Alain YVER

Alain YVER

BRIGITTE FONTAINE 3 ALBUMS

     BRIGITTE FONTAINE
               3 ALBUMS
  

            
 

1) LIBIDO
2) PROHIBITION
3) L'UN N'ENPÊCHE PAS L'AUTRE




1) LIBIDO





http://www.musicme.com/Brigitte-Fontaine/albums/Libido-0602498432280.html


http://www.jukebo.fr/brigitte-fontaine/albums-brigitte-fontaine.html



Brigitte Fontaine
Libido (2006)

Les deux derniers albums que Brigitte Fontaine a enregistrés pour Virgin ont laissé le goût amer de la mauvaise contrainte, comme si les exigences de la maison de disques étaient devenues envahissantes, et finalement contre-productives : reprises opportunistes et inutiles ("Le nougat" avec Mouss et Hakim, du groupe Zebda, par exemple), collaborations vaines, terriblement artificielles, avec des noms (Sonic Youth, M, Noir Désir, Ginger Ale, DJ Yass, Gotan Project...), censés transformer la dame aux textes difficiles en "vieille jeune" toujours à l'affût, à la pointe, toujours moderne, comme il se doit. En revanche Polydor, son nouveau label, semble avoir laissé la plus grande liberté à Brigitte Fontaine pour ce premier disque commun, Libido : pas de reprise, pas de coup, pas d'invité à la mode (seulement M, qui fait désormais partie de la famille, et Jean-Claude Vannier, qui accompagnait déjà Brigitte Fontaine en 1968 pour son premier album publié par Saravah). Pas de gros rock démonstratif, ni de "tango électro", ni de pseudo reggae pour se donner l'illusion que l'on va toucher un public jeune : du point de vue des arrangements aussi, Brigitte Fontaine et Areski semblent non seulement avoir eu quartier libre, mais carte blanche. Leur splendeur est d'ailleurs ce qui frappe d'abord à l'écoute de l'album : cordes omniprésentes, clavecin, orgue, piano, Rhodes, guitares délicates... forment de fascinants paysages sonores, à la fois classiques et baroques, qui s'accordent parfaitement aux textes d'une Brigitte Fontaine qui, en matière de mots, ne s'est rien refusé non plus. Longues énumérations répétitives ("La viande"), sainte pornographie ("Cul béni"), interminables descriptions (des pièces du "Château intérieur" ou des fonds marins de "La nacre et le porphyre")... Tout n'est qu'"azur sans idole", "jardin des délices", "fourreaux de mandarines", "rubis, diamants et opales [qui] flambent aux plis du satin", "grands divans de moka", "monstres splendides [et] inimaginables", "brûlantes lueurs mordorées niagaras", "opéras [qui] résonnent"... Tout est sacrifié sur l'autel de la rime, de l'abondance et de la bizarrerie lexicales, et lorsqu'un auteur se paie de mots, que peut-il rester au lecteur (ou à l'auditeur), sinon des mots, seulement des mots, de pauvres mots riches et insignifiants, comme dans ces très faibles couplets, qui rappellent le Gainsbourg le plus paresseux : "Mister Mystère / Mange du verre / D'un air austère / Mister Mystère / Dans son repaire / Prend des clystères / Mister Mystère / Fout les crémières / Et les chimères / Mister Mystère / Tu gardes ton mystère / Mister" ("Mister Mystère", très belle musique de M, néanmoins) ? Jamais Brigitte Fontaine n'avait été aussi complaisante, toujours elle avait su contrebalancer ce tropisme décoratif par un art du portrait éblouissant ("Ali", sur l'album Les Palaces), un art du récit jouissif ("Le nougat", bien sûr), un art du trait précis et jubilatoire, ou encore un sens du non sense très rare dans la chanson française. C'est d'ailleurs dans ces domaines-là qu'il faut aller chercher les seules véritables réussites de Libido, au rang desquelles "Les babas", amusante charge contre les hippies ("Elle docile et muette / Tricotait des pulls arides / En avalant comme on tête / L'acide et la mescaline / Les lieux grouillaient de prophètes / D'étrons, d'encens nauséeux / Vraiment ils étaient trop bêtes / Poux se prenant pour des dieux"). Mais surtout "Elvire", très beau portrait d'une "Tribade de douze ans" qui "lèche les fruits / Rouges de ses aman- / -tes quand tombe la nuit", et dont les enluminures mêmes, loin d'être gratuites, servent le propos de la chanson, comme ce refrain puéril et un peu ridicule, qui souligne le décalage entre la science saphique de la fille et son jeune âge : "Château bateau / Coulis ruisseaux / Château gateau / Glace au coco" (en outre merveilleuse utilisation de la guitare électrique, dont les stridences éparses soulignent, elles aussi, le décalage, et magistral discours du piano, qui passe des arpèges tristes des couplets au sautillement enfantin du refrain). Ou encore "Ex paradis", variation sur un "amour à mort" à la fois simple et ambiguë, qui a inspiré à Areski sa plus belle composition de l'album - d'ailleurs son inspiration mélodique semble un peu en retrait sur ce disque, comme si l'abondance et la richesse (en l'occurrence des arrangements) signalaient, pour lui également, un certain tarissement, dont "Noces", le dernier titre, est un bon exemple : Brigitte Fontaine a beau convoquer Rimbaud ("Elle est retrouvée / La liberté"), son ode à la synthèse ("Dedans et dehors / Se fondent sans peur / La vie et la mort / Baisent dans les coeurs") ne touche pas, malgré, ou plutôt à cause de sa joliesse un peu vaine d'arabesque. Libido ? Une volute, une frise, une rosace... ou le portail ouvragé d'un château un peu trop extérieur...
 
 
 
 
 
 
Jérôme Reybaud, octobre 2006
 
1 Château intérieur (Brigitte Fontaine / Areski Belkacem)
2 La Metro (Brigitte Fontaine / Areski Belkacem)
3 Cul béni (Brigitte Fontaine / Areski Belkacem)
4 Elvire (Brigitte Fontaine / Areski Belkacem)
5 La nacre et le porphyre (Brigitte Fontaine / Areski Belkacem)
6 Barbe à Papa (Brigitte Fontaine / Jean-Claude Vannier)
7 Mendelssohn (Brigitte Fontaine / Jean-Claude Vannier)
8 Les babas (Brigitte Fontaine / Areski Belkacem)
9 Ex paradis (Brigitte Fontaine / Areski Belkacem)
10 La viande (Brigitte Fontaine / Areski Belkacem)
11 Mister Mystère (Brigitte Fontaine / M)
12 Noces (Brigitte Fontaine / Areski Belkacem)
 
Réalisation : Areski Belkacem, sauf 7 (Jean-Claude Vannier) et 11 (M)

http://www.lalalala.org/libido.htm






Libido

Album par Brigitte Fontaine
Sortie
30 octobre 2006
Durée
42 min
Genre
Chanson française
Producteur
Areski Belkacem
Dondieu Divin
Jean-Claude Vannier
-M-
Label
Polydor et Universal Music France

Albums par Brigitte Fontaine
Rue Saint Louis en l'Île Prohibition
Libido est le quinzième album de Brigitte Fontaine, paru en 2006. Son habillage en rose et noir correspond parfaitement à sa double tonalité.
-M- a participé à cet album et co-interprète le titre Mister mystère (qui sert d'ailleurs de 1er morceau pour le 4éme album studio de - M - et lui donne son titre). C'est également la première fois depuis plus de trente ans que Brigitte Fontaine fait à nouveau appel au compositeur et arrangeur Jean-Claude Vannier pour les mélodies de deux chansons : Barbe à papa et Mendelssohn.
Le titre de "Château intérieur" vient d'un ouvrage de Thérèse d'Avila (que Brigitte Fontaine confesse n'avoir pas lu - cf. Benoît Mouchart, Brigitte Fontaine, intérieur/extérieur, éditions Le Castor astral, 2011). Si "Cul béni" se moque crûment de la religion et "Mendelssohn" souligne la misogynie des trois principaux monothéismes, "Elvire" est le portait sensible d'une adolescente (comme "Betty Boop" sur Rue Saint Louis en l'Île) homosexuelle sous forme de comptine, et "La nacre et le porphyre" est une fantaisie sentimentale - et sous-marine.
L'album peut être taxé parfois de misandrie mais les femmes sont également critiquées ("Barbe à papa", inspiré par le film Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?, vise les femmes objets à la poursuite de l'éternelle jeunesse) et d'une façon générale le ton adopté se durcit, comparé à celui des deux disques précédents ("Les babas" est une charge sans appel, "Ex Paradis" dénonce la brutalité masculine, "La viande", tant par le texte que la musique, bouscule, ainsi que Brigitte aime à le faire parfois, l'auditeur).
"Noces" conclut de manière positive cet opus, en prônant la (ré)conciliation des contraires.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Libido_%28album_de_musique%29









Libido
Brigitte Fontaine

CRITIQUE
Chanson

Un disque de Brigitte Fontaine ne ressemble à rien d'autre... qu'à un disque de Brigitte Fontaine. Dissonant, étonnant, provocant. Et inégal. Preuve encore avec celui-ci, qui recèle des instants rares de force et d'audace, mais aussi des morceaux franchement lourdauds. Côté réussites : La Viande, sorte d'inventaire à la Prévert de la bidoche dans tous ses états, qui nous ramène à notre état primal d'animal ; Château intérieur, aux méandres labyrinthiques ; Ex Paradis, où la poétesse parvient à toucher l'essentiel par le pouvoir d'évocation des images qui jaillissent de sa plume. Son verbe chahuté devient alors d'autant plus puissant qu'il s'épanouit sur de douces mélodies, de soyeux tapis de cordes tissés par le très fidèle Areski. Malheureusement, ils ne suffisent pas à gommer la futilité d'autres textes, ni surtout à amortir les épines de la voix. Car autant le dire : il faut des tympans en acier pour supporter longtemps un chant si peu harmonieux. Blasphème ? Peut-être. Depuis son retour en grâce médiatique, il est de bon ton d'encenser sans réserve la grande prêtresse de la chanson décalée, quoi qu'elle fasse. C'est aussi plus prudent. Quand Brigitte Fontaine se fâche, elle est redoutable. Quand elle chante, aussi, parfois. Tout comme elle peut atteindre le sublime. V.L.   1 CD Polydor.

Le 25/11/2006
Valérie Lehoux - Telerama n° 2967

http://www.telerama.fr/musiques/libido,16648.php






Brigitte Fontaine - Libido
Publié le 08 février 2008 par Fabdelanmil
Libido (2006)

1. CHÂTEAU INTÉRIEUR - 2. LA METRO - 3. CUL BÉNI - 4. ELVIRE - 5. LA NACRE ET LE PORPHYRE - 6. BARBE A PAPA - 7. MENDELSSOHN - 8. LES BABAS - 9. EX PARADIS - 10. LA VIANDE - 11. MISTER MYSTÈRE - 12. NOCES

Durée : 43'37

Merci de vous reporter à la chronique de l'album Les Palaces

C'est dernièrement seulement que j'ai eu vent de l'existence de cet album sorti fin 2006. Je l'ai acheté quand même, ne voulant pas lacher l'artiste dans son évolution, bien que je me rende aujourd'hui compte que j'ai raté Saint Louis En L'Ile en 2004, mais bon tant pis.
Mais comme Libido a finalement été très peu relayé, du moins pas au point d'arriver jusqu'à moi avant dernièrement, je m'attends à peut-être entendre quelque-chose de médiocre.
On va bien voir.
 
