Alain YVER

Alain YVER

AMELIE NOTHOMB

AMELIE NOTHOMB


       



AMELIE NOTHOMB
http://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9lie_Nothomb


   « Issue d'une famille de la petite aristocratie où la politique et la littérature ont toujours fait bon ménage, [elle] a atteint, pratiquement depuis son premier récit Hygiène de l'assassin (1992), un lectorat que n'ont jamais connu ses ancêtres. Sa production oscille entre les textes à contenu plus ouvertement autobiographiques comme Le Sabotage amoureux (1993) ou Stupeur et tremblements (1999) et des récits plus fictionnels tels Mercure (1998) ou Les Combustibles (1994), une pièce de théâtre. Chez cette écrivain, une forme de cruauté se mêle à un romantisme qui plonge dans l'univers actuel. »
        — Marc Quaghebeur, Anthologie de la littérature française de Belgique, entre réel et surréel[2]

Les Nothomb font donc partie de l'aristocratie belge et plusieurs de ses ancêtres se sont illustrés dans la vie politique et culturelle (Charles-Ferdinand Nothomb notamment). Fille du baron Patrick Nothomb, ambassadeur de Belgique, elle séjourne ainsi au Japon, qui fait sur elle une profonde impression, en Chine, aux États-Unis (New-York), en Asie du Sud Est (Laos, Bangladesh, Birmanie). Elle ne découvre la Belgique, le « pays du chocolat blanc », qu'à l'âge de 17 ans. Elle y finit ses humanités à l'Institut Marie Immaculée Montjoie à Uccle pour ensuite entamer des études de philologie romane à l'Université libre de Bruxelles.

Depuis 1992, elle publie chez Albin Michel un livre par an soit dix-sept romans à ce jour. Son premier roman aurait dû être publié chez Gallimard, maison avec laquelle elle avait entamé une collaboration, mais Philippe Sollers, alors directeur de collection, refusa Hygiène de l'assassin. Amélie Nothomb se tourna alors vers Albin Michel, qui publie toujours ses romans.[3] Avec une régularité notoire : « Tous les ans, à la rentrée, il y a deux évènements majeurs: les vendanges et la sortie du Nothomb. Cette année, le raisin est en avance, mais l'Amélie est à l'heure »[4]. Ses écrits sont traduits dans trente-sept langues à travers le monde[5].

Amélie Nothomb suscite la polémique. En effet, elle compte de très nombreux fans, mais aussi de violents détracteurs: « C'est que mademoiselle Nothomb n'a pas que des admirateurs, mais aussi quelques détracteurs qui lui reprochent ceci et cela, et notamment sa célébrité. (...) Elle est devenue, par les hasards des interviews, un mythe ». Mais l'auteur se défend : « Je suis ce que je peux être. Je ne maîtrise pas ce que je suis et encore moins les regards que les autres posent sur moi »[6]. Certains tentent de la tourner en dérision, en partie à cause de son goût pour certains fruits pourris, largement médiatisé[7], de ses chapeaux et de ses déclarations parfois farfelues, mais aussi à cause de son origine sociale, de son style d'écriture, de ses thèmes de prédilection.
Le Mont Fuji, symbole du Japon, a un rôle prédominant dans Ni d'Ève, ni d'Adam

Amélie Nothomb raconte une partie de son enfance dans ses romans Métaphysique des tubes, Le Sabotage amoureux et Biographie de la faim. Fille du diplomate Patrick Nothomb, cette enfance est rythmée par d'incessants déménagements au gré des affectations paternelles. Née au Japon, elle y passe les cinq premières années de sa vie. C'est un pays auquel elle restera viscéralement attachée et pour lequel elle gardera toujours une immense admiration.

Notamment à cause de sa gouvernante japonaise Nishio-San qu'elle considérait comme sa seconde mère, elle vit son départ du Japon, « pays de la beauté », pour la Chine, « pays de la laideur », comme un exil et vit les autres déplacements familiaux comme autant de déracinements successifs. Mais aussi comme « un nomadisme culturel qui décuple sa curiosité et renforce sa précocité »[8]. Elle raconte notamment, avec beaucoup de drôlerie et de second degré mais aussi de justesse, dans Biographie de la faim, comment elle a plongé, avec sa sœur Juliette, dans les livres, la potomanie, l'alcool infantile et l'anorexie. Adulte, son diplôme de philologie romane en poche, Amélie Nothomb retourne au Japon pour y travailler comme interprète (elle maîtrise le japonais, du moins oralement) et songe à s'y installer définitivement. Elle entre dans une grande entreprise japonaise, dans laquelle elle restera un an. Après cette expérience, désastreuse à plusieurs égards, qu'elle romance dans Stupeur et tremblements[9], elle rentre en Belgique et envoie le manuscrit de Hygiène de l'assassin à de nombreux éditeurs. Elle publie Hygiène de l'assassin chez Albin Michel, en 1992. C'est le début d'un succès phénoménal. Tous ses livres sont des best-sellers.

En 2004, elle en était à son 53e manuscrit. Elle dit écrire près de trois romans par an pour n'en publier qu'un seul : « J'écris 3,7 romans par an, c'est un rythme, je l'ai constaté après coup. Ceci dit, n'allez surtout pas imaginer que tous ces romans sont bons. Il y a une énorme proportion de romans ratés dont il est hors de question que je les publie »[10], « L'immense majorité [de ses manuscrits] restera dans des caisses et n'en sortira pas. Je veillerai à me protéger suffisamment pour cela »[11]. Se disant également « enceinte de ses romans », Amélie Nothomb dit écrire depuis l'âge de dix-sept ans[12].

Entre 2000 et 2002, elle écrit sept textes pour la chanteuse française Robert. Elle romance la vie de la chanteuse dans Robert des noms propres, paru en 2002.








Amélie Nothomb
Bibliographie / Biographie. Qui est Amélie Nothomb ?

