Alain YVER

Alain YVER

CHATEAU MARMONT

CHATEAU MARMONT






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Chateau Marmont Interview
Écrit par Celine Puertas
Publié 19/05/2013

Voilà plusieurs années qu'on se délecte de la pop sophistiquée du trio Chateau Marmont, tout en restant sur notre faim. The Maze, leur premier album, sort enfin. Aérien et entraînant, il a tout pour devenir la bande son idéale de votre été.

District MTV: Quatre ans pour sortir un premier album c'est long, et en même temps à l'heure de la « fast music », ça fait du bien de voir que certains artistes sont prêts à prendre leur temps... Cette démarche était volontaire ou pas du tout ?

Chateau Marmont: Entre les deux ! Nous avons toujours été longs et pointilleux, mais là où nous aurions pu "brader" certains détails de l'album nous avons au contraire préféré peaufiner au max, quitte à se faire un peu oublier. En tout cas les choses se sont déroulées comme elles ont eu à se dérouler, inutile de forcer le destin dans ce cas-là, même si l'on a toujours envie que les choses aillent plus vite.

DMTV: Il y a un côté pop plus assumé dans The Maze, moins expérimental (« Wind Blows » et « Wargames » sont de vrais tubes.) Pourquoi vous orienter dans cette direction ?

Chateau Marmont : On considère que nos maxis sur Institubes se rapprochaient quand même pas mal de ce qu'on peut appeler une "musique de niche", notre désir était donc sur un long format d'avoir des choses plus "accessibles" ou immédiates. On a toujours un peu traîné cette image de mecs écoutant des disques expérimentaux et de cultures souterraines, alors qu'à la base on est aussi des fans des Beach Boys. Et puis les deux titres que vous citez ne sont pas non plus totalement représentatifs de l'album, qui se trouve être assez varié.

DMTV: Quels souvenirs gardez vous de la collaboration avec Alizée, vraie opportunité ou grande déception?

Chateau Marmont : Déception commerciale mais satisfaction artistique et expérience de travail, c'est aussi simple que ça. C'est toujours intéressant d'aller se frotter à d'autres univers, ça apporte pas mal de recul sur soi, son œuvre et sa façon de travailler.

DMTV: Un mot sur vos influences ?

Chateau Marmont : Elles sont vraiment larges, on a grandi avec tout le classic-rock psychédélique, beaucoup de jazz, les pionniers de la musique électronique allemands, la pop de studio californienne, les musiques africaine ou brésilienne... en fait on a exploré un peu tous les gens au cours de notre jeunesse, on avait des groupes de noise/hardcore, on est des fans de B.O... De nombreuses passions musicales ont jalonné notre vie jusqu'ici disons.

DMTV : Pourquoi avoir décidé de lancer votre propre label, Chambre 404 ?

Chateau Marmont : Pour l'indépendance artistique, le contrôle de notre environnement et la liberté de pouvoir sortir ce que l'on veut.

DMTV : Et pour finir, quelle est votre playlist du moment ?

Chateau Marmont : Les nouveaux Orval Carlos Sibelius et Phoenix, George Issakidis, Poni Hoax, Cassie... en attendant le nouveau Boards of Canada.
The Maze (Chambre 404 / Arista) Sortie le 27 mai

http://www.districtmtv.fr/news/jet/music-fr/nlucws/chateau-marmont-interview/mgyovm







Chateau Marmont

Composition du groupe
Membres
Raphael Vialla, Julien Galinier, Guillaume De Maria

Chateau Marmont est un groupe de musique électronique constitué à l'origine de quatre Français originaires de Tarbes et installés à Paris : Raphael Vialla, Julien Galinier, Guillaume De Maria et Angy Laperdrix qui quitta le groupe début 2012.
À sa création en 2005, le groupe possède un style rock qui sonne 70's et utilise déjà abondamment les synthétiseurs analogiques qui constituent leur marque de fabrique. En 2007, le groupe est repéré par Steve Lamacq, DJ de la BBC, grâce au morceau Only Diamonds1.
Ils évoluent progressivement vers un style plus électronique avec des morceaux comme Planaerox et Solar Apex. Ils se mettent à remixer des morceaux de groupes proches d'eux : Koko von Napoo, Poney Poney ou encore Axe Riverboy.
Mais c'est leur remix des australiens de Midnight Juggernauts 2 sur le single Into The Galaxy qui va résonner dans les télévisions puisqu'il servira de "coming-next" au Grand Journal de Canal+. Ils se rapprochent ainsi du label Institubes sur lequel ils sortent, en février 2009, leur premier maxi, Solar Apex.
Ils se font ainsi une réputation de remixeurs (La Roux, Heartsrevolution, Ladyhawke, Peter, Bjorn and John, Royksöpp).
Alizée fait appel à eux pour produire son quatrième album, Une enfant du siècle qui sort en mars 20103.
Leur deuxième EP 4 titres, Nibiru, est sorti en mars 20104.
Leur premier album The Maze est sorti le 27 mai 2013 en France sur leur label Chambre404. Il a été conçu et enregistré dans le studio parisien du groupe (où se déroulent également les expérimentations de leur propre label, Chambre 404 – sur lequel on retrouve Exotica, Glass Figure, ou encore Stella Le Page)5.
Discographie
Albums
    •    2008-2009-2010 - 2011 (Chambre404)
    •    The Maze - 2013 (Chambre404)
EP
    •    Solar Apex - 2009 (Unsunned / Institubes)
    •    Nibiru - 2010 (Unsunned / Institubes)
    •    Nibiru Remixes - 2010 (Unsunned / Institubes)
    •    Wargames - 2013 (Chambre404 / Sony/Arista)
Remixes
    •    Jacno - Main Dans La Main Cover (2011 - Polydor)
    •    Cascadeur - Walker Namibie Remix & Walker Mephedrone Remix (2011 - Mercury)
    •    Royksopp - The Girl & The Robot (2009 - EMI)
    •    Datarock - Give it up remix (2009 - Nettwerk)
    •    Koko Von Napoo - Polly remix (2009 - Trouble Records)
    •    Peter, Bjorn and John - Lay it Down remix (2009 - Wichita)
    •    Heartsrevolution - Ultraviolence remix (2008 - Kitsuné)
    •    La Roux - Quicksand remix (2008 - Kitsuné)
    •    Ladyhawke - My Delirium remix (2008 - Modular)
    •    Midnight Juggernauts - Into The Galaxy remix (2008 Institubes)
    •    Axe Riverboy - Carry On remix (2007 JVC)
    •    Tahiti 80 - All Around remix (2008 - JVC Japan)
    •    Poney Poney - Junior remix (2008 Perspex)
    •    Peter & The Magician - On My Brain (2013 - Partyfine)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chateau_Marmont_%28groupe%29











Chateau Marmont - The Maze



Arista, Chambre 404 - Sony Music

Jusqu’au-boutistes et aventuriers, les Français livrent un premier album ample et ambitieux. Critique et écoute.

Formé il y a sept ans autour de l’amitié de quatre Tarbais, Chateau Marmont, inspiré du nom de l’hôtel du Sunset Strip, a écrit les chapitres de son histoire petit à petit. On a vu le groupe écumer les salles parisiennes, multiplier les ep et remixes (Midnight Juggernauts, La Roux…), partir à la conquête de l’Europe et des Etats-Unis.
Il aura fallu sept ans, à une époque où tout va vite, pour que le groupe accouche de The Maze, un album enregistré et produit chez lui, dans le studio qu’il a peu à peu meublé sur les hauteurs des Buttes-Chaumont. “On a toujours été long et pointilleux. On a nos propres outils, notre propre studio. On peut se permettre de mixer un morceau pendant trois semaines si on le veut. C’était dur ce disque, je pense même qu’on a pleuré.”
Outre sa patience, Chateau Marmont peut revendiquer son ouverture d’esprit : son panthéon réunit Michel Colombier, Kraftwerk, Steely Dan, François de Roubaix… “On a grandi dans des petits villages, il n’y avait rien, ça nous a ouvert l’esprit. Avant, dès qu’on parlait de Jean Michel Jarre, les gens avaient peur. Moroder aussi. L’album de Daft Punk va nous légitimer sur tout ce qu’on cite depuis toujours, merci les gars (rires)… Ce qui est intéressant, c’est l’accumulation de toutes les influences, les fenêtres qui s’ouvrent sur d’autres musiques.”
Conséquence de ce refus du sectarisme, le groupe a enregistré un album ample, singulier et ambitieux, qui s’inspire autant de l’histoire électronique que du mythe prog-rock, avec notamment une impressionnante trilogie finale, Colonization, en forme de péplum prog. “Le prog est souvent la musique la plus détestée du monde. Esthétiquement, ça a été accolé à des trucs où les mecs se déguisent en lutins dans les bois. C’est une musique extrêmement écrite mais il y a plein de morceaux qui ne sont pas virtuoses, c’est bête de refuser tout ça en bloc.”
Sur The Maze, on croise aussi l’Anglaise Stella Le Page ou la sublime Alka Balbir qui chante un Affaire classée qui n’aurait pas détonné chez Isabelle Adjani produite par Gainsbourg. Surtout, ce que l’on retiendra sur ce disque de Chateau Marmont, annonciateur d’une oeuvre forte et complexe, c’est ce jusqu’au-boutisme classe et cascadeur, cette volonté de produire une musique pure et généreuse, envisagée sur la longueur.

