Alain YVER

Alain YVER

C 215 (Christian Guémy alias C215)

C 215 (Christian Guémy alias C215)







http://www.myspace.com/c215


http://www.facebook.com/pages/C215/151888344535

http://c.215.free.fr/

http://www.flickr.com/photos/c215/show/

http://canalstreet.canalplus.fr/arts/interviews/arts-de-rue-portrait-de-c215

http://photograffcollectif.blogspot.fr/2009/12/c215-le-pochoiriste-globe-trotter.html





Christian Guémy alias C215


est un artiste du pochoir qui a œuvré dans les rues du monde entier. Considéré comme l'une des plus belles promesses du street art français depuis son invitation par Banksy au Cans Festival, à Londres, en 2008, il n'a de cesse de peindre partout où il se trouve, sans autorisation et à visage découvert. Chaque pochoir est pensé et créé de manière à se fondre dans son environnement, et interagir avec ses habitants. Au delà de son engagement urbain, la vision de C215 reste révolutionnaire grâce à une évolution formelle constante. Son attachement à la couleur est de plus en plus intense et nous emmène dans le tourbillon de son univers.








Opus Délits #5 : C215

“Je ne fais pas les choses pour attirer l’attention mais pour susciter l’émotion…” C215 est un street artiste nomade qui pose ses pochoirs entre Berlin, Amsterdam, Jérusalem, Casablanca, New Delhi, Istanbul… Sans mot ni commentaire, C215 jette à la face du monde l’image de ceux qui souffrent d’exclusion, de pauvreté, de solitude - en montrant simplement leur visage. Et ainsi faire d’un spray deux coups, il interroge le passant bien pensant, par l’émotion plus que la compassion, et redonne une dignité aux laissés pour compte des sociétés urbaines contemporaines. C215 vise l’universel. Sa dialectique ? L’humanité dans l’inhumanité, l’espoir face au désespoir.

Ainsi, les SDF de Paris ou les homeless de New York, les cireurs de chaussures indiens, les enfants de São Paulo seront ses modèles. Et pour montrer ceux qui souvent se cachent, ceux que beaucoup ne veulent pas voir, quoi de mieux que la technique simple et séculaire du clair-obscur ? Seul l’art du pochoir sur les murs découpe et décuple la vie de la ville moderne.

 Cet ouvrage d’Opus Délits présente les travaux du jeune prodige français du pochoir : C215. Son style unique, précis et précieux, marque les passants des villes du monde entier.






C215

C215 est aujourd’hui considéré comme l’une des plus belles promesses du street art français.
Après s’être rendu célèbre hors de nos frontières dans les rues du monde entier et dans les galeries de Sao Paulo, New York, et Londres, le public français a enfin pu avoir l’occasion de voir une belle rétrospective de son travail à la Galerie Pierre Cardin en septembre 2009.
C215 voyage à travers le monde, laissant sur son passage des pochoirs contextuels dans les rues. Il peint des scènes de rue ainsi que des portraits de sans abris, mendiants, réfugiés, d’orphelins, toutes ces personnes laissées pour compte par la société capitaliste.
Ses oeuvres sont placées sur des non lieux, des supports dévalués : portes rouillées, murs cassés ou brûlés, poubelles, etc. Chaque pochoir est pensé et créé en fonction du lieu, et découpé sur place ad hoc, de manière à se fondre dans son environnement et à interagir avec ses habitants.

http://www.mairie13.paris.fr/mairie13/jsp/site/Portal.jsp?document_id=16459&portlet_id=2876








C215, de la rue aux murs des galeries chics
Publié le 20.02.2012

Les yeux d'enfants et les portraits de clochards sur les murs de Paris et de Vitry, dans le Val-de-Marne, c'est lui. Les visages colorés des boîtes aux lettres aussi. A 39 ans, Christian Guémy, alias C215, cesse de se cacher derrière le regard des autres. Ces temps-ci, ses pochoirs entrent au musée et se feuillettent dans un ouvrage sorti aux Editions Pyramyd, intitulé « C215 » et préfacé par le maire PS du XIIIe arrondissement, Jérôme Coumet.

Musées et institutions se penchent sur le travail du pochoiriste qui a étudié l'art, l'architecture et l'économie avant de devenir commercial et fuir une vie trop rangée.

« Il associe une vraie spontanéité à une fine connaissance de l'histoire de l'art », vante Jérôme Coumet, qui a confié à C215 ses cartes de vœux 2012 et les murs de sa mairie. Dans les prochaines semaines, la patte du Vitryot va s'admirer dans les galeries chics parisiennes comme l'Opéra Gallery (Ier), à la chapelle de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (XIIIe), au musée de la Gravure de Louvain, en Belgique, ou encore une maison close moscovite. Ce qui l'amuse beaucoup : « Entre l'église et le bordel », rigole-t-il.

« Ça marche pas mal pour moi », lâche Christian Guémy, jean usé et mains colorées de bleu. On retrouve l'artiste dans son duplex avec cour où il a posé ses cartons en 2009 dans le quartier de la Ferme à Vitry. Face à l'entrée, un étonnant amoncellement de boîtes aux lettres jaunes. « Je vais me faire plaisir. C'est un cadeau du musée de la Poste en échange d'une boîte décorée », sourit-il, l'air juvénile mais un peu fatigué. Il rentre de Berlin et s'apprête à repartir « vers le sud, là où il y a du soleil l'hiver. Parce qu'il fait vite froid quand on peint dehors ». Mais au moins une semaine par mois, il atterrit dans sa ville-laboratoire pour se rapprocher de sa fille, Nina. A Vitry, là où plus un seul mur n'a de secret pour lui et où il invite régulièrement ses amis graffeurs comme l'Italien Pixel Pancho ou le Belge Roa à s'exercer. « Ce qui m'intéresse, c'est de marquer la ville, de la changer, de lutter contre sa standardisation », répète C215 qui adore les formules. « L'art, c'est faire de ses névroses individuelles quelque chose d'universel », dit aussi l'artiste qui se trimballe une histoire familiale compliquée du côté d'Orléans (Loiret). « Il n'a pas peur de dire qu'il a de vraies fêlures. C'est un type qui a du talent, une personne hors du commun car la vie lui a tanné le cuir », confie son ami et maire du XIIIe arrondissement, Jérôme Coumet.

