Alain YVER

Alain YVER

BERENICE ABBOTT

BERENICE ABBOTT 





PHOTOGRAPHIES
http://digitalgallery.nypl.org/nypldigital/dgkeysearchresult.cfm?parent_id=100160&word=

Sites en anglais
http://www.boncap.com/Photo/Photographes/Maitres/Abbott_Berenice/

Collection photo poche
http://www.delpire.fr/poches.htm







Berenice Abbott
(17 juillet 1898 - 9 décembre 1991) est une photographe américaine.
SOURCE wikipedia

Biographie

À dix-neuf ans Bernice Abbott fuit une enfance malheureuse dans une famille décomposée en rejoignant l'université de l'Ohio et rapidement les Beaux Arts de la ville de New York où elle fréquente Greenwich Village et ses cercles d'artistes et d'intellectuels. Elle y rencontre Man Ray, la baronne Elsa von Freytag-Loringhoven ou encore Marcel Duchamp. Après quelques essais en sculpture et en peinture, elle se lance dans l'aventure du voyage en embarquant vers Paris en mars 1921. Là, elle travaille dans l'atelier d'Emile Bourdelle, puis dans l'atelier de Constantin Brancusi.

Elle est bientôt rejointe par d'autres Américains mais elle reste sans revenu et sans vocation. Elle tente sa chance dans la sculpture et la danse à Berlin, sans réussite, et étudie à la Kunstschule avant de revenir à Paris. Man Ray lui propose de devenir son assistante. Il lui apprend les techniques du tirage en laboratoire pour lesquelles elle se montre douée puis celle de la prise de vue. Les portraits qu'elle fait de ses amis plaisent et elle réussit à en tirer quelques revenus. La concurrence avec Man Ray l'oblige à le quitter rapidement.

Le studio qu'elle ouvre alors avec l'aide de Peggy Guggenheim connait le succès. André Gide, Jean Cocteau, James Joyce, Marie Laurencin, André Maurois, Djuna Barnes, la baronne Murat y sont photographiés.

Après avoir découvert Eugène Atget en 1925 grâce à Man Ray, elle lui achète quelques tirages. En 1927, elle se décide à lui demander de poser pour elle. Quand elle vient lui présenter ses photos, il est trop tard. Le photographe dont elle admirait tant l'œuvre était mort peu après la séance. Elle profite de sa bonne situation financière pour acheter toutes les archives négligées d'Atget. Elle ne cessera de défendre son œuvre par des livres et des expositions, ce sera un déchirement quand, plus tard, elle devra vendre 50% des droits. De par les articles et les livres qu'elle a publié sur le travail d'Atget, Bérénice Abbott a contribué à faire connaître son œuvre.

En 1929, au cours d'un passage à New York ,elle est surprise par les changements : la ville qu'elle habitait huit ans auparavant est en train de disparaître. Cet étonnement sera à l'origine de son premier projet photographique d'envergure : Changing New York qui aboutira en 1937 avec une exposition au Museum of Modern Art de New York. Mais la vie à New York n'est pas aussi aisée qu'elle le pensait et sa renommée parisienne ne lui sert à rien en Amérique où la concurrence entre photographes est plus rude qu'ailleurs. Bérénice Abbott n'appartient pas au cercle des admirateurs d'Alfred Stieglitz qui domine alors le microcosme photographique imposant le modèle pictorialiste.

La crise de 1929 et la Grande Dépression qui suit réduisent considérablement ses revenus. Les financements, pourtant modestes, qu'elle sollicite pour Changing New York lui sont partout refusés, malgré les expositions intermédiaires qui lui apportent une reconnaissance limitée.

En 1935, un poste d'enseignement de la photographie lui assure un revenu fixe et son projet est enfin reconnu par le Federal Art Project. Elle peut alors s'y engager pleinement et le projet débouche en 1937 sur une exposition au Museum of city of New York suivi d'un port-folio dans le magazine Life et d'un livre en 1939. Forte de ce succès elle continue à valoriser l'œuvre d'Atget et découvre celle d'un autre photographe dédaigné des pictoralistes : Lewis Hine.

Son refus d'appartenir aux cénacles, la jalousie des autres photographes, les restrictions budgétaires et son esprit d'indépendance la poussent à démissionner en 1939 quand son programme est interrompu.