http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/les-aventures-de-chateau-marmont/






Interview
Chateau Marmont - Un premier grand cru
Mardi, 18 Juin 2013

L'équation Chateau Marmont c'est une subtile alliance entre un romantisme expérimental à la française et des envies épiques américaines qu'on peut retrouver sur The Maze, un premier album pas loin d'être amazing sur certains titres. Après plusieurs EP, une farandole de remixes pour Ladyhawke, Peter, Bjorn and John ou encore Midnight Juggernaughts,  et un album injustement méconnu pour Alizée, les trois châtelains Julien, Guillaume et Raphael ont enfin posé les bases de ce qu'un Bernard Pivot 3.0 pourrait nommer la "touche francophone". Brain s'est entretenu avec eux pour parler notamment de Star Wars, de la soi-disant médiocrité de Rihanna et de l'état de la pop actuelle.

Nous vous avons récemment sollicité pour une interview chorale pour Phoenix. Dans celle-ci vous racontiez qu’on vous avait accusé de faire du Phoenix sur la foi d’un seul titre et que ça vous avait vraiment saoulé, quel était ce titre et était-ce vrai ?
Julien : C’était pour Windblows, on nous dit que c’est une copie conforme de Phoenix alors que franchement on a pas l’impression.
Guillaume : Ce genre de remarque nous renvoie  une sale image de nous mêmes, comme si on était des suiveurs. Effectivement  sur ce titre tu trouves une voix douce sur une musique pop, alors qu’en plus Phoenix aujourd’hui ce n’est plus du tout ça, ils en sont loin. On trouve ça réducteur en fait. On est contre les réductions, à part les réductions mammaires qui sont parfois un passage obligé pour certaines personnes.

Vous allez partir aux Etats-Unis, vous rêvez quand même du même destin ?
Raphaël : Dès les premiers disques, on a senti que le public français était peu habitué à notre genre de musique, l’accueil a bizarrement toujours été meilleur aux Etats-Unis, et du coup on a toujours eu l’envie de réussir à l’étranger.
Guillaume : Même la musique française qu’on aime depuis trente ans, c’est des trucs un peu cultes qui sont bizarrement toujours mieux compris à l’étranger.

Oui d’ailleurs vous vous réclamez de Jean-Michel Jarre depuis toujours, et là il semble que ça redevient à nouveau acceptable de dire qu’on l’aime, vous en pensez quoi de ces cycles irrémédiables d’acceptation et de déni?
Julien : Une grande partie du style musical de Chateau Marmont vient de là, nous n’avons absolument pas honte de nos influences. Quand on parlait de Jean-Michel Jarre sur les premiers EP les gens étaient horrifiés. Et du coup quand on évoque Toto pour parler de cet album, les gens sont également scandalisés.
Guillaume : Il faut dire qu’on s’en amuse aussi.
Raphaël : Les trucs qui nous plaisent n’ont rien à voir avec la mode ou l’air du temps.
 
Vous pensez que la débrouille peut aller au delà des obstacles du music business ? Pourquoi avoir créée le label Chambre 404 ?
Julien : On a créé Chambre 404 en plein milieu de l’écriture de l’album, au retour de notre tournée aux États-Unis. On voulait licencier l’album mais garder toute la liberté artistique sur le son et l’image. On voulait en fait disposer de  la force de frappe d’une major pour la promo et avoir la possibilité de faire ce qu’on veut avec la musique et l’image, d’avoir le contrôle total. C’était la meilleure solution pour nous et donc on s’est lancés.

Est-ce que jouer au Chateau Marmont serait un délire qui pourrait vous plaire ?
Raphaël : Oui carrément, en plus apparemment André Balazs qui possède l’hôtel a nos EP et aime bien ce qu’on fait.
Guillaume : Au début on avait un peu peur que le nom puisse poser un problème, qu’il puisse nous coller un procès et puis finalement tout s’est bien passé. Ca ne rentre pas dans la même catégorie de business apparemment, nous ne sommes pas en concurrence.
 
Oui mais si tu regardes Aline, avant ils s’appelaient Young Michelin, ils ont dû changer de nom car Michelin les menaçait de faire un procès et pourtant ils ne jouent pas dans la même catégorie, non plus.
Raphaël : Tu vois le groupe Gush ? Avant, il s’appelait Guts mais ils ont dû changer de nom parce qu’ils portaient le même nom que le magazine de Cauet, t’imagines ?
Julien : On a choisi Chateau Marmont parce qu’on trouve que le nom est hyper cool.
Guillaume : Et puis faut pas oublier qu’il y a un groupe qui s’appelle Interpol et si eux ont le droit de s’appeler comme ça, pourquoi pas nous ?

Votre premier album est très éclaté dans les influences, l’idée c’était de ne surtout pas se censurer ?
Julien : Ca faisait longtemps qu’on voulait mettre sur un album tout ce qu’on voulait faire, on voulait explorer pas mal de styles. On ne voulait surtout pas faire un disque avec le même morceau, on voulait passer par des phases différentes. On pensait plus à des disques de space rock ou de prog rock pour l’inspiration.
Guillaume : Notre référence en terme d’hétérogénéité c’était plutôt le 10 000Hz Legend de Air. Groupe auquel on nous a aussi beaucoup comparé au début. Enfin bon, quand on fait en France de la musique électronique, on ne peut pas non plus s’affranchir de toutes ces figures tutélaires.

Votre musique pourrait totalement être la bande son d’un film de SF. Alors je me demandais est-ce que vous êtes plus Dune ou Star Wars ?
Julien : Dune c’est un peu léger par rapport à Star Wars non ?
Guillaume : Dans l’absolu c’est une grande œuvre profonde au niveau du livre, le film est un grand film malade et raté qui à la base était prévu par d’autres personnes à Hollywood. A la base c’était même Jodorowsky qui devait le faire, Lynch s’y est aventuré et  il s’est cassé les dents, artistiquement aussi.  Mais cela reste depuis une œuvre culte qu’on prend plaisir à regarder. En plus il y a la musique de Toto, on y revient. (Rires)
Raphaël : Pour ma part c’est comme si tu me demandais de choisir entre papa et maman.
Guillaume : Star Wars se rattache à des mythes classiques la princesse, le bien contre le mal etc. Après moi je te parle de la trilogie originale, pas les nouveaux trucs tout pourris tu vois.  Mais bon, le  plus grand film de tous les temps en terme de SF c’est Blade Runner.
Raphaël : On est très Philip K. Dick aussi.
 
Vous allez passer par Roswell lors de votre tournée aux Etats Unis ?
Guillaume : Nous ne sommes pas passés très loin lors de notre dernière tournée, mais nous n’avons pas eu le temps de nous y arrêter malheureusement. Si on avait eu un jour off dans le coin, on y serait allés. Mais bon t’arrives là-bas, c’est un peu Disneyland en fait, t’as la boutique souvenir avec les assiettes et puis t’espères voir un truc au loin. (Rires)

Julien tu m'as dit aimer Véronique Sanson, de par sa musique à la fois Los Angeles et France. Du coup est-ce que vous aimeriez vous poser en Californie, à la Fleetwood Mac au bord de la mer pour composer un album ?
Guillaume : Toute la variété française à l’époque était gérée à l’arrière par des monstres de studio. Tous les mecs qui jouaient sur les albums de Michel Berger et Véronique Sanson étaient sensiblement les mêmes que ceux qui jouaient sur ceux de Steely Dan ou Fleetwood Mac.
Julien : Pour le deuxième album on voudrait aller écrire une partie vers Los Angeles, c’est un poil cliché mais ça va nous apporter des trucs bien pour l’aspect pop.
Guillaume : C’est cliché certes mais ça reste quand même la Mecque. On avait aussi songé à Austin, en tous cas les Etats-Unis c’était évident. Sinon tu peux te taper un délire hippie et enregistrer un album au Chili et revenir avec un disque sur lequel tu trouves de la flute de pan. Et là encore, les gens nous tomberaient dessus en nous disant qu’on veut refaire du Manu Chao !

