Alain YVER

Alain YVER

CALVIN RUSSEL

CALVIN RUSSEL





SITE OFFICIEL
http://www.calvinrussell.net/

Calvin Russell, revue web
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vidéos
http://www.google.fr/search?q=calvin%20russell&oe=utf-8&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a&um=1&ie=UTF-8&tbo=u&tbs=vid:1&source=og&sa=N&hl=fr&tab=wv



Le bluesman est décédé samedi dans sa propriété au Texas, à l'âge de 62 ans, succombant à une longue maladie.

Une silhouette de desperado rebelle aux ongles noircis parcourant les routes poussiéreuses des Etats-Unis, sa guitare et ses nombreux tatouages pour seule compagnie. Un homme revenu de tout, chez qui la moindre phrase bateau devient une leçon de vie définitive, d'une profondeur insondable.

Calvin, le bluesman texan, c'était avant tout une gueule. Un long corps décharné grêlé de dessins, un visage émacié et creusé par les abus. Et des yeux verts d'une profondeur immense. Un corps portant les stigmates d'un passé houleux et une voix rauque pestant volontiers contre les Républicains, Georges Bush et la police.

Il est né un soir d'Halloween, en 1948, et devient guitariste des Cavemen à 13 ans. Adolescent, de petits vols l'envoient directement en prison. Son compagnon de cellule est un septuagénaire, condamné à la détention à vie pour sept petits larcins. «Là-bas, au Texas, ils considèrent que tu n'as que sept chances. Sept erreurs, et ta vie est finie», racontait-il en 2008. À Sam, mort derrière les barreaux il y a quelques années, il dédiera un album et un morceau.

Majeur et libre, il traîne dans le désert, se fait arrêter du côté du Rio Grande alors qu'il importait de la marijuana au Mexique. Retour à la case prison. «Une expérience que je n'oublierai jamais. J'y pense tous les jours en côtoyant les gens. Je ne juge pas, j'aide autant que je peux.»

Dandy destroy

L'âge aidant, il avait légèrement poli son côté rustique. Exit le Stetson hors d'âge et les jeans délavés du «redneck» texan. C'était désormais en haut-de-forme noir et en redingote de marque qu'il prenait la pose. Singulière métamorphose du cow-boy eastwoodien en dandy destroy à l'allure de croque-mort. «Je regardais le film La Prisonnière du désert, avec Ward Bond et John Wayne. Ward Bond portait un haut-de-forme et un manteau de cuir avec des franges. Je me suis dit, ce mec est cool. J'ai rangé le Stetson, j'aime pas le style cow-boy et ces conneries…».

A la fin des années 80, il traîne dans les bars rock d'Austin, marqué par la drogue et l'alcool. Gratte la guitare pour les murs. Un soir d'anniversaire d'un musicien local, le producteur Patrick Mathé le repère. «Quand j'ai rencontré ce mec, je l'ai tout de suite suivi. Je ne laissais rien derrière moi, je n'avais rien fait de ma vie. Si je ne l'avais pas croisé, je serais encore dans ce même bar, à gaspiller ma vie». L'album A Crack a Time sort dans la foulée. Un an après, il signe Sounds From The Fourth World, le disque qui le consacre.

Depuis, il enregistrait, un peu. Venait en tournée en Europe, de temps en temps. Le reste du temps, il profitait, anonyme parmi les anonymes à Austin. Reconnu et renommé de ce côté de l'Atlantique, presque inconnu chez lui. «Chez moi, il faut rentrer dans une case. Moi je ne fais pas exclusivement du blues, pas vraiment du rock ni de la country. C'est dur d'exister là-bas, il y a tellement de génies méconnus. Et puis, ma vie aux États-Unis, c'est la prison et les conneries. C'était pas là-bas que je pouvais penser percer. J'ai gâché ma chance, c'est tout».

Son authenticité et son côté «hors-la-loi» revendiqué ont su séduire les amateurs du genre. Certains l'érigent de rang au musicien culte, d'autres le jugent trop «carte postale » du «far south». Mais sur scène, il mettait tout le monde d'accord lorsqu'il entonnait Soldier de sa voix caverneuse.





