz, soul et électro. En quelques mots, quelle est l'idée de départ du concept Fillet of Soul ?

Alexandre : le départ, c'est ma rencontre avec Dj Cam pour sa tournée de 2000 Loa Project. Lorsque Cam a envisagé de réaliser un album plus instrumental, il m'a demandé de m'occuper du casting des musiciens. Je lui ai présenté Guillaume puis Eric Legnini, Daniel Romeo et Laurent Robin. Nous avons alors réalisé tous ensemble un album, Soulshine. Et, puis, dans la foulée, comme on avait adoré travailler ensemble, Cam nous a proposé de produire notre album, dans cette lignée, une sorte de mélange de jazz, soul et électro.

Mais ce qui est étonnant, c'est que vous avez tous les deux des parcours de jazzmen très classiques. Qu'est ce qui vous amené sur ce terrain plus électronique ?
Guillaume : La possibilité de maitriser chaque source qui rentre dans la musique qu'on crée. L'ordinateur est un instrument formidable pour y arriver.
Alex : une toute autre manière d'aborder le son d'un groupe et de placer les instruments dans l'espace, d'essayer d'aller plus à l'essentiel avec plus de temps pour développer la musique. Cela est très utile dans un contexte purement jazz. Enfin, j'avais tout simplement l'envie de découvrir d'autres univers musicaux !

« On laisse une grande place à l'improvisation ce qui nous donne des concerts très différents en fonction des lieux, de l'ambiance, du public, des lumières... »


Comment d'autres musiciens comme Dj Cam, Laurent De Wilde ou Manu Katché, ont débarqué dans ce projet ? Participent-ils au processus créatif ?
Alexandre : Cam, comme je l'ai dit, est le déclencheur de toute cette aventure. Laurent de Wilde, lui, Guillaume le connaissait depuis longtemps ; moi je l'ai rencontré dans son groupe électro puisque j'y ai joué régulièrement en 2001 2002. C'était naturel que nous l'invitions à nous rejoindre sur ce projet. En ce qui concerne, enfin, Manu Katché, je fais partie de son quartet « Manu Katché Tendances ». Nous avons beaucoup joué avec ce groupe, on a vraiment sympathisé. De fil en aiguille, on travaillé sur quelques-uns de ses projets… et en retours il est venu nous rejoindre Fillet of Soul opus 2 et figurera sur notre projet disque, entre autres sur un morceau avec Marcus Miller, Eric Legnini et Laurent de Wilde.
Guillaume: En ce concerne le processus créatif, tout se passe entre nous deux dans notre studio. En effet, nous sommes tous deux multi-instrumentistes. Ce n'est qu'ensuite que chaque musicien amène sa personnalité et son son. L'écriture, l'enregistrement et le mixage se font aussi à deux, chez nous.

Et votre public, quel est-il ? Fans de jazz ou venus de la sphère électro ?
Alexandre : un subtil mélange des deux, qui varie en fonction de chaque salle où on a l'occasion de se produire.
Guillaume : et comme on vend plus de disques à l'étranger qu'en France, le public ici est peut être plus un public jazz ?

Vous êtes actuellement en tournée. L'interprétation des morceaux sur scène est-elle différente ? Plus de place à l'improvisation ou bien tout est-il réglé au millimètre ?
Guillaume : Surtout pas réglé au millimètre ! On laisse une grande place à l'improvisation ce qui nous donne des concerts très différents en fonction des lieux, de l'ambiance, du public, des lumières...
Alex: Oui, on essaye de se surprendre à chaque fois. On a vraiment basé le set live sur l'écoute entre les musiciens, laissant la parole aux plus inspirés quand ils le désirent…

« c'est vrai qu'on se rapproche plus d'un son Blacksploitation que d'un son purement électro »

A la sortie du disque, l'an dernier, vous avez fait une date au Nouveau Casino, à Paris, puis plus rien. Cela vous manquait de retrouver la scène ?
Alex: on a énormément travaillé en studio avec Cam pour un nouvel album. On a aussi collaboré avec Wise et Disiz La Peste. J'ai également enregistré un duo avec Christian Brun, puis un quatre-titres avec
Sanseverino… sans oublier les tournées avec Manu Katché et les concerts ! Donc c'est un constant mélange entre studio et scène. Evidemment, plus on joue avec ce groupe, plus on est heureux !
Guillaume : oui, c'est toujours un plaisir de se retrouver et de jouer ensemble et bien sur ça manque quand ça n'arrive pas.

Et actuellement, vous préparez un 3ème album ? C'est facile d'être en studio et d'assurer les concerts de la tournée en même temps ?
Guillaume : c'est beaucoup de travail, mais on se relaye aussi. Quand l'un est en tournée, l'autre continue à avancer au studio, et c'est très agréable car c'est deux exercices très différents et complémentaires.

On a senti des évolutions entre les deux albums. Un peu moins d'électronique, plus d'instruments… Cela va-t-il se confirmer sur le 3ème album ?
Guillaume : effectivement, on a pris une direction beaucoup plus nu soul pour l'opus 3 de Fillet of soul. Voix chantées et rappées, instruments plus acoustiques, en gardant quand même des programmations pour certains morceaux. Mais c'est vrai qu'on se rapproche plus d'un son Blacksploitation que d'un son purement électro. En même temps, paradoxalement, et c'est amusant, nous avons produit une compile plus électro qui devrait sortir très rapidement (ndr : sortie prévue en juin) !
Alex : c'est notre mélange à nous...


On parle beaucoup de crise du disque en ce moment. Comment un petit label et une petite formation peuvent-ils s'en sortir ?
Guillaume : en travaillant énormément. On est en même temps producteurs, musiciens, sideman de jazz, ingénieurs du son, chefs d'entreprise… et pères de familles... :) On a la chance de vendre aussi quelques
disques et de beaucoup travailler sur d'autres projets (avec Dj Cam, Jmdee, Dj Reg, Manu Katché, Ernesto Tito Puentes).

Et je vous laisse le mot de la fin…
Alex : c'est un bonheur de faire de la musique et de la faire partager aux autres. Pourvu que ça dure !





















26/02/2008
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