Elle s'intéresse désormais à la photographie scientifique estimant que, alors que la majorité en ignore tout, la science domine le monde contemporain. Elle fait le pari que la photographie doit contribuer à la culture scientifique des Américains, mais elle sera bien seule à défendre cette conviction. Déjà oubliée de la mode photographique, elle repart en quête de financements, vivant dans l'intervalle de maigres commandes. C'est le lancement de Spoutnik par l'URSS en 1957 qui lui donnera raison. Les États-Unis, craignant d'être dépassés par les Soviétiques, décident de financer davantage de projets scientifiques. Berenice Abbott obtient de collaborer avec Massachusetts institute of technology et peut en quelques années réaliser les photos auxquelles elle pense depuis vingt ans.

Sa santé fragile l'oblige à quitter New York pour s'établir dans le Maine, elle y réduit peu à peu ses activités photographiques pour se consacrer à l'écriture : The World of Atget est publié en 1964, suivi d'ouvrages techniques. Elle tombe à peu près dans l'oubli qu'elle a tenté d'éviter à Atget puis Hine, quand, dans les années 1970, son œuvre bénéficie du regain d'intérêt général pour la photographie. Elle reçoit de nombreux prix et honneurs. C'est avec une part d'amertume qu'elle apprécie ce succès tardif.

L'œuvre de Berenice Abbott illustre une conception de la photographie qu'elle résume en défendant Changing New York pour lequel elle expliquait : « Le rythme de la ville n'est ni celui de l'éternité ni celui du temps qui passe mais de l'instant qui disparaît. C'est ce qui confère à son enregistrement une valeur documentaire autant qu'artistique. »

L'essence de la photographie repose sur ce rapport au temps. Le rôle de la photographie est d'enregistrer cet instant qui disparaît que Roland Barthes appellera le ça a été. La photographie dans son rapport au temps fonctionne toujours au passé, comme représentation d'un temps devenu passé. Pourtant les images d'Abbott, comme celles de Lewis Hine et d'Eugène Atget ne sont pas seulement nostalgiques : le passé, en arrière, fixé sur photographie, est à sa place.

C'est pourquoi aussi la photographie requiert de l'« authenticité »: le ça a été se perd dans la photographie manipulée ou à prétention artistique telle que la pratiquent les pictorialistes. La photographie telle que la conçoit Berenice Abbott doit marcher d'elle-même. Débutante elle disait les photos viennent bien. En 1951, elle continue à déranger les photographes intellectualistes en déclarant It has to walk alone. La photographie ne doit pas chercher à imiter la peinture par des compositions ou des manipulations savantes, elle doit continuer à chercher son essence dans ce rapport à l'instant.



Changing New York

par Sylvaine Olive
Lire, décembre 1999 / janvier 2000

Quand la photographe Berenice Abbott (1898-1991) débarque à New York en 1929, c'est le coup de foudre. La ville qu'elle a quittée huit ans plus tôt pour la France est en plein chantier. Dans l'euphorie de l'après-guerre, on démolit à tour de bras les bâtiments du passé pendant que s'élève une nouvelle forêt de gratte-ciel. Comme Eugène Atget, son mentor, l'avait fait pour Paris, Berenice Abbott, fascinée, va saisir ce monde urbain en mutation. Pendant dix ans, elle arpente systématiquement les rues de Manhattan et mitraille tous azimuts, du Rockfeller Center aux lofts en fonte de Broadway, de Wall Street à Greenwich, des bords de l'Hudson aux quartiers pauvres du Lower East Side. Tours gigantesques, métro aérien, centrales électriques, hangars massifs, magasins, maisons victoriennes ou immeubles murés... Ce catalogue élégant et documenté accompagne l'exposition d'une série de ses plus beaux clichés au musée Carnavalet.



LA RENCONTRE

Berenice Abbott (1898-1991), jeune artiste américaine de 22 ans, arrive à Paris en 1921. Elle y restera huit ans et vivra dans l'effervescence artistique de l'époque. Elle devient l'élève et l'assistante de Man Ray, autre américain de Paris. Peu de temps après, elle ouvre son propre studio de photographe en tant que portraitiste de l'élite intellectuelle parisienne.

