Alain YVER

Alain YVER

CHRISTOPHE BOURSEILLER

CHRISTOPHE BOURSEILLER



http://christophebourseiller.zumablog.com/

http://www.imdb.fr/name/nm0100172/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Internet_Movie_Database

http://www.angelfire.com/home/bourseiller/cv.html

http://www.telerama.fr/radio/bourseiller-boulimique-de-l-extreme,61066.php

http://www.slate.fr/story/17881/christophe-bourseiller-franc-macons

http://mondialisme.org/spip.php?article1326

http://editionsdesfemmes.blogspirit.com/christophe-bourseiller/

http://www.ina.fr/ardisson/tout-le-monde-en-parle/video/I09144300/interview-serena-reinaldi-christophe-bourseiller-et-cris-campion.fr.html



Christophe Bourseiller, de son vrai nom Christophe Gintzburger-Kinsbourg, né le 27 septembre 1957 à Paris, est un acteur de cinéma et de théâtre, journaliste et écrivain français. Il est enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris depuis octobre 2003. Il est enfin étudiant à l'Université Paris-1 où il prépare une thèse de doctorat [1].

Biographie

Il naît dans une famille de comédiens. Il mène, de son propre aveu, « plusieurs vies à la fois ». Il se retrouve propulsé très jeune dans le cinéma sur une idée d'Yves Robert. Après des études de philosophie, il devient écrivain, journaliste et homme de radio, auteur d'une trentaine de livres, spécialiste notamment des mouvements minoritaires, des musiques industrielles et de la new wave des années 1980, des extrémismes politiques et des contre-cultures.

L'Aventure moderne, récit fortement autobiographique paru début 2006, est son troisième roman. Il est complété en 2010 par le récit Un Maçon franc (Éditions Alphée).

Ses livres portent notamment sur les contre-cultures, l'extrême droite, l’extrême gauche, ainsi que sur les avant-gardes artistiques. Loren Goldner, auteur américain d'extrême gauche, a critiqué « la médiocrité [du] contenu » de son Histoire générale de l'ultra-gauche parue en 2003[2]. Le sociologue Valéry Rasplus a donné une critique de son ouvrage A gauche toute ! sur le site Nonfiction[3] .

Son livre Carlos Castaneda, La Verité du mensonge, publié en 2004, constitue la seule biographie consacrée à l'écrivain Carlos Castaneda.

Son livre, Génération Chaos, publié en 2008, est considéré comme une des meilleures histoires de la new wave et du punk écrite en français[réf. nécessaire].

Il est maitre de conference à l'Institut d'études politiques de Paris dans le cadre de l'enseignement complémentaire destiné au premier cycle. Il est par ailleurs doctorant en histoire à l'Université Paris 1.

Il a créé et animé tout au long des années 2000-2010 la revue Archives et documents situationnistes, éditée chez Denoël, qui se donnait pour objectif d'étudier l'histoire de l'Internationale situationniste, de sa postérité, et des mouvements qui l'ont précédée[4].

Il est depuis 2006 conseiller éditorial de Frédéric Taddeï pour l'émission Ce soir (ou jamais !) sur France 3, et coproduit l'émission Electromania sur France Musique depuis 2005.

Il a tourné en tant qu'acteur dans plus de vingt-cinq films, sous la direction (entre autres) de Jean-Luc Godard, Yves Robert, Claude Lelouch, Jacques Demy et Pierre Jolivet. Son plus récent film est Lol, de Liza Azuelos.

Il a lancé à l'automne 2009 la collection « Qui êtes-vous ? » chez l'éditeur François Bourin. Il s'agit d'une collection de sciences humaines . Il y conduit des entretiens avec des penseurs. Les deux premiers livres sortis sont consacrés à Antoinette Fouque et Michel Maffesoli.

Il est par ailleurs le demi-frère de Marie Sara[5].

