MILES DAVIS
QUE DIRE DE MILES DAVIS ? IL EST PRÉFÉRABLE DE L' ÉCOUTER! VOICI QQ ALBUMS : KIND OF BLUE, MILESTONES, JACK JOHNSON, DOO-BOP. CE SERA UN BON DÉBUT. À LIRE :( IAN CARR / MILES DAVIS ) (UN PORTRAIT DE MILES DAVIS PAR ERIC NISENSON) MILES DAVIS : L' AUTOBIOGRAPHIE AVEC QUINCY TROUPE)
SON SITE
http://www.milesdavis.com/
DISCOGRAPHIE
http://musique.fluctuat.net/miles-davis/discographie.html
SA BIO
http://www.jazzmagazine.com/Vies/Etudes/Miles/Milesbio.htm
UN TRÈS BON BLOG CONSACRÉ AU JAZZ
http://majazzotheque.over-blog.com/
WIKIPÉDIA
http://fr.wikipedia.org/wiki/Miles_Davis
LES PEINTURES DE MILES
http://www.lexpress.fr/info/quotidien/reportage-photo/default.asp?id=122
MILES (LA PHOTO EST DE GIUSEPPE PINO, TIRÉ DU LIVRE : JAZZ MY LOVE )
Biographie
A LIRE
Mot de l'éditeur
Miles Davis, figure majeure du jazz, a illuminé la seconde moitié du 20e siècle : bop, cool, jazz-rock etc... D'une foulée de géant, il a constamment devancé les mouvements et les styles - sans se soucier des modes qui, malgré lui, le suivaient - et il a durablement marqué l'histoire de la musique.
Cet ouvrage présente, au fil de 20 chapitres chronologiques, la vie et la carrière de plus de quarante ans de Miles Davis. Co-écrite par Miles Davis et Quincy Troupe, cette autobiographie fut publiée simultanément en 1989 aux Etats-Unis et en France (Presses de la Renaissance).
La présente édition est entièrement revue et corrigée. Un livre essentiel de l'histoire du jazz.
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MILES
Rémi Bouton
13/11/2007 - Jazz | |
Miles Davis Box Set
"The Complete On The Corner Sessions 1972-1975"« Well these guys don't know jazz ! », se sont esclaffés comme un seul homme les critiques musicaux à propos de l'album « On The Corner » à sa parution en 1972. Inimaginable aujourd'hui d'entendre proférer de telles paroles au sujet de cette icône incontestée du jazz. L'album était sans doute une pointure trop grand pour l'univers du jazz, qui venait à peine d'intégrer l'évolution du jazz vers le funk et le rock (jazz fusion). La puissance visionnaire de cet album n'est apparue qu'une quarantaine d'années après.
Si Miles Davis est entré dans les annales du jazz, c'est notamment parce qu'il ne craignait pas de se frotter à l'inconnu. A l'affût de la nouveauté, il va chercher ailleurs son inspiration : dans la musique classique, la world music, la pop. Dans « You're Under Arrest », il reprend des titres de Cindy Lauper et Michael Jackson, et son dernier album affiche clairement une tendance hip-hop. Même ses fidèles ont parfois du mal à le suivre, il faut dire qu'un monde sépare le bebop, le cool-jazz, la fusion et l'electric-jazz, genres qui s'acoquinent dans l'album « On The Corner ». Pour de nombreux amateurs, le funk-jazz des « Cellar Door Sessions » (voir la critique du 25.4.2006) est l'extrême limite à ne pas dépasser. Miles Davis la franchit allègrement dans ses infidélités musicales : les enregistrements de « On The Corner », qui commencent deux ans plus tard, sont un adieu au jazz conventionnel. Miles Davis n'est plus obnubilé par la perfection d'un solo, il préfère butiner ailleurs, inventer des atmosphères et des textures nouvelles. De plus, il s'intéresse aux techniques d'enregistrement, dès lors de plus en plus présentes dans son processus de création. Il faut savoir qu'à l'époque, dans l'univers du jazz, il est encore très rare de « dénaturer » les sons. Miles Davis, lui, prend goût à les distordre, à les manipuler, une méthode sacrilège pour la plupart des jazzmen dont l'ambition seule et unique est la virtuosité du jeu.
Les six CD, qui comportent douze morceaux inédits, et le livre de 120 pages vendu avec le coffret « On The Corner » illustrent et exposent dans le détail la vision musicale du célèbre trompettiste. Misant sur les possibilités offertes par l'évolution technique des studios d'enregistrement, Miles Davis compose une sorte de big band futuriste, avec notamment Herbie Hancock, Chick Corea et John MacLaughlin. Fasciné par la transformation acoustique, il va même jusqu'à brancher sa trompette sur des démodulateurs qui lui donnent dont un timbre oscillant entre synthétiseur et guitare électrique. Avec ses loops, samples et rythmes à plusieurs niveaux, il anticipe sur le turntablism, le jeu avec les platines vinyle ; l'éventail s'élargit, il va de la musique d'ambiance au drum'n'bass. Et en faisant entrer dans la danse le sitar indien et les tambours tablâ, il ouvre le jazz à la world music.
Il est intéressant de noter que « On The Corner » divise encore le monde du jazz. Ce qui est sûr, c'est que ces enregistrements sont une source intarissable d'inspirations musicales. Grâce à ce coffret sophistiqué et informatif, ils trouvent là, pour la première fois, un hommage plus que mérité et bien tardif.