« Il est à part dans le monde des street-artists, renchérit Bruno David, ancien directeur de la culture à Vitry. Toujours dans une démarche d'échange. A la mairie, on est contactés par des gens qui s'intéressent aux œuvres, en font des photos. » Récemment, boîtes aux lettres et pans de murs décorés ont disparu. « C'est dommage. Les gens viendraient me voir, je ne serais pas trop gourmand », glisse Guémy.
 
Le Parisien






Street art :
C215 fait fleurir des espaces d’expression dans nos villes

Culture Slide — 27 novembre 2012
Alors que nous sommes des milliers à nous croiser chaque jour anonymement, dans des rues sans identité où la présence humaine est passagère, des questions font sens. Vous y sentez-vous bien ? À qui appartient l’espace public ? Comment faire afin que chacun de nous soit en mesure de se réapproprier les rues afin de s’y sentir à l’aise, comme chez lui. Comment recréer une atmosphère accueillante, rassurante, transformer nos espaces publics tristes en lieux d’échange et de parole ? Comment permettre aux rues de redevenir des espaces d’expression, de création et de partage, elles qui demeurent les témoins de notre époque et de nos vies ? C’est à travers ce questionnement que nous avons rencontré Christian Guémy, un artiste de rue connu internationalement sous le pseudonyme C215. Il nous a fait partager sa démarche artistique, nous a expliqué le sens que prennent ses œuvres dans l’espace public.
Sous la bruine colorée, le visage enfantin apparaît. Nina, c’est sa muse, son amour, sa fille. Le sujet qu’il a le plus peint, le plus connu du public, sans hésitation.  Cette fois-ci, elle n’ornera pas l’un des murs de la capitale, c’est pour le compte d’une cliente qu’il l’a recréée.
Christian Guémy a 39 ans, les cheveux en bataille et l’allure décontractée. Après une enfance marquée par les abandons, c’est à travers la peinture qu’il a appris à évacuer sa colère. Il a l’objectif de se servir de son agressivité, d’en tirer le meilleur à travers des activités quotidiennes constructives. L’artiste s’est fait connaître sous le nom C215, le patronyme de l’association qu’il a créée dans le but d’organiser des expositions collectives d’artistes de rue et de mettre en avant leurs œuvres à travers des livres. C’est sous ce même pseudonyme qu’il signe des portraits qu’il dispose dans les rues des grandes villes du monde entier : Paris, Londres, Berlin, New Dehli, Amsterdam, Istanbul, Jerusalem, Oslo, Casablanca etc. Des peintures réalisées à la bombe d’après la technique du pochoir, touchantes par les détails et les expressions des visages. À travers ses portraits, ce sont les histoires de ces personnages qu’il raconte.

Ses œuvres, il les laisse derrière lui sans regret, il prend même du plaisir à les abandonner. Participant ainsi à un « art de l’absence », comme il l’appelle, il aime laisser la trace de son passage visible sans être lui-même présent physiquement. Son plaisir, il le tire sur l’instant, d’un mélange d’adrénaline procurée par le risque et l’exposition au regard des autres mais aussi de la satisfaction d’embellir un espace et de travailler, s’exprimer librement sans rendre de compte à personne.
Derrière la recherche de l’adéquation du lieu, du portrait, des couleurs et des dimensions, derrière ces personnages qu’il laisse derrière lui, l’artiste est aussi en quête identitaire. « L’art c’est ma thérapie », confesse-t-il. Après une période plus sombre de sa vie durant laquelle il représentait principalement des clochards, des orphelins ou des laissés-pour-compte, il varie aujourd’hui davantage ses sujets et ajoute plus de couleurs à ses peintures.
Le plaisir que ressent Christian lorsqu’il peint est intrinsèquement lié à celui qu’il partage avec les passants, ceux qui sont assez attentifs pour ne pas manquer ses œuvres. « Je m’adresse à ceux qui ont envie d’observer la poésie de la ville. Et j’espère que mon travail en fait partie. » Il veut surprendre le passant en le confrontant à ses graffs placés à des endroits inattendus. « Ça créé une émotion et un contact forts entre l’œuvre et le public sans qu’il y ait forcément identification du public et de l’artiste. »
À travers ses œuvres, l’artiste de street art cherche clairement à susciter une réaction du passant. Insolent et pertinent, l’homme joue sur l’ambiguïté, sur la tension entre deux forces opposées, que ce soit dans ses œuvres comme dans son tempérament. Derrière son apparence d’artiste un peu baba cool se cache un homme très cultivé, à la fois rationnel et très attaché à la précision. « J’aime bien les paradoxes, être à la fois en opposition à la loi mais pour le bien-être de tous, je trouve ça extrêmement romantique. La poésie de la chose est finalement dans cette tension. Ce que je peins représente à la fois le chaos et la structure. » En faisant parfois preuve d’une pointe d’ironie, il recherche la limite, le point précis où l’œuvre prendra du sens sans basculer dans la provocation affichée, tout en laissant la place à l’interprétation.
Christian reconnaît le rôle citoyen que portent ses œuvres. Dans la rue, l’art est évidemment engagé et réalisé à destination d’un public. « Quand j’interviens dans l’espace urbain c’est pour rassembler, pas pour diviser, j‘essaie de créer un consensus.  Je ne suis pas un provocateur. J’essaie que ça profite au plus grand nombre et que ça ne nuise à personne ». À travers ses œuvres, l’artiste essaie de nourrir un questionnement sur l’identité, l’anonymat et la notion de l’autre. « Je fais des anonymes. Je m’adresse directement au spectateur en lui montrant son visage à travers celui d’un autre. Il y a un échange. »
Christian Guémy le revendique, il n’est pas un vandale, il ne détériore pas son environnement, au contraire, il essaie de favoriser un autre regard sur la ville.  « J’interviens toujours pour transformer un espace négligé, donc non entretenu en quelque chose qui prend de la valeur. Il y a un bénéfice social pour les gens qui peuvent en jouir. L’endroit devient un espace d’expression personnelle. Il y a un côté magique dans cette transformation. »
L’artiste a besoin d’évoluer, d’apprendre afin de ne pas s’ennuyer, il a horreur des choses répétitives. Désormais, il œuvre donc également sur internet « parce que le web, c’est aussi un peu un espace non cartographiable » explique-t-il. Dans le futur proche, il pense s’attaquer à la peinture de grands murs, ce à quoi il n’est pas habitué. En riant, Christian annonce qu’il se verrait bien taguer des graffitis lorsqu’il sera vieux. Il y a un début à tout.