   1. Å™ Liste des doctorants [archive]
   2. Å™ Loren Goldner, « Ce que raconte et surtout ce que ne raconte pas l'Histoire générale de l'ultra-gauche de Christophe Bourseiller », dans Agone, no 34 « Domestiquer les masses », 2005, p. 237–253 (ISSN 1157-6790 [archive]) (ISBN 2-7489-0040-5) [ texte intégral [archive] ] .
   3. Å™ [1] [archive]
   4. Å™ . La revue possède un site : http://archivesitu.zumablog.com [archive]
   5. Å™ Émission Ça se discute, France 2, « Couple, fratrie : peut-on partager le succès ? », 29 mars 2000.







Christophe Bourseiller

Le conseiller éditorial de l’émission d’idées sur France 3, Ce soir (ou jamais), vient de publier un livre aux éditions du CNRS sur l’ultra-gauche et rêve de cinéma.

mercredi 3 juin 2009, par Laurent FirdionChristophe Bourseiller
Le conseiller éditorial de l’émission d’idées sur France 3, Ce soir (ou jamais), vient de publier un livre aux éditions du CNRS sur l’ultra-gauche et rêve de cinéma.

mercredi 3 juin 2009, par Laurent Firdion

« Ma vie est un puzzle », aime à se décrire Christophe Bourseiller. Une carrière bien remplie : expert de l’ultra-gauche, écrivain, journaliste, acteur. L’homme est difficile à cerner. Il déteste les petites cases qui emprisonnent. Il veut être tout à la fois. Parfois jusqu’à la contradiction.

Parlez lui de son rôle dans La guerre des boutons, ou bien celui dans Un éléphant ça trompe énormément et il grimace. Il n’est pas qu’un acteur, il est expert également. Si à une table de café vous ne le reconnaissez pas immédiatement, il grince des dents. Il est acteur tout de même. Il nous pardonnera de vouloir rassembler les pièces du puzzle et de découvrir, au-delà des contradictions, un homme caméléon à la recherche d’autres mondes.

Christophe Bourseiller nous reçoit à la terrasse du bar Le Sélect dans le boulevard du Montparnasse à Paris. Il est fatigué. Il doit préparer la prochaine émission de « Ce soir (ou jamais) » sur France 3. En tant que conseiller éditorial, il participe au choix des thèmes des soirées et des invités. Le sous-titre du programme – « l’actualité commentée par la culture » – l’a convaincu de se lancer dans l’aventure en 2006. Le programme a la qualité de laisser s’installer le débat. Il n’y a pas de bon ni de méchant. Ainsi, l’équipe n’a pas hésité à mettre face à face un homme qui souhaitait réhabiliter Pinochet et un ancien guérillero qui avait été torturé par la junte argentine. Si Christophe Bourseiller se dit heureux dans ce qu’il fait, il ne se voit pas cantonné à cette activité. « Je n’ai pas envie qu’on mette sur ma pierre tombale : « il était programmateur à France 3 ! » »

L’homme rêve d’un grand rôle au cinéma. Sa carrière d’acteur, qu’il avait voulu tant oublier et qu’il avait cru définitivement arrêté, a repris en 2005. On l’a vu sur les écrans dans les films Stella de Sylvie Verheyde en 2008 et LOL réalisé par Lisa Azuelos en 2009. « Des amis m’ont convaincu que je n’avais plus rien à prouver. » Il avait arrêté la comédie dans les années 1980 pour prouver qu’il pouvait être un auteur légitime, qu’il pouvait exercer un métier « sérieux ». Allant presque jusqu’à vouloir oublier une carrière fulgurante.
Enfant de la balle

Il tombe dans la marmite du cinéma dès quatre ans. Il n’a rien demandé. C’est un enfant né dans une famille du spectacle. Son père, André Gintzburger, était un producteur de théâtre et sa mère comédienne. « J’ai grandi dans les coulisses du théâtre, j’ai connu Aragon, Ionesco, Chéreau », raconte t-il. A 4 ans donc, il joue Gaston dans la guerre des boutons d’Yves Robert. Une cour de récréation géante pour un enfant. A 20 ans, il devient véritablement célèbre avec son rôle dans Un éléphant ça trompe énormément. Le film est un succès. Etudiant en hypokhâgne, le jeune Christophe Bourseiller décide d’arrêter les études pour se consacrer au cinéma. Il sera acteur à plein temps pendant quinze ans. Il joue sous la direction de Jean-Luc Godard, Claude Lelouch, Jacques Demy ou encore Pierre Jolivet.

