Alain YVER

Alain YVER

BUFFET

BERNARD BUFFET



SON SITE
//museebernardbuffet.com/

SITE DE DEUX PASSIONNÉS
//www.fralo.info/bb01.html
//pagesperso-orange.fr/PassionBernardBuffet/cariboost1/index.html

Critique d'une exposition Bernard Buffet à la galerie Maurice Garnier
//www.artelio.org/art.php3?id_article=909/

AUTRE
//www.artcyclopedia.com/artists/buffet_bernard.html
//www.canalacademie.com/Bernard-Buffet-peintre-de-la.html

Rétrospective totale de l'oeuvre de Bernard BUFFET
//www.dossiersdunet.com/spip.php?auteur97

VOIR LA DERNIERE EXPOSITION BERNARD BUFFET
//galeriedazy.com/Bio-B-Buffet.htm

LES MUSÉES DU MONDE, LES SITES
//www.acad-strauss.com/mus%E9es.htm



Biographie (1)

//fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Buffet


Né le 10 juillet 1928 à Paris, décédé le 4 octobre 1999 à Tourtour.
En décembre 1943, il entre à I'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, dans l'atelier du peintre Narbonne, où il est déjà considéré comme très doué, il s'y lie notamment d'amitié avec les peintres Maurice Boitel et Louis Vuillermoz.
En 1946, il expose son premier tableau, un autoportrait, au Salon des Moins de Trente Ans à la Galerie des Beaux Arts.
En 1947, il expose " l'Homme accoudé " au salon des indépendants et en décembre a lieu sa première exposition présentée par Pierre Descargues, à la Librairie des Impression d'Art organisée par Guy Weelen et Michel Brient. Raymond Cogniat lui achète pour le Musée National d'Art Moderne de Paris une peinture : " Nature morte au poulet ".
En avril 1948, il présente un tableau, " Le buveur " au prix de la jeune peinture organisé à la Galerie Drouant-David, 52, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris. Il n'obtient pas le Prix, mais le Docteur Girardin, un grand collectionneur d'art contemporain, défend sa peinture avec passion et attire l'attention d'Emmanuel David sur ce jeune peintre.
Quelques jours plus tard, Emmanuel David se rend dans l'appartement du 29 de la rue des Batignolles et propose à Bernard Buffet d'entrer dans sa Galerie avec un contrat d'exclusivité. Ce contrat a par la suite été partagé avec Maurice Garnier.
En juin, à la Galerie Saint-Placido à Paris, il obtient le Prix de la Critique ex-aequo avec Bernard Lorjou, de vingt ans son aîné. En juillet, une exposition de ses œuvres aura lieu dans cette Galerie. Il expose " La Ravaudeuse de filet " au Salon d'Automne.
En 1949 Pierre Descargues publie " Bernard Buffet " aux Presses Littéraires de France. Bernard Buffet épouse Agnès Nanquette, une camarade des Beaux Arts, dont il divorcera l'année suivante. Un amateur d'art met un pavillon à Garches à sa disposition. Comme loyer, Bernard Buffet lui donne un tableau par trimestre.
En 1951, Jean Giono met à sa disposition une petite maison à Manosque. Puis Bernard Buffet loue une ancienne bergerie à Nanse près de Raillanne, à dix-sept kilomètres de Manosque, où il travaillera jusqu'en 1954.
En 1953, Louis Aragon publie, à l'occasion de ces expositions, dans les Lettres Françaises, un article ayant pour titre " Le Paysage a quatre siècle et Bernard Buffet vingt-quatre ans. "
En 1955, il obtient la première place au référendum organisé par la revue " Connaissance des Arts " désignant les dix meilleurs peintres de l'après-guerre. Il peint les maquettes des décors et des costumes pour " la chambre " argument de Georges Simenon qui devient son ami. Il achète la propriété de " Manimes " à Domont près de Paris, qu'il quittera l'année suivante.
En 1958, première rétrospective de son œuvre à la Galerie Charpentier de Paris. Pierre Bergé publie " Bernard Buffet ". Le peintre épouse Annabel Schwob le 12 décembre à Ramatuelle.
En 1961, il peint un ensemble de tableaux représentant la vie du Christ destinés à décorer la chapelle de Château l'Arc. Dix ans plus tard, à la demande de Monseigneur Pasquale Macchi, secrétaire du Pape Paul VI, Bernard Buffet offrira ces tableaux au musée du Vatican où ils sont exposés dans une salle particulière.
En 1964, Maurice Druon publie " Bernard Buffet ", légendes d'Annabel Buffet, images de Luc Fournol. Bernard Buffet achète " La Vallée " à Saint-Cast où il travaillera jusqu'en 1970.
En mai 1971, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur.
Le 25 novembre 1973, inauguration du Musée Bernard Buffet, fondé par Kiichiro Okano, à Surugadaira au Japon.
Elu à l'Académie des Beaux-Arts le 13 mars 1974.
En 1978, à la demande de l'Administration des Postes, Bernard Buffet réalise une maquette pour un timbre de trois francs " L'Institut et le Pont des Arts ". À cette occasion le Musée Postal à Paris présente une exposition rétrospective de ses œuvres.
En 1986, Annabel publie " d'amour et d'eau fraîche ". Sortie du livre de Yann le Pichon "Bernard Buffet " en deux tomes qui obtient le Prix Élie Faure.
En 1988, inauguration de l'extension du Musée Bernard Buffet de Surugadaira au Japon.
En 1989, Alin Alexis Avila publie " Bernard Buffet ".
Bernard Buffet s'est donné la mort le 4 octobre 1999 à Tourtour (Var).
Le 20 juin 2007, M. Velickovic, lui ayant succédé à l'Académie des beaux-arts, a prononcé son éloge sous la Coupole.






