Alain YVER

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BLANCHE

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Blanche (groupe)

Blanche est un groupe musical de Détroit, Michigan (États-Unis) formé en 2002. Leur musique est un mélange de rock, de country et de folk avec des sonorités du début du XXe siècle.

Historique

Proche des White Stripes (dont ils ont fait la 1re partie de la tournée en 2003), le groupe est composé de :

    * Dan John Miller (guitare et chant)
    * Tracee Mae Miller (basse et chant)
    * Feeny (Guitare acoustique)
    * Lisa "Jaybird" Jannon (percussions)
    * "Little" Jack Lawrence (banjo), qui remplace Patch Boyle.

Le premier disque de Blanche est un EP appelé America's Newest Hitmakers, publié par Loose Records. Le premier album du groupe If We Can't Trust the Doctors... est sorti en 2004. Une des caractéristiques de ce premier album réside dans des textes de chansons non dénués d'humour et d'auto-dérision sur une musique rythmée et relativement riche.

En 2005, Dan John Miller tient le rôle de Luther Perkins (musicien accompagnant Johnny Cash) dans le film Walk the Line de James Mangold et Tracee Mae Miller y fait également une apparition (en tant qu'amie de la première femme de Johnny Cash).

Discographie

    * 2004: America's Newest Hitmakers, EP
    * 2004: If We Can't Trust the Doctors...
    * 2006: What This Town Needs, EP
    * 2007: Little Amber Bottles

If We Can't Trust the Doctors...
est le premier album du groupe de folk-country-rock américain Blanche sorti le 23 mars 2004 sur le label V2 Ada.

Une des caractéristiques de cet album réside dans des textes de chansons non dénués d'humour et d'auto-dérision chantés sur une musique rythmée et relativement riche, où dominent les sonorités de la guitare slide et du banjo.







If We Can’t Trust The Doctors

//www.lesinrocks.com/musique/critique-album/if-we-cant-trust-the-doctors/

Il y a un an, Jack White nous expliquait qu’un de ses meilleurs souvenirs musicaux était d’avoir découvert les Stooges en dénichant leur premier album dans une poubelle à Detroit. Les membres de Blanche sont de bons amis des White Stripes : dans les années 90, le chanteur de Blanche et Jack White jouaient dans [...]

Il y a un an, Jack White nous expliquait qu’un de ses meilleurs souvenirs musicaux était d’avoir découvert les Stooges en dénichant leur premier album dans une poubelle à Detroit. Les membres de Blanche sont de bons amis des White Stripes : dans les années 90, le chanteur de Blanche et Jack White jouaient dans le même groupe, Goober & The Peas ; c’est à un concert de Blanche que Jack White a cassé la figure de son ancien bon ami des Von Bondies ; les White Stripes ont enregistré une reprise de Blanche ; et c’est en première partie des White Stripes que Blanche a fait sa première scène française, sans casser la gueule à personne. Les membres de Blanche, donc, ont peut-être éclusé quelques poubelles en compagnie de Jack White. Sur leur premier album, ils consacrent une chanson au sujet : Garbage Picker.

Blanche évoque énormément le cinéma des frères Coen, mais plus Miller s Crossing que O Brother. La musique de Blanche est une obsédante tache de moisissure au plafond d’une chambre d’hôtel borgne. Un rictus de cocaïnomane sur le visage glabre d’un vendeur de bible au porte-à-porte. Une plaisante décadence. Le ver dans la pomme du jardin d’Eden.

Quand Tracee et Dan chantent en duo (c’est le cas sur la plupart des titres de l’album), ils retrouvent l’atmosphère bucolique et néanmoins sophistiquée des disques de Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. La musique de Blanche est théâtralisée et le groupe joue comme s’il faisait uniquement la tournée des villes fantômes. La bande-son chuintante d’un antique spectacle de vaudeville, d’un medicine show. Tracee Miller parle de sa musique comme d’un “élixir”. L’album s’appelle If We Can’t Trust the Doctors’ On peut toujours faire confiance à la musique.
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par Stéphane Deschamps







BLANCHE : If We Can’t Trust The Doctors (2004)
septembre 10, 2006 verolard Laisser un commentaire Aller aux commentaires