« A la fin des années 1980, je me suis aperçu que je n’avais jamais voulu être acteur mais que je voulais écrire », déclare t-il. Premier paradoxe.
L’ultra-gauche

Sa deuxième vie commence. Avec à coeur d’oublier la première. Christophe Bourseiller se spécialise dans l’étude des courants politiques minoritaires.
A la publication de son premier livre Les Ennemis du système, un journaliste de Libération croit bon de noter que l’auteur est un homonyme de l’acteur Christophe Bourseiller. « Ils ne pouvaient même pas imaginer que c’était la même personne », soupire t-il.

Les Français ont découvert à l’automne dernier qu’une bête brutale appelée ultra-gauche avançait lourdement sur la France en sabotant les voies ferrées de la SNCF. Christophe Bourseiller analysait déjà en 2003 cette mouvance ultra-gauche dans son livre Histoire générale de l’ultra-gauche. « J’ai pourtant lu que j’avais inventé le terme de l’ ultra-gauche dans le cadre d’un complot avec Michèle Aliot-Marie ! » s’exclame t-il.

L’ultra-gauche joue le rôle pratique du croque-mitaine. Julien Coupat fut incarcéré comme le responsable présumé des sabotages. « Julien Coupat n’a rien avoir avec Jean-Marc Rouillan, militant d’Action directe ! » tempère Christophe Bourseiller.

Il rappelle que la première action militante d’Action directe a été le mitraillage du siège du patronnât français en 1979. « On voit bien qu’avec le sabotage des trains, on est très éloigné de la dialectique du fusil mitrailleur. On est plutôt dans l’écologisme radical. C’est bien sûr un acte répréhensible mais pas comparable », explique t-il.

Alors quand Christophe Bourseiller n’est pas taxé de comploteur, certains cherchent dans son passé des liens avec l’ultra-gauche. Il a été anarchiste quand il avait 15 ans. « Dans ma jeunesse, j’ai été un lecteur de Guy Debord. Ca aurait pu faire de moi quelqu’un de proche des idées de Julien Coupat. J’ai évolué », confie t-il.
Découvreur de mondes parallèles

A côté de ses recherches, il a mené une carrière de journaliste. Il collabora au Matin, à 7 à Paris ou encore à Maximal où il fut rédacteur en chef. Un métier dans lequel il se reconnaît difficilement. « Je suis avant tout écrivain et acteur. » Pour le cinéma, il est prêt à tout laisser tomber.

A 51 ans, il se sent enfin complet. Dans toutes ses activités, il y a le même intérêt pour la diversité et la pluralité. « Je trouve que le monde est plein de ressources inattendues, inavouées, cachées. J’aime découvrir des tribus secrètes, des groupuscules, des sectes. Quand vous êtes dans un groupuscule vous entrez dans un autre monde, avec ses règles, son système de représentation. »

C’est dans le chaos du monde que Christophe Bourseiller trouve ses repères.
Repères :

A lire :
A Gauche toute !, de Christophe Bourseillier, CNRS Editions, 216 p., 18 €

A suivre :
Ce soir (ou jamais), France 3, du lundi au vendredi, deuxième partie de soirée








Entretien avec Christophe Bourseiller
12 juillet 2010
Par MAXELU


Soyons positifs veut vous faire découvrir des gens passionnés, passionnants… et surprenants. Saviez vous que derrière le documentaliste bonhomme et espiègle de P.R.O.F.S. se cachait un enseignant de Science Po ? Christophe Bourseiller réalise ce grand écart, et notre curiosité naturelle a évidemment été piquée. Nous voulions en savoir plus, et à l’occasion du festival du livre de Vannes, nous avons eu l’occasion de le rencontrer. Découverte.

