Alain YVER

Alain YVER

CELINE

CELINE







Louis-Ferdinand Céline


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Activité(s)     romancier, essayiste, médecin
Naissance     27 mai 1894
Décès     1er juillet 1961
Genre(s)     roman, essai
Distinctions     Prix Renaudot 1932

Louis Ferdinand Auguste Destouches, plus connu sous son nom de plume Louis-Ferdinand Céline (prénom de sa grand-mère et l'un des prénoms de sa mère), généralement abrégé en Céline (1894 – 1961), est un médecin et écrivain français, le plus traduit et diffusé dans le monde parmi ceux du XXe siècle après Marcel Proust.

Sa pensée nihiliste est teintée d'accents héroïcomiques et épiques. Controversé en raison de ses pamphlets antisémites, il n'en demeure pas moins un des plus grands écrivains de la littérature française du XXe siècle. Il est le créateur d'un style qui traduit toute la difficulté d'une époque à être et à se dire et qui exprime sa haine du monde moderne. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands prosateurs de son temps, aux côtés d'autres connaisseurs de l'absurdité humaine comme Sartre, Albert Camus et Beckett[1]


 Jeunesse en région parisienne

Céline est né le 27 mai 1894 à Courbevoie, département de la Seine, au 11, rampe du Pont-de-Neuilly (aujourd'hui chaussée du Président-Paul-Doumer), ainsi qu'il le répète avec insistance dans D'un château l'autre. Sa famille déménage et s'installe à Paris passage Choiseul dans le quartier de l'Opéra où Céline passe toute son enfance dans ce qu'il appelle sa « cloche à gaz » en référence à l'éclairage de la galerie par la multitude de becs à gaz au début du XXe siècle. Issu d'une famille de petits bourgeois relativement aisée, père employé d'assurances qui était « correspondancier » selon les propres mots de l'écrivain et avait des prétentions nobiliaires (parenté revendiquée plus tard par son fils avec le chevalier Destouches, immortalisé par Barbey d'Aurevilly), et d'une mère commerçante en dentelles, il reçoit une instruction assez sommaire, malgré deux séjours linguistiques en Allemagne et en Angleterre. Il occupe de petits emplois durant son adolescence, notamment dans des bijouteries, et s'engage dans l'armée française en 1912 à 18 ans par devancement d'appel.

Première Guerre mondiale et Afrique

Il rejoint le 12e régiment de cuirassiers à Rambouillet. Il utilisera ses souvenirs d'enfance dans Mort à crédit et ses souvenirs d'incorporation dans Casse-pipe (1949). Il est promu maréchal des logis le 5 mai 1914 quelques semaines avant son vingtième anniversaire.

Trois mois plus tard, son régiment participe aux premiers combats de la Première Guerre mondiale en Flandre Occidentale.

Pour avoir accompli une liaison risquée dans le secteur de Poelkapelle au cours de laquelle il est blessé au bras droit – et non à la tête, contrairement à une légende tenace –, avoir été grièvement blessé à l'épaule droite et dès l'automne 1914 avoir eu le tympan abîmé[2], il sera décoré de la Croix de guerre avec étoile d'argent, ce qui lui conférera la Médaille militaire, le 24 novembre 1914.

Inapte au combat, il est affecté comme auxiliaire au service des visas du consulat français à Londres (dirigé par l'armée en raison de l'état de siège) puis réformé après avoir été déclaré handicapé à 70 % en raison des séquelles de sa blessure. L'expérience de la guerre jouera un rôle décisif dans la formation de son pacifisme et de son pessimisme.

Il contracte alors un engagement avec une compagnie de traite qui l'envoie en Afrique.

Rencontre importante qui complète sa formation intellectuelle : il travaille en 1917-1918 auprès du savant-inventeur-journaliste-conférencier Henry de Graffigny. Embauchés ensemble par la mission Rockefeller, ils parcourent la Bretagne en 1918 pour une campagne de prévention de la tuberculose.

La formation du médecin

Après la guerre, il se fixe à Rennes. Ayant épousé Edith Follet la fille du directeur de l'École de médecine de Rennes, il prépare le baccalauréat, qu'il obtiendra en 1919, puis poursuit des études de médecine de 1920 à 1924 en bénéficiant des programmes allégés réservés aux anciens combattants. Sa thèse de doctorat, La Vie et l'œuvre d'Ignace Philippe Semmelweis (1924), est aujourd'hui considérée comme sa première œuvre littéraire. Il publie La Quinine en thérapeutique (1925). Après son doctorat, il est embauché à Genève par la fondation Rockefeller qui subventionne un poste de l'Institut d'hygiène de la SDN, fondé et dirigé par le Dr Rajchman. Sa famille ne l'accompagne pas. Il accompagnera plusieurs voyages de médecins en Afrique et en Amérique. Cela l'amène notamment à visiter les usines Ford au cours d'un séjour à Détroit qui durera un peu moins de 36 heures.

La formation de l'écrivain

Comme beaucoup d'écrivains, Céline a su habilement bâtir toute une série de mythes sur sa personnalité. En même temps que Voyage au bout de la nuit, Céline écrivait des articles pour une revue médicale (La Presse médicale) qui ne correspondent pas à l'image de libertaire qu'on s'est faite de lui[3]. Dans le premier des deux articles qu'il donna à cette revue en mai 1928, Céline vante les méthodes de l'industriel américain Henry Ford, méthodes consistant à embaucher de préférence « les ouvriers tarés physiquement et mentalement » et que Céline appelle aussi « les déchus de l'existence ». Cette sorte d'ouvriers, remarque Céline, « dépourvus de sens critique et même de vanité élémentaire », forme « une main-d'œuvre stable et qui se résigne mieux qu'une autre ». Céline déplore qu'il n'existe rien encore de semblable en Europe, « sous des prétextes plus ou moins traditionnels, littéraires, toujours futiles et pratiquement désastreux ».

Dans le deuxième article, publié en novembre 1928, Céline propose de créer des médecins-policiers d'entreprise, « vaste police médicale et sanitaire » chargée de convaincre les ouvriers « que la plupart des malades peuvent travailler » et que « l'assuré doit travailler le plus possible avec le moins d'interruption possible pour cause de maladie ». Il s'agit, affirme Céline, d'« une entreprise patiente de correction et de rectification intellectuelle » tout à fait réalisable pourtant car « Le public ne demande pas à comprendre, il demande à croire. » Céline conclut sans équivoque : « L'intérêt populaire ? C'est une substance bien infidèle, impulsive et vague. Nous y renonçons volontiers. Ce qui nous paraît beaucoup plus sérieux, c'est l'intérêt patronal et son intérêt économique, point sentimental. » On peut toutefois s'interroger sur la correspondance entre ces écrits et les réels sentiments de Céline, sur le degré d'ironie de ces commentaires « médicaux » (ou sur une éventuelle évolution) car, quelques années plus tard, plusieurs passages de Voyage au bout de la nuit dénonceront clairement l'inhumanité du système capitaliste en général et fordiste en particulier[4].