Pour l’heure, vous pourrez admirer ses œuvres lors de ses prochaines expositions :
    ◦    « Urban masters », à partir du 9 novembre, Opera gallery, Londres
    ◦    « Au-delà du street art » à partir du 28 novembre 2012, L’Adresse Musée de la Poste, Paris
    ◦    « Orgullecida », à partir du 13 décembre 2012, Montana gallery, Barcelone
    ◦    « Vedi cara », à partir de 2013, Wunderkammern gallery, Rome
Plus d’informations à retrouver sur la page Facebook officielle de l’artiste et de nombreuses photos de ses œuvres sur sa page Flickr.
À revoir aussi, un portrait de l’artiste réalisé par Canal Street.
C215 (Christian Guémy) est un artiste urbain, pochoiriste français. Ses sujets de prédilection sont l'enfance et les laissés-pour-compte. Son style est coloré. Les dimensions de ses oeuvres demeurent à l'échelle humaine, ne réalisant pas de Murs peints de très grandes dimensions. Il participe au MUR dès 2007. Christian Guémy travaille à Vitry

http://www.europecreative.eu/street-art-c215-fait-fleurir-des-espaces-dexpression-dans-nos-villes/






Oct  2012

Interviews: Projet « Errance » en faveur des sans-abris de C215 & L’Association Mie de pain / L’Arche d’Avenirs
Posted by: vitostreet in Daily photo, interview, street photos, tags: Association Mie de pain, c215, interview, L’Arche d’Avenirs, Mie de pain, vitostreet

Nouvelle exposition personnelle “C215″ à Paris : “ERRANCE”
Une nouvelle fresque ainsi qu’une exposition permanente dans les nouveaux locaux d’accueil pour les sans-abris de l’association caritative ” La Mie de Pain / L’Arche d’Avenirs.”, 113 rue Régnault, 75013 Paris.
Inauguration le 17 octobre 2012 à 16h.
 
Pourquoi avoir choisi C215 pour l’exposition permanente au sein de cette nouvelle structure d’accueil pour les sans-abris ?
-          Parce que C215 réalise des œuvres qui s’inspirent pour certaines, de personnes sans-abri. Les personnes mêmes qui fréquentent nos structures chaque jour, et que nous nous efforçons d’aider. Il s’agit également  de street-art, un art ouvert et accessible à tous, aussi bien à un public « bourgeois » qu’à un public « à la rue ». De plus, c’est un art accessible aux sans-abris car les œuvres de C215 représentent des personnages, des situations, des images qui correspondent à ce que notre public vit au quotidien.
Enfin, nous aidons ces personnes « de l’urgence à l’insertion » (notre devise). Nous considérons que la réinsertion des personnes en précarité dans la société actuelle passe aussi par un accès à la culture. Et dans le cas précis, c’est même la culture qui vient à eux. Nous estimons qu’une personne en difficulté a droit, elle aussi, d’aimer l’art et d’en profiter.
Association Mie de pain / L’Arche d’Avenirs
Plus d’information concernant La mie de pain:
- Présentation générale de l’association
- Présentation de l’Arche d’Avenir ( Résidence où seront exposées les œuvres de C215)

Interview de C215 pour l’exposition permanente “Errance”
- Pourquoi à ton avis les gens de La Mie de Pain / L’Arche d’Avenirs ont-ils fait appel à toi, connaissaient-ils ton travail et particulièrement ta série de pochoirs sur les sans-abris?
L’Arche d’Avenirs a fait appel à moi après avoir pris connaissance de mes différentes interventions institutionnelles dans le 13e arrondissement.
En effet, j’y ai réalisé une fresque, une série de boîtes à feu, une exposition de vitraux dans la chapelle Saint-Louis, la fresque introductive à l’hôpital de la Pitié, un caisson lumineux en façade latérale de la mairie et la cage d’asceneur de ladite mairie. C’est donc au plan local, que les relations se sont nouées. Le directeur était très sensible au fait que j’ai travaillé autant sur le thème des sans abris bien sûr.

- Sous quelle forme sera représenté ton travail dans cette résidence et quelle thématique vas-tu aborder?
Il s’agit d’un centre d’accueil diurne pour sans abris, mais qui accueille davantage des migrants que des “clochards” tel que nous nous les imaginons. Ce sera donc une thématique élargie à l’errance. C’est d’ailleurs le nom de l’exposition. Je vais effectuer une fresque dans la cour, qui se verra du réfectoire, ainsi qu’une oeuvre originale de grand format dans l’accueil, et une exposition labyrinthesque de tirages photos, qui fera cheminer au sein de l’établissement.