Soyons Positifs : Christophe Bourseiller, tout d’abord quel est votre métier ?

Christophe Bourseiller : Avant tout, je me considère comme un écrivain. Mes autres activités, l’enseignement des extrémismes à Science Po, la production d’Electromania, l’étude des contre cultures, ma collaboration à la ligne éditoriale de « Ce soir… (ou jamais) » de Frédéric Taddeï me permettent de nourrir mes livres.

L’autre activité qui me tient à cœur est celle de comédien. Mais je la pratique comme un loisir. Elle me structure. Je la pratique plus rarement car j’ai besoin de jouer des rôles et des personnages qui m’intéressent.

Je ne me considère pas comme un touche à tout, mais il y a deux raisons majeures à cette diversité. La première est que je n’aime pas me cantonner à une seule activité, j’aime penser qu’il est bon d’avoir plusieurs cordes à son arc. L’autre raison est plus économique. En France il est extrêmement difficile de vivre de sa plume, ce qui serait pourtant mon rêve.

S.P. : On voit de plus en plus de membres du show business, acteurs, comédiens, chanteur s’exprimer sur les sujets de politique, ou de société, comment jugez vous ce phénomène ?

C.B. : C’est une question d’époque. Aujourd’hui, on demande de plus en plus leur avis aux personnalités sur des sujets qui ne sont pas nécessairement les leurs. Evidemment, il est difficile de répondre à chaud sur ces questions.

Au début, alors que je n’étais que comédiens, on me reprochait de n’être qu’un clown, je n’avais ni la légitimité, ni la crédibilité. Aujourd’hui, c’est différent, pourtant, il m’arrive encore de regretter de m’être exprimé sur certains sujet, comme ce fut le cas lorsque j’ai été interrogé sur les événements de Tarnac.

La parole est de plus en plus flottante. On ne sait pas ce qui restera de tout ce qui se dit. Notamment sur internet, que restera-t-il des tous ces sites si un jour ou des opérateurs disparaissent ? Que restera-t-il de toutes ces idées ?

D’autant que je connais des gens qui mentent systématiquement dans les interview (sourire).

S.P. : Vous êtes passionné par les « contre-cultures ». Comment définiriez-vous une contre culture, qu’est ce qui vous intéresse tant dans ces phénomènes ?

C.B. : Une contre-culture est une culture populaire, spontanée, qui s’oppose à une forme de culture officielle.  Elle sont généralement porteuses d’idées nouvelles, et c’est en cela qu’elles sont intéressantes.

S.P. :Vous êtes aussi un passionné de musique, et de ce qu’elle reflète ou engendre dans la société. Dans « Génération Chaos, New wave une révolution méconnue », vous posez la génération punk / New Wave en opposition avec Mai 68.  Si vous deviez réécrire un livre équivalent avec la musique du début de ce XXIème siècle (Gorillaz, Black Eyed Peas, David Guetta, ou encore Muse et Placebo par exemple), Que diriez-vous ?

C.B. : C’est vrai pour moi, la New Wave est en opposition avec Mai 68. La meilleure illustration est que le slogan de Mai 68 était plein d’espoir : « sous les pavés la plage », celui de la New Wave : « No future ». Aujourd’hui, il y a plusieurs mouvement de contre-culture. D’ailleurs on ne parle pas de contre culture, mais de culture « underground ». Il n’y a pas de ligne directrice forte, mais plusieurs groupuscules. Ce qui est passionnant, c’est surtout le moment où les « contre cultures » ne sont pas encore phagocytées par les cultures officielles.

S.P. :Vous faîtes de la critique des extrémismes, notamment de droite, un de vos chevaux de batailles. Mais quel est votre opinion sur les partis politiques traditionnels ?