Les bons albums sans audience m’ont toujours passionné. On peut faire de bons albums sans public. Le public se ralliant souvent lorsque le groupe a disparu ! Dur ! Il faut souvent les écouter après coup, sans pression quelqueconque après que l’engouement ait baissé. Là, on se rend compte, sans l’effet de mode, si le disque tient la route ! J’aime bien écouter des disques récents comme on écoute de vieux disques, quand ils ne font plus l’actualité car à part les grands disques, les disques ne font pas plus d’une saison. Je m’étais intéressé à Blanche car j’avais entendu qu’il y avait un lien avec les White Stripes. Dans ma tête, je me suis dit que vu que j’avais aimé Elephant leur album ne devrait pas me faire peur ! Ce que je ne savais pas, c’était quel lien Blanche avait avec le groupe de Jack White. Un  beau jour, le disque est disponible dans ma médiathèque ; je m’empresse de le consulter. J’ai alors tout de même compris la relation avec Elephant : la country (et qu’ils soient potes) ! Mais comme avec les White Stripes, ce n’est pas de la country molle : on lui a injecté du rock alternatif dans les bronches ! Si bien que If We Can’t trust the doctors est un disque de Folk renouvelé avec de belles envolées électriques, à la fois terre et terre et évasif. Il y a là de la magie, du rêve dans la tradition. Avec ces guitares carillonantes, ces harmonies vocales et ses jolies mélodies plutôt dépouillées, il met la modernité en face du passé. La voix très « sud » et un peu nasillarde de Dan John miller  colle parfaitement à cette musique faussement plate et vieillotte. Ce n’est plus de la country, c’est de la musique paisible, intemporelle, tranquille avec une vraie âme. Les chansons comme « do you trust me » ou « bluebird » vont vous prouver que la country rock (vive les Byrds !) a de beaux restes. Un « so long cruel World » pourrait figurer dans un Tarantino pour son coté à la fois sec et direct. Un bon disque de bar de campagne pour bobos!








Interview Ambre et Blanche

Est-ce pour conjurer le mauvais sort que Blanche a illustré la pochette de son nouvel album d’un chat noir ? Il faut dire que le groupe préféré de The White Stripes a connu quelques déboires ces dernières semaines. Le label américain V2 ayant mis la clé sous la porte, Blanche a dû repousser de plusieurs semaines la sortie de Little Amber Bottles. Mais comme la musique pop folk du groupe de Detroit est intemporelle, ce contretemps n’a pas d’importance en fait. Ce qui compte actuellement, c’est l’esprit et le coeur de Blanche et surtout leurs "Petites Bouteilles d’Ambre". Mais que contiennent-elles ? Plein de bonnes choses, en tous les cas, tout ce qu’il faut pour lutter contre la dépression, comme au bon vieux temps. Tracee et Dan Mae Miller parlent au Mag Indie Rock du mystère qui entoure le groupe de Detroit, de sa musique, de ses à-côtés cinématographiques et de ses Superstitions : "On est vigilant quant aux chats noirs !" Ah bon ?

Indierockmag - Entre la sortie de If We Can’t Trust The Doctors... (2004) et votre deuxième album, Little Amber Bottles, (voir la fiche détaillée de l’album), il s’est écoulé près de trois ans. Pourquoi un si long interlude ?
Tracee Mae Miller : Nous prenons du temps pour tout !
Dan John Miller : Après le premier album, nous avons eu des problèmes. Nous avons vécu des moments tristes, ce qui nous a inspiré pour écrire les chansons de cet album. Après avoir fini l’enregistrement, nous avons été agréablement surpris. Cet album a suscité un vif intérêt auprès du public. Nous sommes partis en tournée et plein de bonnes choses se sont produites. Comme quoi derrière la tristesse se cachent souvent des moments heureux. L’année prochaine, nous passerons un deal avec elles afin de composer nos chansons car c’est important pour nous et pour la plupart des groupes et chanteurs de se nourrir de ses expériences.
Ensuite, nous sommes partis en tournage où nous avons joué dans un film. Cette expérience nous a permis de prendre du recul sur ce que nous avions vécu.
Tracee Mae Miller : Nous devions mettre en avant ce que l’on souhaitait dire à propos de notre expérience.