Contrairement à la légende souvent reprise, il ne sera jamais conseiller médical de la société des automobiles Ford à Detroit[réf. nécessaire]. Son contrat à la SDN n'ayant pas été renouvelé, il sera engagé, après avoir envisagé d'acheter une clinique en banlieue parisienne et un essai d'exercice libéral de la médecine, par le dispensaire de Clichy où il effectuera quatre vacations de deux heures par semaine pour lesquelles il sera payé 2 000 F par mois. Pour compléter ses revenus, il occupera un poste polyvalent de concepteur de documents publicitaires, de spécialités pharmaceutiques et même de visiteur médical dans trois laboratoires pharmaceutiques.

C'est toute cette partie de sa vie qu'il relate à travers les aventures de son antihéros Ferdinand Bardamu, dans son roman le plus connu, le premier, Voyage au bout de la nuit (1932), pour lequel il reçoit le prix Renaudot, après avoir manqué de peu le prix Goncourt.

L'épisode vichyssois

Après le débarquement du 6 juin 1944, Céline, craignant pour sa vie, quitte la France le 14 juin 1944. Il se retrouve d'abord à Baden-Baden, en Allemagne, avant de partir pour Berlin, puis pour Kraenzlin (le Zornhof de Nord) d'où il ne put rejoindre le Danemark... Apprenant que le gouvernement français se formait à Sigmaringen, Céline proposa alors à Fernand de Brinon, le représentant de Vichy pour la France occupée, d'y exercer la médecine ; celui-ci accepta. Voilà comment Céline gagna par le train Sigmaringen, voyage qu'il relate dans Rigodon ; là-bas il côtoie le dernier carré des pétainistes et des dignitaires du régime de Vichy (D'un château l'autre). C'est seulement après, le 22 mars 1945, qu'il quitte Sigmaringen pour le Danemark, occupé par les Allemands, afin de récupérer son or qui y était conservé. Chronologiquement, la « trilogie » allemande commence ainsi par Nord, se prolonge par D'un château l'autre, et finit par le livre posthume Rigodon. Céline, dans Nord, fait plusieurs clins d'œil au lecteur censé avoir déjà lu D'un château l'autre. Il atteignit enfin le Danemark pour y vivre en captivité : près d'une année et demie de prison, et plus de quatre ans dans une maison au confort rudimentaire près de la mer Baltique.

Il vit dans un taudis qu'il ne peut chauffer, boycotté par le monde littéraire. Lors de l'Épuration, il est condamné à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark) et à l'indignité nationale.

Le retour en grâce

Céline est amnistié en 1951 grâce à son nouvel avocat Tixier-Vignancour. Il signe alors un contrat avec Gallimard. Désireux de bénéficier de la retraite, il s'inscrit à l'Ordre des médecins, mais demande une dispense de cotisations, « car il n'a pas de clientèle ». Il doit apposer une plaque de médecin à l'entrée de son pavillon, mais ne semble pas avoir aménagé d'emplacement où il aurait pu recevoir ses patients éventuels. À 65 ans, il retire la plaque et obtient le bénéfice de sa retraite.
La tombe de Céline au cimetière de Meudon

L'écrivain veut récupérer son prestige perdu à cause de son antisémitisme virulent, et retrouve le succès à partir de 1957 avec la « trilogie allemande », dans laquelle il romance son exil. Publiés successivement et séparément, D'un château l'autre (1957), Nord (1960) et Rigodon (1969) forment en réalité trois volets d'un seul roman. Céline s'y met personnellement en scène comme personnage et comme narrateur.

Louis-Ferdinand Destouches décède en 1961 domicile Route des Gardes Meudon (Hauts-de-Seine), laissant veuve la danseuse et professeur de danse Lucette Destouches (née Almanzor), pour laquelle il écrivit ses arguments de ballets. Il est enterré au cimetière des Longs Réages, à Meudon.

Le style Céline

Céline révolutionne le récit romanesque traditionnel, jouant avec les rythmes et les sonorités, dans ce qu'il appelle sa « petite musique ». Le vocabulaire à la fois argotique et scientifique, familier et recherché, est au service d'une terrible lucidité, oscillant entre désespoir et humour, violence et tendresse. Révolution stylistique et réelle révolte (le critique littéraire Gaétan Picon est allé jusqu'à définir le Voyage comme « l'un des cris les plus insoutenables que l'homme ait jamais poussé »).

C'est en 1936 que, dans Mort à crédit, cette révolution stylistique prend un tour beaucoup plus radical, notamment par l'utilisation de phrases courtes, très souvent exclamatives, séparées par trois points de suspension. Cette technique d'écriture, conçue pour exprimer et provoquer l'émotion, se retrouvera dans tous les romans qui suivront. Elle décontenancera une bonne partie de la critique à la publication de Mort à crédit. Dans ce roman nourri des souvenirs de son adolescence, Céline présente une vision chaotique et antihéroïque, à la fois burlesque et tragique, de la condition humaine. Le livre, cependant, connaît peu de succès, et se trouve même critiqué par les partisans de Voyage au bout de la nuit. Simone de Beauvoir prétendra (mais longtemps après, en 1960) qu'elle et Jean-Paul Sartre y auraient alors vu « un certain mépris haineux des petites gens qui est une attitude préfasciste[5] » tandis qu'Élie Faure, qui avait encensé le Voyage, juge simplement que Céline « piétine dans la merde[6] ».

Sur le plan stylistique, la progression qui apparaît entre son premier roman et son ultime trilogie est marquée par une correspondance de plus en plus nette entre le temps du récit (ou temps de l'action) et le temps de la narration (ou temps de l'écriture). C'est ainsi que le présent de narration envahit l'espace romanesque au point que l'action ne semble plus se dérouler dans le passé, mais bien au contraire au moment même où le narrateur écrit. Le texte se rapproche ainsi progressivement du genre de la chronique, donnant à son lecteur l'impression que les événements se déroulent « en direct », sous ses yeux.
Il est intéressant de le rapprocher de son contemporain Ramuz, qu'il disait être « l'initiateur du transfert de la langue parlée dans la langue écrite ».

C'est dans son deuxième roman, Mort à crédit, mettant en scène l'enfance de Ferdinand Bardamu, alter ego littéraire de Céline, qu'il développe son véritable style, dont les points de suspension sont caractéristiques, style que l'on retrouve dans les romans suivants. Ces fameux points de suspension ont fait l'objet de nombreuses thèses. Ils peuvent s'expliquer par la volonté de l'auteur de combiner langue écrite et orale.

