Alain YVER

Alain YVER

BARTABAS

BARTABAS





//www.bartabas.fr/Zingaro

//www.bartabas.fr/Academie-du-spectacle-equestre

//www.youtube.com/watch?v=Lh53SIW-c2A

VIDÉOS
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Bartabas, né le 2 juin 1957, de son vrai nom Clément Marty, écuyer, metteur en scène et scénographe, co-fondateur du théâtre emporté et du cirque Aligre, fondateur du théâtre équestre Zingaro et de l'Académie du spectacle équestre de Versailles.

Zingaro

Remarqué en 1977 dans le cadre du festival off d'Avignon, il crée en 1985 le théâtre équestre Zingaro (tzigane en italien), qui était le nom de son premier cheval, un frison né en Belgique. Zingaro mourut en 1998. Il invente une nouvelle forme de spectacle équestre en y apportant une dimension onirique et esthétique. La troupe composée d'artistes alliant le théâtre, l'art équestre, la danse et la musique s'installe au Fort d'Aubervilliers en 1989 et devient une des compagnies les plus importantes d'Europe. Elle parcourt le monde de New-York à Tokyo avec ses créations qui parachèvent l'émergence d'un théâtre équestre à part entière.


En 1989, le théâtre Zingaro s'installe au fort d'Aubervilliers où il crée de nombreux spectacles

    * Cabaret équestre I-II-II 1984-1990
    * Opéra équestre 1991-1993
    * Chimère 1994-1996
    * Éclipse 1997-1999
    * Triptyk 2000-2002
    * Loungta 2003-2005
    * Battuta 2006-2009
    * Darshan 2009-2010


Bartabas a présenté également des œuvres plus intimistes

    * entraper'çus au Théâtre du Châtelet en 2004
    * Lever de soleil création en 2006 au festival d'Avignon puis Maroc, Paris, Montpellier
    * le centaure et l'animal création à Toulouse en septembre 2010 avec Ko Murobushi danseur de Butô japonais puis Le Havre (Festival Automne en Normandie), Paris au Théâtre national de Chaillot, La Rochelle, Sadler's well à Londres

Académie du spectacle équestre

Il fonde en 2003 l'Académie du spectacle équestre à la Grande Écurie du château de Versailles. Ses écuyers forment un corps de ballet unique au monde[réf. nécessaire]. L'originalité de cette académie d'art équestre réside dans le fait d'associer le travail de dressage de haute école avec d'autres disciplines telles que l'escrime, la danse, le chant ou le Kyudo (tir à l'arc japonais). Les écuyers acquièrent ainsi une sensibilité artistique. La voie de l'écuyer spectacle chorégraphié par Bartabas présenté dans le manège de la Grande écurie du château de Versailles, dont le titre est emprunté au livre de Sophie Nauleau & Alfons Alt, en est le reflet.


Créations avec l'Académie

Au bassin de Neptune - fêtes de nuit du château de Versailles

    * Le Chevalier de St George en 2004, œuvre inspirée de la vie de Joseph de Bologne (25 décembre 1745 - 10 juin 1799), violoniste et compositeur
    * Voyage aux Indes Galantes en 2005, œuvre inspirée de la vie de René Madec, qui se clôt sur un morceau de l'opéra de même nom de Rameau.
    * Les juments de la nuit en 2008, œuvre inspirée de la pièce Macbeth de Shakespeare et le film Le Château de l'araignée de Kurosawa.

Aux Nuits de Fourvière - Lyon

    * récital équestre en 2006 avec Alexandre Tharaud
    * Partitions équestres en 2008 musique de Philip Glass

À l'Abbatiale Saint-Ouen - Rouen - Festival Automne en Normandie

    * Liturgie équestre, Autour de Saint-François d'Assise en 2009 dans le cadre du festival Automne en Normandie

Au Grand palais - Paris

    * Charivari équestre en 2010 dans le cadre du saut Hermès

Au manège de la grande écurie du Château de Versailles

    * La voie de l'écuyer pour les écuyers de l'Académie

Films réalisés au cinéma

    * 1993 : Mazeppa qui raconte la vie du peintre Théodore Géricault et du maître équestre Antonio Franconi ;
    * 1996 : Chamane qui raconte la longue épopée à cheval d'un échappé du goulag à travers la taïga.
    * 2010 : Galop Arrière voyage introspectif dans l'univers du théâtre Zingaro

Publications

De nombreux ouvrages sont parus parmi lesquels :