Ca vous saoule vraiment j’ai l’impression cette histoire de comparaison…
Raphaël : Oui ça nous saoule, le truc c’est qu’on a le même âge que tous ces mecs, on est arrivé dans la mouvance de la French Touch. On fait cette musique depuis super longtemps.
 
Vous sortez l’album la même année que Phoenix et Daft Punk, qui s’occupe du planning au sein du groupe ?
Guillaume : L’album était prêt depuis longtemps, nous on voulait qu’il sorte au plus vite mais les choses ont pris plus de temps que prévu,  on a donc petit à petit réalisé qu’on allait le sortir sur la même période que Daft Punk et Phoenix. Quand tu sors un album une semaine après celui des Daft Punk, je peux t’assurer que tu es heureux qu’on parle du tien ne serait-ce que deux minutes.  Et le Phoenix avait leaké bien avant donc bon…
Julien : Le pire aurait été de sortir le même jour que le Daft Punk mais comme il avait leaké aussi, l’épuisement médiatique était déjà en marche.
Guillaume : Après les gens bloquent sur ces deux albums mais il y a aussi l’album de Orval Carlos Sibelius qui est magnifique. Alors comme il est pas estampillé « French Touch » les gens n’en parlent pas. Mais bon la « French Touch », ça n’existe pas, ça ne veut rien dire, c’est un concept invisible qui a été créé il y a 15 ans, il va falloir trouver une nouvelle expression pour remplacer ce truc c’est plus possible.
Raphaël : Pour moi ça traduit quand même un héritage de la musique française.
Julien : La « French Touch » c’est une américanisation de la musique française des années 70.

Aujourd’hui tout le monde a vos synthés via des plugs gratuits, est-ce que vous êtes dégoutés de les avoir payés aussi chers ?
Julien : En 1997 on était encore dans le Sud de la France, je sillonnais toute la France, les studios et les brocantes et je récupérais les synthés pour presque rien. Et puis un plugin  de synthés ça sonne pas aussi bien qu’un synthé, ça s’entend sur un disque. Donc non, on est pas dégoûtés.

Il paraît que Mirwais devait travailler sur votre album, que s’est-il passé ?
Julien : J’ai tendance à lui demander conseil sur pas mal de choses musicalement parlant car il a la science du single. Nous sommes allés mixer dans son studio, on a failli le faire travailler sur Windblows et finalement on l’a fait nous-mêmes. Il n’a pas mis les mains dans le cambouis mais il nous conseille. Il accepte rarement de collaborer avec des gens, il le fait uniquement s'il a le contrôle total.

Comment voyez-vous la pop évoluer d’ici plusieurs années ?
Guillaume : Très mal, dans les chansons aujourd’hui il n y’a plus que deux accords,  trois effets pourris et des sons hyper bourrins.
Julien : On a l’impression et l’envie qu’il va y avoir un retour à la complexité. Dans dix ans, les singles vont redevenir complexes  mais avant ça il faut passer par la phase Rihanna qui répète le mot diamonds 48 fois dans la même chanson.
 
Ah bon, vous n’aimez pas Diamonds ?
Julien : Si, il est génial ce track mais musicalement il est débile, c’est juste une grosse caisse répétée a l’infini. Et une meuf qui répète tout le temps la même chose sur la même note.

Oui enfin, il y a quand même la qualité de l’interprétation. Et le concert qui vous a le plus marqué quand vous étiez petit ?
Raphaël : À 7 ans, je suis allé voir Nina Hagen dans une arène du Sud de la France, je crois que ça m’a marqué à vie.
Guillaume : Mon père était fan de Dire Straits alors je les ai vus plusieurs fois dans des stades.
Julien : Moi c’était Joe Satriani à Toulouse à 12 ans. Mais plus récemment je dirais Air sur la tournée 10 000 Hz Legend avec les musiciens de Beck, c’était grandiose
Guillaume : Ma plus grosse claque live c’est Wilco, des américains complètement barrés. C’était un mélange de prog rock, d’americana et de pop. Ils sont fous ! T’as le ressenti de la moindre note, de la moindre mimique, c’est fou. J’aimerais bien qu’il y ait un retour a ça.

C’est quoi une bonne pop song pour vous ?
Guillaume : C’est un truc que tu veux chanter quoi, tout simplement!
Julien : C’est un truc qui doit être super bien écrit, car ça reste un métier.
 
C’était pas galère d’être fan de musique dans le Sud-Ouest quand on est petit pour accéder aux disques, pour voir des concerts ?
Raphaël : C’était galère pour la vie en général !
Guillaume : On allait à Toulouse pour voir les concerts, on en avait pour deux heures de voiture, on voyait les gros trucs mais c’est sûr qu’on avait pas accès à tout.  

Vous êtes tous les trois arrivés à Paris en même temps ?
Julien : Plus ou moins, on s’est suivis. Disons qu’on allait tellement à l’encontre de la jeunesse du Sud-Ouest qu’il nous a paru évident à un moment donné de partir de là-bas pour aller à Paris.
Guillaume : Ca sentait la fuite collective. (Rires)
Raphaël : On s'est connus au collège, on a vite fait le tour de nos camarades de classe. Nous on était pas dans le rugby mais plus dans le skate hardcore. Heureusement que nous nous sommes trouvés !
Guillaume : Au lieu d’apparaître comme des gens snobs ou hautains - c’est sûrement la façon dont certains devaient nous voir dans le Sud - on a décidé d’aller s’ouvrir l’esprit en allant  à Paris.
Guillaume : Ce qui est marrant c’est qu’aujourd’hui on fréquente des gens dont on rêvait dans le Sud.
Julien : J’étais assez fan de Mellow, et on a loué une partie de leur studio pour faire l’album, Patrick a un peu bossé sur le disque, c’est assez marrant. Alors qu’à l’époque on faisait deux heures de route pour aller les voir.

Vous leur avez dit ça par exemple ?
Julien : Oui et comme Patrick est un peu mégalomane il trouve ça super et tout à fait normal. (Rires)
Guillaume : Rob c’est pareil, on a tellement écouté son premier album et on est potes désormais.
Raphaël : Ce sont des personnes qui ont les mêmes affinités musicales que nous, le contact se fait facilement.
 
La chanson Affaire Classée vient bousculer tout l’album. Julien tu m’avais dit vouloir te prêter à un exercice, à une écriture gainsbourienne…
Raphaël : Oui ça s’est fait en une journée.
Guillaume : Tu vois les DVD sur les sessions d’enregistrement des groupes dans les années 70 où chacun des mecs est dans sa cabine avec le casque sur les oreilles et tu vois l’ingé son qui est affairé devant sa console ?  Et ben nous c’était pareil pour cette chanson, on était tous dans notre petite cabine, avec notre casque. Il y avait complètement cette vibe là.
Julien : Mais bon comme on est pas Steely Dan, le résultat sonnait plus comme un Gainsbourg de la fin des années 70. Et on voulait une voix vraiment à la Adjani dessus. On voulait refaire un morceau à la Digital Delay de Gainsbourg pour Deneuve.
Julien : Mais il y a beaucoup de bons retours à propos de ce morceau avec Alka, ça fait plaisir.
Guillaume : Tu vas voir que les gens vont nous tomber dessus en disant qu’on a voulu faire du Adjani.
 
Oui mais en l’occurrence vous le revendiquez ici…
Guillaume : Je voudrais revenir sur cette histoire avec Phoenix…

Tu en as gros sur la patate j’ai l’impression.
Guillaume : Non mais souviens toi en 2003, tous ces groupes en The qui voulaient refaire le Velvet Underground, c’était insupportable. Aujourd’hui nous sur Windblows on a deux synthés et une petite voix mignonne et on dit qu’on copie Phoenix ! J’ai envie de dire aux journalistes qu’ils n’ont pas de mémoire.
 