Indierockmag - À ce propos, Dan John, vous avez interprété le rôle de Luther Perkins dans Walk The Line, film retraçant la vie de Johnny Cash. Comment avez-vous été retenu pour jouer ce rôle ? Comment s’est déroulé le tournage ?

Dan John : Je pense qu’ils voulaient quelqu’un ressemblant à un mort vivant. Le réalisateur, James Mangol, recherchait quelqu’un avec une expérience dans le cinéma et jouant de la guitare. Ce fut pour moi un réel honneur de jouer dans le film retraçant la vie de Johnny Cash car j’aime sa manière très simple de jouer de la guitare. J’avais déjà rencontré Tim Bone Burnett, le producteur musical (Réalisateur de la musique du film O’Brother). Je pense qu’il cherchait quelqu’un en Californie mais ne trouvait pas la bonne personne.
Tracee Mae Miller : Nous nous intéressions beaucoup au travail de Tim Bone Burnett et c’est comme s’il y avait entre lui et Dan John un lien de parenté.
Dan John Miller : Je l’ai rencontré et il a suggéré que je joue dans le film. J’ai passé l’audition et arrivés à Memphis, nous avons réfléchi à qui pouvait jouer le rôle de ma femme dans le film. Donc j’ai dit : « Pourquoi pas Tracee ? » C’était très bien, un grand moment.
Memphis, c’est comme Detroit. Ce n’est pas Paris où ça bouge tout le temps. Detroit et Memphis sont des villes fantômes mais c’est très beau.

Indierockmag - Sur votre premier album, on pouvait noter la participation de Jack White (The White Stripes et The Raconteurs) et de Brendan Benson. Sur votre nouvel album, sont intervenus, entre autres, Lisa Jannon et Jack Little Lawrence (The Greenhornes et The Raconteurs). Quelles sont les raisons de ces invitations ? Etait-ce prévu de longue date ou était-ce une opportunité qui s’est présentée pendant l’enregistrement de Little Amber Bottles ?
Tracee Mae Miller : Patch Boyle, le joueur de banjo a une vie familiale bien remplie puisqu’il est père d’une tripotée de bambins. Il était donc impossible pour lui d’être disponible pour partir en tournée. Ayant un show très important à faire, nous avons donc demandé à Little Jack qui a accepté et aimé.
Dan John Miller : Ce qui est important dans un groupe, c’est de se sentir comme une famille. Tracee et moi sommes la mère et le père. Feeny est comme un oncle sauvage. Lisa, c’est l’ado en crise. Little Jack est un ami depuis longtemps. Même s’il joue de la basse dans un style rock pour The Greenhornes, il a aimé joué du banjo. Quand nous étions en tournée à New York, il a acheté une mandoline et le soir même il a demandé à un musicien qui en jouait dans un groupe de lui montrer comment utiliser pleinement cet instrument. Il fait partie de ces gars un peu fou.

Indierockmag - If We Can’t Trust The Doctors... a connu un beau succès, du moins journalistique, lors de sa sortie. Ceci a-t-il constitué une pression particulière pour l’enregistrement de ce nouvel album ?
Dan John Miller : Je ne pense pas ! Je crois que c’était une période très excitante. Parce qu’avec le premier album, tu joues tellement souvent les morceaux avant l’enregistrement que tu les connais toutes par coeur. Bien sûr, il y a toujours des arrangements. Mais avec ce second album, nous avons écrit les chansons en studio. Donc c’était vraiment excitant de faire de la sorte. C’était une approche totalement neuve.
Tracce Mae Miller : Je ne le vois pas comme une pression. Je pense que le second album est la continuité du premier album. Il est le premier acte et le second album est un très bon deuxième acte de l’histoire qui est racontée. C’est un processus naturel.

Indierockmag - Le mot "blanche" n’est pas vraiment approprié pour qualifier ce qui est rock’n’roll. Ce serait plutôt "noir". Pourquoi avoir choisi un tel patronyme ?
Dan John Miller : C’est surtout pour la sonorité du nom "Blanche". Ça pourrait être le prénom d’une femme. De plus en anglais, lorsque tu a peur, on dit que tu palis. Il y a beaucoup de sens que nous aimons. J’aime "Blanche" parce que c’est assez mystérieux et peut-être interprété de différentes manières. Ça me rappelle aussi « Blanche Dubois » de Tennessee Williams.