Pochettes, livrets, packaging... :
Dans le digipack au graphisme composite et aux tonalités noire et rose, très tendance ces derniers mois, siège une petite BD fort sympa qui, fonction de livret, intègre sur 20 pages les textes des chansons. Cette démarche me fait beaucoup penser au dernier album de Renaud, d'autant plus que BF, dans les dessins, est aussi représentée largement à son avantage physiquement. On aurait du mal à croire que cette vamp de 30 à 40ans maxi, légèrement vêtue, soit en fait l'image d'une mémère qui bientôt tape les 70 piges. Apparemment ce serait Brigitte qui aurait copié sur le Titi; Rouge-Sang étant sorti le 02/10/06 et libido le 30/10/06. Enfin, ça tient à peu de choses. On va dire que les créatifs graphistes des deux écuries, Polydor et EMI, ont eu la même idée en même temps...
Mes impressions à la première écoute :
Très vite, je comprends une raison pour laquelle je n'ai pas entendu plus parlé de ce disque : il porte bien son titre, est assez branché cul, en fait. Enfin, c'est pas les chansons éroticoquines de Pierre Perret, non plus. Non, c'est bien plus subtil que ça. L'album Libido parle globalement d'amour, mais en laissant au sexe et aux plaisirs des sens la place qu'ils tiennent réellement dans une relation et dans nos vies en général, c'est-à-dire bien plus importante que ce que l'historique morale judéo-chrétienne ambiante nous autorise encore à laisser transparaître.
Ainsi, Château Intérieur, en préambule, prend presque dix minutes pour nous éveiller tous les sens; La Nacre Et Le Porphyre résonne de la même façon en nous vantant les bienfaits de l'amouir dans le luxe; Barbe A Papa, ouvre une fenêtre sur le sado-masochisme, et Mendelssohn narre les plaisirs que peut apporter la nourriture dans les ébats.
Mais attention, qu'on en se méprenne pas. On n'a pas ici à faire à de la musique de lupanar pour jouisseurs lubriques ou pour névrosés sexuels profonds. Non, le côté pile du sujet est aussi abordé : Ex Paradis ressemble fort à une chanson de rupture, et Les Babas nous rappelle que la libération sexuelle des sixties n'a pas signifié celle de la femme qui a toujours continué à préparer la bouffe (et les bédos) à son bonhomme et à lui rapprécier les fringues.
Et puis tout ceci est fait avec la patte "Brigitte Fontaine". Même si les mots utilisés sont crus (Cul Béni), ils ne sont jamais grossiers. Grâce à la voix si particulière de BF? Sans doute. Et grâce aussi à l'alchimie qu'elle produit avec ses orchestrations bien léchées (ben oui!), comme d'habitude.
Comme d'habitude, oui, Fontaine a une nouvelle fois réussi à bien s'entourer pour l'arrangement de ses morceaux. Outre le toujours fidèle Areski Belkacem qui signe évidemment la majorité des compositions, on peut également entendre sur Libido les créations de M sur Mister Mytère et celles du fameux Jean-Jacques Vannier sur Barbe A Papa et sur Mendelssohn. Cette dernière fait d'ailleurs fortement références aux orchestrations de L'Histoire De Melody Nelson, oeuvre de JJV, tant dans la musique elle-même que, carrément, dans les textes de la chanson. En effet, Brigitte entame le morceau par "J'écoutais Melody Nelson du très regretté Mendelssohn...".  D'autre part,  les choeurs de Mister Mystère me rappellent fortement Gainsbourg, aussi. Il est vraiment devenu indispensable, le Serge, aux chanteutrs français, dis-donc. Ça c'était pour les anecdotes qui frappent à la première écoute.
Alors, constatant l'ambition de la thématique de l'album, subodorant des textes à la hauteur du challenge posés sur des arrangements d'une qualité apparemment supérieure, et même s'il me reste à trouver des fondations pour ces impressions, je ne vois pas pourquoi ce disque ne fonctionnerait pas.
Ajouté le 11 mars 2008 :
Mes impressions après 5 écoutes :
C'est à petits pas que je continue l'inventaire des pîèces de ce château (intérieur?) qu'est Libido. Cinq écoutes ont été tout juste suffisantes pour me faire mémoriser la déco de chacune d'elles. Ainsi, ce n'est que dernièrement que j'ai pris conscience des scènes d'amours saphiques qui ornaient les murs de la chambre Elvire.
Il me faut maintenant pénétrer plus avant tous les aspects musicaux de l'oeuvre, et tacher d'identifier formellement ce qui semble coordonner les différentes chansons pour former (et oui) ce qu'on pourrait appeler un album conceptuel (ben ouais).
Ajouté le 17 avril 2008 :
Mes dernières impressions après 18 écoutes :
Pas si évident que ça, cette histoire. On pourrait facilement croire, qu'à l'orée de l'automne de sa vie Brigitte Fontaine ait voulu faire un point sur sa vie amoureuse et sexuelle. Ainsi il eut été aisé de penser que Château Intérieur fut un résumé de la vie de sa propriétaire, et dont les différentes pièces seraient des allégories représentant les étapes-clés de l'évolution sexuelle de cette dernière. Malheureusement (ou heureusement), ce n'est pas si simple; quand on croit avoir entre les oreilles des indices sûrs du dessein de BF, la strophe suivante nous remet aussitôt dans le doute. Mêlant vocabulaire rare et imagination loufoque en apparence, Brigitte sait en plus, aux moments les plus opportuns romprre avec tout rationnalisme pour mieux nous plonger dans la perplexité. Impossible ainsi de savoir si "Comme dans un film de La Métro" nous compte les premiers émois d'une toute jeune fille à une époque où le cinéma hollywoodien était le seul fournisseur d'une certaine sensualité un minimum subversive. Mais une allusion à la pornographie ("Quelques Tarzans dénaturés jettent leurs cigares allumés pour mieux explorer le point G des petites Jane olé olé") nous ouvre une fenêtre sur un monde parallèle spatio-temporel plus moderne
Suite à cela, Cul Béni, au texte plus clair et très fleuri semble nous parler de quelque bigotte résolument pucelle et désirant le rester tant qu'un homme d'Église ne s'attellera à la tache de sa defloration. On voit mal le côté autobiographique dans ce cas (quoique je me rends compte à l'instant que je ne connais pas la bio de BF).
Elvire, quant à elle est une jeune adolescente, apparemment déjà rompue aux finesses des amours saphiques. Quelques allusions incertaines ici encore "Nous avons pris d'assaut son château intérieur" (qui ça, "nous"?) et de nombreux euphémismes pour décrire les contacts cliniques des pratiques cunilingues. "Château d'eau, coulis, ruisseau", "jeux aquatiques", "lèche les fruits rouges de ses amantes"... Et "glace au coco" c'est plus élégant que le sempiternel "Tarte aux poils", c'est sûr.
Si d'autres double-sens sont présents dans (je t'aime dans) La Nacre Et Le Porphyre, alors je n'ai rien compris. Et je pense qu'il y en a un paquet, car les paroles de cette chanson apparaissent comme une suite de mots savants et de vers sans liens. Ce ne peut pas être juste du non-sens, pourtant. Comprends pas...
Même genre de sentiments pour Barbe A Papa, malgré la lisibilité de son contexte de soumission et de masochisme.
Plutôt opaques aussi, les textes de Mendelssohn. Ça semble parler d'échec de relation avec la religion ou la spiritualité (encore! l'aura pas été refusée au couvent, Brigitte, des fois?) et de consolation dans les joies de la gastronomie pâtissière. Le tout parmi quelques allusions à la masturbation, on dirait. Étrange...
Bizarre aussi, cette nature morte à La Viande, qui pourrait être la source d'allégories phalliques mais qui, ici, se contente visiblement de se faire tirer le portrait au premier degré. Cette chanson serait un hors sujet, alors?
Toujours est-il que, pour finir , viennent s'ajouter à cet imbroglio un Mister Mystère évidemment énigmatique et qui se trimbale en prime des faux-airs de Pervers Pépère en imper, et des Noces annonçant un avenir confus mais qui louent aussi le retour de la Liberté. A la fin, vous refermez votre ouvrage sur un grand point d'interrogation quant à vos capacités intellectuelles (enfin les miennes pour le coup; je n'aurais pas l'outrecuidance de vous traiter d'abrutis) mais avec tout de même l'impression d'avoir retenu quelque-chose, sans toutefois savoir quoi. Drôle de truc.

En tout cas, musicalement, je dois dire que, pour un disque de variété, la facture de cet album est assez remarquable. Ne racollant jamais son auditeur, il reste très intègre, poussant même la dignité esthétique jusqu'à l'ennui à quelques (rares) reprises. Tapant très souvent dans le classique à base de cordes frottées et frappées il sait, aux bons moments, se tourner vers des ambiances plus rock qui dynamisent l'ensemble de manière fort agréable. On saluera, dans cette catégorie, les prouesses de l'éterenel Belkacem sur Cul Béni, et celles de Jean-Claude Vannier et M sur respectivement Barbe A Papa et Mister Mystère.
 
Au final, sans être un chef d'oeuvre, Libido est à mon avis une oeuvre ambitieuse qui a su relever ses défis mais s'est juste heurtée, aux portes du succès, aux toujours très vivaces reliquats de morale chrétienne qui, de manière transparente, continuent souvent à notre insu à gouverner notre société.
 
Les deux morceaux qui m'ont le plus marqué :
Difficile de faire un choix. Plusieurs morceaux étant à mon avis exceptionnels sur ce disque. Mais de toute façon, Deezer ne connait de Brigitte que l'album Kékéland, on dirait. Alors, je peux en mettre plus.
J'aurais retenu Cul Béni pour son rock bien fondé et l'étonnante crudité de ses mots, Barbe A Papa pour la performance de Vannier, Mister Mystère pour celle de M, et La Viande pour sa description claire, directe, réaliste et osée.
 
En savoir plus sur

http://www.paperblog.fr/447950/brigitte-fontaine-libido/#pDSCC6htjDspIpJJ.99

http://www.paperblog.fr/447950/brigitte-fontaine-libido/






 Brigitte Fontaine "Libido"

Toujours aussi en forme, notre Brigitte Fontaine nationale revient pour un album consacré à peu près exclusivement à sa libido, autrement dit et comme elle le dirait elle-même... au cul, le sien comme celui des autres. Cela étant la promenade commence en introspection très classique et délicate dans son Chateau Intérieur (il y aura d'ailleurs des arrangements au violon tout au long de l'album). On visite ensuite les fantasmes de la Chatelaine comme les pièces dudit monument, aux ambiances variées. Ambiance cinématographique hollywoodienne pour La Métro (on aperçoit presque le Bogart dans le bar de Casablanca, pestant contre la Hepburn : "A million bars in this town and she walks into mine...").
Ambiance sado-maso pour Cul-béni (où un jeune garçon consentant en prend pour son grade), ambiance saphico-pédophile avec la douce Elvire (chanson troublante, enfantine et coquine en diable, qu'aurait pu écrire l'Homme à la tête de chou). Mendelssohn, plus dissonante et mystérieuse, ferait plutôt penser à Bashung ou à Kat Onoma, avec des accompagnements étranges et vibrants.
Et s'il arrive que les accompagnements faiblissent (La Nacre et le Porphyre), il arrive aussi qu'ils décollent avec notamment le ô combien mystérieux Mister Mister (qui gratte sur une bossa-nova rock, chante les choeurs et dont la coiffure est même représentée dans l'amusant livret bédé, pour ceux qui seraient vraiment lents à l'identifier). Pendant ce temps la plus extravagante des Miss délire et se moque sur Les Babas, bouleverse son monde sur la terrible et magnifique Ex-Paradis, ou expose en mode piano-bar sa fascination un peu gore pour La Viande, qu'elle soit cuisinée, moisissante, malade, rouge et saignante, ou encore saoûle et puante...
Au final l'exquise Brigitte Fontaine survole toujours la compétition, et malgré eux ou trois chansons horripilantes, signe un très bel album baroque, poétique et sensuel, qui m'a même réconcilié avec cette grande dame que (confidence entre nous, ne le dites pas à ma maîtresse, je vous en supplie... elle me fouetterait) je croyais pourtant ne pas pouvoir supporter. C'est dire si ses vrais fans vont aimer Libido !
(2007)

Signature : Philippe
Page Web Conseillée : www.liveinmarseille.com
 Toutes les critiques de CD de Brigitte Fontaine
Artiste : Brigitte Fontaine  Titre : Libido

S'il est vrai que tous les génies de la chanson française sont sous terre, vous oubliez bien vite la divine Brigitte Fontaine qui nous revient donc pour mon plus grand bonheur de l'année avec sa libido!
La première pièce de cet album s'intitule "Chateau intérieur" les violons accompagnent pendant 7 minutes les tréfonds de l'intérieur féminin de la diva qui vous bouleverse déjà assez pour dire que l'album est réussi. Mais il s'ensuit un mignon cha cha cha en hommage au ciné de la MGM "la métro", un rock très roll dénonciateur des religieux portés sur la chose "cul béni" ou encore un texte merveilleux et juste sur un lesbienne bien dans ses tongs "Elvire". Plus loin Jean Claude Vannier signe deux musiques dont la première très bubble gum "Barbe à papa" et une deuxième hommage à son plus grand chanteur(le mien aussi): Gainsbourg dont les violons rappellent Melody Nelson. -M- est là aussi dans peut etre la plus grande surprise de l'abum "Mister Mystère" où la voix et les sons de Matthieu Chedid créent qulquechose de mythique.
Bref, encore du génie à tout point de vue et d'une intelligence inégalée..."Shall I Make a little Sticky?"

Signature : Ben,moi Benoit
Page Web Conseillée : www.brigitte-fontaine.com
 Toutes les critiques de CD de Brigitte Fontaine
Artiste : Billy Ze Kick  Titre : VERDURE ET LIBIDO

Merde alors, Bzk et Les Gamins en Folie existe encore ! aprés l'album solo de Bzk (excellent) d'un coté et la sortie des Raggamins d'un autres je ne pensé plus les retrouver. Et voilà qu'en plus ils sortent un album de qualité, le coté Roots balékouil du premier à disparu pour un trés bon travail de mixage, le son est bon,c'est clair. Les morceaux sont un peut plus travaillé, et donc plus intimiste, le premier album etait une claque dans ta gueule, celui là (2e - 3e je sais plus moi !) est une invitation à venir découvrir le groupe, son univers, il sont plus mature quoi !!(je ne pensai pas pouvoir dire ça des gamins en Folie !!!). Quoi qu'il en soit allez voir Bzk et les GeF sur scene sa mérite toujours le détour.(moi perso j'irai sur une main s'il le fallait).

Signature : Goalova

http://www.concertandco.com/cdvisu.php?s=libido






Libido

Libido est un album de Brigitte Fontaine sorti en 2006. Appesantissons-nous un instant sur ce disque, intéressant à plus d'un titre, et dont est redevable ce site… mais lisez plutôt la suite de cet article…
Un disque double… et trouble
La pochette donne le ton : noir et rose, les chansons sont un mélange de ténèbres et de sensualité. Bref, une ambiance trouble, que résume un titre désormais bien connu, Mister Mystère.
Les aficionados de Matthieu Chedid auront reconnu là le titre de son cinquième album, directement issu de l'album Libido. Cette chanson écrite par Brigitte, et sur laquelle elle chante avec -M-, est une évocation poétique du personnage qu'incarne l'homme à la coiffure éponyme…
Très bel album donc, élégant et mystique, dont est extrait le joli single La Metro… Un clic sur lecture vous permettra d'en visionner le clip !