Fabienne Amélie Nothomb, de nationalité belge, est née le 13 août 1967 à Kobé (Japon). Elle est la fille du baron Patrick Nothomb, écrivain et ambassadeur de Belgique au Japon, issu d'une grande et ancienne famille bruxelloise. Elle passe les cinq premières années de sa vie au Japon puis voyage ensuite pendant toute son enfance, séjournant au gré des nominations de son père en Chine, au Laos, en Birmanie et au Bangladesh. Son roman Métaphysique des tubes (2000) ainsi que d'autres livres comme Le Sabotage amoureux (1993), Biographie de la faim (2004) et Ni d'Eve ni d'Adam (2007), en partie autobiographiques, relatent certains moments de cette enfance voyageuse.
À dix-sept ans, Amélie Nothomb rejoint la Belgique pour suivre des études de philologie romane et de Grec / Latin à l'Université Libre de Bruxelles. Adolescente déracinée imprégnée de culture asiatique, elle souffre alors du choc brutal avec la culture occidentale. Elle éprouve un profond sentiment de solitude et connaît divers troubles du comportement alimentaire qu'elle relatera ensuite avec un certain humour dans son oeuvre: anorexie, boulimie, potomanie, alcoolisme, etc. "J'ai éprouvé une solitude totale, parce que j'étais incapable de communiquer avec les jeunes Occidentaux; je suppose que c'est en raison de ce malaise que j'ai commencé à écrire", dira-t-elle plus tard.
À 21 ans, agrégation gréco-latine en poche et parlant couramment le japonais, Amélie Nothomb retourne à Tokyo où elle devient interprète pour une grande entreprise nippone. Elle y restera une année et racontera cette expérience du monde du travail et de l'entreprise dans Stupeur et Tremblements, un roman drôlatique publié en 1999 qui sera couronné du Grand Prix de l'Académie française et se vendra à plus de 500.000 exemplaires. Le livre sera adapté au cinéma en 2003 par Alain Corneau, avec Sylvie Testud dans le rôle principal. Avant ce best-seller qui la fait connaître dans le monde entier, elle a déjà publié plusieurs livres à succès, dont notamment son premier roman, Hygiène de l'assassin (1992, Prix René-Fallet et Prix Alain-Fournier, adapté sur grand écran en 1999). Pour la petite histoire, le manuscrit fût à l'époque refusé par Philippe Sollers chez Gallimard avant d'atterrir chez Albin Michel qui deviendra sa maison d'édition attitrée.
Ce premier opus est suivi de Le Sabotage amoureux (1993, Prix de la Vocation, Prix Alain-Fournier et Prix Jacques Chardonne), Les Combustibles (1994, pièce de théâtre), Les Catilinaires (1995), Péplum (1996), Attentat (1997) et Mercure (1998). Après Stupeur et Tremblements (1999) paraissent successivement Métaphysique des tubes (2000), Cosmétique de l'ennemi (2001), Le Robert des noms propres (2002, une vie romancée de son amie chanteuse Françoise Robert, pour qui elle a également écrit sept chansons), Antéchrista (2003), Biographie de la faim (2004), Acide sulfurique (2005), Journal d'hirondelle (2006), Ni d'Eve ni d'Adam (Prix de Flore 2007) et Le Fait du prince (2008).
Amélie Nothomb est également l'auteur de récits, nouvelles et contes publiés en revue ou dans des ouvrages collectifs, dont entre autres Electre (1996), Le Mystère par excellence (1999), Brillant comme une casserole (1999), Le Hollandais ferroviaire (2000), Aspirine (2001), L'Entrée du Christ à Bruxelles (2004) ou encore Les Champignons de Paris (2007).
Écrivant depuis l'âge de dix-sept ans, Amélie Nothomb se définit elle-même comme une une "graphomane", une "malade de l'écriture" qui écrit au moins quatre heures chaque matin et est en permanence enceinte de ses romans. Auteur d'une quarantaine de livres publiés, au moins autant de textes restent à ce jour inédits car ils sont selon elle "trop personnels". Depuis Hygiène de l'assassin, les romans d'Amélie Nothomb sortent régulièrement à raison d'un titre chaque automne. Ils sont pour la plupart tous classés au top des meilleures ventes en librairie et sont traduits dans près d'une quarantaine de langues.

http://www.republique-des-lettres.fr/10491-amelie-nothomb.php







Amélie Nothomb
Biographie  (EVENE)
http://www.evene.fr/celebre/biographie/amelie-nothomb-903.php

Issue d'une illustre famille bruxelloise, Amélie Nothomb découvre la Chine, New York, et l'Asie du Sud-Est lors des déplacements professionnels de son père, un ambassadeur belge. Née au Japon, elle reste profondément marquée par la culture nippone qu'elle porte dans son coeur et transpose dans ses écrits. Elle retourne en Belgique à l'âge de 17 ans et suit des études gréco-latines. En 1992, son roman 'Hygiène de l'assassin' est accueilli avec un énorme succès et se voit adapté sur grand écran. Frustrée de ne pas être restée au Japon, l'auteur y retourne et retranscrit cette expérience plus que déroutante dans 'Stupeur et tremblements', couronné Grand Prix de l'Académie française en 1999. Ce livre marque une période de retrait médiatique pour l'écrivain qui aime provoquer, puis est adapté au cinéma en 2003. Se définissant elle-même comme une 'graphomane malade de l'écriture', elle sort en moyenne un roman par an. Dans le 'Robert des noms propres', Amélie Nothomb romance la vie de son amie chanteuse, Robert. Elle publie ensuite 'Antéchrista' (2003), 'Biographie de la faim' (2004), 'Acide sulfurique' (2005), 'Journal d'hirondelle' (2006), 'Ni d'Eve ni d'Adam' (2007) et 'Le Fait du prince' (2008). Adulée, critiquée, marginale, Amélie Nothomb reste fidèle à ses idées, laisse vagabonder sa plume au gré des pages blanches et couche sur le papier des récits toujours plus originaux les uns que les autres.












ENTRETIEN
http://livres.fluctuat.net/amelie-nothomb/interviews/4631-entretien.html

Rendez-vous aux Editions Albin Michel, vendredi 28 septembre 01, en catastrophe et par une belle après-midi d'automne, pour interviewer la plus bestselleuse des auteures françaises.

- Lire la critique de Cosmétique de l'ennemi.

Nous aurions préféré qu'Amélie Nothomb réponde par écrit à une série de questions un peu débiles que nous lui avions faxées quelques jours plus tôt ; ainsi, nous espérions faire parler sa plume drolatique. Mais, comble de l'écrivain, elle n'avait pas le temps d'écrire ! Il fallait donc venir sur l'heure recueillir ses propos. Après avoir appelé toute l'équipe "livres" de Flu pour récolter une dizaine de questions pertinentes, je m'engouffre dans le métro, direction Montparnasse.