Politique, racisme et antisémitisme

La violente critique du militarisme, du colonialisme et du capitalisme qui s'exprime dans ses livres, fait apparaître Céline comme un écrivain proche des idées de la gauche. En 1936, il est invité en URSS, notamment sous l'influence d'Elsa Triolet, à valider ses droits d'auteur pour Voyage au bout de la nuit (en Union soviétique les droits d'auteurs étaient bloqués sur un compte en banque qu'on ne pouvait utiliser que dans le pays même). Il écrit à son retour son premier pamphlet, Mea culpa, charge impitoyable contre une Russie soviétique bureaucratique et barbare, la même année que Retour de l'URSS d'André Gide.

Céline s'exprime alors par une série de pamphlets violemment antisémites. En 1937, paraît Bagatelles pour un massacre, André Gide écrira « Quant à la question même du sémitisme, elle n'est pas effleurée. S'il fallait voir dans Bagatelles pour un massacre autre chose qu'un jeu, Céline, en dépit de tout son génie, serait sans excuse de remuer les passions banales avec ce cynisme et cette désinvolte légèreté. » [7], puis en 1938, L'École des cadavres. Ces livres connaissent un grand succès : il y étale un racisme et un antisémitisme radicaux, mais aussi le désir de voir se créer une armée franco-allemande et une apologie de Hitler qui n'aurait aucune visée sur la France : « Si demain Hitler me faisait des approches avec ses petites moustaches, je râlerais comme aujourd'hui sous les juifs. Mais si Hitler me disait : "Ferdinand ! c'est le grand partage ! On partage tout !", il serait mon pote ! »[8]

Et dans L'École des cadavres (1938) :

    « Les juifs, racialement, sont des monstres, des hybrides, des loupés tiraillés qui doivent disparaître. […] Dans l'élevage humain, ce ne sont, tout bluff à part, que bâtards gangréneux, ravageurs, pourrisseurs. Le juif n'a jamais été persécuté par les aryens. Il s'est persécuté lui-même. Il est le damné des tiraillements de sa viande d'hybride. » (L'École des cadavres, Paris, Denoël, 1938, p. 108).

Après la défaite et l'occupation de la France, Céline rédige un troisième pamphlet : Les Beaux Draps, où il dénonce non seulement les Juifs et les francs-maçons mais aussi la majorité des Français, soupçonnés de métissage. Le pamphlétaire demande également, entre autres considérations, une réduction du temps de travail (à 37 heures, pour commencer) et prédit un avenir noir à l'Allemagne et à la collaboration, cela déplaît tant au régime de Vichy (critiqué dans l'ouvrage) que le livre est mis à l'index. L'écrivain adresse ensuite une quarantaine de lettres ouvertes publiées par les organes les plus virulents de la collaboration tout en restant en marge. Dans ces lettres, il se présente comme le pape du racisme, déplore l'insuffisance de la répression contre les Juifs, les francs-maçons, les communistes et les gaullistes. Il publie en 1944 Guignol's band, récit de son séjour de 1915 en Angleterre.

Plusieurs interprétations ont été données de l'antisémitisme célinien, qui se déchaîne dans cet extrait d'une lettre à sa secrétaire littéraire :

« Je veux les [les Juifs] égorger… […] Lorsque Hitler a décidé de "purifier" Moabit à Berlin (leur quartier de la Villette) il fit surgir à l'improviste dans les réunions habituelles, dans les bistrots, des équipes de mitrailleuses et par salves, indistinctement, tuer tous les occupants ! […] Voilà la bonne méthode. » (Lettres à Marie Canavaggia, Du Lérôt éd., 1995).

Ainsi, selon l'historien Philippe Burrin : « Ses pamphlets de l'avant-guerre articulaient un racisme cohérent. S'il dénonçait en vrac la gauche, la bourgeoisie, l'Église et l'extrême droite, sans oublier sa tête de Turc, le maréchal Pétain, c'est pour la raison qu'ils ignoraient le problème racial et le rôle belliciste des juifs. La solution ? L'alliance avec l'Allemagne nazie, au nom d'une communauté de race conçue sur les lignes ethnoracistes des séparatistes alsaciens, bretons et flamands. » (La France à l'heure allemande, 1940-1944, Seuil, 1995, p. 63.)

Burrin écrit encore : « Autant qu'antisémite, il [Céline] est raciste : l'élimination des juifs, désirable, indispensable, n'est pas le tout. Il faut redresser la race française, lui imposer une cure d'abstinence, une mise à l'eau, une rééducation corporelle et physique. […] Vichy étant pire que tout, et en attendant qu'une nouvelle éducation ait eu le temps de faire son œuvre, il faut attirer par le "communisme Labiche" ces veaux de Français qui ne pensent qu'à l'argent. Par exemple, en leur distribuant les biens juifs, seul moyen d'éveiller une conscience raciste qui fait désespérément défaut. » (ibid., p. 427.)

Analyse de l'œuvre
Son premier roman, Voyage au bout de la nuit, se construit autour de deux axes principaux qui correspondent aux deux grandes parties de l'œuvre. Le premier axe concerne la découverte et la condamnation par Ferdinand Bardamu de la guerre, de la colonisation, de l'exploitation industrielle : partout des hommes en asservissent d'autres. Le deuxième axe, quant à lui, est un prolongement du premier. Il en confirme l'essentiel : « l'amour est impossible aujourd'hui ». Cependant, ce thème est désormais exploré plus intimement. C'est ainsi que le couple formé par Robinson et Madelon investit progressivement le centre de la narration. Céline dissèque alors la volonté de domination et d'asservissement qui sont à l'œuvre dans les relations les plus idéalisées que sont les relations amoureuses. Le roman progresse ainsi du général au particulier afin de vérifier un des aphorismes présents dès son ouverture : « l'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches ». Les « caniches » que sont les êtres humains, ne pouvant prétendre à cet idéal abstrait qu'est l'amour du fait de leur nature définitivement bestiale ; Céline rejoignant ici la pensée d'Arthur Schopenhauer. Toutefois, certains (minoritaires), tel Pierre Lainé, voient en Céline un auteur humaniste en dépit de ses outrances et de sa crudité[9] ; des bribes d'humanité persistant dans l'œuvre célinienne, comme lorsque, dans le Voyage, Bardamu s'apitoie sur l'enfant Bébert.

Son dernier roman, Rigodon, à considérer plutôt comme une chronique, puisqu'il s'y qualifie lui-même de : « Moi, chroniqueur des grands guignols », fut écrit à Meudon en 1960 et 1961. Son dernier livre fait figure de testament littéraire. En effet, le 1er juillet 1961, Céline prévient sa femme que l'ouvrage en question est achevé, écrit par ailleurs une lettre à Gaston Gallimard, et meurt le soir même, à 18 heures. De ce roman on retiendra le rejet intégral de l'Occident face au dégoût que peut inspirer son Histoire : les guerres, la colonisation, la décadence de l'Europe :

« Vous aimez trop les paradoxes ! Céline ! les Chinois sont antiracistes !... les noirs aussi !