Biographie  (2)


En 1944, Bernard Buffet entre à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts dans l'atelier de Narbonne. Après deux années d'études, il décide de travailler seul. En 1948, avec Bernard Lorjou, il est, à 20 ans, lauréat du Prix de la Critique. En 1955, il obtient la première place au référendum organisé par "Connaissance des Arts" afin de désigner les dix meilleurs peintres de l'après-guerre. Depuis 1947, Bernard Buffet expose chaque année à Paris.

Cet artiste au graphisme percutant, acéré, nerveux, aborde les  thèmes les plus variés, inspirés de la culture occidentale comme de la culture  orientale : le Christ, Jeanne d'Arc, la tauromachie, Venise, mais aussi le  Japon…

De très nombreuses rétrospectives lui ont été consacrées tant en France qu'à l'étranger ; en outre, les galeries d'Art moderne du Vatican exposent en permanence les scènes de la Vie du Christ à la chapelle du Château de l'Arc. En 1973, un Musée Bernard Buffet fut créé à Surugadaira, au Japon.

Outre son œuvre de peintre, Bernard Buffet, en qualité de  graveur, a illustré de nombreux ouvrages : Lautréamont, Giono, Cocteau, Baudelaire,  Sagan… Il réalise également des décors pour le théâtre et la chorégraphie  (ballets de Serge Lifar et de Roland Petit).

En 1978, en hommage à cet artiste mondialement connu,  l'Administration des Postes émit un timbre, L'Institut et le Pont des Arts, d'après une maquette dessinée par Bernard  Buffet.







Bernard BUFFET


 Né le 10 juillet 1928 à Paris .Reçu à l'âge de15 ans à l'école nationale des beau arts .Jean GIONO  fut l'un des premiers à le soutenir .d'une fécondité phénoménale  ( + de 8 000 oeuvres )   Devenu immensément riche . Aimée du public , détesté par les élites , qui lui reproche d'etre un peintre essentiellement commercial  .Très recherché au Japon où des musées ont été créés à sa gloire . Sa peinture reflète  le drame existentiel et nous renvoie une image que nous n'aimons pas  la notre . UN peu glauque et misérabiliste . Bernard Buffet n'a jamais changé de style malgré les pressions Artistico- économique qu'il subissait jusqu'au bout , il resté fidèle à ses convictions . S'est donné la mort le 4 octobre 1999 à Tourlour dans le VAR .Il souffrait de la maladie de Parkinson et n'arrivait plus à travailler normalement depuis quelque mois.

