Alain YVER

Alain YVER

CLAUDE DUBOIS

CLAUDE DUBOIS


Photo © Marie Bruggeman/L'Internaute


NOTRE PARIS, LA PLUS BELLE VILLE DU MONDE, MASSACRÉE, BOUSILLÉE, AMPUTÉE, ASSASSINÉE, DÉSINTÉGRÉE, VOILÀ MON CONSTAT, VIVE LA POLITIQUE ET CEUX QUI LA PRATIQUENT, "La politique, c'est l'art de chercher les problèmes, de les trouver, de les sous-évaluer et ensuite d'appliquer de manière inadéquate les mauvais remèdes" (Groucho Marx)  MERCI D' AVOIR DÉTRUIT CE QUI A FAIT PARIS... LIRE " EN PARLANT UN PEU DE PARIS " C' EST REVIVRE CE PARIS DISPARU, ÇA SENT L' TITI À PLEIN NEZ, ON ENTEND LA " LANGUE VERTE " À CHAQUE COIN D' RUE, MAIS QUELQUE SOIT LA LANGUE, UNE LARME AU COIN D' L'OEIL RESTE UNE LARME FACE À UN TEL DÉSASTRE.
                                                                                                           
                                                                                                                 ALAIN YVER





Biographie

Claude Dubois

Ancien professeur de philosophie, homme de radio, auteur de télévision, chroniqueur de presse, Claude Dubois est, depuis plusieurs années, l'historien du Paris de la rue. Ses derniers livres tournent autour de ce Paris-là : Des Halles au Balajo, écrit avec Robert Lageat, feu le patron du Balajo (1993, Éditions de Paris) ; Apaches, voyous et gonzes poilus — Le milieu parisien du début du siècle aux années soixante (1996, Parigramme) ; La Bastoche — Bal-musette, plaisir et crime (1750-1939) (1997, Éditions du Félin). Chaque semaine dans le Figaroscope, Claude Dubois tient la chronique du Titi, censée faire comprendre le Paris d'aujourd'hui à la lumière du Paris d'hier.

 
 
 



EN PARLANT UN PEUT DE PARIS



QUATRIÈME DE COUVERTURE

«En parlant un peu de Paris
Tout s'éclaire et tout nous sourit»…

Chaque mercredi dans le Figaroscope, le supplément du Figaro, le
Titi, alias Claude Dubois, délivre sa chronique sur Paris. L'aventure a
commencé à la naissance du Figaroscope, en octobre 1987. Quatorze
ans plus tard, en 2001, elle dure encore.
En parlant un peu de Paris parce que, dans ces chroniques, le Titi
parle de Paris sous toutes ses facettes. Il y raconte autant la rue Saint-
Denis, la rue de Lappe, qu'il y explore la gare Saint-Lazare, y narre les
débuts de Maurice Chevalier, – en 1900, boulevard de Ménilmontant –
relate l'amitié de Céline et de Gen Paul, – là-haut à Montmartre – ou
explique comment – dans Les Misérables – près du Jardin des Plantes,
Jean Valjean et Cosette échappent à Javert, «par une nuit de pleine
lune».
A la fin du volume, un index copieux récapitule les rues visitées par
le Titi, les personnages et établissements cités. Si bien qu'à ses qualité
littéraires, En parlant un peu de Paris ajoute une valeur pratique. En
parlant un peu de Paris est aussi un guide intime et secret de la capitale,
celui du Titi. Deux cents ans plus tard, une sorte de Tableau de Paris à
la Sébastien Mercier, quoi!
Claude Dubois l'avait déjà montré dans Des Halles au Balajo (Editions
de Paris), Apaches, voyous et gonzes poilus – L'histoire du milieu parisien
de 1900 aux années 60 (Parigramme), et La Bastoche – Bal-musette,
plaisir et crime (1750-1939) (Le Félin), il a une vision bien à lui, très
«sentie», de Paris. Celle du titi, du badaud qui, à chaque balade,
découvre un aspect inattendu de la ville. Qui savait la correspondance
cachée entre le bas-relief ornant le 1er étage du 69, rue Mouffetard,
dans le 5e arrondissement – Au Vieux Chêne – et celui, au 1er étage
aussi, du 10, rue Tiquetonne, dans le 2e – A l'Arbre à Liège  ?








Ça c'est Paname!
par Caroline Delage

 Claude Dubois ressuscite semaine après semaine le passé et la gouaille de la capitale. Ce recueil réchauffe le cœur

Claude Dubois, alias «le Titi», est un inconditionnel de Paris. Il y est né, en a arpenté toutes les rues, fréquenté tous les bistrots. Mais son Paris à lui, c'était Paname, au temps où la ville était le fleuron du peuple. On y parlait alors un argot typiquement parigot, drôle, spontané, imagé. Rue de Lappe, bastion des Auvergnats depuis 1750, on venait danser la musette à La Galoche d'Aurillac, chez Jean Bonnet. Le champ' coulait à flots chez Jeannot le Polak, à L'Auvergnat 1900, où l'on fumait le havane en écoutant de l'accordéon. Et l'ancienne gare Montparnasse grouillait, avec ses troquets bretons rue de la Gaîté, ses bars à filles rue d'Odessa, ses Cinéac bon marché et ses buvettes.
En marchant dans Paris aujourd'hui, Claude Dubois se désole à chaque pas. Paname n'est plus. La «Bastoche» a assassiné la rue de Lappe, le «brancheman» a remplacé «l'argotmuche» cher à Pierre Merle, la tour Montparnasse a écrasé l'ancienne gare et, passage Thiéré, Le Petit Balcon, le plus ancien bal musette de la ville, a été rasé.