- Cette fouterie ! qu'ils viennent ici seulement un an ils baisent tout le monde ! le tour est joué ! plus un blanc ! cette race n'a jamais existé... un "fond de teint" c'est tout ! L'homme vrai de vrai est noir et jaune ! l'homme blanc religion métisseuse ! des religions ! juives catholiques protestantes, le blanc est mort ! il n'existe plus ! qui croire ? »

« ... mais on a vu pire, bien pire... et on verra je vous assure encore bien plus chouette... les Chinois à Brest, les Blancs en pousse-pousse, pas tirés ! dans les brancards ! ... que toute cette Gaule et toute l'Europe, les yites avec, changent de couleur, qu'ils ont bien fait assez chier le monde ! ... elle et son sang bleu prétentieux, christianémique ! »












 LES PAMPHLETS DE LOUIS FERDINAND CÉLINE PUBLIÉS


D'après l'article L123-1 du Code de la propriété intellectuelle, « L'auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d'exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d'en tirer un profit pécuniaire. Au décès de l'auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l'année civile en cours et les soixante-dix années qui suivent. »

Il nous reste donc 25 ans à attendre pour voir les pamphlets de Céline publiés de nouveau dans leurs intégralités ...

En effet, à l'exception de "Mea culpa" (texte anti-communiste donc moins sensible), Louis Ferdinand Céline s'est toujours opposé à leur réédition et ses ayants droits ont depuis lors, respecté cette volonté. Bien sûr, tous ces ouvrages sont trouvables à prix d'or sur le net ou dans des librairies spécialisées. Autant je peux comprendre la volonté de l'écrivain de ne pas en rajouter dans le scandale, mais 45 ans après sa mort...

LOUIS FERDINAND CELINE

 "J'ai interdit la réédition des pamphlets et, sans relâche, intenté des procès à tous ceux qui, pour des raisons plus ou moins avouables, les ont clandestinement fait paraître, en France comme à l'étranger.
Ces pamphlets ont existé dans un certain contexte historique, à une époque particulière, et ne nous ont apporté à Louis et à moi que du malheur. Ils n'ont de nos jours plus de raison d'être.
Encore maintenant, de par justement leur qualité littéraire, ils peuvent, auprès de certains esprits, détenir un pouvoir maléfique que j'ai, à tout prix, voulu éviter.
J'ai conscience à long terme de mon impuissance et je sais que, tôt ou tard, ils vont resurgir en toute légalité, mais je ne serai plus là et ça ne dépendra plus de ma volonté."

Lucette Destouches

 




Céline n'a quant à lui jamais renié ses pamphlets ni ses tendances antisémites :

"Albert Zbinden : "Disons le mot, vous avez été antisémite."

L.F. Céline : "Exactement. Dans la mesure où je supposais que les sémites nous poussaient dans la guerre. Sans ça je n'ai évidemment rien - je ne me trouve nulle part en conflit avec les sémites ; il n'y a pas de raison. Mais autant qu'ils constituaient une secte, comme les Templiers, ou les Jansénistes, j'étais aussi formel que Louis XIV. Il avait des raisons pour révoquer l'édit de Nantes, et Louis XV pour chasser les Jésuites... Alors voilà, n'est-ce pas : je me suis pris pour Louis XV ou pour Louis XIV, c'est évidemment une erreur profonde. Alors que je n'avais qu'à rester ce que je suis et tout simplement me taire. Là j'ai péché par orgueil, je l'avoue, par vanité, par bêtise. Je n'avais qu'à me taire... Ce sont des problèmes qui me dépassaient beaucoup. Je suis né à l'époque où on parlait encore de l'affaire Dreyfus. Tout ça c'est une vraie bêtise dont je fais les frais."

Entretien avec Albert Zbinden, 1957











Moi qui suis fan de Céline depuis la première heure, j'ai toujours pensé que l'on avait beaucoup fantasmé sur ses écrits antisémites (qu'au demeurant à peu près personne n'a jamais lu). Que Céline soit fasciste, anti-communiste, antisémite, anti-bourgeois, anti-tout-ce-que-vous-voudrez, cela ma toujours paru évident. Globalement, il n'aime pas l'humanité et peu de personnages trouvent grâce à ses yeux dans ses romans. Je pensais donc qu'il n'aimait pas les juifs plus par habitude vicérale de détester à peu près tout, que par conviction profondémement réfléchi... J'étais loin du compte. Quelle invraissemblable logorrhée délétère ! Quelle incompréhensible haine ! Quel incroyable aveuglement...

"Ce sont les esprits pervers qui rendent la vie insupportable. Ils trouvent des intentions partout. Moi je me sens devenir si pervers que ça me tourne en folie raciste. Et pas qu'un petit peu ! Raciste 100 pour 100 ! autant que communiste, sans les Juifs ! À l'heure où nous sommes, dans les circonstances si tragiques, l'indifférence n'est plus de mise. Il faut choisir, il faut opter pour un genre de perversion, ça suffit plus de se dire méchant, il faut avoir une foi terrible, une intolérance atroce, y a pas beaucoup de choix, c'est l'aryenne ou la maçonnique, juive ou anti-juive. Ça va nous donner vingt ans de rigolade. Je ressens, tellement je suis drôle, des choses encore bien plus perverses. Des véritablessadismes. Je me sens très ami d'Hitler, très ami de tous les Allemands, je trouve que ce sont des frères, qu'ils ont bien raison d'être si racistes. Ça me ferait énormément de peine si jamais ils étaient battus. Je trouve que nos vrais ennemis c'est les Juifs et les francs-maçons. Que la guerre qui vient c'est la guerre des Juifs et des francs-maçons, que c'est pas du tout la nôtre. Que c'est un crime qu'on nous oblige à porter les armes contre des personnes de notre race, qui nous demandent rien, que c'est juste pour faire plaisir aux détrousseurs du ghetto. Que c'est bien la dégringolade au dernier cran de dégueulasserie."

extrait de "L'ÉCOLE DES CADAVRES"

LOUIS FERDINAND CÉLINE

 Bref, j'ai tout de même été assez surpris...
Je pense donc qu'il est temps, aujourd'hui, de laisser chacun seul juge du contenu de ces pamphlets.

Mea Culpa (1936)
Bagatelles pour un massacre (1937)
L'École des cadavres (1938)
Les beaux draps (1941)
A l'agité du bocal (1948)








à propos de Proust
"Proust explique beaucoup pour mon goût: 300 pages pour nous faire comprendre que Tutur encule Tatave, c'est trop."











