Alain YVER

Alain YVER

BRIGITTE FONTAINE PARTIE 1

BRIGITTE FONTAINE

  
    photo Damien Lafargue magnifique non ?


CYBERKÉKÉ
//cyberkeke.free.fr/

KÉKÉLAND
//www.kekeland.net/

LE NOUGAT
//www.youtube.com/watch?v=L8ejnv15bPk

BRIGITTE FONTAINE MYSPACE
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ENTREVUE
//www.youtube.com/watch?v=-JhXB1mdvfM

UN SITE
//www.espritsnomades.com/sitechansons/fontainebrigitte.html



Brigitte Fontaine (née le 24 juin 1939 à Morlaix) est une chanteuse, auteur-compositeur-interprète, écrivain, comédienne, dramaturge, romancière et poète française.

Parcours artistique

Fille d'instituteurs, Brigitte Fontaine développe très tôt son goût pour l'écriture et la comédie. Son enfance, qu'elle déclare globalement heureuse, se déroule dans de petites communes du Finistère, puis à Morlaix. Son bac littéraire en poche (avec 19 en philosophie), elle monte à Paris à 17 ans, pour devenir comédienne. On la verra notamment jouer au Théâtre de la Huchette dans La Cantatrice chauve d'Eugène Ionesco.

Du théâtre à la chanson, et inversement (1963 - 1968)

En 1963, elle se tourne vers la chanson et se produit dans plusieurs salles parisiennes en interprétant ses propres textes. Dès 1964, elle fait la première partie de Barbara et Georges Brassens, à Bobino. Elle ne renonce pas pour autant à la comédie. Avec Jacques Higelin et Rufus, à la Vieille-Grille, puis au Théâtre des Champs-Elysées, elle crée la pièce Maman j'ai peur, qui rencontre un succès critique et public si important qu'elle reste plus de deux saisons à l'affiche à Paris et donne lieu à une tournée européenne.

En 1965 puis en 1968, elle fait paraître deux albums de facture jazzy puis pop, ainsi que deux 45 tours avec Jacques Higelin, dont le plus célèbre contient "Cet enfant que je t'avais fait".[1] Elle entame en 1969 une longue collaboration avec le musicien kabyle Areski Belkacem. Avec ce dernier et en compagnie d'Higelin, elle imagine pour la scène du Lucernaire Niok, un spectacle novateur, entre théâtre et chanson. Bientôt, Brigitte Fontaine écrit une série de textes en vers libres et en prose qui composent le show Comme à la radio, présenté au Vieux-Colombier avant de devenir un disque. Enregistré avec l'Art Ensemble of Chicago, cet album marque une franche rupture avec la chanson française traditionnelle, en jetant les premiers ponts de la world-music. Sorti quelques mois avant la sortie du disque, le 45-tours Lettre à monsieur le chef de gare de La Tour de Carol sera par ailleurs le premier titre français diffusé dans le Pop club radiophonique de José Artur, contribuant au succès de l'album - qui reçoit par ailleurs l'année suivante le prix Charles Cros.

En marge des hit-parades (1969 - 1979)

Brigitte Fontaine devient alors une figure incontournable de l'underground français (cf. Yann Plougastel, La chanson mondiale depuis 1945, éditions Bordas). En une demi-douzaine d'albums publiés pour la plupart par le label indépendant Saravah, Brigitte Fontaine explore, sans se soucier des hit-parades, différents mondes poétiques. Renonçant aux rimes, usant parfois du talk-over, elle enregistre alors, avec très peu de moyens et souvent sur deux pistes, des chansons qui abordent avec humour ou gravité, selon l'humeur, des thèmes aussi divers que la mort (Dommage que tu sois mort), la vie (L'été, l'été), l'aliénation (Comme à la radio), la folie (Ragilia), l'amour (Je t'aimerai) ou encore l'injustice sociale (C'est normal), l'inégalité des sexes (Patriarcat) et le racisme (Y'a du lard). Elle sait cependant aussi se moquer d'elle-même (L'Auberge (Révolution)).

Parce qu'ils voguent entre pop, folk, électro et world music, les albums "L'incendie" et "Vous et nous" du tandem Areski-Fontaine figurent parmi les disques les plus inclassables de la scène française. Près de trente ans plus tard, l'audience internationale de ces 33-tours (réédités depuis en CD, et désormais téléchargeables sur Internet) est comparable au disque-culte de Serge Gainsbourg et Jean-Claude Vannier, Histoire de Melody Nelson, notamment grâce aux propos enthousiastes que tiendront à leur sujet dans la presse anglo-saxonne les membres du groupe Sonic Youth.

L'exil ? (1980 - 1990)

Les années 1980 sont pour Brigitte Fontaine et son époux Areski Belkacem une période de silence discographique. Loin des studios d'enregistrement, elle se consacre alors à l'écriture et au théâtre. Toujours active, elle se produit sur scène au Québec, joue sa pièce "Acte 2" dans une grande tournée à travers la francophonie, interprète "Les Bonnes" de Jean Genet à Paris, publie un roman ("Paso doble") ainsi qu'un recueil de short stories ("Nouvelles de l'exil"). En 1984, elle enregistre un 45-tours ("Les filles d'aujourd'hui"), qui ne sera presque pas diffusé à la radio mais qui lui vaut de participer à l'émission "L'Académie des neuf", où elle pétrifie l'animateur par son sens de la dérision.

Après avoir donné une série de concerts à Tokyo et dans les plus grandes villes de l'archipel nippon, il lui faut attendre près de cinq ans pour qu'une compagnie française distribue son nouvel album "French corazon" (écrit et composé dès 1984 mais sorti en 1988 au Japon, grâce au soutien de la journaliste Reiko Kidachi). Diffusé notamment sur M6, le clip du pataphysique Nougat, réalisé par la dessinatrice de bande dessinée Olivia Tele Clavel, prépare le public au grand retour de la chanteuse sur les scènes françaises qui démarre par un concert événementiel en 1993, au Bataclan, dans une "mise en pli" de Jacques Higelin.

Période rose (1990-2000)

Dans la décennie des années 1990, Brigitte Fontaine se rapproche des univers de Björk et Massive Attack en expérimentant de nouvelles formes musicales, plus électriques et, surtout, plus électroniques qu'auparavant. Ses textes marquent quant à eux un retour vers une forme versifiée plus classique. La parution de l'album Genre humain, en 1995, rencontre un beau succès, tant auprès de la critique que du grand public, avec des titres surprenants comme Conne (produit par Étienne Daho et Arnold Turboust), lyriques comme La Femme à barbe (produit par les Valentins) ou poétiques comme Il se mêle à tout ça (produit par Yann Cortella et Areski Belkacem)...

En 1997, alors qu'elle publie un nouveau roman (La Limonade bleue), elle enregistre "Les Palaces" et son titre-phare Ah que la vie est belle !. L'album, très bien accueilli par la presse, est enrichi par les collaborations du fidèle Areski Belkacem, du grand-frère de cœur Jacques Higelin et d'un nouveau complice de jeu : Alain Bashung. La production de cet album est assuré encore une fois par le tandem Cortella/Belkacem. Surtout, les chansons révèlent une inspiration renouvelée, moins abstraite et néanmoins tout aussi poétique.