La dame était impérative au téléphone, mais se révèle exquise en compagnie. "J'écris comme je parle", me dit-elle. "Ça tombe bien" ne douté-je pas, en regardant, timide, mes genous, sur lesquels étaient disposés en vrac mes petits papiers.

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Fluctuat : Comment naît, chez vous, l'idée d'un nouveau roman ?

Amélie Nothomb : Alors là, il n'y a pas une méthode, il y en a 36.000. En tout cas ça se fait tout seul, ce n'est pas une chose que je suscite. Tout à coup, je me retrouve enceinte d'un livre - parce que je parle toujours de grossesse - sans l'avoir voulu... Jamais je ne cherche à être enceinte : ça, c'est un phénomène passif. Mais tout à coup, "boum", je me retrouve avec un roman entier dans la tête. Généralement, le déclencheur, c'est moins que rien ; ça peut être quelques mots que j'ai entendus prononcés par des quidams dans la rue, ça peut être une impression, une colère. Il n'y a vraiment pas de règles.

Flu : Dès que vous vous mettez à l'œuvre, toutes les phases de l'intrigue sont-elles déjà en place dans votre esprit ou avancez-vous à l'aveuglette ?

A.N. : Je dirais que c'est un mélange des deux. Généralement je sais où je vais, j'ai une idée de la cohérence du récit, mais souvent des étapes me manquent. J'écris le livre en partie pour savoir comment je vais en arriver là, pour résoudre un mystère finalement. Il y a aussi eu des cas - c'est très rare mais c'est arrivé - où je ne savais pas du tout où j'allais et où, en écrivant le livre, j'espérais le trouver. Là encore, il n'y a pas une méthode.

Flu : Raturez-vous beaucoup ?

A.N. : Dans ma tête, je rature énormément, parce que j'écris d'abord mes textes dans la tête, mais une fois que le texte atterri sur le papier, il n'y a plus de rature. Ceux qui voient mes manuscrits ont l'impression que c'est très facile pour moi ; ce n'est pas facile du tout en fait, mais c'est dans la tête que se fait le travail.

Flu : Vous est-il déjà arrivé de jeter un manuscrit terminé à la corbeille ?

A.N. : Non, absolument jamais. J'en garde énormément dans mes tiroirs, puisque j'ai dix manuscrits publiés et 30,5 manuscrits non publiés. Mais je n'en jette jamais aucun.

Flu : Et ils sont terminés ceux-là ?

A.N. : Tous. C'est pour ça que je recours toujours à la métaphore de la grossesse, elle est vraiment parfaite. Je n'ai jamais eu de fausse couche, tous ces bébés sont bel et bien nés. Il y en a certains que je ne veux pas montrer pour des raisons très diverses, mais en tout cas, ils sont tous terminés.

Flu : Vous déclarez volontiers que la culpabilité est une de vos obsessions. Ce thème est récurrent de livre en livre. N'est-ce pas en définitive le véritable et seul sujet de tous vos romans, jusqu'au dernier, cette histoire dialoguée d'un combat du "je" avec "l'autre en lui" qui rappelle la formule fameuse de Rimbaud ?

A.N. : La culpabilité est en effet l'un de mes thèmes importants, ceci dit, ça n'est certainement pas le seul, parce que si vous prenez en compte mes romans autobiographiques comme "Le Sabotage amoureux", "Stupeur et Tremblements et "Métaphysique des tubes", vous n'y verrez pas de trace de culpabilité. Et même dans d'autres de mes romans qui ne sont pas du tout autobiographiques, la culpabilité n'apparaît pas. Je pense qu'elle joue en effet un rôle direct dans mon oeuvre, mais peut-être pas dans la thématique. Le fait que je sois à 34 ans en train d'écrire mon 41ème manuscrit est significatif de ma culpabilité. Si je ne souffrais pas d'une culpabilité monumentale, en serais-je vraiment arrivé là ? Elle serait plutôt chez moi de l'ordre du moteur que de l'ordre de la thématique.

La formule de Rimbaud, qui est d'ailleurs citée dans le livre est évidemment fondatrice, sauf que je la complète. Dans le livre, j'ai simplifié en faisant "un autre soi", un peu comme Rimbaud, mais en vérité, je pense que "je" n'est pas un autre mais que "je" est 36 milliards d'autres. C'est toujours une imposture de dire "je" parce qu'on parle au singulier alors que ce devrait être un pluriel sans cesse plus nombreux.

Flu : Avec "Stupeur et tremblements" et "Métaphysique des tubes", vous puisez ouvertement dans votre mémoire. Mais on a souvent aussi cette impression que, comme dans "Cosmétique...", vous puisez en toujours en vous, dans des expériences douloureuses...

A.N : C'est exact, mais ce n'est pas autobiographique pour autant. A part la séquence du meurtre du petit garçon à l'age de huit ans qui, elle, est autobiographique - puisque j'ai tué mentalement un garçon dans ma classe et ça a marché - rien n'est autobiographique dans ce livre. Mais, mine de rien, je parle beaucoup de moi. Par exemple, les troubles alimentaires de l'ennemi ; même si je n'ai pas eu exactement ces troubles là, j'ai eu des troubles qui y ressemblaient. D'autre part, la culpabilité dont il souffre est certainement une chose que je retrouve en moi. Sauf que moi, je n'ai rien fait pour en arriver là... je suis une innocente, souffrante culpabilité.

Flu : Mais cette culpabilité, vous la ressentez quand même ? Est-ce que vos romans sont une sorte d'exutoire ?

A.N : Mes romans sont beaucoup de choses et, entre autre, un exutoire, mais pas uniquement ça. Je crois que la finalité profonde de mes romans m'échappera toujours, mais que la culpabilité en est l'un des moteurs.

Flu : Et ce choix de personnages décalés, ou complètement tarés, correspond-il a des obsessions personnelles ?

A.N. : Je vois apparaître ces personnages en moi et je les décris comme ils sont. Mon but n'est pas de créer des personnages fous mais de les décrire tels que je les sens en moi. Je trouve que l'étiquette "fou" ou "décalé" est très insatisfaisante, parce que finalement, qu'est ce qu'on a dit de quelqu'un quand on a dit qu'il était fou ? Encore faut-il expliquer exactement ce qu'il a.