C.B. : D’abord, je n’en fais pas la critique, j’en fais l’étude. Les extrémismes, qu’ils soient de droite ou de gauche, sont des sources de pensées radicales, souvent nouvelles. Les gens qui adhèrent à ces partis ne le font pas par ambition politique, mais par engagement. Quelqu’un qui aujourd’hui prend sa carte à Lutte Ouvrière ne le fait pas par ambition personnelle, c’est pour cela que je les crois plus sincères dans leur démarche que les partis dits « traditionnels ». Je suis en effet assez pessimistes sur la volonté des ces derniers de vouloir réellement « aider les autres ». A côté de cela, les extrémismes ont aussi leur aspect négatif : violence, intolérance. Et s’il m’arrive de partager des valeurs humaines avec certains extrémistes, dès qu’on aborde le volet politique, ce sont pour moi des extra terrestres.

S.P. :Dans P.R.O.F.S., vous décriviez un système éducatif étriqué contre lequel vous tentiez de lutter avec vos acolytes. Comment percevez vous l’école d’aujourd’hui ?

C.B. : J’ai beaucoup haï l’école. Parce que je me suis rendu compte assez vite que le système ne fonctionnait pas.

Pour les élèves notamment, il y a ce que j’appelle la « loterie du bon prof ». Parce qu’il existe deux catégories d’enseignant :

D’un côté ceux qui sont passionnés et passionnants, ceux qui veulent vraiment partager, ceux qui cherchent à faire avancer la machine.

De l’autre les fonctionnaires, bornés, butés.

Je ne voudrais pas passez pour un réac, mais depuis que j’ai 12 ans, il y a chaque année des manifestations contre les ministres en place qui proposent des réformes. On sait que le système ne marche pas, mais dès qu’on veut le changer, c’est la grève.

S.P. : Etes vous un prof à la P.R.O.F.S. ?

C.B. : Oui, je crois. Je suis plutôt détendu. Je ne suis pas un gendarme. J’ai des élèves d’une vingtaine d’années, et j’estime que c’est à eux de se prendre en charge. Si un élève est en retard, je m’en fous, c’est pour lui.

S.P : Comment vos élèves perçoivent-ils votre double casquette comédien/enseignant ?

C.B. : Plutôt bien. Ca les fait marrer, mais ça ne les gène plus. D’ailleurs, je pense que les enseignants devraient prendre des cours de théâtre aussi. Ca rendrait leur cours plus vivants. Je me souviens d’un prof d’histoire – géo qui était passionné par la guerre de cent ans, mais si ses cours étaient intéressants, lui, on ne l’entendait pas à deux mètres. Dommage.

S.P. : Vous animez un blog qui s’appelle « l’Antiblog ». Est ce une façon pour vous de critiquer ce que l’on trouve sur le net notamment wikipédia qui ne semble pas être de vos amis proches ?

C.B. : Il y a des fous sur internet. Des gens qui ne font que ça. Sur wikipédia, ma fiche est constamment mise à jour par des gens qui ne m’aiment pas et qui ne relèvent par exemple que les mauvais papiers qui sont faits sur moi. Au début, j’essayais de corriger au fur et à mesure, mais j’ai arrêté. Je préfère donc gérer moi-même mon espace sur le web.

S.P. :Les gens curieux, avides de culture et d’histoire sont souvent des idéalistes (au sens noble du terme) quel serait votre idéal à vous ?

C.B. : Je suis plutôt un idéaliste déçu. Aujourd’hui, je vais et je viens entre curiosité et regard sombre. Un peu comme si j’attendais un Messie qui ne vient pas. Par exemple, j’étais en Franc-Maçonnerie, et j’en suis sorti en perdant ma foi en l’homme. A quoi bon alors être dans un mouvement humaniste ? Mais si je ne crois plus en rien, je cherche encore.

Au cours de cet entretien, nous avons découvert un Christophe Bourseiller simple, accessible, s’entretenant volontiers avec une ancienne Maoïste évoquant avec lui ses rêves déçus et cette période dont elle garde pourtant la nostalgie, un ancien Franc Maçon venu partager son expérience, et d’autres lecteurs curieux, eux aussi, de ce parcours éclectique qui est le sien.
Date de naissance : 27 septembre 1957
Lieu de naissance : Paris
Profession : Ecrivain
Actualité : Un maçon franc, le livre secret
Projet : un livre sur les extrémismes (ed. CNRS)
Film recommandé : Into the Wild (de Sean Penn)
Livre recommandé : Missa sine nomine (Ernst Wieschert)
Album recommandé : Techno Prisoners (Lou Reed)

Citation préférée : « Peu importe où mène le chemin, il faut qu’il ait un cœur » Carlos Castenada.