"JE NE CROIS PAS À L'INSPIRATION ? JE NE SUIS QU'UN BESOGNEUX"


                                 







Bernard BUFFET


Paris 1928 - Tourtour 1999



 Acquis par Jean Masurel - Donation Geneviève et Jean Masurel, 1979
La personnalité artistique de Bernard Buffet émerge dans le contexte de l'après-guerre, marqué par les difficultés de la vie quotidienne et les terribles souvenirs de l'Occupation. Sa peinture se fait l'écho de la dure réalité du moment et trouve un impact immédiat auprès du public. Il profite également de la renommée quasi-posthume de Francis Gruber, qui l'a précédé dans ce genre de représentation en créant un style misérabiliste. Revendiquant l'expressionnisme d'Ensor mais aussi le réalisme de Courbet, Buffet élabore une écriture picturale facilement reconnaissable. Ses toiles se distinguent par la rigidité des lignes, l'austérité des tons froids, essentiellement des effets de gris et de blancs sales.
Ses personnages sont filiformes, exagérément étirés en hauteur et dénués de tout charme physique. Si les sujets contemporains ont la préférence de l'artiste, ce dernier peint aussi quelques oeuvres religieuses importantes pendant cette période. La Lapidation fait partie d'une série comportant une Déposition de Croix (collection particulière) et Pietà (collection particulière) datant également de 1948. Il semble d'ailleurs que ce soit surtout le sentiment de souffrance et d'angoisse que le peintre ait voulu rendre dans cette composition. Le tableau évoque une scène de supplice en définitive assez intemporelle. Pour les contemporains de Buffet, en 1948, le martyre du Saint rejoint, dans l'inconscient collectif, le calvaire du déporté des camps de concentration ou celui du résistant mourrant sous la torture « sans avoir parlé ».









Bernard Buffet et la Bretagne

Sa dernière peinture, en 1999, c'est une mer déchaînée. Avant l'ultime voyage. Depuis ses débuts, en 1947, Buffet a peint la Bretagne...

Bernard Buffet, le mal aimé du monde de l'art, est exposé au musée départemental breton. Il avait une tendresse particulière pour la Bretagne où il passait ses vacances enfant, à Saint-Cast. Né en 1928, c'est en 1947, qu'il expose ses premières peintures et la Bretagne est tout de suite là, parmi ses sujets préférés. Plages encombrées d'objets marins et de silhouettes déjà filiformes, statiques ; natures mortes de homard, de poissons de toute sorte dont une fameuse raie que l'on retrouve dans plusieurs de ses tableaux. « Elle était suspendue dans sa chambre et, malgré la puanteur, il ne la décrochait pas. Il a fallu qu'un membre de sa famille - il logeait chez ses parents - le fasse pour lui ! », raconte Philippe Le Stum, commissaire de l'exposition.

Son vocabulaire des formes est déjà bien installé : visages émaciés, regards perdus, noirs, profonds. La « Ramendeuse de filets » de 1948, exposée au musée est un exemple de ce monde particulier à l'artiste : murs griffés d'un trait acéré, filet toile d'araignée inextricable et derrière, une femme sombre, triste ou attentive à son travail, des meubles rares dans une pièce sombre que les murs clairs n'éclairent pas pourtant, les fenêtres donnent sur le vide. Dans ses paysages, on retrouve la même gamme de couleurs, des gris beige, bleu... Cernés de noir. Ce noir deviendra de plus en plus présent, mais peu à peu la couleur deviendra elle aussi plus franche comme avec ce « Crabe » rouge de 1963, les vues de ports bretons dont Quimper, en 1972, avec de gros bateaux à quai, une époque révolue ! Il sillonne les routes de campagne et croque nos églises et nos chapelles.

Vacances en Bretagne

Pourquoi cette tristesse dans cette oeuvre si personnelle ? Dans un autoportrait, Vacances en Bretagne, en 1988, il se peint ainsi, mélancolique, mais plus jeune qu'en réalité, beau, lui qui était laid. La plage est vide d'estivants, le ciel est plombé, la végétation déchire l'espace. La perte de sa mère en 1945 l'a beaucoup marqué, la vue des retours de prisonniers après la guerre aussi. Une certaine désespérance l'a envahi, en contraste avec l'apparence d'une vie plus que festive, tropézienne qui l'a rangé dans la case maudite des artistes mondains. Le trait acéré qui est une constante dans son travail vient aussi du fait qu'il était d'abord un graveur. L'exposition du musée départemental breton est l'occasion exceptionnelle de voir cette oeuvre pus reconnue à l'étranger qu'en France. Certaines des peintures viennent du Japon où un musée lui est consacré.