Disques d'or (2001 à nos jours)

Disques d'or, ses albums Kékéland (2001) et Rue Saint-Louis en île (2004) ont bénéficié de collaborations prestigieuses (Noir Désir, Sonic Youth, Archie Shepp, -M-, Gotan Project, Zebda, etc.). En 2005, après avoir donné une série de concerts avec son groupe habituel, mais aussi avec la Campagnie des musiques à ouïr, elle publie chez Flammarion un nouveau roman, La Bête curieuse, dont l'ambiance érotique annonce un peu la tonalité de son seizième album, "Libido" (2006). Ce nouveau disque renoue avec l'énergie vivante de ses concerts dans une ambiance très "baroque'n'roll", où sont convoqués Thérèse d'Avila, les soufis, les films hollywoodiens, Melody Nelson, et beaucoup de paradoxes… Seules collaborations pour cet album : Jean-Claude Vannier et -M- qui fait sa troisième apparition dans le fantasque univers de la Reine des Kékés.

En octobre 2006, Fontaine apparaît au Barbican Theater de Londres aux côtés de Jarvis Cocker, Badly Drawn Boy et quelques autres chanteurs anglais, pour la première interprétation en public de la mythique "Histoire de Melody Nelson". En janvier 2007, elle se produit sur la scène du Théâtre d'Angoulême avec le dessinateur Blutch à l'occasion du Festival international de la bande dessinée. Le 29 mars de la même année, elle investit l'Olympia, entourée de ses amis Jacno, Arthur H, Christophe, Anaïs, Jacques Higelin, Maya Barsony et Jean-Claude Vannier. En avril, elle joue au Printemps de Bourges et participe, à la Cigale (Paris), à un concert de son admirateur québécois Pierre Lapointe pour une reprise en duo de "La symphonie pastorale". Après avoir donné tout au long du mois de septembre une série de concerts intimes sur une péniche accostée sous le Pont des arts, Brigitte Fontaine part en tournée à travers toute la France. Entre deux concerts, elle entre en studio avec Olivia Ruiz pour enregistrer un single inédit dont elle a écrit les paroles : "Partir ou rester"... En février 2008, elle publie chez Flammarion un nouveau roman ("Travellings"), tandis que Benoît Mouchart lui consacre une monographie ("Brigitte Fontaine, intérieur/extérieur") aux éditions Panama. En mai de la même année, elle est invitée par Jamel Debbouze au Comedy Club, et donne une série de cinq concerts inattendus.

L'audience de Brigitte Fontaine s'est notablement élargie depuis le début des années 2000, et ses apparitions télévisuelles ne sont jamais banales. Humaniste et libertaire, Brigitte Fontaine l'est aussi depuis toujours dans ses engagements, comme lorsqu'elle signe le manifeste des 343 en 1971, s'exprime (dès 1990) contre les guerres en Irak, soutient les étrangers en situation irrégulière et se prononce contre les prisons.

Discographie

    * Chansons décadentes et fantasmagoriques, LP, Disques Jacques Canetti – 48 815, 1965, (arrangements de Jimmy Walter).
    * Maman, j'ai peur (avec Jacques Higelin), EP, Disques Jacques Canetti – 27 271, 1966 (arrangements de Michel Colombier).
    * Les encerclés (avec Jacques Higelin), EP, Disc'AZ – 1190, puis Saravah – SHB 516X, 1968 (arrangements de Jean-Claude Vannier).
    * Brigitte Fontaine est… folle !, LP, Saravah – SH 10 001, 1968 (arrangements de Jean-Claude Vannier)
    * Le goudron / Les beaux animaux, S, Saravah – SH 40 008, 1969
    * Comme à la radio, LP, Saravah – SH 10006, 1970 (avec l'Art Ensemble of Chicago).
    * Brigitte Fontaine (3) (avec Julie Dassin et Areski Belkacem), LP, Saravah – SH 10034, 1972
    * Je ne connais pas cet homme (avec Areski Belkacem et Antoine Duhamel), LP, Saravah – SH 100 41, 1973
    * Quand tous les ghettos brûleront, ça va faire un hit, S, Byg Records – 129052, 1974 (arrangements de Jean-Claude Vannier)
    * L'Incendie (avec Areski Belkacem), LP, Byg Records – 529026, 1974
    * Le Bonheur (avec Areski Belkacem), LP, Saravah – SH 10 059, 1975
    * Vous et nous (avec Areski Belkacem et Antoine Duhamel), LP, Saravah / RCA – RSL 1071, 1977
    * Les églantines sont peut-être formidables, LP, Saravah / RCA – RSL 1081, 1980
    * L'inconciliabule, S, Saravah / RCA – RSB 499, 1980
    * Les filles d'aujourd'hui, S, Carrère-Celluloïd – CA171, 1984
    * French corazon, LP, Midi inc., 1988
    * Genre humain, CD, Virgin – 724384050023, 1995 (avec la collaboration des Valentins et d'Étienne Daho pour quatre titres)
    * Supermarket, S, (Virgin Visa 3537)
    * Les palaces, CD, Virgin – 724384510626, 1997
    * Dressing, S, Virgin, 1999
    * Kékéland, CD, Virgin – 724381066119, 2001 (avec la collaboration de Sonic Youth, Jean-Claude Vannier, des Valentins, de -M- et de Noir Désir)
    * Vintage de choix, CDS 3 titres, Virgin SA 6839, 2001 (Incluant 2 versions anglaises: Comme à la radio, J'ai 26 ans)
    * Rue Saint Louis en l'île, CD, Virgin – 72434732362, 2004 (avec la participation de -M-, Mouss et Hakim de Zebda et Gotan Project)
    * Libido, CD, Polydor – 984 322 0, 2006 (avec la participation de -M- et Jean-Claude Vannier)
    * Partir ou rester, S, Polydor, 2007 (en duo avec Olivia Ruiz)

Participations

    * Amore 529 (1992, album collectif "Un drame instantané / Opération Blow-up")
    * La caravane (1997, album collectif "Jazz à Saint-Germain")
    * Calimero (1998, single enregistré avec Stereolab)
    * Underture (2000, inédit enregistré avec Sonic Youth)
    * Lady Macbeth (2000, inédit enregistré avec Sonic Youth)
    * L'Europe (2001, album Des visages des figures de Noir Désir)
    * Fine mouche (2005, avec Khan, album collectif Disko-Cabine)
    * Red Light (2005, album Les tremblements s'immobilisent du groupe québécois Karkwa et en concert aux Vieilles Charrues 2006).
    * La beuglante (2008, album "Femme d'extérieur" de Maya Barsony)

