HL MENCKEN & JOHN FANTE
H. L. Mencken
http://fr.wikipedia.org/wiki/H._L._MenckenJOHN FANTE montre ses textes à H. L. Mencken qui lui achète dès 1932 sa première nouvelle pour l'American Mercury, le prestigieux magazine qu'il dirige. Commence alors entre les deux hommes une amitié épistolaire qui durera plus de vingt ans.
Christian Bourgois Editeur
Un livre de JOHN FANTE totalement méconnu. Enfin ... un livre ... si l'on veut.
Pas un roman, pas des poèmes, pas des nouvelles. Pourtant, dans ce livre, il n'est question QUE de littérature. On y retrouve un FANTE passant ses heures creuses à écrire des courriers. A qui ? A un certain HL Mencken , directeur d'une revue de littérature très en vue aux States de ces années-là : AMERICAN MERCURY . Les deux vont s'échanger des lettres 22 années durant, sans jamais se rencontrer. C'est que le jeune Fante espère y faire publier ses premières nouvelles. Il y parviendra, d'ailleurs.
Le ton est donné : face à un Mencken qui ne quitte jamais sa froideur et son flegme, nous avons un Fante débridé, rigolo. Le VRAI Fante est le même que celui de ses livres : râleur, colérique, noir, désopilant. Ce monsieur Mencken sera pour lui une sorte de confesseur, d'oreille bienveillante où Fante déverse ses fantasmes les plus improbables et ses analyses les plus fines. Ainsi, ne ratez pas ce passage à pisser de rire, quand Fante décrit une soirée littéraire ... Comment voulez-vous qu'un type doué, oui : doué, d'une telle haine justifiée pour ses collègues écrivains ait été accepté par les siens ? Fante, c'est vraiment, dans ses meilleurs moments, l'écrivain à puissance X, celui qui chie allègrement sur tout et sur tous, celui qui ne respecte personne, ni rien, ni hommes ni institutions. Celui qui pose, sous des dehors amusants, une série de questions vraiment dérangeantes pour les habitus de tous les habitués de l'habitude, pour les carriéristes, pour les matuvus, pour les péteux, les prétentieux, les égocentriques.
Egocentrique, Fante l'est. Dans son cas, on hurlera : ouf, Fante EST égocentrique ! Comment ne pas l'être, comment ne pas se replier, souvent, sur sa personne, quand dehors le peuple est mondé de cons.
Le plus drôle dans l'affaire est encore que ce HL Mencken était un conservateur très réactionnaire de la droite très à droite. Une amitié épistolaire, entre un sale bougre coléreux et un intelligent, certes, mais un intelligent de la réaction ? Il y a fort à parier que si ces deux-là s'étaient réellement rencontrés, y aurait eu castagne !
Heureusement, le destin en a voulu autrement. Et la distance observée par les deux hommes nous donne cette magnifique correspondance, qui nous éclaire d'un jour radical (ça existe ?) sur la personnalité insupportablement attachante de l'écrivain amé rital cain JOHN FANTE.
Biographie de John Fante Auteur d'une grande oeuvre autobiographique, John Fante a fait de la littérature l'extension de sa propre vie, le réceptacle de sa boulimie d'art et de beauté. Fils d'immigrés italiens, il étudie chez les jésuites pour finalement se rendre à Los Angeles en 1929 où il travaille dans une conserverie de poisson. Avide de littérature, le jeune homme se nourrit spirituellement avec Knut Hamsun, Dostoïevski, Nietzsche, Jack London et Sinclair Lewis, et fait ses premières gammes en écriture. H.L. Mencken, rédacteur du prestigieux magazine littéraire The American Mercury publie, en 1932, ses premières nouvelles. En 1933, son roman 'The Road to Los Angeles' est refusé car jugé trop cru et trop provocant. Dans 'Wait Until Spring, Bandini' paru en 1938, Fante raconte à travers le personnage d'Arturo Bandini sa propre enfance dans le Colorado, mêlant réalité et invention. Considéré comme une de ses oeuvres majeures, 'Ask the Dust' (' Demande à la poussière') relate, avec une écriture sèche et lyrique, à fleur de peau, la vie californienne d'un Fante/Bandini torturé. Devenu scénariste à Hollywood, son mariage avec Joyce lui permet de vivre de manière plus fastueuse, une expérience heureuse que l'auteur raconte dans 'Pleins de vie'. La fin de son existence s'avère beaucoup plus sombre : aveugle, amputé des deux jambes suite à son diabète, Fante n'en demeure pas moins animé par le besoin d'écrire : il dicte son dernier roman à son épouse. 'Dreams from Bunker Hill', paraît en 1982. Figure de l'excès et de la provocation John Fante est aujourd'hui considéré comme un écrivain de premier ordre, précurseur de la beat generation.