Tu n’aimes pas beaucoup les journalistes non ?
Julien : Ce n’est pas le message qu’on veut faire passer, on aime les journalistes !
Guillaume : Je n’ai rien contre les journalistes, je l’ai moi-même été !

Du coup tu dois avoir le sens des mots et du rythme, tu as trouvé une nouvelle appellation pour la « French Touch » ?
Guillaume : Ah j’avais oublié cette affaire là !

Vous avez su parfaitement écrire pour Alka Balbir, vous avez écrit pour Alizée par le passé, vous vous verriez être aux manettes d’un disque conçu spécialement pour une femme ?
Julien : Oui mais on se verrait plus partir sur un projet en anglais, avec une chanteuse où il y a la possibilité d’aller assez loin. De faire truc un peu spé sans qu’il y ait l’obligation que ça marche. On voulait Robyn sur un morceau de l’album mais finalement ça ne s’est pas fait.

Et si vous deviez être le compositeur de BO pour un réalisateur, lequel serait-il ?
Raphaël : John B. Root ? (Rires) Non je dirais Lucio Fulci.
Guillaume : Kurosawa.
Julien : Oui un truc genre un réalisateur italien des années 70. Ce sont vraiment des groupes qui jouent sur la bande originale. Mais aujourd’hui il n’y a pas de vrai score dans les films, des thèmes qui reviennent, les BO sont un peu cheapos.

Bon et sinon t’as trouvé une nouvelle appellation pour la « French Touch » ?
Raphaël : La touche francophone (avec l’accent québecois).

Texte : Sarah Dahan

http://www.brain-magazine.fr/article/interviews/14638-Chateau-Marmont---Un-premier-grand-cru






CHATEAU MARMONT 

A la recherche des temp(o)s perdus
écrit par Bester
15 AVRIL 2013

Surgi des limbes de Myspace au milieu des années 2000, les Français de Château Marmont auront finalement attendu que le réseau social racheté par Justin Timberlake soit devenu aussi ringard que le revival des synthétiseurs pour publier au forceps leur premier album nommé « The Maze ». Comme notre première rencontre s’était soldée par un échec sous la forme d’un coït fictif avec une innocente secrétaire, il y avait du temps à rattraper.
Pour ceux qui auraient raté les précédents épisodes, Château Marmont c’est d’abord un hôtel de luxe californien, dont la légende raconte que les plus décadentes des rockstars y firent les pires acrobaties, de James Dean accrochée à une fenêtre à Jim Morrison tentant en vain de rejoindre sa chambre en s’accrochant à un tuyau d’évacuation. Inutile d’avoir fait des études dans l’hôtellerie pour comprendre les raisons qui poussèrent les Français de Château Marmont à opter pour ce nom au moment même où EdBanger commençait à trafiquer le cerveau de toute une génération d’ados bercés par la musique de graphistes; et ce alors même que le groupe n’opérait pas vraiment dans le registre du rock basique. Avec leurs synthétiseurs d’époque et leurs gueules d’ingénieurs du son échappés d’un laboratoire allemand, on aurait presque pu dire que les Château Marmont s’étaient donné pour mission de tuer le rock une deuxième fois.
Château Marmont, c’est aussi l’histoire d’une rencontre, si ce n’est ratée, du moins basée sur un malentendu. Alors que le groupe publie en 2009 son premier EP « Solar Apex » chez Institubes, j’ai alors la bonne idée de relater l’interview sur la base de délires conspirationnistes où hypocrisie, blagues misogynes et comparaisons douteuses s’enchainent comme dans un mauvais film avec Jean Roucas(toi d’la pov con). Si l’histoire n’a pas retenu le manque d’humour du patron d’Institubes, elle aura au moins vu le groupe décoller peu à peu et s’encanailler sur un disque d’Alizée (« Une enfant du siècle », 2010) que le trio traffique au point qu’il est un flop commercial, voire un meurtre artistique pour l’idole des radio-crochets. Après ça, plus rien. Château Marmont était, comme on dit au pays des burgers, off the radar. Sans raison. Ou presque.
« The Maze » sort donc après plusieurs déconvenues pour Château Marmont. Pendant tout ce temps, le groupe a rongé son frein, fondé son propre label (Chambre 404) et finalement tranché sur son (rétro) futur, à la manière d’une montgolfière qu’on délesterait de son poids. Par dessus la nacelle, les vieux claviers ! A l’horizon, un disque californien qui sonne comme du Toto tapant le bœuf avec Giorgio Moroder, impression déconcertante de revivre le Los Angeles de 1981 avec François de Roubaix dans le rôle du chef d’orchestre pour carrer du solo gras comme un cheeseburger aux entournures ; « The Maze » reste à vrai dire dur à identifier tant le single Wargames et les clins d’œil au Pull Marine d’Adjani brouillent les pistes et calmeront sans doute plus d’une ardeur. De l’autre coté et sur le versant le plus originel, Château Marmont reste ce qu’il a toujours été, à savoir un groupe de nerds passionné par le groove robotique, la library music et les Bandes Originales de film. Serré dans l’étau, à mi-chemin entre l’envie d’une pop plus décomplexée que Thatcher au milieu des années 80 et le besoin de sonner bizarre parce que chez eux l’étrange est une autre forme de normalité, le disque de Château Marmont est un anachronisme qui ne contraste finalement pas tant que ça avec l’époque, dénuée d’une identité propre.

Retranchés dans leurs studios depuis plus d’un an, les Château Marmont ont donc eu le temps de potasser leurs chansons, voire d’entamer une thérapie de groupe pour faire le deuil de leur première partie de carrière. Surpris, comme Poni Hoax, quand on a l’impression de leur apprendre que « The Maze » s’avère plus commercial que leurs précédents essais, les Château Marmont ne semblent pas vraiment conscients du Frankenstein qu’ils viennent d’engendrer, ni du mutant mélodique qui se cache dans les entrailles de la bête. Comme l’interview doit absolument « faire vendre de l’album » – dixit Guillaume de Maria – pour permettre au label de continuer à faire manger ses petits poussins (dont Exotica, où officie également Julien Galinier, membre de Château Marmont), on évoque avec plaisir toutes les plantades, mais aussi les années 80, Steely Dan, la fille de Daniel Balavoine et un autre château, celui d’Herouville, où officiait jadis le savant fou Michel Magne. A défaut de voir le futur, voici donc l’heure d’un retour vers le passé.

Vous vous souvenez de notre première rencontre ?
Julien : Oui, c’était en 2009.
Déjà ? Ah bah oui, c’était au moment du premier EP. Bon, promis, cette fois je ne vais pas refaire de blague misogyne sur la secrétaire, ah ah ah.
Guillaume : C’est loin tout ça, et puis on avait plus de distance que JR [le patron du label Institubes], forcément on n’était pas concernés. On avait par contre plus tiltés sur le passage où tu racontes que le maxi a fini dans le caniveau.
Quels souvenirs conservez-vous des années Institubes ?
Guillaume : D’énormes souvenirs, ça a été notre, euh, mise à l’étrier… ça se dit ça ?
On dit pied à l’étrier, je crois.
Guillaume : Oui et donc ça nous a fait rentrer dans tout ce cercle là, ça nous a donné une crédibilité. Jusque là on était un groupe de Myspace, avec nos démos, et tout d’un coup on s’est senti catapulté, ça nous a donné confiance.
Combien de temps a duré cette première partie de carrière, chez Institubes ?
Julien : En comptant la collaboration avec Alizée, à peu près trois ans.
Si on refait le match, il s’est donc passé trois ans entre votre disque avec Alizée et ce premier disque studio.
Julien : Oui, c’est à peu près ça. Après Alizée, il y a eu une sorte de best of réalisé pour la tournée aux Etats-Unis, mais c’est tout.

