Alain YVER

Alain YVER

ÉRIC LEGNINI

ÉRIC LEGNINI





http://www.myspace.com/help/browserunsupported

http://www.label-bleu.com/artist.php?artist_id=139

http://www.igloorecords.be/artists/eric-legnini/


Pour regarder et diffuser la vidéo de Black President

http://www.youtube.com/watch?v=5RBtpfCbys0
http://www.dailymotion.com/video/xh7o7l_eric-legnini-and-the-afro-jazz-beat-black-president_music

et aussi
Pour regarder et diffuser la vidéo de The Old and Grey avec Krystle Warren

http://www.youtube.com/watch?v=pK01lx9po4A
http://www.vimeo.com/19219473
http://www.dailymotion.com/video/xgrra0_eric-legnini-feat-krystle-warren-the-old-and-grey_music
www.discograph.com/ericlegnini
 
 
En concert
25/01 Le Dôme, Saint-Ave (56) *
31/01 Salle Félix Martin, Saint-Raphaël (83) *
02/02 L’Onde, Vélizy-Villacoublay (78)
05/02 Café de la Danse, Paris (11e) *
06/02 Le Totem, Chambéry (73) *
07/02 La Source, Fontaine (38) *
08/02 La Coloc’, Cournon (63) *
09/02 Le Nouveau Relax, Chaumont (52) *
15/02 Centre André Malraux, Hazebrouck (59) *
16/02 L’Ouvre-Boîte, Beauvais (60) TBC *
19/02 > 23/02 Théâtre Municipal, Coutances (50) **
27/02 Paul Fort, Nantes (44) *
19/04 Le Silex, Auxerre (89) TBC *
24/04 Théâtre de Plein Air, Saint-Gilles (97) *
25/04 Théâtre de Plein Air, Saint-Gilles (97) *
02/05 Le Gallia Théâtre, Saintes (17) *
16/05 Le Carré Magique, Lannion (22) *
* avec Hugh Coltman et Mamani Keïta
** en duo






Eric Legnini and the Afro Jazz Beat
Nouvel album Sing Twice !

Avec Hugh Coltman, Mamani Keita, et Emi Meyer
Sortie le 29 janvier 2013
Discograph
 
Eric Legnini poursuit ses voyages et ses rencontres musicales avec son nouvel album Sing Twice ! Après The Vox, illuminé par la voix soul de Krystle Warren, le piano d'Eric Legnini aborde cette fois-ci la pop, et la musique africaine. Trois invités de choix : Hugh Coltman, Mamani Keita et Emi Meyer rejoignent le trio Eric Legnini et the Afro Jazz Beat. Sing Twice ! affiche ses prétentions : un disque de jazz aux contours pop, un album de pop aux atours jazz, que l'on découvre en vidéo avec Eric Legnini qui nous le présente en personne.
 
 Pour regarder et diffuser la vidéo de Sing Twice !
http://www.youtube.com/watch?v=vCDArJKLe_A
 
Sing Twice ! : Tout est dit dans le titre. Ce jeu de mot raisonne fort à propos sur la carrière d'Eric Legnini. Chante à deux fois, donc ! Cela fait doublement sens chez celui qui, depuis Miss Soul en 2005, a pris sept ans de réflexions avant d'en arriver là. Entendez un album qui flirte bien souvent avec la pop. Tout son parcours plaide pour l'ubiquité du quadragénaire, qui s'est fait la main auprès des plus fameux improvisateurs de sa Belgique natale.
 