Je suis assez content de la mise en abîme de l’univers de la rue, au sein d’un espace dédié aux gens de la rue. Je suis plus fier encore de réaliser une exposition pour un public déclassé, une exposition permanente et non commerciale, qui mènera les amateurs à visiter un centre d’accueil et ses hôtes pour venir photographier ces tous derniers travaux. Loin du racollage commercial des galeries et des magazines à la mode.
Si je le pouvais, je me contenterais de réaliser des opérations de ce type plutôt que de servir de la soupe décorative aux bourgeois-bohème et autres spéculateurs qui s’entichent de collectionner du “street art”… On proteste sincèrement un jour, sans un sou en poche, puis les autres vous achètent votre protestation, dont vous commencez à faire commerce. Et c’est déjà le début de la fin. La révolte est alors bradée, avec un point rouge en bas à droite du cadre. Cette exposition se veut tout le contraire. Elle tente de faire sens et n’est pas commerciale, et c’est ce dont je suis le plus satisfait (c’était déjà le cas de mon exposition de vitraux à la chapelle Saint-louis, laquelle était un simple appel à la tolérance oecuménique)
- Pourquoi ne pas exposer plutôt des pochoirs (ou photos) sur des thèmes différents qui laisse peut être plus de place au rêve et à l’imaginaire (ceux réalisés au Maroc ou en Inde par exemple)
Parce que je tente de pratiquer un art contextuel, qui fasse sens en un lieu pareil. Je n’y expose rien qui puisse porter atteinte à la dignité des sans-abris, mais seulement des images qui leur évoque la rue, et le fardeau qu’ils trainent. On pourrait aussi y accrocher des photos de filles nues pour tenter de les distraire … mais ce n’est pas mon propos. Il ne s’agit pas d’une exposition décorative.

- Ces peintures ou photos seront-elles mise en ventes?
Certainement pas. Il est prévu que l’association réalise un calendrier qui sera revendu entièrement à son profit, et je les laisse libre d’utiliser mes images au profit de leur association pour d’autres dérivés. tant que les produits vendus seront vendus à leur profit intégral, je ne vois en quoi cela pourrait-il être kitsch.
– Le soir du vernissage penses-tu qu’il y aura des sans-abris.
Je ne sais pas, mais sûrement car il s’agit par ailleurs de l’inauguration du centre, lequel sera visités par quelques officiels : le centre sera donc en activité. j’espère personnellement que les publics seront mélangés.
- Les gens non sdf pourront ils venir voir l’expo une fois le vernissage passé?
Ils pourront la voir chaque jour, même si je pense sincèrement que les nécessiteux venus dans ce centre y trouver secours ont d’autres préoccupations que de visiter une expo ou d’apprécier mes oeuvres. Peu importe, si quelques uns s’y intéressent, je serais content. Et si quelques bourgeois se déplacent pour venir y prendre ma fresque en photo, alors ce sera parfait. Le public sera forcé de partager un moment avec des sans abris pour venir apprécier mon travail in situ.

http://vitostreet.ekosystem.org/2012/10/interviews-projet-errance-en-faveur-des-sans-abris-de-c215-lassociation-mie-de-pain-larche-davenirs/






C215 - interview

Mardi, 18 Décembre 2012 10:36 Sophie Pujas Art - Street Art

Né en 1973, Christian Guémy, alias C215, peuple depuis 2006 les rues de portraits au pochoir hauts en couleurs. Il revient sur son parcours et son regard sur le street art. 

Comment avez-vous débuté ?

Adolescent, j’avais un peu taggé, mais ça n’avait rien de sérieux. Je n’ai pas fait d’école de Beaux Arts, ni de graphisme, mais des études d’histoire, de langue, et d’économie. Je suis passionné par la Renaissance et je voulais une formation humaniste. J’ai tenté de collecter les savoirs pour devenir moi-même un humaniste moderne. Et je pensais que ça m’emmènerait vers de vrais métiers. J’ai donc été historien de l’art pour les Compagnons du devoir, puis chargé d’études pour le syndicat du meuble. Ensuite j’ai travaillé pour un industriel du textile, j’étais responsable export, je vendais du jacquard et des soies. Mais l’art m’a rattrapé !

A un moment de crise...

Oui, je me suis séparé de la mère de ma fille Nina, qui était alors toute jeune. Ca a été une explosion dans ma vie. Je n’arrivais plus à travailler, je me suis écroulé parce que je ne supportais pas l’idée de ne pas vivre avec ma fille. J’avais écrit pas mal de poésie pour elle, j’en ai fait une compilation. Comme j’avais quelques connaissances dans l’art urbain, je leur ai demandé d’illustrer. Par la suite, j’ai eu l’idée de faire un pochoir. Mon premier représentait la mère de ma fille. Puis je me suis mis à faire des portraits de ma fille.

Créer dans la ville, est-ce une façon de recréer un lien manquant, pour vous ?

En tout cas, cela a créé un lien avec ma fille. Je ne voulais pas qu’elle se sente abandonnée. L’insistance que j’y ai mis lui a fait comprendre que je pensais à elle sans cesse. Ensuite, je suppose, oui, que toutes ces oeuvres dans la ville créent un lien social. Je préfère penser que les gens partent traquer des oeuvres d’art le week-end plutôt que d’aller faire du shopping comme c’était le cas quand j’étais petit. Ces loisirs moins consuméristes, c’est une évolution de société. Mais le street art est aussi en train de devenir extrêmement mainstream, et je me demande si ce n’est pas en train de se galvauder. Il y avait une poésie qui est peut-être en train de disparaître.

En quoi ?

C’est un peu l’hystérie collective ! Peut-être qu’étant au cœur du mouvement, je le perçois particulièrement. Mais quiconque a découvert le street art avant-hier, a ouvert un blog hier, se proclamera spécialiste demain ! Tant mieux, je ne devrais pas m’en plaindre... Mais j’ai peur que ça use le phénomène, que ça en pervertisse les qualités : à l’origine c’était quand même discret, gratuit, et ça ne l’est plus du tout.

Alors comment préserver la poésie de votre propre travail ?

Je ne sais pas. J’essaie de rester naturel, spontané. Je m’exprime pour donner ma vision des choses. Mais on ne peut pas freiner l’évolution, je n’ai pas le contrôle sur tout ça.