    * Bartabas, roman de Jérôme Garcin, édité chez Gallimard ;
    * Zingaro suite équestre d'André Velter, édité chez Gallimard ;
    * La voie de l'écuyer d'Alfons Alt (photos) et Sophie Nauleau (texte), consacré à l'Académie du spectacle équestre de Versailles, édité chez Actes Sud ;
    * Les chevaux de Sauvat textes de Bartabas, éditions Ouest-France ;
    * Un verbe à cheval, la poésie équestre d'André Velter dans le sillage de Bartabas, de Sophie Nauleau, édité à l'Atelier des Brisants ;
    * Zingaro, 25 ans livre collector avec 8 DVD, édité chez Actes sud, en a association avec Mk©˜.







BARTABAS
Nouveau Spectacle Darshan 2010 à Aubervilliers :


Nouveau spectacle Zingaro Darshan de Bartabas 2010

Battuta, Triptyk, Loungta, Eclipse, Chimère, les Juments de la Nuit, Lever de Soleil, Cabaret Equestre... Depuis plus de 25 ans, Bartabas envôute le public du monde entier avec ses spectacles équestres époustouflants.

Après un quart de siècle d'existence du Théâtre Zingaro, Bartabas a décidé de ne plus faire le tour du monde avec ses chapiteaux, chevaux, écuyers et caravanes. Le maître du dressage équin présentera son nouveau show 2009 2010 exclusivement au Fort d'Aubervilliers près de Paris dans son traditionnel théâtre de bois.

Très attendues, les représentations de la nouvelle création de Bartabas intitulée Zingaro Darshan débuteront dès le 4 décembre 2009. Initialement programmés jusqu'au 7 mars 2010, les spectacles viennent d'être prolongés au moins jusqu'au 20 juin 2010 ! De nouvelles prolongations ne seraient guère surprenantes en cas de succès.

Côté billetterie, les places pour ce nouveau spectacle seront mises en vente à partir du lundi 14 septembre 2009 à 10h00 avec MesTickets.Com.

Réservez vos tickets dès l'ouverture de la billetterie pour obtenir les meilleurs billets aux dates souhaitées. Le nombre de places par représentation est particulièrement limité. Par ailleurs, en France comme à l'étranger, la plupart des spectacles de Bartabas se jouent à guichets fermés.










Du crin à la plume
EVENE RENCONTRE JEROME GARCIN



A l'instar d'Aragon dans son 'Matisse, roman', Jérôme Garcin laisse deviner dans 'Bartabas, roman', tout un continent artistique insoupçonné autour du cheval, qui donne presque le vertige. Il évoque pour nous sa passion et son amitié.

'Bartabas' est-il un projet de longue date ? Si oui, pourquoi écrire ce livre aujourd'hui ?

Il sommeillait depuis une dizaine d'années, depuis ma rencontre avec lui. Je l'ai déjà évoqué dans 'La Chute de cheval'. Pourquoi maintenant ? Parce que je voulais que la sortie de ce livre coïncide avec le spectacle du Châtelet. Je n'étais pas sûr de le finir à temps, mais c'était mon objectif. Ce spectacle est une expérience radicale pour Bartabas : pour la première fois, il monte ses chevaux sur une scène frontale, une scène classique, et surtout sans que ce soit un spectacle de Zingaro. Je le ressens comme un moment de nudité de l'artiste, de l'écuyer. C'est un spectacle qui a désarçonné, presque au sens équestre, pas mal de gens. D'un point de vue plus littéraire, ce livre était la suite logique de ce que j'avais écrit auparavant, d'une part 'La Chute de cheval', d'autre part 'Théâtre intime' , c'est-à-dire des récits personnels, car c'est aussi un livre sur moi, en tout cas moi dans son miroir, dans une quasi-logique de trilogie. Ce livre, c'était pour moi le complément d'objet direct des précédents.
Dès le moment où j'ai renoué avec les chevaux, il s'est passé une chose qui était de l'ordre du déclenchement physique et mental, qui m'a permis de me mettre à écrire. 'La Chute de cheval' était un livre impensable, car je ne m'imaginais pas sortir de ma réserve. Et Bartabas, lui, m'a montré une manière d'art équestre auquel j'aspirais. D'ailleurs, c'est en écrivant 'Bartabas, roman' que je me suis rendu compte que ma première rencontre avec l'homme - et pas avec les spectacles - datait du moment où j'ai renoué avec les chevaux, c'est-à-dire au début des années 90. Quand j'ai vu 'Chimères', son premier grand spectacle, je l'ai rencontré pour la première fois hors scène. Tout cela est très lié. Confusément d'abord, mais à mesure que les années passent, que les livres s'écrivent, cela devient plus clair.