Calvin Russell décroche pour de bon

L'ex-dealer devenu bluesman est décédé lundi des suites d'un cancer.

Russell, chanteur et guitariste de blues et de country, est décédé dimanche 3 avril à l'âge de 62 ans des suites d'un cancer.

Incarnation du blues blanc, Calvin Russell a été découvert en France au début des années 1990 par l'intermédiaire du label hexagonal New Rose Records. Aux Etats-Unis, le chanteur n'a jamais eu de reconnaissance pour ses disques. Il y était connu, mais surtout des services de police. La première partie de sa vie d'adulte a en effet été partagée entre deals de cannabis et séjours en prison (une dizaine d'années au total).

Ce n'est qu'à près de 40 ans, au milieu des années 80, qu'il commence à écrire des chansons. Mais c'est sa rencontre en 1989 avec Patrick Mahé, du label New Rose, qui va faire décoller sa carrière: il sort en 1990 son premier album solo A Crack In Time. Il récidive l'année suivante avec Sounds From The Fourth World: Calvin Russell tourne alors dans beaucoup de salles françaises. Comme les deux précédents, son troisième album Soldier est enregistré à Austin, dans son Texas natal, mais le bluesman change de producteur: Joe Gracey est remplacé par Jim Dickinson, qui a travaillé avec Ry Cooder, les Rolling Stones et Noel Gallagher.

Ses multiples concerts en France se transforment en un album live en 1994: Le Voyageur. Calvin Russell va continuer à enchaîner les albums pendant plusieurs années: Dream Of The Dog (1995), Calvin Russel (1996), et This is my life (1997). Puis le chanteur se fait à nouveau prendre en possession d'herbe dans une station-service du Texas. Risquant une révocation du sursis pour ses condamnations précédentes (le guitariste avait déjà été arrêté en possession de cocaïne à Austin en 1995), Calvin Russell s'en sort finalement avec une liberté surveillée.

L'ex-dealer n'avait jamais caché son mode de vie: «Nous aimons jouer sous LSD», expliquait-il lors de ses tournées européennes, «quand on trippe, on peut boire tout l'alcool du monde sans s'évanouir». Calvin Russell était pourtant clair sur ses préférences: «Des drogues psychédéliques et de la bonne herbe, ça c'était vraiment mon truc.»

Il reviendra en 1999 avec SAM, et en 2000, un album live, Crossroads. Dans les années qui suivront, Calvin Russel sortira six albums. En début d'année, il avait sorti un nouvel album live, Contrabendo, une captation du concert donné le 5 décembre 2007 au Trabendo, à Paris.







Le rockeur texan Calvin Russell est mort

Par LEXPRESS.fr


Le chanteur de rock et de blues est décédé ce dimanche 3 avril d'une longue maladie.
  Le texan Calvin Russell, chanteur de rock et de blues, est décédé le 3 avril à Austin (Texas) à l'âge de 62 ans, d'une longue maladie. Calvin Russell avait subi l'année dernière une greffe du foie. 

Né à Austin en 1948, le chanteur, après une enfance dans un milieu très modeste de l'Amérique profonde, avait vécu une existence chaotique. Il avait effectué plusieurs séjours en prison pour de petits délits, et avait commencé à composer derrière les barreaux. 

A l'âge de 40 ans, la chance lui avait souri lorsqu'un producteur français, Patrick Mathé, fondateur du label New Rose, l'avait découvert dans un bar d'Austin.

Ce musicien ficelait des rock blues et des ballades inspirés. C'est sur scène qu'il donnait la pleine mesure de son talent. Son authenticité et son côté marginal et rebelle avaient séduit les amateurs du genre en France, où il s'était même installé quelques années. Avec son visage cabossé surmonté d'un éternel stetson, ses boots poussiéreuses, son blue jean usé et ses nombreux tatouages, Calvin Russell semblait tout droit sorti d'un western. 

Plusieurs de ses albums, dont A Crack in time, This is my life, Sam, parus dans les années 90, ont rencontré un succès commercial. Sur Unrepentant (XIII Bis Records), paru en 2007, Calvin Russell délivrait encore avec verve ses riffs mordants et son rock'n roll blues. Son dernier album, Dawg eat dawg, est paru en 2009. 