Quelle impression gardez-vous de votre collaboration avec Alizée ? J’ai le souvenir qu’il a été rapidement encensé puis rapidement démoli par la presse.
Guillaume (surpris) : Encensé ?!
Julien : Il a été plutôt bien reçu par la presse mais totalement défoncé par son public [celui d’Alizée, NDR]. Les gens ont été surpris par cette association, après pour nous c’était euh… c’était déjà plus de disques qu’on n’espérait…
Vous savez combien ?
Guillaume : En France ça a du faire 7000, 8000 disques vendus… Au Mexique et même si ça a été un flop, elle a du vendre un peu plus. [Alizée est une superstar au Mexique, bien plus qu’en France, NDR]. Au départ il était question qu’on fasse un concert de stade à Mexico avec elle et puis…
Julien : Et puis ça s’est pas fait, ils m’avaient foutu en directeur artistique de la tournée, mais on a fait qu’une seule date.
Guillaume : On a juste fait le Point Ephémère, ah ah ah ! Rien de plus qu’un showcase de trois titres avec beaucoup de play-back, avec toute la presse féminine… (…) On pensait que le disque se vendrait plus, que ça nous rapporterait plus d’argent. On pensait que les gens entendraient davantage notre nom mais…
Julien : … Mais personne n’a été écouter nos EP’s derrière, ça nous a ramené des fans mexicains et des ricains qui croient encore qu’Alizée va chanter sur nos morceaux. Aux Etats-Unis, on s’est d’ailleurs retrouvé dans des situations étranges.
Guillaume : Sur les cotes, t’as affaire à un public connaisseur, mais dès que tu pénètres dans les terres et le Sud, tu te demandes s’ils ont déjà vu un synthé !
Julien : On faisait les premières parties de Revolver, et dès qu’on s’installait sur scène, les filles reculaient et les mecs à lunettes s’approchaient pour mater la marque des synthés… On a un public de geeks.
Alizée, si c’était à refaire, vous le referiez ?
Guillaume : Ouais !
Raphael : ….
Julien : Peut-être qu’on n’est pas tous du même avis… (Le groupe se marre) Moi j’avais bien envie de faire le disque d’après, ça me semblait intéressant de faire un disque flop pour Alizée et après d’en refaire un !
Guillaume : Mais même elle n’a pas l’air d’assumer ce disque, donc bon…
Toujours est-il que Château Marmont ne sonne plus comme sur les EP d’il y a cinq ans. Travailler avec Alizée, ça vous a décomplexé ?
Julien : Ouais, un petit peu surement. Ca nous a surtout permis de voir que cette pop hybride pouvait exister, comme cette scène pop un peu, hum, mainstream.
Désolé je m’attarde là dessus parce que sans doute cela explique le disque qu’on tient aujourd’hui entre les mains, mais vous gardez quel sentiment de cette période, entre le début de la fin d’Institubes, la collaboration ratée avec Alizée et ce premier disque qui sort en 2013 alors qu’on l’attendait – comme vous je suppose – depuis au moins deux ans?
Guillaume (Il acquiesce) : Oh oui…
Julien : On a surtout galéré sur cet album, on a cherché la voix du disque pendant au moins un an.
Guillaume : Beaucoup d’impasses ouais. Entre la manière de le faire, supprimer les morceaux déjà écrits. Des nouveaux départs permanents.
Vous avez jeté quoi au final ?
Guillaume : Pas l’équivalent d’un album, mais pas mal quand même. On sentait qu’on avait pris une mauvaise direction.
Julien : C’est à partir du moment où on a écrit Receive and Follow que tout a commencé à s’enchainer naturellement. Au départ le disque était moins pop 70’s, c’était plus électronique, plus pointu, et puis finalement y’a  qui est arrivé et on s’est dit que c’était mortel.
On entend même le retour en grâce du saxo, soit le pire des clichés rock des trois dernières décennies.
Guillaume : Tu es face aux mecs qui n’ont aucun tabous…
Julien : Dans le morceau dont tu parles, The Maze, on avait envie d’un passage un peu Eric Serra, dans Le Grand Bleu.
Guillaume : Au départ c’est Etienne Jaumet qui est venu jouer sur le titre, ça devait être une simple texture de son, et comme on lui a donné carte blanche, ça a donné ce truc un peu sexy.
« On essaye de faire du vintage 2000 ! »
Revenons sur la période des impasses. Fut-ce aussi un moment de remise en question en interne, voire de disharmonie entre vous trois ?
Julien : Bah, euh, ouais. Disons qu’on n’était tous pas d’accord quand ça marchait pas, et puis quand ça a marché, on avait tous la même idée en tête.
Guillaume : Ca a été assez tendu, effectivement.
Julien : C’est là que notre manager, Mathieu [Couturier, des Disques Primeur] a été utile, il nous a fait parlé, on a fait des réunions de crise.
Guillaume : Un peu comme dans Some kind of monster [l’incroyable documentaire sur Metallica en pleine crise, au moment de l’enregistrement de « St Anger »]
Raphael : Le manager nous faisait parler à tour de rôle pour qu’on dise aux autres ce qu’on avait sur le cœur.
Guillaume : Et puis en parallèle y’avait des problèmes avec un membre du groupe qui s’est barré [Angy Laperdrix].
Depuis vos débuts, avez-vous dépassé le coté fétichiste des synthés vintage qui vous colle à la peau ? Je vous demande cela car la référence à Steely Dan, adroitement placée dans la bio, explique bien le virage musical actuel de Château Marmont.
Julien : C’est même pas une question de dépassement, c’est surtout qu’au début on voulait avoir plein de synthés pour faire évoluer notre musique, et au bout d’un moment comme on les a eu, on a arrêté de se poser 36 questions sur l’analogique. Mais on a quand même fait l’album sur magnéto à bandes, ah ah !
Guillaume : Et puis à force d’avoir des merdes techniques sur scène avec des synthés qui te lâchent, quand tu veux te professionnaliser tu mets un peu d’eau dans ton vin sur le matériel.

Comme votre disque « The Maze » arrive finalement plus tard que tous les artistes qu’il a paradoxalement inspiré ces trois dernières années, ça vous inspire quoi le mot « vintage » ?
Guillaume : C’est à l’image du monde d’aujourd’hui, la moitié des mots sont des termes de marketing.
Julien : On fait une musique analogique, ça c’est certain. Et l’album est analogique, ça c’est sûr. Après on n’a pas tout l’impression de… Justement on essaye de faire une espèce d’hybride travestie, euh, vintage 2000 !
Le disque est assez long, le tracklist étoffé. Plutôt étrange pour un groupe de la génération Myspace, et donc du single track.
Guillaume : C’est finalement là que, plus que dans le son ou l’approche, c’est dans le format qu’on est les plus nostalgiques.
Julien : On refusait de publier un disque où les gens auraient pu piocher morceau par morceau.
Guillaume : Y’a une ouverture, une trilogie finale, des interludes… ça va du soleil vers l’eclipse, ah ah.
Belle accroche pour les magazines. Comme vous avez été, dix ans après Air, à l’origine d’un retour aux synthés, des Moog à l’Arp Odyssey, avez-vous paradoxalement eu l’impression d’être dépassé par des gens qui ont été plus rapides que vous à sortir leurs premiers albums ?
Julien : Ouais, un ptit peu. Mais on voulait que le disque aille quand même un peu plus loin, car on avait justement peur que tel ou tel morceau soit démodé en six mois. Et puis en plus quand on faisait l’album, y’a ce morceau incroyable de Das Pop qui est sorti, avec des chœurs géniaux, et puis après ça a été le disque de Metronomy ; et nous on était tout le temps en train de retoucher notre propre album… Moralité on a préféré prendre le chemin de traverse plutôt que de sonner pointu.
D’où l’idée de ce morceau, Affaire Classée, qui sonne comme un énorme clin d’œil au Pull Marine d’Adjani et Gainsbourg.
Le groupe : C’était l’idée.
Julien : C’est pour ça qu’on a proposé à Alka Balbir de chanter dessus, parce qu’elle avait la voix d’Adjani.
Guillaume : C’est complètement un exercice de style.
Pourquoi ne pas avoir directement proposé à Adjani ?
Guillaume : Trop boursouflée (rires).
Raphael : On nous a même proposé la fille de Balavoine…
Julien : On a pas mal pensé à l’album digital de L.A., avec Gainsbourg et Deneuve, cette espèce de truc un peu Steely Dan.
Sur cette vision californienne telle que vous la voyez, qui va de Steely Dan à Polnareff en train de faire son jogging à Malibu en passant même par Alain Chamfort sur Manureva, quelle esthétique aviez-vous en tête pour le disque ?
Guillaume : On pensait vraiment à la fin des seventies avec les requins de studio cocaïnes.
Mais comment en arrive-t-on là quand on a grandi dans le sud de la France ?
Guillaume : La Californie, c’est justement le fantasme absolu. Personnellement, la culture anglaise – même si j’adore les Kinks – ça m’a jamais parlé.
Julien : Et puis merde quoi, on s’appelle Château Marmont quoi ! (Rires)
Raphael : Et pendant la conception de l’album, on était sous perfusion de cette musique, des trucs de Toto…
Ca me fait du bien que vous en parliez, j’osais pas vous le dire.
Julien : Tous ces sons qui font peur à tout le monde, ça nous a jamais fait peur. On a toujours écouté ces musiques. Remarque on aurait pu avoir des basses fretless avec des chorus et aller encore plus loin…
Raphael : C’est comme quand on disait qu’on écoutait Jean-Michel Jarre, tout le monde rigolait à l’époque. C’est le même problème.
« Ce n’est pas un album passéiste. »
Vous vous foutez donc complètement de l’image qu’on peut avoir de vous.
Guillaume : Ah non, c’est pas la même chose.
Julien : Par contre de la réaction du public à nos influences, ça on s’en fout complètement.
Guillaume : On ne va pas faire comme Phoenix une compile Kitsuné avec 15 morceaux qu’on aime bien.
Pourtant certains de vos morceaux ont été récupérés sur des compiles Kitsuné…
Guillaume : Ouais, on a fait quelques remixes…

