Alain YVER

Alain YVER

BENOIT POELVOORDE

BENOIT POELVOORDE



Benoit Poelvoorde descend-il de Louis de Funès ? D'Achille Talon pour la loufoquerie érudite ? De Jules Maigret pour ce goût prononcé pour les bistrots et les poêles en faïence ? Voici l'histoire d'un homme gigantesque qui a puisé son génie comique dans la littérature, selon Yann Moix, écrivain et réalisateur de Podium. Etudions le Poelvoorde par le menu, car cet homme est une friteuse qui nous éclabousse par son talent.

Benoit et les lettres

Moix et Poelvoorde partagent une passion commune pour le mystique et tonitruant pamphlétaire Léon  Bloy (1846 -1917). C'est le côté catholique torrentiel avec fixe-chaussettes qui a séduit Poelvoorde. Benoit s'est d'ailleurs inspiré du personnage de Bloy pour interpréter les Carnets de monsieur Manatane sur Canal +. L'insurpassable Manatane était ce conférencier toqué qui enseignait le latin de cuisine. Poelvoorde est un poil anar de droite qui aurait beaucoup lu Blondin et Nimier. Le comédien se distingue par son appétit énorme et un goût revendiqué pour les auteurs qui dégorgent comme les escargots : J'aime les pamphlétaires, leur mauvaise foi, dit-il.

Benoit et les frites

Il raffole du gigot aux haricots blancs et possède son agrégation de baraque à frites. Le projet qui l'occupe en ce moment est d'en faire le recensement le plus abouti à des fins éditoriales : Je voudrais faire un Guide Michelin de la frite. La baraque doit être éclairée au néon. De préférence mauve. Une frite se mange adossé au mur. Ou en marchant. Mais ramener son cornet à la maison est une hérésie. Le lendemain, ta femme, qui a flairé que tu sentais fort la graisse, les mains sur les hanches, te fait : "Vous n'avez pas été bouffer une frite, quand même ?" Et toi, qui as succombé à la tentation de saint Antoine, tu réponds : "si", en étouffant ce petit renvoi qui te rappelle ton forfait honteux. C'est admirable.

Benoit et maman

Lui-même ne sait dire si le virus comique se transmet par la mère ou le père. Il faut dire que la famille Poelvoorde n'est pas une famille ordinaire, cela tient à la personnalité de maman Jacqueline : C'est une femme incroyable, ma mère. Par exemple, elle embrasse les arbres dans son jardin. Oui, les arbres. En fait, j'ai perdu mon père très jeune et ma mère m'a mis en pension à 8 ans. Où donc ? Chez les jésuites. Poelvoorde ne sort pas du cours Florent, mais de chez Ignace de Loyola : J'en garde un bon souvenir. Ça a développé chez moi ma réaction à l'ordre. Son prof de théâtre, Bruno Belvaux, raconte comment les choses se sont déroulées : On me recommande un gamin qui, paraît-il, faisait rire toute sa classe. En quatre répliques, le voilà qui se montre le meilleur. Il tient cela de sa mère, personnage typique de Namur. Une marchande des quatre saisons qui aurait fait du théâtre de marionnettes avec ses légumes.

Benoit et son lit

Sans un accident de bicyclette qui met dans le plâtre l'un des comédiens de la troupe de Bruno Belvaux, l'adolescent namurois se serait consacré au dessin après sa sortie des beaux-arts : Au fond, je serais resté toute ma vie un dessinateur laborieux. Benoit Poelvoorde a donc ressorti récemment son bloc et ses crayons : Je m'y suis remis : un navire traverse une salle à manger à la suite d'une inondation, dit-il, en reconnaissant que, définitivement, c'est non pour le dessin. La vie mystérieuse du mammifère namurois le conduit alors par curiosité vers les procès d'assises. Il mange alors des faits-divers à toute heure de la journée et boit de la bière pour voir si le ventre gonfle autant qu'on le dit : J'étais assidu des plaidoiries. Ces types étaient parfaitement indéfendables, mais je n'arrivais pas à me défaire de cette idée qu'avant de devenir un monstre, le type avait été un enfant. Par exemple, on apprenait si le type faisait son lit, ou pas. Depuis, je fais mon lit chaque matin.