Le musée départemental breton est ouvert tous les jours de 9 h à 18 h. Exposition ouverte jusqu'au 30 septembre.
 Ouest-France







Bernard Buffet et la Provence  


Author(s) : Henry Périer
Publisher : Palantines
Publish date : le 10/05/2007 - ISBN : 9782911434754
Page Number : 144
Size (L. H. E.) : 280 x 220 millimètres
Weight : 1 Kg
Cover : Hardcover
Language : French

Editorial reviews :
Si l'enfance de Bernard Buffet fut placée sous le signe de la Bretagne, c'est bien la Provence qui a marqué sa vie d'homme. De la rencontre à Saint-Tropez en 1958 avec Annabel, la compagne de toute une vie, aux demeures et ateliers du château de l'Arc ou de la Baume, cet ouvrage nous propose l'itinéraire d'un artiste ancré dans cette région. Les paysages de l'arrière-pays, les habits de lumière de la série des Toréros, les fastes et la frénésie de Saint-Tropez ou de Cannes... Toutes les couleurs de la Provence illuminent les tableaux de Buffet, choisis et commentés par Henry Périer. En point d'orgue, les décors de l'Opéra de Marseille pour l'éclatante Carmen.








Bernard Buffet et le Japon, une histoire d'amour


1 Février 2007

Nul n'est prophète en son pays : Bernard Buffet ( 1928-1999) ), le peintre français, qui faisait la " Une " des magazines européens  dans les années 50 a été, et reste encensé au Japon.   Cet artiste controversé n'a pas encore gagné la reconnaissance des institutions françaises  malgré plus de 20 rétrospectives dans les grands musées et centres d'art du monde entier.
 
Depuis plus d'un demi siècle, Maurice Garnier, son fidèle marchand, défend inlassablement Bernard Buffet dont il a l'exclusivité.

Après le décès du peintre qui a mis fin à ses jours en 1999, Maurice Garnier a entrepris, dans sa galerie avenue Matignon à Paris, un cycle d'expositions " tableaux pour un musée " , qui permet d'apprécier la variété des thèmes et des " manières " de Buffet à l'intérieur de son style reconnaissable entre tous.
Alors qu'en France, les projets de création d'un musée Bernard Buffet se heurtent à des obstacles et que ses œuvres restent cantonnées dans les réserves des collections publiques, sans qu'il soit possible pour les jeunes générations d'avoir leur propre lecture de l'œuvre, au Japon, il  peut se targuer d'être l'un des rares artiste français, à avoir eu son musée érigé de son vivant.
 
Ce musée situé à Surugadaira a eté inauguré solennellement en 1973 en l'absence de Bernard Buffet ! " mon père a regretté toute sa vie de ne pas se rendre au Japon ce jour là " explique son fils Nicolas Buffet. Pourquoi cette absence alors que par la suite, le peintre se rendra à plusieurs reprises au pays du Soleil Levant qui lui inspirera maints tableaux dont la célèbre série sur les Sumo et les Kabuki ?
 
Maurice Garnier avance une explication : " Bernard Buffet avait certainement une forme d'appréhension, être confronté au jugement de l'autre dans des circonstances officielles, ce n'est pas facile ".
 
Beaucoup s'interrogent sur l'origine de cette histoire d'amour entre Bernard Buffet et le Japon ; elle prend ses racines dans un coup de foudre, celui d'un richissime homme d'affaires, Kiichiro Okano, un banquier japonais, " fou ", en effet, de Buffet depuis qu'il découvre son œuvre en 1963, l'année de la rétrospective du peintre à Tokyo et à Kyoto aux musées d'Art Moderne. Le trait de Bernard Buffet, incisif, épuré, son traitement de l'espace sont très proches de la tradition japonaise de l'estampe. Ajoutons que Buffet, remarquable dessinateur et  graveur, ne pouvait que séduire ce pays où le dessin et le trait sont souverains. Ce que l'on connaît moins, c'est la passion du peintre pour les combats de Sumo-auxquels il assistait- et le théâtre kabuki, riche d'enseignements pour son goût du costume, du déguisement et de l'art de se travestir .