Flu : Vos personnages sont-ils absolument imaginaires ?

A.N. : Ils sont la projection de quelque chose que je ressens, mais ils sont cependant totalement imaginaires. Regardez dans Hygiène de l'assassin, un livre qui est absolument non autobiographique : je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui ressemblait au personnage de l'écrivain, mais jamais je n'ai créé un personnage qui soit aussi proche de moi. Bon maintenant, vous m'avez vue ? Je ne suis pas exactement son sosie. D'ailleurs je n'ai pas 83 ans, je n'ai pas le prix Nobel et je n'ai jamais tué personne... du moins à ma connaissance. Je crois que c'est dans les oeuvres fictives qu'on a encore le plus de liberté de parler de soi. Mais ce n'est pour ça que ce n'est pas sorti de l'imagination ; elle ne se nourrit pas de rien. Le combustible de l'imagination, c'est ce que l'on a vécu.

Flu : Est-ce que vous avez lu Freud ?

A.N. : Même pas, figurez-vous. Je n'ai aucune notion de psychanalyse. On m'a beaucoup parlé de Freud et j'ai beaucoup d'amis qui connaissent bien le sujet. Pour ma part, je n'y connais rien, je n'ai jamais subi de psychanalyse même si je suis sûr qu'il y aurait du boulot. Ça m'intéresse beaucoup mais en même temps, ça me fait peur. Je n'ai pas envie d'en savoir plus. Je sens bien qu'il y a des choses très mystérieuses dans tout ça, mais je préfère ne pas posséder la grille de lecture.

Flu : La sexualité semble absente chez vos personnages...

A.N. : Elle n'est pas du tout absente en fait, même si j'en parle rarement directement.

Flu : Mauriac disait que s'il n'avait pas été romancier, il aurait été assassin. Cela peut-il s'appliquer à vous ?

A.N. : Complètement, sauf qu'à mon avis, j'aurais été assassin de moi-même. Jusqu'à présent, lorsqu'il s'est agit de nuire, je n'ai jamais trouvé le moyen que de nuire à moi-même. Je ne sais pas si j'aurais eu un jour la force de faire du mal à quelqu'un d'autre que moi. Ce n'est pas que l'envie m'en manque ; comme tout le monde, j'ai souvent eu envie de tuer mon prochain. Mais c'est un geste que je ne possède pas.

Flu : Avec tous vos romans déjà terminés, pourriez-vous aujourd'hui cesser d'écrire et vivre sur votre stock ?

A.N. : Je le pourrais, mais ne le voudrais certainement pas. D'autant plus que parmi mes 30,5 manuscrits non publiés, il y en a peut-être deux que j'ai envie de publier. Je pourrais publier les autres, mais je n'en ai pas envie et j'ai encore moins envie de cesser d'écrire. Pourquoi cesser d'écrire alors que c'est la plus grande nécessité, la plus grande jouissance, la plus grande passion de ma vie.

Flu : Vous écrivez tous les jours ?

A.N. : Oui, un minimum de quatre heures par jour. Généralement je commence vers trois ou quatre heures du matin.

Flu : Que faites-vous lorsque vous n'écrivez pas ?

A.N. : J'entretiens un très grand courrier avec mes lecteurs. Bon, sinon, je suis un être vivant à part entière, j'ai une vie amoureuse bien remplie. Je fais les courses, le ménage, des conneries comme ça... et sinon, je me passionne pour la musique, le cinéma et je reste une très grande lectrice.

Flu : Que feriez-vous si vous n'écriviez plus ?

A.N. : C'est inimaginable. Ça fait maintenant la moitié de ma vie que j'écris - puisque j'ai commencé à 17 ans - et ça occupe une telle place dans ma vie, que je ne peux pas imaginer de cesser d'écrire.

Flu : Vous avez toujours pensé écrire ?

A.N. : Non, pas du tout. Je n'y ai jamais songé avant 17 ans. Lorsque j'ai commencé à écrire, je ne savais même pas ce que je faisais, je me disais c'est n'importe quoi, n'en parlons pas, ce sont sûrement des sottises... Jamais je n'aurais osé penser être écrivain. Et l'écriture a commencé à prendre des proportions folles dans ma vie ; il n'empêche que je me destinais à un autre métier, puisque je voulais être interprète au Japon, on l'a vu dans "Stupeur et tremblements", et puis quand j'ai vu ce que ça a donné, je m'en suis dis ben ma vielle, faudrait peut-être te recycler, parce que, somme toute, le destin que tu t'étais choisi était une erreur.

Flu : Quelle formation avez-vous eu ?

A.N. : Philologie ancienne. Le même diplôme que Nietzsche, je suis désolée, c'est très pédant.

Flu : Vous dites que vous n'y entendez absolument rien à la technologie, à l'informatique. Comment écrivez-vous ? Sur une machine ?

A.N. : Oh non ! même pas. Voici mon matériel de prédilection (elle montre les feuilles et les stylos éparpillés sur son bureau). Sur des petits cahiers à petits carreaux. Et après je retape sur une machine que j'ai achetée en 1990 et qui n'a même pas le traitement de texte.

Flu : Les écrivains que vous lisez le plus volontiers ?

A.N. : La liste est longue !

Flu : Choississez en 5.

A.N. : Diderot, Mishima... Tanizaki, Montherlant... et - comme c'est compliqué comme question - Proust.

Flu : ... Et parmi les vivants ?

A.N. : Eric-Emmanuel Schmidt, Simon Leys, Jacqueline Harpmann, Yoko Ogawa, Kazuo Ishiguro.

Flu : Vous reconnaissez-vous des influences ?

A.N. : C'est à dire que je suis quelqu'un qui lit très intensément, il est donc fatal que ces lectures soient entrées dans mes composantes. Il faudrait s'entendre sur ce que l'on veut dire par "influences"... J'aime pratiquer l'admiration et je pense que la plus mauvaise admiration que l'on puisse pratiquer est celle qui consiste à imiter quelqu'un. Ça, en aucun cas. Mais, si on lit mes livres, on peut sentir, que, par exemple, Diderot, Pascal, Céline ont énormément compté pour moi... cette influence là, oui. Mais pas une influence qui consisterait à prendre quelqu'un comme maître à penser ; ça, pour moi, c'est une insulte.