'Bartabas, roman' est-il un livre pour les cavaliers écrit par un cavalier ?

Je vous donnerai la même réponse que Bartabas fait au sujet de ses spectacles : je n'écris certainement pas pour les cavaliers, de même qu'il ne crée pas ses spectacles pour les férus d'art équestre. Mon projet littéraire n'a jamais été de m'adresser aux cavaliers. Mais il ne faut pas non plus être aveugle. Depuis, 'La Chute de cheval', la majorité du courrier que je reçois est constitué de gens qui ont une expérience personnelle très forte avec les chevaux. Ils ont le sentiment que je les dédouane d'une solitude qui leur paraît parfois un peu lourde, car cet amour pour les chevaux vous place un peu en dehors de la société. Mon rêve serait de procurer à des non-cavaliers l'ivresse qui est la mienne quand je suis à cheval. Et le rêve de Bartabas, ça n'est pas d'initier ses spectateurs à l'art équestre - pour cela, il y a Saumur ou Vienne -, c'est de les inviter à participer à une expérience magique. Evidemment, l'art équestre, la relation avec le cheval est centrale, mais si ce n'était que ça, Bartabas ne serait pas un grand artiste. Zingaro ne serait qu'un cirque parmi d'autres. C'est un mariage complexe et fascinant où entrent la musique du monde, la mystique, la chorégraphie, la poésie et des animaux. Je crois qu'il arrive un moment où toutes les passions, les plus mono-maniaques soient-elles, deviennent universelles. Etre heureux à cheval, c'est être entre terre et ciel, à une hauteur qui n'existe pas. C'est une des clefs des spectacles de Bartabas.


C'est sans doute pour cela qu'il n'y a pas de récit linéraire dans les spectacles de Bartabas ?

Même quand il prétend cadrer son spectacle dans un pays, un temps, il est évident qu'on est là où l'on veut être. Prenez un spectacle comme 'Eclipse', vous avez des voix de Corée, des chevaux qui viennent d'Espagne, un danseur brésilien… On est partout et nulle part. Qu'il n'y ait pas de récit encourage la magie.


Pourquoi ce titre, 'Bartabas, roman' ?

Il y a un livre d'Aragon qui s'appelle 'Matisse, roman'. Aragon voulait rendre compte de l'admiration qu'il avait pour les tableaux de Matisse, pour l'homme qu'il connaissait, tout en sachant que celui-ci était "inbiographiable". La vie d'un artiste, c'est son oeuvre. Ce fut ma démarche pour 'Bartabas, roman'. Mais je n'ai lu le livre d'Aragon qu'après avoir terminé le mien. Nous avons la chance d'avoir sous nos yeux, bien vivant, un héros de roman. Dès le moment où Bartabas s'est appelé Bartabas, il est devenu le héros de l'histoire qu'il avait lui-même inventée.


Alors que l'on pourrait imaginer Bartabas comme quelqu'un d'assez exalté, vous le présentez comme un homme en paix avec lui-même.

Oui, mais je ne le montre comme ça que parce que j'ai l'intime conviction qu'il est arrivé à ça. C'est passé par une violence qu'on ne peut même pas imaginer. Son vrai nom de scène et de troupe, c'est "Bartabas le furieux". Il avait construit son art sur le théâtre de la cruauté d'Artaud. Il pensait vraiment que plus on faisait mal au spectateur, plus on le terrorisait, plus on le malmenait, plus on le provoquait, plus on le prenait au collet, plus on avait de chance de lui faire sentir ce qu'était l'expérience artistique. C'est allé très loin, avec des révoltes de certains spectateurs, des hurlements. Il n'a pas usurpé son image canaille et violente. Ce qui est extraordinaire, c'est qu'au terme de ce processus, là encore très romanesque, il a su obtenir une sorte de paix et d'harmonie qui sont, à mon avis, l'antichambre de la disparition totale. Je le vois exactement comme un personnage de Beckett ou une page de Blanchot, qui vont vers le blanc. Il ne disparaît pas, il s'estompe. Travailler avec les chevaux, c'est travailler avec du vivant. C'est du périssable au-delà du périssable. Un cheval vit bien moins longtemps qu'un humain et il est imprévisible. Pour vouloir faire de l'art avec des chevaux, il faut être conscient de cette fugacité. Un travail de fou, pour parvenir à une figure qui elle-même est vouée à disparaître. Dans l'ordre du sacerdoce artistique, c'est pour moi ce qu'il y a de plus beau.