Né en 1948 à Austin, Texas, Calvin Russel est un guitariste de rock et blues américain

Biographie

Sixième d'une famille de neuf enfants, Calvin Russel passe ses cinq premières années quasiment derrière le comptoir du Sho Nuff Café, où son père Red fait la cuisine et où sa mère Daisy est serveuse. A douze ans, Calvin se met à la guitare et bientôt rejoint son premier groupe, The Cavemen. La rue devient son univers, il commence à fumer, à boire et à glander. A quinze ans, il fugue à San Francisco et survit sur la route grâce à de petits boulots : plombier, charpentier, magasinier, et se retrouve plusieurs fois incarcéré pour des délits mineurs d'adolescent.

Réfractaire au modèle américain de la réussite financière et sociale, il se marginalise et vend de l'herbe pour subsister. Arrêté plusieurs fois, il passe une dizaine d'années derrière les barreaux. A la sortie d'un de ses habituels séjours en prison, il se lance dans un périple à travers le Grand Sud et traverse le Rio Grande à Piedras Negras et El Paso. C'est là qu'il commence vraiment à écrire des chansons et à chanter de ville en ville. Il vit en vagabond, mais se fait prendre par les autorités du Nouveau-Mexique, durant l'hiver 1985, avec de l'herbe américaine plein les poches. Inculpé pour importation frauduleuse de stupéfiants il repasse un an et demi dans les geôles du gouvernement mexicain.

Lorsqu'il revient à Austin en 1986, il s'installe dans un trou à rats sous une maison de Patterson Avenue dans le vieux Clarksville, et traîne dans un milieu marqué par l'alcool et la drogue. Il côtoie de nombreux musiciens aussi doués que marginaux, parmi lesquels le légendaire Townes Van Zandt, Willie Nelson ou Leon Russell.

Trois ans plus tard, il fait la rencontre de Patrick Mathé. Habitué d'Austin, où il se rend trois ou quatre fois par an, celui-ci est invité par hasard en décembre 1989 à la soirée d'anniversaire d'un musicien local au Continent Club. C'est comme cela que New Rose publie A Crack In Time début 1990. L'accueil est excellent et Calvin commence à venir en France pour assurer sa promotion.

L'année suivante, il persiste et signe avec Sounds From The Fourth World, album de la consécration, également enregistré à Austin avec Joe Gracey. Calvin commence à tourner beaucoup en France, remplissant les clubs, alors qu'au Texas on l'ignore toujours. De nombreuses pages de journaux sont consacrées là-bas à l'étonnante aventure de sa carrière européenne, mais sans profit pour sa musique.

En 1992, Calvin Russell revient sur le devant de la scène avec Soldier . Dans le prolongement des deux albums précédents, il l'enregistre encore aux Studios Arlyn, mais la production se fait cette fois sous la houlette de Jim Dickinson, empereur du Memphis Sound qui a travaillé avec Ry Cooder et les Rolling Stones.

Début 1994 paraît Le Voyageur, album live enregistré à l'Olympia, l'Elysée-Montmartre, l'Exo 7 à Rouen et le Zig-Zag à Orléans, reflet d'une tournée marathon dans laquelle Calvin Russell a donné en un an 178 concerts en Europe.

En 1995 sort le très acclamé "Dream Of The Dog", tournant dans sa carrière. Dream Of The Dog est le titre d'une vieille légende indienne. La pochette, qui reproduit les dessins d'une couverture indienne, révèle les origines Comanches de Calvin, certains des symboles étant originaires de la tribu de son arrière grand-mère.

L'album suivant «Calvin Russell», (enregistré et mixé à Memphis), est résolument blues et comble à la fois ses fans et les puristes. Pour souffler avant de préparer le prochain, c'est un best of que propose Calvin Russell avec This Is My Life, qui comporte cependant trois nouveaux titres : " Forever Young ", " Texas Song " et " It's All Over Now ".