"J'ai vomi à lire leurs journaux, j'ai lu leur littérature, observé leurs coutumes, mangé leur nourriture, désiré leurs femmes, visité leurs musées. Mais je suis pauvre et mon nom se termine par une voyelle(…) "Fils d'émigré Italien,
John Fante naît au Colorado, États-Unis, en 1909, au sein d'une famille croyante et conservatrice. Son enfance de gamin des rues turbulent se fera au sein d'une école Jésuite, où
Fante découvrira douloureusement le besoin de liberté, la sexualité, et l'écriture.
Il commence à écrire très tôt et, si on en croit ses romans autobiographiques, se montre comme un enfant particulièrement sensible, enflammé, charismatique et avide de la beauté du monde.
Ses premières nouvelles attireront l'attention du célèbre H.L. Mencken, rédacteur en chef de la prestigieuse revue littéraire The American Mercury, qui publiera régulièrement la prose du jeune
Fante et gardera même une correspondance de 20 ans avec le jeune écrivain.
BIOGRAPHIE DE H.L MENCKEN
Henry Louis Mencken (12 septembre, 1880 à Baltimore, Maryland – 29 janvier, 1956, idem), plus connu sous le nom de H. L. Mencken, était un journaliste, linguiste, satiriste, critique social et un libre penseur, surnommé le "Sage de Baltimore" ou encore le "Nietzsche américain". Il est souvent considéré comme l'un des écrivains américains les plus influents du XXe siècle. À une époque de sa carrière, les Américains l'avaient désigné comme leur plus brillant esprit et critique littéraire hors pair.
Mencken est probablement le plus connu aujourd'hui pour son ouvrage The American Language, une étude de plusieurs volumes sur la façon dont l'anglais est parlé aux États-Unis, ainsi que pour son reportage satirique sur le Procès Scopes, qu'il appelait le « Procès du singe ».
Mencken est le fils d'August Mencken, Sr, propriétaire d'une usine germano-américaine de cigares. Lorsque Mencken n'avait que trois ans, sa famille déménagea au 1524 Hollins Street, dans le quartier de Union Square, à Baltimore. Mis à part cinq années de vie conjugale, Mencken passera le restant de ses jours dans cette maison.
Les parents de Mencken insistèrent pour qu'il prennent des cours du soir afin qu'il apprenne à rédiger pour des journaux ou des entreprises. Ceci marquera les débuts de Mencken dans le journalisme, et il n'ira jamais au lycée.
Mencken devint reporter pour le Baltimore Morning Herald en 1899, puis pour le Baltimore Sun en 1906. Il continuera d'écrire, à plein temps ou occasionnellement, pour le Sun jusqu'en 1948, lorsqu'il arrêta d'écrire.
En une période de seulement quelques années, Mencken commença à écrire des éditoriaux et à donner son point de vue, ce qui lui permit de se faire un nom. À côté, il écrivit des nouvelles, un roman ainsi que des poèmes – il ne publia jamais ceux-ci. En 1908, il devint critique littéraire pour le The Smart Set, et en 1924, il fonda avec l'aide de George Jean Nathan le magazine The American Mercury, publié par Alfred A. Knopf. Ce périodique acquiert bien vite une distribution nationale, et devient hautement influent sur les campus américains. En 1933, Mencken cessa d'en être éditeur.
En 1930, Mencken épousa Sara Haardt, enseignante d'anglais au Goucher College de Baltimore et auteur, qui était âgée de 18 ans de moins que lui. Haardt, dirigeante de la branche d'Alabama du National Woman's Party, mena une campagne afin que cet État ratifie le 19ème amendement. Ils s'étaient rencontrés en 1923 après que Mencken avait donné une conférence au Goucher College. Il lui fit la cour pendant sept ans. La mariage fit les gros titres des journaux nationaux, et beaucoup furent surpris que Mencken, qui avait une fois déclaré que le mariage est « la fin de l'espoir » et qui était connu pour se moquer des relations entre les sexes, soit allé jusqu'à l'autel. « Le Saint-Esprit m'a informé et m'a inspiré » déclara-t-il. « Comme tous les autres infidèles, je suis superstitieux et je suis les us : celui-ci a l'air superbe ». Encore plus stupéfiant, il épousa une native de l'Alabama, alors qu'il écrivit de cinglants articles sur les états du Sud.