En 2008, il achève avec Trippin', le dernier volet du triptyque (Miss Soul, Big Boogaloo) qui l'impose comme l'un des maîtres de l'art du trio à la française, où sa science des standards se double d'une connaissance des classiques soul. Puis ce sera The Vox
(2011), un disque qui redit jusque dans son titre son désir de lendemains enchantés. "Avec la voix, tout devient plus clair, plus lisible. Au premier degré.", confiait-il alors... Eric Legnini se verra décerner à cette occasion une victoire de la musique Jazz. En 2013, notre bonhomme maintient le cap avec Sing Twice !. Dix doigts majeurs – trente si l'on ajoute le batteur Franck Agulhon et le contrebassiste Thomas Bramerie – et trois voix majuscules, voilà la formule alchimique (relevée ça et là d'une section de cuivres, d'une guitare funky, de quelques percussions de l'Afro Jazz Beat) qui le compose. Les voix c'est d'abord celle d'Hugh Coltman, croisé lors de l'émission "One Shot Not" sur Arte. C'est ainsi qu'Eric convie le chanteur anglais lors d'un premier concert à l'automne 2011. "Il apportait une tournure plus blues, plus soul, plus Stevie." Tant et si bien que désormais Hugh devient un membre à part entière du groupe, comme le confirment les trois thèmes superlatifs où son timbre singulier, un brin dandy pouvant prendre le accents d'un falseto blues, fournit la couleur principale de cet album aux reflets multiples : soul pop.
 
Deux autres chanteuses mettent d'ailleurs leur grain de soul sur cette galette, lui donnent des couleurs complémentaires : la Malienne Mamani Keita, dans une veine plus clairement afro funk, et l'Américano-Japonaise Emi Meyer dans un registre nettement
plus folk. "Avec Mamani, j'ai réussi à achever ce que j'avais entamé sur The Vox. L'Afrique très présente est cette fois incarnée par cette griotte qui habite avec une intense énergie les deux titres que je lui ai proposés. Quant à Emy, elle offre un autre point de vue,
plus clairement folk pop."
 
Le temps – ou plutôt la superposition d'espaces-temps différents – est le secret de ce disque. Enregistré en deux jours au printemps, peaufiné pendant un bon mois cet automne, mais préparé depuis plus d'un an : Tout a commencé sur les routes de tournées menant le trio aux quatre coins du monde. "Nous avons peu à peu construit le répertoire lors des balances, puis sur scène. On s'est approprié le répertoire sans la voix, juste tous les trois. La plupart des morceaux sont nés ainsi, puis je les ai peaufinés pour chacun. Quand Hugh a posé des paroles sur les siens par exemple, ça a forcément changé les inflexions." De cette première couche, élaborée en direct, il reste cependant la vibration organique. Ces morceaux développés en live seront travaillés et retravaillés. "Le but du jeu était de maquetter les titres avec un farfisa, à l'aide d'une simple boîte à rythmes. À partir de cette structure hyperminimale, nous pouvions de nouveau étendre les morceaux, mais pas trop. Il s'agissait de garder le format de la chanson, sans oublier la forme jazz. De toute façon, on joue en studio comme en concert : on se lâche, on prend des risques. Il s'agit d'un trio avec voix !
 
C'est comme un disque que je produirais, au service de la voix mais sans restriction de styles. Je m'autorise des digressions. Le projet n'est pas lissé !" Voilà pourquoi la ligne claire, éminemment mélodique, autorise néanmoins des détours harmoniques, des chausse-trappes rythmiques. On peut être au service de la voix, sans jouer au détriment de l'énergie du trio. L'affaire est une question de dosage, subtil. Une histoire de production dont Eric, en bon fan de Danger Mouse, Grizzly Bear et autre Daniel Lanois, en bon disciple de John Barry, fait son affaire. "Je ne voulais pas réaliser la simple photo de ce que l'on joue sur scène. Toute mon activité de producteur me sert et est très présente jusque dans les choix de fréquences.", analyse celui qui s'est multiplié sur les claviers vintage : orgues seventies - Eko, Farfisa -, synthés analogiques, pédales d'effets, programmations de "beats" à partir de vielles boîtes à rythme, Fender Rhodes, mais aussi et surtout ce bon vieux piano...
 
