Alain YVER

Alain YVER

CECIL BEATON

CECIL BEATON





Cecil Beaton, le prince de la photographie
Surnommé "le prince de la photographie", le photographe anglais Cecil Beaton est resté célèbre pour ses portraits d’une troublante beauté. De nombreuses personnalités, de Greta Garbo à Mick Jagger, ont posé pour cet artiste inclassable.



Le photographe américain, sur lequel vient de sortir une nouvelle monographie, s’est illustré dans les portraits de personnalités. Ses choix et son travail révèlent un certain mépris de la société de consommation, dont il a pourtant été l’un des acteurs...
Si la photographie résulte d'un phénomène chimique, Cecil Beaton, lui, travaillait plutôt en alchimiste, transformant, par la seule force de son regard, le plomb de la culture de masse, non pas en or, mais en oeuvre. « Il pouvait prendre n'importe quelle petite vendeuse du Texas ou de New York, et la transfigurer, se souvenait le photographe Irving Penn. La photographie est une projection. Et Cecil projetait ses modèles. » Il les projetait dans un monde fantasmé, imprégné d'une entêtante nostalgie pour une société défunte, dont l'objet photographique est le fétiche.
Comme le souligne David Alan Mellor dans sa monographie de l'artiste, la photo est, pour Beaton, un « objet précieux, choyé et respecté ; un objet collectionné, vénéré quasiment comme un souvenir proustien, une réminiscence magique ravie à la culture de masse et transmuée par des fantasmes d'origine, d'autorité et d'amour ». Certes, le XXe siècle, grâce à ses magazines de mode à grand tirage comme « Vogue », a fait la gloire de Cecil Beaton ; mais l'époque n'inspire que dégoût à ce dandy esthète. Romantique et conservateur, il cultive une certaine forme de distinction aristocratique à la fois dans la pratique de son art, ses options esthétiques et le choix de ses modèles.
S'adonnant à la photographie « simplement pour passer le temps », il manifeste un détachement non dénué d'arrogance vis-à-vis du caractère commercial de son activité. Seul son bon vouloir le détermine à accepter des commandes de portraits : « Je me refuse à photographier la première mémère venue au côté d'une collégienne de 16 ans », affirmait-il. Guidé par l'idée qu'il se fait de son métier, ou plutôt de son passe-temps, Beaton endosse la posture de l'amateur. Longtemps, il se vante de n'utiliser qu'un simple Kodak, jusqu'à ce que le patron de « Vogue » lui impose l'usage d'un appareil à plaques, plus professionnel. Détaché des contraintes matérielles, l'artiste laisse à des assistants le soin de régler les aspects techniques, et notamment le travail de développement et d'impression.
L'autre versant de cette conception aristocratique de la photographie, c'est le refus du portrait de studio, qu'il avait en horreur. Selon David Allan Mellor, « cette horreur qui hantait Beaton masquait en fait une répugnance pour la société industrielle de masse et, par-dessus tout, pour ce monde réduit à un immense " marché " ». Paradoxalement, le photographe de mode qu'il était allait contribuer à l'extension de ce marché et à la réification de la femme réduite au rôle de mannequin.
Au studio, l'artiste préfère l'environnement familier des modèles : riches demeures patriciennes, bucoliques jardins anglais... Ce monde, c'est le sien. Toute une société de nobliaux, d'artistes et de vedettes de la société du spectacle défile devant son objectif. On reconnaît des créateurs comme Picasso, Cocteau, Dalí et, plus tard, Andy Warhol et David Hockney, des stars, de Marlène Dietrich à Marilyn Monroe, de Gary Cooper et Audrey Hepburn aux Rolling Stones. La famille royale elle-même lui confie son image. Dans l'univers de Beaton, s'ébat également un aréopage d'éphèbes aux poses alanguies et d'homosexuels notoires, comme l'écrivain Charles Henri Ford. Cette imagerie homoérotique exalte le corps masculin et le pare d'une sensualité trouble et provocante. 
Lire la suite dans le Magazine Connaissance des Arts janvier 2013
CECIL BEATON, PHOTOGRAPHIES 1920-1970, par Philippe Garner et David Allan Mellor, éd. Hazan (320 pp., 265 ill., 69 EUR).