Indierockmag - A l’image du nouveau single et votre nouvel EP, What This Town Needs, on constate que votre son s’est durci, il est plus rock. De plus, Tracee Mae Miller, vous chantez plus souvent. Comment expliquez-vous cette évolution ?
Tracee Mae Miller : Non pas du tout. Je ne pense pas qu’il soit plus rock.
Dan John Miller : Le morceau What This Town Needs est plus rock mais je pense que c’est plutôt de la colère, de la déception. Peu de titres sont tristes et calmes. Dans cet album, il y a beaucoup d’amertume et de rédemption.

Indierockmag - Sur If We Can’t Trust The Doctors..., vous aviez repris Jack On Fire du Gun Club et Runnin’ With The Devil de Van Halen. Cette fois-ci, avec le nouvel album, c’est Child Of The Moon de The Rolling Stones. Quelles sont les raisons qui vous poussent à reprendre des titres d’autres groupes ? Hommage, exercice de style... ?
Dan John Miller : Je pense que quand tu reprends une chanson, c’est pour la travailler dans ton propre style. C’est le cas avec ces deux titres. Nous aimons vraiment Gun Club. Nous avons essayé de faire quelque chose de très différent et de le faire comme un duo. Child Of The Moon de The Rolling Stones est une chanson rock et triste dans les paroles. Nous avons voulu la jouer lentement et en dégager un sentiment proche du rêve.

Indierockmag - Si on reste sur cette dernière reprise, question plus classique : seriez-vous donc plus Rolling Stones que Beatles ou y a t il un autre artiste plus cher à Blanche ?
Dan John Miller : Peut-être Public Enemy ! (Rire général)
Tracee Mae Miller : Nous sommes inspirés par différents styles de musique, The Calter Family, Lisa Iserwood, The Rolling Stones. Nous nous inspirons de beaucoup de choses, même du cinéma.

Indierockmag - A l’écoute de Little Amber Bottles, se dégage une certaine maturité, ce qui est assez rare pour un toujours « difficile second album ». Estimez-vous que cet album surclasse votre premier effort ?
Dan John Miller : Oui il est bien mieux !
Tracee Mae Miller : Je pense aussi qu’il est mieux.
Dan John Miller : Parce que des choses tristes autour de nous nous sont arrivés, comme des décès et des maladies. La chanson Superstition parle de devenir superstitieux quand on est constamment en train de regarder si la poisse n’arrive pas au prochain carrefour : on est vigilant quant aux chats noirs ! Notre musique était très fragile et nous n’étions pas sûrs de nous. J’aime ça parce que c’est ce qu’était le groupe. Pour le joueur de banjo, c’était la première fois qu’il jouait de cet instrument. Pour Tracee, c’était la première fois qu’elle chantait. Notre nouvel album est plus sûr et insouciant.

Indierockmag - Que contiennent vos Little Amber Bottles (petites bouteilles d’ambre) qui donnent le titre à votre nouvel album ?
Tracee Mae Miller : La chanson elle-même…
Dan John Miller : …. Tracee qui a écrit cette chanson.
Tracee Mae Miller : C’est une chanson à propos de la recherche de son chemin dans un endroit profondément noir. Trouver la rédemption, le salut.

Indierockmag - Il y a encore une référence à la médecine, pourquoi ?
Tracee Mae Miller : Le symbole des petites bouteilles d’ambre fait référence à ce composant utilisé en médecine. C’est quelque chose que tu utilises pour arriver vers un certain confort. Pas nécessairement à bon escient. Je pense que cette chanson, c’est l’histoire de parvenir à trouver la sortie d’un chemin sombre.
Dan John Miller : Tu mets des composants médicamenteux dans les petites bouteilles d’ambre pour te protéger du soleil parce que les rayons du soleil y sont capturés. Tracee est peintre et elle écrit ses chansons et parle de manière très imagée. Elle est venue avec ses petites bouteilles d’ambre et me les a décrites. J’ai longuement pensé à ça et je me suis dit que si on utilisait l’ambre comme prescription, ce serait peut-être un bon moyen de s’occuper de ses réels sentiments ou peines. Dans cette situation, tu ne veux pas de soleil ou que la réalité brille sur toi. C’est comme une sorte de protection.