Flu : Croyez-vous en, Dieu ?

A.N. : Sur ces questions là, j'ai choisi de me taire. Ce qui est certain, c'est que je suis loin d'y être indifférente.

Flu : Et si l'on vous avait proposé de participer à la nouvelle traduction de la Bible ?

A.N. : Je trouve que le projet est très intéressant, mais j'aurais refusé parce que la Bible est un texte qui a tellement compté pour moi et que j'ai tellement lu que je n'oserais certainement pas me mesurer à lui.

Flu : Vous êtes assez connue pour vos excentricités (fruits pourris, chapeaux rigolos, rouge à lèvres écarlate), du moins lorsque vous apparaissez dans les médias. Pourriez-vous nous en faire un inventaire ?

A.N. : Personnellement, je ne me trouve pas particulièrement excentrique. Les fruits pourris, ce n'est jamais une chose que j'ai mise en avant, ce sont les médias et je n'ai toujours pas compris quel en était l'intérêt. Les chapeaux, je les porte parce que je les trouve jolis, mais ce n'est pas très important, ça n'est jamais qu'un vêtement et je ne pense pas qu'on juge les gens à leur vêtement. Le rouge à lèvres, ça me vient du Japon, où on aime bien qu'il se voit et ça me plait beaucoup. Ça ne me vexe pas si on me dit que je suis excentrique, mais je ne vois pas ça comme des excentricités donc j'en ignore la liste.

Flu : Quel est le meilleur compliment qu'on puisse vous faire ?

A.N. : Ah ! c'est un compliment qu'on me fait très souvent et qui me rend indiciblement fière... Ce sont les gens qui me disent : "Depuis que je vous ai lue, j'ai commencé (ou recommencé) à lire". Ce qui est énorme ! Parce que ça veut dire que ces gens qui m'ont lue ne vont pas seulement lire Amélie Nothomb, ils vont lire ! Or, quand je vois la place qu'occupe la lecture dans ma vie et ma conception de la lecture, je pense que si je peux amener les gens à lire, c'est la plus belle mission que je pourrais avoir sur terre.

Flu : A votre tour, vous pourriez nous dire quelque chose de gentil sur le site Fluctuat ?

A.N. : Je ne suis pas internaute pour deux sous et je ne sais même ce que c'est qu'un ordinateur. En tout cas, je viens de rencontrer un charmant garçon qui travaille pour ce site, donc c'est plutôt bon signe.
Entretien réalisé en septembre 2001
Propos recueillis par François Haget (écarlate),
en collaboration avec Didier Hénique.

















Les citations d'Amélie Nothomb
http://www.evene.fr/celebre/biographie/amelie-nothomb-903.php?citations

«Notre unique spécificité individuelle réside en ceci : dis-moi ce qui te dégoûte et je te dirai qui tu es.»
[ Amélie Nothomb ] - Extrait de la Métaphysique des tubes

«L'amour n'est pas la spécialité des humains.»
[ Amélie Nothomb ] - Mercure

«Entre ce qui a eu lieu et ce qui n'a pas eu lieu, il n'y a pas plus de différence qu'entre plus zéro et moins zéro.»
[ Amélie Nothomb ] - Péplum

«Il n'est d'intelligence que créatrice.»
[ Amélie Nothomb ] - Péplum

«Le silence est plus tapageur que tout.»
[ Amélie Nothomb ] - Mercure

«A quoi serviraient les morts, sinon à aimer les vivants davantage ?»
[ Amélie Nothomb ] - Mercure

«Le plaisir est une merveille qui m'apprend que je suis moi.»
[ Amélie Nothomb ] - Métaphysique des tubes

«Pourquoi est-il impossible de faire du bien à quelqu'un sans lui faire de mal ? Pourquoi est-il impossible d'aimer quelqu'un sans le détruire ?»
[ Amélie Nothomb ] - Mercure

«Je juge les actes à l'aune de la jouissance qu'ils donnent. L'extase voluptueuse est le but souverain de l'existence.»
[ Amélie Nothomb ] - Cosmétique de l'ennemi

«Les adultes ont accès à mille sortes de voluptés, mais pour les enfançons, il n'y a que la gourmandise qui puisse ouvrir les portes de la délectation.»
[ Amélie Nothomb ] - Métaphysique des tubes

«Ce sont les petits esprits qui sont les plus nuisibles.»
[ Amélie Nothomb ] - Péplum

«C'est drôle ce besoin qu'ont les gens d'accuser les autres d'avoir gâché leur existence. Alors qu'ils y parviennent si bien eux-mêmes, sans l'aide de quiconque.»
[ Amélie Nothomb ] - Cosmétique de l'ennemi

«Seuls les grammairiens sont assez naïfs pour penser que l'exception confirme la règle.»
[ Amélie Nothomb ] - Extrait de la Métaphysique des tubes

«La mort, comme un terrier, comme une chambre aux rideaux fermés, comme la solitude, est à la fois horrible et tentante : on sent qu'on pourrait y être bien.»
[ Amélie Nothomb ] - Extrait de la Métaphysique des tubes

«On ne possède même pas son propre corps.»
[ Amélie Nothomb ] - Extrait de la Métaphysique des tubes

«La vie c'est ce que tu vois : de la membrane, de la tripe, un trou sans fond qui exige d'être rempli. La vie est ce tuyau qui avale et qui reste vide.»
[ Amélie Nothomb ] - Métaphysique des tubes

«Le silence est la plus belle preuve de l'amour.»
[ Amélie Nothomb ] - Péplum

«La planète fourmille de criminels qui fuient leur châtiment.»
[ Amélie Nothomb ] - Cosmétique de l'ennemi

«Tout le monde a un ennemi à l'intérieur de soi.»
[ Amélie Nothomb ] - Extrait du magazine Libération - 9 Septembre 1997

«Il faut admirer les gens capables d'être heureux.»
[ Amélie Nothomb ] - Mercure

«Nommer les choses, c'est leur enlever leur danger.»
[ Amélie Nothomb ] - Péplum

«La seule excuse de la guerre, c'est qu'elle correspond à une folie de l'espèce humaine.»
[ Amélie Nothomb ] - Péplum

«Le sens moral disparaît au-delà de 180 de quotient intellectuel.»
[ Amélie Nothomb ] - Péplum

«Tout être humain a le droit d'être en contradiction avec lui même.»
[ Amélie Nothomb ]

«La meilleure raison, pour se suicider, c'est la peur de la mort.»
[ Amélie Nothomb ] - Extrait de la Métaphysique des tubes

«Le son est souvent plus important que le sens.»
[ Amélie Nothomb ] - Mercure

«Il y a la croissance et puis il y a la décrépitude ; entre les deux il n'y a rien. L'apogée, ça n'existe pas.»
[ Amélie Nothomb ] - Extrait de la Métaphysique des tubes

«La parole émancipe.»
[ Amélie Nothomb ] - Mercure

«L'amour : c'est une maladie qui rend mauvais. Dès que l'on aime vraiment quelqu'un, on ne peut s'empêcher de lui nuire, même et surtout si l'on veut le rendre heureux.»
[ Amélie Nothomb ] - Mercure

«Le propre des grands livres est que chaque lecteur en est l'auteur.»
[ Amélie Nothomb ] - Mercure

«On peut rater sa vie à cause d'un seul mot.»
[ Amélie Nothomb ] - Biographie de la faim

«L'absence de faim est un drame sur lequel nul ne s'est penché.»
[ Amélie Nothomb ] - Biographie de la faim

«Le seul mauvais choix est l'absence de choix.»
[ Amélie Nothomb ] - Extrait de la Métaphysique des tubes

«Peut-il arriver mieux à une belle jeune fille que de tomber sur un monstre ?»
[ Amélie Nothomb ] - Mercure

«On n'est jamais si heureux que quand on a trouvé le moyen de se perdre.»
[ Amélie Nothomb ] - Journal d'hirondelle

«L'univers existe pour que j'existe.»
[ Amélie Nothomb ] - Le Sabotage amoureux

«Il est des maisons qui donnent des ordres. Elles sont plus impérieuses que le destin : au premier regard on est vaincu. On devra habiter là.»
[ Amélie Nothomb ] - Les Catilinaires

«Les amis sont les meilleurs traîtres en puissance.»
[ Amélie Nothomb ] - Métaphysique des tubes

«Quand le destin de quelqu'un s'accomplit, il faut sourire.»
[ Amélie Nothomb ] - Métaphysique des tubes

«Qu'est ce qu'une fleur ? Un sexe géant qui s'est mis sur son trente et un.»
[ Amélie Nothomb ] - Le Sabotage amoureux









ENTREVUE
http://www.linternaute.com/femmes/itvw/0309nothomb.shtml

Amélie Nothomb : "J'écris plus de trois livres par an, mais je n'en publie qu'un"
Pas de rentrée littéraire sans Amélie Nothomb. Cette année, la dame aux chapeaux est de nouveau en tête avec son dernier roman, "Antechrista" (Albin Michel). Sorti le 20 août et initialement tiré à 150 000 exemplaires, le roman a déjà été réimprimé à 50 000 exemplaires. "Antechrista" raconte la relation donimante-dominée de deux adolescentes : Christa, mythomane et sûr d'elle, et Blanche, discrète et solitaire. (septembre 2003)
Vous publiez un nouveau roman à chaque rentrée littéraire depuis 11 ans. Pourquoi ?
Amélie Nothomb C'est un choix personnel, un rythme de vie, celui qui me convient.

Parmi les sorties de la rentrée, y a t-il un roman que vous avez particulièrement apprécié ?
Oui, le livre de Béatrice Commengé "Et il ne pleut jamais, naturellement". C'est très émouvant, très civilisé. Ce que j'aime dans ce livre, c'est que la civilisation prime toujours sur les rapports de force.

Lisez-vous les critiques littéraires ?
Je les lis mais elles ne me touchent pas. Ce qui m'intéresse, c'est l'opinion des lecteurs. Je reçois beaucoup de lettres.

Comment ont réagi vos lecteurs à votre dernier roman, "Antéchrista" ?
Tout le monde me dit qu'il a vécu cette histoire.

Dans le rôle de Blanche ou de Christa ?
Dans le rôle de Blanche.

Vous même, vous vous identifiez à Blanche ?
Je ne m'identifie pas à Blanche, Blanche c'est moi. Cette histoire est la mienne.

Et Christa, vous pensez qu'elle va se reconnaître ?
Non. Les véritables coupables ne se reconnaissent jamais.

Ce livre vous est-il plus cher que les autres ?
Non. Je m'investis autant dans chacun de mes livres. Il y a de moi dans chacun d'eux.

Mais cela vous a fait du bien de l'écrire ?
Cette histoire peut revenir, on n'est jamais à l'abri…

Quelle est votre technique d'écriture ? Matin ou soir ? Ordinateur ou papier ?
Je n'aime pas le mot "technique". J'écris tous les matins, environ quatre heures, avec un crayon bille sur un cahier d'écolier.

Est-il vrai que vous avez écrit beaucoup de livres non publiés ?
Oui, j'écris plus de trois livres par an, mais je n'en publie qu'un.

Vous pensez les publier ? Vous en avez détruit certains ?
Non, je n'en ai détruit aucun. Ces livres sont pour moi. Personne ne les a lus. J'ai déjà pris des mesures testamentaires...

Vous avez sorti votre premier livre à 24 ans et vous avez toujours eu du succès. Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui voudrait publier ?
De ne jamais tenir compte des conseils qu'on lui donne.

Quel est votre créateur de mode préféré ?
Christian Lacroix. Mais à la vérité je n'ai qu'un vêtement de lui. Je m'habille dans les magasins plus classiques, style Zara.

Votre parfum préféré ?
"Sa Majesté la Rose" de Serge Lutens.

Ce qui vous fait rire ?
Beaucoup de chose… Les gens qui s'y croient, péremptoires.

Vous en connaissez beaucoup ?
Le monde en est rempli.

Ce que vous ne voudriez pas revivre…
L'adolescence.

Une certaine idée du bonheur...
L'écriture.

Internet, ça vous intéresse ?
Non. Pour moi, c'est l'ignorance absolue.

Vous allez prendre des vacances avant de vous lancer dans votre prochain roman ?
Non, je voyage pour mes livres uniquement. J'envisage plutôt la sédentarité. J'ai trouvé un certain équilibre entre Bruxelles et Paris.
   