Pas de doute, jusque dans sa conception, Sing Twice ! affiche ses prétentions : un disque de jazz aux contours pop, un album de pop aux atours jazz. Il suffit de se pencher sur "Snowfalls", un véritable hymne qui devrait rappeler de bons souvenirs aux amoureux de Radiohead et de E.S.T.! Il en va de même d'"Only For A Minute", un chant hanté par la figure tutélaire de Stevie Wonder, drappé dans une ambiance folk. Et si "Yan Kadi" marche avec classe dans les traces de papa Fela, si "The Source" est l'hommage masqué d'une griotte à "Africa Brass", "Cinecitta" clôt ce recueil par un salut évident à l'Italie de ses origines, mais porte aussi la marque de respect de cet arrangeur pour tous les grands auteurs de bandes originales. Autant de références, de révérences, qu'EricLegnini assume à 200 % tout comme il assure jouer à 300 % jazz. "Si on écoute bien mon disque, on entendra par derrière beaucoup de joueries jazz, un état d'esprit dans l'interplay du groupe et dans le rapport à l'accompagnement des voix propres à cette façon d'aborder la musique. C'est un laboratoire pour qui sait entendre, où le jazz reste la matrice, et la pop représente le cap."
 
www.discograph.com/ericlegnini
 
 





ERIC LEGNINI and THE AFRO JAZZ BEAT :
THE VOX
Feat Krystle Warren (Vocal)
SORTIE Le 03-03-2011 - Discograph



The Vox, nouvel album d'Eric Legnini, navigue entre afrobeat, jazz soul et folk pop. Ce disque constitue un incontestable tournant dans la carrière de celui dont on savait les talents protéiformes, aussi bien pianiste qu'arrangeur, compositeur que producteur. Instrumentaux up tempo et chansons douces, l'afrobeat et ballade philosophique, relecture de son ancien « Nightfall » travesti par les maux blues de Krystle Warren et clin d'œil au swing afrojazz anglais, harmonies pop et Harlem joyeux des années 90, piano percuté ou solo à fleur de cordes… Autant de fils que cet orfèvre de la ligne claire entremêle avec doigté, afin de tisser une écriture mélodique qui constitue la trame essentielle, un canevas finement brodé qu'il enrichit de sa science du son, le sien.