Quels sont les premiers retours des journalistes sur votre disque ?
Guillaume (il soupire) : Pour l’instant c’était pas, comment dire… c’était surtout des publirédactionnels.
C’est à dire ?
Guillaume : On nous demande pourquoi on s’appelle Château Marmont…
Julien : Tout le monde nous dit, en tout cas, que l’album est plus pop.
Oui, mais des références à l’Amérique reaganienne décomplexée, des choses comme Toto ou Steely Dan, c’est l’antithèse même du produit indie bien-pensant, non ?
Guillaume : Je ne vois pas ça sur notre album, c’est un disque au contraire plein de retenu, on ne lâche jamais les chiens…
C’est marrant, je pense le contraire. On est quand même loin de « Solar Apex ».
Julien : C’est certain qu’on est sorti de la niche dans laquelle on était. Avec l’âge, tu détestes forcément de moins en moins de choses. On aime encore plus de courants musicaux.
Guillaume : Toi à l’adolescence, t’écoutais quelle type de musique ?
J’allais justement y venir, à mon adolescence, parce qu’on a sensiblement le même âge [en gros : la jeune trentaine]. J’ai l’impression en écoutant des groupes comme Sommet qu’on vit actuellement un retour quasi proustien des années 80, avec des sonorités très proches des Mystérieuses Cités d’Or et de tous ces dessins animés comportant des génériques composés aux synthés.
Julien : C’est pas faux. C’est David Gilmour qui dit qu’on fait sa psychologie musicale jusqu’à sept ans, et qu’après tout s’arrête.
Guillaume : La première fois où j’ai écouté Boards Of Canada, ça a été un choc hyper émotionnel, je me revoyais enfant.
Et donc, (re)jouer ce type de musique, c’est l’envie inconsciente de revenir à l’enfance ?
Le groupe : …
Guillaume : Si, peut-être. (Long silence)
Julien : Peut-être aussi l’envie d’être aussi bon que ce qu’on écoutait à l’époque.
Réécouter des morceaux comme le Chapi Chapo de De Roubaix, ça vous fout encore une claque aujourd’hui ?
Julien : Ouais, bah ouais. François de Roubaix, c’est une grosse influence ; c’est le premier Français à avoir eu son studio.
Guillaume : Même dans la Variété, c’est une autre époque, c’est à dire que tous les mecs qui jouaient derrière, des types comme Bernard Estardy…
« La plupart des journalistes [français] ne le sont pas réellement. »
On parlait tout à l’heure du rapport aux journalistes, n’est-ce pas frustrant de ne pas arriver à partager ce pan de culture musical, et qui plus est français, avec les médias ?
Guillaume : A fond. Déjà parce que la plupart des journalistes ne le sont pas réellement. [L’attachée de presse, tapie au fond du studio, confirme] La plupart sont des bloggeurs de 20 ans qui posent des questions bateau pour récupérer leurs places de concerts. Donc oui, forcément la promo peut être frustrante, parce que parfois on aimerait bien pouvoir communiquer, parler de musique, de nos amours.
Julien : Faire une interview « Château d’Hérouville » [le mythique studio d’enregistrement de Michel Magne, où enregistrèrent Elton John, Marc Bolan, Iggy Pop, etc], ça on aimerait bien ! Si on gagne plein d’argent avec le disque, on le rachètera !

Si on parle de Michel Magne, il y a là le génie grandiloquent du type qui réinvestit tout son argent dans ses productions. Est-ce que l’idée de pouvoir gagner un peu d’argent pour créer une sorte d’empire musical, c’est un autre fantasme de Château Marmont ?
Julien : L’idée du label Chambre 404, c’est exactement ça. Qu’il y ait plein de petits poussins autour de Château Marmont, c’est un peu mégalo, mais c’est l’envie d’être à la base de tout ça.
Guillaume : Un peu comme Coppola avec Zoetrope, sauf qu’il s’est super vautré quoi.
Julien : Pour notre groupe, on aimerait bien que ça dure à la manière de Zappa ou Eno, c’est à dire en restant dans la recherche, sans avoir à faire un album de stade parce que le précédent n’a pas marché. Même si à la fin on fait un album inécoutable avec des larsens pendant cinquante minutes, ah ah.
Nous parlions tout à l’heure de Toto et des saxos. Un peu à la manière des téléfilms américains des années 80 ou 90, il y a là un grain, un traitement, qui fait qu’on sait instantanément en les regardant dans quelle décennie ils ont été tournés. Comment arrive-t-on à ne pas être prisonnier de son époque ?
Julien : Dans les années 60,70 et 80, la musique a évolué grâce au matériel.
Guillaume : Kate Bush n’aura jamais fait « Hounds of Love » avec un son des années 70.
De la même façon, je suppose que vous n’auriez pas pu composer « The Maze » si vous n’étiez pas né dans les années 80.
Julien : Bah non, je ne pense pas. Je n’imagine pas les kids d’aujourd’hui faire un disque comme ça.
Ca vous fait peur la tentation du recyclage ?
Julien : On essaye de ne pas être trop dans le « on refait comme avant ». Même si on l’a quand même fait sur le morceau avec Alka, parce qu’on avait envie.
Guillaume : Sur le reste, on préfère regarder devant que derrière, après c’est notre vision des choses, peut-être qu’on a trop la tête dans le guidon, mais pour nous ce n’est pas un album passéiste. J’en parle souvent à propos des trucs sixties, mais chaque musique a sa vibration d’époque, l’album de Jacco Gardner qui sort ces jours-ci, même s’il a le son, les fringues, le seul problème c’est qu’il n’a pas vécu à cette époque.
Vous au moins, vous avez grandi dans l’époque qui vous a inspiré.
Julien : Pour nous c’est vraiment la période 1978-1982 qui nous a marqué. Moi j’aimerais bien que des kids écoutant notre disque se mettent à faire du Steely Dan, ça ce serait énorme.
D’un point de vue musical, sentez-vous le suivisme entre les groupes ?
Guillaume : A fond. Et encore, on se fait traiter de Phoenix… Comme tout va très vite maintenant, et que tout est à court terme, tout le monde est prêté à retourner sa veste pour faire n’importe quoi, tout le monde rêve de faire son coup. Ca a été ça pour la French Touch, pour la house filtrée…
On fête ces jours-ci les dix ans [pénibles] d’EdBanger. Rêvez-vous d’un tel destin, en tant que patrons du label Chambre 404 ?
Julien : Non. On voudrait plus une histoire à la CTI, le label jazz-pop de Bob James, un type dont l’idée était de produire les trucs le mieux possible en mettant le plus de pognon possible, même si ça ne marchait pas.
Comment ça se passe pour les signatures pour votre label ?
Julien : Ca part souvent de rencontres.
Guillaume : On risque de signer le prochain disque d’Aquaserge, ce sont nos potes et on adore leur travail.
Julien : On n’a pas envie d’une musique faite pour le label, avec une sorte d’identité monolithique, de disque en disque.
Dans tout ce bordel, Château Marmont a un peu la position sacrificielle : vous ré-investissez tous les bénéfices dans votre propre label ?
Guillaume : Exactement.
C’est quoi votre plus grande fierté à ce jour : avoir réussi à sortir ce disque, ou avoir monté le label qui va avec ?
Julien : Je pense qu’on sera surtout fier s’il se passe quelque chose après !
Raphael : Surtout fier d’avoir tenu pendant tout ce temps, y’a eu pas mal de sacrifices dans nos vies personnelles et on sort l’album à des âges où d’autres ont déjà fait cinq albums… ça fait gamberger. Et ça, comme dirait Nelson Monfort, c’est déjà une super victoire.