Dans ce recueil de chroniques parues dans le Figaroscope, notre titi court après son Paris d'antan, en lente agonie depuis l'équarrissage des Halles, en 1969. Faire revivre ce Paname qui le hante, raconter ses rues, ses bistrots, son langage, ses personnalités, ses gares, Claude Dubois s'y emploie à chaque page, appelant souvent à la rescousse Hugo, Balzac, Villon ou encoreDelvau. Avec sa gouaille innée, il ressuscitera d'ailleurs son Paris perdu chez Claude Villers, sur France Inter, les 12, 19 et 26 août et le 2 septembre. Il y sera question de la lugubre et romantique rue Watt, des charmes surrannés d'Yvette Horner ou de Jo Privat, du Montmartre de Céline, des vieux passages chantés par Aragon dans Le Paysan de Paris ou des amours orageuses de Paul Léautaud rue Dauphine. On y redécouvrira aussi bien l'histoire de la rue Saint-Denis, par laquelle les rois entraient dans la «grand'ville», que le Golf Drouot, où débuta Johnny. Bref, un livre plein de personnages et d'anecdotes pour nous réchauffer le cœur. Et nous rafraîchir la mémoire.
        




Paris Balade
avec Claude Dubois


Après avoir parcouru Paris pendant six semaines avec le célèbre photographe Robert Doisneau, nous poursuivons notre série avec Claude Dubois, écrivain et journaliste au Figaro Magazine et Figaroscope.
Aujourd'hui nous évoquons ses souvenirs d'enfance dans le quartier St Paul.
Et avec Christophe Destournelles, nous parcourons un "petit coin calme" de Paris.
Photo ci-contre :
Claude Dubois en 1946 avec ses parents place de l'Hôtel de ville de Paris. Assis sur le bord de la pelouse et devant le café d'où Robert Doisneau a pris la photo du "baiser de l'Hotel de ville".

"En parlant un peu de Paris : les Chroniques du Titi"
de Claude Dubois - Ed. Jean-Paul Rocher








CLAUDE DUBOIS


"Je me souviens de Paris"




Le journaliste-historien Claude Dubois se rappelle le Paris d'hier     Dans "Je me souviens de Paris", le journaliste-historien Claude Dubois raconte avec nostalgie la ville de sa jeunesse, mêlant ses souvenirs personnels à l'histoire et la littérature de la capitale.
 
Véritable titi parisien, Claude Dubois est né rue Rambuteau il y a 63 ans, et a passé toute son enfance rue du Plâtre, dans le IVe arrondissement.

Témoin du Marais des années 50, un Marais bien loin de celui, bourgeois et branché, que nous connaissons aujourd'hui, il se souvient avec nostalgie de son enfance dans les rues de ce quartier populaire, à une époque où les Halles nourrissaient encore la capitale.

Dans "Je me souviens de Paris", paru aux éditions Parigramme, le journaliste et historien raconte son enfance dans ce Paris haut en couleurs.
Le jeune Claude Dubois va à l'école de la rue des Archives, accompagné le matin par sa mère, vendeuse de chaussures chez Heyraud rue de Rivoli, et le soir par son père, policier. Sur le chemin, il lui raconte la Libération de Paris, les barricades, les Japonais qui tiraient de la Tour Saint-Jacques, et d'autres histoires qui mêlent la grande Histoire au quotidien des Parisiens.

 A chaque page de ses mémoires, Claude Dubois fait revivre le Paris de Jean Gabin et d'Arletty, un Paris en noir et blanc.
Il répondra à vos questions en direct mercredi 5 décembre à 14h.

Le livre :
"Je me souviens de Paris : Visages, façons, histoires et historiettes du Paris populaire"
Auteur : Claude Dubois
Editions Parigramme463 pp., 19 €






   ENTRETIEN À PROPOS DE

 " Je me souviens de Paris "


"Paris est devenue une ville pour "rupins" très "oseillés"!"

    Claude Dubois est journaliste et historien de Paris. Dans son dernier livre "Je me souviens de Paris", il revient sur le passé populaire de la capitale. Il a répondu en direct aux questions des lecteurs lors d'un chat.

"Dans ce Paris-là,
les vieilles rues mal éclairées et les vieilles baraques calamiteuses créaient
une ambiance poétique qui nous enchantait"



Comment l'idée du livre "Je me souviens de Paris" est-elle née ?

Cette question du Paris populaire revient souvent. Les plus vieux disent que Paris est fini... Les plus jeunes que, encore à Belleville ou Ménilmontant, ce Paris-là existe encore... