Alain YVER

Alain YVER

ANDRÉ BRETON

ANDRÉ BRETON







André Breton – Moins de temps (1924)


Moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, moins de larmes qu'il n'en faut pour mourir; j'ai tout compté, voilà. J'ai fait le recensement des pierres ; elles sont au nombre de mes doigts et de quelques autres; j'ai distribué des prospectus aux plantes, mais toutes n'ont pas voulu les accepter. Avec la musique j'ai lié partie pour une seconde seulement et maintenant je ne sais plus que penser du suicide, car si je veux me séparer de moi-même, la sortie est de ce côté et, j'ajoute malicieusement: l'entrée, la rentrée de cet autre côté. Tu vois ce qui te reste à faire. Les heures, le chagrin, je n'en tiens pas un compte raisonnable; je suis seul, je regarde par la fenêtre ; il ne passe personne, ou plutôt personne ne passe (je souligne passe). Ce Monsieur, vous ne le connaissez pas ? c'est M. Lemême. Je vous présente Madame Madame. Et leurs enfants. Puis je reviens sur mes pas, mes pas reviennent aussi, mais je ne sais pas exactement sur quoi ils reviennent. Je consulte un horaire : les noms de villes ont été remplacés par des noms de personnes qui m'ont touché d'assez près. Irai-je à A, retournerai-je à B, changerai-je à X ? Oui, naturellement, je changerai à X. Pourvu que je ne manque pas la correspondance avec l'ennui! Nous y sommes : l'ennui, les belles parallèles, ah! que les parallèles sont belles sous la perpendiculaire de Dieu.

André Breton (1896-1966) – Poisson soluble (1924)




//davidcontrebande.over-blog.com/article-andre-breton-et-l-amour-fou-2-98633386.html

//entretenir.free.fr/breton3.html

//www.benjamin-peret.org/documents/301-nouveau-site-andre-breton.html

//www.poemes.co/andre-breton.html

André Breton dit un de ses poèmes
//www.larousse.fr/encyclopedie/musique/Laroussefr_-_Article/1102181

//fr.wikipedia.org/wiki/Clair_de_terre_%28Andr%C3%A9_Breton%2

//fr.wikipedia.org/wiki/Nadja_%28Andr%C3%A9_Breton%29

//elisabeth.kennel.perso.neuf.fr/resume_et_structure_de_nadja.htm

//inspirohides.voila.net/terminale/breton.htm

//www.galerie-alain-paire.com/index.php?option=com_content&view=article&id=120:andre-breton-et-claude-levi-strauss-marseille-new-york&catid=7:choses-lues-choses-vues&Itemid=6.

//www.larevuedesressources.org/rubrique.php3?id_rubrique=30/

//jbellefroid.free.fr/art_ventebreton.htm

//www.dailymotion.com/video/xh0e9_andre-breton_shortfilms#.UN25XLYsnPA

//www.dailymotion.com/video/x9t5zl_andre-breton-entretien-1-9_creation#.UN25eLYsnPA

//www.dailymotion.com/video/xjkogw_andre-breton-les-surrealistes-et-la-revolution-interieure_webcam#.UN58KLYsnPA

entretien de 1 à 9
//maxencecaron.fr/2011/12/andre-breton-les-entretiens-avec-andre-parinaud-en-juin-1950/

//www.babelio.com/auteur/Andre-Breton/2328/videos

//www.ina.fr/art-et-culture/litterature/audio/PHD88007126/entretiens-avec-andre-breton-13.fr.html

//www.la-pleiade.fr/Auteur/Andre-Breton

//www.larevuedesressources.org/+-andre-breton,025-+.html

//remue.net/litt/breton_infos.html

Voici quelques photos d'André breton et des femmes de sa vie.
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André Breton (1896-1966)

André Breton est né à Tinchebray (Orne, Normandie) en février 1896. Il est issu d'une famille modeste et fait des études de médecine. Mobilisé au moment de la guerre, il est infirmier militaire à Nantes.
Il se lie avec Apollinaire et fonde, avec Louis Aragon et Philippe Soupault, la revue Littérature en 1919. Il adhère au mouvement Dada, qu'il quittera plus tard.
Avec Soupault, Breton découvre l'écriture automatique. Ensemble, ils publient Les Champs magnétiques en 1920. Breton publie des textes poétiques (Clair de Terre en 1923 et Poisson soluble l'année suivante). En 1924, c'est la publication du Manifeste du surréalisme, ouvrage qui propose une conception nouvelle de la poésie et une définition théorique du surréalisme. André Breton est le chef de file du surréalisme. Comme Aragon, il adhère au parti communiste français mais il y renonce par la suite, ce qui cause des heurts avec le groupe surréaliste (départ d'Aragon en 1932). À cette époque, la production littéraire de Breton est importante : Nadja est publié en 1928, Les Vases communicants (1932) et L'Amour fou en 1937.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Breton se réfugie aux États-Unis. Il rentre en France en 1946 et tente de reconstituer le groupe surréaliste d'avant-guerre. Il continue de plaider en faveur de la modernité poétique jusqu'à sa mort en septembre 1966 à Paris.
Œuvres d'André Breton
    •    Recueils poétiques
    •    Les Champs magnétiques (1920)
    •    Clair de Terre (1923)
    •    Essais et récits
    •    Nadja (1928)
    •    L'amour fou (1937)
    •    Manifeste du surréalisme (1924)






DVD

Ce coffret s'adresse à tous ceux qui se passionnent pour l'univers surréaliste et à tous les curieux des aventures artistiques du XXè siècle. Il contient deux films, réalisés par Fabrice Maze pour Arte et le Centre Pompidou André breton malgré tout et L'œil à l'état sauvage, ainsi qu'une séquence « bonus », inédite intitulée Hôtel Drouot, le 31 mars 2003, qui nous font côtoyer les lieux que fréquentaient André Breton et ses amis, revivre les grandes étapes de son histoire et pénétrer dans le savant désordre de l'atelier du 42 rue Fontaine. C'est le seul document filmé qui donne accès à ce lieu mythique. Ce coffret contient un DVD et un livre de 88 pages Chronologie d'André Breton signé Jean-Michel Goutier.
Bonus DVD :
Film séquence Hôtel Drouot, le 31 mars 2003.

//www.sevendoc.com/index.php?alias=arts-et-culture&function=productDetail&insidefile=detailsProduit.html&oidprod=PRODUCTS:cnpbn99dp567j






Correspondance

André Breton, lettres à sa fille
Par Payot Marianne et (L'Express), publié le 29/10/2009
Grand épistolier, André Breton n'a cessé d'écrire, notamment à sa fille unique. La publication de ces lettres est une première et un ravissement.
    Quarante-trois ans! Après de - très - longues années d'hésitation, Aube Breton-Elléouët s'est décidée à publier les lettres que son célèbre père lui adressa sa vie durant. André Breton (1896-1966) l'avait stipulé dans son testament: sa correspondance ne pourrait être publiée "au plus tôt" que cinquante ans après son décès, à l'exception de celle adressée à sa femme et à sa fille, "dont elles disposeront librement". Une chance pour tous ceux qui ne pourront attendre 2016 et l'éventuelle édition de l'extraordinaire correspondance du pape du surréalisme avec Claude Lévi-Strauss, Roger Caillois, Jean Paulhan, Octavio Paz et Aimé Césaire, aujourd'hui conservée à la bibliothèque littéraire Jacques-Doucet...
Née en 1935, la fille unique de l'auteur de L'Amour fou, et de Jacqueline Lamba, a donc disposé librement. La discrète Aube, qui vit aujourd'hui entre la Bretagne et la Touraine, n'entend pas pour autant commenter la superbe édition que la maison Gallimard publie ces jours-ci sur un papier Tintoretto Neve digne des dessins et collages en couleurs qui accompagnent les 61 lettres de ce recueil. C'est au poète surréaliste Jean-Michel Goutier, ami de la famille Breton et maître d'oeuvre de l'ouvrage, que revient le rôle de porte-parole enthousiaste. "Dans ses missives à sa fille, ballottée entre New York et Paris, Breton n'a pas emprunté un autre visage, une autre écriture. C'est avec une grande exigence et dans un style somptueux qu'il lui narre sa vie au jour le jour, de la chasse aux papillons à un nouvel aménagement de maison, qu'il lui fait partager ses enthousiasmes, ses projets de revues, ses rencontres et tribulations, avec Jacqueline puis avec Elisa, de La Havane au Mexique."
"Chère petite fée Aube", "Ma petite Aube chérie", "Mon petit chéri".... Ce qui frappe au fil des lettres, c'est la constance de la passion d'André pour sa fille, dépositaire de l'espoir paternel de "transformer le monde". Les premières missives (Sucy, le 15 septembre 1939, Aube a alors 4 ans) sont agrémentées de merveilleux croquis - autoportrait d'André en "pauvre petit soldat", la porte de la caserne... - ou encore de collages (Noisy, le 9 octobre 1939). Les dernières cartes postales, datées de mai 1966, proviennent d'un voyage en Bretagne. Entre-temps, c'est tout un monde qui défile, hanté par les figures de Benjamin Péret, Matta, Yves Tanguy, Julien Gracq, Marcel Duchamp, Léo Ferré...
//www.lexpress.fr/culture/livre/lettres-a-aube_825662.html






André Breton, éloge de la rencontre
Antilles, Amérique, Océanie
Dominique Berthet
    •    15 x 21 cm / Broché
    •    160 pages / non
    •    
ISBN 9782911207907
15.15 €
La Martinique, Haïti, la Gaspésie, l'Arizona et le Nouveau-Mexique sont autant de hauts lieux qui ont inspiré André Breton et que ce dernier avait pour projet de publier dans un livre de voyage. Ce recueil n'a jamais vu le jour. Dominique Berthet est retourné sur les pas d'André Breton et a connu avec ces mêmes contrées des expériences tout aussi bouleversantes. À travers les textes d'André Breton, il s'attache à révéler dans cet ouvrage la force de deux concepts totalement complémentaires : la rencontre et le lieu.






Lettre de Claude Gauvreau à André Breton,
le 7 janvier 1961

Gilles Lapointe
Résumé
Le 7 janvier 1961, Claude Gauvreau s'adresse au chef du surréalisme pour tenter de faire le point sur des questions vitales pour lui. Comment le surréalisme peut-il encore justifier sa résistance farouche à l'endroit de l'art non figuratif, alors que l'expressionnisme abstrait de l'École de New York triomphe dans toutes les grandes capitales de l'art ? Le surréalisme peut-il se renouveler ? Par ailleurs, comment faut-il interpréter le fait que l'évolution personnelle de Borduas ait amené le peintre à la fin de sa vie à prendre ses distances avec le surréalisme et l'automatisme ? Convaincu que le surréalisme conduit logiquement en peinture à l'automatisme, Gauvreau s'emploie dans cette lettre à réhabiliter auprès de Breton l'apport pictural de Borduas et de Riopelle. Cependant, si l'automatisme représente toujours pour lui une « révolution morale indéracinable », celle-ci trouve son fondement véritable dans l'éthique surréaliste. Persuadé qu'une forme de régression morale mine le champ de l'art et la pensée plasticienne tout particulièrement, exhortant Breton à une ouverture et une vigilance accrues, Claude Gauvreau défend vigoureusement la révolution surréaliste, « mouvement qui a acquis une envergure incommensurable » et qui reste à ses yeux le seul courant de pensée susceptible de jeter quelque clarté sur les interrogations capitales au sujet de l'art et de la vie.






ANDRE BRETON

Géographie Dada
L'anecdote historique est d'importance secondaire. Il est impossible de savoir où et quand DADA prit naissance. Ce nom qu'il plut à l'un de nous de lui donner à l'avantage d'être parfaitement équivoque.
Le cubisme fut une école de peinture, le futurisme un mouvement politique: DADA est un état d'esprit. Opposer l'un à l'autre révèle l'ignorance ou la mauvaise foi.
La libre-pensée en matière religieuse ne ressemble pas à une église. DADA, c'est la libre-pensée artistique.
Tant qu'on fera réciter des prières dans les écoles sous forme d'explication de textes et de promenades dans les musées, nous crierons au despotisme et chercherons à troubler le cérémonie.
DADA ne se donne à rien, ni à l'amour, ni au travail. Il est inadmissible qu'un homme laisse une trace de son passage sur la terre.
DADA, ne reconnaissant que l'instinct, condamne à priori l'explication. Selon lui, nous ne devons garder aucun contrôle sur nous-mêmes. Il ne peut plus être question de ces dogmes : la morale et le goût.
André Breton
BIBLIOGRAPHICAL REFERENCE 
André Breton, 'Géographie Dada', read at the Salon des Independants, Grand-Palais des Champs Elysées, 5 February 1920 and published in Littérature No. 13 (May 1920) 17-18. See also Digital Dada Library.






Le Verbe Être

Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas d'ailes, il ne se tient pas nécessairement à une table desservie sur une terrasse, le soir, au bord de la mer. C'est le désespoir et ce n'est pas le retour d'une quantité de petits faits comme des graines qui quittent à la nuit tombante un sillon pour un autre. Ce n'est pas la mousse sur une pierre ou le verre à boire. C'est un bateau criblé de neige, si vous voulez, comme les oiseaux qui tombent et leur sang n'a pas la moindre épaisseur. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Une forme très petite, délimitée par un bijou de cheveux. C'est le désespoir. Un collier de perles pour lequel on ne saurait trouver de fermoir et dont l'existence ne tient pas même à un fil, voilà le désespoir. Le reste, nous n'en parlons pas. Nous n'avons pas fini de deséspérer, si nous commençons. Moi je désespère de l'abat-jour vers quatre heures, je désespère de l'éventail vers minuit, je désespère de la cigarette des condamnés. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas de coeur, la main reste toujours au désespoir hors d'haleine, au désespoir dont les glaces ne nous disent jamais s'il est mort. Je vis de ce désespoir qui m'enchante. J'aime cette mouche bleue qui vole dans le ciel à l'heure où les étoiles chantonnent. Je connais dans ses grandes lignes le désespoir aux longs étonnements grêles, le désespoir de la fierté, le désespoir de la colère. Je me lève chaque jour comme tout le monde et je détends les bras sur un papier à fleurs, je ne me souviens de rien, et c'est toujours avec désespoir que je découvre les beaux arbres déracinés de la nuit. L'air de la chambre est beau comme des baguettes de tambour. Il fait un temps de temps. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. C'est comme le vent du rideau qui me tend la perche. A-t-on idée d'un désespoir pareil! Au feu! Ah! ils vont encore venir... Et les annonces de journal, et les réclames lumineuses le long du canal. Tas de sable, espèce de tas de sable! Dans ses grandes lignes le désespoir n'a pas d'importance. C'est une corvée d'arbres qui va encore faire une forêt, c'est une corvée d'étoiles qui va encore faire un jour de moins, c'est une corvée de jours de moins qui va encore faire ma vie.
André Breton

Extrait de
"Le révolver à cheveux blanc"







Extrait de Nadja de André Breton

Nous tournons par la rue de Seine, Nadja résistant à aller plus loin en ligne droite. Elle est à nouveau très distraite et me dit de suivre sur le ciel un éclair que trace lentement une main. "Toujours cette main." Elle me la montre réellement sur une affiche, un peu au-delà de la librairie Dorbon. Il y a bien là, très au-dessus de nous, une main rouge à l'index pointé, vantant je ne sais quoi. Il faut absolument qu'elle touche cette main, qu'elle cherche à atteindre en sautant et contre laquelle elle parvient à plaquer la sienne. "La main de feu, c'est à ton sujet, tu sais, c'est toi." Elle reste quelque temps silencieuse, je crois qu'elle a les larmes aux yeux. Puis, soudain, se plaçant devant moi, m'arrêtant presque, avec cette manière extraordinaire de m'appeler, comme on appelerait quelqu'un, de salle en salle, dans un château vide : "André ? André ? ... Tu écriras un roman sur moi. Je t'assure. Ne dis pas non. Prends garde : tout s'affaiblit, tout disparaît. De nous, il faut que quelque chose reste... Mais cela ne fait rien : tu prendras un autre nom : quel nom veux-tu que je te dise, c'est très important. Il faut que ce soit un peu le nom du feu, puisque c'est toujours le feu qui revient quand il s'agit de toi. La main aussi, mais c'est moins essentiel que le feu. Ce que je vois, c'est une flamme qui part du poignet, comme ceci (avec le geste de faire disparaître une carte) et qui fait qu'aussitôt la main brûle, et qu'elle disparaît en un clin d'oeil. Tu trouveras un pseudonyme, latin ou arabe. Promets. Il le faut." Elle se sert d'une nouvelle image pour me faire comprendre comment elle vit : c'est comme le matin quand elle se baigne et que son corps s'éloigne tandis qu'elle fixe la surface de l'eau. "Je suis la pensée sur le bain dans la pièce sans glaces."





Nadja est une jeune femme au regard mystérieux que le narrateur a rencontrée pour la première fois dans une rue parisienne. Il la revoit, puis la perd de vue et la retrouve par hasard, à plusieurs reprises, comme si le destin s'ingéniait à leur ménager des entrevues. Elle lit dans ses pensées ou dans ses rêves; elle l'intrigue par d'extraordinaires dessins; elle le bouleverse par des révélations que l'événement vérifie; elle l'introduit « dans un monde presque défendu, qui est celui des rapprochements soudains, des pétrifiantes coïncidences », Sous son influence, à laquelle il tente vainement de résister, il en vient à admettre les circonstances les plus improbables, à douter des certitudes les mieux assises. Il éprouve bientôt, en sa présence, une terreur sacrée. Nadja, pourtant, s'abîme dans son univers intérieur; reconnue folle, elle est internée. Mais qu'est-ce que la folie ? Et qui dira si Nadja n'a pas eu part à la vraie connaissance?






Le voyage cubain d'André Breton

C'est janvier à Cuba. André Breton, le fondateur du surréalisme voyage sur la Carretera central (route centrale) dans une vieille camionnette soviétique. A ses côtés, Alejo Carpentier. Les deux auteurs discutent du roman du Cubain : "El Reino de este Mundo".
Leur destinée finale est le hameau de l'orientale province de Guantánamo, appelé Ranchería, là où l'on rend un culte à la nature de la même manière  qu'on le faisait il y a cinq siècles, lorsque les Taïnos (premiers aborigènes de Cuba) habitaient l'île.
La scène est fictive, mais seulement jusqu'à un certain point. L´écrivain français est décédé en 1966. Cependant, son parcours à travers ce pays caribéen a été possible grâce à la caméra du cinéaste Arturo Sotto, qui l'a choisi comme compagnon de traversée dans le documentaire "Breton est un bébé".
Carpentier est décédé lui aussi, il y a 28 ans. Mais la quête de Sotto pointe précisément vers ce que le premier Prix Cervantes cubain avait qualifié en tant que réel merveilleux : « [...] ce qui est merveilleux commence à l'être de manière manifeste lorsqu'il surgit d'une altération inattendue de la réalité (miracle), d'une révélation privilégiée de la réalité, d'une illumination inhabituelle ou singulièrement favorisante des richesses inaperçues de la réalité, d'un élargissement  des échelles et des catégories de la réalité, perçues avec une particulière intensité en vertu d´une exaltation de l'esprit qui l'amène à un certain mode « d'état limite » signale Carpentier dans le célèbre prologue du Reino de este mundo.
Sotto a tracé sa route depuis la Vallée de Viñales, dans l'occidentale province de Pinar del Rio, jusqu'aux montagnes de Guantánamo. Il a recueilli des histoires qui révèlent la démesure, l'absurde, l'angoisse, la crédulité, l'espoir, la créativité, la ferveur, la sagesse, l'innocence… l'âme d'une nation.
Sur l'écran, apparaissent des animaux célèbres, tels la vache Ubre Blanca, qui a battu tous les records de production de lait et a été disséquée à sa mort, comme une héroïne du travail, dans un pays qui n'a jamais réussi à s'auto-ravitailler du nutritif liquide.
Ou encore le bouc Perico, un véritable étendard lors des protestations populaires contre la dictature de Gerardo Machado (1925-1933), assassiné dans une manifestation par la police du tyran. Perico fut un bouc « [...] engagé avec son époque » a affirmé avec fierté l´historienne du musée havanais où l'animal  repose, empaillé lui aussi, pour l'éternité.
Tout au long du film, les images parlent des va-et-viens de la politique et de l'économie des cinq décennies écoulées.
Assis dans un parc de La Havane, un John Lennon en bronze est gardé jour et nuit pour éviter qu´on lui vole ses lunettes. Il fallu attendre quatre décennies au génie des  Beatles pour recevoir le consentement  des autorités, qui jadis l'avaient interdit pour considérer ses chansons idéologiquement incorrectes. Maintenant considéré comme un exemple révolutionnaire il passe des journées silencieuse, attrayant les touristes et les curieux.
A plus de  230 kilomètres à l'Est de la capitale cubaine, la nostalgie s'est installée dans les vies des anciens travailleurs de la Centrale électro-nucléaire de  Juraguá. Le 5  septembre  1992 le président Fidel Castro avait annoncé l'arrêt de « l'ouvrage  du siècle », une victime de plus de l'écroulement de l'Union Soviétique. Sur ce qui allait devenir la Cité Nucléaire, quelques professionnels de l'époque ont trouvé d'autres occupations. L'un d'eux s'est transfiguré en berger de petit bétail. D'autres travaillent dans une usine de cigares comme le traducteur de langue russe et l'ingénieur chimiste, qui soupirent par le rêve gâché.
Pays bizarre, pense Breton tandis que la camionnette s'essouffle et dépasse les cyclistes à chapeau en paille, les charrues à boeufs, croise les tracteurs obsolètes, évite le bétail qui paît sur l'asphalte et esquive les nids de poule. Tu n'as encore rien vu, le met en garde calmement Carpentier. « Pour commencer  la sensation du  réel merveilleux présuppose une foi. Ceux qui ne croient pas en les saints ne peuvent pas être guérit des miracles des saints… », continu le précité prologue.
A Sabicú, province de Ciego de Ávila, une communauté de descendants d'haïtiens conserve les rituels de leurs ancêtres, qui apportèrent le vaudou dans l'Ile au siècle dernier. Le sacrifice d´animaux, la danse violente au rythme des tambours, la transe… sont des moments familiers pour Carpentier, qui avait expérimenté à Haïti ce qu'est le réel merveilleux dans le quotidien.
Dans l'espérance du miracle, dansent également les cordonniers de Troye, le batey (hameau construit autour des usines à sucre) d'une centrale sucrière inactive située dans la province de Granma, au sud-est de l'île. Habillés en blanc, hommes et femmes lèvent les bras et élèvent leurs prières à Dieu, ils s'embrassent et chantent. Le but étant d´atteindre un état de transe leur  permettant de soulager spirituellement la personne nécessiteuse. Le spiritisme  a une longue histoire à Cuba depuis son arrivée au milieu du 19ème siècle. Avec le catholicisme, les religions d'origine africaine sont l'un des courants des plus importants du panorama des croyances de la population cubaine.
Cependant, comme il a été remarqué par le défunt chercheur Jorge Ramírez Calzadilla, « [...] la religiosité cubaine ne se limite pas aux formes organisées,  comme pensent ou analysent d´habitude ceux  qui écrivent sur elle. Il existe une autre tendance, la plus étendue, qui pourrait être appelée religiosité populaire, qui typifie, synthétisant la religiosité dans la société cubaine [...] La religiosité populaire est construite avec des apports de théories religieuses de formes organisées, notamment avec des éléments du catholicisme et des religions popularisées à Cuba, telles que la santeria et le spiritisme, assimilés de manière créative par le peuple qui incorpore ce qui est religieux à sa vie quotidienne, à ses problèmes, à ses expectatives et à ses modes de concevoir la réalité et de solutionner ou remèdier aux besoins », a affirmé Calzadilla dans sa monographie La religión y la juventud cubana actual ( La religion et la jeunesse cubaine actuelle), publiée  en 2004.
Ces  expressions ont connu un élan lors des temps de crise, par exemple lors des guerres d'indépendance du 19ème siècle, mais aussi lors des temps de récession économique notamment celle des années trente et plus récemment lors des pires moments de la dite période spéciale, il y a dix ans. « Une hausse de cette nature a des multiples raisons, mais il n'y a pas de doutes qu´une partie importante d'elles réside dans les difficultés quotidiennes, dans l'insécurité et par conséquent dans le besoin de protection, de soulagement, la quête des idéaux de vie protégés par la stabilité du monde surnaturel, et en général, dans une valorisation plus grande de la vie spirituelle », a signalé  Calzadilla dans l'article  Identidad cultural y religiosidad popular  (Identité culturelle et religiosité populaire), publié en  2004.
Sur ce sentier qui lie les inquiétudes présentes avec la foi dans le surnaturel, convergent  la guérisseuse d´eau bénite et ses prières inintelligibles entourés de fervents croyants au milieu de la campagne cubaine, avec les milliers de fidèles qui prennent part à la procession du Saint Sépulcre, dans la ville de Camagüey. Chez tous il y a l´haleine du souhait du miracle, cette altération du réel provoquée par l'espérance partagée, sous l'étrange lumière qu´irradient les esprits en extase.
Quelques 50 minutes dure le voyage cinématographique de Breton et de Carpentier. Une vingtaine d'histoires d´un pays « [...] où l´on travaille, on souffre, on rêve, on meurt, mais où l'on aime et où se construit la vie », d'après les paroles de Sotto.
Mais qu'est-ce que l'histoire de Cuba toute entière, sinon une chronique du réel merveilleux ? demande le génial cubain à son collègue français, qui acquiesce de la tête tandis qu'il observe la nature prodigieuse de cette île, sa richesse majeure selon les paroles savantes de  Panchito, paysan de Ranchería, le dernier des caciques Tainos.
Boris Leonardo Caro
//www.polemicacubana.fr/?p=2314
Vous pouvez visionner le film "Breton est un bébé" (en plusieurs parties) à cette adresse :

//www.youtube.com/watch?v=EaWsrbcM2BI







Fr. Aribit, André Breton, Georges Bataille, Le vif du sujet
Parution livre
Information publiée le samedi 13 octobre 2012 par Matthieu Vernet (source : Frédéric Aribit)

Frédéric Aribit, André Breton, Georges Bataille, le vif du sujet
Paris : L'Ecarlate, 2012.
EAN 9782296997035.
30EUR
Présentation de l'éditeur :
Parapluie, machine à coudre. La rencontre de Georges Bataille et André Breton pourrait bien servir de détonateur de la modernité à plus d'un titre. Rencontre manquée ? On l'a dit. Comme on a beaucoup raillé la « pohésie » de l'un pour mieux exalter « l'impossible » pensée de l'autre. Soit. Lautréamont avait vu juste, y compris pour les tables de dissection. Mais c'est aussi passer à côté de cette étrange amitié, - ils oseront eux-mêmes le mot, fût-ce tardivement -, nouée par-delà l'inconciliable. C'est surtout ne pas voir comment, dans ce maelström frénétique, psychanalyse, politique, mythologie, érotisme… les questions les plus brûlantes sont agitées comme nulle part ailleurs.
Et la littérature, alors ? Avec André Breton et Georges Bataille, elle s'abreuve au confluent d'un ensemble de domaines, où s'ancre précisément la réflexion globale sur l'homme que chacun des deux aura voulu mener.
Il était donc peut-être temps de reprendre l'histoire de cette confrontation, en tentant d'en éclairer les enjeux dans les champs du savoir successivement concernés. Des romans familiaux jusqu'à la Seconde guerre mondiale, où les dissensions s'apaisent, ces champs s'avèrent « magnétiques ». On y entend quelque chose comme un dialogue, une communication singulière qui, avec l'automatisme collectif ou les jeux, voire avec un certain partage de silence ou une surenchère dans le potlatch, est peut-être le propre de l'échange surréaliste. Ce sont ces champs qu'il est fascinant d'arpenter à nouveau aujourd'hui, enfin débarrassé de la sommation à choisir un camp.
Car rien ne vaccine contre André Breton ou Georges Bataille, pas même l'autopsie analytique. Jamais rien d'autre en jeu, non, que l'inextinguible vif du sujet.






André BRETON,
pape du Surréalisme, Citoyen du Monde à la recherche de l'or du temps
1896-1966


André Breton (1896-1966)
Fils d'un employé en écritures à la gendarmerie ;
Gendarme des écritures poétiques pendant un quart de siècle ;
Elève-médecin pendant la guerre de 14 ;
Dadaïste ;
Liquidateur du Dadaïsme ;
Fondateur du Surrealisme ;
Ami de Robert Desnos ;
Pape du Surréalisme;
Ennemi de Robert Desnos ;
Ennemi de la société marchande ;
membre du Parti Communiste ;
Marchand d'Art ;
Père de l'Aube ;
Rebelle en temps de paix ;
Fuyard en tant de guerre ;
Collectionneur d'Art africain ;
Militant anti-colonialiste ;
Ennemi de la Littérature ;
Critique Littéraire ;
Briseur de statues ;
Statue dans un musée ;
et/ou poète ? 

Piers Tenniel



 




Sur la route, déjà, j'ai bien senti qu'il y avait quelque chose de changé... lorsque la Nationale 20 quitte le département... les automobilistes lisent une grande pancarte dans les chênes verts, en face de la borne officielle : «Ici commence le territoire mondial du Lot» Marareigne Pierre, Le Figaro,
26 juin 1950.

Le plus beau village de France 
au terme de la Route Mondiale

C'est parce qu'il cherchait l'Or du temps, que tous les ans, André BRETON venait poursuivre en sa maison acquise en 1950 à Saint-Cirq-Lapopie, l'ancienne auberge des Mariniers (toujours visible), son rêve de pierre et de lumière... 

« C'est au terme de la promenade en voiture qui consacrait, en juin 1950,  l'ouverture de la première route mondiale  - seule route de l'espoir  - que Saint-Cirq embrasée aux feux de Bengale m'est apparue - comme une rose impossible dans la nuit.
Cela dût tenir du coup de foudre si je songe que le matin suivant je revenais, dans la tentation de me poser au coeur de cette fleur : merveille, elle avait cessée de flamber, mais restait intacte.
Par-delà bien d'autres sites - d'Amérique, d'Europe - Saint-Cirq a disposé sur moi du seul enchantement : celui qui fixe à tout jamais. J'ai cessé de me désirer ailleurs.
Je crois que le secret de sa poésie s'apparente à celui de certaines Illuminations de Rimbaud, qu'il est le produit du plus rare équilibre dans la plus  parfaite dénivellation des plans.
L'énumération de ses autres ressources est très loin d'épuiser ce secret….
Chaque jour, au réveil, il me semble ouvrir la fenêtre sur les Très Riches Heures, non seulement de l'Art, mais de la Nature et de la Vie ». 
André BRETON - Saint-Cirq-Lapopie, le 3 septembre 1951. 

(Brochure Ville de Cahors : Citoyens du Monde, 2000)
La maison de Saint-Cirq

En bordure de la place du Carol, sous les vestiges du château de Lagardette, l'Auberge des Mariniers est une des anciennes maisons de chevaliers qui constituaient au Moyen Age le fort aristocratique de Saint-Cirq-Lapopie.
Cet édifice du 13ème siècle est composé d'une tour carrée et d'un corps de logis quasi entièrement bâtis en pierre.

La tour, dont la base épouse parfaitement le relief du promontoire rocheux, est percée sur la façade nord de deux petites portes en arc brisé, visibles depuis la ruelle qui passe devant le musée Rignault.
Réparti en trois niveaux, ce donjon médiéval était dépourvu de latrines, de cheminée et d'évier, ce qui le rendait peu adapté aux impératifs de la vie quotidienne.
Accolé à la tour et légèrement plus tardif, le logis rectangulaire était sans aucun doute bien plus confortable.
Doté à l'origine de deux étages (le dernier étant aujourd'hui remplacé par la toiture), il se distingue notamment par une grande porte en rez-de-chaussée et deux fenêtres géminées, appuyées sur le cordon qui court le long de la façade.
Classée au titre des Monuments historiques en 1923, l'Auberge des Mariniers est avant tout célèbre pour un de ses propriétaires : elle fut en effet à partir des années 1950 la résidence d'André Breton, poète et fondateur du surréalisme. (Site internet : patrimoine-lot.com)

André Breton est né le 18 février 1896 à Tinchebray, dans l'Orne. Ses origines sont bretonnes et lorraines. Élevé d'abord à Saint-Brieuc, par son grand-père maternel, il a quatre ans quand sa famille s'installe à Pantin. En 1906, il entre au collège Chaptal. À dix-sept ans, en 1913, il suit les cours du P.C.N., porte d'entrée des études médicales ; trois poèmes, dont un sonnet dédié à Paul Valéry, paraissent en mars 1914, dans La Phalange de Jean Royère. En 1915, mobilisé dans l'artillerie, il fait ses classes à Pontivy, puis est versé dans le service de santé à Nantes. Il entre en correspondance avec Guillaume Apollinaire et fait une rencontre capitale, celle de Jacques Vaché. Affecté, en 1917, au centre psychiatrique de la IIe Armée, à Saint-Dizier, il s'initie à la psychanalyse. Rappelé à Paris, il fait, auprès d'Apollinaire, la connaissance de Philippe Soupault et celle d'Aragon, dans la librairie d'Adrienne Monnier. Tous trois collaborent à Nord-Sud, revue qu'anime Pierre Reverdy. 
En 1919, André Breton publie Mont de piété, où s'affirme sa rupture avec la poétique mallarméenne, dans le temps même où, ayant fortuitement découvert l'écriture automatique, il écrit avec Philippe Soupault Les Champs magnétiques, qui paraît en 1920. Avec Aragon et Soupault, il a créé en mars 1919 la revue Littérature, qui, en un an, passe de la recherche encore éclectique du « moderne » au soutien et à l'affirmation du mouvement Dada. En septembre 1921, Breton épouse Simone Kahn. Il a déjà pris quelque distance avec Dada, mais la rupture ouverte avec Tzara n'intervient qu'au début de 1922. Dès ce temps, autour de Littérature, Nouvelle Série, un groupe est constitué, dont le Manifeste du surréalisme (1924) explicite les positions et les interrogations. Dès lors, l'histoire de Breton et celle du surréalisme se mêlent de façon indissoluble. C'est de cette période que date la publication des Pas perdus. 
La rencontre avec Nadja, rue Lafayette, en octobre 1926, est à la source d'un livre qui pose déjà les problèmes essentiels soulevés par le surréalisme (le rapport de la poésie et de la vie, le hasard, l'amour). 


Benjamin Péret, Tristan Tzara, Paul Eluard et André Breton 1922
Reconnaissant, depuis la guerre du Maroc (1925), la nécessité d'une action politique, Breton entre en 1927 au parti communiste, dont l'exclusivisme idéologique entraîne assez vite son éloignement. Il n'en continue pas moins, difficilement, à collaborer avec le Parti sur divers problèmes (question coloniale, réflexion sur la littérature), jusqu'à la rupture définitive lors du « Congrès pour la défense de la culture » en juin 1935. De ces débats, le Second Manifeste du surréalisme (1929) - suivi de ruptures et de nouvelles arrivées - comme Les Vases communicants (1932) portent la marque. En 1932 également, se consomme sur ces mêmes questions la rupture avec Aragon.
La rencontre avec Jacqueline Lamba, qui est au centre de L'Amour fou, a lieu le 29 mai 1934. C'est aussi le moment où se confirme l'audience internationale du surréalisme : voyage à Prague, aux îles Canaries, auquel se réfère le chapitre V de L'Amour fou. 
Aube, fille d'André Breton et de Jacqueline, naît à la fin de 1935: c'est à elle que s'adresse le dernier texte du livre.
En 1937, Breton dirige quelque temps une galerie surréaliste rue de Seine, à l'enseigne freudienne de Gradiva. En 1938, il est chargé de conférences sur la littérature et l'art au Mexique, où il rencontre plusieurs fois Trotski et écrit avec lui le manifeste Pour un art révolutionnaire indépendant. Au retour, il rompt avec Paul Éluard. Au moment de la guerre de 1939, André Breton est mobilisé à Poitiers. Après la débâcle, il est l'hôte à Marseille du « Comité de secours américain aux intellectuels », où il retrouve Brauner, Max Ernst, Masson, Péret. En 1941, il parvient à s'embarquer pour la Martinique, où règne le régime de Vichy; il y est d'abord interné, mais a le temps de découvrir Aimé Césaire, avant de partir pour les États-Unis. L'exil à New York est marqué par une exposition surréaliste en 1942 et la création de la revue VVV. Et c'est à New York, en 1943, qu'il rencontre Élisa, inspiratrice de la méditation d'Arcane 17. Après leur mariage, ils reviennent à Paris en 1946. Contre la mode de l'époque, Breton répudie l'asservissement aux directives d'un parti, ce qui ne l'empêchera pas d'être présent dans les combats du temps, avec une rigueur qui ne fléchit jamais. Il apporte en particulier son soutien à la lutte du Viêt-nam pour son indépendance, et pour un temps aux efforts de Gary Davis, le «  citoyen du monde », comme au combat de la Hongrie contre le joug soviétique. Des expositions, des revues marquent l'activité surréaliste d'après la guerre. Pendant la guerre d'Algérie, André Breton est un des premiers signataires du Manifeste des 121.
Au printemps de 1966, Breton fait un court voyage en Bretagne. En septembre, il est hospitalisé à Lariboisière, où il meurt le matin du 28. Ses obsèques ont lieu le 1er octobre au cimetière des Batignolles. Le faire-part de décès portait ces seuls mots :
ANDRÉ BRETON
1896-1966 
Je cherche l'or du temps

//www.quercy.net/hommes/abreton.html







André BRETON, chef de file des surréalistes a posé ses valises à Saint-Cirq Lapopie les derniers étés de sa vie. Histoire d'un coup de foudre.

 Un citoyen du monde à Saint-Cirq Lapopie
Breton – lorrain, né en Normandie, André BRETON deviendra au fil de ses rencontres et recherches « Citoyen du monde ». C'est d'ailleurs ce qui le mènera jusqu'à Saint-Cirq Lapopie en juin 1950. Aux côtés de son ami, Robert Sarazac, il vient inaugurer à Cahors la 1ère Route mondiale sans frontières. Une trentaine de kilomètres plus loin, Saint-Cirq Lapopie se mobilise pour accueillir l'une de ces bornes. La suite, c'est André Breton qui la raconte le mieux, à travers le témoignage qu'il laisse sur le livre d'or de l'association « Les Amis de Saint-Cirq » 1 an plus tard, alors qu'il a acheté l'ancienne Auberge des mariniers, dans le bas du village :
« C'est au terme de la promenade en voiture qui consacrait, en juin 1950, l'ouverture de la 1ère Route mondiale –seule route de l'espoir- que Saint-Cirq embrasé aux feux de Bengal m'est apparue –comme une rose impossible dans la nuit.
Cela dut tenir du coup de foudre si je songe que le matin suivant, je revenais dans la tentation de me poser au cœur de cette fleur : merveille, elle avait cessé de flamber, mais restait intacte.
Par-delà bien d'autres sites –d'Amérique, d'Europe- Saint-Cirq a disposé sur moi du seul enchantement : celui qui fixe à tout jamais. J'ai cessé de me désirer ailleurs. Je crois que le secret de sa poésie s'apparente à celui de certaines illuminations de Rimbaud, qu'il est le produit du plus rare équilibre dans la plus parfaite dénivellation des plans. L'énumération de ses autres ressources est très loin d'épuiser ce secret… Chaque jour au réveil, il me semble ouvrir la fenêtre sur les très riches heures, non seulement de l'Art, mais de la nature et de la Vie » (3 septembre 1951). Quel hommage, venant de celui qui se définissait comme chercheur de « l'or du temps ». Il viendra y passer tous ses étés, jusqu'à sa mort en septembre 1966.
La maison n'est pas ouverte au public, car elle a été rachetée par des particuliers. Mais elles résonne toujours de la mémoire d'André Breton, car ce sont des artistes qui aujourd'hui y vivent et y travaillent, parmi certains objets ayant appartenu à André BRETON.
 
André Breton, chef de file du Surréalisme
D'abord inspiré par le mouvement Dada avec Tristan Tzara, André Breton en marque la fin lorsqu'il fonde le Surréalisme. Le « manifeste du Surréalisme » qu'il écrit en 1924, propose un définition de cette nouvelle écriture poétique qui va à l'encontre de l'écriture automatique : « automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale ». Il prône ainsi une écriture libérée des contraintes morales et du poids de la raison dans le processus créatif.
Son objectif est d'abolir les frontières entre la réalité et l'imaginaire : 'l'imaginaire, c'est ce qui tend à devenir réel », écrivait-il.
Le mouvement surréaliste marquera les courants de pensées des années 50. De grands artistes ont animé le Surréalisme : Louis Arago, ; Paul Éluard, Robert Desnos, Antonin Artaud, Georges Bataille, pour les auteurs ; Max Ernst, Salvador Dali, René Magritte ou Juan Miro pour les peintres.
André Breton écrivait « La plus grande faiblesse de la pensée contemporaine me paraît résider dans la surestimation extravagante du connu par rapport à ce qui reste à connaître ». Alors, montrer votre force et venez à la découverte de Saint-Cirq Lapopie, si ce plus beau village de France reste à connaître pour vous…..

//www.saint-cirqlapopie.com/artistes/andre-breton-et-les-surrealistes







André Breton
 
André Breton est né le 19 février 1896 à Tinchebray, dans l'Orne et mort à Paris le 28 septembre 1966.
     La vie de Breton se confond pratiquement avec celle du mouvement dont il est sans doute le principal représentant littéraire: le surréalisme. Fortement influencé par Paul Valéry, dont il fait la connaissance en 1914, Breton rencontre successivement Jacques Vaché (1916) puis Apollinaire. En 1919, il publie ses premiers poèmes.
     C'est alors qu'il fonde avec Louis Aragon et Philippe Soupault la revue Littérature, et y publie (en collaboration avec Soupault) le premier texte surréaliste, Les Champs magnétiques . De 1919 à 1921, il participe au mouvement Dada, et étudie (influencé par Freud, qu'il rencontre en 1921) l'« automatisme psychique ». En 1924 paraît le premier Manifeste du surréalisme . Breton et ses amis fondent en même temps un « Bureau de recherches surréalistes » et une revue appelée La Révolution surréaliste. En 1930 paraît le Second Manifeste. Breton définit ainsi le terme « surréalisme » : « Automatisme pychique pur par lequel on se propose d'exprimer soit verbalement, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée... ».     Définition qui ne rend qu'imparfaitement compte du « programme » surréaliste, lequel, pareil en cela au romantisme allemand aspire à « réconcilier » le rêve et la réalité et à promouvoir une « libération totale » de l'être humain. Bien que Breton ne soit pas le seul surréaliste, il est la figure de proue du mouvement. Figure discutée, parfois autoritaire et sectaire perpétuellement en lutte contre les «déviations »: ainsi successivement de Tzara (I'un des fondateurs du mouvement Dada) d'Artaud (qui prône une « révolution » plus métaphysique) d'Éluard et d'Aragon, qui se rallient au programme révolutionnaire marxiste. Jusqu'à sa mort, Breton incarnera l'« orthodoxie » surréaliste avec une fougue et une passion qui lui sont propres. Entre-temps il aura su donner à son mouvement une ampleur quasi mondiale, tout en le dégageant des équivoques de l'engagement politique (le poète, en 1935, met fin à son "idylle » avec le parti communiste français et s'oriente vers une pensée libertaire).
    Extrait du Nouveau dictionnaire des auteurs, Laffont, 1994


    Quelques extraits du beau livre de Marguerite Bonnet, André Breton et l'aventure surréaliste, édité par José Corti en 1975 et réédité en1988.

     Cet homme de la quête n'a jamais eu le goût des voyages lointains. A l'errance de Breton, suffisent la ville et les rues ; homme du voyage intérieur, il demeure avant tout un sédentaire et un terrien : "la grande aventure mentale" est tout ce qu'il importe de courir.

    [Ses] premiers textes, tout appliqués qu'ils soient au bien-dire, nous emmènent au-delà des influences, vers les constantes d'une nature qui cherche, d'emblée, dans la culture, ce qui s'accorde à ses directions instinctives.

   A l'écoute des œuvres de son temps pour reconnaître vers quoi tend sa propre sensibilité, il la découvre plus accordée, dans ses oscillations, à l'inéprouvé, à l'inattendu, au mouvant, qu'à la permanence du connu, si parfaite qu'en soit la réalisation. Ce qui bouge, même s'il est difficile de saisir le sens du mouvement, supplante pour lui ce qui demeure.

    Il s'oppose en art à toute anecdote – "Ecrire n'est pas forcément raconter" – comme à la représentation de la vie réelle, même interprétée, la jugeant "à peine moins servile que l'imitation fidèle" ; il veut atteindre à une réalité autre qui, tangentielle à celle du monde objectif, appartient en propre à l'œuvre et impose de ne la juger que selon ses propres lois.
   (...) Fort de l'exemple de la peinture de Braque et de Picasso, c'est pour une existence pleinement autonome de l'œuvre qu'il combat, refusant de la rapporter avant tout à un réel préexistant. Mais il ne tombe pas non plus dans le formalisme : "aucune liberté formelle ne pourra jamais remplacer ce que est l'âme même de la poésie".
   (...) Ce qui vient, ce qui, furtivement, est déjà arrivé, c'est la certitude que l'écriture automatique délivre, irréfutable : il faut que le poème meure pour que la poésie vive.

    L'expérience de l'automatisme, dès le premier moment, tend à supprimer ou du moins à affaiblir l'opposition entre ce qui est en nous et ce qui est hors de nous, l'arbitraire n'étant arbitraire que pour notre ignorance et ouvrant en réalité en direction du monde comme des êtres, une autre voie de connaisssance et de communication.

    Le caractère "sans précédent" des Champs magnétiques, selon l'expression d'Aragon, leur est donné non seulement par la méthode d'édriture dont lils relèvent, mais aussi par la visée à laquelle pour Breton ils répondent. Dans la grande quête parfois hagarde où, depuis 1916, il se trouve engagé pour confondre l'aventure poétique t la vie, ils marquent un tournant, mais un tournant périlleux : "Les Champs magnétiques dit André Breton dans ses notes, "c'est le désir d'écrire un livre dangereux".

    La poésie de toutes parts, déborde les poèmes ; elle déborde le langage même ; elle se fait existence. En choisissant de s'abandonner à la parole en dérive, Breton trouve provisoirement un solution au conflit angoissant de l'écriture et du silence ÷ il n'écrit plus, il est écrit. C'est pourquoi l'écriture automatique figure alors une délivrance.

    La notion de surréalisme (…) rassemble sous l'appellation d'automatisme psychique, à côté de l'écriture, tous les modes d'expresion découverts – et à découvrir – capables d'amener au jour sans médiation réflexive les pulsions de l'inconscient dont la réalité enfouie s'oppose aux "réalités sommaires" de la conscience. Le second temps de la définition, annoncé comme l'acception philosophie du terme, vise à fonder en raison le surréalisme en l'établissant "sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d'associations négligées jusqu'à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée". C'est dire que l'homme n'est pas ce qu'il croit être et que la méthode de connaissance définie par l'automatisme lui révèlera sa vraie nature, "les étendues illimitées où se manifestent ses désirs".

   Rien dans le Manifeste ne postule une transcendance ; il n'y a pas d'ambiguïté dans la revendication qui ferme la définition ; non content d'assigner pour tâche au surréalisme l'expression du "fonctionnement réel de la pensée", Breton lui attribue le pouvoir de changer l'existence, ici et maintenant.
    Réduire le Manifeste à une déclaration de guerre à la raison est simplifier excessivement les choses ; c'est à l'avènement d'une nouvelle raison qu'il œuvre, celle qu'invoquait Rimbaud, raison plus large, capable d'intégrer l'ensemble de la réalité humaine. Alquié,[dans sa Philosophie du surréalisme] est tout à fait fondé à écrire : "le surréalisme n'aime pas perdre la raison ; il aime ce que la raison nous fait perdre".



    André Breton par lui-même :


    Pour moi, la poésie, l'art, cesse d'être une fin, devient un moyen (de réclame).
    La réclame cese d'être un moyen pour devenir un fin,
    Mort de lart (pour l'art). Démoralisation.
    Il faut naturellement prendre le mot réclame dans son sens le plus large. C'est ainsi que je menace la politique, par exemple. Le christiannisme est une réclame pour le ciel.
    (Lettre à Aragon, 13 avril 1919 ; citée dans Lautrémamont et nous).

   Il faut prendre beaucoup sur soi pour vouloir s'établir dans ces régions reculées où tout a d'abord l'air de se passer si mal, à plus forte raison pour vouloir y conduire quelqu'un. Encore n'est-on jamais sûr d'y être tout à fait.
Manifeste

    Les Champs magnétique ont été écrits en huit jours. On n'en pouvait, malgré tout, plus. Et les hallucinations guettaient. Je ne crois pas exagérer en disant que rien ne pouvait plus durer. Quelques chapitres de plus, écrits à une vitesse v''''' (beaucoup plus grande que v'') et sans doute ne serais-je pas, maintenant, à me pendher sur cet exemplaire.
   Notes

   Il est inadmissible que le langage triomphe insolemment de difficultés voulue (prosodie), que l'ambition du poète se borne à savoir danser dans l'obscurité parmi des poignards et bouteilles.
    Les Pas perdus

    …je pense aussi que la poésie, qui est tout ce qui m'a jamais souri dans la littérature, émane davantage de la vie des hommes, écrivains ou non, que de ce qu'ils ont écrit ou de ce qu'on suppose qu'ils pouvaient écrire. (...) la vie, telle que je l'entends, n'étant pas même l'ensemble des actes finalement imputables à un individu…mais la manière dont il semble avoir accepté l'inacceptable condition humaine.
   id

     On n'arrive à se faire une place au soleil que pour étouffer sous une peau de bête.
    id.

     Quand fera-t-on à l'arbitraire la place qui lui revient dans la formation des œuvres ou des idées ? Ce qui nous touche est généralement moins voulu qu'on ne croit.
    Pour Dada, Les Pas perdus.

   Tout ce que j'aime, tout ce que je pense et resens, m'incline à une philosophie particulière de l'immanence d'après laquelle la surréalité serait contenue dans la réalité même, et ne lui serait ni supérieure ni extérieure. Et réciproquement, car le contenant serait aussi le contenu. (...) C'est dire si je repousse de toutes mes forces les tentatives qui, dans l'ordre de la peinture comme de l'écriture, pourraient avoir étroitement pour conséquence de soustraire la pensée de la vie, aussi bien que de placer la vie sous l'égide de la pensée.
   Le Surréalisme et la peinture.





Les textes théoriques :
Introduction au discours sur le peu de réalité (1927) précédé par la Lettre aux voyantes (1925) et par Légitime défense (1926) Le Surréalisme et la Peinture (1928)
L'affaire Aragon devant l'opinion publique (1932),
Position politigue du surréalisme (1935),
Notes sur la poésie (1936),
Dictionnaire abrégé du surréalisme (1938),
Anthologie de l'humour noir (1940)
Prolégomènes à un troisième manifeste du surréalisme ou non (1942),
Arcane 17 (1944),
La Clé des champs (1953),
Entretiens avec Breton (1952),
Du surréalisme en ses œuvres vives (1953)
Constellations (1959),
Poésie et autre (1960),
L'Écart absolu (1965).


Le fondateur de revues :
Littérature (1919-1924)
Le Surréalisme au service de la révolution (*) (1930),
Le Surréalisme, même (1954)
La Brèche action surréaliste ( 1961).

L'œuvre poétique :
Mont de Piété (1919),
Les Champs magnétiques (1920),
Clair de Terre (1923),
Ralentir travaux (1930),
Le Revolver à cheveux blancs (1932),
L'Air de l'eau (1934),
Point du jour (1934),
L'Amour fou (1937)
Trajectoire du rêve (1938)
Fata Morgana (1942)
Ode à Charles Fourier (1947),
La Lampe dans l'horloge (1948).

L'œuvre en prose
Poisson soluble (1924),
Les Pas perdus (1924),
Nadja (1928),
L'lmmaculée Conception (1930)
L'Union libre(1931)
LesVasescommunicants (1932),
Flagrant délit (1949).

Parmi les nombreux textes de Breton sur l'art (et surtout la peinture), il faut citer L'Art magique (1957).

Les œuvres complètes d'André Breton ont été éditées par Marguerite Bonnet, Philippe Bernier, Etienne-Alain Hubert et José Pierre en Pléiade, en deux volumes, éditions Gallimarq, Tome I, 1988 ; Tome II 1992

//www.jose-corti.fr/auteursfrancais/breton2.html








AndrÉ Breton
Écrivain, poÈte et thÉoricien surrÉaliste

André Breton, né le 19 février 1896, en Normandie, était un écrivain français, poète et théoricien du surréalisme. Il est surtout connu comme étant le principal fondateur du mouvement surréaliste. Parmi ses écrits se trouve le manifeste du surréalisme de 1924 dans lequel il définit le surréalisme comme de l'automatisme psychique pur.
Il a été étudiant en médecine et en psychiatrie. Pendant la première guerre mondiale il a travaillé dans un département neurologique à Nantes. C'est à ce moment qu'il a rencontré le fils spirituel d'Alfred Jarry, Jacques Vache, dont l'attitude anti-sociale et le mépris pour les traditions artistiques établies l'ont considérablement influencé. Vache est mort à l'âge de 24 ans et les lettres qu'il avait écrites à Breton et à d'autres ont été publiées dans un volume intitulé Lettres de guerre (1919) pour lequel Breton a écrit quatre essais d'introduction.
En 1919, Breton a fondé la revue Littérature avec Louis Aragon et Philippe Soupault. Il a également connu le dadaïste Tristan Tzara. En 1924, il a contribué à la création du Bureau de la recherche surréaliste.
Dans Les champs magnétiques, une collaboration avec Soupault, il a mis en pratique les principes de l'écriture automatique.
Il a publié le Manifeste du surréalisme en 1924 et il a été rédacteur en chef de La Révolution surréaliste de 1924. Un petit groupe se forma autour de lui avec Philippe Soupault, Louis Aragon, Paul Eluard, René Crevel, Michel Leiris, Benjamin Péret, Antonin Artaud et Robert Desnos.
Soucieux de combiner les thèmes de la transformation personnelle dans les oeuvres d'Arthur Rimbaud avec la politique de Karl Marx, Breton a rejoint, en 1927, le Parti communiste français dont il a été expulsé en 1933. Pendant ce temps, il a vécu principalement grâce à la vente de peintures à partir de sa galerie d'art.
Sous la direction de Breton, le surréalisme est devenu un mouvement européen qui a influencé tous les domaines de l'art et qui a remis en question l'origine de la compréhension humaine et de la perception humaine des choses et des événements.
En 1938, Breton a accepté une commission culturelle du gouvernement français pour un voyage au Mexique. Après s'être perdu dans la ville de Mexico après une conférence tenue à l'Université nationale autonome du Mexique sur le surréalisme, Breton a déclaré « Je ne sais pas pourquoi je suis ici. Le Mexique est le pays le plus surréaliste dans le monde. »
Visiter le Mexique lui a fourni l'occasion de rencontrer Trotsky. Breton et d'autres surréalistes ont par la suite trouvé refuge dans un long voyage en bateau de Patzcuaro à la ville de Erongaricuaro. Diego Rivera et Frida Kahlo étaient parmi les visiteurs de la communauté d'intellectuels et d'artistes cachés. Ensemble, Breton et Trotsky ont écrit le manifeste Pour un art révolutionnaire indépendant (publié sous le nom de Breton et Diego Rivera) qui visait « la totale liberté de l'art », devenant de plus en plus difficile dans la situation mondiale de l'époque.
Breton a de nouveau été dans le corps médical de l'armée française au début de la Seconde Guerre mondiale.
Le gouvernement de Vichy avait interdit ses écrits comme « la négation même de la révolution nationale » et Breton avait cherché refuge aux États-Unis et dans les Caraïbes en 1941. Il y fit la connaissance de l'écrivain martiniquais Aimé Césaire et, en 1947, il écrivit l'introduction du Cahier d'un retour au pays natal de Césaire. Au cours de son exil à New York, il rencontra Elisa, une Chilienne qui allait devenir sa troisième épouse.
En 1944, il a voyagé avec Elisa en Gaspésie, au Québec, où il a écrit Arcane 17, un livre qui exprime ses craintes de la Seconde Guerre mondiale, décrit les merveilles du Rocher Percé et la fin du nord de l'Amérique du Nord, et célèbre son nouvel amour avec Elisa.
Breton revint à Paris en 1946, où il intervint contre le colonialisme français (par exemple en tant que signataire du Manifeste des 121 contre la guerre d'Algérie) et il continua, jusqu'à sa mort, à promouvoir un deuxième groupe de surréalistes sous la forme d'expositions ou de commentaires (La Brèche, 1961-1965). En 1959, André Breton organisa une exposition à Paris.
André Breton est mort en 1966, à 70 ans, et a été enterré dans le cimetière des Batignolles à Paris.
//www.le-surrealisme.com/andre-breton.html






André Breton


André Breton est un écrivain, poète, essayiste et théoricien du surréalisme, né à Tinchebray dans l'Orne, le 19 février 1896, mort à Paris le 28 septembre 1966.
Auteur des livres Nadja, L'Amour fou et des différents Manifestes du surréalisme, son rôle de chef de file du mouvement surréaliste, et son œuvre critique et théorique pour l'écriture et les arts plastiques, en font une figure majeure de l'art et de la littérature au XXe siècle.

Biographie
De la tentative d'un coup d'État poétique au Premier manifeste (1924)
Fils unique d'une famille de la petite bourgeoisie catholique dont la mère impose une éducation rigide, André Breton passe une enfance sans histoire à Pantin (Seine-St-Denis)1, dans la banlieue nord-est de Paris.
Premières rencontres décisives : Valéry, Apollinaire, Vaché
Au collège Chaptal, il suit une scolarité « moderne » (sans latin ni grec2), se fait remarquer par son professeur de rhétorique qui lui fait découvrir Charles Baudelaire et Joris-Karl Huysmans, et par son professeur de philosophie qui oppose le positivisme (« ordre et progrès ») aux pensées hégéliennes (« liberté de la conscience de soi ») qu'affectionne le jeune homme3. Il se lie d'amitié avec Théodore Fraenkel et René Hilsum qui publie ses premiers poèmes dans la revue littéraire du collège. Au dépit de ses parents qui le voyaient ingénieur, Breton entre en classe préparatoire au PCN4 avec Fraenkel.
Au début de 1914, il adresse quelques poèmes à la manière de Stéphane Mallarmé, à la revue La Phalange que dirige le poète symboliste Jean Royère. Ce dernier les publie et met Breton en relation avec Paul Valéry.
À la déclaration de guerre, le 3 août, il est avec ses parents à Lorient. Il a pour seul livre un recueil de poèmes d'Arthur Rimbaud qu'il connait mal. Jugeant sa poésie si « accordée aux circonstances », il reproche à son ami Fraenkel sa tiédeur devant « une œuvre aussi considérable ». Pour sa part, il proclame « l'infériorité artistique profonde de l'œuvre réaliste sur l'autre5. » Déclaré « bon pour le service » en janvier 1915, Breton est envoyé à Pontivy, dans l'artillerie, pour faire ses classes dans ce qu'il devrait plus tard décrire comme « un cloaque de sang, de sottise et de boue6. » La lecture d'articles d'intellectuels renommés comme Maurice Barrès ou Henri Bergson, le conforte dans son dégoût du nationalisme ambiant. Il est ensuite affecté à l'hôpital de Nantes comme interne en médecine. Il écrit sa première lettre à Guillaume Apollinaire à laquelle il joint le poème Décembre.
En février ou mars 1916, il rencontre un soldat en convalescence : Jacques Vaché. C'est le « coup de foudre » intellectuel. Aux tentations littéraires de Breton, Vaché lui oppose Alfred Jarry, la « désertion à l'intérieur de soi-même » et n'obéit qu'à une loi, l'« Umour (sans h) ». Découvrant dans un manuel7 ce que l'on nomme alors la « psychoanalyse » de Sigmund Freud8, à sa demande, Breton est affecté au Centre de neurologie à Saint-Dizier que dirige un ancien assistant du docteur Jean-Martin Charcot. En contact direct avec la folie, il refuse d'y voir seulement un déficit mental mais plutôt une capacité à la création9. Le 20 novembre 1916, Breton est envoyé au front comme brancardier.
De retour à Paris en 1917, il rencontre Pierre Reverdy avec qui il collabore à sa revue Nord-Sud et Philippe Soupault que lui présente Apollinaire : « Il faut que vous deveniez amis. » Soupault lui fait découvrir Les Chants de Maldoror de Lautréamont, qui provoquent chez lui une grande émotion10. Avec Louis Aragon dont il fait la connaissance à l'hôpital du Val-de-Grâce, ils passent leurs nuits de garde à se réciter des passages de Maldoror au milieu des « hurlements et des sanglots de terreur déclenchés par les alertes aériennes chez les malades » (Aragon).
Dans une lettre de juillet 1918 à Fraenkel, Breton évoque le projet en commun avec Aragon et Soupault, d'un livre sur quelques peintres comme Giorgio De Chirico, André Derain, Juan Gris, Henri Matisse, Picasso, Henri Rousseau... dans lesquels serait « contée à la manière anglaise » la vie de l'artiste, par Soupault, l'analyse des œuvres, par Aragon et quelques réflexions sur l'art, par Breton lui-même. Il y aurait également des poèmes de chacun en regard de quelques tableaux.
Malgré la guerre, la censure et l'esprit antigermanique, parviennent de Zurich, Berlin ou Cologne, les échos des manifestations Dada ainsi que quelques-unes de leurs publications comme le Manifeste Dada 3. Au mois de janvier 1919, profondément affecté par la mort de Jacques Vaché, Breton croit voir en Tristan Tzara la réincarnation de l'esprit de révolte de son ami : « Je ne savais plus de qui attendre le courage que vous montrez. C'est vers vous que se tournent aujourd'hui tous mes regards11. »
Littérature - Les Champs magnétiques - Dada à Paris
Projetée depuis l'été précédent par Aragon, Breton et Soupault (les « trois mousquetaires » comme les appelait Paul Valéry), la revue Littérature est créée12 dont le premier numéro paraît en février 1919. Rencontré le mois suivant, Paul Éluard est immédiatement intégré dans le groupe13.
Après la parution de Mont de piété, qui regroupe ses premiers poèmes écrits depuis 1913, Breton expérimente avec Soupault l'« écriture automatique » : textes écrits sans aucune réflexion, à différentes vitesses, sans retouche ni repentir. Les Champs magnétiques, écrit en mai et juin 1919, n'est publié qu'un an plus tard. Le succès critique en fait un ouvrage précurseur du surréalisme14.
Dans Littérature paraissent successivement les Poésies de Lautréamont15, des fragments des Champs magnétiques et l'enquête Pourquoi écrivez-vous ?, mais Breton reste insatisfait de la revue. Après avoir rencontré Francis Picabia dont l'intelligence, l'humour, le charme et la vivacité le séduisent, Breton comprend qu'il n'a rien à attendre des « aînés », ni de l'héritage d'Apollinaire : l'Esprit nouveau paré du bon sens français et son horreur du chaos16, ni du réveil de Paul Valéry17, pas plus que des « modernes » Jean Cocteau, Raymond Radiguet, Pierre Drieu La Rochelle perpétuant la tradition du roman qu'il rejette (et rejettera toujours).
Le 23 janvier 1920, Tristan Tzara arrive enfin à Paris. La déception de Breton de voir apparaître un être « si peu charismatique »[réf. nécessaire] est à la hauteur de ce qu'il en attendait. Il se voyait avec Tzara « tuer l'art », ce qui lui paraît le plus urgent à faire même si « la préparation du coup d'État peut demander des années18. » Avec Picabia et Tzara, ils organisent les manifestations Dada qui suscitent le plus souvent incompréhension, chahuts et scandales, buts recherchés. Mais dès le mois d'août, Breton prend ses distances avec Dada. Il refuse d'écrire une préface à l'ouvrage de Picabia Jésus-Christ rastaquouère : « Je ne suis même plus sûr que le dadaïsme ait gain de cause, à chaque instant je m'aperçois que je le réforme en moi19. »
À la fin de l'année, Breton est engagé par le couturier, bibliophile, et amateur d'art moderne Jacques Doucet. Ce dernier, « personnalité éprise de rare et d'impossible, juste ce qu'il faut de déséquilibre », lui commande des lettres sur la littérature et la peinture ainsi que des conseils d'achat d'œuvres d'art. Entre autres, Breton lui fera acheter le tableau Les Demoiselles d'Avignon de Picasso.
Après le « procès Barrès »20 (mai 1921), rejeté par Picabia et au cours duquel Tzara s'est complu dans une insolence potache, Breton considère le pessimisme absolu des dadaïstes comme de l'infantilisme. L'été suivant, il profite d'un séjour dans le Tyrol pour rendre visite à Sigmund Freud à Vienne, mais ce dernier garde ses distances avec le chef de file de ceux qu'il est tenté de considérer comme des « fous intégraux »21.
Rupture avec Dada - Naissance du surréalisme - Premier manifeste
En janvier 1922, Breton tente d'organiser un « Congrès international pour la détermination des directives et la défense de l'esprit moderne ». L'opposition de Tzara en empêche la tenue. Une nouvelle série de Littérature avec Breton et Soupault pour directeurs, recrute de nouveaux collaborateurs comme René Crevel, Robert Desnos, Roger Vitrac mais, définitivement hostile à Picabia, Soupault prend ses distances avec les surréalistes. Avec Crevel, Breton expérimente les sommeils hypnotiques permettant de libérer le discours de l'inconscient. Ces états de sommeil forcé vont révéler les étonnantes facultés d' « improvisation » de Benjamin Péret et de Desnos. À la fin février 1923, doutant de la sincérité des uns et craignant pour la santé mentale des autres, Breton décide d'arrêter l'expérience.
Breton semble fatigué de tout : il considère les activités de journalisme d'Aragon et Desnos, pourtant rémunératrices, comme une perte de temps. Les écrits de Picabia le déçoivent, il s'emporte contre les projets trop littéraires de ses amis — « toujours des romans ! »22. Dans un entretien avec Roger Vitrac, il confie même son intention de ne plus écrire. Cependant, au cours de l'été suivant, il écrit la plupart des poèmes de Clair de terre.
Le 15 octobre 1924, paraît, en volume séparé, Le Manifeste du surréalisme initialement prévu pour être la préface au recueil de textes automatiques Poisson soluble. Instruisant le procès de l'attitude réaliste, Breton évoque le chemin parcouru jusque-là et définit ce nouveau concept, revendique les droits de l'imagination, plaide pour le merveilleux, l'inspiration, l'enfance et le hasard objectif.
« SURRÉALISME, n. m. Automatisme psychique pur, par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale.
- Encycl. Philos. Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d'associations négligées jusqu'à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie. »
Quelques jours après, le groupe publie le pamphlet Un cadavre, écrit en réaction aux funérailles nationales faites à Anatole France : « Loti, Barrès, France, marquons tout de même d'un beau signe blanc l'année qui coucha ces trois sinistres bonshommes : l'idiot, le traitre et le policier. Avec France, c'est un peu de la servilité humaine qui s'en va. Que soit fête le jour où l'on enterre la ruse, le traditionalisme, le patriotisme et le manque de cœur ! »
« Transformer le monde » et « changer la vie » (1925-1938)
La Révolution surréaliste - Nadja- Adhésion au PCF - Premières ruptures

Le 1er décembre 1924, paraît le premier numéro de la Révolution surréaliste, l'organe du groupe que dirigent Benjamin Péret et Pierre Naville. Breton radicalise son action et sa position politique. Sa lecture de l'ouvrage de Léon Trotski sur Lénine et la guerre coloniale menée par la France dans le Rif marocain le rapproche des intellectuels communistes. Avec les collaborateurs des revues Clarté et Philosophie, les surréalistes forment un comité et rédigent un tract commun : « La Révolution d'abord et toujours ».
En janvier 1927, Aragon, Breton, Éluard, Péret et Pierre Unik adhèrent au parti communiste français. Ils s'en justifient dans le tract « Au grand jour »23. Breton est affecté à une cellule d'employés au gaz.
Le 4 octobre 1926, il rencontre dans la rue Léona Delcourt, alias Nadja24. Ils se fréquentent chaque jour jusqu'au 13 octobre25. Elle ordonne à Breton d'écrire « un roman sur moi. Prends garde : tout s'affaiblit, tout disparaît. De nous il faut que quelque chose reste... »26. Retiré au manoir d'Ango, près de Varengeville-sur-Mer, au mois d'août 1927, en compagnie d'Aragon, Breton commence l'écriture de Nadja. En novembre, à l'occasion d'une lecture qu'il fait au groupe, Breton rencontre Suzanne Muzard. C'est le coup de foudre réciproque. Bien qu'elle soit la maîtresse d'Emmanuel Berl, elle partage avec Breton une aventure passionnée et orageuse. Elle demande à Breton de divorcer d'avec Simone, ce à quoi il consent, mais freinée dans ses désirs d'aventure, par son goût du confort et de la sécurité matérielle, elle épouse Berl, sans pour autant rompre définitivement avec Breton. La relation faite de ruptures et de retrouvailles perdurera jusqu'en janvier 1931. Pour elle, Breton ajoute une troisième partie à Nadja.
Cet amour malheureux pèse sur l'humeur de Breton : mésententes dans le groupe, détachement de Robert Desnos, altercation en public avec Soupault, fermeture de la Galerie Surréaliste pour cause de gestion négligée... La parution du Second manifeste du surréalisme (décembre 1929) est l'occasion pour Breton de relancer le mouvement et, selon l'expression de Mark Polizzotti, de « [codifier] tous les changements que le mouvement a connus pendant ses cinq premières années et en particulier le passage (...) de l'automatisme psychique au militantisme politique »27. Breton est alors plongé dans la lecture de Marx, Engels et Hegel ; et la question du réel dans sa dimension politique ainsi que celle de l'engagement de l'individu occupent sa réflexion comme le précise l'incipit du livre28. Ce second manifeste est aussi l'occasion pour lui de régler ses comptes, de manière violente en maniant jusqu'à l'insulte et le sarcasme29, et de faire le point sur les remous qu'a connus le groupe ces dernières années. Breton justifie son intransigeance par sa volonté de découvrir, s'inspirant de la Phénoménologie de l'esprit, ce « point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l'incommunicable, le haut et le bas cessent d'être perçus contradictoirement. »30 Les « exclus » visés par le texte réagissent en publiant un pamphlet sur le modèle de celui écrit contre Anatole France quelques années plus tôt et en reprennent le même titre, « Un cadavre ». Dès lors, les adversaires sacrent ironiquement Breton « Pape du surréalisme »31. L'humeur sombre de Breton s'exprime pleinement dans ce que Mark Polizzotti appelle le « passage le plus sinistre du manifeste » et qui est selon lui le reflet d'une grande « amertume personnelle »32, une phrase souvent citée et reprochée à Breton, notamment par Albert Camus : « L'acte surréaliste le plus simple consiste, révolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu'on peut, dans la foule. »33 Marguerite Bonnet relève qu'une phrase très proche figurait déjà dans un article publié en 1925 dans le numéro 2 de La Révolution surréaliste et qu'elle n'avait pas, en son temps, retenu l'attention. Elle avance que Breton fait allusion à la figure d'Émile Henry qui, peu après son arrestation a prétendu s'appeler « Breton » et suggère qu'« une sorte de lent transfert, de nature presque onirique, cheminant dans les zones les plus mystérieuses de la sensibilité, aurait ainsi préparé en [Breton] la tentation fugitive de s'identifier à l'ange exterminateur de l'anarchie »34.
« SASDLR » - Rupture avec Aragon - « L'Amour fou » - Rupture avec Éluard
La Révolution surréaliste fait place au Surréalisme au service de la Révolution (SASDLR). Le titre de la revue est d'Aragon. Breton et André Thirion lancent l'idée d'une Association des écrivains et artistes révolutionnaires. Cette association est effectivement créée en janvier 1932 par les instances dirigeantes du parti communiste français, mais ni Breton ni Thirion n'ont été sollicités et leur adhésion ainsi que celle d'autres surréalistes n'est prise en compte qu'à la fin de 1932. Dès cette époque, les surréalistes se retrouvent au sein de l'AEAR sur les positions de l'Opposition de gauche.
Même s'il ne désespère pas de pouvoir orienter l'action culturelle du Parti et récupérer les forces psychiques dispersées, en conciliant le freudisme avec le marxisme au service du prolétariat, Breton ne cesse de se heurter à l'incompréhension et la défiance croissante venant de la direction du Parti communiste.
Quand il dénonce la censure de l'activité poétique par l'autorité politique qui frappe le poème d'Aragon Front rouge, sans cacher le peu d'estime qu'il a pour ce texte de pure propagande, Breton n'en défend pas moins son auteur (Misère de la poésie), Aragon désavoue cette défense et provoque la rupture définitive et Paul Vaillant-Couturier lui reproche un texte de Ferdinand Alquié, publié dans SASDLR, dénonçant le « vent de crétinisation systématique qui souffle de l'URSS ».
En réponse aux violentes manifestations fascistes du 6 février 1934, devant l'Assemblée nationale, Breton lance un Appel à la lutte à destination de toutes les organisations de gauche. Sollicité, Léon Blum refuse poliment son soutien.
En 1934, Breton rencontre Jacqueline Lamba dans des circonstances proches de celles évoquées dans le poème Tournesol écrit en 1923. De cette rencontre et des premiers moments de leur amour, Breton écrit le récit L'Amour fou. De leur union naîtra une fille, Aube.
En juin 1935, Breton écrit un discours qu'il doit prononcer au Congrès des écrivains pour la défense de la culture. « "Transformer le monde ", a dit Marx35 ; "Changer la vie ", a dit Rimbaud36 ; ces deux mots d'ordre pour nous n'en font qu'un » est la conclusion de ce discours. Mais à la suite d'une violente altercation avec Ilya Ehrenbourg, ce dernier, délégué de la représentation soviétique, ayant calomnié les surréalistes, la participation de Breton est annulée. Il fallut le suicide de René Crevel pour que les organisateurs concèdent à Éluard de lire le texte. La rupture définitive avec le Parti est consommée avec le tract « Du temps où les surréalistes avaient raison ».
En 1938, Breton organise la première Exposition internationale du surréalisme à Paris. À cette occasion, il prononce une conférence sur l'humour noir. Cette même année, il voyage au Mexique et rencontre les peintres Frida Kahlo et Diego Rivera, ainsi que Léon Trotski avec qui il écrit le manifeste Pour un art révolutionnaire indépendant, qui donne lieu à la constitution d'une Fédération internationale de l'art révolutionnaire indépendant (FIARI). Cette initiative est à l'origine de la rupture avec Éluard.
De l'exil à l'insoumission (1939-1966)
Marseille - Martinique - New York
Mobilisé dès septembre 1939, Breton est affecté en janvier 1940 à l'école prémilitaire aérienne de Poitiers comme médecin37. Le jour de l'armistice (17 juin), il est en « zone non-occupée » et trouve refuge chez Pierre Mabille, le médecin qui a accouché Jacqueline, à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), puis il est rejoint par Jacqueline et leur fille Aube, à la villa Air-Bel, à Marseille, siège du Comité américain de secours aux intellectuels créé par Varian Fry. Dans l'attente d'un visa, les surréalistes38 reconstituent un groupe et trompent l'ennui et l'attente par des cadavres exquis dessinés et la création d'un tarot de Marseille. À l'occasion d'une visite à Marseille du maréchal Pétain, André Breton, dénoncé comme « anarchiste dangereux », est préventivement emprisonné sur un navire pendant quatre jours, tandis que la censure de Vichy interdit la publication de l'Anthologie de l'humour noir et de Fata morgana.
Breton embarque à destination de New York le 25 mars 1941 avec Wifredo Lam et Claude Lévi-Strauss. À l'escale de Fort-de-France (Martinique), Breton est interné puis libéré sous caution. Il rencontre Aimé Césaire. Le 14 juillet, il arrive à New York.
Avec Marcel Duchamp, Breton fonde la revue VVV et Pierre Lazareff l'engage comme « speaker »39 pour les émissions de la radio la Voix de l'Amérique à destination de la France. Jacqueline le quitte pour le peintre David Hare.
Le 10 décembre 1943, Breton rencontre Elisa Claro. Ensemble, ils voyagent jusqu'à la péninsule de la Gaspésie, à l'extrémité sud-est du Québec. Dès son retour à New-York, il publie Arcane 17 né du « désir d'écrire un livre autour de l'Arcane 1740 en prenant pour modèle une dame que j'aime... »
Pour régler les questions pratiques de divorce et de remariage, Breton et Élisa se rendent à Reno dans le Nevada. Il en profite pour visiter les réserves des indiens Hopis et Zunis, emportant avec lui des ouvrages de Charles Fourier.
Haïti - Retour en France - Nouvelles polémiques et nouvelles expositions
En décembre 1945, à l'invitation de Pierre Mabille, nommé attaché culturel à Pointe-à-Pitre, Breton se rend en Haïti pour y prononcer une série de conférences. Sa présence coïncide avec un soulèvement populaire qui renverse le gouvernement en place41. Accompagné de Wilfredo Lam, il rencontre les artistes du Centre d'Art de Port-au-Prince et achète plusieurs toiles à Hector Hyppolite, contribuant à lancer l'intérêt pour la peinture populaire haïtienne. Le 25 mai 1946, il est de retour en France.
Dès le mois de juin, il est invité à la soirée d'hommages rendus à Antonin Artaud. C'est d'une voix vive et ferme que Breton prononce enfin les « deux mots d'ordre qui n'en font qu'un : "transformer le monde" et "changer la vie"42. »
Malgré les difficultés de la reconstruction de la France et le début de la guerre froide, Breton entend poursuivre sans aucune inflexion les activités du surréalisme. Et les polémiques reprennent et se succèdent : contre Tristan Tzara se présentant comme le nouveau chef de file du surréalisme, contre Jean-Paul Sartre qui considérait les surréalistes comme des petits-bourgeois, contre des universitaires, en démontant la supercherie d'un soi-disant inédit d'Arthur Rimbaud, contre Albert Camus et les chapitres que celui-ci consacre à Lautréamont et au surréalisme dans L'Homme révolté.
Il retrouve Georges Bataille pour une nouvelle Exposition internationale du surréalisme dédiée à Éros, donne fréquemment son concours pour nombre d'artistes inconnus en préfaçant les catalogues d'exposition, et participe à plusieurs revues surréalistes comme Néon, Médium, Le Surréalisme même, Bief, La Brêche...
À partir de 1947, André Breton s'intéresse de près à l'Art brut. Avec Jean Dubuffet il participe à la création de la Compagnie de l'Art brut, officiellement créée en juillet 1948, qui aurait pour objet de « rassembler, conserver et exposer les œuvres des malades mentaux43. »
En 1950, il cosigne avec Suzanne Labin une lettre circulaire datée du 8 mars 1950, proposant de « créer un foyer de culture libre face à l'obscurantisme envahissant, en particulier l'obscurantisme stalinien », et proposant la constitution d'un comité de patronage :
« Des intellectuels français qui n'entendent pas abdiquer et qui ne disposaient jusqu'ici d'aucune tribune, alors que d'innombrables publications staliniennes déshonorent chaque jour la culture, se proposent de relever le défi dans le secteur de la civilisation dont ils ont la charge. Ils veulent fonder à cet effet une revue littéraire et idéologique où les grandes traditions du libre examen seraient reprises et revivifiées. »
— (Projet pour une revue culturelle, document dactylographié, fonds Alfred Rosmer, Le Musée social, CEDIAS)
Parmi les personnalités pressenties pour le Comité de patronage on trouve Albert Camus, René Char, Henri Frenay, André Gide, Ernest Hemingway, Sidney Hook, Aldous Huxley, Ignazio Silone et Richard Wright. D'après Suzanne Labin : « Tous les membres du Comité de patronage ont répondu positivement à nos propositions. Aucun n'a formulé de désaccord. Le projet n'a finalement pas abouti en raison de difficultés financières, pas du tout en raison de divergences idéologiques44. »
En 1954, un projet d'action commune avec l'Internationale lettriste contre la célébration du centenaire de Rimbaud échoue lorsque les surréalistes refusent la « phraséologie marxiste » proposée par les lettristes dans le tract commun. Breton est alors pris à partie par Gil Joseph Wolman et Guy Debord qui soulignent dans un texte sur le mode allégorique sa perte de vitesse au sein du mouvement45. De 1953 à 1957 il dirige, pour le Club français du livre, la publication des 5 volumes de Formes de l'Art, dont il rédige lui-même le premier tome : L'Art magique.

En 1960, il signe le « Manifeste des 121 », déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie.
En 1965, il organise la 9e Exposition internationale surréaliste intitulée L'Écart absolu en référence à l'utopie fouriériste.
Le 27 septembre 1966, souffrant d'une insuffisance respiratoire, André Breton est rapatrié de Saint-Cirq-Lapopie, le village du Lot qu'il avait élu en 195046. Il meurt le lendemain à l'hôpital Lariboisière à Paris.
Sur sa tombe, décorée simplement d'un octaèdre étoilé, au cimetière des Batignolles, à Paris (17e), est gravée l'épitaphe : « Je cherche l'or du temps47. »
Commentaires
    •    « Héraclite mourant, Pierre de Lune, Sade, le cyclone à tête de grain de millet, le tamanoir : son plus grand désir eût été d'appartenir à la famille des grands indésirables. » (« Jugement de l'auteur sur lui-même », Œuvres complètes, tome II, p. 663.)
    •    « Le poète et le moraliste ne sont jamais si bien accordés en lui que pour soutenir et pour illustrer deux causes qui dans son esprit n'en font qu'une : celle de la femme et celle de l'amour [...] Ce grand flamboyant était le moins timide de tous les écrivains français modernes. » (André Pieyre de Mandiargues, Troisième Belvédère, Gallimard, 1971)
« Un théoricien amoureux de la théorie »
« Il y a à la base de toute réflexion profonde un sentiment si parfait de notre dénuement que l'optimisme ne saurait y présider... Je me crois sensible autant qu'il se peut à un rayon de soleil mais cela n'empêche pas de constater que mon pouvoir est insignifiant... Je rends justice à l'art en mon for intérieur mais je me défie des causes en apparence les plus nobles48. »
Visage décidé, menton en avant, le coin de la lèvre inférieure affaissé à cause de la pipe49, chevelure léonine tirée en arrière, le regard fixant l'invisible, André Breton a incarné le surréalisme cinquante ans durant, malgré lui et en dépit du rejet des institutions et des honneurs constamment exprimés.
Toute sa vie, Breton a tenté d'emprunter d'un même front, trois chemins : la poésie, l'amour, la liberté50.
Très tôt, il s'est méfié des romans et leurs auteurs lui donnent l'impression qu'ils s'amusent à ses dépens51. De manière générale, il rejette « l'esprit français » fait de blasement, d'atonie profonde qui se dissimule sous le masque de la légèreté, de la suffisance, du sens commun le plus éculé se prenant pour le bon sens, du scepticisme non éclairé, de la roublardise50. « Avec Breton, le merveilleux remplace les exhibitions nihilistes et l'irrationnel ouvre les portes étroites du réel sans vrai retour au symbolisme », Hubert Haddad52.
Pour abolir les conformismes et les préjugés, combattre le rationalisme, Breton usera de la poésie comme d'une arme aux multiples facettes que sont l'imagination, « qui fait à elle seule les choses réelles »53, l'émerveillement, les récits de rêves et les surprises du hasard, l'écriture automatique, les raccourcis de la métaphore et l'image. « Que font la poésie et l'art ? Ils vantent. L'objet de la réclame est aussi de vanter. La puissance de la réclame est bien supérieure à celle de la poésie [...] La poésie a toujours été regardée comme une fin. J'en fais un moyen. C'est la mort de l'art (de l'art pour l'art). Les autres arts suivent la poésie. »54
Il s'agit de « retrouver le secret d'un langage dont les éléments cessassent de se comporter en épaves à la surface d'une mer morte. »55
Pour réussir son entreprise de subversion poétique Breton s'est gardé de tout travail quotidien alimentaire, allant jusqu'à défendre à ses amis les plus proches (Aragon, Desnos) de se commettre dans le journalisme. « La révélation du sens de sa propre vie ne s'obtient pas au prix du travail. [...] Rien ne sert d'être vivant, s'il faut qu'on travaille56. »
Pour Breton, l'amour, comme le rêve, est une merveille où l'homme retrouve le contact avec les forces profondes. Amoureux de l'amour et de LA Femme, il dénonce la société pour avoir trop souvent fait des relations de l'homme et de la femme une malédiction d'où serait née l'idée mystique de l'amour unique. L'amour « ouvre les portes du monde où, par définition, il ne saurait plus être question de mal, de chute ou de péché »55. « Il n'est pas de solution hors l'amour57. »
« Je n'ai pas connu d'homme qui ait une plus grande capacité d'amour. Un plus grand pouvoir d'aimer la grandeur de la vie et l'on ne comprend rien à ses haines, si l'on ne sait pas qu'il s'agissait pour lui de protéger la qualité même de son amour de la vie, du merveilleux de la vie. Breton aimait comme un cœur bat. Il était l'amant de l'amour dans un monde qui croit à la prostitution. C'est là son signe », Marcel Duchamp58.
Particulièrement attaché à la métaphore de la « maison de verre »56, Breton s'est livré dans les « Vases Communicants » à une analyse de quelques-uns de ses rêves comme s'il n'existait aucune frontière entre le conscient et l'inconscient. Pour lui, le rêve est l'émanation de ses pulsions profondes qui lui indique une solution que le recours à l'activité consciente ne peut lui apporter.
Les adversaires de Breton l'ont nommé, par dérision parfois, avec véhémence souvent, le « pape du surréalisme ». Or, si l'auteur des Manifestes a constamment influé sur la ligne directrice du mouvement, il s'est toujours gardé d'apparaître comme un « chef de file », même s'il a pu se montrer intransigeant, voire intolérant, lorsqu'il considérait que l'intégrité du mouvement surréaliste était en péril. Toute idée de contrainte, militaire, cléricale ou sociale, a toujours suscité en lui une révolte profonde.
Présentant ce qu'ont toujours été ses objectifs, Breton écrit : « La vraie vie est absente », disait déjà Rimbaud. Ce sera l'instant à ne pas laisser passer pour la reconquérir. Dans tous les domaines, je pense qu'il faudra apporter à cette recherche toute l'audace dont l'homme est capable. » Et Breton ajoute quelques mots d'ordre :
« Foi persistante dans l'automatisme comme sonde, espoir persistant dans la « dialectique » (celle d'Héraclite, de Maître Eckhart, de Hegel) pour la résolution des antinomies qui accablent l'homme, reconnaissance du « hasard objectif » comme indice de réconciliation possible des fins de la nature et des fins de l'homme aux yeux de ce dernier, volonté d'incorporation permanente à l'appareil psychique de l' «humour noir » qui, à une certaine température peut seul jouer le rôle de soupape, préparation d'ordre pratique à une intervention sur la vie mythique, qui prenne d'abord, sur la plus grande échelle, figure de nettoyage. »
— La Clé des champs
Ce que Breton réhabilite sous le nom de « hasard objectif », c'est la vieille croyance en la rencontre entre le désir humain et les forces mystérieuses qui agissent en vue de sa réalisation. Mais cette notion est dépourvue à ses yeux de tout fondement mystique. Il se base sur ses expériences personnelles de « synchronicités »59 et sur les expérimentations en métapsychique qu'il a observées à l'Institut métapsychique international60.
Pour souligner son accord avec le matérialisme dialectique, il cite Friedrich Engels : « La causalité ne peut être comprise qu'en liaison avec la catégorie du hasard objectif, forme de manifestation de la nécessité61. » Dans ses œuvres, le poète analyse longuement les phénomènes de hasard objectif dont il a été le bénéficiaire bouleversé. Nadja semble posséder un pouvoir médiumnique qui lui permet de prédire certains événements. Ainsi annonce-t-elle que telle fenêtre va s'éclairer d'une lumière rouge, ce qui se produit presque immédiatement aux yeux d'un Breton émerveillé. Michel Zéraffa a tenté de résumer ainsi la théorie de Breton : « Le cosmos est un cryptogramme qui contient un décrypteur : l'homme. »62 Ainsi mesure-t-on l'évolution de l'Art poétique du symbolisme au surréalisme, de Gérard de Nerval et Charles Baudelaire à Breton63.
L'« humour noir », expression dont le sens moderne a été construit par Breton64, est un des ressorts essentiels du surréalisme. La négation du principe de réalité qu'il comporte en est le fondement même. Selon Étienne-Alain Hubert « l'humour, loin d'être un exercice brillant, engage des zones profondes de l'être et [...] dans les formes les plus authentiques et les plus neuves qu'il connaît alors, il se profile sur un arrière-fond de désespoir. » 65. Il publie en 1940 une Anthologie de l'humour noir. Pour Michel Carrouges il faut parler, à propos de l'œuvre de Breton comme de celle de Benjamin Péret, d'une « synthèse de l'imitation de la nature sous ses formes accidentelles, d'une part, et de l'humour, d'autre part, en tant que triomphe paradoxal du principe de plaisir sur les conditions réelles. »[citation nécessaire]

Notes et références
    1.    ↑ Département de la Seine à l'époque.
    2.    ↑ Instituée après la réforme de 1902 qui crée, à côté des « sections classiques » (centrées autour des Humanités latines et grecques) les « sections modernes », tournées vers les cultures anglo-saxonnes et ouvertes sur la science et la technologie. Selon plusieurs spécialistes de l'œuvre d'André Breton (Henri Béhar, Marguerite Bonnet …), cette orientation n'a pas été sans influencer l'iconoclasme de ses goûts littéraires ultérieurs (cf. à ce propos Norbert Bandier, « André Breton et la culture classique », in "Europe", mars 1991, p.23.)
    3.    ↑ Biro & Passeron, p. 64;
    4.    ↑ Physique, chimie et sciences naturelles.
    5.    ↑ Bonnet, OC 1, p. XXXI.
    6.    ↑ Cf. La parole est à monsieur André Breton [archive], entretien avec André Parinaud no 2 (1952)
    7.    ↑ des Docteurs Régis & Hénard
    8.    ↑ Jean-Bertrand Pontalis « Les Vases non communicants. Le malentendu André Breton - Freud », in Sigmund Freud House Bulletin, vol. 2, n° 1, Vienne, 1978 (texte déjà paru dans Nouvelle Revue française après une conférence du 24 novembre 1977 « Les vases non communicants » [archive].
    9.    ↑ Bonnet, OC 1, p. ?
    10.    ↑ Chronologie des années 1914-1931 de Philippe Soupault établie par Lydie Lachenal, in « Philippe Soupault. Littérature et le reste », Gallimard, Paris, 2006, page 322.
    11.    ↑ Lettre à Tristan Tzara du 22 janvier.
    12.    ↑ Consultable sur melusine.univ-paris3.fr [archive].
    13.    ↑ Une première fois, l'année précédente, à l'occasion d'une représentation de « Couleurs du temps » d'Apollinaire, Éluard aborda Breton, mais, à cause de sa timidité, il avait prétexté une confusion de personne.
    14.    ↑ André Malraux dans Action : « Ce livre crée un poncif au point que c'est lui que citeront les critiques de 1970 lorsqu'il sera question de l'état d'esprit des artistes de 1920. »
    15.    ↑ De ce recueil introuvable depuis sa première publication, Breton en a recopié intégralement l'exemplaire déposé à la Bibliothèque nationale.
    16.    ↑ Conférence d'Apollinaire de novembre 1917.
    17.    ↑ Publication de La Jeune Parque après un silence de quinze ans. Breton : « Monsieur Teste était trahi », « Entretiens avec André Parinaud » 1952.
    18.    ↑ Lettres à Tristan Tzara des 4 et 20 avril 1919, in, Daix p. 57.
    19.    ↑ Lettre à Simone Breton.
    20.    ↑ « Mise en accusation et jugement de Maurice Barrès pour crime contre la sûreté de l'esprit. »
    21.    ↑ François Migeot « Que diable allait-il faire dans cette galère ? Breton et la psychanalyse », in Europe, mars 1991, p. 126 à 129. Selon Migeot, Freud, qui escomptait la reconnaissance du milieu médical pour introduire la psychanalyse en France, « craignait le scandale » et désirait rien moins que de devenir le « saint patron » des surréalistes.
    22.    ↑ Lettre à Simone Breton du 19 juillet, cité in Bonnet, p. XLIV.
    23.    ↑ José Pierre, Tracts surréalistes et déclarations collectives, Paris, Éric Losfeld, 1980
    24.    ↑ Nadja, pseudonyme de Léona Delcourt, « parce que en russe c'est le commencement du mot espérance, et parce que ce n'en est que le commencement ». Pour plus de détails biographiques, voir OC 1, page 1 508 et suivantes.
    25.    ↑ Ils se reverront encore deux fois au moins, en novembre, quand Nadja ayant lu un « compte rendu » de Breton de leur liaison ne se reconnaîtra pas. À son tour, elle écrira son récit sur un cahier. Breton gardera ce cahier, qu'il trouve un peu « pot-au-feu », jusqu'en février de l'année suivante. G. Sebbag « André Breton, l'amour-folie », Jean-Michel Place, 2004, p. 51.
    26.    ↑ OC 1, page 708.
    27.    ↑ Mark Polizzotti, op. cit., p. 366.
    28.    ↑ « En dépit des démarches particulières à chacun de ceux qui s'en sont réclamés ou s'en réclament, on finira bien par accorder que le surréalisme ne tendit à rien tant qu'à provoquer, au point de vue intellectuel et moral, une "crise de conscience" de l'espèce la plus générale et la plus grave et que l'obtention ou la non-obtention de ce résultat peut seule décider de sa réussite ou de son échec historique », André Breton, Œuvres complètes – I, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1988, p. 781.
    29.    ↑ André Breton, Œuvres complètes – I, op. cit., p. 787.
    30.    ↑ André Breton, Œuvres complètes – I, op. cit., p. 781.
    31.    ↑ Surnom tiré du texte de Georges Ribemont-Dessaignes Papologie d'André Breton.
    32.    ↑ Mark Polizzotti, op. cit., p. 371.
    33.    ↑ André Breton, Œuvres complètes – I, op. cit., p. 782-783. Breton enchaîne immédiatement sur la phrase en précisant : « Qui n'a pas eu, au moins une fois, envie d'en finir de la sorte avec le petit système d'avilissement et de crétinisation en vigueur a sa place toute marquée dans cette foule, ventre à hauteur de canon. » Un appel de note permet à Breton, pleinement conscient de son effet, de développer son propos et de réfuter par avance toute critique : « cet acte que je dis le plus simple, il est clair que mon intention n'est pas de le recommander entre tous parce qu'il est simple et me chercher querelle à ce propos revient à demander bourgeoisement à tout non-conformiste pourquoi il ne se suicide pas, à tout révolutionnaire pourquoi il ne va pas vivre en URSS », ibid., p. 783.
    34.    ↑ Marguerite Bonnet, André Breton, naissance du surréalisme, Librairie José Corti, Paris, 1975, p. 64-65.
    35.    ↑ Karl Marx, Philosophie, « Thèses sur Feuerbach », XIe thèse, Gallimard, « Folio essais », p. 235.
    36.    ↑ Arthur Rimbaud, Une saison en enfer, « Délires I. Vierge folle », Gallimard, « Folio classique ». p. 189.
    37.    ↑ Christian Richard, 1939-1945 : la guerre aérienne dans la Vienne, Geste éditions, 2005. 348 p. (ISBN 2-84561-203-6) , p. 22
    38.    ↑ Victor Brauner, Frédéric Delanglade, Óscar Domínguez, Max Ernst, Wifredo Lam, André Masson et Benjamin Péret. René Char viendra leur rendre visite en voisin et aidera Brauner à se cacher en Provence.
    39.    ↑ Pour lire des textes qu'il n'a pas écrits. Béhar
    40.    ↑ Du tarot de Marseille. Le manuscrit d'Arcane 17 est conservé à la bibliothèque Jacques-Doucet à Paris. Il est reproduit aux éditions Biro, Paris, 2009.
    41.    ↑ Henri Béhar parle d'une tentative de manipulation de Breton par les militaires pour mettre en place une dictature.
    42.    ↑ Extrait du discours d'André Breton gravé sur un compact-disc inséré dans l'édition de 2006 des Nouveaux cahiers de Rodez d'Antonin Artaud, Gallimard, L'Imaginaire.
    43.    ↑ Mark Polizzotti, André Breton, Gallimard, 1999, p. 634.
    44.    ↑ S. Labin à G. Roche, novembre 1983, cité par Myriam Boucharenc, L'Universel Reportage, p. 92, note 18.
    45.    ↑ Mark Polizzotti, op. cit., p. 676.
    46.    ↑ Il y habitait l'ancienne auberge des mariniers visible sur le site Quercy Tourisme [archive].
    47.    ↑ Citation extraite d'Introduction au discours sur le peu de réalité, éd. Folio, p. 9.
    48.    ↑ Lettre à Jacques Doucet, 1er février 1929
    49.    ↑ Voir la photo du moulage en plâtre de son visage réalisé en 1929. Béhar, p. 264
    50.    ↑ a et b Arcane 17
    51.    ↑ « Premier manifeste du surréalisme »
    52.    ↑ Le Nouveau Magasin d'écriture, Zulma, 2006, p. 97.
    53.    ↑ « Premier manifeste... »
    54.    ↑ Lettre à Aragon du 13 avril 1920. Pierre Daix « La Vie quotidienne des surréalistes », Hachette, Paris, 1993, p. 56
    55.    ↑ a et b « Du surréalisme en ses œuvres vives »
    56.    ↑ a et b Nadja
    57.    ↑ Béhar, p. 245
    58.    ↑ Déclaration de 1966 citée dans P. Audoin Les Surréalistes, Le Seuil, 1973, p. 19.
    59.    ↑ Pierre Bayard « Demain est écrit », éditions de Minuit, Paris, 2005
    60.    ↑ Breton et son intérêt pour la métapsychique Breton et son intérêt pour la métapsychique [archive].
    61.    ↑ Les vases communicants (1932), OC2, p. 168. Cette phrase n'a été retrouvée ni dans l'œuvre d'Engels ni dans celle de la littérature révolutionnaire de l'époque selon les recherches menées par Marguerite Bonnet et Etienne-Alain Hubert même si certains de ses propos épistolaires en sont proches, cf. Notice, pp. 1363-1365.
    62.    ↑ « Le surréalisme », entretiens dirigés par F. Alquié
    63.    ↑ « La Nature est un temple où de vivants piliers / Laissent parfois sortir de confuses paroles ; / L'homme y passe à travers des forêts de symboles / Qui l'observent avec des regards familiers. » « Correspondances », Les Fleurs du mal
    64.    ↑ Étienne-Alain Hubert, « Notice » in André Breton, Œuvres complètes – II, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1992, p. 1761. Selon Henri Béhar, André Breton lui-même déclara ne pas revendiquer la paternité de l'expression « humour noir », que Huysmans avait employée en 1885 (en parlant de lui-même sous le pseudonyme d'A. Meunier) et Ernst en 1936. (Henri Béhar, Collaborateur Collectif, Mexique, miroir magnétique, L'Âge d'homme, 1999, p. 51, partiellement consultable sur Google Books [archive].) Le texte dans lequel J.-K. Huysmans s'attribue « une pincée d'humour noir » fut publié dans Les Hommes d'aujourd'hui, L. Vanier, 1885, n° 263. Il est reproduit dans le Cahier de l'Herne consacré à J.-K. Huysmans, 1985, pp. 25-29, et, partiellement, dans J.-K. Huysmans, À rebours, présentation par Daniel Grojnowski, GF Flammarion, 2004, pp. 318-320 (p. 318 pour l'expression « pincée d'humour noir »).
    65.    ↑ Étienne-Alain Hubert, « Notice » in André Breton, Œuvres complètes – II, op. cit., p. 1755.
    66.    ↑ La réédition de 1963 est augmentée d'un avant-dire et de quelques photos indisponibles au moment de la première édition, comme ce mannequin de cire du musée Grévin, « adorable leurre [...], feignant de se dérober dans l'ombre pour attacher sa jarretelle ». (Breton, OC 1, p. 746).
    67.    ↑ Radio France a édité ces entretiens en deux cassettes audio.
    68.    ↑ Complément de programme du DVD « L'Invention du monde » de Michel Zimbaca et Jean-Louis Bédouin (1952), co-édition "Choses Vues", CBC et Radio-Canada, 2010. Pas de date précise de l'enregistrement, mais Breton évoque la mort de Benjamin Péret survenue trois mois auparavant (18 septembre 1959). L'équipe canadienne est venue à Paris faire un reportage sur deux artistes canadiens Jean Benoît et Mimi Parent participant à l'exposition surréaliste "EROS" à la galerie Cordier en décembre 1959.

//fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Breton









les citations d'André Breton

Il faut que l'homme passe, avec armes et bagages, du côté de l'homme.

Est-il vrai que l'au-delà, tout l'au-delà soit dans cette vie?

Errez, à vos côtés viendront se fixer les ailes de l'augure.

En matière de révolte, aucun de nous ne doit avoir besoin d'ancêtres.

Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout.

Dis ce qui est dessous, parle...

Deux mains qui se cherchent c'est assez pour le toit de demain.

Chère imagination, ce que j'aime surtout en toi, c'est que tu ne pardonnes pas.

Ce qu'on cache ne vaut ni plus ni moins que ce qu'on trouve.

Aucune vérité ne mérite de demeurer exemplaire.

Les mots font l'amour.

La poésie n'a de rôle à jouer qu'au-delà de la philosophie.

La beauté sera convulsive ou ne sera pas.

L'oeil existe à l'état sauvage.

L'imaginaire est ce qui tend à devenir réel.

L'homme, ce rêveur définitif...

L'homme propose et dispose. Il ne tient qu'à lui de s'appartenir tout entier.

L'histoire tombe au-dehors comme la neige.

L'amour est toujours devant vous. Aimez.

Je cherche l'or du temps.

Est-il vrai que Y au-delà, tout l'au-delà soit dans cette vie? Je ne vous entends pas. Qui vive? Est-ce moi seul? Est-ce moi-même ?

""Transformer le monde"", a dit Marx; ""changer la vie"", a dit Rimbaud: ces deux mots d'ordre pour nous ne font qu'un.

Aimer ou ne pas aimer, voilà la question, — la question à laquelle un révolutionnaire devrait pouvoir répondre sans ambages.

Amour, seul amour qui soit, amour charnel, j'adore, je n'ai jamais cessé d'adorer ton ombre vénéneuse, ton ombre mortelle.

La beauté convulsive sera érotique-voilée, explosante-fixe , magique-circonstancielle ou ne sera pas.

Dialogue : ""Où est-on mieux qu'au sein de sa famille ? — Partout ailleurs.""

Rien ne sert d'être vivant, s'il faut que l'on travaille.

Rien de ce qui nous entoure ne nous est objet, tout nous est sujet.

Privez-vous. La révélation est fille du refus.

Ne pas alourdir ses pensées du poids de ses souliers.

C'est par la force des images que, par la suite des temps, pourraient bien s'accomplir les ""vraies"" révolutions.

Le plus beau présent de la vie est la liberté qu'elle vous laisse d'en sortir à votre heure.

[...] coincidences Véritables fanaux dans la nuit du sens.

L'art à tort tant décrié de brûler la chandelle par les deux bouts [...]

Le temps serait venu de faire valoir les idées de la femme aux dépens de celles de l'homme, dont la faillite se consomme assez tumultueusement aujourd'hui. ...

Je l'avoue, j'ai passé comme un fou dans les salles glissantes des musées: je ne suis pas le seul.

Tout est à faire, tous les moyens doivent être bons à employer pour ruiner les idées de famille, de patrie, de religion.

Imagination n'est par don mais par excellence objet de conquête.

Le dadaïsme, comme tant d'autres choses, n'a été pour certains qu'une manière de s'asseoir.

II est des sophismes infiniment plus significatifs et plus lourds de portée que les vérités les moins contestables.

Tout porte à croire qu'il existe un certain point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et le futur, le communicable et ...

L'acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu'on peut, dans la foule.

Un mot et tout est sauvé Un mot et tout est perdu.

Il semble que de toutes parts la civilisation bourgeoise se trouve plus inexorablement condamnée du fait de son manque absolu de justification poétique. ...

La vie est donnée à l'homme avec des séductions comparables à celles que doit offrir aux fourmis la langue du fourmilier.

Au grand scandale des uns sous l'œil à peine moins sévère des autres soulevant son poids d'ailes ta liberté.

Le merveilleux est toujours beau, n'importe quel merveilleux est beau, il n'y a même que le merveilleux qui soit beau.

Les dons les plus précieux de l'esprit ne résistent pas à la perte d'une parcelle d'honneur.

Les confidences de fous, je passerais ma vie à les provoquer. Ce sont gens d'une honnêteté scrupuleuse, et dont l'innocence n'a d'égale que la mienne. ...

C'est vivre et cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L'existence est ailleurs.

Tout doit pouvoir être libéré de sa coque [...] Ne vous croyez pas à l'intérieur d'une caverne, mais à la surface d'un œuf.

C'est l'univers qui doit être interrogé tout d'abord sur l'homme et non l'homme sur l'univers.

C'est avant tout la poursuite de l'expérience qui importe : la raison suivra'toujours, son bandeau phosphorescent sur les yeux.

Aucune règle n'existe, les exemples ne viennent qu'au secours des règles en peine d'exister.

Tout porte à croire qu'il existe un certain point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et le futur, le communicable et ...

L'acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu'on peut, dans la foule.

Un mot et tout est sauvé Un mot et tout est perdu.

Il semble que de toutes parts la civilisation bourgeoise se trouve plus inexorablement condamnée du fait de son manque absolu de justification poétique. ...

La vie est donnée à l'homme avec des séductions comparables à celles que doit offrir aux fourmis la langue du fourmilier.

Au grand scandale des uns sous l'œil à peine moins sévère des autres soulevant son poids d'ailes ta liberté.







André Breton "Entretiens"

Auteur : André Breton
Éditions Gallimard
Année : 1ère publication : 1952. Nouvelle publication 1996


En 1952, André Breton accorda à André Parinaud des entretiens qui donnèrent naissance à seize émissions radiophoniques. Peu rompu à ce genre d'exercice et extrêmement méfiant sur le "direct", André Breton demanda à ce qu'on lui soumette toutes les questions par avance afin d'y répondre par écrit. Ainsi, le manque de spontanéité, de naturel (?) qui se degage à l'écoute de ces entretiens gagne en revanche par la precision et la clarté des réponses.
Pas à pas, André Breton relate son enfance, ses doutes, l'ignominie que fut la guerre de 14 -18 et les déceptions face à la démission de ceux qui étaient censés représenter les forces de la pensée et de la création. Nous suivons étape par étape l'impact du mouvement Dada et, ensuite, la naissance du surréalisme. Sa rencontre avec Apollinaire, Philippe Soupault, Aragon, Sigmund Freud, Léon Trotsky…
Qui mieux qu'André Breton aurait pu relater la genèse du mouvement surréaliste de l'intérieur ? Ce livre — regroupant l'intégralité des seize entretiens — est donc un document précieux dans lequel André Breton se dévoile, laisse exprimer ses colères, sa sensibilité, ses déceptions et ses regrets. C'est le témoignage d'un homme exceptionnel resté fidèle aux aspirations de sa jeunesse qui étaient : l'amour, la liberté et la poésie. De nos jours où la droiture, la rigueur et l'exigence sont releguées aux oubliettes, ce témoignage a valeur de talisman.
La seconde partie du livre regroupe des interviews accordées à différents journaux (Combats…) et revues (Arts…) qui s'échelonnent de 1941 à 1952.

Fabrice Pascaud

//www.arcane-17.com/pages/andre-breton/andre-breton-entretiens.html






éditions : Radio France / Ina - Distribution : Harmonia MundiCD - GRANDES HEURES - RADIO France

En donnant pour destin à l'art et à la littérature celui de transformer le monde, André Breton fut à l'origine du plus grand mouvement artistique du XXe siècle, le surréalisme, dont il écrivit les textes majeurs .
entretien audio
ANDRE BRETON
L'aventure surréaliste
Entretiens avec André Parinaud.
J'ai rencontré André Breton à son retour des États-Unis et lui ai proposé de faire le point sur la situation du mouvement surréaliste. Notre rendez-vous avait été établi au nom de l'hebdomadaire Opéra en octobre 1951 à propos de la parution d'un double numéro de « L'âge du cinéma » consacré au septième art surréaliste, mais qui ne faisait aucune allusion aux autres activités de l'équipe. L'époque culturelle était «stalinienne » et il n'existait aucune revue du mouvement. Confluences, Fontaine, Les quatre entretiens seraient écrits et diffusés tels quels. À partir de cet instant vents, avaient disparu. La radio était un excellent média. André Breton en convint avec l'exigence que tous les textes de nos, nous nous sommes rencontrés toutes les semaines ou presque pour la mise au point du projet. Je répondais à un appel implicite qui correspondait à sa volonté d'action. Il avertit ses amis qui le rencontraient toutes les semaines dans un café non loin de son appartement.
Nous avons élaboré le plan et la rédaction de 16 entretiens qui constituent aujourd'hui un véritable calendrier historique. A.P.

//www.andre-parinaud.fr/interviews.html















Entretien avec Pierre Reverdy et Francis Ponge

Conçu par André Parinaud
Contributions de André Breton, Francis Ponge, Pierre Reverdy

 Texte de l'entretien d'André Breton avec André Parinaud, Pierre Reverdy et Francis Ponge, paru dans la revue Arts, 7 mars 1952.

Manuscrit autographe à l'encre bleue noire, comportant de nombreuses ratures et corrections. 
- 3 pages in-4° foliotées, datées et signées, manuscrit à l'encre noire et constituant l'interview d'André Breton par André Parinaud parue dans la revue Arts le 7 mars 1952 et titrées : « Enquête A. Parinaud (Arts) » Ratures et corrections. « André Parinaud. - Dans leurs disciplines et leurs aspirations, l'art et la science sont séparés depuis des siècles, après s'être longtemps identifiés... Ces rapports vous semblent-ils fortuits ou croyez-vous que l'évolution historique amène naturellement savants et artistes à retrouver un terrain de coopération ?
» André Breton. - Je ne vois pas pourquoi, de si tôt, la science et l'art cesseraient de se regarder en chiens de faïence. Du train où la civilisation est allée, dans une direction qu'après Rousseau et Fourier je tiens pour non nécessaire et même totalement aberrante, je ne vois pas comment pourraient converger les deux routes labyrinthiques de la science et de l'art. »

- 1 page 1/2 in-4° manuscrite à l'encre par Breton relative à Pierre Reverdy.
« Je ne vois pas que la poésie soit aujourd'hui tellement en honneur et je connais trop bien Pierre Reverdy pour ne pas penser qu'il parle ainsi par euphémisme et qu'il rit - de pitié - dans son for intérieur... Il n'y a toujours pas, il ne saurait du reste y avoir de possibilité d'insertion de la poésie parmi les divers modes d'activités littéraires. Elle est d'une essence foncièrement différente : " alchimie du verbe " il me semble qu'on n'a pas dit mieux... Et c'est tout à fait abusivement que certains prêtent à Rimbaud des intentions sociales précises à l'occasion de poèmes comme " Paris se repeuple ". »

-1/2 page in-4° manuscrite à l'encre de Breton, texte de premier jet d'un fragment de l'interview d'André Parinaud. « N'en déplaise à ceux qui, comme vous savez, enterrent le surréalisme deux ou trois fois l'an depuis un quart de siècle, laissez-moi répéter que le principe de son énergie est intact. »

Reproduit dans Œuvres complètes, Bibl. de la Pléiade, tome III, Entretiens 1913-1952, « Deux interviews d'André Parinaud, II (Arts, 7 mars 1952) » p. 634-639, et p. 1076-1080.
Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, Paris.

//www.andrebreton.fr/fr/item/?GCOI=56600100470260




































































                                    



























02/01/2013
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