Les citations de Louis-Ferdinand Céline (54)


«Rien n'est gratuit en ce bas monde. Tout s'expie, le bien comme le mal, se paie tôt ou tard. Le bien c'est beaucoup plus cher forcément.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Semmelweis

«Au commencement était l'émotion.»
[ Louis-Ferdinand Céline ]

«L'amour c'est comme l'alcool, plus on est impuissant et saoûl et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«Ce monde n'est qu'une immense entreprise à se foutre du monde.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«Etre seul, c'est s'entraîner à la mort.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«Si les gens sont si méchants, c'est peut-être seulement parce qu'ils souffrent.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«La merde a de l'avenir. Vous verrez qu'un jour on en fera des discours.»
[ Louis-Ferdinand Céline ]

«On est puceau de l'horreur comme on l'est de la volupté.»
[ Louis-Ferdinand Céline ]

«Nous sommes, par nature, si futiles, que seules les distractions peuvent nous empêcher vraiment de mourir.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«C'est parfois difficile à supporter le prestige d'un homme habillé.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«On ne meurt pas de dettes. On meurt de ne plus pouvoir en faire.»
[ Louis-Ferdinand Céline ]

«La plupart des gens ne meurent qu'au dernier moment ; d'autres commencent et s'y prennent vingt ans d'avance et parfois davantage.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«La beauté, c'est comme l'alcool ou le confort, on s'y habitue, on n'y fait plus attention.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«C'est peut-être cela qu'on cherche à travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«L'amour c'est l'infini mis à la portée des caniches.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Voyage au bout de la nuit

«Presque tous les désirs du pauvre sont punis de prison.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«Il faut choisir, mourir ou mentir.»
[ Louis-Ferdinand Céline ]

«Il n'y a de terrible en nous que ce qui n'a pas encore été dit.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«A quoi sert-il d'être adoré ? Voulez-vous me le dire ? Est-ce que ça m'empêchera d'avoir un cancer du rectum, si je dois en avoir un !»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - L'église

«Tout homme qui possède son alphabet est un écrivain qu'il ne faut pas méconnaître.»
[ Louis-Ferdinand Céline ]

«La télé est dangereuse pour les hommes. Personne ne pourra empêcher maintenant la marche en avant de cette infernale machine.»
[ Louis-Ferdinand Céline ]

«Je voudrais voir un peu Louis XIV face à un "assuré social"... Il verrait si l'Etat c'est lui !»
[ Louis-Ferdinand Céline ]

«Si on se laissait aller à aimer les gens gentils, la vie serait atroce.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait des Lettres de prison

«C'est comme les cochonneries, les histoires de bravoure, elles plaisent toujours à tous les militaires de tous les pays.»
[ Louis-Ferdinand Céline ]

«Le peuple, il n'a pas d'idéal, il n'a que des besoins.»
[ Louis-Ferdinand Céline ]

«Il n'y a qu'une liberté, rien qu'une : c'est de voir clair d'abord, et puis ensuite d'avoir du pognon plein les poches, le reste c'est du mou !»
[ Louis-Ferdinand Céline ]

«Faire confiance aux hommes, c'est déjà se faire tuer un peu.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«La médecine, c'est ingrat. Quand on se fait honorer par les riches, on a l'air d'un larbin ; par les pauvres, on a tout du voleur.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«Il n'y a pas de vanité intelligente.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«Que fait-on dans la rue, le plus souvent ? On rêve. C'est un des lieux les plus méditatifs de notre époque, c'est notre sanctuaire moderne, la Rue.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Semmelweis

«Une ville sans concierge ça n'a pas d'histoire, pas de goût, c'est insipide telle une soupe sans poivre ni sel, une ratatouille informe.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«Les enfants c'est comme les années, on ne les revoit jamais.»
[ Louis-Ferdinand Céline ]

«Le ventre des femmes recèle toujours un enfant ou une maladie.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«Avec les mots on ne se méfie jamais suffisamment.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«Ne croyez donc jamais d'emblée au malheur des hommes. Demandez-leur seulement s'ils peuvent dormir encore ? ... Si oui, tout va bien. Ca suffit.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«Sachez avoir tort. Le monde est rempli de gens qui ont raison. C'est pour cela qu'il écoeure.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait d'une Lettre à Arthur Miller

«On perd la plus grande partie de sa jeunesse à coups de maladresse.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«On prend tout pour des chagrins d'amour quand on est jeune et qu'on ne sait pas.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Voyage au bout de la nuit

«Quand on a pas d'imagination, mourir c'est peu de choses, quand on en a, mourir c'est trop.»
[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extrait du Voyage au bout de la nuit

«La conscience n'est dans le chaos du monde qu'une petite lumière, précieuse mais fragile.»
[ Louis-Ferdinand Céline ]













Louis-Ferdinand Céline et son
 "Voyage au bout de la nuit"


Louis-Ferdinand Céline est en fait le nom d'écrivain de Louis-Ferdinand Destouches, il était né le 27 mai 1894 à Courbevoie (Hauts-de-Seine) et est mort le 1° juillet 1961 à Meudon (Hauts-de-Seine), Céline repose au cimetière des Longs Réages, à Meudon. Louis-Ferdinand Céline était médecin et grand écrivain. Son épouse était la danseuse Lucette Almanzor. Le père de
Louis-Ferdinand Céline exercé la profession d' employé dans les assurances, sa mère était quant à elle commerçante en dentelles. Céline, participa à la Guerre 1914-1918, ou il fut blessé et décoré de Médaille militaire, la Croix de guerre avec étoile d'argent. Après la grande guerre, il épousa la fille du Directeur de l'Ecole de Médecine de Rennes, ou il poursuit ses études de médecin de 1920 à 1924, il écrira pour la première fois pour sa thése de médecine "La Vie et l'Oeuvre de Philippe Ignace Semmelweis", puis publira en 1925 l"a quinine en thérapeutique", après un doctorat de médecine, il travaillera pour Fondation Rockefeller à Genéve, après avoir voulu acheter une clinique près de Paris et après avoir exercé en tant que médecin, il sera visiteur médical dans trois laboratoires pharmaceutiques, ce qui lui permettra d'arrondir ses revenus. Toute une partie de la vie, que Louis-Ferdinand Céline amené sera d'ailleurs relaté dans son livre sorti en 1932, "Voyage au bout de la nuit", qui a obtenu le prix Renaudot. Dans ce livre on découvre Céline qui pense que l'amour et la paix entre tous les peuples est utopique, il parle en "parler populaire", des guerres, de la colonisation, il fait une réquisitoire contre les idées militaristes, colonialistes et capitalistes, c'est quelque part un livre qui "dérange", par la pensée, qui est celle de "l"homme" on découvre par cet écrit sa vraie nature, c'est un mélange d' humour, de violence et de tendresse. Voyage au bout de la nuit est, je pense, le roman plus célèbre de Céline. En 1936, il écrira "Mort à crédit" qui raconte l'histoire de l'enfance de Louis-Ferdinand Céline, il écrira ensuite beaucoup de "pamphlets", de nouveaux livres tels Guignol's band 1 et 2, Casse-pipe, Féerie pour une autre fois 1 et 2, D'un château l'autre, L'église, Nord, Histoire du petit Mouck, Rigodon, Maudits soupirs pour une autre fois, Semmelweis, Ballets sans musique, sans personne, sans rien, etc... Quelques passage du livre "au bout de la nuit" - 1) - L'amour c'est comme l'alcool, plus on est impuissant et saoul et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits. 2) - Nous sommes, par nature, si futiles, que seules les distractions peuvent nous empêcher vraiment de mourir - 3) - Ce monde n'est qu'une immense Entreprise à se foutre du monde - 4) - La guerre en somme c´était tout ce qu'on ne comprenait pas. Ça ne pouvait pas continuer - 5) - La médecine, c'est ingrat. Quand on se fait honorer par les riches, on a tout du larbin, par les pauvres, on a tout du voleur - 6) - On n'est jamais très mécontent qu'un adulte s'en aille, ça fait toujours une vache de moins sur la terre, qu'on se dit, tandis que pour un enfant, c'est tout de même moins sûr. Il y a l'avenir - 7) - Le cinéma, ce nouveau petit salarié de nos rêves on peut l'acheter lui, se le procurer pour une heure ou deux, comme un prostitué - 8) - Faire confiance aux hommes, c'est déjà se faire tuer un peu - 9) - Quand on a pas d'imagination, mourir c'est peu de chose, quand on en a, mourir c'est trop. Quelques titres de Pamphlets de Céline, L'École des cadavres, Bagatelles pour un massacre, Mea Culpa, Les Beaux Draps etc.... Céline on aime, on aime pas, Philippe Sollers dit de Céline je cite, Il faut relire Céline en le voyant. Céline a dit la vérité du siècle : ce qui est là est là , irréfutable, débile, monstrueux, rarement dansant et vivable. Léon Trotski a écrit de Céline, je le cite, Le style de Céline est subordonné à sa perception du monde. A travers ce style rapide qui semblerait négligé, incorrect, passionné, vit, jaillit et palpite la réelle richesse de la culture française, l'expérience affective et intellectuelle d'une grande Nation dans toute sa richesse et ses plus fines nuances. Et, en même temps, Céline écrit comme s'il était le premier à se colleter avec le langage. L'artiste secoue de fond en comble le vocabulaire de la littérature française.
Date de création : 09/08/2006 10:24
Auteur : Olive2