Alors que paraît "This Is My Life", au hasard d'un arrêt dans une station-service au Texas, son passé d'adolescent resurgit avec violence. Un policeman remarque la saleté des vitres de sa voiture et lui demande d'en descendre. Quand il découvre qu'il se trouve face à un ancien prisonnier, il appelle les maîtres-chiens par radio. Ils trouvent son herbe. Son passeport est confisqué, et cette peccadille risque d'entraîner l'annulation de tous ses sursis, et dix années de prison. Finalement les choses s'arrangent, avec une mise en liberté semi-surveillée sous réhabilitation.







Article extrait de "Sur la route de Memphis" n°57 (4ème trimestre 1999)

Calvin Russell se montre cordial avec tout le monde et fait même l'effort de dire quelques mots en français. Il est accompagné par 4 musiciens : basse, batterie, clavier et surtout l'excellent Jessie Taylor à la guitare solo qui fait un énorme travail sur scène. Vue l'approche actuelle de Calvin Russell, les musiciens sont moins en avant qu'ils n'ont pu l'être sur l'autres tournées. Et puis il y a Calvin qui à la guitare sait ce que s'accompagner veut dire. Calvin, c'est aussi une voix, cette voix rocailleuse qui en fait un chanteur hors de bien des sentiers battus, une voix virile et brute qui reflète le terroir dans lequel le chanteur a évolué. Et, il y a les chansons bien fichues avec des mélodies accrocheuses et des paroles qui elles aussi sortent de l'ordinaire.

Le show débute avec "North Austin slim" et "trouble" avant que Calvin passe en revue les titres de son dernier album avec "Retcha" plutôt rock, l'énergique "wild wild west" et le superbe et très folk "sam brown". On retrouve un peu plus tard les incontournables "change the world", "one meat ball" et le morceau de bravoure qu'est "crossroads". En fin de spectacle, "soldier", "over the raimbow" et en final "knock on the heaven's door" et "whole lotta shakin goin on", tous superbement envoyés à un public ravi qui en redemande.

Article extrait de "Sur la route de Memphis" n°48 (3ème trimestre 1997)

Fête Américaine à Limoux 15 août 1997

 Ce 15 août s'est terminé par le show de Calvin Russell, un Calvin au mieux de sa forme avec une formation mois rock (fini les débordement intempestifs du guitariste) et plus blues avec l'addition d'un piano. Du coup l'ensemble sonne plus Texas, plus américain et est de grande qualité.

Le répertoire est composé de l'ensemble de ses succès et pour le plus grand plaisir du public, Calvin restera plus de 2 heures sur scène, terminant par "It's all over now" des Stones

Gérard DESMEROUX





Calvin Russell

La carrière de Calvin Russell démarre tardivement, mais très fort; "A Crack in Time", son premier album sur New Rose reçoit un accueil unanime, qui propulse cet obscur Texan, persuadé quelques mois plus tôt que sa carrière musicale était terminée, vers un succès aussi rapide qu'inattendu.

 A l'origine, "A Crack in Time" était sensé être le deuxième album des Characters, son groupe, le premier étant sorti en Allemagne sur Line Records dans l'indifférence générale, mais je tiens à ce qu'il sorte sous le nom de Calvin Russell, dont le talent et le charisme dépassent largement le statut de chanteur d'un groupe au nom plutôt banal .

La suite logique au succès d'un disque est, bien entendu, la tournée.

 Or, Calvin n'a jamais tourné de sa vie. Quelques apparitions dans des clubs de seconde zone d'Austin et ses environs devant un public clairsemé, rien de plus, le premier album des Characters n'étant même pas sorti aux USA. Et subitement, voilà qu'on l'invite à tourner en France !

 Le premier concert, a lieu au Kremlin Bicêtre, quartier général de New Rose à l'époque, dans le cadre du festival des 10 ans du label. Inutile de dire que Calvin et ses acolytes sont morts de trac; ils n'ont jamais joué dans une vraie salle, avec une vraie sono, et un public de plusieurs centaines de personnes, qui en plus sont fans et connaissent déjà tous les morceaux par coeur.