Matthias Schneider
Miles Davis : "Bitches Brew"

UN CHOC SALUTAIRE
La voie avait déjà été tracée ; pourtant, le monde du jazz fut passablement en émoi : Miles Davis, qui avait expérimenté à la fin des années 1960 avec des swings et des structures harmoniques d'une grande complexité, revenait à un phrasé linéaire. Mais voilà que ces rythmes provenaient de la musique rock, au grand dam des puristes du jazz ! « Filles de Kilimanjaro » et « In a Silent Way » avaient amorcé ce processus ; son double album « Bitches Brew », édité en 1970, ouvrait un nouveau chapitre de l'histoire du jazz, le plus contesté à ses débuts.
Avec le recul, il est difficile de comprendre toute cette agitation. Aujourd'hui, les improvisations intègrent avec le plus grand naturel du monde toutes les genres possibles et imaginables – de la musique contemporaine à la musique populaire, du hiphop au folklore. Mais à l'aube des années 1970, se frotter à la culture pop relevait encore du sacrilège dans les milieux jazz. De surcroît quand on faisait parader sur la couverture de « Bitches Brew » l'artiste pop Mati Klarwein, en lui donnant un look branché et psychédélique.
Sur le plan musical, cette indignation ne se justifiait en rien. Miles Davis avait certes fait des emprunts aux rythmes du rock. Son arsenal s'était également élargi à des instruments qui, à l'époque, étaient l'apanage des rockeurs : John McLaughlin jouait de la guitare électrique, Harvey Brooks de la basse Fender, tandis que Chick Corea, Larry Young et Zawinul étaient parfois à l'œuvre aux synthés. Joe Zawinul, qui avait déjà participé à « In a Silent Way », marque de son empreinte la nouvelle tonalité du groupe de Miles Davis. Quant à la trompette de Miles Davis, même enri-chie d'échos et d'effets wah-wah, flanquée de Wayne Shorter au saxophone soprano et de Bennie Maupin à la clarinette basse, elle plane, lumineuse, et se détache des instruments électriques.
La tonalité et le rythme de « Bitches Brew » sont imprégnés de musique rock ; pour autant, on ne saurait coller l'étiquette rock à cet album révolutionnaire. Ses morceaux se caractérisent par une ouverture, des volte-face thématiques et harmo-niques, une polyrythmie souvent extrêmement complexe, et sont à des années-lumière de la pop commerciale. En revanche, ils sont bien plus proches du jazz que les traditionnalistes ne voulaient l'admettre au début des années 1970. Depuis, la musique de Miles Davis de cette époque a reçu moult qualificatifs : rock-jazz ou jazz-rock, fusion jazz ou electro-jazz. Grâce à « Bitches Brew » et ses albums suivants, notamment « Live at Fillmore East » et « Live-Evil » qui prennent encore plus de liberté sur le plan des harmonies, Miles Davis est parvenu à mettre le jazz à l'écoute des autres courants créatifs de son époque. Il a jeté les fondations d'une ouverture et d'une diversité de styles qui, aujourd'hui, sont capitales pour l'improvisation.
Texte : Reinhard Kager
MILES DAVIS " TUTU ", WARNER BROS | |
Derrière cette vibrante photo de Irving Penn se cache un album in-dis-pen-sable. Laurent Vuillaume | |
Teo Macero est décédé le 19 février dernier à l'âge de 82 ans. Pour beaucoup, Teo Macero restera le petit homme rondouillard derrière Mile Davis. Celui avec lequel l'autoritaire prince du jazz s'enfermait des heures durant dès que les musiciens avaient le dos tourné. Celui qui bricola comme un dieu sur Sketch of Spain, coupant, collant, raccordant à la sauvage, inventant l'échantillonnage et le cut-up sonore, à partir de bandes magnétiques (la technologie électronique high-tech d'alors !) pour un disque sur lequel l'usage de l'électronique justement, ne sera même pas créditée ! Et pourtant, ce disque doit tout aux outils techniques de son époque, aussi artisanaux soient-ils aujourd'hui, et il doit beaucoup plus encore à Macero, tout comme plus tard les fantastiques déconstructions influencées par Sly Stones et Jimi Hendrix de In A Silent Way, On the Corner et Bitches Brew.
Ce talent d'innovateur, le producteur, également saxophoniste et compositeur experimental, l'entretenait depuis les années. Déjà à l'époque de Porgy & Bess, en 1958, il copiait-collait des bandes, redonnant vie aux sons, transformant déjà la musique en flux d'information, s'investissant malgré lui précurseur des méthodes qu'utiliseront 40 ans plus tard, les musiciens et producteurs de house et de techno. Jusqu'à la fin, dans sa maison de Long Island, il fut le gardien du temple de la période électrique de Davis, couvant ses archives avec passion et donnant volontiers des interviews sur le sujet. Evidemment, Miles Davis est un grand du jazz, mais il serait injuste d'oublier les travaux de Macero avec Charles Mingus , Duke Ellington, Dave Brubeck, Thelonious Monk, Dave Brubeck, Leonard Bernstein, et j'en oublies, des années 50 jusqu'au début des années 70.
Grand ami des compositeurs d'avant-garde Edgard Varèse, Otto Luening et Vladimir Ussachevsky avec lesquels il fonde ce qui deviendra le Columbia-Princeton's Electronic Music Center, Teo Macero était de ces esprits curieux pour qui le jazz n'était qu'une ouverture parmi d'autre dans le vaste océan de sons offert par la musique. Pour preuve, au crépuscule de sa vie, ce fan de rock (il adulait Jimi Hendrix) collabora avec Prince Paul, Bill Laswell, DJ Spooky, DJ Logic et bien d'autres outsiders du dub et du hip hop. Autant dire que son lègue dépasse le cadre étroit des puristes jazz, et des autres. Respect.

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