Reprises

    * Le Roi Renaud (1968, en concert uniquement)
    * On ne tue pas son prochain (1996, album collectif Route Manset)
    * Je t'aime moi non plus (1997 et 2007, en concert uniquement et en duo avec Arthur H)
    * Paroles, paroles (1997, en concert uniquement et en duo avec Arthur H)
    * Les bêtises (1998, sur France Inter)
    * Les Zazous (2001, album Kekeland)
    * Les canuts (2001, 2004 et 2007, en concert à Lyon uniquement)
    * Le Chant des partisans (2002, en duo avec Bertrand Cantat aux Francofolies de la Rochelle)
    * Âme te souvient-il ? (2003, album hommage à Léo Ferré Avec Léo)
    * L'Homme à la moto (2003, album hommage à Édith Piaf L'Hymne à la môme)
    * La nuit je mens (2005, en concert uniquement et en duo avec Alain Bashung)
    * Que je t'aime (2005, en concert uniquement avec la Campagnie des musiques à Ouïr)
    * Boum (janvier 2006, pour la télévision, en duo avec Doc Gynéco)
    * Valse de Melody (21 octobre 2006, en concert Histoire de Melody Nelson live, dirigé au Barbican Theatre de Londres par Jean-Claude Vannier) [1]

Chansons écrites pour d'autres interprètes

    * "Toi et ton sax" pour Zizi Jeanmaire
    * "Je veux des coupables" et "Rififi" pour Jacques Higelin
    * "Le brouillard", "Chanson pour sa mère", "A chaque tournant", "Bali", "Le dragon", "Les Borgia", "Les murailles", "La tête bandée", "Un soleil", "La vache", "Pif", "Salomé", "Le triomphe de l'amour" pour Areski Belkacem
    * "Jungle pulse" et "Toi, Jamais Toujours" pour Étienne Daho
    * "Barbares attraits" pour Maurane
    * "Irrésistiblement" pour Vanessa Paradis
    * "La beuglante" pour Maya Barsony

Précisons pour l'anecdote que la chanson "L'engourdie" (sur l'album "L'incendie") avait été initialement écrite et composée pour Françoise Hardy, qui ne l'a jamais interprétée. De même "Demie-clocharde" avait à l'origine été écrit pour Jane Birkin, "Pipeau" pour Henri Salvador et "La nacre et le porphyre" pour Alain Bashung. Plus récemment, Brigitte Fontaine a également écrit des textes encore inédits pour Matthieu Chedid : ces chansons paraîtront peut-être dans le courant de l'année 2008. Elle aimerait également collaborer avec Arno, Patti Smith, Marianne Faithfull et quelques autres...

Chansons reprises par d'autres interprètes

En studio

    * "Les dieux sont dingues" par Christine Sèvres (1968, LP "Christine Sèvres", CBS)
    * "Maman, j'ai peur", "Le beau cancer" et "Comme Rimbaud" par Christine Sèvres (1970, 2nd LP "Christine Sèvres", CBS)
    * "Comme à la radio" par Aut'Chose (1975, LP "Une nuit comme une autre", CBS)
    * "Dommage que tu sois mort" par Étienne Daho (1992, LP collectif "Urgence", Virgin)
    * "La vache enragée" par Philippe Katerine (1997, LP "Morceaux Choisis" de The Recyclers, Rectangle)
    * "Lettre à Monsieur le chef de gare de la Tour de Carol" et "Encore" par Sasha (1997, LP "Morceaux Choisis" de The Recyclers, Rectangle)
    * "Eternal" (adaptation anglaise de "Eternelle") par Faun Fables (2004, LP "Family Album", Drag City Records)
    * "La grippe" par Étienne Daho et Jane Birkin (2004, LP "Rendez-Vous" de Jane Birkin, EMI Music)
    * "Cet enfant que je t'avais fait" par Françoise Hardy et Rodolphe Burger (2006, LP "Parenthèses" de Françoise Hardy, EMI Music)

Sur scène

    * "Les étoiles et les cochons" par Dominique A
    * "Hollywood" par Arthur H
    * "Hollywood" par Christophe
    * "Rififi" par Babx
    * "La symphonie pastorale" par Pierre Lapointe
    * "Il pleut" par Jérôme Minière
    * "Veuve Clicquot" par Maya Barsony
    * "Dommage que tu sois mort" par Florent Marchet et Franck Monnet

Œuvres écrites

    * Chroniques du bonheur, éditions des femmes, 1975
    * Madelon : Alchimie et prêt-à-porter, récit, éditions Seghers, 1979
    * L'Inconciliabule, éditions Tierce, 1980
    * Paso doble, roman, éditions Flammarion, 1985
    * Nouvelles de l'exil, éditions Imprimerie nationale, 1988, et éditions Flammarion, 2006
    * Genre humain, Christian Pirot éditeur, 1996
    * La Limonade bleue, l'Écarlate, 1997
    * Galerie d'art à Kekeland, galerie de portraits, éditions Flammarion, 2002
    * La Bête Curieuse, roman, éditions Flammarion, 2005
    * Attends-moi sous l'obélisque, textes, éditions Seuil-Archimbaud, 2006
    * Travellings, roman, éditions Flammarion, 2008
    * Rien, texte illustré par Blutch, éditions Archimbaud (à paraître)

Théâtre

    * Maman j'ai peur (co-écrit avec Rufus et Jacques Higelin), 1966
    * Niok, spectacle partiellement improvisé (en collaboration avec Jacques Higelin et Areski Belkacem), 1969
    * Encore, encore et encore, 1969
    * Les enfants sont tous fous (co-écrit avec Rufus), 1969
    * Acte 2, adaptation de L'Inconciliabule, 1980
    * Les marraines de Dieu (co-écrit avec Léïla Derradji), 1983
    * Antonio, 1989
    * Coup de sang à Fougère (co-écrit avec Thierry Brout), 1993
    * Montana-split (co-écrit avec Thierry Brout), 1994

Œuvre radiophonique

    * Les Jeux olympiques de l'orgasme (co-écrit avec Léïla Derradji), 1983

Citations

Voir aussi sur Wikiquote les citations «  Brigitte Fontaine ».