Génération Chaos 1975 1981

« Génération Chaos » a un peu plus de deux ans, mais qu’importe, l’ouvrage a ici toute sa place ! Christophe Bourseiller, journaliste, acteur, écrivain, scénariste… et la liste est encore longue, s’est attardé sur cette courte période qui a marqué l’histoire de la musique et celle de la génération qui l’a vécue de plein fouet.

Christophe Bourseiller prévient : « Je revendique le droit à la subjectivité, et à son corollaire, la partialité. J’aimerais évoquer des gens et des groupes que j’aime, en méprisant les poseurs, les dandies, les opportunistes ou les débiles, parce que c’est mon droit ». L’approche de l’auteur se fait en deux temps, d’abord chronologique, un chapitre représente une année, et à l’intérieur des zones géographiques permettent de mettre en avant les pôles importants de ces mouvements (et Paris apparaît légèrement en décalage…).
Le casting de « Génération Chaos » est riche :  Malcolm McLaren, manager intransigeant pour sa gloire personnelle, et ses poulains, les Sex Pistols, sacrifiés sur l’autel du punk (l’auteur reviendra longuement sur Sid Vicious et Johnny Rotten), Genesis P-Orridge, Joy Division et leur torturé leader Ian Curtis…
On retient quelques années intenses où se sont mêlées la musique, le cinéma, l’art, une presse dédiée et la mode (avec en tête la boutique de Vivienne Westwood et Malcolm McLaren), la frontière entre pastiche est revendication sincère est souvent floue, exprime-t-on ici une souffrance, ou le punk n’est-il qu’un effet de mode ?
Le sordide, la drogue, sont pourtant bien présents et beaucoup y laisseront la vie, les bagarres dans les clubs, lors des concerts, les histoires d’amour contrariées ou vécues trop intensément (Sid et Nancy…), autant de personnes réellement brisées en bout de course (à qui l’auteur dédie le livre.).
Un ouvrage documenté (la bibliographie et les sources figurent à la fin), les sous-parties géographiques entraînent quelques anachronismes, mais on s’y retrouve facilement. Les choix de groupes de Christophe Bourseiller permettent à la fois d’approfondir ses connaissances de certaines figures connues, ou d’en découvrir d’autres. L’auteur propose sa discographie idéale, un index des groupes et des personnes permet de sélectionner les informations dont on a besoin si on ne souhaite pas tout lire et un cahier central de photos.
Une analyse et une sélection personnelle qui ne manquent pas de recul pour autant et nous éclaire intelligemment sur cette période foisonnante.
Editions Denoël – collection X-Trême – 321 pages








« Génération chaos : punk-new wave (1975-1981) »
par Christophe Bourseiller


generationchaos Journaliste et comédien, Christophe Bourseiller est également l’auteur de plus d’une vingtaine de livres consacrés aux mouvements extrémistes politiques, aux subcultures et autres vagues minoritaires. Dans l’ouvrage « Génération Chaos : punk – new wave », il livre une forme d’essai historico-sociologique fort documenté et riche d’anecdotes sur l’explosion punk & new-wave du milieu des 70Åås – début des 80Åås. Une approche  qui associe avec pertinence le regard passionné du fan et la lucidité de l’analyste…