Les idées politiques de Louis-Ferdinand Céline
par J. Morand

Trouvé sur: //ettuttiquanti.blogspot.com/


Extrait de Les idées politiques de Louis-Ferdinand Céline de Jacqueline Morand, 1972 :

Le paradoxe. Céline engagé volontaire des deux guerres.

« Ce pacifiste forcené, qui dénonçait si violemment la guerre, la déliant d'un mépris gigantesque, qui allait jusqu'à faire l'apologie de la lâcheté et de la roublardise dans son premier roman et se déclarait en 1938 « objecteur de conscience 700 pour 100 » fut un volontaire des deux guerres, médaillé militaire en 1914, cité à l'Ordre de l'armée, mutilé 75 %. Là réside le paradoxe, la réelle contradiction entre l'œuvre de Céline et sa vie. Un patriotisme d'Epinal ne cessa jamais au fond de l'habiter. Cette première guerre mondiale qu'il jugeait monstrueuse, absurde, et haïssable, il était fier de l'avoir faite avec bravoure, fier des blessures reçues au service de son pays, versant dans ces « sentiments » dont il disait devoir se méfier.

Les dernières pages de Mort à crédit présentent l'engagement à l'armée du jeune L.F. Destouches comme la révolte d'un adolescent qui pense échapper ainsi à l'emprise devenue pesante de sa famille. De fait Céline s'engagea volontairement en 1912 pour une durée de 3 ans. Il put choisir sa garnison, Rambouillet, 12è régiment de cuirassiers. Il avait 18 ans. Maréchal des logis sur le front des Flandres, il fut en novembre 1914 volontaire pour une mission dangereuse à Poekapelle en Flandre occidentale dont il se tira avec bravoure. Grièvement blessé au bras et à la tête, considéré comme invalide à 75%, il fut cité à l'ordre du jour de l'armée et reçut la Médaille militaire. Cet acte héroïque lui valut d'être représenté en couverture de L'Illustré national (10). La gravure montre le jeune Destouches galopant à cheval sous le feu nourri de l'ennemi. La légende inscrite au bas de la gravure explique :

« Le maréchal des logis Destouches, du 12è régiment de cui¬rassiers, a reçu la médaille militaire pour s'être offert spontané¬ment (alors qu'il était en liaison entre un régiment d'infanterie et sa brigade) pour porter, sous un feu violent, un ordre que les agents de liaison d'infanterie hésitaient à transmettre. Après avoir porté cet ordre, il fut malheureusement grièvement blessé au retour de sa mission. »

Ces blessures expliquent qu'il fût affecté, début 1915, à Londres, comme attaché au bureau des passeports, ce qui lui occasionna des rencontres étranges, celle de Mata-Hari entre autres. Il fut, en 1916, envoyé au Cameroun, réformé temporairement et retourna à Londres, versé dans les services de l'Armement. Il obtint en 1917 son deuxième baccalauréat à Bordeaux, fit des tournées de conférences en Bretagne pour la Fondation Rockfeller, en vue de la propagande anti-tuberculeuse, et commença en 1918 ses études de médecine à Rennes. En 1939, Céline, âgé de 45 ans, reprend volontairement du service dans l'armée. Il devient médecin de la marine de guerre (3è classe) et embarque à bord du Shella, un paquebot de la compagnie « Paquet ». Lors d'un trajet Casablanca-Marseille, le bateau est touché par une torpille allemande au large de Gibraltar ; il entre ensuite en collision avec un patrouilleur anglais, le Kingston Cornelian et les deux navires font naufrage. Renfloué, le Shella est coulé par les Allemands en regagnant Marseille.

Où irai-je ? s'interroge Céline dans une lettre envoyée de Gibraltar le 9 jan¬vier 1940 à un de ses amis.

Ah ! le destin se montre féroce en ces jours courants. J'espère que vu ma vaillance et ma discipline, on me découvrira une nouvelle planque où je finirai bien par gagner la timbale des bonnes vies bien mouvementées.

Et de poursuivre avec amertume :
De toi à moi, jamais je ne me suis tant ennuyé. La belle époque tu vois c'était le XVIIIè. On y faisait facilement une vie par semaine. De nos jours dits rapides, on guerroye en limace.

A son retour en France, Céline remplace le médecin mobilisé du dispensaire de Sartrouville. Il accompagne sur les routes de l'exode jusqu'à La Rochelle une ambulance d'enfants qu'il ramènera à Sartrouville en octobre (11). Durant l'occupation, il vit à Paris, rue Girardon et travaille au dispensaire de Bezons. Il quittera Paris pour l'Allemagne, en juillet 1944.