    * « Paix en Suisse ! »(L'Europe)
    * « Si vous ne comprenez plus rien à rien, pensez à autre chose. » (Les églantines sont peut-être formidables)
    * « Le jour de l'Occident est la nuit de l'Orient. » (L'Europe)
    * « Sommes-nous tous ici pour choisir nos prisons ? » ("Les vergers", dans Le Bonheur)
    * « Ne prenez pas vos désirs pour des banalités. » (Les églantines sont peut-être formidables)
    * « Je suis assez âgée pour être ma mère. » (Chroniques du bonheur)
    * « Les petits patrons font les grandes rivières de diamant. » (L'Europe)
    * « Personne n'est personne. » (Les églantines sont peut-être formidables)
    * « Nous sommes des nids de poussière, de lune et d'étoile polaire. Nous sommes les fils du Phénix égarés dans la série X. » ("La Femme à barbe", dans Genre humain)
    * « Il n'y a pas d'homme de gauche, quand il s'agit de femmes. » ("Patriarcat", dans Vous et nous)
    * « Oublie d'avoir raison et tu comprendras tout… » ("Patriarcat", dans Vous et nous)
    * "La contagion, ça n'existe pas : c'est chacun son tour qui existe !" (Les enfants sont tous fous)
    * "On ne peut pas enfermer tout le monde, c'est déjà fait." (Les églantines sont peut-être formidables)
    * "La splendeur des nuits d'étoiles est dans le cœur de chacun." ("La nacre et le porphyre", dans Libido)
    * « Il pleut. C'est tout ce qu'il sait faire. » ("Il pleut", dans Brigitte Fontaine est…)
    * « Si vous pensez avoir trouvé la solution, eh bien, une bonne nuit de sommeil et il n'y paraît plus. » (Les églantines sont peut-être formidables)
    * « Je suis une petite bourgeoise effrayée par les horreurs du capitalisme et des partis communistes, je suis une maladie infantile, je suis une femme qui ne prend pas l'ascenseur, je suis un enfant qui a peur la nuit, je suis une usine où la vie est broyée, je suis une chienne apprivoisée qui ruse et qui ment, et vous me faites de la peine. » (Chroniques du bonheur)
    * « Il fait froid dans le monde. Et il y a des incendies qui s'allument à certains endroits, parce qu'il fait trop froid. Traducteurs, traduisez. » (Comme à la Radio)
    * « Si tu ne peux pas t'éviter d'avoir peur, retourne-toi vers elle et passe-lui un lasso. » (Chroniques du bonheur)
    * « Ils parlent de moi comme si j'étais morte et enterrée et que je ne pouvais plus répondre. Ils viennent cracher sur ma tombe de mon vivant et ça, ça ne va pas. » (Paso doble)
    * « En fait, je ne peux jamais faire vraiment ce qu'on attend de moi, alors je suis gênée mais, au fond, c'est ça qu'on attend de moi, alors on ne m'en veut pas trop. Seulement, si je cesse d'être gênée, on m'en voudra, alors c'est gênant. » (Madelon)
    * « Moi, je fais tout avec une certaine imperfection, c'est ce qui me permet de rester modeste. La modestie est une qualité merveilleuse… Vous avez remarqué ? Vous avez remarqué ? » (Les églantines sont peut-être formidables)
    * « Quand un Algérien épouse une Française, il est kabyle, elle est bretonne. » (interview de 1988)
    * « Une chanson est un acte artistique où il doit se passer des millions de choses en deux minutes. Les gens la reçoivent de mille façons différentes, comme ça les arrange ! Ils peuvent décider que c'est cela ou non. Écouter les mots les uns derrière les autres n'est pas tellement important pour eux. Ce qui importe, c'est de recevoir un souffle, un parfum… » (interview de 1969)
    * « Il y a aujourd'hui un conformisme désolant et une imitation de chacun par chacun. Une véritable aliénation. Beaucoup d'artistes se prennent pour quelqu'un d'autre, plutôt que de cultiver ce qui les rend uniques… » (interview de 1985)
    * «Moi, je ne bois jamais : pour les filles, c'est laid.» (Barbe à Papa, album Libido)
SOURCE WIKIPÉDIA




    




AUTRE BIOGRAPHIE

Biographie de Brigitte Fontaine
Née à Morlaix en 1940, Brigitte Fontaine, se pique très tôt d'une passion pour le théâtre. A 12 ans, un directeur de troupe remarque son talent, mais ses parents, instituteurs, refusent qu'elle embrasse si jeune une carrière artistique. Son bac en poche, elle monte à Paris, bien décidée à brûler les planches. Dans les cabarets de la capitale (Trois Baudets, Bobino), on remarque son style loufoque et déjanté. En 1964, la rencontre avec Jacques Higelin inaugure une amitié de trente ans et une complicité artistique. Ensemble, ils montent une pièce de théâtre à la limite du « happening », Maman j'ai peur, jouée pendant plus d'un an. Et sortent en 1966, deux albums extravagants et psychédéliques: 12 chansons d'avant le déluge puis 15 chansons d'avant le déluge. Deux ans plus tard, paraît son premier album solo intitulé Brigitte est folle. Une autre rencontre, décisive: Areski Belkacem, musicien algérien d'origine kabyle, devient son compagnon, à la scène comme à la ville. Brigitte écrit des textes sur les compositions arabisantes d'Areski. Le duo s'affiche en précurseur de la world music, tandis que le trio constitué d'Areski-Fontaine-Higelin fait les beaux jours du théâtre expérimental, notamment avec la pièce Niok. En 1969, Brigitte Fontaine sort sur le label Saravah, l'un de ses albums les plus célèbres : Comme à la radio, enregistré avec l'Art Ensemble of Chicago, figure de proue du free jazz. Si le succès public tarde à venir, elle devient l'égérie de l'underground parisien, et fait des émules au Japon. Les années 1970 marquent pour le couple une période d'intense création musicale, théâtrale et littéraire avec la sortie de plusieurs albums (Un beau matin, Je ne connais pas cet homme, L'incendie, Le Bonheur, Vous et Nous…) et d'un ouvrage Chroniques du bonheur. Les années 1980 représentent en revanche une traversée du désert médiatique, malgré des projets sur le feu –un roman Paso Doble, des pièces de théâtre et des expériences jazz avec Higelin. Mais les producteurs s'en désintéressent. En 1985, son album French Corazon, refusé partout, ne paraît que trois ans plus tard, au Japon, grâce au soutien d'une productrice et journaliste japonaise Reïko Kidachi, et seulement en 1992 en France. En 1988, elle remonte sur la scène du Café de la Danse après dix ans d'absence et la chanson Le Nougat, vite censurée pour ses sonorités arabes en pleine guerre du Golfe, connaît un certain succès. Le retour véritable se situe en 1993 sur la scène du Bataclan, en compagnie d'Higelin, Areski, Moustaki, Arthur H. La machine du succès semble définitivement lancée. L'album co-écrit par Etienne Daho en 1995 Genre Humain surfe sur la vague, entre hip-hop et raï. Mais c'est surtout avec Kékéland sorti en 2001, enrichi de la présence de Sonic Youth, M, Noir Désir, que Brigitte Fontaine, désormais le cheveux ras, et toute de noir vêtue, atteint la consécration. Suivront deux autres albums : Rue Saint-Louis en l'île et le tout récent Libido. Artiste complète, et complexe, poétesse bariolée, un peu foldingue et sans compromis musicaux, Brigitte Fontaine se situe toujours là où on ne l'attend pas. Dérangeante et subversive, ses prises de position, en faveur de l'avortement, pour les sans-papier et contre le sida, ne laissent pas insensible.




BIOGRAPHIE

Biographie de Brigitte Fontaine
Non, cette gentille dame d'un certain âge aux cheveux coupés très ras, parfois retenus en couettes de petite fille, aux tenues colorées et absurdes, qui répond à côté aux questions qu'on lui pose et donne en permanence l'impression d'avoir abusé d'une substance hallucinogène, ne s'est pas échappée d'un établissement psychiatrique !