King’s Road à Londres. Malcolm Mc Laren et son illustre compagne, la styliste Vivienne Westwood tiennent la boutique SEX, qui commercialise de la fringue « branchée ». Il aura suffi qu’un hurluberlu fagoté d’un t-shirt « customisé » des Pink Floyd pénètre dans l’antre pour raviver les velléités de rock-manager de Mc Laren. L’homme avait bien tenté l’aventure avec les New York Dolls, mais elle avait tourné court… Mc Laren avait pêché d’orgueil, imposant à ses poulains un style qui ne les avait finalement pas réellement propulsé vers l’avant… Mc Laren le commercial, qui va donc trouver dans une situation au demeurant banale une belle occasion de se muer en mentor suprême et de satisfaire sa soif de notoriété : l’homme au t-shirt bariolé, c’est John Lydon. Il va devenir Johnny Rotten, le leader des Sex Pistols. Un groupe emblématique monté de toutes pièces. Un illustre coup, fort  bien calculé et commercialement porteur. Cela étonnera plus d’un d’un lecteur, persuadé de la spontanéité de la démarche des interprètes énervés de God save the queen et d’Anarchy in the U.K. L’un des grands mérites de ce livre est d’ailleurs de tordre le cou à quelques idées reçues. Par exemple si l’étiquette « punk » est bien anglaise, sa construction (par certains côtés calculée on l’aura saisi) s’est largement inspirée au niveau musical, du style de quatre ados américains déglingués : Les Ramones.

Autre aspect essentiel de « Génération chaos » : le punk est passé en revue sous toutes les coutures, dans l’ensemble de ses composantes sociales et culturelles et non pas qu’à travers la musique qui n’est au fonds qu’une partie de l’expression du mouvement, son porte-voix. La vision de l’auteur se veut réaliste tout autant que passionnée. Si la musique punk-rock d’aujourd’hui emmené par la vague californienne est plutôt festive, au milieu des années 70, on est à mille lieues de cela : marginaux, paumés, junkies et autres âmes de la frange ingurgitent du décibel torturé dans une ambiance provoc parfois savamment orchestrée, les concerts parfois fumeux dégénérant en bagarres généralisées, l’alcool aidant… Derrière ce capharnaüm réside une volonté essentielle : marquer la rupture avec le mouvement peace and love hippie. Exit le flower-power bon-enfant. Place au nihilisme, à la culture du plastique et du vinyle, au refus du dictat du fric. L’avenir est noir, la voie est sans-issue. On vit au jour le jour. Certaines existences en sortiront dramatiquement brisées. La plus emblématique descente aux enfers, bien fatale celle-là, restera sûrement celle de Sid Vicious, autre membre des Pistols. Dans ce contexte no-future, ce sont les Clash qui amorceront une ouverture. Ils seront les premiers à reconnecter une partie de la mouvance punk à la société en jouant par exemple pour l’anti-nazi league. Le punk se « politise » et va s’ancrer à gauche.  Par certains côtés, quelques symboles retrouvent une valeur. Mais de cette manière ou d’une autre, la contestation est en marche. Sauf en France où la scène se cherche et peine à trouver sa personnalité, imitant pour l’essentiel et à quelques rares exceptions près, les camarades anglais. C’est en tout cas un pan riche de la culture underground qui se déroule, qui essaime, qui mute pour évoluer peu à peu vers la new-wave qui, à ses origines, n’a rien de bien plus glamour que le punk ! Les guitares électriques déchaînées font place aux électronismes froids évoquant les ambiances industrielles. Une autre sphère émerge lentement pour poursuivre la conquête de l’ombre…

Les fans de rock, de musique punk et de culture underground se délecteront d’un exposé si brillamment déroulé. Rares sont les ouvrages traitant le sujet avec autant de ferveur, d’objectivité et d’informations. Bourseiller distille jusqu’aux plus petites anecdotes (telle l’origine de la chanson « 53rd and 3rd » des Ramones !) qui ont émaillé cette époque, rendant le récit ultra vivant. Un âge d’or qui n’a rien d’un conte de fée certes, mais un temps qui s’il a vu se perdre pas mal de dandys glauques et baroques, a vu éclore des talents dont l’empreinte reste intergénérationnelle. Un livre absolu à posséder par tout bon rocker qui se respecte.
« Génération Chaos :punk – new wave (1975 – 1981) » par Christophe Bourseiller – Ed. Denoël – collection X-treme – Prix indicatif : 23,00 €


15/02/2011
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