Haardt fut atteinte de la tuberculose durant leur mariage, et elle mourut d'une méningite en 1935, laissant Mencken en proie à l'abattement. Il avait défendu ses écrits, et après sa mort il publia une compilation de ses nouvelles sous le titre Southern Album.
La Grande Dépression et le New Deal, que Mencken n'aimaient pas, furent à l'origine de la diminution de l'engouement que les gens lui portaient, ainsi que son manque de soutien pour la participation des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale et son aversion toute personnelle pour le président Franklin Delano Roosevelt. Ses services en tant que critique littéraire, satire, et commentateur politique étaient de moins en moins demandés, sa principale activité intellectuelle entre la mort de Haardt et son accident vasculaire cérébral en 1948, qui le laissa conscient mais incapable de lire ou d'écrire, mis à part quelques écrits pour les journaux de Baltimore, fut son étude de langue américaine et l'écriture de ses mémoires. Ces derniers prirent la forme d'essais humoristiques, anecdotiques et nostalgiques, et furent publiés pour la première fois dans le New Yorker, puis réunis dans les ouvrages Happy Days, Newspaper Days, et Heathen Days.
Après son attaque, Mencken aimait à écouter de la musique classique, discuter avec des amis, bien qu'il parlait parfois de lui au passé. Préoccupé comme il était sur la façon dont il serait perçu après sa mort, il organisa ses papiers, ses lettres, ses articles de journaux, et même ses bulletins scolaires de l'école primaire, alors qu'il était incapable de lire. Tous ces écrits furent mis à la disposition d'étudiants en 1971, 1981, et 1991, ce qui constitue des centaines de milliers de lettres reçues ou envoyées, la seule omission étant les lettres strictement personnelles reçues de femmes.
Décès
Mencken mourut le 29 janvier 1956. Il fut enterré au cimetière Loudon Park de Baltimore. L'épitaphe figurant sur sa tombe est celle-ci :
« Si, après que je quitte cette terre, vous vous rappelez un jour de moi et désirez plaire à mon fantôme, pardonnez à quelque pécheur, et faites un clin d'oeil à quelque laideron. »
Après sa mort, cette épitaphe fut également inscrite sur une plaque accrochée dans le couloir du Baltimore Sun. Mencken suggéra cette épitaphe pour sa tombe dans le Smart Set, plusieurs années auparavant.
Idées politiques
Dans un article des Études anglaises, Anne Ollivier-Mellios avance l'hypothèse selon laquelle Mencken pourrait être classé parmi les anarchistes de droite. En effet, sa haine de la démocratie, son individualisme exalté, ainsi qu'un certain conservatisme au niveau des mœurs pourrait inciter à le ranger parmi les anarchistes de droite. Il s'est néanmoins prononcé à plusieurs reprises pour l'existence d'un État fort, qui serait contrebalancé par une totale liberté d'expression.
Élitisme
Au lieu d'avancer qu'une race ou un groupe est supérieur à un autre, Mencken estime que chaque groupe — qu'il s'agisse des journalistes, des noirs, ou des artistes — produit ses élites. Il considère que les groupements sont équivalentes aux hiérarchies, ce qui mène à une sorte d'élitisme et d'aristocratie naturels. Les individus supérieurs, selon Mencken, sont donc ceux qui sont injustement opprimés et dédaignés par leur propre groupe, mais se distinguant néanmoins par leur volonté et leur accomplissement personnel — et non pas d'après leur race ou leur naissance. Ainsi, et d'après son patrimoine, son accomplissement et son éthique, Mencken considérait qu'il faisait partie de cette élite.