ERIC LEGNINI

Instrumentaux up tempo et chansons douces, l'afrobeat et ballade philosophique, relecture de son ancien « Nightfall » travesti par les maux blues de Krystle Warren et clin d'œil au swing afrojazz anglais, harmonies pop et Harlem joyeux des années 90, piano percuté ou solo à fleur de cordes… Pas de doute, cet album rassemble le pluriel de ses suggestifs, une marque de fabrique qui ne ressemble qu'à lui, Eric Legnini. Ni revivaliste, ni avant-gardiste, juste raccord avec son horloge interne. Une heure au présent de son subjectif, des sonorités seventies mixées à l'actualité.
The Vox. Le mot fait double sens chez Eric Legnini, producteur attentif aux voix singulières et pianiste aux connexions multiples. Depuis plus de vingt ans, son parcours ressemble à un voyage dans le monde des musiques. Un bon trip pour reprendre la formule de son dernier disque, « Trippin' ». Tout à la fois hommage au funk feulé des Meters et au swing feutré de Bill Evans, cet album en trio concluait un triptyque initié cinq ans plus tôt par celui qui, après s'être fait les deux mains à la plus rude des écoles, la scène new-yorkaise, s'imposa comme le pilier des jazz-clubs parisiens. Cette trilogie (« Miss Soul », « Big Boogaloo » et enfin « Trippin' ») aura dressé un inventaire des références qui ont façonné la personnalité du natif de Huy, un bourg près de Liège. Nul doute que ce trip en forme de tri sélectif dans une carrière pour le moins éclectique annonçait d'autres lendemains enchantés chez ce musicien pour qui la versatilité rime avec la curiosité, l'originalité s'arrime à l'historicité. « Depuis tout ce temps, je cherche humblement à évoluer. Ne pas se répéter est un moteur essentiel à la création, ce qui n'exclue pas d'emprunter les mêmes chemins que mes aînés. »
The Vox, c'est donc le titre de son nouvel opus. Sur la voie de la voix, Eric Legnini se met aux manettes, de A à Z, pour changer de braquet au virage de la quarantaine. Quoi de plus normal pour celui qui a accompagné plus d'une fois des chanteurs de tout horizon, du hip-hop au jazz, d'Henri Salvador à Yaël Naïm, de Souleymane Diamanka à Christophe… « Avec la voix, tout devient plus clair, plus lisible. Au premier degré. » Comme une belle évidence pour cet amateur de Monk. Démarré dès la sortie de « Trippin' », testé en direct lors d'une carte blanche à La Villette, éprouvé après une semaine au Ghana, peaufiné à Los Angeles par l'émérite mixeur « multigramminé » (Sheryl Crow, Norah Jones, Solomon Burke…) Islandais S. Husky Höskulds, ce disque constitue un incontestable tournant dans la carrière de celui dont on savait les talents protéiformes, aussi bien pianiste qu'arrangeur, compositeur que producteur. Cette fois, Eric Legnini embrasse les quatre rôles dans un même élan, signant dix des onze thèmes d'un répertoire « plutôt joyeux, mais avec quelques pointes de mélancolie », un ensemble de climats et formats dont la grande diversité ne masque pas la profonde unité. Instrumentaux up tempo et chansons douces, hommage explicite au Black Président de l'afrobeat et ballade philosophique inspirée par le poète Gerard Manley Hopkins, relecture de son ancien « Nightfall » travesti par les maux blues de Krystle Warren et clin d'œil au swing afrojazz anglais, harmonies pop et Harlem joyeux des années 90, piano percuté ou solo à fleur de cordes… Dans ce dédale de multipistes, raisonnent sans cesse la culture du sample ajusté et le culte de l'instant présent, le rythme majuscule et l'harmonie majeure. Autant de fils que cet orfèvre de la ligne claire entremêle avec doigté, afin de tisser une écriture mélodique qui constitue la trame essentielle, un canevas finement brodé qu'il enrichit de sa science du son, le sien.
The Vox, c'est aussi l'aventure d'un groupe. Au centre, la fidèle paire rythmique tout terrain, Frank Agulhon aux baguettes et Thomas Bramerie à la contrebasse, renforcée par deux guitaristes, le Belge Daniel Roméo, bassiste funk et ami d'enfance de Legnini, et le Congolais Kiala Nzavotunga, compagnon de  route de feu Fela et fondateur du groupe Ghetto Blaster, et une section de cuivres à l'ancienne, du jazz funk comme au bon vieux temps des Brecker Brothers. Eric Legnini and the Afro Jazz Beat, cette appellation résume les enjeux de cet album. Chaque mot compte. Le jazz, canal historique, entendez progressiste comme il y a eu un rock progressif, une « musique qui cherche et improvise au goût du jour », comme le fit en son temps Ellington, l'un des maîtres à penser d'Eric Legnini. L'afro, versant rythmique, traduisez des cadences obliques, comme celles des glorieuses années 70 de Tony Allen. Le beat, tendance esthétique, comprenez la culture du funk, du hip-hop, du sample, de la boucle, « une idée de transe entre les lignes »,. « Je voulais que cela reste du jazz dans les harmonies, mais que cela soit de l'afro-beat dans sa fonction ». Pas question de sonner comme une banale décalcomanie, il s'agit de développer une vision originale. A l'image du chant de Krystle Warren, la muse afro-américaine dont la présence clair-obscur ajoute un nécessaire parfum d'ambiguïté : ses mots habitent six des onze thèmes, des chansons qui oscillent entre les teintes mélancoliques de la folk et les tessitures plus soyeuses de la soul.
The Vox, plus qu'un projet, est un trajet. Celui d'un apprenti-sorcier des claviers pour qui un disque est work in progress, le résultat de centaines d'heures de studio et de kilomètres de scènes, tout sauf une recette préconsumée mais bel et bien une galette composée de multiples touches, un singulier désir de musiques. C'est ainsi qu'il s'est construit une identité, qu'il bâtit aujourd'hui une thématique, qui fait le point et le pont entre toutes ses personnalités. Afro-beat, jazz soul, folk pop, tous ces univers cohabitent dans tous les titres, harmonieuse alchimie d'un mélange subtil que seul sur un mince fil Moogoo, l'autre facette d'Eric Legnini, son indispensable double, pouvait aboutir dans le laboratoire qu'est le studio de ses pensées nocturnes. Pas de doute, cet album rassemble le pluriel de ses suggestifs, une marque de fabrique qui ne ressemble qu'à lui, Eric Legnini. Ni revivaliste, ni avant-gardiste, juste raccord avec son horloge interne. Une heure au présent de son subjectif, des sonorités seventies mixées à l'actualité.