Pourquoi avoir choisi le pochoir ?

L’intérêt d’un médium, c’est d’aller à rebours de ce qu’il permet. Je cherchais à créer de la contextualité avec un outil qui ne l’est pas. Le pochoir est répétitif par nature. Ce qui me plaît, c’est de cheminer pour trouver l’endroit qui l’accueille au mieux, et anticiper sur des situations diverses, dans des lieux et des cultures diverses. J’en ai posé en Inde, dans le Maghreb... Si je devais peindre toujours au même endroit, je tomberais dans une dépression infinie. Ce que je fais est un art contextuel. Je me fais souvent une idée du lieu avant d’y aller, et une fois sur place j’essaie d’être efficace. Je tiens compte de la coloration, de mon état d’esprit.

Cet art contextuel, vous le définissez comment ?

A la Renaissance, il existait beaucoup de traités théoriques, d’architecture et de peinture. Ils parlent beaucoup de la convenance - au sens de ce qui est convenable. C’est un principe que j’applique beaucoup : peindre un sujet adapté à l’emplacement qui lui est adapté. Pour avoir la possibilité de composer un tableau, et pas l’impression de poser un sticker au milieu de nulle part. L’idée est de faire surgir une peinture élégante dans un cadre qui lui correspond.

Pourquoi des portraits ?

Pour placer le public face à de vraies personnes. Quand j’ai commencé, en 2006, la plupart des pochoirs étaient moches ! Là aussi, j’ai voulu aller à rebours. Ce n’était pas le sens qui m’intéressait plus, mais l’esthétique. Et au-delà de l’esthétique, l’identité.

A vos débuts, vous avez aussi beaucoup représenté des êtres brisés...

Je me suis fais connaître avec ça, c’est vrai, mais au fond c’est assez minoritaire dans mon travail. Ces êtres brisés, c’est ma personnalité morcelée, moi qui suis borderline. Ils représentent davantage une réflexion sur l’identité qu’une critique sociale. Mon travail ne changera rien à ce monde, c’est plutôt le monde qui a changé mon travail.

Vous diriez que vos personnages ont évolué vers davantage de légèreté ?

Je suis sûrement plus heureux qu’il y a cinq ans, mais l’idée était aussi d’aller de plus en plus vers la peinture, ce qui a fait que je me suis mis à utiliser de plus en plus de couleurs et de médiums différents. Maintenant j’utilise des acryliques, des vernis, du spray... J’ai pas mal d’outils différents en fait, même pour un petit pochoir il m’arrive d’y passer quarante minutes. Cela augmente la sensation de risque, d’audace !

Vous aimez poser en plein jour, et illégalement même si vous avez aujourd’hui de nombreuses commandes publiques...

La nuit, je ne vois pas ce que je fais ! Les commandes publiques, c’est une bonne chose parce que c’est une reconnaissance. Mais le plaisir, c’est quand même de partir, d’aller dans un lieu nouveau, excitant. Je joue le jeu du métier  - les institutions, les galeries, les publications. Mais ce que j’aime, c’est aller dans la rue.

Qui sont les artistes que vous admirez ?

Les artistes que j’admire, je ne me compare pas à eux. J’adore Ernest Pignon-Ernest, parce que c’est grâce à lui que j’ai pu voir rassembler les deux modes artistiques qui m’intéressaient le plus : l’urbanité et le classicisme... Si je corresponds à la période et si elle se satisfait de mon travail, tant mieux, mais je ne suis pas en adulation devant mon propre boulot, loin de là.

Vous aviez construit une exposition autour du Caravage...

Oui, j’admire infiniment sa lumière, sa subversion. Mais j’aime aussi Botticelli, parce que c’est un illustrateur. Véronèse, pour sa maîtrise parfaite, cet académisme qui le fait arriver au classicisme absolu. Ou encore Hans Baldung Grien. Et Dürer, dont les portraits m’impressionnent. Mais je ne pense pas à eux quand je découpe un pochoir ! Pouvoir me prétendre artiste, je me pose encore la question. Apparemment je sais le faire, mais ça me paraît un peu surréel. Je ne suis pas Dürer...

Et du côté de l’art urbain, de qui suivez-vous le travail ?

Là, je suis le public moyen : j’aime Banksy, El Mac, Dan23, Aryz, Blu, Swoon... En revanche, pour quelques originaux, il y a beaucoup de copistes et d’imposteurs. Cela vient du fait qu’il n’y ait pas de médiation, et pas vraiment de critiques. Beaucoup de gens viennent en reformulant l’oeuvre d’un autre sans que personne ne le dénonce. Les imposteurs, pour moi, ce sont aussi ceux dont le discours est complètement contraire à la réalité, notamment sur la question de l’engagement social - alors qu’ils ne sont engagés nulle part sinon dans une galerie ! Aucun historien de l’art ne s’attache à déceler les subterfuges. Cela s’explique aussi parce qu’on est à la frontière de l’art contemporain et de l’entertainment. Le street art, c’est beaucoup du spectacle, de la mise en scène...

Mais cette dimension théâtrale ne fait pas partie de ce qui vous a attiré vers le street art ?

Bien sûr. Le maître de la mise en scène, pour les interventions, celui qui sait le mieux faire rêver, c’est Banksy. Là-dessus, il n'a pas de rival. C’est mon artiste de rue préféré. Mais il ne dessine rien, il ne peint pas. Il a une idée, et des assistants le font. On est dans une société du clonage, et je crois que dans Faites le mur, Banksy a fait son autoportrait en caricature via Mr Brainwash, plutôt que de le laisser réaliser un documentaire sur lui. On peut comprendre que quand il a vu la haine qui s’est déversée sur Mr Brainwash, Banksy se soit senti visé, et ait un peu disparu.

Le street-art est-il un enfant d’Internet ?