Benoit acteur

Poelvoorde sait traduire la veulerie avec une force étonnante. J'ai joué des petits chefs, des personnages de mon enfance. C'était mon univers. Pour autant, jamais je ne les ai condamnés. Mais mon plus grand souhait serait de jouer un très grand lâche. Cet acteur s'épanouit dans la création de monstres comme dans le film Les convoyeurs attendent.

Peut faire aussi le kangourou qui fait pipi contre un bec de gaz en disant du Paul Valéry. C'est une énorme pointure et il y a encore des gens qui ne le savent pas. Il déjante naturellement. J'attendais un type comme ça depuis quinze ans, explique Gérard Lanvin, qui a insisté pour que Benoit tourne à ses côtes dans Le Boulet. Depuis, les deux hommes ne se quittent plus : On a fait 15 000 kilomètres pour défendre le film et descendu quelques bouteilles de vodka : ça crée des liens. Dans C'est arrivé près de chez vous, le jeune Benoit, incarne un Pancho Villa wallon qui assassine à tour de bras en disant des vers de mirliton. Monsieur Benoit est un chimiste des mots qui plaçait très haut le comédien Jacques François, récemment décédé.

Benoit et le vélo

Mais la grande passion du comédien est vélocipédique. Pour l'amour du vélo, il commenterait la Grande Boucle juché sur un tonneau. S'est même acheté un canapé spécial Tour de France. Dans Le Vélo de Ghislain Lambert, il incarne un modeste coureur, un porteur d'eau. La peinture du peloton des années 70 est juste et Benoit Poelvoorde tient ce rôle pour son préféré : C'est toute ma culture, le vélo. Je voulais que Merckx tourne, mais la légende ne tenait pas à être associée au dopage que le film montrait. Ensuite Eddy est venu dîner et ce fut le repas le plus cher de mon existence. Quand j'ai donné la facture à la production on m'a dit : "Vous étiez combien ?" "Ben, quatre." "Quoi ? quatre ! mais c'est pas possible ! ! ! Qui c'est qu'a bu autant ?" "Ben, le champion." "Seigneur Dieu, cet homme à une descente !" Aime bien Lance Armstrong et a un faible pour Jean Robic.

La passion selon saint Benoit

Poelvoorde est un homme qui vous embrasse de partout. Ecoutons Benoit Mariage, réalisateur : Une vraie bonne nature qui se réapproprie le langage dont il sait charrier toutes les saveurs belges. Il est resté fidèle à Namur et ses vieux potes. Namur, c'est sa forteresse. Mais où trouve-t-on le Benoit Poelvoorde ? Entre l'église et le bistrot, il y a une bicyclette. C'est la sienne. Le soir il rentre chez lui habillé en Benoit Poelvoorde, et madame Coralie, qui a préparé la soupe, attend son homme. Bruno Belvaux possède son Poelvoorde à fond : C'est un pur talent qui vit entouré de bondieuseries et peut, dans une crise d'ivrognerie, insulter Dieu. Il endosse des rôles pour cacher une grande pudeur. Il a tellement peur qu'on voie à travers et qu'on se rende compte qu'il n'est, au fond, qu'un grand clown triste. La Belgique nous gâte. Vraiment.



a voir : les carnets de mr manatane, c' est arrivé près d' chez vous, podium,le vélo, narco, pour ce dernier (un pur bijou) ect... il est un des meilleurs comédien de nôtre époque. moi, j' adore ce type, pas vous ???