 





ERIC LEGNINI


Éric Legnini est un pianiste de jazz né en Belgique le 20 février 1970, à Huy, près de Liège, dans une famille d'artistes émigrés italiens.

Éric s'initie au piano vers ses 6 ans, mais ce n'est que vers les années 80 qu'il découvre le jazz.

À 18 ans, Legnini part pour deux ans aux USA où il s'imprègne du style d'Herbie Hancock.

Un temps professeur de piano de jazz au Conservatoire royal de Bruxelles où il retrouve Jacques Pelzer avec qui il enregistre un disque, Never Let Me Go, il travaille dans les années 90 avec le trompettiste Flavio Boltro et le saxophoniste Stefano Di Battista. Ils créent ensemble un groupe qui ne tarde pas à attirer l'attention d'Aldo Romano.

Et enfin, c'est la reconnaissance au milieu des années 90. Legnini se voit très vite reconnu par les autres musiciens tels les frères Belmondo, Éric Le Lann, Paco Sery et d'autres.

Éric Légnini a également participé à l'élaboration du dernier album de Claude Nougaro, "La Note Bleue".

Influences

    * Éric Legnini voue une admiration toute particulière à Phineas Newborn. Il lui a dédié un morceau intitulé The Memphis Dude, sur l'album Miss Soul;







ERIC LEGNINI


Eric Legnini est devenu en dix ans un des plus talentueux pianistes de la scène jazz internationale. Après des études à New York avec Richie Beirach, il met son talent à profit aux côtés des plus grands interprètes tels que Serge Reggiani, Henri Salvador ou encore Claude Nougaro. Parallèlement, il devient le fidèle compagnon de Stefano di Battista, Flavio Boltro ou encore Stéphane Belmondo. Pour ce premier opus chez label Bleu Eric Legnini s'est attaqué brillament au repertoire de Phineas Newborn.

L'energie, la sensibilité et l'intelligence harmonique du pianiste belge s'imposent. Sa sonorité précise,la perfection de ses phrases, souvent vertigineuses, tout chez lui exprime une personnalité un peu lunaire. Accompagné d'une rythmique en béton, le batteur tout terrain Frank Agulhon et le maître contrebassiste Rosario Bonnacorso, Eric Legnini trouve enfin sa place de leader.

En 2005, il est couronné "Django d'or" belge, musicien confirmé.
En 2006, il reçoit le prix des "Octaves de la Musique" dans la catégorie jazz.








ERIC LEGNINI

Entretien à l'occasion de la sortie de l'album Miss Soul

Eric Legnini est depuis quelques années un des pianistes qui font le bonheur des musiciens parisiens. Sideman dont la réputation n'est plus à faire, arrangeur et producteur de talent, Eric sort enfin son album en 'leader', initialement prévu il y a quelques années chez 'Blue Note'. Legnini en a profité pour affirmer encore sa personnalité. 'Miss Soul' est sorti en ce début d'année sur 'Label Bleu'. Entretien avec le pianiste.
#   Question que tout le monde se pose : pourquoi avoir attendu si longtemps avant de sortir un disque en leader ?