 Le groupe est composé des frères Waddell à la rythmique, deux fous furieux qui sont aussi teigneux derrière leurs instruments que dans la vie, et de l'incroyable Gary Craft à la guitare, un immense olibrius sorti tout droit du psychédélisme. C'est la formation originale des Characters.
Le trac qui les ronge sert de détonateur; d'entrée " Living at the end of the Gun", du premier album des Characters, mais que j'avais inclus dans  "A Crack in Time", donne le ton d'un concert survolté, qui surprend ceux, y compris moi, qui s'attendent à entendre un songwriter plutôt serein et intimiste.

On se croirait au Saxon Club à Austin (le seul club où les Characters peuvent se produire à peu près régulièrement) !

Ce concert est à la fois le dernier concert des Characters et le premier concert de Calvin Russell, et c'est ce qui le rend unique. Si, comme beaucoup, vous avez Calvin découvert avec "Songs from the fourth world" ou "Soldier", vous ne l'avez jamais vu un tel concert. Ce live au Kremlin, c'est le baptême de feu d'un Texan sorti de nulle part, qui n'avait jamais imaginé chanter devant un public conquis, à des milliers de kilomètres de chez lui. Il est encore timide, parfois maladroit mais son immense talent éclate déjà à chaque morceau; il a besoin d'être rassuré par son groupe, il a du mal à réaliser que tous ces gens sont venus pour lui, que dans quelques mois il sera considéré comme un chanteur/ songwriter majeur. Ce soir là, une star est entrain de naître. Vous connaissez la suite.

 Patrick Mathé

 




Calvin Russell


C'est du coeur même du Texas - cette terre avec son bétail à cornes, ses étés brûlants, ses tornades, ses grands ciels clairs et ses kilomètres d'autoroute qui s'étirent entre Beaumont et el Paso -, que nous vient CALVIN RUSSELL.

Né durant la nuit d'Halloween 1948 à Austin (Texas), CALVIN passe en fait les cinq premières années de sa vie au comptoir du "Sho Nuff Café" où son père, Red, fait de la cuisine rapide et où sa mère, Daisy, est serveuse. CALVIN dit que ses tous premiers souvenirs sont ceux d'une maison de bois dans une rue sale qui se terminait en cul-de-sac, derrière le Pete Pisto's Wrecking Yard. « On savait qu'on filait un mauvais coton, confie-t-il, mais on aimait notre liberté. Je construisais des bolides et courais dans tous les coins du Texas tandis que les autres gamins en étaient encore au stade de la bicyclette ».

Sixième de 9 enfants, RUSSELL apprend à jouer de la guitare à 12 ans, et dès l'âge de 13 ans, assure les parties rythmiques dans un groupe baptisé The Cavemen, « ce qui m'a valu d'être un vétéran du rock à 16 ans ! ». Il vit vite, librement, fait quelques entorses à la loi pour ce qu'il appelle "des choses sans importance"... Ce qui lui vaut tout de même d'échouer en maison de correction, puis peu après en prison. A sa sortie, il commence sa randonnée aventurière vers le grand sud, chevauchant une Harley.

Il traverse le Rio Grande à Piedras Negras et El Paso, à la recherche de sensations nouvelles. Il écrit, il chante, se laisse emporter par les visions et rêves torrides de ce coin de l'ouest, terre aride et désertique pavée de pierres brûlées. Cette partie du Texas, que l'on surnomme "The Valley", est le commencement d'une terre abandonnée, d'un désert dépeuplé qui s'étend jusqu'à la Vallée de la Mort et Baja California.

Début 80, on retrouve CALVIN dans le Sud Texas. Il traverse de part en part "The Valley", vivant comme un vagabond sur ce territoire de mirages et de contrebande. A Nuevo Laredo, Nouveau Mexique, il est incarcéré, et durant l'hiver 85, se retrouve dormant à même le ciment d'une cellule, au coeur de la periode de froid la plus rigoureuse que connût cette partie du désert.

Lors de son retour à Austin, CALVIN s'installe dans un trou à rat, sous une maison de Patterson Avenue, dans le vieux Clarksville. C'est à cette époque qu'il tente d'intéresser le milieu musical local à son travail.