LES LIVRES




Métaphysique des tubes
http://livres.fluctuat.net/amelie-nothomb/livres/metaphysique-des-tubes/

Parce qu'elle ne bouge pas et ne pleure pas, se bornant à quelques fonctions essentielles – déglutition, digestion, excrétion –, ses parents l'ont surnommée la Plante. L'intéressée se considère plutôt, à ce stade, comme un tube. Mais ce tube, c'est Dieu.
Le lecteur comprendra vite pourquoi, et apprendra aussi que la vie de Dieu n'est pas éternelle, même au pays du Soleil levant...
Avec cette « autobiographie de zéro à trois ans », la romancière de Stupeur et Tremblements, Grand Prix du roman de l'Académie française en 1999, nous révèle des aspects ignorés de sa personnalité et de la vie en général, tout en se montrant plus incisive, plus lucide et plus drôle que jamais.

Amélie a trois ans, sa vie est un roman. Déjà.
Thierry Gandillot, L'Express.

Grâce à une étonnante économie de vocabulaire, le style de Mademoiselle Nothomb sert à la perfection les bonheurs et malheurs d'Amélie que l'on croirait pensés par une comtesse de Ségur qui aurait fauté avec Marcel Proust.

Albert Sebag, Le Point.






C'est à nouveau le Japon qui sert de cadre au dernier roman d'Amélie Nothomb : non plus celui, terrifiant, de l'entreprise, comme dans  Stupeur et Tremblements, mais celui, presque enchanté, de la petite enfance, celle d'une petite Belge dont le père exerce l'honorable profession de consul ( la même, en passant, que celle du père de l'auteur).

En fait d'enfant c'est plutôt d'un tube - "leTube", dit encore "la Plante" ou "Dieu", en référence à son contentement inerte et béat - dont il s'agit dans les premières pages du roman, car aucune émotion ni même aucun instinct de survie ne vient animer la chose en forme de bébé qui occupe toute l'attention du narrateur et par conséquent du lecteur. L'éveil de la conscience ne se produira dans le Tube, après deux ans d'existence ingurgitatrice, que "par la grâce du chocolat blanc" venu par avion de Belgique avec une grand-mère providentielle. Commence alors un récit à la première personne narrant la vie de la petite fille, désormais parfaitement éveillée, à la fois "enthousiaste et métaphysique", au coeur d'un jardin et d'un environnement nippons qui ressemblent fort au paradis sur terre. D'ailleurs, tout enfant de moins de deux ans et demi étant au Japon peu ou prou un dieu, c'est tout naturellement que l'héroïne - qui ne croit que l'humanité se résume à deux sortes d'êtres, les Belges et les Japonais - décide de se ranger dans cette dernière catégorie.

C'est donc pénétrée du sentiment émerveillé de sa nipponité et de sa divinité confondues qu'elle vit toutes sortes de péripéties, avant que la chute et la perte de sa divine béatitude ne s'amorcent avec la découverte terrifiante que, née belge, elle n'est et ne peut être japonaise. Les habituelles qualités d'Amélie Nothomb font merveille dans cette mise en scène de la petite enfance ; elles tranchent avec le ton un peu sucré que l'on pourrait rencontrer ailleurs dans l'évocation de cet âge. On ne rencontre ici ni personnages aux caractéristiques psychologiques fouillées, ni véritable intrigue romanesque, mais un univers et un style uniques. S'y retrouvent l'ironie cinglante familière à l'auteur, servie par des phrases incisives et précises où surgissent parfois un mot bizarre, son goût pour le monstrueux et l'anormal, au sens strict du terme - existences tubulaires de la Plante mais aussi de trois carpes hideuses logeant dans l'étang du jardin et baptisées par les soins de l'enfant Jésus, Marie et Joseph, petite fille surdouée de deux ans qui apprend à lire seule dans Tintin et dans la Bible - qui au final composent un de ses romans les plus réussis, à la fois astucieux, brillant et drôle - ce qui n'est pas la dernière de ses qualités.

Alexandra Ploussard
http://livres.fluctuat.net/Amelie-Nothomb/livres/metaphysique-des-tubes/4632-chronique-Enfance.html











LES CATILINAIRES
http://www.livres-online.com/Les-Catilinaires.html


Tant qu'à parler d'Amélie Nothomb : Lire absolument "Les Catilinaires" !
Un petit bijou... petite comédie noire et vorace à souhait !

Tout commence le jour où un petit couple de retraités décident de s'installer dans une petite maison au fond des bois, pour y vivre une solitude à deux, tranquille, loin de la furie du Monde...

Autour d'eux, du monde ? Pas le moindre si ce n'est un unique voisin, Palamède Bernadin... Ce Palamède s'avère malheureusement être le type même de l'irascible, de l'aigri, du grossier, de l'impoli notoire... Bref, je vous laisse imaginer le personnage : tout un programme !

Qu'à cela ne tienne, il suffirait pour nos deux retraités de l'ignorer, de ne pas s'en préoccuper... Malheureusement pour eux, ce sinistre voisin prend très rapidement l'habitude de venir taper l'inscruste chez eux chaque après midi, de quatre heures à six heures. Sans dire un mot ou presque.

Mdrr, Je crois que ce Palamède frappe à notre porte... La question étant maintenant de savoir si nous sommes toujours obligés d'être polis quand il pourrait en aller de notre survie...



résumé
http://www.livredepoche.com/livre-de-poche-3141702-amelie-nothomb-les-catilinaires.html

La solitude à deux, tel était le rêve d'Emile et de Juliette. Une maison au fond des bois pour y finir leurs jours, l'un près de l'autre.
Etrangement, cette parfaite thébaïde comportait un voisin. Un nommé Palamède Bernardin, qui d'abord est venu se présenter, puis a pris l'habitude de s'incruster chez eux chaque après-midi, de quatre à six heures. Sans dire un mot, ou presque. Et cette présence absurde va peu à peu devenir plus dérangeante pour le couple que toutes les foules du monde…
C'est une comédie très noire, d'une lucidité tour à tour drôle et dévastatrice, que nous offre ici la romancière d'Hygiène de l'assassin, révélation littéraire de 1992.