D'autres peintures  de Bernard Buffet font référence au Japon notamment cette série sur les oiseaux d'Hokkaido (1981) qui appartient à la collection New Otani Hotels au Japon. A l'aune de l'analyse de la création prolifique de Bernard Buffet, son inclination pour ce pays paraît logique.

Kiichiro Okano, pendant des années, assouvit sa passion en  faisant l'acquisition d'une dizaine d'œuvres par an, n'hésitant pas à se déplacer à Paris pour faire son choix : en dix ans il a constitué une collection de plusieurs centaines de toiles, dessins et lithographies que l'on peut découvrir dans ce musée, situé à une heure de Tokyo en train. Actuellement, c'est la petite fille de Kiichiro Okano qui a repris la direction du musée, fidèle à l'esprit du fondateur.

Après la mort de Kiichiro Okano en 1995, ses trois fils cessent d'acheter des tableaux à la Galerie Maurice Garnier, mais en 1999, l'année de la mort de Buffet, Annabel l'épouse du peintre (elle aussi décédée aujourd'hui), fait parvenir un tableau de Bernard Buffet " Vive la mort " ( 1998) caractéristique de l'esprit de dérision de Buffet, elle envoie également au Japon, une des  œuvres de la dernière série sur " La Mort ", qui sera exposée en la Galerie Maurice Garnier juste après la propre mort de l'artiste.

Cet envoi faisait-il partie des derniers vœux de Bernard Buffet ? Difficile à savoir. Mais, en tout cas, Bernard Buffet a choisi de reposer pour toujours dans l'Empire du Soleil Levant : ses cendres ont été dispersées  dans le jardin du musée. Et il a fallu l'autorisation spéciale du Président de la République française pour que Annabel Buffet puisse transporter l'urne au Japon.

Ce lien avec le Japon apparaît encore dans le texte de Bertrand Poirot-Delpech de l'Académie française " l'ineffable dévoilé " qui préface du catalogue de l'exposition " Tableaux pour un musée 1977-1984 ", qui se déroule en février et mars 2007 à la Galerie Maurice Garnier à Paris. Juste avant de partir lui aussi, L'Académicien- qui a consacré son dernier texte à Bernard Buffet-évoque " la mort choisie de samouraï ", une mort en accord avec une vie vouée à l'art sans concession.
 
Galerie maurice Garnier
Av. Matignon
75008 PARIS
 
Brigitte Camus
















LA MORT DU PEINTRE BERNARD BUFFET


L'artiste s'est suicidé dans sa villa du Var à l'âge de soixante et onze ans.

Le peintre Bernard Buffet s'est donné la mort lundi après-midi dans sa propriété du Domaine de la Baume, à Tourtour, dans le Var. Selon une déclaration de Maurice Garnier, son galeriste parisien, à l'agence Associated Press, "il souffrait de la maladie de Parkinson et ne pouvait plus travailler". ¶gé de soixante et onze ans, il vivait retiré là, en compagnie de sa femme Annabel, dans une maison décorée d'art oriental et un atelier toujours encombré de tubes écrasés, empilés les uns sur les autres en une compression digne de César. Mais la comparaison avec le célèbre sculpteur s'arrêtera là. Peintre jusqu'au bout des ongles, ne vivant que par et pour la peinture il en a acquis une véritable boulimie. On lui doit plus de 8 000 toiles toutes signées, griffées plutôt de son prénom et de son nom soit un tableau tous les deux jours. Sans compter les aquarelles, les lithographies et les illustrations pour les livres, les affiches…

Comme Picasso, que tantôt il classait parmi ses peintres favoris, tantôt parmi ceux qu'il détestait le plus, sa peinture a divisé mais pour des raisons différentes. Picasso a toujours suscité des réactions à chaque novation. L'ouvre de Buffet témoigne d'une filiation assumée qui remonte à David et va jusqu'à Géricault et Courbet, via le chaînon manquant qu'est le baron Gros, champion des scènes d'Empire préromantiques. Adepte résolu du dessin, seule sa palette a évolué, des tons gris vert de ses débuts vers davantage de chaleur. "Pour mieux combattre la mort", disait-il. Davantage que le choix de portraits féminin ou masculin, ce qui l'intéressait consistait en la recherche de "l'intensité de l'expression par la fermeté du dessin de leurs traits, par le traitement appuyé et acéré de certains détails, comme les orbites et les rides du front, du nez et de la bouche".