CALVIN zone - avec toute une bande d'irréductibles - dans de sombres enclaves où circulent alcool et drogue. Mais ces mêmes enclaves (qui servaient d'abris aux hors la loi pendant la Conquête de l'Ouest) sont aussi un repaire de musiciens marginaux et surdoués tels que Townes Van Zandt, Jimmy Dale Gilmore, Willie Nelson, Leon Russell, Willis Alan Ramsey, Jerry Jeff Walker et Michael Murphy. La verve de ces talents sudistes, la qualité particulière de la vie texane et l'époustouflant paysage de collines baignées de brumes seront l'inspiration première de plus d'un musicien, comme Blaze Foley, Craig Lee Fuller, Rich Minus, Hal Ketchum et CALVIN lui-même...
« Un rock'n'roller hors la loi qui se bat contre la morosité des temps modernes », est la meilleure définition de CALVIN (cela selon ses propres termes). Pour enfoncer le clou, ce macadam cow-boy stylé conclut d'une voix nouée : « Oui, je suis un rebelle, car je m'érige contre les lois inutiles, celles qui entravent notre quête du bonheur ».

Depuis 1989 - année où Patrick Mathé rencontre CALVIN au Continent Club d'Austin et le signe sur New Rose Records - CALVIN a produit quatre albums studio et un album live. Belle poignée de disques, véritables anthologies d'un "hobo" au romantisme suturé à vif. D'arpèges nonchalants en riffs teigneux, notre cow-boy au grand coeur nous entraîne, de son Texas natal, vers de surprenants lieux-carrefours où survit la frange atypique (mais hautement fréquentable) d'une humanité en lisière de respectabilité.

Le premier album sorti en France, "A CRACK IN TIME", fut accueilli comme un « grand album aux couleurs de Lone Star State » (Stacatto, été 1990). Riche d'intimistes dérives, cisaillé d'acoustiques étapes, d'électricité, d'héroïsme humble et congru, ce coup d'essai permis à notre Texan de participer à bon nombre de festivals en compagnie de Little Villa et The Kinks.

Son second album "SOUNDS FROM THE FOURTH WORLD", subtile peinture des misères et travers de nos vies, fédéra d'emblée l'attention du public et des critiques français. Sur cet album, on peut d'ailleurs entendre le titre "Crossroads", aujourd'hui considéré comme l'un des incontournables de CALVIN.

"SOLDIER", son troisième album chez New Rose, a été produit par un natif de Nashville, JIM DICKINSON. Neuf titres où fulgurent l'énergie, l'étonnante maîtrise et la maturité de CALVIN. Les Inrockuptibles ont dit de ce disque : « Il y a des soirées où le choix est simple si vous voulez convaincre votre petite amie... Ou vous écoutez Blonde On Blonde une fois de plus, ou vous écoutez "Soldier" »

Le succès de cet album encourage CALVIN à enregistrer un album live, "LE VOYAGEUR". Inventaire d'une tournée marathon, ce document fut enregistré lors de ses concerts à guichet fermé à l'Olympia (Paris), l'Exo-7 (Rouen), le Zig-Zag (Orléans) et l'Elysée Montmartre (Paris). En 1993, le CALVIN RUSSELL BAND a donné 178 concerts en Europe, chaque set confirmant la cohérente efficacité du showman.

Avec son quatrième album studio, "DREAM OF THE DOG", l'homme au stetson continue sa valeureuse bataille. Ici, une reprise d'Eric Burdon and The Animals : "It's My Life". Là, des chansons calibrées pour la poussière des grands chemins comme "The Valley Far Below", "Trouble" ou "Don't Turn Your Head". L'écriture s'est affinée et parfois rappelle la cahotique mais miraculeuse prose de William Burroughs. Produit par Mike Stewart, cet opus nous offre le jeu particulier de la guitare de Jon Dee Graham, ancien membre des True Believers.






Calvin Russell back to Europe

Calvin Russell fait partis des personnages immuables et imperturbables de la musique « roots », après des séries de concerts énormes, des albums vendus dans le monde entier et des fans par dizaines de milliers, l'homme est resté le même. Il promène son blues-rock à la texane sur les routes du monde et influence au passage fortement la musique européenne.