A genoux ! Dignes sujets de Kéké Land, voici votre reine, un rien folle de Chaillot, couronnée de « Nougat », trônant dans son palais de « Saint-Louis en l'Ile », prête à tout vous pardonner pourvu que vous soyez aussi barrés qu'elle !

Mme Fontaine, Brigitte de son prénom, a toujours eu un goût pour les délires psycho-sympathiques. Alors qu'elle est dans sa vingtaine, cette bretonne de Morlaix vient tenter sa chance à Paris et se fait de sacrés amis, du bien trempé côté pathologie (« ce qui se ressemble s'assemble »), le jeune Rufus et le non moins jeune Jacques Higelin. Elle deviendra même tellement amie avec ce dernier qu'ils se considèrent comme frère et sœur depuis maintenant une quarantaine d'années.

Pour asseoir d'emblée sa réputation de gratinée du ciboulot, Brigitte se met à chanter. Elle appelle, comme de juste, l'un de ses premiers albums, « Brigitte Fontaine est folle ». Atteinte dès le départ de démence à tendance ironique, elle décide de ne pas se soigner.

Elle rencontre un certain Areski Belkacem qui va lui composer des musiques d'influence orientale pour rehausser ses textes si gratuitement fêlés. Elle continue à s'adonner au théâtre expérimental avec son amie Jacques, écrit, compose, se voit récompensée de prix prestigieux et milite. Elle signe en 1971, par exemple, le manifeste des 343 femmes qui osent avouer, un acte courageux à l'époque, avoir eu recours à l'avortement. Elle s'engagera d'ailleurs à plusieurs reprises tout au long de sa carrière, pas si folle la guêpe !

Notre reine de la folie douce est très active dans les années 70 et sort de nombreux albums, « Je ne connais pas cet homme », « L'incendie », « Le bonheur », « Vous et Nous », toujours avec Areski, son compagnon.

Par contre dans les années 80, l'ambiance n'est pas au doux délires, le public français ne suit plus. Il faudra que le Japon de cette chanteuse iconoclaste que ce pays a toujours apprécié pour que Brigitte Fontaine retrouve des fonds pour produire de nouveaux albums qui voient le jour à la fin des années 80, comme « French Corazon » et des livres car la dame écrit aussi.

Il faut tout de même attendre 1995 pour que Sainte-Démence lui soit enfin clémente. Etienne Daho, que l'on a connu plus sage, l'aide à concevoir un album, « Genre Humain » qui renoue avec le succès. La Fontaine utilise le raï et même si elle n'a pas attendu la mode de la World Music pour le faire, la critique, elle, se réveille, oublie de prendre son Tranxène, et tout redémarre.

Brigitte s'est fait un look, et un sacré ! Visage émacié, regard halluciné, cheveux rasé, robe noire tube, elle a la soixantaine bien tassée et n'a jamais été aussi branchée. Elle continue à s'entourée de siphonnés de qualité, Jacques H, Bashung, Noir Désir, M et même Sonic Youth !

Tous ces nouveaux sujets vouent un culte à leur reine et demandent à être citoyens d'honneur de « Kékéland » (un album sorti en 2001). Magnanime, elle les reçoit « Rue Saint Louis en L'Ile » (sorti en 2004), ce qui est, à coup sûr, le plus doux des asiles…
SOURCE
//musique.ados.fr/Brigitte-Fontaine.html







Non elle ne chantera pas à la Route du Rock; en vacances dans la région, elle vient juste prendre l'apéro, comme ça en passant . Mais pas seulement;elle vient aussi présenter son prochain album, "Rue Saint Louis en l'île" qui sortira en septembre.

Rencontrer Brigitte Fontaine relève de l'inespéré surtout sur le site boueux du fort Saint Père.

Nous attendons un bon moment; la reine des kékés se ferait-elle désirer? Joue-t-elle les divas?

Quand elle arrive, body rose, jupon de tulle noir et blanc, baskets hautes rouge et noir, elle fait sensation déjà de loin. Et puis elle a changé de look : le crane rasé s'est couvert de cheveux noirs avec de courtes doubles couettes qui lui donne un air de manguette:

Elle n'a pas semble-t-il le visage des bons jours et nous saurons ensuite qu'elle vient d'attendre plus d'une heure. Et ce n'est pas fini car il lui faut encore regagner la tente des interviews. Heureusement, Arezki Belkacem l'accompagne avec une bouteille de champagne.

Dans le chemin escarpée la voir grimper est totalement surréaliste. Et pourtant elle reste superbe et digne.

Cigarette et champagne, elle nous recommande même le cocktail champagne-johnny walker, elle va répondre avec gentillesse et malice, alliant franc-parler et diplomatie.

Vive la reine !


Brigitte Fontaine : Excusez-le et excusez-les pour toutes ces atrocités. Je vous souhaite le bonsoir.

Bonsoir Madame Fontaine.

Brigitte Fontaine : Je ne m'appelle pas Madame Fontaine. Madame Fontaine c'est ma mère. Je m'appelle Brigitte. Ou alors Brigitte Belkacem si on veut me donner un nom de madame.

Je voudrais poser une question que tout le monde se pose ici : Où sont les toilettes ?

A ce moment là, des voix s'élèvent derrière la tente des interviews criant : C'est là !

Rire général

Brigitte Fontaine : Me voilà rassurée

Votre nouvel album comportera-t-il des collaborations prestigieuses comme le précédent ?

Brigitte Fontaine : Est-ce vraiment capital ?

Cela peut donner une idée de la couleur de l'album.

Brigitte Fontaine : J'ai la collaboration permanente de Areski Belkacem et j'ai comme invités, qui se sont invités ou que j'ai invités, Zebda, Monsieur Hakim de Zebda que j'adore, Gotan project que j'adore également, un pianiste concertiste classique merveilleux Bavezet qui joue sur 3 morceaux, M Mathieu Chedid, Didier Malherbe. Voilà, est-ce que cela suffira comme prestige ?

Votre nouvel album constituera-t-il le 2ème opus de la Reine des Kékés ?

Brigitte Fontaine : Non, non, non ! Les Kékés c'est éternel, mais le coup des Kékés c'est terminé !

Ce sera quoi alors?

Brigitte Fontaine : Maintenant c'est rue Saint Louis en l'île et Fréhel. Et la veuve Clicquot. Les amours de la veuve Clicquot et de Johnnie Walker.

Ça donne un cocktail détonnant ?

Brigitte Fontaine : Oui, oui, il faut faire gaffe.

A quoi faut-il s'attendre en termes de tonalité de l'album ?

Brigitte Fontaine : C'est très très divers. Très chatoyant, très varié. Ça va du rock déchaîné au rigolo ou au tragique où des choses douces et un peu troubles poétiques, de belles musiques très poétiques aussi.

Vous avez collaboré avec Archie Sep.

Brigitte Fontaine : Ce n'est pas moi qui l'ai choisi et je n'y tiens pas particulièrement. Et je n'aime pas le jazz. Sauf les grands, à l'époque des grands, quand j'étais très petite moi, c'est-à-dire Thelonious Monk, Miles Davis, Charlie Mingus, John Coltrane.