A Paris, une rencontre marquera à tout jamais l'avenir de Berenice Abbott, celle d'Eugène Atget (1857-1927). Elle admire sans réserve le regard et la méthode de ce photographe des rues et des édifices parisiens. C'est en 1925 qu'elle découvre pour la première fois les photographies d'Atget chez Man Ray. En effet, le studio de ce dernier se situait au n031 de la rue Campagne-Première à Montparnasse, alors qu'Atget habitait au n017 bis. Dès 1926, Abbott rend visite à Atget et lui achète quelques clichés. En 1927, elle réalise trois portraits d'Atget. Deux de ces portraits sont devenus par la suite les clichés les plus célèbres de l'Américaine. Elle apprend le décès d'Atget en venant lui montrer les épreuves. Elle décidera par la suite de sauvegarder et de diffuser son oeuvre encore peu connue.



ABBOTT DÉFEND PASSIONNEMENT L'OEUVRE D'ATGET


En 1928, après un an de négociations, Berenice Abbott achète une partie du fonds Atget, environ 1400 négatifs et 7800 tirages, à André Calmettes, alors directeur du théâtre municipal de Strasbourg, seul ami intime du photographe, chargé de la succession. L'autre partie de la collection de négatifs avait été achetée précédemment par les Monuments historiques. Par la suite, Abbott n'aura de cesse de faire connaître le travail d'Atget à travers l'Europe et les États-Unis. En 1930, elle organise la publication du premier livre sur Atget, simultanément à Paris, New York et Leipzig, lequel est illustré des photographies de sa collection. Elle écrit aussi de nombreux articles, donne des interviews, s'occupe d'expositions et réalise des tirages à partir de ses plaques négatives. En 1964, elle fait paraître le célèbre ouvrage The World of Atget. Berenice Abbott finira par vendre toute sa collection sur Atget, albums de référence, tirages et négatifs au Museum of Modem Art de New York en 1968.



 
DANS L'EXPOSITION

Une salle de l'exposition illustre la rencontre entre ces deux personnalités de l'histoire de la photographie. On y trouvera, d'une part, deux portraits d'Atget en tirages d'époque réalisés par Abbott en 1927 et, d'autre part, le portfolio d'Atget par Abbott de 1956. Deux appareils photographiques seront également présentés, ainsi que des publications et documents divers.

Par ailleurs, une projection de diapositives montrera des comparaisons de prises de vue anciennes et modernes. Pour la partie Atget, les vues contemporaines ont été réalisées par l'allemand Jùrgen Nefzger, entre 1997 et 1999, et pour la partie Abbott, par l'américain Douglas Levere, entre 1997 et 1998. Cette mise en parallèle témoignera des changements dans l'architecture et dans l'organisation des deux villes.



Berenice Abbott & Eugène Atget

Auteur : Clark Worswick  Editeur  Arena Editions Langue : Anglais Nb de pages : 160  Format : 24x2727x24  Reliure : relié

Eugène Atget (1856-1927, photographe français, est reconnu comme l'un des principaux acteurs de l'histoire de la photographie. Né à Bordeaux, il prit très jeune la mer, puis entama une carrière d'acteur et de peintre. Ce n'est qu'en 1898 qu'Atget se tourna vers la photographie. En une dizaine d'années, il produisit la plus grande partie de son travail documentaire sur la vie à Paris - les commerçants, l'architecture, les vitrines, les jardins, les cafés et les marchés. Mais il ne vendit que très peu d'ouvres. L'artiste américain Man Ray redécouvrit les photographies d'Atget vers 1925. Berenice Abbott, élève de Man Ray, sut y déceler le génie du photographe français. Après la mort d'Atget en 1927,elle emporta la plupart de ses tirages et négatifs aux États-Unis. Ils font désormais partie du fonds Abbott-Levey au Museum of Modern Art de New York. Ce livre nous ouvre les portes sur la fin d'un siècle à Paris et dans ses environs: fiacres, commissionaires, vendeurs d'abat-jours, manèges, intérieurs bourgeois, bords de Seine...





BERENICE ABBOTT, CHANGING NEW YORK,
UNE VILLE EN MOUVEMENT, 1935-1939

LE PROJET CHANGING NEW YORK

En janvier 1929, après huit années passées en Europe, Berenice Abbott rentre aux États-Unis, pensant n'y rester que quelques temps. A peine arrivée à New York, la découverte de cette ville en mouvement la bouleverse. En dépit de bien des difficultés au cours de la décennie suivante, elle n'aura de cesse de fixer sur la pellicule ce moment de transformation architecturale. La cité en pleine expansion la fascine, ce que l'on comprend aisément, sachant que la plus forte  vague de construction de gratte-ciel new-yorkais a eu lieu entre 1910 et 1932, le plus célèbre étant l'Empire State Building achevé en 1931. Abbott décide de faire pour New York ce qu'Atget avait fait pour Paris : une vaste campagne photographique, jamais réalisée à l'époque.