Anne-Claire Jucobin pour Evene.fr - Novembre 2004









LA CROIX
Bartabas, un quart de siècle au grand galop



Pour les 25 ans de son théâtre Zingaro, Bartabas a réalisé un film émouvant qui en relate l'histoire, de son spectacle « Cabaret équestre » en 1985 à « Battuta » en 2006

Un feu crépite à l'entrée du fort d'Aubervilliers. Comme une invitation conviviale à pénétrer dans l'antre de Bartabas. Une dizaine de tables sont disposées en désordre entre le chapiteau et le restaurant polygonal. Plusieurs spectateurs se sont installés sur les bancs et dévorent la paella du jour dans la pénombre de la soirée.

Les portes du chapiteau s'ouvrent alors pour annoncer le début de la projection. Une fois passées les écuries, où quelques chevaux se cachent dans l'ombre, la scène circulaire apparaît. C'est celle de Darshan, le dernier spectacle de Bartabas. Autour des gradins placés au centre se trouvent des écrans. La salle est maintenant plongée dans le noir complet.

Le galop arrière représente une figure que seuls les meilleurs cavaliers parviennent à maîtriser. Sorte de danse magique où le cheval et son écuyer ne doivent faire qu'un. C'est aussi le nom du film de Bartabas, dont la mise en scène est d'une simplicité déconcertante. Mais elle se révèle être à la mesure du maître des lieux : efficace, subtile, obsessionnelle.

Invitation au voyage
En guise de narration, Bartabas susurre çà et là quelques mots à l'oreille du spectateur. Il entrecoupe les extraits de ses anciens spectacles de morceaux de textes empreints de surréalisme. Les images répondent aux mots. L'histoire de Zingaro prend alors tout son sens.

De ses premières représentations, Bartabas montre des scènes turbulentes, comiques. La fougue de la jeunesse passée, le burlesque laisse place à la sérénité et l'intro spection. Dans Battuta, Loungta ou Triptyk, ses spectacles plus récents, Bartabas se fait moins directif.

Le thème du voyage est toujours présent, mais il est plus intérieur qu'ostentatoire. Galop arrière est ponctué de moments d'une grâce bouleversante : des solos renversants de beauté que Bartabas exécute en osmose avec sa monture. Souvenirs de chants gutturaux tibétains, image furtive d'un danseur couvert de sable, chorégraphies acrobatiques sur un cheval lancé à pleine vitesse, le film témoigne d'un long chemin parcouru par ce poète vagabond.

En vingt-cinq ans, Bartabas a vu s'installer et partir de nombreux compagnons de route. Des chevaux de légende, comme le bien nommé et défunt Zingaro, lui ont offert leur force et leur agilité. Tous ces souvenirs sont désormais immortalisés sur pellicule. Le centaure, lui, est resté, sédentaire voyageur désormais entré dans la mythologie des cavaliers de génie.

Benoît RENAUDIN









Bartabas au cadre blanc

« Le centaure et l'animal » : dans cette nouvelle création, donnée depuis mardi sur la scène d'Odyssud, Bartabas nous fait pénétrer l'écran noir de ses nuits blanches. Au risque de nous désarçonner.

Et c'est une fois à terre, dans ce sable qui amortit le pas de l'homme-cheval, qu'on décèlera peut-être son propos… Tout devant, au bord d'un cadre blanc, le danseur japonais Ko Murobushi, la peau bientôt nue couverte d'argent, passe et repasse, comme le temps. Tantôt homme, crabe, androïde de cinéma vouté sous une douche de sable, il est soudain cadavre dont s'extrait une ombre… Insaisissable, elle joue avec le centaure surgissant lors de la nuit ! Le centaure, mi-homme mi-cheval et les deux à la fois, c'est Bartabas et ses quatre montures successives. Ses chevaux, son harem, qu'il épouse, à la vie sans le mors.
Il fait parler son étalon noir

Réduisant les effets au minimum, il erre dans une forêt nocturne en centaure furtif, s'envole en papillon funèbre, s'amuse en galop insouciant, s'écroule en douceur et repart, vainqueur, dans un piaffé à réveiller un cheval de marbre… Poussant l'union à l'extrême, Bartabas fait parler Soutine, son étalon noir, dont il devient le corps. Mais l'une des plus belles images, il la doit au tout dernier de son écurie, Le Tintoret, lorsqu'ils glissent tous deux au sol, et que d'un mouvement de tête, le cheval semble quêter le signal pour se relever.