Vous avez collaboré avec Art Ensemble of Chicago...

Brigitte Fontaine : Mais pour moi ce n'était pas du jazz, c'était de la musique.

Il y avait un univers graphique assez spécial avec Kékéland.

Brigitte Fontaine : Je n'y suis pour rien. Celui qui accompagne mon nouvel album est plus près de mon cœur. Je n'aime pas Kékéland.

Qui l'a créé ?

Brigitte Fontaine : C'est Hervé Lecout, Cabine.

Vous lui avez apporté des idées, des suggestions ?

Brigitte Fontaine : Non, il est génial. Il a tout fait lui même. La pochette est très belle.

Il y a la musique, les chansons, mais l'album est également un bel objet ?

Brigitte Fontaine : Oui. Il y a aussi un dessin super sur la rondelle, et puis des photos de Claude Gassian.

Vous reniez Kékéland ?

Brigitte Fontaine : Non. J'aimais beaucoup Kékéland mais je n'aimais pas la pochette.

Pourquoi n'avez-vous pas travaillé à nouveau avec Sonic Youth ?

Brigitte Fontaine : J'adore Sonic Youth. Mais pourquoi répéter une autre fois ? Sonic Youth a d'ailleurs mis dans son nouvel album des morceaux qui n'avaient pas été retenus pour Kékéland.

Pourquoi ne pas faire un album avec eux ?

Brigitte Fontaine : Ah pourquoi pas ? Ce serait envisageable. Et puis il y a Jim O' Rourke que j'apprécie énormément.

Pour revenir à l'album Kékéland, si vous n'aimiez pas la pochette pourquoi ne pas l'avoir rééditer avec une autre pochette ?

Brigitte Fontaine : Je n'ai pas beaucoup de pouvoir au sein de la maison Virgin. J'ai lutté pendant des mois contre cette pochette. Et au bout de 2 mois tant pis, je leur ai dit Bon Laissez-moi tranquille. Faites ce que vous voulez. Et vous allez être verts quand vous verrez la pochette de la Rue Saint Louis en l'île. Elle est belle, belle.

Il y a des diktats de la maison de disque ?

Brigitte Fontaine : Ils font ce qu'ils croient devoir faire. Nous ne sommes pas toujours d'accord bien que nous devrions l'être pour tout. Mais là ils m'ont trop pris la tête et j'ai cédé, simplement.

Et pour cet album, cela s'est mieux passé ?

Brigitte Fontaine : Ah oui. C'est moi qui ai trouvé l'artiste qui a fait la pochette et ils ont accepté avec enthousiasme donc nous étions complètement d'accord.

Vous avez de nouveaux invités sur cet album. S'agit-il vraiment d'interpénétration des univers ?

Brigitte Fontaine : Oui.

Quelle est la date de sortie de l'album ?

Brigitte Fontaine : Il devait sortir il y a un an figurez-vous ! Bref ! Ils ont pris un an de retard et il sortira paraît-il le 7 septembre. Le single avec une reprise du Nougat très rigolo, très dansant, avec Hakim de Zebda est déjà sorti. C'est formidable !

Bien que cet album date d'un an il reste toujours d'actualité pour vous ?

Brigitte Fontaine : Ah oui ! Je le défendrai complètement. Je le défends même dans la boue (ndlr : allusion aux chemins boueux du festival), et la pluie et l'orage, et l'attente. Vous aussi vous m'avez attendue et je vous en remercie.

La tournée de promotion est prévue pour cet album ?

Brigitte Fontaine : Oui, pour le mois d'octobre. Et les tournées c'est très dur.

Les artistes qui ont apporté leur collaboration seront-ils présents ?

Brigitte Fontaine : Je vais commencer la tournée à Montauban et il y aura Zebda. Mais je ne peux pas emmener tout le monde. M a sa tournée. Sauf à Paris qui est toujours privilégié.

Les dates pour Paris sont déjà fixées ?

Brigitte Fontaine : Oui, mais je ne m'en souviens plus. Fin octobre (ndlr : le 25 octobre lui souffle-t-on) aux Folies Bergères. Le véritable passage parisien se fera au début du printemps probablement à l'Opéra Comique.

Vous avez beaucoup collaboré avec M.

Brigitte Fontaine : Oui. Il m'aime beaucoup, je l'aime beaucoup, on s'aime beaucoup, voilà.

Il apparaît sur votre album. Allez-vous en faire de même sur le sien ?

Brigitte Fontaine : Si jamais j'ai le temps et s'il me le demande ce sera avec plaisir. Et j'aime beaucoup sa musique et sa façon de jouer de la guitare. Ah ! Un monsieur qui lève la main !

Y a-t-il une relation entre les artistes qui figurent sur votre album et votre maison de disque ?

Brigitte Fontaine : Ni Zebda, ni M ne sont chez Virgin. Jusqu'à présent je n'avais eu qu'à me louer de Virgin. Mais il y a eu beaucoup de bouleversements comme dans la plupart des maisons de disques d'ailleurs. Donc, je ne peux même pas leur en vouloir vraiment pour cette année de retard. Quand à votre question : "Est-ce que c'est la maison de disque qui m'impose ou qui me suggère des choix ?", pour Kékéland, oui ils m'ont suggéré des choses que j'ai acceptées, c'est-à-dire Mathieu et Noir Désir. C'était très magique parce que le jour même où mon directeur artistique faisait cette proposition, eux me téléphonaient pour me demander de travailler sur leur disque. C'est ce qui est vraiment très beau. Et les deux ont été fait.

Quelle musique écoutez-vous en ce moment et aimez-vous ?

Brigitte Fontaine : J'adore, j'adore, j'adore toujours, Mozart. Et puis ce que j'aime beaucoup, mais là je suis à l'hôtel depuis un mois, j'adore la bande originale du film In the mood for love. Et l'autre disque More in the mood for love. Et j'ai un gros faible pour Lili Bonniche. Vous connaissez Lili Bonniche ?

Non

Brigitte Fontaine : : C'est pas vrai ! Il est génial. C'est un feuj algérien qui fait de la musique un peu andalouse franco-arabe, qui est très drôle, qui doit avoir plus de 70 ans maintenant et qui continue à chanter. Il est génial.

Et dans les groupes actuels ?

Brigitte Fontaine : J'aime M. J'aime beaucoup ce que faisait Zebda avant leur séparation provisoire.

Et le dernier album de Sonic Youth ?

Brigitte Fontaine : Je ne sais pas si je l'ai écouté. Mais je les ai vus en concert et j'ai été émerveillée, surexcitée par leur musique.

Qu'est ce qui vous plaît dans leur musique qui sur scène est du bruit et de la fureur ?

Brigitte Fontaine : Du bruit et de la fureur oui et en même temps quelque chose de très chaud, très humain. Excitant.

Vous avez dit adorer Jim O' Rourke

Brigitte Fontaine : Oui. C'est un fou furieux qui me fait penser au professeur Tournesol.

Pourquoi ne pas travailler avec lui ?