Parrainée par le Museum of the City of New York, en 1935, elle obtient le financement de son projet par le Federal Art Project du W.P.A. (Work Progress Administration), aide du gouvernement pour les artistes pendant la période de la Dépression. Grâce à cet appui, qui s'interrompra brutalement en 1939, le résultat de l'importante enquête photographique qu'elle mène verra le jour sous la forme d'un ensemble de 305 photographies intitulé Changing New York.
 

ABBOTT ET LE MUSEUM 0F THE CITY 0F NEW YORK

Le Museum of the City of New York joua un rôle essentiel dans la carrière d'Abbott. Il défendit son travail en lui organisant une exposition personnelle en 1934, en se comportant en sponsor pour le Federal Art Project en 1935, et en exposant Changing New York en 1937. En 1940, le Museum acquit un jeu, officiel d'épreuves d'exposition. Puis lorsque le Federal Art Project cessa son activité de soutien aux artistes en 1943, les négatifs de Changing New York, les épreuves et les duplicata furent déposés au Museum, qui se procura un second jeu d'épreuves, ainsi que toutes les informations écrites rassemblées autour du projet par l'équipe de documentalistes.

Les tirages sélectionnés pour cette exposition, plus d'une centaine issue du corpus de Changing New York, sont organisés géographiquement et dévoilent toute la variété et la profondeur de cette campagne photographique.


 

LE PARCOURS DE L'EXPOSITION

L'exposition est organisée en huit sections géographiques qui révèlent l'approche documentaire privilégiée par Abbott: Districts de Wall Street, City Hall et South Street, Lower East Side, Lower West Side, Greenwich Village, Middle West Side,  Middle East Side,  au nord de la 59ème Rue et les Quartiers périphériques (Brooklyn, Bronx, Queens et Staten lslands).

Cette présentation dévoile les lieux qui ont le plus inspiré Abbott : alors que la moitié des images de Changing New York illustre la pointe sud de Manhattan (Downtown avec Lower East et West Side, Greenwich Village et Middle West Side) qui s'étend, sur 4 km, entre Battery et la 14ème Rue, au contraire la partie médiane (Midtown), surtout son côté ouest, paraît singulièrement moins photographiée. Les quartiers plus pauvres de Manhattan attiraient autant Berenice Abbott que le spectacle des gratte-ciel en chantier du quartier de Wall Street. Le Lower East Side, en bas de la presqu'île du côté de Brooklyn et les quais de l'East River à l'abandon la fascinèrent. Par ailleurs, comme elle habitait Greenwich Village, elle donna une représentation des plus complètes de ce quartier. Middle East Side lui permit aussi d'analyser l'image type de la modernité dans plusieurs panoramas. Ceux-ci rendent parfaitement les contrastes entre le gigantisme des gratte-ciel,   planant dans les hauteurs, et, en dessous, les vastes secteurs de maisons et d'immeubles beaucoup plus bas. Ce phénomène a pratiquement disparu à New York aujourd'hui sous l'effet des vagues successives de construction de hautes tours.

Chacune des huit sections est agrémentée d'une présentation du quartier ainsi que d'une carte détaillée permettant au visiteur de localiser les sites et les sujets de prise de vue.

En plus du parcours topographique, l'exposition analyse la démarche d'Abbott lors de la constitution de Changing New York . Au fur et à mesure de l'avancée du projet, Abbott a écarté des photographies qu'elle ne jugeait pas à la hauteur de sa production finale. Pour ces dernières, elle n'a retenu que les négatifs et les dossiers de recherche sans réaliser de tirages d'exposition. Les critères de sélection d'Abbott sont souvent difficiles à définir car les photographies rejetées semblent être tout autant esthétiquement valables et historiquement instructives que celles inclues dans la version définitive du projet Changing New York . L'exposition se propose de juxtaposer des tirages modernes issus des négatifs rejetés à côté des épreuves d'exposition, révélant ainsi le parti pris d'Abbott dans l'organisation de son sujet. Sont présentés aussi des exemples de ses dossiers de recherche, qui contiennent des renseignements historiques, des coupures de presse, des interviews et des schémas de prise de vue.

Enfin, l'exposition inclut des éléments biographiques sur la photographe : correspondance, coupures de presse, invitations, affiches d'exposition, etc.

 


15/08/2007
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