SITE CONSACRÉ À L' ACTEUR
http://www.benoitpoelvoorde.be/

http://membres.lycos.fr/manatane/

http://benoitpoelvoorde.actifforum.com/





Biographie

Benoît Poelvoorde est né à Namur, le 22 septembre 1964. Fils (cadet, mais il a une petite sœur) d'une épicière et d'un routier (décédé alors qu'il était jeune) il fait ses études chez les jésuites puis à 17 ans, quitte le domicile familial pour suivre des cours d'arts appliqués. Il se passionne pour le théâtre et se fait remarquer grâce à ses interprétations atypiques. Destiné à une carrière de dessinateur, il pratique également une seconde activité : la photographie. Durant ses études, il se lie d'amitié avec Rémy Belvaux et André Bonzel pour qui il joue dans un court métrage Pas de C4 pour Daniel Daniel.

Quatre ans plus tard, en 1992, le trio récidive, mais avec un coup de maître, en réalisant un premier long métrage : C'est arrivé près de chez vous. Ce film cynique et noir, réalisé avec relativement peu de moyens, devient rapidement un succès retentissant qui le propulsera au rang de film culte. Ensuite, Poelvoorde passe au café-théâtre en jouant Modèle déposé de Bruno Belvaux, frère de Rémy. Par après, il se met au service du petit écran avec deux projets humoristiques : Jamais au grand jamais (série de sketches diffusés en 1996) et les célèbres Carnets de monsieur Manatane.

Il enchaînera une série de films à partir de 1997 et rencontrera le succès auprès d'un large public grâce notamment à ses interprétations dans Le Boulet et Podium. En 2002, Benoît Poelvoorde s'est vu attribuer le Prix Jean Gabin, récompensant les meilleurs acteurs en devenir. En 2004, il est membre du jury du festival de Cannes, présidé par Quentin Tarantino qui a affirmé avoir été fasciné par le film C'est arrivé près de chez vous.





Biographie

C'est durant son année de terminale que Benoît Poelvoorde rencontre Rémy Belvaux et André Bonzel, deux amis avec qui il réalisera un premier court métrage intitulé Pas de C4 pour Daniel Daniel. Mais c'est avec le caustique C'est arrivé près de chez vous et son rôle de Ben le tueur que le comédien se fait connaître du grand public. Suit un passage au théâtre (Modèle déposé) et sur la chaîne Canal Plus, où ses chroniques Les Carnets de Monsieur Manatane remportent un franc succès.

Dans un registre plus grand public, Benoît Poelvoorde mène en 1996 Les Randonneurs de Philippe Harel, une réussite au box-office. L'acteur enchaîne les comédies avec une prédisposition pour les rôles de grands cyniques, bêtes et méchants, comme en témoignent ses prestations dans Les Convoyeurs attendent (1998) et Les Portes de la gloire (2001) de Christian Merret-Palmair. En 2001, il retrouve le réalisateur Philippe Harel pour enfourner Le Vélo de Ghislain Lambert, avant de donner la réplique à Gérard Lanvin dans la grosse production Le Boulet (2002). Désormais très populaire, Benoît Poelvoorde reçoit en 2002 le prix Jean Gabin, récompense attribuée chaque année à un espoir du cinéma français. Un espoir concrétisé en 2004 avec le succès Podium, dans lequel, sosie mégalo de Claude François, le comédien démontre l'étendue de son talent comique et dramatique.

La même année, l'acteur belge connaît une nouvelle consécration en rejoignant le Jury du 57ème Festival de Cannes présidé par Quentin Tarantino. A l'aise dans les projets décalés, il s'illustre dans les fantaisistes Atomik Circus (2004), Narco (id.) et Les Deux mondes (2007). Parallèlement, Benoît Poelvoorde s'essaie à un registre plus dramatique en donnant dans le thriller Entre ses mains (2005) une émotion rare à son personnage de vétérinaire inquiétant et en intégrant le quatuor masculin du film chorale de Nicole Garcia, Selon Charlie (2006).





" J' AI PERDU TOUT CONTRÔLE SUR LA RÉALITÉ "

Il enchaîne tournage sur tournage. Dans Les Deux Mondes (1), il campe Rémy, qui perd simultanément femme et travail. Et il sera bientôt dans Astérix aux Jeux Olympiques. Le changement de registre lui va comme un gant, pourtant ce ludion tendre et insolent se dit fatigué… et la mélancolie affleure sous les facéties.