http://gonzai.com/chateau-marmont-a-la-recherche-des-tempos-perdus/







Styles d’artistes: Château Marmont

le 5 juillet 2013 9H29 | par
VQ

Il y a quelques semaines, notre envoyé spécial Stephan K. Biamou rencontrait le groupe Château Marmont avant leur concert au Transbordeur de Lyon. Les Boulevardiers remercient donc notre correspondant pour cet exercice important pour notre blog: l’interview de créatifs stylés, et Château Marmont pour leur disponibilité!
L’interview brasse vision du marché de la musique, collaborations de marque et inspirations du groupe… Bonne lecture!
« Nous sommes un groupe qui oscille toujours entre la pop et des sons plus sombres »

Chateau Marmont – Backstage @ Transbordeur
Guillaume : Chemise  et Denim APC
Julien : Chemise et Denim  APC / Baskets Nike
Raphael : Sweat American Apparel / Denim Uniqlo / Baskets Nike
Les trois amis d’enfance sortent le 25 mai prochain leur premier album « The Maze ». Souriants, détendus et affalés sur le canapé de la loge du Transbordeur quelques heures avant leur concert, la rencontre avec le trio de Chateau Marmont se fait dans une ambiance propice à l’échange amicale et direct.
Fin mai sort votre premier album « The Maze », c’est la suite logique aux divers EP et collaborations faits auparavant ?
Guillaume : Cet album est une photographie de ce que l’on est aujourd’hui ou plutôt de ce que l’on a été au moment de l’enregistrement.
Julien : L’album est l’aboutissement de deux ans et demi de boulot. Et dans cet album, il n’y’ a que des inédits.
Sortir un album reste encore le passage obligé ?
Guillaume : C’est vrai. On est dans les derniers instants de ce passage obligé pour les médias et pour la manière dont fonctionne l’industrie de la musique par rapport aux festivals, aux tournées et aux équipes qui peuvent bosser avec toi. L’album reste encore un repère pour beaucoup de monde. Le modèle n’a pas encore été suffisamment changé pour pouvoir se permettre d’organiser des tournées sur la foi d’un maxi.
Vous avez fait découvrir deux morceaux, extraits de cet album: le très 70′s « Wargames » et le très pop années 2000 « Wind Blows », ces deux morceaux représentent-ils bien l’album ?
Julien : Tout l’album est basé sur cela d’où son titre : »The Maze » (en fr. « Le Labyrinthe »). Il y a beaucoup de styles différents et nous sommes un groupe qui oscille toujours entre la pop et des sons plus sombres, plus complexes à comprendre. On est profondément comme ça. On aime bien des choses « mainstream » et des choses très pointues.
Guillaume : Ça veut aussi dire qu’on n’a pas encore réussi à mixer les deux !
Vous vous attendiez à ce que le morceau pop « Wind Bows » soit de suite comparé à du Phoenix ?
Raphael : C’est assez étonnant ! Dans ce morceau, il y a des pianos, un cor d’harmonie ce qu’il n’y a pas chez Phoenix . Si on nous avait dit que cela ressemblait à un morceau de The Rapture, on aurait dit « Ouais, ok » mais Phoenix on ne s’y attendait pas du tout ! C’est un raccourci facile pour les gens. Est-ce que ça nous gonfle, oui bien sûr !
Guillaume : On adore Phoenix mais on s’est jamais dit « on va faire un titre à la Phoenix ». On a été enfermé pendant trois ans dont deux ans dans notre studio à Paris pour faire cet album donc …
Julien : Le morceau est né à la fin de l’album, on l’a trouvé cool et le label l’a trouvé bien pour un single et puis c’est tout !
Comment s’est réparti le travail pour la réalisation de cet album ?
Julien : On écrit des petits bouts chacun de son côté puis on se retrouve chacun devant un ordi, on fait plein de versions, pas mal d’essais. Ce qui est agréable dans le groupe c’est que lorsqu’on n’est pas d’accord, on comprend que le morceau n’est pas bon, en fait. Il arrive un moment où on tombe tous d’accord sur tel ou tel morceau et par contre là c’est magique; c’est aussi pour ça que « The Maze »a pris plus de deux ans à se faire. Parce qu’on cherche beaucoup !
Vous écoutez quoi ?
Guillaume : Notre album en boucle !(rires)
Je reformule ma question ! Dans quoi vous avez puisé pour faire cet album ?
Raphael : Y’a un tronc commun chez nous, c’est Kraftwerk, les musiques de film des années 60-70-80, la musique californienne et allemande des années 70. C’est un son qu’on a eu dans les oreilles jeunes sans doute et qu’on tente de rejouer.
Pourquoi avoir créé votre label « Chambre404″ ?
Julien: C’était un bon moyen pour nous de garder la main sur l’artistique et de garder notre projet tel que nous l’avons pensé et tel que nous voulions le réaliser.
Guillaume: Et ça va de plus en plus se faire, la création de label. Artistiquement, on est plus libre. Et notre label a pour vocation de faire du vinyle.
Comment fidéliser un public alors que chaque jour on est envahi de nouveautés ?
Guillaume : On n’arrive pas là comme ça. On a construit notre « carrière » lentement mais sûrement depuis 5 ans maintenant. On a construit un terreaux très sérieux.On s’est pas précipté même si à un moment on aurait pu.
Justement, à quoi ressemble votre public ?
Guillaume : Notre public est surtout composé de geeks aujourd’hui avec une culture synthé analogique comme nous. Et quelques modeuses !
Vous avez été approché, comme beaucoup d’artistes aujourd’hui, pour coller votre musique à un produit ?
Raphael : Diesel ou 55 DSL nous avaient approché … On pourrait le faire si c’est intéressant, si on a un droit de regard sur ce qui sort comme on l’avait fait avec A.P.C., où l’on avait designé notre propre tee-shirt.
Guillaume : On n’est pas du genre à foncer juste pour la caillasse. Et puis on est assez difficile…
Vous tournez jusqu’à quand ?
Julien : On est sur les routes jusqu’en Janvier 2014 et on passera par l’Europe en Allemagne où l’album sortira aussi et jusqu’aux Etats-Unis et Japon.
Raphael : Et puis , on aimerait bien envoyer le deuxième album fin 2014. On a envie d’enchaîner car « The Maze » nous a pris du temps.

http://blogs.lexpress.fr/styles/le-boulevardier/2013/07/05/styles-dartistes-chateau-marmont/







Chateau Marmont, sans accent
Par Marine Normand, Publié le 08/11/2012 à 10:13

Chateau Marmont est un trio de producteurs et musiciens originaires non pas de Los Angeles, comme l'hôtel préféré des stars hollywoodiennes, mais de Paris. Auteurs de nombreux remixs et responsables de deux eps impeccables chez Institubes, ils s'apprêtent en 2013 à sortir leur premier album, The Maze. Le premier single, Wargames, est sorti le mois dernier, et nous a donné envie d'en savoir plus sur cet opus qui s'annonce prometteur. On a donc reservé Chateau Marmont pour une petite interview ! (il fallait forcément un jeu de mots dans cette introduction, et ça fait deux heures qu'on cherche)

la Villa Schweppes : Vous sortez votre premier album début 2013, The Maze, mais êtes connus (et reconnus) depuis longtemps comme producteurs et auteurs de remix : pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour sortir votre propre opus ?
Chateau Marmont : Voilà des choses qui ne sont pas forcément liées. Ce sont certains remixs qui nous ont fait connaitre aux yeux d'un plus grand public, mais c'est une pratique hyper ludique qui passe toujours au second plan par rapport à nos propres travaux. Cela reste une récréation. Nous avons fait la plupart de nos remixs dans une période donnée qui correspond aux 18 mois entre nos deux eps chez Institubes. Disons que c'est juste que nous sommes assez lents et perfectionnistes....

la Villa Schweppes : Comment vous est venue l'idée de The Maze ?
Chateau Marmont : La composition de l'album a commencé à germer dans nos têtes en janvier 2010. Entre-temps, il y a eu l'équivalent d'un album jeté à la poubelle et près de 15 à 20 versions pour chaque titre ! Nous avions toujours la volonté tacite de ne pas nous précipiter. C'est en effet un album que nous n'aurions pas composé il y a 5 ans, pour des questions de maturité. On ne s'est jamais senti affecté par une quelconque pression. Nous n'avons plus vingt ans et ne sommes pas dans l'attente d'être canardé "sensation du moment".