Scandée par les mots de Lautréamont, cette création exigeante à la scénographie audacieuse (ce n'est pas donné à tous les cavaliers d'inventer le cadre blanc) approche l'épure tant espérée, n'était-ce, parfois, la grandiloquence des costumes. Et l'on s'est peut-être dit, le lendemain, qu'on aurait dû applaudir avec plus d'entrain.

« Le centaure et l'animal », de vendredi à dimanche à Blagnac-Odyssud. Complet. Ce jeudi, 21h, même lieu, film « Galop arrière » présenté par Bartabas (5 €). Tél.05 61 71 75 15.
 








LE POINT
Nouveau spectacle de Bartabas créé en septembre à Toulouse


Bartabas créera son prochain spectacle en septembre à Odyssud de Blagnac, dans la banlieue de Toulouse, avec Ko Murobushi, un des maîtres japonais de la danse Butô, a annoncé lundi le directeur de l'espace culturel, Emmanuel Gaillard.

Ce spectacle, "Le centaure et l'animal", se déroulera sur scène avec quatre chevaux et le danseur, qui exploreront dans une chorégraphie signée Bartabas - Ko Murobushi la rencontre entre l'homme et le cheval.

Cette création (14-19 septembre) ouvrira la saison 2010/2011 d'Odyssud, qui sera riche de 89 spectacles (théâtre, musique, danse, cirque...), a précisé Emmanuel Gaillard. La salle emblématique de Midi-Pyrénées a battu cette saison son record de fréquentation avec 154.000 entrées, confirmant sa deuxième place en région et une place parmi les dix salles les plus fréquentées en France.

Parmi les temps forts de ce programme figurent en théâtre "Faisons un rêve" de Guitry avec Pierre Arditi, ou "La maison de poupée" d'Ibsen avec Audrey Tautou. En danse, la compagnie II de Alvin Ailey, les ballets de Perm ("Lac des Cygnes") ou la dernière création de Philippe Decouflé marqueront la saison.

La musique sera notamment représentée par les traditionnels festivals Novelum (musique contemporaine) et Rencontres des musiques anciennes, ainsi que par un concert réunissant les deux contre-ténors Philippe Jaroussky et Max-Emanuel Cencic, ainsi que le claveciniste William Christie.

Les arts circassiens seront marqués par la venue du cirque québécois Eloize, du vietnamien Lang Toi et du Cirkvost, avec ses trapézistes hors du commun. La Slava's Snowshow reviendra pour sa part à Odyssud avec sa tempête de "neige".

Enfin, les jeunes auront leur propre programmation, avec en particulier le festival Luluberlu.








NOUVELOBS

Bartabas, autoportrait
Pour les 25 ans de son Théâtre Zingaro, Bartabas a réalisé un film, «Galop arrière», où il revisite son histoire, des premiers «Cabarets équestres» jusqu'à «Battuta». Etourdissant