C'est un peu un choix de ma part. J'avais envie de prendre mon temps pour préparer quelque chose de suffisamment intéressant à mon goût et puis pour le défendre. Ensuite, c'est par manque de temps. J'ai passé une bonne dizaine d'années à accompagner pas mal de gens. Et c'était bien car par ces rencontres, je me suis imprégné de la musique des autres. La servir, la défendre, c'était important pour moi.

Et puis il y a avait beaucoup de projets 'hors jazz'. Beaucoup de temps en studio. À réaliser des albums. J'ai eu la chance et l'honneur de réaliser le dernier album de Claude Nougaro. Ça ne se prend pas à la légère. Ensuite, il y a eu beaucoup de productions 'Hip-Hop'. Ça reflète aussi tout mon univers musical, l'air de rien, c'est proche de la chanson, de la voix....
#  C'est arrivé comment, ça ?

En 1988, à New York, quand le Hip Hop à démarré avec Public Enemy. Cette musique ne m'a plus quitté depuis. Mais à l'école, personne n'écoutait du jazz bien sûr. Ils écoutaient Snoop, U2... J'ai toujours bien aimé ça aussi. J'écoutais ça avec mes potes. C'est une manière aussi de se protéger. Ne pas être le petit intello qui écoute du jazz. J'ai toujours été attiré par ce genre de musique à l'esthétique radicalement différente...
#  Et en plus tu as beaucoup travaillé avec Di Battista, Belmondo, Boltro... ?

Oui. Et avec Stefano, ça a vraiment éclaté. On a fait toute l'Europe. D'abord en quintet avec Flavio et puis en quartet sans lui. Ce qui veut dire que je jouais aussi dans le quartet de Flavio Boltro en plus de celui de Stefano. Et puis il y avait Stéphane Belmondo que je connaissais depuis des années et avec qui ça a repris. On a fait Wonderland puis Hymne au Soleil. On a repris la route. Ce qui me laissait peu de temps pour moi, tu vois... Alors quand tu veux sortir ton propre album, il faut savoir ce que tu as vraiment envie de faire. Ça ne se décide pas sur un coup de tête. Il faut du temps pour mener ton projet à bien.
#  Ce Miss Soul, est le même qui devait sortir chez Blue Note il y a quatre ou cinq ans ?

J'ai tout repris à zéro. À l'exception de deux morceaux. « Miss Soul » d'abord, car j'aimais aussi le titre. Le côté féminin qu'il y a dans la soul. Le côté sensuel. Roberta Flack, Aretha Franklin, je suis fan... Depuis quatre ans, j'avais envie de cet esprit. J'ai persévéré. Je pensais pouvoir faire quelque chose de vraiment personnel. Trouver mon son, mon univers... Avec ce disque, le fil conducteur c'est Phineas Newborn. Tous les morceaux sont des morceaux à lui ou bien des standards qu'il a joués. Mais certains sont joués par moi de manière radicalement différente. « For All We Know » qui est une balade qu'il joue, j'en ai fait une version à l'opposé de la sienne. Je ne voulais pas d'un disque passéiste. Je voulais un truc personnel.
#  Il y a d'ailleurs un groove particulier. Un 'son'. Tu as trouvé un chemin à toi parmi le jazz européen actuel parfois un peu 'intello'... ?

Disons que pour moi, c'est une obsession : 'sonner actuel'. Prends par exemple le morceau « Joga » de Björk, je voulais qu'il trouve sa place dans l'album. Par rapport aux standards, qui sont souvent des airs populaires des années '20 ou '30 , je voulais proposer un morceau que les jeunes pouvaient connaître. Et Björk représente pour moi une artiste phare des années '90. J'ai toujours aimé sa voix. La difficulté était de l'intégrer dans l'album...