Et qu'en pense la presse ?
A propos du disque
Elle est unanime !
Télérama nous dit :
Le verbe chahuté de Brigitte Fontaine devient d'autant plus puissant qu'il s'épanouit sur de douces mélodies, de soyeux tapis de cordes tissés par le très fidèle Areski.
lalalala.org ajoute :
La splendeur des chansons est d'ailleurs ce qui frappe d'abord à l'écoute de l'album : cordes omniprésentes, clavecin, orgue, piano, Rhodes, guitares délicates… forment de fascinants paysages sonores, à la fois classiques et baroques, qui s'accordent parfaitement aux textes d'une Brigitte Fontaine qui, en matière de mots, ne s'est rien refusé non plus.
Et les Inrocks de conclure (même si, comme toujours avec les Inrocks, on ne comprend pas tout) :
Libido, disque réversible, juvénile et corsé, ludique et profond, pop-rock et mozartien.
Et Brigitte, que dit-elle de ce nouvel opus ? Aux Inrocks, justement, elle confiait :
Libido, c'était la visite de mon château intérieur.,
reprenant ainsi le titre de la première chanson de l'album.
Libido et La Symphonie pastorale
Je disais au début de cet article que ce site était redevable à l'album Libido… mais en quoi ?
Vous l'aurez deviné sans doute, le design de La Symphonie pastorale reprend en partie celui de la pochette de cet album ! Nous remercions d'ailleurs l'agence Cabine qui en est l'auteur de nous avoir autorisé à réutiliser leur création ! L'occasion de découvrir leur travail, grâce au lien disponible au bas de cette page…
http://www.symphonie-pastorale.fr/univers-de-brigitte-fontaine/libido/






Brigitte Fontaine - Libido
Polydor - Universal

Combien de fois s'est-elle vouée au pilori ? Combien de chansons à se dire conne, inadaptée, demi-clocharde, dingue ? C'est bien de cette image publique de diva déjantée devenue camisole dont elle veut aujourd'hui se défaire avec Libido, disque réversible, juvénile et corsé, ludique et profond, pop-rock et mozartien. Elle renoue ici avec des sonorités [...]

Combien de fois s'est-elle vouée au pilori ? Combien de chansons à se dire conne, inadaptée, demi-clocharde, dingue ? C'est bien de cette image publique de diva déjantée devenue camisole dont elle veut aujourd'hui se défaire avec Libido, disque réversible, juvénile et corsé, ludique et profond, pop-rock et mozartien. Elle renoue ici avec des sonorités vintage dues à une troïka royale d'arrangeurs, composée du fidèle Areski Belkacem, de Mathieu M Chédid et de Jean-Claude Vannier, le même qui en 1968 habillait de cordes et d'harmonies l'album de la révélation : Brigitte Fontaine est folle.
Dans Château intérieur, qui ouvre Libido, Brigitte, au son d'un quatuor à cordes, nous promène dans ce château intime par images et symboles successifs, nous guidant dans un labyrinthe de sensations baroques, comme dans une annexe de L'Enfer de Dante ou des Cent Vingt Journées de Sodome de Sade, quittant la bibliothèque pour la salle aux orgies et la chambre d'amour pour le sanctuaire où s'accomplissent les rites et l'alchimie de ce qu'elle nomme son ?home made mystic?.
Déchirée en chair et en esprit, la chanteuse n'a jamais eu qu'un seul droit, qu'une seule rédemption : le langage. De la fuite en dedans décrite dans Château intérieur, on retrouve par le passé le même réflexe vital, notamment sur Intérieur nuit, La Cour, Le Musée des horreurs, autant de chansons-refuges vers où son esprit s'évade, par où elle remonte à la source du merveilleux. Car Brigitte Fontaine est un grand poète, et souvent à la manière totale, foudroyante, d'Antonin Artaud, autre écorché vif.
Pourtant Libido, s'il débute entre les murs d'un château, est tout le contraire d'un disque sur l'enfermement. C'est même celui où la Fontaine semble la plus libre, la plus épanouie, ce dont témoigne Noces en fin d'album : ?Dedans et dehors se fondent sans peur/La vie et la mort baisent dans les cœurs.? Entre Château intérieur et Noces, entre ce début cloîtré et cette fin libérée, il y a Brigitte telle qu'on ne l'a jamais connue, héroïne polissonne d'une BD sonore en noir et rose, gourmande de vie charnelle, assoiffée de sensations, joyeusement sulfureuse, étonnante d'agilité et de méchante drôlerie.

http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/libido/






Libido de Brigitte Fontaine
chronique d'album

Qu'il semble loin et révolu le temps où Brigitte Fontaine et son complice de toujours Areski Belkacem incendiaient les papiers peints fleuris et décrépis de la chanson française sous des jets d'essence libertaires cautionnés et chaperonnés par Pierre Barouh et son écurie Saravah. À cette époque, notre demi-clocharde céleste, toujours au fond des cafés, déjouait la bienséance en débutant un album par un cri monstrueux et ces paroles a capella : "Moi, je mange de la bouse de vache. Y a bien du pain blanc, mais c'est pour le patron". Avec un peu de recul, la décennie 70 reste un âge d'or créatif pour le duo qui publiait des albums lo-fi, expérimentaux et bouillants au souffle poétique sidérant. À ce titre, L'Incendie (1974) et Vous Et Nous (1977) sont des sommets de beautés blessées qui n'ont absolument rien perdu de leurs pouvoirs de fascination, toujours aussi iconoclastes et déchirants. Après un long passage à vide, Brigitte Fontaine réapparut dans le paysage hexagonal la boule à zéro, porté par le succès du Nougat, sucrerie délicieusement arabisante aux accents électroniques. Puis les médias se sont emparés de son image d'excentrique patentée pour la trimballer comme une bête de foire sur des plateaux télé où la stupidité et le conformisme de la plupart des animateurs tournaient immanquablement au dialogue de sourds consternant. Le problème de Libido, qui d'ailleurs en manque cruellement, est qu'il succède à son dernier chef-d'oeuvre en date de 2001, ce Kékéland en tout point royal, où une pléthore d'artistes (Sonic Youth, Noir Désir, Les Valentins...) servaient de révélateur (et de régénérateur) au génie punk de la dame. Malgré une visite en compagnie de Léo Ferré dans un Château Intérieur où joue un quatuor à cordes et les électrisants et provocants Cul Béni et Mister Mystère, le reste se révèle tristement autoparodique (Barbe À Papa, Mendelssohn...), voire involontairement comique comme sur La Viande (vous souvenez-vous du fictif Jean Méran incarné par Bruno Carette ?). Avec cette Libido qui dégringole sous nos yeux impuissants, il n'y aura cette année aucune érection présidentielle pour Brigitte Fontaine. Elle était pourtant notre candidate préférée.