En 1989, conformément à ses instructions, Alfred A. Knopf publia le "journal secret" de Mencken sous le titre The Diary of H. L. Mencken. Selon un article du Daily Breeze, en date du 5 décembre 1989 intitulé Le journal secret de Mecken montre des penchants racistes, les idées de Mencken choquèrent également « l'érudit compatissant qui l'édita », Charles A. Fecher. Il existait un club de Baltimore répondant au nom de Maryland Club dont l'un des membres était juif, et celui-ci mourut. Mencken écrivit, selon l'article : « Il n'y a pas d'autre juif à Baltimore qui semble approprié » (« There is no other Jew in Baltimore who seems suitable »). En 1943, il écrivit dans son journal à propos des noirs : « il est impossible de discuter de quoi que ce soit ressemblant à de la discrétion ou à un jugement à une femme de couleur ». Cependant, les violences contre les noirs le rendait furieux, puisqu'il déclara par exemple à propos d'un lynchage s'étant déroulé dans le Maryland :
« Pas le moindre notable ne se déplaça dans l'urgence, bien que toute la ville sut ce qui se passait. N'importe lequel de ces notables eût pu empêcher ce crime, seulement en menaçant d'en dénoncer les auteurs, mais personne ne parla. Williams fut donc convenablement pendu, brûlé puis mutilé. »
Une autre des critiques soulevé à son égard est qu'il était souvent obsédé par l'importance du statut social ou de la classe sociale. Ainsi, Mencken se sépara d'une relation de plusieurs années avec son amante Marion Bloom, alors qu'ils étaient sur le point de se marier, ce que des critiques ont interprété pour du mépris de la part de Mencken qui considérait que Bloom n'était pas assez riche, élevée socialement et sophistiquée pour lui. Cependant, Mencken déclara qu'il n'avait rompu cette relation uniquement suite à la conversion de celle-ci à la Science chrétienne, qu'il désapprouvait.
Citations
* « Être amoureux c'est simplement être dans un état d'anesthésie perpétuelle — prendre un homme ordinaire pour un dieu grec et une femme ordinaire pour une déesse. », Prejudices, First Series, 1919 (en anglais : « To be in love is merely to be in a state of perpetual anesthesia — to mistake an ordinary young man for a Greek god or an ordinary young woman for a goddess. »)
* « L'injustice est relativement facile à supporter ; ce qui l'est moins c'est la justice », Prejudices, Third Series, 1922 (en anglais : « Injustice is relatively easy to bear; what stings is justice. »)
* « Plus je vieillis, moins je crois à la maxime familière qui veut que l'âge apporte la sagesse. », Prejudices, Third Series, 1922 (en anglais : « The older I grow the more I distrust the familiar doctrine that age brings wisdom. »)
* « Une célébrité est quelqu'un qui est connu par beaucoup de personnes qu'il est content de ne pas connaître. », A Mencken Chrestomathy, 1949 (en anglais : « A celebrity is one who is known to many persons he is glad he doesn't know. »)
* « Un homme peut être un idiot et ne pas le savoir — sauf si il est marié. », A Mencken Chrestomathy, 1949 (en anglais : « A man may be a fool and not know it — but not if he is married. »)
* « L'homme le plus dangereux pour un gouvernement est celui qui est capable de penser à des choses pour lui-même, sans égard aux superstitions et aux tabous prédominants », dans le Smart Set, décembre 1919 (en anglais : « The most dangerous man to any government is the man who is able to think things out for himself, without regard to the prevailing superstitions and taboos. »)
* « L'opinion publique, à l'état brut, jaillit dans la forme immémoriale de la peur de la foule. Elle est acheminée par des tuyaux dans des usines, et on lui y donne alors du goût, de la couleur, et elle est mise en bouteilles. », Notes on Democracy, 1926 (en anglais : « Public opinion, in its raw state, gushes out in the immemorial form of the mob's fear. It is piped into central factories, and there it is flavoured and coloured and put into cans. »)
Anecdotes
* Il est dépeint dans le film Procès de singe sous les traits du personnage de E. K. Hornbeck, incarné par Gene Kelly. Ce film traite du Procès Scopes.
* Quand une stripteaseuse lui demanda de trouver un terme « plus digne » pour sa profession, Mencken, qui adorait la vie nocturne, proposa ecdysiaste, ce qui signifie quelqu'un qui s'effeuille.
* Dans la série télévisée Gilmore Girls, H.L. Mencken est souvent cité, notamment la Chrestomathy, lorsque Rory et sa grand-mère discutent.
* Dans l'autobiographie Black Boy de Richard Wright, Richard lit Prejudices de Mencken.
La convention sociale la plus curieuse de la formidable époque que nous vivons est celle selon laquelle les opinions religieuses doivent être respectées. L'évidence des effets pervers d'une telle idée doit être claire pour tout le monde. Tout ce qu'elle permet, c'est 1) de jeter un voile de sainteté sur ces opinions qui sont une complète violation de la décence intellectuelle, et 2) de transformer tout théologien en libertin patenté. [...] En fait il n'y a rien dans les opinions religieuses qui justifie qu'elles dussent bénéficier de plus de respect que les autres. Au contraire elles ont tendance à être remarquablement stupide. [...] Non, il n'y a rien de notable ni de digne dans les idées religieuses. Elles aboutissent pour la plupart à un tissu de non-sens particulièrement puéril et assommant.
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