La naissance d’un média crée toujours une nouvelle forme de contenu. Les radios ont permis le déferlement qui a créé le rock-n’roll, la seule idéologie du vingtième siècle (les autres étaient nées au dix-neuvième). Quand le cinéma est né, on a trouvé des codes, on a créé des contenus. Il y a eu de nouvelles idoles. Le graffiti, lui, est né de l’apparition de la bombe aérosol, et Internet a revitalisé les arts visuels. J’ai l’impression d’être un peu un disc-jockey, de passer des sons pour les autres. Je prends une photo du réel, je la transforme en pochoir que je réintègre dans le réel. D’autres la transforment en photos, certains avec talent, et la partagent. L’interaction commence. J’aime ce caractère participatif, éphémère. Mais le street art, c’est de la junk culture. On passe d’une image à une autre, puis une autre. Je pense que les gens ne consacrent pas plus de trois ou quatre secondes à regarder une oeuvre.

Vous le déplorez ?

Au fond c’est très adapté au média Internet et à la société dans laquelle on vit, au partage sur les réseaux sociaux. Mais pour les contenus, le street art est un gigantesque fatras de démagogie. Avec des slogans aussi évidents et crétins que « La guerre c’est mal », « les banques, c’est méchant », « le capitalisme c’est moche », « Protégeons la nature ». C’est à qui défoncera le plus violemment les portes ouvertes ! Rien ne se passe dans la nuance, avec subtilité. Je vois très peu d’artistes qui ne tombent pas dans le panneau des platitudes. Moi je fais le portrait de mes proches parce que je me sens hors d’une imposture. Quand je fais un portrait de Nina, c’est intime, même si je le partage avec la terre entière ; je n’ai aucun doute, je ne me trahis pas.

Mais votre travail avec les galeries, comment le voyez-vous ?

Rémunérateur. Je travaille avec les galeries pour gagner ma vie. C’est une forme de reconnaissance. Je ne suis ni pour ni contre, tout dépend lesquelles. Quand elles s’investissent auprès de l’artiste, c’est très bien ! Je travaille avec la galerie Itinerrance, qui s’investit beaucoup notamment pour trouver aux artistes des murs de grande taille. Mais il y a beaucoup de boutiquiers qui vivent de la notoriété des artistes sans lever le petit doigt... Ce qui m’intéresse quand je réalise une expo, c’est aussi que je peux m’attaquer à un sujet et essayer d’en donner une interprétation, ce qui n’est pas possible dans la rue où les gens sont face à une pièce unique. Je crée une composition d’oeuvres qui interagissent entre elles et permettent de se faire une idée de ce que je pense.

Quels sont vos prochains projets ?

J’en ai beaucoup trop ! Il faudrait que je me pose. Jusqu’au 2 décembre, j’ai une exposition à la Montana gallery, à Barcelone. Ensuite il y aura une exposition à Rome. J’ai aussi prévu un déplacement humanitaire au Kenya : je vais faire des portraits d’enfants dont s’occupe une association, et en vendre quelques-uns à leur profit. A force d’être sollicité, j’ai moins de temps pour ce que j’aime faire : peindre, m’asseoir à une table, sans contrainte, sans pression. Tout est devenu moins simple. Maintenant, les boîtes électriques où je pose mes pochoirs sont systématiquement arrachées, parfois à la scie circulaire... Ca me gâche mon plaisir. Finalement, je comprends pourquoi certains ont souhaité garder l’anonymat. Au départ, je trouvais ça un peu prétentieux. Mais jouer la carte de l’accessibilité, c’est s’exposer, et ce n’est pas évident quand on est fragile. Et dès qu’on ne répond pas, on est accusé d’arrogance... Au fond, je ne sais pas ce que j’attendais de tout ça. Mon propre rêve, à mesure que j’ai un peu touché les étoiles, je me suis aperçu qu’il était un peu factice. Je suis bien content de savoir faire ce que je fais, et me dire que si ça continue je vais pouvoir me retirer bientôt.

Mais pour faire quoi ?

Rien, précisément ! Des pochoirs pour moi, d’autres formes d’art, me réinitier à d’autres choses. Etre vivant, cultiver la joie. Tous mes artistes préférés se sont retirés ou se sont suicidés. Rimbaud, Marcel Duchamp, Patrick Dewaere... Il y a un côté un peu pathétique chez les vieillards qui ne lâchent pas l’affaire. Il y a toujours un moment où la sénilité l’emporte et détruit la poésie de ce qu’on a aimé. Serge Gainsbourg, dans les dernières années, c’était pathétique. Je m’imagine mal, à soixante ans, avec un jogging, un sweat à capuche, un sac de bombes... J’aurais l’air ridicule. Il faut rester libre, c’est mon maître mot. Ne pas être esclave de soi-même, rester dans son sillage.

Sophie Pujas

Pour en savoir plus :

    •    www.c215.com
    •    www.flickr.com/photos/c215/
    •    itinerrance.fr
    •    www.montanagallerybarcelona.com







Par Vincent Morgan |  Publié le Lundi 15 Juin 2009.

Connaissez-vous C215? C'est un pochoiriste parisien très actif dans le milieu. Il a développé une technique particulière qui met en lumière des personnages frappants. Après Paris, Londres, Casablanca, New Dehli, C215 n'a pas fini de recouvrir les rues de notre petite planète.
FC: D'ou viens-tu C215 ? Parles nous de tes débuts...
Je suis de Paris. je dessine depuis toujours et j'ai peint dans la rue avec une bombe aerosol la première fois il y a presque vingt ans. C'etait deja des vespas à taille réelle et j'en peins encore aujourd'hui, mais au pochoir et non plus en "free hand" ... J'en ai 35. J'ai suivi des études universitaires en histoire de l'art, jusqu'en doctorat à la sorbonne (PhD). Les choses ne sont devenues sérieuses que petit à petit.