http://www.magicrpm.com/artistes/brigitte-fontaine/a-lire/chroniques/libido





Brigitte Fontaine


Conférence de presse  (La route du Rock)  août 2004
Non elle ne chantera pas à la Route du Rock; en vacances dans la région, elle vient juste prendre l'apéro, comme ça en passant . Mais pas seulement;elle vient aussi présenter son prochain album, "Rue Saint Louis en l'île" qui sortira en septembre.
Rencontrer Brigitte Fontaine relève de l'inespéré surtout sur le site boueux du fort Saint Père.
Nous attendons un bon moment; la reine des kékés se ferait-elle désirer? Joue-t-elle les divas?
Quand elle arrive, body rose, jupon de tulle noir et blanc, baskets hautes rouge et noir, elle fait sensation déjà de loin. Et puis elle a changé de look : le crane rasé s'est couvert de cheveux noirs avec de courtes doubles couettes qui lui donne un air de manguette:
Elle n'a pas semble-t-il le visage des bons jours et nous saurons ensuite qu'elle vient d'attendre plus d'une heure. Et ce n'est pas fini car il lui faut encore regagner la tente des interviews. Heureusement, Arezki Belkacem l'accompagne avec une bouteille de champagne.
Dans le chemin escarpée la voir grimper est totalement surréaliste. Et pourtant elle reste superbe et digne.
Cigarette et champagne, elle nous recommande même le cocktail champagne-johnny walker, elle va répondre avec gentillesse et malice, alliant franc-parler et diplomatie.
Vive la reine !
Brigitte Fontaine : Excusez-le et excusez-les pour toutes ces atrocités. Je vous souhaite le bonsoir.
Bonsoir Madame Fontaine.
Brigitte Fontaine : Je ne m'appelle pas Madame Fontaine. Madame Fontaine c'est ma mère. Je m'appelle Brigitte. Ou alors Brigitte Belkacem si on veut me donner un nom de madame.
Je voudrais poser une question que tout le monde se pose ici : Où sont les toilettes ?
A ce moment là, des voix s'élèvent derrière la tente des interviews criant : C'est là !
Rire général
Brigitte Fontaine : Me voilà rassurée
Votre nouvel album comportera-t-il des collaborations prestigieuses comme le précédent ?
Brigitte Fontaine : Est-ce vraiment capital ?
Cela peut donner une idée de la couleur de l'album.
Brigitte Fontaine : J'ai la collaboration permanente de Areski Belkacem et j'ai comme invités, qui se sont invités ou que j'ai invités, Zebda, Monsieur Hakim de Zebda que j'adore, Gotan project que j'adore également, un pianiste concertiste classique merveilleux Bavezet qui joue sur 3 morceaux, M Mathieu Chedid, Didier Malherbe. Voilà, est-ce que cela suffira comme prestige ?
Votre nouvel album constituera-t-il le 2ème opus de la Reine des Kékés ?
Brigitte Fontaine : Non, non, non ! Les Kékés c'est éternel, mais le coup des Kékés c'est terminé !
Ce sera quoi alors?
Brigitte Fontaine : Maintenant c'est rue Saint Louis en l'île et Fréhel. Et la veuve Clicquot. Les amours de la veuve Clicquot et de Johnnie Walker.
Ça donne un cocktail détonnant ?
Brigitte Fontaine : Oui, oui, il faut faire gaffe.
A quoi faut-il s'attendre en termes de tonalité de l'album ?
Brigitte Fontaine : C'est très très divers. Très chatoyant, très varié. Ça va du rock déchaîné au rigolo ou au tragique où des choses douces et un peu troubles poétiques, de belles musiques très poétiques aussi.
Vous avez collaboré avec Archie Sep.
Brigitte Fontaine : Ce n'est pas moi qui l'ai choisi et je n'y tiens pas particulièrement. Et je n'aime pas le jazz. Sauf les grands, à l'époque des grands, quand j'étais très petite moi, c'est-à-dire Thelonious Monk, Miles Davis, Charlie Mingus, John Coltrane.
Vous avez collaboré avec Art Ensemble of Chicago...
Brigitte Fontaine : Mais pour moi ce n'était pas du jazz, c'était de la musique.
Il y avait un univers graphique assez spécial avec Kékéland.
Brigitte Fontaine : Je n'y suis pour rien. Celui qui accompagne mon nouvel album est plus près de mon cœur. Je n'aime pas Kékéland.
Qui l'a créé ?
Brigitte Fontaine : C'est Hervé Lecout, Cabine.
Vous lui avez apporté des idées, des suggestions ?
Brigitte Fontaine : Non, il est génial. Il a tout fait lui même. La pochette est très belle.
Il y a la musique, les chansons, mais l'album est également un bel objet ?
Brigitte Fontaine : Oui. Il y a aussi un dessin super sur la rondelle, et puis des photos de Claude Gassian.
Vous reniez Kékéland ?
Brigitte Fontaine : Non. J'aimais beaucoup Kékéland mais je n'aimais pas la pochette.
Pourquoi n'avez-vous pas travaillé à nouveau avec Sonic Youth ?
Brigitte Fontaine : J'adore Sonic Youth. Mais pourquoi répéter une autre fois ? Sonic Youth a d'ailleurs mis dans son nouvel album des morceaux qui n'avaient pas été retenus pour Kékéland.
Pourquoi ne pas faire un album avec eux ?
Brigitte Fontaine : Ah pourquoi pas ? Ce serait envisageable. Et puis il y a Jim O' Rourke que j'apprécie énormément.
Pour revenir à l'album Kékéland, si vous n'aimiez pas la pochette pourquoi ne pas l'avoir rééditer avec une autre pochette ?
Brigitte Fontaine : Je n'ai pas beaucoup de pouvoir au sein de la maison Virgin. J'ai lutté pendant des mois contre cette pochette. Et au bout de 2 mois tant pis, je leur ai dit Bon Laissez-moi tranquille. Faites ce que vous voulez. Et vous allez être verts quand vous verrez la pochette de la Rue Saint Louis en l'île. Elle est belle, belle.
Il y a des diktats de la maison de disque ?
Brigitte Fontaine : Ils font ce qu'ils croient devoir faire. Nous ne sommes pas toujours d'accord bien que nous devrions l'être pour tout. Mais là ils m'ont trop pris la tête et j'ai cédé, simplement.
Et pour cet album, cela s'est mieux passé ?
Brigitte Fontaine : Ah oui. C'est moi qui ai trouvé l'artiste qui a fait la pochette et ils ont accepté avec enthousiasme donc nous étions complètement d'accord.
Vous avez de nouveaux invités sur cet album. S'agit-il vraiment d'interpénétration des univers ?
Brigitte Fontaine : Oui.
Quelle est la date de sortie de l'album ?
Brigitte Fontaine : Il devait sortir il y a un an figurez-vous ! Bref ! Ils ont pris un an de retard et il sortira paraît-il le 7 septembre. Le single avec une reprise du Nougat très rigolo, très dansant, avec Hakim de Zebda est déjà sorti. C'est formidable !
Bien que cet album date d'un an il reste toujours d'actualité pour vous ?
Brigitte Fontaine : Ah oui ! Je le défendrai complètement. Je le défends même dans la boue (ndlr : allusion aux chemins boueux du festival), et la pluie et l'orage, et l'attente. Vous aussi vous m'avez attendue et je vous en remercie.
La tournée de promotion est prévue pour cet album ?
Brigitte Fontaine : Oui, pour le mois d'octobre. Et les tournées c'est très dur.
Les artistes qui ont apporté leur collaboration seront-ils présents ?
Brigitte Fontaine : Je vais commencer la tournée à Montauban et il y aura Zebda. Mais je ne peux pas emmener tout le monde. M a sa tournée. Sauf à Paris qui est toujours privilégié.
Les dates pour Paris sont déjà fixées ?
Brigitte Fontaine : Oui, mais je ne m'en souviens plus. Fin octobre (ndlr : le 25 octobre lui souffle-t-on) aux Folies Bergères. Le véritable passage parisien se fera au début du printemps probablement à l'Opéra Comique.
Vous avez beaucoup collaboré avec M.
Brigitte Fontaine : Oui. Il m'aime beaucoup, je l'aime beaucoup, on s'aime beaucoup, voilà.
Il apparaît sur votre album. Allez-vous en faire de même sur le sien ?
Brigitte Fontaine : Si jamais j'ai le temps et s'il me le demande ce sera avec plaisir. Et j'aime beaucoup sa musique et sa façon de jouer de la guitare. Ah ! Un monsieur qui lève la main !
Y a-t-il une relation entre les artistes qui figurent sur votre album et votre maison de disque ?
Brigitte Fontaine : Ni Zebda, ni M ne sont chez Virgin. Jusqu'à présent je n'avais eu qu'à me louer de Virgin. Mais il y a eu beaucoup de bouleversements comme dans la plupart des maisons de disques d'ailleurs. Donc, je ne peux même pas leur en vouloir vraiment pour cette année de retard. Quand à votre question : "Est-ce que c'est la maison de disque qui m'impose ou qui me suggère des choix ?", pour Kékéland, oui ils m'ont suggéré des choses que j'ai acceptées, c'est-à-dire Mathieu et Noir Désir. C'était très magique parce que le jour même où mon directeur artistique faisait cette proposition, eux me téléphonaient pour me demander de travailler sur leur disque. C'est ce qui est vraiment très beau. Et les deux ont été fait.
Quelle musique écoutez-vous en ce moment et aimez-vous ?
Brigitte Fontaine : J'adore, j'adore, j'adore toujours, Mozart. Et puis ce que j'aime beaucoup, mais là je suis à l'hôtel depuis un mois, j'adore la bande originale du film In the mood for love. Et l'autre disque More in the mood for love. Et j'ai un gros faible pour Lili Bonniche. Vous connaissez Lili Bonniche ?
Non
Brigitte Fontaine : : C'est pas vrai ! Il est génial. C'est un feuj algérien qui fait de la musique un peu andalouse franco-arabe, qui est très drôle, qui doit avoir plus de 70 ans maintenant et qui continue à chanter. Il est génial.
Et dans les groupes actuels ?
Brigitte Fontaine : J'aime M. J'aime beaucoup ce que faisait Zebda avant leur séparation provisoire.
Et le dernier album de Sonic Youth ?
Brigitte Fontaine : Je ne sais pas si je l'ai écouté. Mais je les ai vus en concert et j'ai été émerveillée, surexcitée par leur musique.
Qu'est ce qui vous plaît dans leur musique qui sur scène est du bruit et de la fureur ?
Brigitte Fontaine : Du bruit et de la fureur oui et en même temps quelque chose de très chaud, très humain. Excitant.
Vous avez dit adorer Jim O' Rourke
Brigitte Fontaine : Oui. C'est un fou furieux qui me fait penser au professeur Tournesol.
Pourquoi ne pas travailler avec lui ?
Brigitte Fontaine : Il me l'a proposé. Dans un temps futur, je le referais avec beaucoup de joie mais pour l'instant ce n'était pas le propos de ce disque. Voilà.
Vous a-t-on imposé quelqu'un ?
Brigitte Fontaine : Non. J'ai choisi l'ingénieur du son, le mixer. J'ai choisi tout le monde cette fois. De toute façon même dans Kékéland j'avais choisi après coup tout le monde. Les propositions de Virgin étaient très bonnes donc j'y ai adhéré.
Il me semble qu'Arthur H devait remonter "Maman j'ai peur "?
Brigitte Fontaine : Non, ce n'est pas Arthur mais son frère Ken, l'autre fils de Jacques Higelin, qui voulait depuis des années reprendre "Maman j'ai peur". Mais il n'a toujours pas trouvé la fille, c'est-à-dire moi à l'époque. Je lui ai suggéré une fille qui est super mais qui doit être très chère maintenant Ludivine Sagnier.
Quel est l'histoire de "Maman j'ai peur" ?
Brigitte Fontaine : C'est une des premières choses que j'ai faites dans ma vie, il y a longtemps. Jacques Higelin est venue me le demander et nous l'avons fait avec Rufus. Nous avons écrit à 3 et joué à 3 cette pièce sur des variations très burlesques sur la peur. Et très kékés déjà. Les kékés n'ont pas d'âge. Moi non plus. D'ailleurs je vous serais reconnaissante de ne pas parler d'âge. J'ai horreur de parler d'âge car ceci fixe pour les gens qui croient savoir l'âge que j'ai ou l'âge qu'ont les autres, mais pour moi c'est pas vrai, peu importe…il est dommage de fixer les gens dans un âge car cela fausse tout. Bon, bref, toujours est-il que Ken Higelin n'a pas encore pu remonter"Maman j'ai peur".
Vous avez vu mon petit bracelet ? Il est joli. Je l'ai reçu ce matin par la poste.
Qui vous l'a donné ?
Brigitte Fontaine : Une jeune femme charmante qui habitait près de l'hôtel m'a offert une jupe superbe. Je lui ai donné mon disque et un petit cadeau en plus. Et elle m'a envoyé un bracelet qu'elle a fait elle-même. Et elle est professeur de littérature au grand Duché du Luxembourg. Et le grand Duché du Luxembourg est une partie très importante de ma mythologie. J'avais écrit une pièce que nous avons joué, Areski Belkacem et moi, et qui va être jouée le 31 août pour France Culture en direct et en public par d'autres acteurs, dans lequel il est question sans arrêt du Grand Duché du Luxembourg. Bon, voilà , c'était une digression.
Vous n'aimez pas que la musique, mais aussi le théâtre. Vous aimez l'expression artistique...
Brigitte Fontaine : Oui, m'sieur. J'aime les 2, les 3.
C'est quoi le 3ème ?
Brigitte Fontaine : Ce que je n'ai pas fait. La danse.
Pourquoi ?
Brigitte Fontaine : On ne peut pas tout faire. Je danse beaucoup sur scène, enfin je bouge beaucoup sur scène.
De manière instinctive ?
Brigitte Fontaine : Oui. Je suis la musique, je suis mon feeling, ma sensation, et voilà. Cela donne une sorte de danse très personnelle que l'on ne peut pas vraiment qualifier.
Des chorégraphes vous ont-ils proposé de vous mettre en scène ?
Brigitte Fontaine : Non. Mais je veux bien. J'aime beaucoup Lalala Human Step ? une troupe de danse québécoise, Galotta…
Découflé ?
Brigitte Fontaine : Oui, oui, absolument.
Auriez vous envie de remonter sur scène et de refaire du cinéma ?
Brigitte Fontaine : J'ai horreur du cinéma. Mais le théâtre j'adore. Je devais le faire. Si le disque était sorti plus tôt. Je devais jouer, je le ferai peut être plus tard, une pièce, dans laquelle je devais jouer le rôle de la grande Catherine de Russie, écrite à partir de sa correspondance avec Voltaire qui serait joué par Rufus.
C'est un projet concret ?
Brigitte Fontaine : Oui, mais il a été retardé par la sortie tardive de l'album. Et puis Areski Belkacem et moi nous voulons également reprendre la pièce, qui va être jouée fin d'août, que nous avons déjà beaucoup joué. Mais tout est suspendu au disque ?
Et le royaume de Kékéland ?
Brigitte Fontaine : Il continue à vivre.
Vous avez le temps de vous occuper de vos sujets ?
Brigitte Fontaine : Ils s'occupent tous seuls.
Ne craignez-vous pas que ce soit le souk ?
Brigitte Fontaine : Mais Kékéland c'est le souk. C'est l'anarchie. Tout le monde est libre. La Reine des Kékés règne mais ne gouverne pas. Je bois du thé, je fume des clopes, je lis, j'écoute de la musique, j'ai des amis qui viennent me voir.
Fais ce que voudras. C'est de Rabelais. C'est l'emblème de l'école idéale où allait Pantagruel. Et c'est le dernier mot d'un morceau qui est sur mon album qui s'appelle Le voile à l'école. Est kéké celui ou celle qui est né(e) kéké.
C'est quoi être kéké ?
Brigitte Fontaine : C'est être rigolo, innocent, drôle, sincère, un peu déjanté mais pas trop quand même.
Vous citiez Rabelais. Quels sont les auteurs qui vous touchent ?
Brigitte Fontaine : Armance de Stendahl.
Vous chantez depuis pas mal de temps or il semble que toute une génération vous a découvert avec "Le nougat", et à cause de vos collaborations sur l'album Kékéland.
Brigitte Fontaine : Je ne crois pas que ce soit à cause de ces collaborations. Depuis Le nougat, il n'y a que des jeunes, de 18 à 25 ans, qui viennent me voir.
Vous êtes dans la région par plaisir ?
Brigitte Fontaine : Je suis à Fréhel . Je suis bretonne et très chauvine. Je suis dans un petit hôtel. Je retrouve plein de sensations de mon enfance, des odeurs quand j'étais petite.
Quelles sont vos occupations ?
Brigitte Fontaine : Je viens de finir d'écrire un livre. Et puis je dois écrire des chansons pour Monsieur Hakim de Zebda.
Vous vous reposez aussi ?
Brigitte Fontaine : Oui. Mais il y a des journalistes qui me téléphonent et qui me viennent me voir. Je travaille aussi. Voulez-vous que je vous fasse un petit baiser ?
Bisou à l'animateur.
Question indiscrète : pourquoi ne vous rasez-vous plus la tête ?
Brigitte Fontaine : Parce que quelqu'un de très compétent, un acupuncteur, m'a dit que je devais absolument me laisser pousser les cheveux pour ma santé nerveuse. Je laisse pousser mes cheveux pour laisser pousser ma santé nerveuse ou mentale comme vous voudrez.
Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
Brigitte Fontaine : Je vous embrasse. Et reconduisez-moi tous à Fréhel. J'ai peur, j'ai peur.
Vous n'assisterez pas au festival ce soir ?
Brigitte Fontaine : Certainement pas.
Pourquoi ? Parce que vous n'aimez pas la programmation ?
Brigitte Fontaine : Parce que je veux me protéger un peu.
Je vais vous jouer une chanson de contrition : C'est leur faute, c'est leur faute, c'est leur très grande faute. Je vous embrasse tous et je vous remercie d'avoir été aussi patient.
Tchao les zouzous !

http://www.froggydelight.com/article-1090-Brigitte_Fontaine














2) PROHIBITION





http://74.86.94.249-static.reverse.softlayer.com/video/01SWxMSnFPUk51MlE=-brigitte-fontaine-prohibition-clip-officiel.html

http://www.youtube.com/watch?v=WUZ1Dbk24uY

http://www.youtube.com/watch?v=6KYeeyjs470

http://www.youtube.com/watch?v=VH4N8gH4AAQ

http://www.youtube.com/watch?v=DZy408CROo0

http://www.purepeople.com/article/regardez-la-tres-drole-brigitte-fontaine-et-l-enervee-genevieve-de-fontenay-qui-se-fait-clouer-le-bec-par-le-petit-journal_a53207/1

http://www.dailymotion.com/video/xc0d4n_brigitte-fontaine-allomusic_music#.UUYITRkslo4




Le nouvel album de Brigitte Fontaine sent le soufre et la clope. L'Etat, «ce tyran public», en prend pour son grade. Jubilatoire sur toute la ligne !  Et pendant ce temps, la reine des zazous, au look de libellule, fume sa cigarette tranquillement dans les toilettes. Vous l'aurez compris, Brigitte Fontaine a toujours la dent dure vis-à-vis des pourfendeurs de libertés. On n'a sans doute rien entendu d'aussi subversif depuis La Marseillaise façon Gainsbarre. Certains détesteront. D'autres adoreront cette petite satire en onze actes. Décalée et poétique.

Tecina






Album par Brigitte Fontaine
Sortie
5 octobre 2009
Durée
47 min
Genre
Chanson française
Producteur
Ivor Guest
Label
Polydor et Universal Music France
Albums par Brigitte Fontaine
Libido L'un n'empêche pas l'autre
Prohibition est le seizième album de la poétesse et chanteuse Brigitte Fontaine, paru en 2009.