Remarqué pour ses qualités au collège, Bernard Buffet interrompt ses études pour les Beaux-Arts en 1943. Vingt ans, en 1948, une librairie proche de l'école accueille sa première exposition. L'époque est à l'opposition entre réalisme et peinture abstraite. Les marchands de tableau sont à la recherche de nouvelles "valeurs", jeunes si possibles pour mieux spéculer. Tout cela conduit à faire sortir d'emblée Buffet de son anonymat à peine naissant. Le musée d'Art moderne lui achète une toile. Cocteau, Mauriac - "la tristesse de l'homme devant un monde spirituel mort" -, Aragon - qui préférait ses paysages : "Je trouve les Buffet plus humains d'être déserts" - s'enflamment et une bonne partie de la critique avec eux. Pour dix ans. Ensuite le divorce sera consommé en même temps que triomphe l'art abstrait et qu'arrivent sur la scène le Nouveau Réalisme côté français et le Pop Art de l'autre côté de l'Atlantique. Le public lui restera fidèle au point qu'on le considérera comme "l'autre B. B." ainsi que les acheteurs qui feront de lui "le peintre français le plus vendu à l'étranger", sans doute parce que le moins dérangeant, formellement parlant.

Il a livré régulièrement des séries de toiles comme Jeanne d'Arc, la Passion, les Horreurs de la guerre, le Bestiaire, les Châteaux de la Loire, la Bretagne ou plus récemment les Sumos. Une rétrospective de son ouvre a été présentée en 1991 au musée Pouchkine, à Moscou, et ses toiles sont régulièrement montrées au Japon, où se trouve un musée Bernard-Buffet.

Buffet n'avait pas la dent moins dure que ceux qui l'attaquaient. Conservant de la peinture le souvenir de ses débuts - à huit ans -, il estimait que montrer du Mir¢ aux enfants était "dénaturer leur goût". Les impressionnistes ? "Je déteste. Tout ce flou me rend malade" mais il reconnaît tout de même à Manet la qualité de "grand peintre comme Van Gogh". Malgré tout à son panthéon personnel figurait aussi Picasso, Matisse, Derain, Francis Bacon et Combas. Ami de Georges Pompidou, il fut aussi celui de Jacques Chirac. Le président de la République a fait part hier soir de sa "consternation et de (sa) tristesse".

Michel Guilloux









La Bretagne de Bernard Buffet à Yves Tanguy

1 Juillet 2007

A priori, rien ne rapproche Bernard Buffet et Yves Tanguy, deux artistes emblématiques du XXième siècle, sauf leur passion commune pour la Bretagne. Cet amour qu'ils partagent est en tout cas le fondement et le fil conducteur de deux rétrospectives, consacrées à ces deux figures majeures de l'art, qui se déroulent en même temps à Quimper durant tout l'été.

Commençons par Bernard Buffet (1928-1999) puisque l'exposition a démarré en premier, le 2 juin 2007 au musée  départemental breton près de la cathédrale. Dès le premier jour, quelque 450 visiteurs se sont pressés pour découvrir les 40 peintures et gravures dédiées à la Bretagne,  où Bernard Buffet passait ses vacances à Saint-Cast en famille. Découvrir. Le mot n'est pas trop fort. Et il est sur les lèvres de l'équipe qui a mis en place cette exposition possible grâce au don d'estampes au musée breton départemental de Quimper , donation réalisée par Maurice Garnier-le marchand de Bernard Buffet pendant plus d'un demi siècle- et sa femme Ida On peut même parler de bouleversement tant le choc visuel a été violent lorsque les œuvres ont été déballées pour l'accrochage. Souvent l'amateur ne connaît de Bernard Buffet que des reproductions de qualité médiocre. Il a l'occasion ici de réviser son jugement. A condition de ne pas passer en touriste. A peine démarrée, l'exposition connaît un vif succès avec une fréquentation record (plus de 2000 visiteurs au musée par rapport à la même période l'an dernier).