FC: Quel était pour toi l'intérêt du street art et qu'est-ce qui t'a poussé à créer toutes ces oeuvres?
Le pochoir me permet de conjuguer ma passion du dessin et celle du graffiti. Il est si bon d'apposer dans une rue le travail de plusieurs jours en quelques minutes et sans aucune autorisation nécessaire ...
FC: Comment définirais-tu ton travail?
Je fais du pochoir, réaliste mais stylisé, que je conçois artisanalament sans ordinateur, mais d'après photo. Je pars d'une photo pour en arriver à une autre, celle de mon oeuvre peinte en extérieur, qui s'intègre dans un cadre tout en le détournant.
FC: Apparement tu aimes beaucoup les expressions faciales, tu utilise beaucoup leurs forces dans tes pochoirs. Tu peux nous expliquer d'où te viens cette obsession? 
Les visages sont des paysages, et ils permettent une grande variété d'expressions, de marquage d'identité, de parcours, donc autant de messages. Je peins surtout des clochards des refugiés et des gosses de rue, des gens qui vivent vraiment l'expérience de la rue et à qui le street art n'est jamais destiné ou presque.


FC: Quelle a été ta meilleure et ta plus mauvaise création?
On a tous le sentiment que la dernière est toujours la meilleure jusqu'à la prochaine qui nous en dégoûte :)

FC: Si ton style était un groupe de musique ou une chanson...
j'aime le swing, le folklore cajun, le ska, les vielles choses démodées

FC: J'ai vu une vidéo de toi à Londres dans laquelle on te voit peindre tes oeuvres dans la rue comme si c'était légal... c'est la meilleure façon de ne pas se faire arreter...
Le problème vient de la loi, pas de moi, donc je ne me sens pas coupable en le faisant. C'est plus naturel du coup...

FC: Tu prends de la drogue? As-tu besoin de produit pour être créatif? :)
Ahaha si seulement j'étais créatif, je n'ai jamais d'idées, que des obsessions ...

FC: Est-ce que tu penses que ton travail est quelque chose qui doit être préservé ou bien rester éphémère?
C'est pas mon problème, je ne m'en soucie pas, Je le fait, c'est tout.

FC: Quel a été ton pochoir le plus dangereux?
Peindre mon autoportrait à l'extérieur de la "National portrait Gallery" à Londres un vendredi après-midi avant le passage d'un énorme groupe de visiteurs sans autorisation...

FC: Quel genre de reaction voudrais tu que ton art évoque chez les gens?
Juste créer une émotion, et leur transmettre le sentiment de liberté.

FC: Quels sont tes spots favoris
Rouillé ou taggué...

FC: Tu peux nous parler de ton travail avec Dan23?
C'est un de mes meilleurs potes, il m'influence beaucoup. C'est une bonne chose pour l'émulation artistique d'avoir un ami aussi talentueux.
FC: Peux-tu nous décrire une journée type de C215?
Je suis un fou de travail, je travaille comme un robot. Je suis tellement heureux de pouvoir créer mes oeuvres que je n'ai besoin de rien d'autre.

FC: Comment choisis-tu tes images et leur emplacement dans la rue?
Tout est contextualisé, je prépare des pochoirs tous les jours, et chacun d'eux est pensé pour la prochaine sortie dans la rue.

FC: Que penses-tu de la hype? 
Je ne sais pas quoi en penser. Je ne sors pas souvent de chez moi ou de mon atelier, sauf pour aller peindre dans la rue.

FC: Peux-tu nommer un artiste dont tu admire le travail?
Ernest Pignon Ernest

FC: Quelle est la différence entre le street art et le graffiti?
Le graffiti c'est marquer son nom avec du style dans la ville. Le street art c'est plus de transformer un contexte, une situation vers une architecture définie.

FC: Que penses-tu de la commercialisation du street art depuis quelques temps?
Ca pourrait être bien si les artistes continuaient a produire dans la rue. Beaucoup d'artistes sont tellement occupés avec les galleries qu'ils en oublient la rue.

FC: As-tu des projets dans l'avenir?
Beaucoup de choses, j'aimerais bien rester à un endroit calme et coupé du monde extérieur pour travailler pendant plusieurs mois et réapparaitre soudainement avec beaucoup de choses à montrer.

FC:Quel est ton but ultime?
Juste être libre de peindre et mourir. Et évidement  que ma fille soit fière de son père et lui apprendre ce que je sais si ça l'interesse.

FC: Le mot de la fin?
Arrêter de consommer.
Si vous voulez voir plus de pochoirs de C215 c'est ici --> C215 !
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Entretien avec Christian Guémy aka C215
lundi 18 mai 2009

Christian Guémy aka C215 multiplie les casquettes presque autant qu'il trouve d'usages pour son pseudonyme : pochoiriste de talent, poète, éditeur, organisateur d'expositions... Récemment, à l'occasion de l'exposition "Justice" à la Long Arm Gallery de Bristol, son travail sur le thème de la justice et de l'emprisonnement (comme celui de Bruno Leyval, Dan 23 et MC1984 avec lesquels il partageait l'affiche de cette expo collective organisée dans d'anciennes cellules de commissariat) a fait sensation. Autant dire que ce ne sont ni les bonnes raisons ni les questions qui manquent pour avoir envie de s'entretenir avec lui...

Tout d'abord, pourquoi avoir choisi le pochoir comme mode de création privilégié ?
Le pochoir résume tout ce que j'aime : le trait, l'application sur tous supports, la rapidité d'exécution, la patience requise pour découper ses outils... et enfin la possibilité de combiner optique tribale et figuration réaliste en pleine ville, sans autorisation.

Un de tes sujets favoris, sinon ton sujet de prédilection, est le visage. Tu multiplies les portraits. Le stencil te semble-t-il si approprié que cela au portrait, qui plus est réaliste et regorgeant de détails ?
L'intérêt d'une technique consiste à en écarter les territoires : les portraits sont des paysages, et les lois de l'optique permettent de multiples approches. La mienne vient de loin, car j'ai longtemps dessiné au poska blanc sur papier coloré des portraits et des scènes d'intérieur, ce qui me donne un avantage aujourd'hui... L'intérêt du portrait en tous cas, c'est d'aller tout droit à l'émotion. Rien n'interpelle davantage qu'un portrait.