Historique
Les textes marquent le retour de Brigitte Fontaine à une prise de position politique contestataire qu'elle avait abandonné depuis la parution du double LP "Vous et nous" en 1977. Selon elle, son album Prohibition est « un disque rebelle »1.
Grace Jones et Philippe Katerine ont respectivement co-interprété les titres Soufi et Partir ou rester.
Grace Jones, Jeanne Cherhal et Katel sont créditées aussi pour les chœurs sur plusieurs titres.
Dura lex et Prohibition abordent de front les problèmes sociaux (les interdits surtout) et Pas ce soir revient sur le spectre de la vieillesse (perte de la raison notamment) et de la mort. Dans ce dernier morceau, comme dans "Il s'en passe" (qui aborde la difficulté de vivre en général) et, sur un mode plus léger, l'entraînant Just ou and me (où il est encore question d'évasion), l'amour semble le principal rempart contre le désespoir.
Entre guillemets tient de l'aimable plaisanterie, ainsi que La fiancée de Frankenstein (qui revient cependant sur la hantise du feu, omniprésent dans l'œuvre de Brigitte Fontaine). Harem dénonce une fois de plus la condition des femmes opprimées, tandis que Soufi est une déclaration d'amour mystique.
Partir ou rester a été écrit au « lendemain » de l'élection présidentielle française de 2007, affirme Brigitte Fontaine1. Je suis un poète, où l'auteur définit une partie de son art, s'achève en forme de cri contre le système carcéral...
Titres


Durée
1.
Dura lex
2.
Entre guillemets
3.
La fiancée de Frankenstein
4.
Prohibition
5.
Il s'en passe
6.
Harem
7.
Pas ce soir
8.
Soufi (avec Grace Jones)
9.
Just you and me
10.
Partir ou rester (avec Katerine)
11.
Je suis un poète
12.
Thérèse (bonus en téléchargement légal)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prohibition_%28album_de_musique%29



Prohibition

J'exhibai ma carte senior
Sous les yeux goguenards des porcs
Qui partirent d'un rire obscène
Vers ma silhouette de sirène

Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille et je vais crever
Un petit détail oublié

Passez votre chemin, bâtards
Et filez vite au wagon bar
Je fumerai ma cigarette
Tranquillement dans les toilettes

Partout c'est la prohibition
Alcool à la télévision
Papiers, clopes, manque de fric
Et vieillir dans les lieux publics

Partout c'est la prohibition
Parole écrit, fornication
Foutre interdit à 60 ans
Ou scandale et ricanements

Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille et je vais crever
Un petit détail oublié

Les malades sont prohibés
On les jette dans les fossés
A moins qu'ils n'apportent du blé,
De la thune aux plus fortunés

Les vieux sont jetés aux orties
A l'asile, au châteaux d'oubli
Voici ce qui m'attend demain
Si jamais je perds mon chemin

J'ai d'autres projets, vous voyez
Je vais baiser, boire et fumer
Je vais m'inventer d'autres cieux
Toujours plus vastes et précieux

Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille, sans foi ni loi
Si je meurs, ce sera de joie






Prohibition : Brigitte Fontaine en concert au Palace

Prohibition est un album parfait pour découvrir Fontaine, est un excellent album tout court.
Il y a, comme à son habitude, de douces mélopées, puis d'autres, bien rock ; bien punchy. Il y a dans les textes de Brigitte Fontaine, dans sa diction ; quelque chose de poétique. Cette femme à la capacité à vous toucher, en écumant ses longs textes savoureux, ciselés, avec une écriture d'une précision rare. Et puis cette diction, cette manière bien à elle de faire trainer la dernière syllabe, de rouler les r, de faire jaillir certains mots pour qu'ils vous enivrent, pour qu'ils flottent dans l'air quelques brefs instants, et prendre toutes leurs forces.
 
Brigitte fontaine est loin, très loin de la cage que les médias lui ont construit, loin du costume qu'on lui dessine.  Cette femme a une sensibilité extrême, une douceur pleine de classe ; une exquise élégance. Mêlé à ça, sa voix et sa plume (elle écrit tous ses textes) vous balance des watts, de la puissance ; des mots  tranchants.
Brigitte Fontaine est un vaste Monde à elle seule, une land de contraste ; de surprise...
C'est donc tout naturellement, que j'avais RDV ce 16 Novembre, entre les murs marbrés du Palace, pour savourer pour la deuxième fois cette femme rare et exceptionnelle en concert. La salle était pleine à craquer, la queue sévissait jusque loin sur les Grands Boulevards Parisien, avant de pouvoir pénétrer l'antre du Palace et y trouver son siège. Mon petit cœur battait la chamade, plusieurs mois que le Pass patientait dans son coin, avant de se voir déchirer son talon par Mr Le Contrôleur dudit Palace.
Lorsqu'elle apparut sur scène, comme il y a quelques années, ce fut une ovation, une vraie ovation. Sur sa seule entrée en scène, le public applaudit, et, respectueusement se lève, c'est à voir ; vraiment ! Standing ovation donc pour la Reine des Kékés avant qu'elle prononça le moindre mot.
Puis les titres s'égrainérent. Je commenterai directement la chanson titre du dernier album ; Prohibition. Après quelques titres beaucoup plus fougueux, Brigitte, Ma Brigitte, s'assied dans un petit fauteuil de cuir noir, disposée en bord de scène. Ambiance et lumière intime, musique douce et langoureuse, et Elle, élégante, fier ; divine.
Le regard planté loin dans le haut du ciel, elle commence l'interprétation de ce texte magnifique, sublimé par la musique de son Belkacem de compagnon :

http://www.monsieurbashung.com/tag/brigitte+fontaine+prohibition






Brigitte Fontaine, toujours sans interdits pour le clip de Prohibition : grossière, poétique, géniale !

Brigitte Fontaine n'arrête jamais. Elle n'arrête jamais d'écrire, tout d'abord. Après avoir signé sept des titres du dernier album en date (Mister Mystère) d'un Matthieu Chedid conquis, elle a encore trempé sa plume pour Maurane et Daho - des compositions qu'on découvrira dans les mois à venir.
La collection bibliographique à son nom continue également à s'agrandir, avec, l'an dernier, la publication aux éditions Belles Lettres-Archimbaud de trois recueils de textes (L'Inconciliabule - réédition - ; Rien, suivi de Colère noire ; Contes de Chats, illustrés par Sempé), puis Le bon peuple du sang (Flammarion, 2010) et Portrait de l'artiste en déshabillé de soie (à paraître).
Elle n'arrête pas de parler, non plus. Et qu'il s'agisse d'apparitions télévisées ou radiophoniques, ou encore de prestations live, sa langue septuagénaire n'est pas rassasiée.

Vieille bique et femme-enfant (de son propre aveu), Brigitte Fontaine signait fin 2009 une énième réalisation discographique : Prohibition (Polydor), réalisé avec Ivor Guest et son partenaire de toujours Areski Belkacem, et sur lequel ont été conviés Grace Jones et Philippe Katerine, avait fait sensation avec le refrain de son single-titre - "Je suis vieille et je vous encule/Avec mon look de libellule/Je suis vieille et je vais crever/Un petit détail oublié".
Poésie charnue et âpre, la faconde rugueuse et la diction carnassière de Brigitte Fontaine se meuvent sur cet album dans une posture contestataire, vindicative, comme un écho à son ouvrage Le bon peuple du sang.
"Les malades sont prohibés/On les jette dans les fossés/A moins qu'ils n'apportent du blé/De la tune aux plus fortunés", persifle-t-elle en pointant du doigt la formule Liberté-Egalité-Fraternité. Avant de ponctuer "Je vais m'inventer d'autres cieux/Toujours plus vastes, plus précieux (...) Je suis vieille, sans foi ni loi/Si je meurs, ce sera de joie".
G.J.








Brigitte Fontaine est vieille et vous enc*** !

le 13 septembre 2009 19H10 | par Gilles Médioni (L'Express)

Le cri de guerre de Brigitte Fontaine va nous faire tout l'hiver: "Je suis vieille/Et je vous encule/Avec mon look/De Libellule?" chante-t-elle dans le titre Prohibition. L'album du même nom sort le 5 octobre.
Qui dit mieux chers pros de la provoc' markettée. Celle de Fontaine est brute, intacte, brutale et poétique.
De la même humeur et de la même couleur que son nouvel album, ce très bon Prohibition que je vous recommande chaudement et qui propose un duo avec Grace Jones et un autre avec Katerine. Brigitte y recense tout ce qu'on nous interdit aujourd'hui et la façon dont on nous parle. C'est du Souchon hard et parfois trash.
J'ai blablaté avec elle il y a quelques jours, on s'est assis tous les deux sur une petite banquette en cuir à l'entrée d'un restaurant de l'île Saint Louis où elle donne ses interviews – son appartement est en chantier – en fumant des cloppes. On a bien bien rigolé et quand Brigitte rit, c'est vraiment une petite fille coquine qui vient de faire une mauvaise blague.
D'autant que je lui rappelais le "Joli Tanagra/Tu me fous la gaule" qu'elle a écrit pour Matthieu Chedid et qui fait de M un Superman de l'Eros. Re-barre. Au même moment, une décapotable est passée, se tenait debout un couple de mariés chinois. C'était l'heure Fontaine. Vous lirez sous peu cette rencontre.
En attendant, je reviens dare-dare sur ces rimes en ule, juste après la pochette du disque (robe Issey Miyaké, anneaux de bras Azzedine Alaïa)
La parole à Brigitte Fontaine: "c'est un défi de chanter des mots que l'on ne dit pas d'habitude dans des chansons. Quand Areski (son mari, le compositeur de ses chansons) a lu ces lignes, il les a trouvées violentes. Pour lui faire plaisir, j'ai essayé une autre version: "Je suis vieille et je vous emmerde/Moi pour qui les hommes se perdent"… Mais je n'ai rien changé. Quand les anciens parlaient d'érotisme, les Musset, Hoffmann, Rimbaud, Verlaine, c'était toujours avec un sens caché. Moi, je le dis au grand jour comme déjà dans Cul béni, une chanson de l'album Libido."
Quelques paroles de Cul béni:
"Petit trou du cul 
Damné fils de pute 
Ton vit mis à nu 
Tes roustons en rut 
Fatiguent mes yeux 
Mon esprit gothique 
Aspirés par dieu 
Et l'au-delà chic 
Tu as donc la gaule 
Petit foutriquet  (…) 
Si tu veux trouer 
Mon blanc cul béni 
Va donc te froquer 
Priape maudit   (…)"  

http://blogs.lexpress.fr/all-access/2009/09/13/brigitte_fontaine_vous_enc_tou/






Brigitte Fontaine - Prohibition
27 octobre 2009

Me revoici après un long week-end (bien mérité ?) d'absence ! Pas de chronique honteuse vendredi dernier donc, pas d'indispensable hier, mais directement un retour aux affaires courantes avec une chronique un peu plus d'actualité en la personne de l'excellent "Prohibition" de dame Fontaine. Ben ouais, je vous avais déjà parlé de mon disque préféré de la "vieille" (c'est elle qui le dit ;-) dans ma série d'indispensables ici, voici donc son dernier en date, et une chose frappe d'entrée, c'est son éternelle jeunesse. "Dura Lex" en titre d'ouverture est un vrai grand tube rock ultra efficace. Les paroles sont toujours aussi cyniques et décalées comme le suivant "Entre Guillemets" ou le provocateur "Prohibition". Les textes deviennent même plus politiques que jamais comme la chanson en duo avec Philippe Katerine, dont la filiation avec Brigitte Fontaine est évidente. "Partir ou Rester" en référence sans doute à mai 2007 ... Autre lien de parenté revendiqué et peut-être moins évident car dans des registres assez dissemblables, celui avec une autre allumée : Grace Jones avec laquelle elle chante "Soufi". Comme c'est le début de la semaine (pour moi, bien sûr ...), que je suis bien reposé et plutôt de bonne humeur, je vais lui mettre une bonne note à notre Brigitte nationale. Histoire de montrer mon indéfectible soutien dans sa lutte effrénée contre les "lustucrus" en tout genre et puis tout simplement parce que c'est son meilleur disque depuis "Kékéland" ..

http://lamusiqueapapa.blogspot.fr/2009/10/brigitte-fontaine-prohibition.html






Brigitte Fontaine. "Prohibition"
12/11/2009
(POLYDOR)