Il y a donc désaccord entre les idées pacifistes de Céline qui logiquement aurait dû le conduire à l'objection de conscience et les réflexes qui le poussèrent à s'engager volontairement une fois la guerre déclarée. Cette contradiction correspond chez lui à l'oppo¬sition entre un antimilitarisme ardent et un patriotisme à la Déroulède, et dans cet affrontement entre l'antimilitarisme qui chez lui tient plutôt de l'idée, et le patriotisme qui relève surtout du sentiment, c'est ce dernier qui l'emporta. Il est à noter aussi que les deux guerres l'ont très différemment marqué : la guerre de 1914 l'a poussé ainsi qu'un grand nombre d'intellectuels de sa génération à un pacifisme véhément. La guerre de 1940 l'a laissé plus indifférent, détachement que procure l'âge, lassitude que crée l'habitude. Le pacifisme de Céline reste étroitement lié à la guerre de 1914, aux corps à corps des poilus, et aux champs couverts de jeunes cadavres en uniformes bleu horizon.

Mais le refus forcené du romancier du Voyage atteint à l'intemporalité et à l'universalité. Il semble inspirer le pacifisme intransigeant de certains mouvements de jeunes des années 1970, en réplique à l'optimisme quelque peu pervers de « la paix par la terreur » ? Au-delà de la soif de fraternité entre les hommes, au-delà des bons sentiments, face à la menace atomique et à la banalisation de la guerre, l'impulsion angoissée de Bardamu s'arroge le droit d'envahir nos sociétés contemporaines. »










L'affaire Louis-Ferdinand Céline /
David Alliot

ed. Horay, 2007 ISBN : 978-2705804510 20 €


Au Danemark où il s'est réfugié en mars 1945, Céline livre le combat de sa vie contre le gouvernement français qui le réclame pour le juger. À Paris, l'Épuration bat son plein. Drieu La Rochelle s'est suicidé, Robert Brasillach, André Surarès et Paul Chack ont été fusillés. D'autres suivront. Mais, pour l'opinion publique, Céline est le grand absent. L'inexcusable auteur de Bagatelles pour un massacre, figure de proue de l'extrême droite française, tente de se soustraire à la justice de son pays. À Copenhague, Guy de Girard de Charbonnière, le nouvel ambassadeur de France, s'active auprès des autorités danoises pour obtenir l'arrestation, puis l'extradition de l'écrivain. Mais le gouvernement danois, aiguillonné par l'avocat de Céline, hésite, tergiverse, demande des renseignements complémentaires... Pour Céline, enjeu de ce bras de fer, le résultat est vital. De 1945 à 1951, les deux camps se font face. Le Danemark a-t-il sauvé Céline ? Depuis plus de cinquante ans, la question hante les biographes de l'écrivain. L'Affaire Louis-Ferdinand Céline lève le voile sur cette passionnante intrigue diplomatique et littéraire, en publiant l'intégralité des archives de l'ambassade de France à Copenhague, restées à ce jour inédites.

Je dois vous avouer que mon choix pour Céline comporte une arrière pensée. En effet, durant le mois de décembre, Fabrice Luchini est sur la scène du Théâtre de la Croix-Rousse (Lyon) en compagnie de Céline : pour L'arrivée à New-York et La Banlieue (extraits de Voyage au bout de la nuit, prix Renaudot 1932). " Rares sont ceux qui ont osé s'attaquer de front à Louis-Ferdinand Céline. On dirait que Luchini s'est fait un devoir de n'être pas infidèle à cette voix d'outre-tombe. "Dans le bruit d'eux-mêmes les hommes n'entendent rien", se désole Bardamu. Le comédien prête sa voix à l'écrivain. Il ne dit que l'essentiel. C'est bien assez et c'est une performance. " (Anthony Dufraisse).

Dans cette rubrique, vous le savez, il n'est nullement question de polémique mais seulement de littérature. Céline appartient définitivement aux grands auteurs du vingtième siècle, ceux qui ont exploré de nouvelles voies narratives et ce, malgré la part discutable et discutée de trois pamphlets publiés (mais jamais réédités en raison de la volonté de l'auteur lui-même) entre 1937 et 1941. " Il faut préciser que l'antisémitisme de Céline est toujours resté "littéraire" et verbal. Céline n'a ni collaboré avec le régime nazi (qui avait du reste interdit certains de ses ouvrages) ni soutenu le régime de Vichy. Les témoignages de ses proches l'attestent. De plus, les pamphlets ne sont pas seulement des textes antisémites. Le régime soviétique, l'actualité, la guerre, le système éducatif, les Etats-Unis, voici pêle-mêle différents sujets que Céline passe à la moulinette, avec haine, rage, et sans aucune mesure1... " N'oublions jamais qu'un écrivain est avant tout un être humain, avec son histoire, ses qualités et ses faiblesses. Au fond, le plus important est de savoir reconnaître ses erreurs. Louis-Ferdinand Céline l'a fait dans un entretien avec Albert Zbinden en 1957 : " … Là j'ai péché par orgueil, je l'avoue, par vanité, par bêtise. Je n'avais qu'à me taire... Ce sont des problèmes qui me dépassaient beaucoup. Je suis né à l'époque où on parlait encore de l'affaire Dreyfus. Tout ça c'est une vraie bêtise dont je fais les frais. "

Alors pour ne conserver que l'essentiel : " ça a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit. Rien. ", laissez-vous aller au plaisir du Voyage, relisez-le, redécouvrez ce roman sans ride et visitez ce site qui, malgré une navigation parfois difficile, est assurément très complet, truffé de liens à parcourir. Sans perdre de vue que le livre a pour objet d'entretenir ce rapport magique, intime et irremplaçable avec le lecteur s'appropriant à son tour les mots de l'auteur. " C'est peut-être cela qu'on cherche à travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir. " (Voyage au bout de la nuit).

Bon surf littéraire.

Nina Siget.















Céline, Louis-Ferdinand
1894 - 1961
Louis-Ferdinand Destouches
Écrivain et médecin français


Louis-Ferdinand Céline naît à Courbevoie le 27 mai 1894. Son père travaille pour une compagnie d'assurances. La famille s'installe à Paris en 1897. À treize ans, son père l'envoie étudier en Allemagne puis en Angleterre dans le but d'apprendre d'autres langues. De retour en France en 1909, Louis travaille dans différents boulots. En 1912, il s'enrôle dans l'armée.

En 1914, il se rend vite compte de l'horreur de la guerre alors que son régiment est en mission dans les Flandres. Blessé par balle, il demeure quelques mois en convalescence puis est affecté au consulat français à Londres. Louis est réformé en 1915. En 1916, il travaille huit mois en Afrique puis retourne au domicile familial. C'est en Afrique qu'il commence à écrire.

Il s'inscrit à la faculté de médecine en 1920. En 1924, le docteur Destouches (Céline) entre au service d'hygiène à la Société des Nations. En 1927, il exerce sa profession à Paris

En 1932, il publie son roman Voyage au bout de la nuit sous le nom de Louis-Ferdinand Céline. Céline est le prénom de sa grand-mère. Son père meurt la même année.