Paru le 18.11.2007, par Christian González


Il y a quelque chose de changé en lui, on le devine désemparé, avec dans le regard une tristesse qu'il ne cherche même pas à dissimuler.

C'est Billy Bob qui vous accueille avec un enthousiasme d'autant plus sympathique que, l'instant précédent, il ne vous connaissait pas. Il jappe et bondit à l'entrée de la suite de grand hôtel dans laquelle Benoît donne ses interviews. « C'est un jack-russell… » Avec une tâche rose près de la truffe et un pelage blanc et sable. « Et pourquoi Billy Bob ? – À cause de la chanson de Benjamin Biolay : "Billy Bob a raison/Les gens c'est tous des cons." » Dans Les Deux Mondes, Rémy (Benoît donc), petit bonhomme effacé, perd en même temps son travail et sa femme. Pourtant, dans un monde parallèle, une tribu opprimée par un géant cannibale l'attend pour être son libérateur… Il est immuablement cordial, sa faconde demeure inépuisable, mais son humour fantasque est en veilleuse, il allume une cigarette de temps en temps, il y a quelque chose de changé en lui, on le devine désemparé, avec dans le regard une tristesse qu'il ne cherche même pas à dissimuler.

Madame Figaro. – Les Deux Mondes, de Daniel Cohen, Cowboy, de Benoît Mariage (journaliste d'une émission télé, Daniel Piron croit avoir une idée de génie qui, pense-t-il, le revalorisera à ses propres yeux, auprès de sa femme et de la société) – sur les écrans le 5 décembre -, Astérix aux Jeux olympiques, de Frédéric Forestier et Thomas Langmann – le 30 janvier 2008 -, et la suite des Randonneurs, de Philippe Harel : jamais vous n'aviez autant tourné en enchaînant !
Benoît Poelvoorde. – Et c'est trop, je m'en rends compte maintenant. Le cinéma est l'un des rares corps de métier où l'on se rassemble, où l'on se confine et, au final, où l'on se sclérose. On se coupe des gens normaux et on se déresponsabilise totalement. Or j'ai besoin de faire des pauses pour réfléchir, me poser des questions, alors que, sur un plateau, on vous demande surtout de ne pas en poser.
Pour Astérix.., je suis resté cinq mois à Alicante, en Espagne. Le tournage des Deux Mondes a duré trois mois, dont deux passés en Afrique du Sud, et je suis reparti deux mois pour Les Randonneurs à Saint-Tropez, au cours desquels je me suis cloîtré dans un hôtel. J'ai cru que j'allais y arriver, je me suis imaginé plus fort que je n'étais, et je suis allé droit dans le mur. J'ai totalement sous-estimé les dangers du métier.
C'est-à-dire ?
- J'ai perdu tout contrôle sur la réalité. J'ai fait passer le cinéma avant ma vie, et ma vie en a souffert…
Avec pour conséquence ?
- Avec pour première conséquence de perdre l'estime de moi-même. Même si je ne regrette pas les films. Je suis le seul responsable de tout ce qui m'arrive.

Tout de même, vous n'êtes pas obligé de dire oui à toutes les propositions, ce que d'ailleurs vous vous étiez bien gardé de faire par le passé…
- Bien sûr, mais, par exemple, je ne pouvais pas refuser Astérix.., parce que j'ai dit cent fois que j'avais envie de faire un méchant dans un film pour enfants. Je ne pouvais pas dire non à Benoît Mariage, qui m'avait dirigé dans « Les convoyeurs attendent », qui est un ami et qui me donnait l'occasion de renouer avec le cinéma belge. Pour Les Deux Mondes, j'ai adoré l'univers poétique de Daniel Cohen. Et pour Les Randonneurs, il y avait le plaisir de retrouver l'équipe du premier opus, tourné il y a dix ans. Simplement, tout cela a abouti à une totale remise en question. Je me suis enfermé dans une profession excessive. Maintenant, il est vrai qu'il n'est pas foncièrement mauvais de perdre le bon chemin si l'on peut envisager de faire machine arrière…









01/02/2008
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