Brigitte Fontaine : Il me l'a proposé. Dans un temps futur, je le referais avec beaucoup de joie mais pour l'instant ce n'était pas le propos de ce disque. Voilà.

Vous a-t-on imposé quelqu'un ?

Brigitte Fontaine : Non. J'ai choisi l'ingénieur du son, le mixer. J'ai choisi tout le monde cette fois. De toute façon même dans Kékéland j'avais choisi après coup tout le monde. Les propositions de Virgin étaient très bonnes donc j'y ai adhéré.

Il me semble qu'Arthur H devait remonter "Maman j'ai peur "?

Brigitte Fontaine : Non, ce n'est pas Arthur mais son frère Ken, l'autre fils de Jacques Higelin, qui voulait depuis des années reprendre "Maman j'ai peur". Mais il n'a toujours pas trouvé la fille, c'est-à-dire moi à l'époque. Je lui ai suggéré une fille qui est super mais qui doit être très chère maintenant Ludivine Sagnier.

Quel est l'histoire de "Maman j'ai peur" ?

Brigitte Fontaine : C'est une des premières choses que j'ai faites dans ma vie, il y a longtemps. Jacques Higelin est venue me le demander et nous l'avons fait avec Rufus. Nous avons écrit à 3 et joué à 3 cette pièce sur des variations très burlesques sur la peur. Et très kékés déjà. Les kékés n'ont pas d'âge. Moi non plus. D'ailleurs je vous serais reconnaissante de ne pas parler d'âge. J'ai horreur de parler d'âge car ceci fixe pour les gens qui croient savoir l'âge que j'ai ou l'âge qu'ont les autres, mais pour moi c'est pas vrai, peu importe…il est dommage de fixer les gens dans un âge car cela fausse tout. Bon, bref, toujours est-il que Ken Higelin n'a pas encore pu remonter"Maman j'ai peur".

Vous avez vu mon petit bracelet ? Il est joli. Je l'ai reçu ce matin par la poste.

Qui vous l'a donné ?

Brigitte Fontaine : Une jeune femme charmante qui habitait près de l'hôtel m'a offert une jupe superbe. Je lui ai donné mon disque et un petit cadeau en plus. Et elle m'a envoyé un bracelet qu'elle a fait elle-même. Et elle est professeur de littérature au grand Duché du Luxembourg. Et le grand Duché du Luxembourg est une partie très importante de ma mythologie. J'avais écrit une pièce que nous avons joué, Areski Belkacem et moi, et qui va être jouée le 31 août pour France Culture en direct et en public par d'autres acteurs, dans lequel il est question sans arrêt du Grand Duché du Luxembourg. Bon, voilà , c'était une digression.

Vous n'aimez pas que la musique, mais aussi le théâtre. Vous aimez l'expression artistique...

Brigitte Fontaine : Oui, m'sieur. J'aime les 2, les 3.

C'est quoi le 3ème ?

Brigitte Fontaine : Ce que je n'ai pas fait. La danse.

Pourquoi ?

Brigitte Fontaine : On ne peut pas tout faire. Je danse beaucoup sur scène, enfin je bouge beaucoup sur scène.

De manière instinctive ?

Brigitte Fontaine : Oui. Je suis la musique, je suis mon feeling, ma sensation, et voilà. Cela donne une sorte de danse très personnelle que l'on ne peut pas vraiment qualifier.

Des chorégraphes vous ont-ils proposé de vous mettre en scène ?

Brigitte Fontaine : Non. Mais je veux bien. J'aime beaucoup Lalala Human Step ? une troupe de danse québécoise, Galotta…

Découflé ?

Brigitte Fontaine : Oui, oui, absolument.

Auriez vous envie de remonter sur scène et de refaire du cinéma ?

Brigitte Fontaine : J'ai horreur du cinéma. Mais le théâtre j'adore. Je devais le faire. Si le disque était sorti plus tôt. Je devais jouer, je le ferai peut être plus tard, une pièce, dans laquelle je devais jouer le rôle de la grande Catherine de Russie, écrite à partir de sa correspondance avec Voltaire qui serait joué par Rufus.

C'est un projet concret ?

Brigitte Fontaine : Oui, mais il a été retardé par la sortie tardive de l'album. Et puis Areski Belkacem et moi nous voulons également reprendre la pièce, qui va être jouée fin d'août, que nous avons déjà beaucoup joué. Mais tout est suspendu au disque ?

Et le royaume de Kékéland ?

Brigitte Fontaine : Il continue à vivre.

Vous avez le temps de vous occuper de vos sujets ?

Brigitte Fontaine : Ils s'occupent tous seuls.

Ne craignez-vous pas que ce soit le souk ?

Brigitte Fontaine : Mais Kékéland c'est le souk. C'est l'anarchie. Tout le monde est libre. La Reine des Kékés règne mais ne gouverne pas. Je bois du thé, je fume des clopes, je lis, j'écoute de la musique, j'ai des amis qui viennent me voir.

Fais ce que voudras. C'est de Rabelais. C'est l'emblème de l'école idéale où allait Pantagruel. Et c'est le dernier mot d'un morceau qui est sur mon album qui s'appelle Le voile à l'école. Est kéké celui ou celle qui est né(e) kéké.

C'est quoi être kéké ?

Brigitte Fontaine : C'est être rigolo, innocent, drôle, sincère, un peu déjanté mais pas trop quand même.

Vous citiez Rabelais. Quels sont les auteurs qui vous touchent ?

Brigitte Fontaine : Armance de Stendahl.

Vous chantez depuis pas mal de temps or il semble que toute une génération vous a découvert avec "Le nougat", et à cause de vos collaborations sur l'album Kékéland.

Brigitte Fontaine : Je ne crois pas que ce soit à cause de ces collaborations. Depuis Le nougat, il n'y a que des jeunes, de 18 à 25 ans, qui viennent me voir.

Vous êtes dans la région par plaisir ?

Brigitte Fontaine : Je suis à Fréhel . Je suis bretonne et très chauvine. Je suis dans un petit hôtel. Je retrouve plein de sensations de mon enfance, des odeurs quand j'étais petite.

Quelles sont vos occupations ?

Brigitte Fontaine : Je viens de finir d'écrire un livre. Et puis je dois écrire des chansons pour Monsieur Hakim de Zebda.

Vous vous reposez aussi ?

Brigitte Fontaine : Oui. Mais il y a des journalistes qui me téléphonent et qui me viennent me voir. Je travaille aussi. Voulez-vous que je vous fasse un petit baiser ?

Bisou à l'animateur.

Question indiscrète : pourquoi ne vous rasez-vous plus la tête ?

Brigitte Fontaine : Parce que quelqu'un de très compétent, un acupuncteur, m'a dit que je devais absolument me laisser pousser les cheveux pour ma santé nerveuse. Je laisse pousser mes cheveux pour laisser pousser ma santé nerveuse ou mentale comme vous voudrez.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Brigitte Fontaine : Je vous embrasse. Et reconduisez-moi tous à Fréhel. J'ai peur, j'ai peur.

Vous n'assisterez pas au festival ce soir ?