la Villa Schweppes : La collaboration dont vous êtes le plus fier ?
Chateau Marmont : Nous n'avons jamais véritablement fait de collaboration à proprement parler -excepté avec Alizée (ndlr : sur l'album Une Enfant du Siècle)-, mais toutes les personnes qui ont participé à l'album d'une manière ou d'une autre peuvent se targuer de nous avoir apporté de fort belles choses. Que ce soit Patrick Woodcock, Etienne Jaumet ou encore Bent de Das Pop...

la Villa Schweppes : Comment aimeriez-vous que l'on décrive The Maze ?
Chateau Marmont : Comme un album ambitieux, homogène mais très sinueux, sophistiqué, réfléchi et sincère. Beaucoup plus ouvert et épanoui que par le passé. The Maze est un album de musiciens qui se sont fait extrêmement plaisir à vouloir faire plaisir.

la Villa Schweppes : Wargames est votre premier single : pourquoi avoir choisi ce morceau ? Est il représentatif de cet album ?
Chateau Marmont : Oui et non, car l'album est assez varié. C'est le tempo le plus rapide, il fait partie de la frange "pop" et "chantée" du disque. On trouvait qu'il avait l'élan d'une première prise de parole. Avec la volonté d'affirmer que nous sommes un vrai groupe, composé de musiciens, et non un 'posse' de remixers.

la Villa Schweppes : Quelles ont été vos envies et vos influences pour ce premier album ?
Chateau Marmont : On a voulu faire un album dont on serait fier, que l'on pourrait humblement accoler à tous ces albums français qui nous ont fait rêver ces 40 dernières années. Mais on voulait surtout faire un album à la fois accessible et exigeant, un long trip que l'on pourrait savourer la tête entre les enceintes les yeux fermés. Nos influences sont trop vastes pour les citer, mais grosso-modo on a secrètement cherché à faire cohabiter Steely Dan et Kraftwerk.

la Villa Schweppes : Vous le sortez sur votre propre label, Chambre404 : pouvez-vous nous parler de ce projet ?
Chateau Marmont : Il est venu de l'envie d'être indépendant, maître de notre destin jusqu'au maximum, même si The Maze est tout de même parti pour être en licence et/donc distribué par une Major. C'est couplé à l'envie que nous avons de pouvoir sortir des projets parallèles et nos coups de coeur. De belles parutions sont d'ailleurs à prévoir !

la Villa Schweppes : Vous avez choisi comme nom de scène l'un des palaces les plus chargés en histoire des Etats-Unis : qu'évoque pour vous Chateau Marmont ?
Chateau Marmont : James Dean, Led Zeppelin, John Belushi, Helmut Newton, Francis Scott Fitzgerald et Lindsay Lohan.

la Villa Schweppes : Quelle serait la soirée de vos rêves ?
Chateau Marmont : Un lieu insolite avec des gens tous super fréquentables et sur la même longueur d'onde. Alors que tout le monde sait bien que la meilleure soirée c'est celle qui n'est pas prévue, où tu rentres chez toi à 9 heures du matin alors que tu étais juste sorti boire l'apéro !

la Villa Schweppes : Quel est votre poison ?
Chateau Marmont : Le trafic d'instruments, les jeux vidéos, les phénomènes aériens non expliqués. Mais tous sont assumés.

la Villa Schweppes : Vos bonnes adresses pour sortir ?
Chateau Marmont : Chez notre ami Sebastien, qui habite au 78 rue d'Hauteville, digicode 45F12, sonnez chez Descours, 3ème étage porte gauche.

la Villa Schweppes : Vos projets pour la fin de l'année ? Pour la fin du monde ?
Chateau Marmont : Rentrer dans la tête des gens que Chateau ne prend pas d'accent ! C'est une lutte de tous les instants. Prendre du bon temps. Préparer activement la sortie de l'album avec tous les impératifs périphériques (pochette, photos, promo etc...), travailler sur les sorties du label, recommencer à faire des remix, bosser le live, attendre patiemment de basculer dans la cinquième dimension.

la Villa Schweppes : Votre playlist du moment ?
Chateau Marmont : Les nouveaux albums d'Aquaserge, Albert Swarm, Young Smoke, Zombie Zombie, Kendrick Lamar, Silent Servant, Greeen Linez, Lindstrom, entre autres...

http://www.villaschweppes.com/article/chateau-marmont-sans-accent_a615/1






Wind BlowsChâteau Marmont3:21
The MazeChâteau Marmont4:21
13/06/2013 / Loïc Douhaud


Histoire complexe que celle de Château Marmont. Le quatuor se révèle au monde en 2008 avec son premier EP, Solar Apex, un an après la vague de surcompression sonique et d’acouphènes provoquée par ces sagouins de Justice. Un bien bon disque que cet EP, comme un pendant plus reposant au duo mal rasé et au crew Ed Banger, alors au sommet de la hype. Mais parce qu’avec un blaze pareil on ne peut être qu’esthètes, les tarbais proposent une electro-pop bien moins agressive que leurs finalement lointains cousins. Belote en 2009 et rebelote en 2010, avec deux nouveaux EP soignés et prometteurs. Soit déjà quasiment un album complet.
Alors que l’on attend le premier long de la bande, ceux-ci ont en réalité déjà bouclé un album … mais pas le leur ! Sorti en mars 2010 sur leur label d’adoption Institubes (la quasi-totalité de la bande a d’ailleurs bossé dessus), Une enfant du siècle est le quatrième album studio de l’ex-idole adolescente Alizée. Plutôt (justement) bien accueilli par la critique, la chose fait un flop commercial. Et les Chateau Marmont de tomber aux oubliettes. Ils refont parler d’eux un an après la fin de l’aventure Institubes, disparu en mars 2011, en montant leur propre label, Chambre 404. Et encore un an plus tard, enfin, le premier album de la bande voit le jour. Et autant dire qu’il s’en est passé des choses au bout de trois longues années de silence (soit environ un siècle en temps Internet).
Déjà, la morphologie du groupe a changé : le quatuor est devenu trio après le départ de Angy Laperdrix, crédité malgré tout sur chaque titre du disque. Ce qui explique le virage artistique pris par le groupe ? Car sur The Maze, exit l’électro pure, place à la pop. 80’s et analogique, la pop. Car eux non plus ne se sont pas remis des BO de ce bon François de Roubaix (Chapi Chapo, tout ça tout ça). Et en bons fans de synthés vintages (on en compte plus d’une vingtaine sur le disque !), ils ont su se réapproprier ces années où Alizée était loin d’une ex-Lolita mariée à un Chatelain (l’horrible méchu Jérémy) qui cherchait l’avis de Chateau (Marmont). Et le résultat se révèle plutôt réussi. Déjà, les mecs se permettent de montrer à Phoenix ce qu’ils auraient dû faire, en lieu et place du médiocre Bankrupt ! : les morceaux « Wargames », « The Joey Song » ou « Wind Blows » sonnent comme les meilleurs titres des versaillais, poussant le vice jusqu’au chant rappelant furieusement une version au nez débouché de Thomas Mars.
Le reste de l’album sonne comme parfois du John Carpenter revisité et chanté par Daft Punk (« Tales From The Creek »), comme un trip jeanmicheljarresque (« The Maze » et l’INCROYABLE partie de saxophone d’un Etienne Jaumet jamais aussi sexy), une chasse à cour from outter space (« Receive and Follow ») ou, plus malheureusement, comme un produit Kitsuné circa 2009 (« Exposition »).
Tout ça pour que les zigs nous foutent en l’air sur la fin de l’album. « Affaire Classée », sublimement chantée par Alka Balbir, fille de l’horrible Denis, nous colle des frissons amoureux, et nous rappelle que grâce à Gainsbourg, il fut un temps où l'on pouvait choper Adjani avec un poisson rouge (bon, choper Adjani maintenant, d’un autre côté…). S’ensuivent les trois derniers morceaux du disque, sous-titrés « Colonization ». Trois titres au terme desquels on ne répond plus de rien, partis dans un trip interstellaire en compagnie d’une bande de geeks trentenaires qui nous ont pris par la main, pour nous montrer notre futur. Et le leur, par la même occasion. La preuve définitive et courageuse que l’on peut se remettre en selle après Alizée. Et c’est toujours ça que Jérémy Chatelain n’aura pas.

http://dumdum.fr/album/chronique/chateau-marmont























































17/10/2013
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