Brigitte Fontaine est de retour avec «Prohibition». Un album où les textes cinglants ont été mis en musique par Areski Belkacem et sur lequel on note deux duos avec Philippe Katerine et Grace Jones.
On l'avait quittée avec «Libido». Elle nous revient avec «Prohibition», certainement l'un de ses albums les plus aboutis. Mais cette fois, pas question de jouer les kékés. BrigitteFontaine ne rigole plus. L'heure est à la révolte.
«Révoltée»
Parmi tous les qualificatifs qui désignent habituellement BrigitteFontaine, «révoltée» est celui qui colle le mieux à ce nouvel album. «Révoltée, plus qu'attristée» par une société qui jette ses vieux aux orties, ses malades dans les fossés. Avec «Prohibition», chanson titre servie par une superbe mélodie, la Morlaisienne n'a pas de mots assez durs (voire grossiers avec ce refrain, terrible, «Je suis vieille et je vous enc.../ Jesuis vieille et je vais crever») pour dire ce qu'elle pense de la manière dont cette société traite ses anciens.
Insoumise
À 70 ans, elle a décidé de ressortir ses griffes. Et la voilà qui sonne la charge de la rébellion dans un monde où tout est interdit («Dura lex»). Un monde où tout est dit «Entre guillemets». Tout ce qu'elle déteste. «On dit les choses ou on ne les dit pas». Elle préfère les dire, les chanter même, sans les guillemets. Elle est comme ça, insoumise... Définitivement libre. Rien de surprenant alors de la voir déclamer, telle une supplique, ces quelques vers qui laissent sans voix: «Ouvrez les prisons/Elles nous tuent». Forcément politique («Partir ou rester», écrit au lendemain de la présidentielle, «Harem» qui dénonce l'enfermement dont sont victimes les femmes en Arabie Saoudite), «Prohibition» n'est pas un catalogue de revendications mais le cri de rage d'une artiste engagée. Une anar qui le dit sans tabou: «L'enfer c'est l'État» («Dura lex»).
Duos avec Philippe Katerine et Grace Jones
Disque sombre, «Prohibition» joue aussi l'art du contre-pied. «Partir ou rester», en duo avec Philippe Katerine qui entend «descendre dans la rue lutter contre les Lustucrus», devient presque comique. Sur fond de guimbarde et de vibraphone, le suicide au gaz de «La fiancée de Frankenstein» tourne au tragi-comique. Composées par l'excellent Areski Belkacem auquel BrigitteFontaine consacre une superbe chanson d'amour («Pas ce soir»), les musiques flirtent avec le rock, prennent des couleurs pop («Just you and me»). Elles s'imprègnent de sonorités orientales sur «Soufi» où elle chante ce «philosophe des cimes dont la vie est musique» en duo avec Grace Jones. C'est au Gallois Ivor Guest, producteur de la muse d'Andy Warhol, qu'elle a confié la réalisation de l'album, s'entourant de musiciens anglais travaillant habituellement avec Brian Eno.
Stéphane Guihéneuf
http://espacesculturels.brigitte-fontaine.com
 
Page "Interview" du Télégramme du 28 octobre 2009
 
Même en colère contre tout ce qui porte atteinte aux libertés, - thème de son nouvel album «Prohibition» -, BrigitteFontaine ne saurait être déprimante. Ses mots rageurs fricotent toujours avec la fantaisie poétique, fût-elle grossière, et sa voix habitée transmet les émotions en ligne directe. L'indétrônable reine des Kékés retrouve vendredi ses terres morlaisiennes, le temps d'un concert dont elle se délecte d'avance. Rencontre avec une artiste paradoxale assumée, qui, si elle n'a jamais été aussi révoltée, ne s'est jamais non plus sentie aussi libre.

Vendredi, vous chantez à Saint-Martin-des-Champs, commune limitrophe de votre ville natale de Morlaix. Comment abordez-vous un concert au pays ?

Avec joie, j'aime tellement Morlaix ! J'ai moins de souvenirs de Saint-Martin-des-Champs. Je me rappelle y être allée à l'école quand j'étais petite. Et d'avoir chanté au Roudour il y a quelques années.

Vos souvenirs vous mènent plus facilement au théâtre à l'italienne de Morlaix ?

Oui, qu'il est joli ! Il est merveilleux ! Et surtout, j'y allais tout le temps pour voir les pièces que jouait le Centre Dramatique de l'Ouest. C'était une très bonne troupe. Je les attendais des semaines, des mois à l'avance ! Parce que j'adorais le théâtre. Il s'est même produit une chose à laquelle je n'aurais jamais osé rêver. Mes parents, qui étaient instituteurs laïcs, s'amusaient à faire du théâtre. Ils étaient très bons d'ailleurs. Moi aussi, j'en faisais un petit peu. Il s'est trouvé que le directeur du Centre Dramatique de l'Ouest m'a vue jouer quelque chose lorsque j'avais douze ans. Eh bien, il est allé demander à mes parents, si, lorsque j'aurais seize ans, ils accepteraient que je parte avec sa troupe tourner dans toute la Bretagne !
Ont-ils accepté ?

Non ! Et non seulement mes parents ont refusé, mais en plus, ils ne m'en ont même pas parlé sur le coup. Ils ne l'ont fait que beaucoup plus tard. En me disant regretter terriblement d'avoir agi ainsi.

Parce que la suite a prouvé que votre vocation était bien là...

Oui, seulement après, j'ai beaucoup galéré. Mon bac en poche, je suis allée à Paris faire du théâtre. J'étais dans la misère, vraiment ce qu'on appelle la misère ! Enfin, maintenant, je me rattrape un petit peu, comme je peux (rires) !

Vous avez su très jeune que vous écririez et monteriez sur les planches ?

Exactement : c'est le mot. Ce n'est pas que je le voulais, c'est que je le savais ! Chanter, par contre, ça, je ne l'avais pas prévu. Quoique j'adorais chanter. J'ai un souvenir très précis. La première fois où je suis allée à l'école, je devais avoir quatre ou cinq ans, je rentre en classe et me mets à chanter. Et puis j'apprends avec stupeur que c'est interdit ! J'étais ahurie de ne pas pouvoir le faire. Voilà, c'était déjà la prohibition (rires) !

Pourquoi êtes-vous passée à la chanson une fois installée à Paris ?

J'ai dû interrompre le théâtre pour des raisons privées. À cause de mon mec de l'époque qui ne voulait pas que je continue. Parce qu'il était très jaloux.

Plus tard, avec un mec compositeur et musicien, ça a été beaucoup plus simple de faire de la chanson...

Ah oui !

Cela fait maintenant une quarantaine d'années que vous collaborez avec votre mari, Areski Belkacem...

Moi, le temps, je ne connais pas. Passons ! Ce n'est pas parce qu'il est mon mari que je choisis Areski à chaque fois pour faire mes musiques. C'est parce que je le considère comme le meilleur ! Pour l'album «Prohibition», cela va du rock à la chanson française, à la musique modale. Je trouve sa musique très belle, très variée.

Dans votre album «Prohibition», vous exprimez votre colère contre tout ce qui est liberticide. Avec un sens volontiers provocateur de la formule comme dans le refrain de la chanson qui a donné son titre à l'album : «Je suis vieille et je vous enc... avec mon look de libellule». Comment vous est-elle venue ?

Comme ça ! Normal, au fil de la plume. Parce que j'écris à la main. Je ne connais pas les ordinateurs et n'en ai aucune envie.

Jugez-vous ce refrain vulgaire ?

Vulgaire ? Sûrement pas. Grossier, oui.

Il surprend d'autant plus qu'il apparaît dans une chanson à la versification classique, comme d'ailleurs la grande majorité de votre nouvel album.

Oui, même s'il y a également quelques titres en vers libres et en prose.

Avec ses images fortes, son riche vocabulaire, le titre «Harem» brille aussi par sa qualité d'écriture.

Je suis d'accord. «Harem», c'est presque du Gustave Moreau.

Combien de temps mettez-vous pour écrire une chanson ?

Une heure et demie environ, jamais plus. Le lendemain, je reprends, je recisèle, mais ça ne me prend pas beaucoup de temps. Je ne peux travailler que rapidement.

Parce que la chanson est déjà prête dans votre tête et qu'elle n'a plus qu'à jaillir sur le papier ?

Pas du tout. Au contraire, je ne sais absolument pas ce que je vais écrire quand je commence. C'est moi la première surprise.

Parmi vos nouvelles chansons, «La fiancée de Frankenstein» sonne comme du pur BrigitteFontaine, avec ce début étrange : «Un soir que je me suicidais»...

J'ai eu envie de faire un truc rigolo à partir d'un événement tragique (suicide au gaz, ndlr). On m'affuble parfois de surréalisme, mais je n'aime pas ça. Je préfère la fantaisie, et même si vous voulez, la «fantasia» !

Dans la chanson «Partir ou rester», écrite au lendemain des dernières élections présidentielles, vous vous interrogez sur votre départ. Qu'est-ce qui vous a fait rester ?

Je ne prends pas l'avion. Et puis il faut bien que je gagne ma vie et c'est ici que je travaille.

Pourquoi chanter ce titre en duo avec Philippe Katerine ?

C'est un fan et il voulait faire un duo avec moi. Alors je l'ai fait. Et j'ai été étonnée et ravie de son interprétation. Je ne le connaissais pas et le trouve très sympathique. J'ai un autre duo sur l'album. Avec Grace Jones. Je l'adore et elle m'adore, alors nous avons fait ensemble «Soufi».

Qu'est-ce qui vous plaît chez les Soufis ?

Le soufisme me passionne depuis longtemps. Parce que c'est mystique, rigolo, philosophique, poétique. Pour les Soufis, c'est la liberté qui prime. Et il n'y a aucune misogynie chez eux.

Que pensez-vous de votre public d'aujourd'hui ?

Il est plus rigolo qu'avant, plus communicatif et plein de connivence. Les jeunes de maintenant sont plus chaleureux. Avant, c'était plus coincé, plus donneur de leçon. Les gens voulaient vous fixer dans une image.

Vous leur avez aussi tendu la perche, pour nourrir l'image d'uneBrigitte Fontaine bien déjantée...

Pas du tout. C'est une image qu'ils m'avaient infligée, qu'ils voulaient que je garde ! Aujourd'hui, je me sens plus libre.

Quels artistes bretons appréciez-vous ?

Lors des deux mois que j'ai passés à Morlaix cet été, un ami m'a fait découvrir le deuxième album de Nolwenn Korbell et je l'ai trouvé formidable ! Il est tout en breton, avec une chanson en gallois. C'est tout ce que je peux vous dire.

Avez-vous déjà glissé des mots de breton dans une de vos chansons ?

Non, mais quelquefois, ça me prend en concert de faire des petits couplets en breton. Je connais plein de mots, seulement je serais incapable de faire une phrase.
Propos recueillis par Frédéric Jambon
REPÈRES
 Naissance. Le 24 juin 1939 à Morlaix.
Discographie. Débute avec Jacques Higelin («Cet enfant que je t'avais fait» est leur plus grand succès commun). A sorti une quinzaine d'albums depuis son premier 33 tours en solo, «BrigitteFontaine est... folle !» (1968). «Kékéland»(2001) et «Rue Saint-Louis en l'île» (2004) sont disques d'or. «Prohibition» est sorti le 5 de ce mois. Brigitte Fontaine a également écrit huit chansons du nouvel album de -M-, «Mister Mystère».
Livres. Une dizaine de recueils de poèmes, nouvelles et trois romans. Son prochain ouvrage, «Le bon peuple du sang», sortira en janvier 2010 chez Flammarion. Théâtre. Une dizaine de pièces et spectacles écrits seule ou à plusieurs.

http://prixdudisque.blogs.letelegramme.com/archive/2009/10/18/brigitte-fontaine-prohibition.html






Prohibition de Brigitte Fontaine
chronique d'album
   
Ne cherchez pas, il n'en reste qu'une. Depuis que Bashung a passé l'arme à gauche, Brigitte Fontaine est seule pour incarner la grandeur de la chanson française. Deux générations ont passé sans relève essentielle, la poésie totale peut s'en retourner à petits pas vers son caniveau originel. En attendant, accueillons avec félicité Prohibtion, seizième Lp d'une carrière explosive et foisonnante débutée en 1965 (Chansons Fantasmagoriques Et Décadentes). Un disque que la jeune fille de soixante-dix printemps souhaitait enregistrer avec Sonic Youth, à qui elle voue une admiration de longue date (la réciproque est juste). Ceux-ci étant malheureusement concentrés sur l'admirable The Eternal(2009), la rencontre a été reportée sine die, comme la parution de leur album live commun enregistré après Kékéland (2001, où figuraient déjà deux sublimes collaborations).

Alors que la malédiction régnait, notre vénérable "conne" a pris en plein cœur Hurricane (2008), disque du come-back de sa lointaine cousine Grace Jones. Et décidé de débaucher son producteur, l'Anglais Ivor Guest, qui connaissait son œuvre sur le bout des doigts. Le résultat dépasse toutes les attentes, puisqu'on tient sans doute là le meilleur album de sa seconde période, entamée avec French Corazon (1988) après une retraite discographique de presque dix ans. Sans effacer la présence essentielle d'Areski, l'habillage d'Ivor Guest offre aux onze morceaux une modernité resplendissante, équilibre rêvé entre impact pop et dissonances électroacoustiques. Du fond des cafés de son âme, Brigitte a ciselé pour l'occasion certains de ses textes les plus sobres et bouleversants.

De sa voix éternellement gourmande, elle chante l'aveuglement de l'amour, les dépassements de l'esprit, le magnétisme de la langue, la nausée des barrières humaines, et le bonheur de "baiser, boire et fumer", envers et contre tout. Elle se rappelle à la mort, puisque la mort vient se rappeler à elle. Plus qu'un précieux disque de Brigitte Fontaine, Prohibition est un chant du cygne, dont l'inviolable grâce subversive irradie le paysage javellisé de la France qu'elle nous laisse. "Je suis vieille et je vous encule/Avec mon look de libellule/Je suis vieille, sans foi ni loi/Si je meurs, ce sera de joie".
Michaël Patin

http://www.magicrpm.com/a-lire/chronique/brigitte-fontaine/prohibition






"Prohibition",
le nouvel opus choc de Brigitte Fontaine

« Je suis vieille et je vous encule / avec mon look de libellule / Je suis vieille et je vais crever / un petit détail oublié. », tel est le refrain choc de la chanson titre "Prohibition", issue du nouvel album de Brigitte Fontaine. Le ton est donné!