Brigitte Fontaine : Certainement pas.

Pourquoi ? Parce que vous n'aimez pas la programmation ?

Brigitte Fontaine : Parce que je veux me protéger un peu.

Je vais vous jouer une chanson de contrition : C'est leur faute, c'est leur faute, c'est leur très grande faute. Je vous embrasse tous et je vous remercie d'avoir été aussi patient.

Tchao les zouzous !
SOURCE & LIENS
//www.froggydelight.com/article-1090-Brigitte_Fontaine


   

    
  



Libido de Brigitte Fontaine

Par Jean-Jacques Birgé, mardi 31 octobre 2006

Un nouvel album de Brigitte Fontaine est toujours une aubaine. Libido est plus classique que les précédents, il renoue avec une certaine tradition de la chanson française tout en restant franchement barré. L'île Saint Louis n'est pas si loin de Saint Germain des Prés et Brigitte joue de plaisanteries grivoises en jonglant avec les deux siens. Oecuménique, peu lui importe le voile, elle le déchire et glisse sa voix devenue grave du quatuor à la guitare électrique, d'Areski à Vannier en gardant le jeune M comme fil rouge de sa combinaison noire. S'amusant d'un érotisme SM de pacotille, Brigitte semble débarrassée de sa fragilité. Elle mord, fouette et cravache, mais gentiment ! Les musiques d'Areski rappellent tendrement leurs débuts à tous deux, celles de Jean-Claude Vannier sentent un peu trop les années 60 et Mister Mystère est du M tout craché, inventif et bondissant. Le livret présente une BD de Cabine, style Guido Crepax, fidèles à leur rose bonbon.
La première fois, j'ai rencontré Brigitte en juillet 1970 à Biot Valbonne, elle était accompagnée par Earl Freeman, un grand bassiste black plutôt brutal. Six ans plus tard, nous participions à un festival de soutien à la clinique antipsychiatrique de Laborde où je rencontrai Bernard Vitet lors d'un mémorable concert d'Opération Rhino. Il y avait Pierre Clémenti qui jouait du sax en costume blanc à col mao. Les pensionnaires étaient indiscernables des soignants. Il régnait une ambiance de douce folie à laquelle je n'échappai pas, mais ça c'est une autre histoire. Nous avions fait une battue pour retrouver Brigitte qui s'était enfuie dans les bois. La troisième fois, Bernard était venue rejouer avec elle (il avait entre autres remplacé Lester Bowie juste après l'enregistrement de Comme à la radio), il y avait Moustaki à l'accordéon, Jean-Philippe Rykiel aux claviers, Areski, bien entendu, qui est toujours là pour Brigitte.
Mais la rencontre la plus mémorable fut évidemment l'enregistrement de Amore 529 pour le disque d'Un Drame Musical Instantané, Opération Blow Up, en 1992. Le premier rendez-vous fut manqué à cause d'un gros orage, Brigitte avait préféré aller se cacher à la cave. La seconde fois, elle avait souhaité "une grande voiture avec quelqu'un à l'arrière avec moi", ça tombait bien, j'avais déjà l'Espace, Bernard s'est assis à côté d'elle pendant le voyage jusqu'au Père Lachaise où j'habitais alors. J'avais composé un truc tout en douceur pour conforter sa fragilité lorsqu'entrant dans le studio elle annonça de but en blanc n'être plus branchée que par le rock 'n roll ! Catastrophe, cette fois c'est moi qui fut vraiment touché par la foudre. Je dus récrire un morceau en deux heures, programmer l'Atari, pendant que Bernard et Brigitte prenaient le thé à la cuisine. De son côté, elle avait rédigé, très vite comme toujours, de superbes paroles, autographiées dans le livret du CD :
Moment de flamme et de vigueur
et amitié jour intérieur
Serait-ce le sillon où se grave la vierge
ou le microsillon poussiéreux des concierges ?
Bernard à la trompette, tout en live sur deux pistes directes. Je marchais sur un petit nuage. L'ayant raccompagnée et dînant à la brasserie en bas de chez elle, j'écoutais Brigitte nous conter ses angoisses avec la lucidité des vrais souffrants. Elle l'avait toujours clamé, titrant même son premier disque solo : Brigitte Fontaine est... folle ! On l'adore...

P.S. : N'empêche, si vous ne connaissez-pas son album Comme à la radio (Saravah SHL1018), courez l'acheter illico, chef d'œuvre absolu de 1970, un peu comme Rock Bottom de Robert Wyatt, Escalator over the Hill de Carla Bley, Trout Mask Replica de Captain Beffheart, White Noise, Carnival de Wyclef Jean, Björk ou les Beatles, mais aussi les Kindertotenlieder par Kathleen Ferrier et Bruno Walter ou les quatre derniers Lieder de Richard Strauss par Lisa della Casa, la Callas dans La Traviata, et Brigitte Fontaine dans "Comme à la radio"...
Elle y est accompagnée par l'Art Ensemble of Chicago (Lester Bowie, Malachi Favors, Joseph Jarman, Roscoe Mitchell), Leo Smith, Areski, Jacques Higelin, Jean-Charles Capon, J.F. Jenny-Clark, Kakino de Paz, Albert Guez.
SOURCE
//www.drame.org/blog/index.php?2006/10/31/312-libido-de-brigitte-fontaine









Des roses de cristal
Crissent et s'amollissent.
Mon amour sans rival
Murmure des délices.
Il prend ma taille ronde
Et ronronne sur elle.
Pour jouer, je lui gronde
Des menaces cruelles.
L'opéra vermeil
S'échappant du laser
Emplit l'air de soleil
Et d'ombres passagères.

Ah, que la vie est belle.
Soudain, elle éblouit,
Comme un battement d'ailes
D'oiseau de paradis.

Ah, que la vie est belle,
Quelquefois pour un rien,
La divine immortelle,
Dans le mal et le bien.
On marche dans l'hiver
Brillant comme une abeille,
Brillant comme un éclair
Qui dure et émerveille.
La joie vous souffle au cœur.
On chérit l'univers
Comme un enfant de chœur
Son dieu d'éther et de chair.
Loin des bombes et des balles,
Goulu comme un bébé,
Sensuel on inhale
La fumée adorée.

Ah, que la vie est belle.
Soudaine, elle éblouit,
Comme un battement d'ailes
D'oiseau de paradis.

Ah, que la vie est belle,
Quelquefois pour un rien,
La divine immortelle,
Dans le mal et le bien.
Sans rien chercher, je trouve,
Au détour d'un instant,
Une euphorie de louve,
Un amour de Satan.
Après de sombres heures,
Plus doux sont ces moments
Où l'on crie de bonheur
Comme un petit enfant.
Encore les baisers,
Vie secrète et changeante,
Je saurai te donner
Mon âme si méchante.

Ah, que la vie est belle.
Soudain, elle éblouit,
Comme un battement d'ailes
D'oiseau de paradis.

Ah, que la vie est belle,
Quelquefois pour un rien,
La divine immortelle
Dans le mal et le bien.



22/05/2008
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