#  On sent justement une petite différence dans la manière de la jouer, de l'arranger. C'est peut-être moins... Soul ?

C'est un peu voulu. La mélodie amène ça. Mais ici, il y a une certaine filiation avec « All We Know » ou « La Strada », donc ça se justifie. Et ça s'intègre bien dans l'album.
#  « La Strada » justement, est dans un esprit plus 'italien'...

Tout à fait. Moi, j'adore aussi Nino Rota - mais je ne veux pas me comparer à lui - ou le cinéma italien...
#  On retrouve ce 'pétillement', ce groove, cette joie dans la « Strada » mais aussi dans tout l'album. C'est concis, direct. On rentre tout de suite dans le vif du sujet et on ne s'éternise pas non plus.

C'est ça que je voulais. Pour moi, le jazz doit être festif. C'est ce qui est important pour moi. C'est ce que la musique doit dégager - pas tout le temps bien sûr. Mais j'aime ça. La musique pour danser, pour faire la fête. La musique plus « cérébrale » ou plus romantique, certains musiciens font ça avec brio. Et c'est très bien, j'aime ça aussi. Mais ce n'est pas ma priorité. Ce n'est pas comme ça que je ressens la musique. Avec ce que j'écoute : le hip hop, la soul, le boogaloo, il y a toujours de la danse. Ça bouge. J'y suis très sensible.
#  Même sur les balades, on sent ce « swing ». C'est flagrant sur certains morceaux, où la main gauche est tellement habile qu'on se demande si tu as encore besoin d'un bassiste...

(rire) On a toujours besoin d'un bassiste. Mais j'ai eu l'habitude de jouer souvent seul... Et je n'ai jamais travaillé dans le sens : « aujourd'hui je travaille comme si j'étais en trio... ou en solo, ou avec un bassiste ». J'ai toujours essayé de jouer d'une même manière. En tâchant de m'adapter aux différentes formations, en changeant quelques petites choses suivant les situations. En trio, par exemple, je ne joue pas autrement qu'en solo. Je garde ma personnalité.
#  C'est peut-être la raison de ton succès ? La raison pour laquelle tout le monde s'arrache Eric Legnini à Paris ?

J'adore accompagner, servir et me fondre dans un groupe. C'est peut-être ça qui est rare car il y a quand même pas mal d'égos dans la musique. Et dans le jazz. Mais pour moi, ça reste une musique d'échange et de partage. Et j'ai déjà tellement appris en jouant avec les autres...
#  Justement, ça influence ton jeu de jouer avec Di Battista par exemple ? Il te demandait de jouer de telle ou telle façon ?

Les groupes dont je faisais partie étaient toujours à la recherche d'originalité. Pas pour être « original » à tout prix, mais pour trouver son style. Pour s'approprier sa propre musique. Avec Stefano, c'était sa musique. Par contre, quand on reprenait des standards on essayait de s'approprier quelque chose. Comme lorsqu'on a joué avec Vince Mendoza par exemple...

Pour mon disque, je suis assez satisfait du résultat. On perçoit assez rapidement, comme tu le disais, l'essence de ce qu'on veut donner. Ça ne prend pas dix minutes pour arriver au thème. C'est peut-être aussi à cause de mon parcours en studio. De réalisateur. J'ai appris à garder de la distance et savoir comment réaliser ce qu'on a envie d'entendre... Et puis avec Franck Agulhon et Rosario...

#  Ce trio s'est formé naturellement je suppose ?

Oui, et en plus, comme il y avait longtemps que je n'avais rien fait, le choix d'une formule en trio était évident pour un pianiste. Mais, comme le fil conducteur était Newborn, je n'avais pas envie qu'on me compare à lui. Car ce type est monstrueux. C'est un génie du piano - trop peu connu d'ailleurs. Quand on écoute ses disques, c'est de la folie. Pour moi, c'est un très grand. On ne se rend pas compte de tout ce qu'il a apporté.
#  Oui, techniquement aussi c'est impressionnant.