C'est donc ça, une vie. Des photos sépia épinglées sur les murs encombrés d'une caravane fatiguée. Des films qui témoignent d'un temps révolu, d'une insouciance évanouie. Des proches qui se sont éloignés, et les voici soudain dans leur insolente, leur élastique jeunesse. Des chevaux disparus qui reviennent, pour un dernier tour, là où ils ont brillé, où on les a ovationnés, au premier rang desquels l'emblématique Zingaro, le frison de légende, le Rodin de la troupe décédé en 1998, l'irremplaçable, l'irremplaçé. De poignantes mélopées, de lancinantes partitions, et des musiciens dont on se demande ce qu'ils sont devenus depuis qu'ils ont retrouvé leur terre natale où nous n'irons jamais, le Rajasthan, la Corée, l'Himalaya... Des lumières qui se sont éteintes. Des enfants qui ont grandi. Un père à la crinière blanche qui révérait son fils, venait, dans l'ombre, assister aux répétitions et qui est mort désormais. Tant de foules dispersées dans la nuit. Tant d'applaudissements que le silence a recouverts. Un galop arrière dans la poussière du temps.
Cela fait déjà vingt-cinq ans que Bartabas nous offre d'être les témoins privilégiés de sa relation intime, exclusive, énigmatique avec les chevaux. Vingt-cinq ans qu'on l'écoute leur parler, qu'on le voit les épouser, qu'on se demande ce qu'il cherche en eux, ce qu'il leur trouve. Vingt-cinq ans qu'on admire, sans toujours le comprendre, le spectacle sans cesse différent, toujours répété, de leur amoureuse complicité.
« Galop arrière », ce film magnifique et poignant qui plaide pour l'accomplissement équestre mais aussi spirituel du rassembler, n'est pas une rétrospective en images du Théâtre Zingaro, c'est l'autoportrait d'un homme encore jeune qui n'a vécu que pour et par les chevaux. Qu'eût-il été sans eux ? Peut-être un moine bouddhiste, un vagabond, le poète de rares haïkus, un ermite dans sa grotte, un marin du cap Horn, un fou en liberté, on ne sait pas. C'est le miracle et la tyrannie de la vocation : elle impose sa loi, elle gouverne un destin, elle ne laisse place à rien d'autre. Bartabas a trouvé la sienne très tôt ; il ne travaille depuis qu'à la réaliser.
A-t-il seulement existé en dehors de son art ? A-t-il jamais dormi ailleurs que dans sa vieille roulotte vert et rouge ? Qu'a-t-il donc fait de ses souffrances, de ses doutes, de ses bonheurs ? Que reste-t-il du mystérieux Clément sous le triomphant Bartabas ? La seule réponse est celle-ci : jour et nuit, hiver comme été, pendant vingt-cinq ans, il s'est sacrifié, et il n'a servi que ses chevaux, son théâtre d'Aubervilliers, son académie de Versailles, son public. Regardez-le respirer : monter est son inspiration et créer, son expiration. Pour lui comme pour don Quichotte, mettre pied à terre, c'est déjà abdiquer.
«Galop arrière» ne raconte rien d'autre qu'un sacerdoce, et le chemin qui conduit vers ce qu'il faut bien appeler une manière d'absolu. Entre la joie furibonde des premiers «Cabarets équestres» et le piaffer philosophique d'« Entr'aperçu », il y a toutes les étapes qui ont mené Bartabas du cirque ambulant à la scène frontale du Châtelet, de l'épate à l'épure, de la castagne à la sérénité, de la fanfare au silence, de l'audace de la provocation à l'audace de la contemplation, du voyage d'exploration au voyage intérieur, et des soirées folles où coulait autrefois le vin chaud plein de sciure et de cannelle aux «Levers de soleil» d'aujourd'hui au cours desquels cet écuyer d'exception monte avec une telle ferveur qu'on se demande si c'est la première ou la dernière fois.
Les saisons et les âges de cette vie, on les connaît : ce sont « Chimère », « Eclipse », « Triptyk », « Entr'aperçu », « Loungta », « Battuta » et « Darshan ». Des spectacles sauvés, par la magie du cinéma, de l'oubli à quoi l'art vivant est condamné. Mêlés et ajoutés les uns aux autres, ils expriment un splendide métissage culturel et laissent accroire que le désert de Thar est aux portes du Japon, que le Kerala jouxte le Tibet, que les cuivres de Moldavie accompagnent la voix sanglante d'une chanteuse de pansori. Ils rendent plus universel encore le cheval grâce auquel, depuis la fondation du Théâtre Zingaro, sont réunis, pour le célébrer, des cavaliers, des musiciens, des danseurs du monde entier. Car si, de spectacle en spectacle, les couleurs changent, les lumières varient, les costumes se transforment, si l'eau remplace la terre et la neige recouvre la pouzzolane, le cheval, qu'il soit arabe, portugais, andalou ou anglo, reste l'unique et immémorial héros de cette geste collective. Un héros justicier qui ignore la tricherie et ne ment jamais.
Pour savoir, au-delà de tous les préjugés, qui est vraiment Bartabas, comprendre quelle a été son évolution en un quart de siècle, percer ses pensées les plus secrètes, connaître ses désirs, ses rêves, il suffit de l'observer à cheval. Il feint d'être redoutable et machiste dans les « Cabarets équestres », où il pratique en virtuose l'équitation tauromachique, emprunte à partir de « Chimère » aux gestuelles de Pina Bausch, monte avec de plus en plus de grâce et une solennité digne de Nuno Oliveira, entre dans le cheval et devient véritablement centaure avec «Entr'aperçu», s'éclipse de « Battuta » pour mieux se donner, seul, à ses « Levers de soleil ». C'est un parcours à la fois physique et mystique, où revient, comme un leitmotiv, le fameux galop arrière que Quixote, étalon ortigon-costa béni des dieux, voulut bien autrefois lui concéder et nous offrir.
Afin de réussir le galop arrière, le capitaine du désert Etienne Beudant (1863-1949) préconisait de la délicatesse, de la légèreté, l'usage des jambes et l'oubli de la main. «Il est nécessaire, écrivait-il dans «Extérieur et haute école», que le cavalier reste très calme et qu'il arrête souvent pour rétablir l'équilibre » Ce calme, Bartabas l'incarne aujourd'hui et, afin de «rétablir l'équilibre», il signe ce film qui déroule les images du passé sans regrets ni remords. On pourrait presque croire que c'est un présent perpétuel.