Un album provocant et trouchant
À 70 ans et après l'album "Libido", la chanteuse revient avec un album politique. « "Prohibition" est un disque rebelle. Depuis la présidentielle, j'ai ressorti mes griffes et mes yeux de lynx. Même si je suis myope, je vois bien ce qu'il se passe », s'amuse Brigitte Fontaine, qui se révolte contre une société asceptisée, où tout est sous contrôle, la liberté de fumer légiférée et y dénonce la façon aveclaquellela société traite ses aînés.
Provocante, punk avant l'heure et surréaliste dans les années 90, l'artiste est bien connue pour ses looks décalés (crâne rasé, tenues vestimentaires délirantes) et ses apparitions déjantées sur les plateaux télévisés. Cet album est comme son interprète: à la fois provocateur et touchant, dur et mélodique où l'art de Fontaine pour la versification trouve sa place.


Brigitte Fontaine, une artiste bien entourée

Pour ce nouvel album, Brigitte s'est entourée de Areski Belkacem, son compagnon depuis près de quarante ans, de Philippe Katerine et de la légendaire Grace Jones. 

Comme elle aime à le dire, Brigitte Fontaine est un doux paradoxe, "une vieille bique et une femme-enfant". Amie fidèle, elle a écrit sept textes sur l'album "Mister Mystère" de Matthieu Chedid et peut se targuer du respect de nombreux artistes dont Etienne Daho, Jeanne Cherhal, les rockeurs de Sonic Youth.

"Prohibition", sortie le 5 octobre.

http://www.notulus.com/article/486/prohibition_le_nouvel_opus_choc_de_brigitte_fontaine.html













3) L'UN N'EMPÊCHE PAS L'AUTRE





http://www.musicme.com/Brigitte-Fontaine/albums/L-Un-N-Emp-Che-Pas-L-Autre-0602527698175.html

http://www.deezer.com/fr/album/1026883

http://www.youtube.com/watch?v=KRD2lKPfsIc

http://www.youtube.com/watch?v=TOFeXVWIpzA

http://www.youtube.com/watch?v=WTZzDZCoRSg



Brigitte Fontaine – L'un n'empêche pas l'autre (2011)
Brigitte Fontaine, on aime ou on aime pas !
Où alors, on laisse passer les années, on a l'envie de s'intéresser à autre chose d'un point de vue musical et c'est à ce moment là qu'on décide de la découvrir.
Alors déjà soyons honnête, cet album, c'est en parti au duo avec Bertrand Cantat, les vergers, que j'avais entendu de nouveau sur la scène des Célestins, que l'envie de me le procurer fût encore plus vive.
Ecouter Brigitte Fontaine pour la premiére fois avec l'un n'empêche pas l'autre est une trés belle alternative à la découverte.
Cet album  ne regroupe que des duos mis à part 2 morceaux.
Grace Jones, Arno, Alain Souchon, Jacques Higelin, Christophe, Matthieu Chedid, Emmanuelle Seignier et Areski Belkacem.
Pour moi, ça a été une révélation et un vrai régal pour mes oreilles …
Trés étonnée par ces duos, touchée par moment, surprise à d'autre.
Je ne pensais pas adhérer autant à Brigitte Fontaine …
Mais ne nous emballons pas, il me faut passer par la case solo et peut-être que ça sera une autre histoire …

http://www.legoutdesotres.fr/brigitte-fontaine-lun-nempeche-pas-lautre-2011/






L'un n'empêche pas l'autre

Sortie
23 mai 2011
Durée
54 min
Genre
Chanson française
Producteur
Ivor Guest
Label
Polydor et Universal Music Group
Albums par Brigitte Fontaine
Prohibition
L'un n'empêche pas l'autre est le dix-septième album de la poétesse et chanteuse Brigitte Fontaine, paru le 23 mai 2011.
Historique
À l'origine, L'un n'empêche pas l'autre était une demande exprimée par la maison de disques, qui souhaitait sortir un album de duos. Mais, au cours de l'enregistrement, l'artiste a transformé l'exercice : en plus d'inédits et de morceaux rares, Brigitte Fontaine a choisi dans son répertoire des chansons qu'elle souhaitait réenregistrer. Produit, comme son précédent opus Prohibition, par le Gallois Ivor Guest (producteur notamment de Grace Jones et Brian Eno), ce nouveau disque lui permet également de rencontrer ou de retrouver Bertrand Cantat, Jacques Higelin, Christophe, Emmanuelle Seigner, Matthieu Chedid, Alain Souchon, Grace Jones, Arno et Areski Belkacem ; à noter : la participation de Richard Galliano sur Rue saint Louis en l'Île.

http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27un_n%27emp%C3%AAche_pas_l%27autre







L'un n'empêche pas l'autre
Brigitte Fontaine
CRITIQUE

Un nouveau Brigitte Fontaine ? Chic alors ! Son précédent, Prohibition, nous avait laissé un souvenir si fort qu'on trépignait d'impatience à l'idée de découvrir celui-ci. Un peu trop vite. Non pas que L'un n'empêche pas l'autre soit un mauvais disque, loin de là, mais il reprend pour l'essentiel d'anciens morceaux qu'elle interprète en duo. Certes, le résultat est très au-dessus d'autres albums de duos qu'on entend depuis quelques années (Aznavour, Hardy, Adamo...), et le casting a du style : Grace Jones, Arno, Alain Souchon, Christophe, Matthieu Chedid, Bertrand Cantat... sans oublier les deux indispensables Areski et Higelin, complices des débuts. Le souci, c'est qu'à part ces deux-là qui la connaissent par coeur les autres sont bien pâles à côté de l'incroyable Fontaine. Une exception : Christophe parvient à élever, avec grâce, son timbre aérien face à celui, trouble et troublant, de la chanteuse - peut-être parce qu'ils ont tous deux des voix très singulières. Les autres ? Ils sont soit inexistants (Souchon, Seigner), soit caricaturaux (Arno, Cantat). On se console en écoutant l'un des inédits qu'elle chante en solo, le très impoli Gilles de La Tourette : sous son côté farceur qui pourrait rappeler Katerine, il résonne d'échos politiques. Subversifs à souhait, comme elle sait si bien faire.

http://www.telerama.fr/musiques/l-un-n-empeche-pas-l-autre,69119.php







L'irrésistible et extravagante Brigitte Fontaine
Par Gilles Médioni (L'Express), publié le 23/05/2011

L'un n'empêche pas l'autre, nouvel album de la poétesse du rock, sort ce lundi 23 mai. Un opus grinçant qui mixe anciens tubes, invités prestigieux et titres inédits.
   
Brigitte Fontaine sort ce 23 mai un nouvel opus, L'un n'empêche pas l'autre, moins de deux ans après Prohibition.
Universal Polydor
Un nouvel album de Brigitte Fontaine? Oui, mais non. Moins de deux ans après Prohibition, voici L'un n'empêche pas l'autre, un disque qui mélange d'anciens tubes réenregistrés avec une brochette d'invités prestigieux. Et des titres inédits créés seule ou en duo. Brigitte Fontaine a un boulevard devant elle quand elle reprend Supermarket avec Arno, valse de voix abîmées. Ou lorsqu'elle mêle son chant d'écorchée à celui d'un autre cabossé de la vie (Les Vergers, avec Bertrand Cantat). Parfois, les univers inattendus s'annulent: Rue Saint-Louis-en-l'Ile (Alain Souchon) ne décolle jamais et Hollywood ne réussit pas ce " mariage " avec Christophe.
La coquine Fontaine montre son habileté quand elle chante en solo, hésitante, vertigineuse, un Gilles de la Tourette irrésistible. Ou entonne avec Areski le beau et simple Grand-père. Toujours, sa plume de poétesse rose et grinçante montre une inspiration sans boussole, extravagante et déchirante. Pour les amateurs de mots précieux, Brigitte Fontaine publie une série d'ouvrages (Les Belles Lettres/Archimbaud), dont un recueil de ses textes de chansons intitulé... Mot pour mot. 

http://www.lexpress.fr/culture/musique/brigitte-fontaine_995547.html






Brigitte Fontaine, l'un n'empêche pas l'autre
Par solyluna 4 juin 2011

L'un n'empêche pas l'autre est le dernier album studio de Brigitte Fontaine. Elle y réinterprète, en duo, plusieurs de ses chansons, plus ou moins connues. Cet album comporte également quelques inédits.
Brigitte Fontaine est une artiste assez singulière dans la chanson française. Détestée par certains, adulée par d'autres, elle ne laisse pas indifférent. Toujours un peu en marge, ce qui lui a valu d'être qualifiée de folle, Brigitte Fontaine poursuit ses expériences ludiques.
Elle les partage cette fois-ci avec une poignée d'artistes : Arno, Alain Souchon, Christophe, Matthieu Chedid, Bertrand Cantat, Jacques Higelin, Grace Jones, Emmanuelle Seigner, Areski Belkacem, qui se prêtent au jeu de partager le micro avec la Reine de kékéland, Brigitte Fontaine. Dans cette « macédoine fulgurante » qui mélange des titres de toutes les époques, on pourrait néanmoins diviser l'un empêche pas l'autre en trois chapitres.

Un voyage poétique et chaotique
Ecouter l'un n'empêche pas l'autre, c'est une expérience assez étrange. Ça commence sur le Dancefloor, une chanson assez électronique, qui vous invite à danser, à voyager. Si Philippe Katerine aime faire du velib la nuit sous ecstasy, l'album de Brigitte Fontaine commence avec une traversée de Paris surréaliste. Au Supermarket de nuit, elle boit 4 ou 5 whiskys avec Arno pour finir à Saint-Marcel, rue saint-Louis en l'île, Brigitte Fontaine et Alain Souchon fuient les touristes qui mangent des glaces,.. Puis sur une mélodie aérienne, elle s'envole avec Christophe vers Hollywood. [Pause]. Vous prendriez bien un peu plus de nougat ?
2e chapitre : la genèse
L'album est décousu, donc la genèse intervient dans un second temps. Et si on parlait d'amour et de dieux ? L'amour avec un grand -M-, comme dans Pipeau avec Matthieu Chedid. Puis, sur quelques notes de guitares, la voix de Bertrand Cantat, on se retrouve dans Les Vergers… Quelques frissons à l'écoute de cette chanson, de cette voix qui suscite toujours plus d'émotion. « Grand couillon! Merde, chier, con! », sans transition Gilles de la Tourette qui fait son apparition lors d'un conseil d'administration. Arrive le grand Jacques Higelin : le choc des titans, Jacques Higelin et Brigitte Fontaine, des créateurs qui sans cesse se métamorphosent pour s'affronter lors d'un Duel au sommet.
La reine Brigitte Fontaine
La troisième partie de l'album pourrait être un ego trip. La Diva voit avec Grace Jones, une caravane et retourne dans sa limousine, direction Dinan. Elle est comme ça, à la fois diva et ordinaire. Brigitte Fontaine est In, Inadaptée. Puis dans le Dressing, avec Emmanuelle Seigner, elle veut tous les habits. Si ca ne n'est pas un caprice de star. Puis elle se prend pour le cauchemar de Dieu, God's Nightmare.
Finalement, le cauchemar, ce n'est pas de vieillir ? L'album se termine sur un duo a capella avec Areski Belkacem, le grand-père, où ils narrent la vie d'un grand-père. C'est un cycle heureux au début et à la fin (ou presque) mais noir au milieu. Il a été heureux, ils espèrent qu'il va bien. Pourtant, pour en arriver là, il y a des activités simples, des souvenirs, des mystères, une disparition, un éloignement, un oubli, une pensée.
Brigitte Fontaine Dancefloor
L'un n'empêche pas l'autre de Brigitte Fontaine et ses amis est un album aérien… ça peut être un voyage initiatique pour celles et ceux qui connaissent mal cette artiste, une invitation à redécouvrir sa discographie.
Voici le clip Dancefloor de Brigitte Fontaine. Cette chanson n'est pas du tout représentative de l'album, l'un n'empêche pas l'autre. Ne vous fiez pas aux apparences…c'est l'enseignement qu'on pourrait tirer de Brigitte Fontaine;

http://www.brikabrock.com/brigitte-fontaine-l-un-n-empeche-pas-l-autre-20110604






Brigitte Fontaine, comme un nouvel album
L'un n'empêche pas l'autre
01/06/2011

Partie pour sacrifier à l'exercice classique de l'album de duos, l'extravagante Brigitte Fontaine sort L'un n'empêche pas l'autre, un disque audacieux et riche, avec notamment Matthieu Chédid, Christophe, Arno, Jacques Higelin ou Alain Souchon…
Après le coup de poing à l'estomac de l'album Prohibition, c'est peu dire que Brigitte Fontaine était attendue au tournant avec son nouvel album. Pour capitaliser sur la ferveur critique et publique qui comble la chanteuse ces dernières années, sa maison de disques a eu la sagesse de ne pas lui faire presser le pas et de lui proposer un disque de duos. Double avantage : elle ne déserte pas le terrain, elle a du temps pour écrire un nouveau disque de chansons nouvelles…

Rue Saint Louis en l'Ile
Brigitte Fontaine & Alain Souchon

Mais Brigitte Fontaine n'a jamais rien fait comme les autres et ce retour sur son passé est finalement devenu son dix-septième album studio. L'un n'empêche pas l'autre est son titre et c'est aussi, d'une certaine manière, son pitch : un best of en belle compagnie peut se muer en un album neuf et exigeant.
 