Son manuscrit Mort à crédit fait scandale lors de sa publication en 1936. L'éditeur censure certains passages en laissant des blancs. L'auteur est blessé. En 1938, son pamphlet antisémite L'École des cadavres est rejeté et Céline se voit exclu du monde littéraire. Ses pamphlets sont retirés du marché. Pendant l'occupation de la France, il écrit Les beaux draps où il critique les Juifs et les Français qui copulent avec les Juifs ; le livre est mis à l'index par Vichy. En 1941, il tente d'expliquer son antisémitisme en écrivant aux journaux.

Au débarquement du 6 juin 1944, Céline quitte la France pour l'Allemagne. En 1945, Céline est au Danemark. Considéré comme collaborateur durant l'occupation, la France demande son extradition. Le Danemark refuse de l'extrader, mais Céline passe onze mois emprisonné. En février 1950, la France le condamne à l'indignité nationale et un an d'emprisonnement. Cependant, il obtient l'amnistie du tribunal militaire en avril 1951. Céline rentre en France en juillet 1951.

Jusqu'à sa mort, Louis-Ferdinand Céline publie de nouveaux écrits et réédite certains anciens écrits. Il décède à Meudon le 1er juillet 1961.
















Le dossier du Quai d'Orsay au grand jour:
«L'affaire Louis-Ferdinand Céline»
Par Delfeil de Ton

L'actualité Céline ne faiblit jamais: trois parutions simultanées ces jours-ci. L'une est capitale, ce sont les lettres de ce grand épistolier à Marie Canavaggia. Une autre est indispensable, c'est le double DVD contenant toutes les images qui bougent de ce grand comédien. La troisième n'est pas mal non plus, qui donne à lire le dossier du Quai d'Orsay concernant ce grand criminel recherché.
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C'est de celui-ci qu'on va parler. Intitulé «L'affaire Louis-Ferdinand Céline», sous-titré «Les archives de l'ambassade de France à Copenhague 1945-1951», il est l'œuvre de David Alliot qui avait publié l'an dernier«Céline à Meudon», intéressant album de photos du grand personnage. Le dossier du ministère des Affaires étrangères était normalement sous embargo jusqu'en 2051, soit un siècle après sa clôture, mais il est heureusement des accommodements et David Alliot a obtenu de le consulter. Mieux, de pouvoir le reproduire in extenso. Il ne suffit pas d'être un chercheur, encore faut-il savoir dénicher.

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1945, 27 mars. Ferdinand, Lucette et Bébert entrent enfin au Danemark. On ne va pas vous raconter après quel périple, Céline a écrit pas moins de trois livres pour le raconter lui-même. Nous ne ferions pas mieux. En septembre, il est dénoncé à l'ambassade de France par une bonne âme et, le 1er octobre, Guy de Girard de Charbonnière du Rozet, l'ambassadeur, envoie une première lettre à Paris pour annoncer cette bonne nouvelle et qu'il a cru «devoir faire une démarche officieuse (...) pour que ce collaborateur notoire soit recherché par la police danoise». Les lecteurs des correspondances de Céline ont eu l'occasion de goûter les imprécations du collaborateur notoire contre le distingué diplomate, c'est de la prose de premier ordre, de l'invective dix-huit carats, avec ça «Charbouniat» est habillé pour plusieurs hivers d'éternité. Le 11 octobre, le Quai répond à l'ambassadeur que le Garde des Sceaux fait savoir qu'un mandat d'arrêt a été lancé contre Céline et qu'une procédure d'extradition va être lancée. Le 23 novembre, l'ambassadeur est prié «de vouloir bien demander au gouvernement danois, à titre de réciprocité, l'extradition du nommé Destouches, Ferdinand, dit Céline, inculpé de trahison et signalé comme se trouvant au Danemark».

C'est épatant. Ici, on résume. Dans le bouquin on lit les documents intégraux et, souvent, on en a sous les yeux la photocopie. Charbonnière va faire ce qu'il a lui-même réclamé qu'on lui demande de faire mais il n'est pas au bout de ses peines. En décembre, les Danois voudront bien mettre Céline en prison, ils refuseront toujours de l'extrader. La réciprocité ne les intéresse pas, aucun Danois n'est recherché en France pour trahison. De plus, s'ils extradent Céline, ils n'auront plus d'excuse pour refuser d'extrader des réfugiés soviétiques, réclamés comme traîtres, eux aussi, par Moscou.

Le livre est comique. Charbonnière ne cesse de demander des précisions sur les crimes commis par Céline, que le Danemark lui réclame, et Paris se montre incapable de les lui fournir. La presse communiste, en France et à Copenhague, le met en cause. Un certain Samuelson, correspondant de l'AFP dont il obtiendra le déplacement, le poursuit de ses insinuations et semble avoir fait une affaire personnelle de la condamnation de Céline (Brasillach a été fusillé quelques mois plus tôt). Dans le dossier qu'on envoie à Charbonnière, on impute à crime la publication de «Guignol's band» et, la perle, «d'avoir publié Bezons à travers les âges»! Après dix-huit mois, les Danois remettent donc Céline en liberté mais il lui est interdit de quitter le Danemark. Son avocat Mikkelsen l'héberge dans une maison sur les bords de la Baltique. Près de deux ans après que Charbonnière a signalé sa présence à Copenhague, Paris en était encore à rechercher des imputations de crimes de droit commun contre lui. Les lettres que l'ambassadeur envoie alors au Quai d'Orsay font sentir qu'il a la désagréable impression d'être ridiculisé.

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L'échange de courriers s'interrompt en juillet 1947, sitôt après la remise en liberté. En février 1950, Céline est condamné par contumace à un an de prison. Il se trouve qu'il l'a déjà passé en préventive à Copenhague. C'est donc lui, Céline, qui va désormais écrire à l'ambassade pour obtenir un passeport qui lui permette de rentrer en France et c'est à lui que l'ambassade écrira pour lui demander de fournir des renseignements et des photos d'identité. Un exemplaire en est reproduit en couverture du livre, conservé lui aussi dans le dossier du Quai d'Orsay. L'avocat parisien de Céline s'affaire pendant ce temps pour l'amnistie de son client, au titre de grand invalide de guerre, qu'accordera le tribunal militaire en avril 1951, ne sachant pas ou faisant mine de ne pas savoir que ce Destouches qu'il amnistie n'est autre que l'écrivain Céline et le tour sera joué. La peine accessoire de saisie de la moitié des biens existants et à venir est effacée. Si Céline, en plus, avait pu lire, comme nous pouvons le faire aujourd'hui, le détail des péripéties de cette farce administrative, il eût été encore plus réjoui. Du moins, ignorant qu'on le menaçait d'un sabre de bois, craignant le pire, il envoya pendant ces sept années d'innombrables lettres à d'innombrables correspondants, qui constituent une œuvre à elles toutes seules, pas la moindre et qu'on espère un jour rassemblée, mais ceci est une autre histoire.

D.D.T.





08/02/2009
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