Jérôme Garcin
Aubervilliers, quartier d'été

Dans le cadre de Paris Quartier d'Eté et pour fêter les 25 ans du Théâtre Zingaro, Bartabas propose, du 29 juillet au 7 août, des soirées spéciales au Fort d'Aubervilliers (176, avenue Jean-Jaurès), à 20 h 30 : la projection sur trois écrans de son film « Galop arrière » sera suivie d'un concert en plein air du Rétif, le groupe de Paulus, ancien compagnon de route de Zingaro et ex-compositeur des Négresses Vertes, ainsi que d'une restauration (réservation au 08-92-68-36-22).

A noter que « Darshan » reprendra à Aubervilliers à partir du 1er octobre et que « Galop arrière » sera diffusé en décembre sur Arte.









Le beau Charivari de Bartabas au Grand Palais

Sous la verrière impressionnante du Grand Palais, dans le cadre d'un des plus beaux concours hippiques de l'année, le maître du théâtre équestre Zingaro a présenté un spectacle liant l'Académie de Versailles et Aubervilliers. Fascinant.

Deux représentations seulement pour ce "Charivari équestre" donné sous les lumières artificielles samedi soir 3 avril et en plein jour dimanche après-midi. Une chorégraphie de Bartabas pour l'Acédémie du spectacle équestre de Versailles, mais un spectacle donné avec le renfort des chevaux et des cavaliers du Théâtre équestre d'Aubervilliers, les cheveux que l'on admire actuellement dans Darshan.

Six mouvements, une demie-heure éblouissante, simple et pure, des mouvements étonnants toujours même s'ils s'appuient sur ce que l'on peut nommer la "syntaxe" de Bartabas. Une seule répétition des deux équipes ensemble le vendredi, et cette irruption enchantée des chevaux...de deux en ouverture à près d'une quarantaine à la fin...

Musique de Phill Glass...Venant du sud, voici Laure, en blanc, sur Soulages, noir évidemment...face à elle, en noir sur un cheval blanc, un cavalier en miroir. La nuit, le samedi soir, un carré Hermès était projeté sur le sable de la carrière improvisée pour ce concours hippique d'exception. La lumière : un ballon blanc, énorme, au centre de la verrière peinte d'un vert unique et les plaques très transparentes désormais du verre. D'autres luminaires de forme oblongue ou ronde. Mais ce sont de véritables lumières de théâtre qui ont accompagné la première représentation Evidemment, en plein jour, impossible.

Mais dimanche après-midi, le temps de traîne à giboulée, averses et irruption du soleil illuminant cette cathédrale où quatre gradins avaient été installés, nord, sud, ouest et à l'est une tribune un peu plus basse avec, au-dessus une galerie du palais utilisée comme une régie.

Deuxième mouvement, Solenn avec sa robe de mariée surgit du nord, avec sa traîne de vent, manche à air devenue magique et un flot de rubans arc-en-ciel au poignet, une entrée qui préfigure le troisième mouvement, les dix Princesses de l'Académie équestre, jolies, jeunes, cheveux longs lâchés, épaules découvertes dans leurs longues robes de couleur bise, longs foulards au côté, noir ou orange, couleur d'Hermès.

Puis voici les Zingaro, en noir, avec leurs costumes noirs et ces coiffures pointues à visières qui donnent à leurs silhouettes quelque chose d'asiatique. Le soleil a surgi et l'arc en ciel des cavaliers qui portent dans le dos leurs manches à air colorées, dix qui se séparent parfois en deux formations, de bleu à vert et de jaune à violet. "Magnifique !" dit le petit garçon qui est juste derrière nous avec ses parents. "Magnifique !". Il doit avoir cinq ans. Les adultes sont dans le même état de ravissement...Et toujours les belles envolées de Philip Glass...