Indierockmag - L’ambre en poudre aidait à lutter contre la dépression et l’angoisse et est utilisé pour les fameux filtres d’amour.
Dan John Miller : C’est donc ça que tu as utilisé sur moi.
Tracee Mae Miller : Exactement !

Indierockmag - Pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore, comment qualifieriez-vous votre groupe et votre nouvel album ?
Dan John Miller : Nous ne trouvons pas que nous sommes gothiques mais les gens pensent que nous faisons du « Americana gothique ».

Indierockmag - Vous avez l’impression d’être enfermés dans un style qui ne vous convient pas ?
Dan John Miller : C’est peut-être pour ça que nous avons des problèmes aux Etats-Unis. En Europe, les gens sont plus ouverts à la musique et ne mettent pas les groupes dans des catégories.

Indierockmag - Ça se discute !

Tracee Mae Miller : C’est difficile parce que beaucoup de gens me pose tout le temps la question. J’hésite à dire country parce que je ne pense pas que nous soyons exactement country. Il y a beaucoup d’influences et de sensibilités country. Nous essayons de faire de la musique folk.

Indierockmag - Avec votre musique folk-country, vous êtes rentrés dans l’univers indie, ce qui est assez rare, car ce sont, en règle générale, deux univers complètement différents, voire opposés. Quelles sont vos explications ?
Dan John Miller : Il y a peut-être des références à ce style de musique comme chez Gun Club dont nous nous sommes inspirés ou Nick Cave… Nick Cave a réussi en prenant la musique qui l’inspirait à créer son propre style. C’est ce que nous souhaitons faire aussi. Nous ne voulons pas faire sonner comme Gun Club ou Nick Cave mais j’aime le désespoir qui se dégage de leur musique. Il faut prendre ce qui nous inspire.

Indierockmag - Quelle question auriez-vous aimé que l’on vous pose au cours de cette journée de promo et que l’on ne vous a pas encore posée ?
Tracee Mae Miller : C’est une bonne question !
Dan John Miller : Heu !
Tracee Mae Miller : Je n’ai jamais pensé à ça. Il y en a une qui te vient ?
Dan John Miller : Heu ! Je ne sais pas ! Rien ne nous vient !

Indierockmag - Vous allez pouvoir vous rattraper en nous donnant le qualificatif à apporter à Little Amble Bottles qui vous ferait le plus plaisir ?
Tracee Mae Miller : Pour moi ce sera colère, pardon et rédemption.
Dan John Miller : Inconfortablement beau.

//www.indierockmag.com/article3064.html








BLANCHE - Little Amber Bottles
(Loose / PIAS)



BLANCHE - Little Amber BottlesAuteur du très remarqué et remarquable "If We Can't Trust the Doctors", le couple qui mène Blanche, Dan John Miller et Tracee Mae Miller, s'est remis au travail pour donner suite à ce premier disque. Entre les deux, beaucoup de problèmes pour les Miller, d'ordre personnel comme professionnel (perte de proches, label qui coule...). Le climat qui a entouré l'écriture du disque peut faire penser aux événements qui ont précédé "Funeral" d'Arcade Fire.

Sans être vraiment comparables, à l'écoute, c'est une sorte de fluide commun qui semble unir les deux groupes, ce grain de folie maîtrisée, cette grandiloquence jamais chiante, cette ampleur quand tant de groupes restent scotchés au plancher des vaches. Des vaches, en voilà un bon gros cliché country, mais Blanche a su s'en éloigner : le groupe joue de la country que l'on joue en costard, certes passé, froissé, et qui a traîné dans le désert plus qu'il n'aurait fallu, mais une country classe et riche.

Le disque s'ouvre avec "I'm Sure Of It", aux racines country affirmées (banjo, violon) mais qui tend autant vers le rock, tout comme le final de "A Year From Now", qui explore l'apocalypse façon Arcade Fire. Comme il le fait très souvent sur le disque, le couple Miller se partage le chant, lui avec sa voix grave à la Nick Cave et elle avec sa voix mutine. Dans la veine country du groupe, on écoutera aussi "The World I Used To Be Afraid Of", ou "I Can't Sit Down" (chanson traditionnelle), qui donneront indéniablement du grain à moudre à tous ceux qui pensent que la country, c'est une musique pour les vieux Texans dans un bar enfumé avec des types louches qui jouent au billard.