Avec une identité forte Clavin Russell construit une intégrité artistique difficile à mettre en défaut, il oscille entre une attitude d'« outlaw » ou de Rock'n roller hors la loi comme il se définit, et une douceur, un calme, un déterminisme qui le rapproche de l'image d'un Clint Eastwood des grands jours dans le look et dans le flow du discours (on vous laisse juger dans l'itw ;))
Á la crosée des chemins, Calvin Russell sur Stufftrack

Il rejoint Stufftrack à l'occasion de sa venue en France pour deux événements européens.

Stufftrack a pu l'interviewer au téléphone depuis Austin, vous pouvez donc l'écouter en version originale dans le player, et pour ceux qui ne sont pas anglophones, on vous joint à cet article la traduction de cetentretien.

Et si vous voulez des détails sur la bio de Calvin Russell, rendez vous sur sa music page.









L'interview de Calvin Russell en français


« Salut à tous c'est Calvin Russell ça fait pas mal de temps maintenant que je ne suis pas revenu en Europe. Cette année, je travaille sur mon nouvel album dont la sortie est prévue en France fin 2007 sur le Label XIII Bis Records.

J'ai également travaillé et enregistré une chanson intitulée " Je suis un homme " qui sort sur le" Tribute to Polnareff ".

Les 24 et 25 mars prochains, je serai également invité à La Cigale aux côtés de Paul Personne, le temps d'une chanson.

Dans un autre registre, je ferai une apparition fin 2008 dans un film dont le titre français reste à définir.

Enfin, je reviendrai en France pour une tournée fin 2007, je serai évidemment ravi de vous retrouver, ça fait trop longtemps... Notamment à cause des problèmes que j'ai connus de l'autre côté de l'océan... Heureusement maintenant tout ça est derrière moi et il me tarde de vous revoir...Bye ! ».



INTERVIEW


Thierry Buffetaud : Vous arrivez à vous définir ?
Calvin Russell : "Je suis un rock'n'roller hors la loi qui combat la tristesse des temps modernes".
Thierry Buffetaud : Vous incarnez une musique typiquement américaine que les américains n'ont su reconnaître,
comment pouvez-vous expliquer que ce soit un producteur français qui vous repère par hasard ?
Calvin Russell : " Ma vie est ainsi faite, une vie de bohème à lutter contre des injustices, lutter pour une égalité humaine,
alors évidemment cette vision des choses n'avait pas attiré les labels  américains, mais je n'avais rien fait aussi pour leur
plaire. C'est Patrick Mahé qui est venu vers mes paroles et vers ma musique.
Thierry Buffetaud : Vous êtes toujours le même homme donc, y compris depuis votre mariage ?
Calvin Russell : "Ah ah (rires), le mariage a adouci mes moeurs (re-rires)...
Thierry Buffetaud : Ca se sent sur l'écriture ? Votre vision est-elle plus optimiste ?
Calvin Russell : "Ca ne change rien, ma vision est la même, mais c'est vrai que sur cet album mon propos
est moins violent que par le passé"
Thierry Buffetaud : Alors, ce nouvel album : qui est SAM ?
Calvin Russell : "J'étais en prison quand j'avais vingt ans et mon voisin de cellule s'appelait SAM, il y est resté 32 ans.
Il était devenu mon ami"
Thierry Buffetaud : Cet album, comme les autres, reflète le coeur de l'amérique
Calvin Russell : "C'est ma musique, elle plait ou elle ne plait pas. En général elle plait aux USA, ce qui peut gêner certains
américains puritains est plus ma façon de vivre qui dérange que ma musique.
Thierry Buffetaud : Un peu comme dans "Easy reader" ?
Calvin Russell : "C'est pas tout à fait pareil. Le fait qu'un mec ne vive pas dans un schéma puritain, à colporter une parole
de paix et d'égalité entre les hommes n'est pas une exception aux USA, mais ca dérangera toujours certains américains qui
sont aussi le coeur de ce pays. Le monde aura du mal à évoluer avec des gens bornés".
Thierry Buffetaud : Toujours l'espoir ?
Calvin Russell : Toujours !...
Thierry Buffetaud : Vous continuez alors votre chemin ?
Calvin Russell : Bien sûr, c'est ma vie !
    

 
    
         



08/06/2007
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