En l'occurrence, de qui tires tu le portrait ?
Je tire le portrait des gens, des simples gens. Pas des vedettes. Ce qui m'intéresse c'est l'émotion.

Tu es diplômé d'histoire de l'art. D'une manière générale, comment cette connaissance en matière d'histoire de l'art influe-t-elle sur ton travail ?
J'ai étudié en ayant déjà peint lorsque j'étais adolescent. Puis je me suis remis à peindre... bien plus tard d'ailleurs. Mais le cursus universitaire m'a influencé et poussé vers un certain académisme. J'aime les exercices, les grands sujets... et les grands maîtres du passé. Avoir une solide culture t'aide à trouver d'avantage que tu ne cherches. T'appuyer sur les épaules des gens du passé t'aide à voir plus loin et plus vite... et t'évite de te croire l'inventeur de choses déjà existantes.

Comment conçois tu l'inscription du street art dans l'histoire de l'art ? Tu perçois des filiations avec des courants ou des écoles antérieures ou tu envisages plutôt le street art comme une forme de rupture ?
Il n'y a pas tant de rupture. Les artistes du land art, après guerre, et leur étude de la contextualité, sont les pères fondateurs du stree art. Graphiquement, de nombreux codes utilisés aujourd'hui avaient été exploités auparavant par les nouveaux réalistes.. etc. Ernest Pignon Ernest serait le premier "street artist" français selon moi.

Restons encore un instant sur ce terrain de la connaissance universitaire. J'ai tendance à penser qu'il existe, notamment en France, une réelle carence en matière de regard critique porté sur les arts de la rue. Comment expliques tu ce phénomène ? A tes yeux, est-ce lié à la nature même de ces pratiques artistiques, à une forme de rejet massif émanant de ceux qui détiennent les outils théoriques de la critique ou à quelque autre raison ?
C'est très simple : les universités françaises ont un décalage de trente à quarante ans sur la réalité... Bientôt les universitaires français digéreront Keith Haring... et ce qui a suivi, je l'espère. Le graffiti et le street art n'étant pas des mouvements clairs, aux compositions définies, cela risque de mettre un temps certain. D'autant que les historiens français ne considèrent que les documents d'archives et les évènements officiels... Bref ce n'est pas gagné mais cela viendra nécessairement !

L'exposition collective à laquelle tu as récemment participé - "Justice" - se déroulait dans d'anciennes cellules. J'ai lu quelque part que tu as toi-même fait l'expérience de la prison. Avec quel état d'esprit et avec quels objectifs es tu parti dans cette aventure ? Avais tu dans dans l'idée de régler des comptes ou au contraire de porter un regard distancié sur l'incarcération ?
Je ne sais pas. Je pense y être venu pour dépasser mes émotions et surmonter ce passé. Une revanche positive sur le destin peut-être...
Je n'ai pas de regard normé sur ces questions très complexes que sont l'incarcération, la culpabilité, la nécessité d'une justice pour les victimes. Je peux juste évoquer le sentiment d'enfermement pour le partager.

Au bout du compte, quel regard portes tu sur le travail réalisé à cette occasion et sur l'expérience que tu as vécu là ?
C'est une chance incroyable que de pouvoir peindre sur les murs d'une cellule et de mener à bien un projet que je trouve parfairtement cohérent, contrairement à la plupart des évenements collectifs de street art auxquels j'ai pu participer, à l'exception du "Cans festival". La coïncidence du thème - la justice - et du lieu - un commissariat - m'a semblé une opportunité unique.


Travailles tu différemment selon l'endroit où ta création doit prendre place, selon qu'elle sera peinte en extérieur ou qu'elle prendra place sur les cimaises d'une galerie ?
La galerie permet de réaliser des oeuvres plus abouties que dans la rue. Si je faisais en galerie ce que je peux faire aussi dans la rue, ce ne serait pas intéressant. La galerie permet de réaliser des installations, le tout dans le confort et avec un temps de préparation indéfini. Aimant ordinairement travailler sur un contexte, c'est alors à moi d'en créer un. En galerie il s'agit plus souvent d'un topique.

Techniquement, comment travailles tu ?
Je ne suis pas très enthousiaste lorsqu'il s'agit de parler de technique et je ne saurais quoi dire sinon que je ne me sers jamais de l'ordinateur. Je choisis une image en pensant à l'usage que je veux en faire (lieu, placement, etc.), l'imprime tel qu'elle est puis la découpe directement sans croquis, le plus simplement du monde. Peu importe le matériel au fond.

Récemment une des tes créations de rue a été volée, avec la porte de compteur électrique sur laquelle tu l'avais peinte. Tu t'en es alarmé et tu as même lancé une espèce d'avis de recherche. Comment analyses tu cette situation et surtout quelle est la philosophie qui sous-tend, en ce qui te concerne, le street art ?
Personnellement je peins dans la rue afin de partager ma passion avec le plus grand nombre, et non seulement quelques-uns. Je donne du temps, prends des risques, sans grande contrepartie, afin de partager. Mais le marché et les histoires de côte font qu'aujourd'hui mon travail de rue se trouve de plus en plus souvent volé, même sur des portes en acier assez lourdes et de taille conséquente. La porte ne m'appartenait plus. Ce n'est pas moi qu'on a volé, mais tous les passants qui auraient pu l'apprécier. Je ne tiens pas spécialement à la récupérer. Je tiens seulement à stopper les spéculateurs - s'il s'agit de spéculateurs - qui l'ont volée.

Publié par blogcoolstuff@gmail.com à l'adresse 00:01

http://some-cool-stuff.blogspot.fr/2009/05/entretien-avec-christian-guemy-aka-c215.html






























29/12/2012
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