Mais les époux Miller ont aussi des disques des Stones chez eux, dont l'influence transparaît dans le riff qui ouvre "Last Year Leaves", et surtout dans le rock n'roll "What This Town Needs", scandé par Dan John Miller et chanté avec morgue par Tracee, et porté par un riff crade. Cette passion pour les Stones se manifeste ultimement par la reprise d'un titre des vieux Anglais, "Child Of the Moon", ralentie, superbe chanson de pleine lune. Et dans le genre hurlement de loup sous les étoiles, "No Matter Where You Go" se pose là, avec son banjo déglingué et son piano, ou encore "O Death, Where Is Thy Sting", chant désespéré qui rappelle les conditions de l'enregistrement et les soucis que le couple a traversés.

Le disque se finit sur un dyptique très convaincant, avec "The World's Largest Crucifix", qui transporte l'auditeur en plein western avec soleil de plomb, errance, désespoir et enfin "Scar Beneath the Skin", qui referme ce disque foisonnant, captivant, avec dobro et formation minimale pour un dernier voyage avec ce groupe qui ne rentre dans aucun moule, qui fait son bout de chemin hors du temps.

Il reste à espérer que Blanche sorte de l'ombre, car ils ont signé avec Little Amber Bottles un disque qui n'est d'aucune époque, loin de toute mode et pourtant immédiat et profond à la fois.

Mickaël Choisi







Blanche

Little amber bottles  (Loose Music)  février 2007

Les préjugés et clichés ayant la vie dure, on pourrait bien se complaire à penser que Detroit n’abrite que le siège social de General Motors, les fondateurs morts de Creem Magazine et les papys rockers fan du son défunt des Stooges. Du bitume et des âmes. Ce qui est dans un sens vrai est en partie également faux, plus nuancé, riche en couleurs, contrasté sur la palette graphique des sentiments.

Blanche, justement, dont voici le deuxième album, prouve à qui mieux mieux que le groupe n’est pas voué à rester dans l’ombre de Jack White, dont ils sont proches, mais sort réellement du lot, dépasse le leader du Stripes sur bien des points, lui qui est aujourd’hui séché comme un poisson sur le bord de la Seine. Ceci est une autre affaire.

Little Amber Bottles. Voici donc l’objet du délit, espèce de disque gangster qui voit Dan et Tracie Miller revenir aux racines américaines, entre folk, country et bluegrass.

Little amber bottles s’avère être un disque moderne, une fois projeté dans l’Amérique des années 30, victime du Black Thursday. Disque intemporel en fait, enregistré on l’imagine à la maison, loin des multipistes, sur du matériel vintage d’époque, amplis à lampes et tout le barda. Sur "No matter where you go", Blanche tente le hold-up parfait en singeant le Dylan de "Highway 61 revisited", piano qui trémousse, banjo qui tressaille. Manque simplement le rocking chair et la Chevrolet passant dans le lointain.

L’ambiance martiale cérémonieuse est la composant de Little Amber Bottles, qui parvient en dépit de son anti-commercialité à produire un single parfait sous le déguisement de "What this town needs", aussi électrique que le passage de Dylan au Royal Albert Hall.

Et si Bob choquait voila 40 ans avec un set électrifié, le disque de Blanche l’est tout autant par son retour à la country électrique parfaitement soutenue par le duo vocal exhibé par Dan et Tracie. Qui pousse le vice jusqu’à la chanson paillarde sur "I can’t sit down" et son titre assez ambiguë.

Ce disque sent l’amour et la sérénité, sans empester la complaisance. Il suffira d’écouter "Little amber bottles", chanson éponyme, pour s’en convaincre, minaudé violemment par une Tracie plus farouche que Meg White. Du xylophone et une mélodie parfaite 60’ finissent le boulot au marteau-piqueur dans l’oreille de l’auditeur.

A cheval entre Nancy Sinatra et les Youngbloods, Blanche marque son territoire à la craie. Forcément blanche, comme cette craie permettant de délimiter le corps de la victime, le casque encore sur les oreilles, n’en revenant pas que l’on puisse encore produire cette musique en 2007.

Little amber bottles se chante en mode nasal, Woody Guthrie dans une narine et Willard Grant Conspiracy enfoncé dans le sinus.
 



25/06/2012
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