Saluons d'abord un accrochage exemplaire qui met en valeur la variété des manières de Bernard Buffet, marqué et remarqué par son style qui constitue sa signature autant que son nom. La  Bretagne était un jardin secret pour Buffet mais le registre du peintre n'est pas celui du paradis…les cathédrales érigent des flèches menaçantes, la houle des marines-le mouvement et la couleur sont sublimes- est tumultueuse, les ciels sont chargés. On contemple et on se délecte devant des compositions savantes, des natures mortes minimalistes proches de Morandi, ou très " matiéristes " et sensuelles qui évoquent Chardin. Certaines marines de ce chantre de l'art figuratif sont quasi-abstraites. La chronologie est respectée mais les rapprochements thématiques (églises, natures mortes, paysages) permettent d'apprécier les évolutions du peintre et sa liberté de traitement. Une salle entière est consacrée à l'œuvre gravé, puissante et sensible.
  La dernière salle est la plus spectaculaire : on éprouve le combat de l'artiste avec son corps. Face à la matière épaisse, malaxée, sculptée et à la maladie qui le ronge (il met fin à ses jours en 1999), Bernard Buffet livre un combat solitaire dans un ballet envoûtant où les souvenirs déchirants de la jeunesse le disputent à l'appel de cette mer et de ces bateaux, symboles de liberté et de la part indomptable de l'être en partance pour l'ultime voyage, dans la solitude antichambre de la mort. Avant de partir définitivement, c'est la Bretagne qu'invoque et convoque l'artiste.
 
La solitude de Yves Tanguy (1900-1955) n'est pas moindre que celle de Bernard Buffet, lorsque l'on  sait que le grand peintre surréaliste a été peu apprécié en France lors de ses expositions personnelles et qu'il n'a pas fait  l'objet d'exposition importante en France  depuis 1982 (au musée national d'art moderne à Paris), ce qui ne laisse pas de surprendre si l'on connaît le rôle majeur de cet artiste dans l'aventure surréaliste. Autre point commun entre Yves Tanguy et Bernard Buffet : les musées nationaux français sont avares d'œuvres de ces deux artistes  Pour l'un comme pour l'autre, la méconnaissance de leur œuvre, plus appréciée à l'étranger qu'en France, est flagrante. Pour Bernard Buffet, l'une des raisons réside dans un arrêt sur image à la période d'après-guerre dite " misérabiliste " ; pour Yves Tanguy, l'une des raisons est la rareté de sa production : il travaillait lentement et est mort jeune. Les parents d'Yves Tanguy sont d'origine bretonne et  lui aussi passe ses vacances en Bretagne. A Locronan près de Quimper et Douarnenez. Toute sa vie, comme Bernard Buffet, il sera bercé par la Bretagne et ses légendes. Cette exposition de 130 œuvres, provenant de 60 musées et collections privées de 7 pays est un événement car elle permettra au public d'apprécier à sa juste valeur un des grands maîtres du surréalisme, parfois occulté par Dali, Miro ou Magritte. Un autre aspect, peu connu, est mis en valeur : l'œuvre graphique, avec la présentation de 34 gouaches et 38 dessins à l'encre et au crayon. L'attachement d'Yves Tanguy à la Bretagne était tel qu'il fit rapatrier ses  cendres des Etats-Unis où il résidait depuis 1939, afin qu'elles soient dispersées dans la baie de Douarnenez. Bernard Buffet a choisi le chemin inverse : il a fait expatrier ses cendres au Japon où est son musée. Mais à Quimper, le visiteur n'aura que quelques pas pour visiter les deux expositions, les 2 musées sont quasiment l'un en face de l'autre.

La Bretagne sert ici de révélateur pour décrypter une part de l'énigme qui s'attache à deux grands noms de la peinture du XXième siècle.
 
Brigitte CAMUS
 
Musée départemental, 1 rue du Roi Gradlon 29000Quimper, tél.02 98 95 21 60

Exposition Yves Tanguy du 29 juin au 30 septembre 2007
Musée des Beaux-Arts de Quimper tél 02 98 95 45 20
 //musee-beauxarts.quimper.fr

49 place  Saint-Corentin 29000 Quimper
 
Brigitte Camus



_


10/08/2007
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Photo & Vidéo pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2 autres membres