Revoici les demoiselles de l'Académie -plus de filles que de garçons dans cette école, plus de filles qui rêvent de devenir des artistes doublées de cavalères émérites, à Versailles. Elles sont huit sur les Argentins criollos à queue courte, tapis de selle noir et blanc. Ce sont les escrimeuses...Masques sur les visages, robes gris souris des chevaux -doit y avoir un nom savant...- et épées à la main. Quatre à quatre en figures d'assaut, de croisements, c'est hypnotique et emballant !

Le public exulte. Pour le dernier mouvement de cette chorégraphie exaltante, les garçons et filles de piste dans leurs costumes grège et orange, déplacent les contours de la carrière, l'agrandissant au maximum. Le final est dans l'esprit de liberté de Zingaro. Deux cavaliers, Etienne, sur un cheval noir, à la tête d'un troupeau d'une douzaine d'Argentins à la robe crème, un beige blond aux moirures rosées sous les irisations du soleil à travers la verrière...Messaoud, sur un cheval blanc à la tête d'un autre troupeau, encore des Argentins mais à la robe noire, ils sont une vingtaine...On a le coeur qui bat la chamade, car le mouvement s'accélère et c'est hallucinant de beauté, mais aussi cette liberté n'est pas sans risque pour les beaux chevaux dans leur "charivari" grisant...C'est beau, tout simplement...

Ensuite, le Grand Prix Hermès réunissant les cinquante-cinq meilleurs cavaliers du monde, allait décupler les émotions dans un parcours d'une grande difficulté avec des obstacles à 1,60 mètre...Jean-Paul Cluzel, patron du Grand Palais, savourait, ému, ce grand spectacle...







LE PARISIEN
Bartabas joue à la vie, à la mort dans "Le centaure et l'animal"



Bartabas s'aventure au plus profond du monde de l'intériorité dans son dernier spectacle, "Le centaure et l'animal", monté avec un des maîtres japonais de la danse butô, Ko Murobushi, et présenté au centre culturel Odyssud de Blagnac près de Toulouse (15-19 septembre).
Le noir, le blanc, la vie, la mort, l'homme qui pénètre dans les ténèbres au rythme du butô, la danse du "corps obscur", un cheval et son cavalier, angoissants, et les "Chants de Maldoror" de Lautréamont, insoutenables: Bartabas crée un univers de désespérance, avec le sens de l'esthétique dont il a le secret.

Ce spectacle "répond à une démarche artistique très particulière pour moi, très personnelle", avouait-il quelques jours avant la première, mardi soir: "J'avais envie de me rapprocher de la démarche qui est l'essence du butô, une danse très intérieure".
Cette danse, très éloignée des chorégraphies occidentales, est marquée par une lenteur extrême des mouvements pour retranscrire le passage incessant de la vie à la mort, de la mort à la vie.
Alors qu'une voix off déclame des extraits des "Chants de Maldoror", en avant-scène sur une longue bande blanche Ko Murobushi exprime par des spasmes, des convulsions, des crispations, des contorsions, des mouvements insensibles, toute la souffrance de l'homme en proie au désespoir.
En second plan, dans le clair-obscur de la scène tendue de tentures noires, Bartabas lui fait face, à cheval, dans des attitudes hiératiques: "Un cheval et un ange qui forment un même corps, voilà ce que l'on ne voit pas souvent", dit la voix off.
Le cavalier fait danser ses chevaux - quatre se succèdent - avec le sens de la mise en scène et des lumières qui caractérise Bartabas, dans un spectacle toutefois aux antipodes des prestations de la troupe Zingaro.
La musique, composée par Jean Schwarz, appuie l'atmosphère pesante qui se dégage des différents tableaux, où "l'animalité" voulue par Bartabas ressort en permanence.
"Ce qui m'a intéressé dans les +Chants+ de Lautréamont, c'est l'animalité du texte, comment il manie le texte de manière animale". De son côté, Ko Murobushi a "développé dans sa danse le sens de l'animalité, la capacité de ressentir le rythme intérieur de l'animal", ajoutait-il.
Quant à Bartabas, il vit cette animalité lors d'une scène émouvante où il se transforme en centaure inversé, buste d'homme et tête de cheval.
Ce spectacle sera ensuite présenté notamment à Paris (Théâtre national de Chaillot), Londres, Barcelone et Turin, toujours sur des scènes de théâtre.

 


09/10/2010
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