D'abord, elle n'a pas choisi de réinterpréter ses chansons les plus célèbres, préférant explorer des chansons peu connues plutôt que Le Nougat ou Conne. Ainsi est-ce un délice de redécouvrir Le Pipeau avec la guitare et la voix de Matthieu Chédid. Et on assiste au croisement de deux chamans quand Brigitte Fontaine et Christophe s'aventurent ensemble dans les altitudes de Hollywood.
 
Certaines rencontres sont évidentes comme avec Arno (parfait deux fois) ou avec Bertrand Cantat (en pilotage automatique) mais certains invités sont un peu gauches, comme Alain Souchon, pas tout à fait à son aise dans l'atmosphère de tango fantasmagorique que les nouveaux arrangements donnent à Rue Saint-Louis-en-L'Île. Et il n'est pas impossible que l'aspect chic de certaines invitations ne nuise à la pertinence musicale de l'ensemble, comme Grace Jones dans Caravane, adaptation du grand classique de Duke Ellington, ou Emmanuelle Seigner dans le fouillis joyeux de Dressing.

Heureusement, Brigitte Fontaine ne peut se retenir de faire entendre de nouvelles chansons, comme un étonnant et jubilatoire Gilles de la Tourette en solo ou des retrouvailles (plus de quarante-cinq ans après leurs débuts communs) avec Jacques Higelin sur Duel. Et l'amoureuse de la langue française s'amuse avec l'anglais dans God's Nightmare avant une conclusion de l'album sur son duo le plus naturel, avec son compagnon Areski sur Grand-père – un texte a cappella d'une candeur attendrissante puis franchement horrifique.  
 
Contrairement à ce qui survient dans la plupart des albums de duos de ces dernières années, on ne prend jamais Brigitte Fontaine en flagrant délit d'intention marketing ou de cynisme commercial. Au contraire, cette (re)traversée de son œuvre et ses nouvelles chansons finissent par être d'égales surprises, comme si elle était toujours animée de la même tension créatrice.
 
D'ailleurs, la poétesse Brigitte Fontaine est aussi aux vitrines des libraires, cette saison : elle sort trois petits livres aux éditions des Belles Lettres, Rien – suivi de Colère noire, Antonio et Le Bal des coquettes sales (ce dernier avec Leila Derradji), ainsi qu'un recueil de ses textes de chansons, Mot pour mot. Et Benoit Mouchard sort une version actualisée et augmentée de sa biographie Brigitte Fontaine intérieur/extérieur.

http://www.rfimusique.com/actu-musique/20110601-brigitte-fontaine-comme-nouvel-album






"L'un n'empêche pas l'autre" - Brigitte Fontaine
Malpolie et poète, Brigitte Fontaine invite tous ses amis à partager sa folie sur cet album enveloppant.
Christophe Vannier le 25/05/2011 pour MusicActu
 
Mamie Brigitte est une star internationale, un ovni de la chanson qui attire autant qu'elle provoque la moquerie chez certains. Pour créer le buzz comme le ferait l'équipe marketing d'une poupée blonde américaine, la Française a choisi de diffuser sur Internet une vidéo illustrant son titre "Gilles de la Tourette", sur lequel elle se cache derrière ce nom de syndrome pour assumer les pires insultes. C'est drôle et, au moins, ça sort de l'ordinaire. Les 12 autres chansons de cet album se répartissent entre reprises de titres connus issus du répertoire de Brigitte Fontaine et des chansons plus rares voire complètement inédites.

"L'un n'empêche pas l'autre" avait d'abord été imaginé comme un album de duos. C'est sans doute pour cette raison que la liste de ses contributeurs et impressionnante. Le mannequin Grace Jones pose notamment sa voix sur le très rythmé "Dancefloor" et l'épopée chaude "La Caravane", tandis que l'actrice Emmanuelle Seigner accompagne Brigitte Fontaine dans une séance de shopping frénétique ("Dressing"). Souchon se transforme en parisien amoureux des quartiers à l'atmosphère surannée ("Rue Saint-Louis en Lille") et Christophe nous transporte beaucoup plus loin dans une ambiance lente, torride et bouillante : "Hollywood". Toujours aussi prononcée, la présence de Brigitte Fontaine fait de "L'un n'empêche pas l'autre" un album étrange et séduisant par sa poésie.

http://www.musicactu.com/actualite-musique/135589/l-un-n-empeche-pas-l-autre-brigitte-fontaine/





''L'un n'empêche pas l'autre''
 pour la chanteuse Brigitte Fontaine

A l'origine, il ne s'agissait "que" d'un album de duos proposé à Brigitte Fontaine. 9 mois après le début de l'enregistrement, l'artiste a brillamment transformé l'exercice imposé en une performance fulgurante. Son nouvel album "L'un n'empêche pas l'autre" sera dans les bacs le 23 mai.
En plus des inédits, des morceaux rares, Brigitte Fontaine a puisé dans son répertoire les chansons qu'elle souhaitait réenregistrer. Produit, comme son précédent opus "Prohibition", par le britannique Ivor Guest (Grace Jones, Brian Eno), ce nouveau disque lui permet également de rencontrer ou de retrouver Bertrand Cantat, Jacques Higelin, Christophe, Emmanuelle Seigner, Matthieu Chedid, Alain Souchon, Grace Jones, Arno et Areski Belkacem.
Ecoutez ci-dessous le premier single « Dancefloor » (feat. Grace Jones) :
Un titre très réussi qui donne vraiment envie d'en entendre plus de cet album. Il faut bien avouer que la décalée Brigitte Fontaine n'est jamais là où on l'attend et qu'elle sait se renouveler sans cesse pour ne pas lasser le public.
Julien PIRAUD
http://www.ptitblog.net/Brigitte-Fontaine/l-un-n-empeche-pas-l-autre-pour-la-chanteuse-brigitte-fontaine_art5410.html







Brigitte Fontaine
L'un n'empêche pas l'autre

L'un n'empêche pas l'autre, le nouvel album de la très iconoclaste Brigitte Fontaine est un florilège d'anciennes et nouvelles chansons… À l'origine, il ne s'agissait «que» d'un album de duos. Neuf mois après le début de l'enregistrement, l'artiste a brillamment transformé l'exercice imposé en une performance fulgurante. En plus des inédits, des morceaux rares, Brigitte Fontaine a puisé dans son répertoire les chansons qu'elle souhaitait réenregistrer. Produit, comme son précédent opus Prohibition, par le Britannique Ivor Guest (Grace Jones, Brian Eno), ce nouveau disque lui permet également de rencontrer ou de retrouver Jacques Higelin, Christophe, Emmanuelle Seigner, Matthieu Chedid, Alain Souchon, Grace Jones, Arno et Areski Belkacem. Elle assurera le concert inaugural du Festival International de Films de Femmes de Créteil avec le souffle et la folle fantaisie qu'on lui connaît.
http://www.maccreteil.com/fr/mac/event/51/lun-nempeche-pas-lautre








Chronique de L'un N'empêche Pas L'autre

Directeur artistique de Brigitte Fontaine, cela doit être compliqué, comme boulot. Ainsi de ce nouvel album pas tout à fait nouveau, mais quand même, qui s'appuyait initialement sur un projet de duos proposés à la dame, et qui se trouve aujourd'hui alimenté de chansons inédites, et d'autres pas (refrains peu ou prou oubliés, ou incontestables chansons référentes), voire de mélodies interprétées en...solo.

 Jacques Higelin en reconstitution de ligue dissoute, et délicieux souvenirs de temps qui n'étaient pas raisonnables pour l'inédit « Duel », Arno (deux fois), Alain Souchon, Christophe, ou Areski (dans un « Le Grand-Père » inédit derechef) : on les aime tous, on aimera donc leurs visites amicales au creux de certaines partitions magiques telle « Rue Saint-Louis en L'île ». Quelques troublantes créatures ne se sont pas faites prier, itou : Grace Jones en collaboration pointilliste (« Dancefloor »), ou nichée au mitan d'une troublante adaptation du « Caravan » de Duke Ellington, et Emmanuelle Seignier avec le tout aussi exotique fouillis de « Dressing ». Et quelques rythmes déglingués – le tango à bascule de « Le Pipeau » cisaillé de la guitare de Matthieu Chedid – rappelleront que madame Fontaine n'est jamais là où on l'empêche. 

Bien évidemment, la participation d'un Bertrand Cantat retrouvé à « Les Vergers », mélodie en suspension riche de certains vers qui n'échappent pas au malaise (nous sommes tous ici pour choisir nos prisons/nous sommes tous ici pour tuer nos délires), offre un peu plus de plaisir que les près de cinq minutes de l'interprétation. C'est seule que Brigitte Fontaine revient sur un « God's Nightmare » à mi-chemin des ondoiements byzantins et du train fantôme de la Foire du trône. Quant à « Gilles de la Tourette », plus proche du haïku que de la chanson pas nette, il résonne exactement de la manière dont l'intitulé pouvait le laisser supposer, et ce grâce à une réjouissante enfilade de grossièretés. 

Ni un bilan, et encore moins un best of, L'un N'Empêche Pas L'Autre (merveilleux intitulé) balaie, distraitement et sans le faire exprès, quarante années de répertoire d'une chanteuse folle, comme on boit des coups avec quelques amis de passage. Rien d'induit au marketing ici, ni à un quelconque souci d'objectivité, et tout resplendit d'une écriture lumineuse, bouleversante d'originalité. Et l'album réaffirme le caractère protéiforme de l'inspiration de cette reine de l'étrange, qui trouve un assez passable résumé dans l'interprétation, punky et soutenue par les grommellements d'Arno, d' « Inadaptée », chanson co-composée en 1968 avec Jean-Claude Vannier. Cela ne nous rajeunit pas, mais les chansons vibratiles de Brigitte Fontaine s'en chargent.

Christian Larrède
http://www.music-story.com/brigitte-fontaine/l-un-n-empeche-pas-l-autre/critique







Quand Brigitte Fontaine parle, on l'écoute
Portrait | Elle chante, elle écrit, elle déclame… Brigitte Fontaine, c'est tout un poème. Elle est l'invitée de "Ça rime à quoi", sur France Culture.
Le 17/11/2012  
Valérie Lehoux - Télérama n° 3279

Brigitte Fontaine : "L'écriture est une grande jubilation. c'est le seul effort que j'accepte." © Yann Orhan
Au lieu de commenter l'émission, on se contenterait bien, pour une fois, d'en relever quelques extraits. Un échange, par exemple, entre l'invitée et son hôte : « S'il m'arrive de me croiser dans un miroir, je ne me reconnais pas… – Et dans vos mots, vous vous reconnaissez ? – Oui. » Le ton est donné : il est ici question d'écriture. De poésie. Du rapport intime, voire sensuel, qu'un auteur entretient avec les mots. « L'écriture, en vers ou en prose, est une grande jubilation. C'est le seul effort que j'accepte. […] L'alexandrin, c'est trop facile, je n'en fais pas : il n'y a qu'une rime tous les douze pieds ! […] Rimbaud est mon grand chéri. Villon, un genre de frère. Baudelaire, Dieu lui pardonne, mais je l'adore… […] Brassens est un vieux con académique ; Ferré, lui, est un poète… » On écoute, captivé, et parfois en souriant, ce phrasé haché ponctué d'étranges grognements… Brigitte Fontaine – qui d'autre pourrait sérieusement parler ainsi ? – est l'invitée de France Culture, à l'occasion de la sortie de son dernier livre, le dix-neuvième, Portrait de l'artiste en déshabillé de soie (1). N'allez pas traquer de jeu de mots, le déshabillé existe – « il m'a été offert il y a longtemps par Jacques Higelin. Bon… je ne sais plus où il est. » Tant pis. Ce que Fontaine n'a jamais perdu, c'est la nécessité des mots. Ceux qu'on lit, comme ceux qu'on écrit.
Chez elle, le plaisir de la lecture est venu à l'adolescence, avec les séries noires et leurs personnages interlopes, buveurs de whisky. « J'adorais. Alors, la nuit, j'ouvrais le meuble-bar de mon père, et je buvais un peu de whisky. Je trouvais ça horrible, mais très chic. » Un peu plus tard sont arrivés les poètes, Apollinaire, Michaud, Cocteau, Aragon et les autres… Et l'écriture ? Au terme de cette petite demi-heure d'un entretien touffu, on ne saura pas exactement quand le virus l'a saisie ; l'essentiel est ailleurs. « Ce qui m'intéresse, c'est l'intuition, l'impulsion. La recherche passionnée des mots que j'aime. » Qu'elle en fasse des livres ou des chansons, Brigitte Fontaine a l'écriture sauvage. Qui presque toujours surprend, bouscule, et peut même foudroyer.
Nul doute qu'elle le sait, et personne ne lui en fera le reproche, surtout pas Sophie Nauleau, qui l'interroge ici finement, avec respect mais sans révérence. – « Vous aimez dire les choses sans modestie, Brigitte Fontaine ? – Oui, je suis fière. Et je crois que chacun doit être fier. C'est vital pour éviter la résignation, qui est une chose abominable ; le lot commun des gens dits normaux. » D'elle, on a souvent prétendu qu'elle était folle ; et si, longtemps, elle a entretenu l'image en délirant sur les plateaux de télévision, cela ne l'amuse plus du tout. Alors, Fontaine, un peu dingue ou parfaitement sensée ? Ce qui est certain, c'est qu'ici elle ne joue pas. A l'entendre déclamer par cœur un extrait de La Mort des amants, de Baudelaire, ou d'Andromaque, de Racine, on ne doute pas un instant que leurs rimes fassent en effet intimement partie d'elle-même. Insaisissable créature, ardente et précieuse. Comme un poème.



















































18/03/2013
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