Cecil Beaton
de Philippe Garner et David Alan Mellor
Editeur: Hazan
Critique du livre
Par Julien Beauhaire
 
« À mon arrivée à Cambridge en 1922, je me déterminai pour la vocation d’esthète.» Dernier dandy de l’Empire britannique, Cecil Beaton aimait apparaître pour un oisif. En réalité, cet « esthète fanatique », comme il se décrivait lui-même, mettait du cœur à l’ouvrage dans ce qu’il entreprenait. Décorateur de théâtre, ensemblier pour le cinéma, jardinier ou écrivain, il est surtout connu pour son activité de photographe. Ses portraits mondains et sa vie de bohème l’ont en effet rendu mondialement célèbre. « Mon tout premier souvenir est celui d’une femme dansant sur une table chez Maxim’s », écrit-il. Jusqu’à la fin de sa carrière, en 1970, il a mis en lumière au propre et au figuré ceux qui ont fait rêver durant le siècle dernier : la famille royale, Coco Chanel, Marilyn Monroe, Katherine ou Audrey Hepburn, Pablo Picasso, Salvador Dalí, etc.
 
Philippe Garner et David Alan Mellor, respectivement expert en photographie, design et arts décoratifs du XXe siècle et historien de l’art, signent avec ce bel ouvrage richement illustré une photobiographie mémorable du dandy mondain qui n’aimait rien d’autre qu’être photographié et exposé au regard de tous. Devenu dès sa parution en 1994 un grand classique pour son contenu riche et sans égal, Cecil Beaton, est aujourd’hui réimprimé en duotone et en couleur.  







Cecil Beaton

Cecil Walter Hardy Beaton (14 janvier 1904 - 18 janvier 1980, Londres) était un photographe de mode et de portrait britannique.
Il fut également scénographe et concepteur de costumes pour le cinéma et le théâtre.
Cecil Beaton se fait connaître par une première exposition à Londres en 1926 qui est bien accueillie et lui permet de signer un contrat avec la version britannique du magazine Vogue en 1931 pour lequel il collabore jusqu'au milieu des années 1950.
Commençant sa carrière par photographier ses riches amis hédonistes des Bright Young Things, il travaille également avec la revue de mode Harper's Bazaar et comme photographe pour Vanity Fair.
Dans le Hollywood des années 1930, il réalise de nombreux portraits de célébrités.
Ses principales expositions se sont tenues au National Portrait Gallery à Londres en 1968 et en 2004.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cecil_Beaton





BEATON CECIL (1904-1980)


Comme Lartigue, le Britannique Cecil Beaton, issu d'une riche famille, a découvert la photographie très tôt. En 1916 exactement : il avait douze ans. Avec une pointe de forfanterie, il prétendait même s'y être intéressé dès l'âge de trois ans. Ce qui est certain, c'est que toute son enfance fut marquée par le théâtre et les images victoriennes qu'il collectionnait avec passion. Et qu'à douze ans on lui offrit un appareil photographique. Ses premiers modèles seront ses sœurs Barbara et Nancy. Leur gouvernante Babi développe les photographies dans la baignoire et fait les tirages. Cecil, lui, déguise ses sœurs en costumes d'époque, les met en scène dans des décors de rêve réalisés à l'aide de morceaux d'étoffe trouvés dans le grenier de la maison paternelle et de toutes sortes d'accessoires, et règle les éclairages. La prééminence de la mise en scène sur la technique photographique proprement dite, qui sera à la fois l'originalité et la limite de Cecil Beaton, est donc peut-être héritée en partie de Adolphe De Meyer, comme on l'a dit, mais elle procède aussi d'un mouvement plus profond.
Son père l'envoie étudier à Harrow puis à Cambridge et le destine à entrer dans un Office de la City. La photographie est-elle oubliée pour autant ? Non. Cecil improvise un studio de portrait chez lui. Se perfectionne. Éblouit son entourage. Et, en 1930, expose ses photographies à la galerie Cooling à Bond Street. C'est là qu'il rencontre l'éditeur américain de Vogue, rencontre déterminante pour la suite de sa carrière.
Il part pour l'Amérique, pour Hollywood notamment, où son goût du théâtre se donne libre cours. Tout jeune, il observait à la loupe les photos de décors publiées dans les magazines spécialisés pour voir de quoi était fait cet artifice de la scène qui le séduisait tant. À Hollywood, domaine du rêve et de l'illusion, il est à son affaire. Il va se laisser aller à toute son extravagance, à son penchant pour l'ornementation et la surcharge décorative qui lui viennent de la photographie victorienne.

http://www.universalis.fr/encyclopedie/cecil-beaton/









28/01/2013
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