Oui. Et je n'avais vraiment pas envie qu'on me compare à lui bien sûr. Par contre je voulais me servir de l'amour qu'il y a dans sa musique. Et me l'approprier, en quelque sorte. Donc, en studio, j'avais le souci de mener le trio comme je voulais l'entendre. Je savais très bien, en tout cas, ce que je ne voulais pas entendre...
#  Ça aidait de jouer avec des musiciens que tu connais super bien...

Oui. Mais il y a quand même le jeune bassiste Matthias Allamane qui a une culture un peu différente de Rosario. C'est plus ouvert. Dans un style plus proche de Larry Grenadier. Une manière plus ouverte de jouer. Différente de ce que peut proposer Rosario. Mais Rosario c'est l'idéal pour plein de morceaux. On joue ensemble depuis le début et j'aime sa façon de jouer. C'est un personnage unique. Il a une manière d'oser les choses. Il fait des choses uniques. Mais pour certains autres morceaux, j'avais besoin de Matthias. Pour changer de « son »...
#  Pourquoi un morceau caché en fin d'album ?

Le « ghost track », au départ c'était l'intro de « La Strada ». Puis je me suis rendu compte que ça n'allait pas avec le morceau. C'était un peu redondant. On l'a sucré. Sans remords. Mais comme j'aimais bien ce thème, j'avais envie de la garder quelque part. Je me suis dit qu'on pouvait le mettre en fin d'album. Le temps de s'apercevoir qu'il y a encore un morceau, il est fini. C'est tellement court. C'est anecdotique.
#  On parle beaucoup de Newborn, mais il y a aussi du Horace Silver, ou Les McCann, non ?

Oui, c'est clair. J'aime ce genre de filiation. Sur les morceaux 'boogaloo' on sent l'influence de Les McCann ou de Ray Bryant. Et j'ai toujours adoré Horace Silver. Sa main gauche, sa manière bien précise de jouer... J'aime beaucoup. C'est la même famille de pianistes. D'où ce titre, « Horace Vorace ». C'est la même esthétique. C'est un bon exemple ce morceau, d'ailleurs. C'est peut-être un morceau sur lequel je joue de façon assez moderne. Et c'est la preuve que tu peux t'inspirer d'un pianiste-clé des années '50/'60 et en faire quelque chose de très différent. Très actuel.
#  Mais tout est assez « moderne » dans ce disque, même si il y a un respect de la tradition, le son et les arrangements sont très actuels.

C'est ma manière de phraser. Je n'ai rien changé dans mon jeu. C'est plus 'pop' dans la démarche avec « Joga », c'est sûr. « For All We Know » est un morceau que j'adore car c'est un standard que j'arrive à faire sonner « actuel ». À en faire une sorte de chanson aussi...
#  Ça ne te dérangerait pas si quelqu'un chantait sur ce disque, non ?

Ça me plairait bien, oui. Depuis douze ans, ça me travaille aussi. C'est vrai que j'aime la voix, le chant. Quand je reparle de ça, je pense à ma maman qui était chanteuse classique. J'ai grandi avec Puccini, l'opéra, etc... Et ma mère aimait aussi les Negro Spirituals. J'adorais ces morceaux-là.

Ce qui a été un déclencheur aussi, c'est Donnie Hathaway, il y a 7 ou 8 ans. Je me suis dit :'c'est ça que j'aime'. J'ai ressorti de vieux vinyles, j'ai rencontré Alain Jean-Marie à Paris et Dado Moroni qui connaissent ça par cœur. Ce sont eux qui m'ont fait découvrir Les McCann... Par contre, Newborn, c'était à New York. J'avais 18 ans et là-bas, tout le monde parlait de lui. Un pianiste devait connaître Newborn, sinon c'était un ringard ! C'est cette authenticité que j'aime et qui m'a fait réfléchir, m'a fait évoluer. Newborn possède ce côté virtuose et brillant, mais en plus, il a ce que peu ont : le côté blues, le gospel. Je suis donc imprégné de cet univers et j'essaie de ma l'approprier. J'espère y réussir un peu...
P.-S. :
Label bleu











13/04/2011
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