 







STUPEUR ET TREMBLEMENTS
http://pagesperso-orange.fr/calounet/resumes_livres/nothomb_resume/nothomb_stupeur.htm


Amélie Nothomb nous fait pénétrer dans l'univers hiérarchisé d'une grande entreprise nippone, la compagnie Yumimoto, où elle espère bien pouvoir faire ses preuves dans ce pays qui la fascine tant depuis qu'elle y a séjourné enfant. La jeune Européenne, embauchée comme interprète, peu au fait de l'hyper susceptibilité nippone, commet gaffe sur gaffe, ce qui va la précipiter dans une foudroyante chute sociale qui ne réussira pourtant pas à lui faire « perdre la face ». La jeune femme désœuvrée prendra un plaisir pervers et délicieux à tenter de surmonter l'ennui des tâches de plus en plus futiles que sa supérieure hiérarchique, une beauté japonaise au cœur de pierre, lui confie avec condescendance. Après avoir échoué à la comptabilité, où elle devait vérifier les notes de frais des voyages d'affaires, on l'oblige à se pencher sur les traces d'une autre sorte de transit en l'affectant aux toilettes. « Dame Pipi » pendant sept mois, la brillante diplômée songe à se défenestrer et s'étonne que le suicide - qui atteint pourtant dans ce pays un taux record - ne soit pas plus fréquent, surtout parmi les Japonaises. Une place de choix qui favorise la pratique des commandements nippons : humilité dans la tâche, exécution fidèle et lobotomisation cérébrale. Cependant, ayant signé un contrat pour un an, la jeune occidentale n'entend pas se laisser abattre.

L'auteur décortique un à un les codes de la société japonaise : la négation de l'individualité, le respect de la pyramide patronale, la soumission de la femme. Les humiliations deviennent des défis, les brimades le moyen de faire travailler ses neurones. Le tout un bon roman, truffé d'absurde et de surréalisme, au vocabulaire recherché. Une analyse incisive et croustillante des conditions de travail au pays du soleil levant. Le titre de ce roman vient de l'ancien protocole impérial stipulant qu'on s'adressera à l'Empereur avec « stupeur et tremblements ».

Pascale Arguedas





 


Stupeur et tremblements
d'Amélie Nothomb, Albin Michel, 176 p.

Résumé

Ce roman d'Amélie Nothomb a été publié en 1999. Il a obtenu le Grand Prix du roman de l'Académie Française.

Amélie, une jeune femme belge, vient de terminer ses études universitaires. Sa connaissance parfaite du japonais, langue qu'elle maîtrise pour y avoir vécu dans son enfance, lui permet de décrocher un contrat d'un an dans une prestigieuse entreprise de l'empire du soleil levant, la compagnie Yumimoto. Amélie espère  réussir dans ce pays qui la fascine tant.

Fascinée par la hiérarchie d'entreprise japonaise, précise et méthodique, la jeune femme l'est d'autant plus par sa supérieure directe, l'intrigante et fière Mademoiselle Mori.

Ses débuts sont déconcertants. Monsieur Saito lui fait rédiger une lettre, réponse à une invitation pour une partie de golf. A peine le courrier est-il terminé que Saito le déchire et ordonne à Amélie de recommencer.  La jeune fille va rapidement déchanter à la découverte d'une culture qu'elle ne connaît absolument pas. Ses fréquentes initiatives sont régulièrement sujettes aux réprobations de ses supérieurs. Les humiliations et les vexations se succèdent et la soumission s'installe. Face à cet acharnement, la jeune femme se plie à leurs exigences. Amélie pensait être traductrice, elle finira dame pipi dans les toilettes de l'entreprise.
Quatrième de couverture

« Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n'étais la supérieure de personne.
On pourrait dire les choses autrement. J'étais aux ordres de mademoiselle Mori, qui était aux ordres de monsieur Saito, et ainsi de suite, avec cette précision que les ordres pouvaient, en aval, sauter les échelons hiérarchiques.
Donc, dans la compagnie Yumimoto, j'étais aux ordres de tout le monde. »






Journal d'Hirondelle


Journal d'Hirondelle est un roman de la romancière belge Amélie Nothomb, paru en 2006. Il fit partie de la première sélection pour le prix Goncourt

Résumé

Un jeune coursier, à l'identité inconnue, vient de subir un chagrin d'amour[1]. Il ne ressent plus rien, et perd le plaisir des sens, des émotions et du sexe. Cherchant un moyen de retrouver ses sentiments perdus, il change d'identité, se renomme Urbain et devient tueur à gages. Il réussit alors à retrouver ce qu'il a perdu. Mais il se rend bien vite compte qu'il est allé trop loin. Changeant encore d'identité, il tente de devenir Innocent. Mais peut-on changer de vie si facilement? Pourquoi tout le monde veut le journal d'Hirondelle ?

 Amélie Nothomb prend dans ce livre une distance volontaire et douloureuse avec son personnage qui d'ailleurs exprime très rarement sa masculinité. C'est le premier personnage de Nothomb dont on ignore le prénom exact (alors que dans Acide sulfurique, le prénom de Pannonique tenait lieu de point d'intrigue).

Certains fans de Nothomb pourront reprocher le très grand nombre de descriptions très mélodramatiques. Cela rompt avec le reste de l'œuvre : l'auteure des perles de roman-dialogue comme Hygiène de l'assassin ou Péplum semble vouloir... s'assassiner elle même, assassiner son propre style, ce qui a fait sa gloire. Pourtant les dialogues rares de cet opus sont drôles, du moins contiennent l'humour qu'on est habitué à percevoir dans les œuvres de l'écrivaine. Ce roman résonne donc comme une sorte de grande exploration sentimentale, un roman intimiste et émouvant comme seule Amélie Nothomb sait en écrire.

Autre théorie : ce roman semble être une rétrospective de son œuvre. C'est un assassin, et il est beaucoup question de se laver les mains ou d'hygiène, ce qui rapporterait à son premier roman. Il était question de notion du crime dans Péplum. On y parle du beau comme dans Attentat. Le mot Combustible est employé et il est question de la destruction d'une œuvre manuscrite. L'assassin tombe amoureux de sa dernière victime, il aurait donc saboté son amour (Le Sabotage amoureux). Une des chansons de la chanteuse Robert pour qui Amélie a écrit des chansons s'appelle « Rendez-moi les oiseaux », or il est beaucoup question d'oiseaux dans cet opus. En tout cas cela montre au moins que l'auteur maîtrise toujours autant son écriture.



26/01/2009
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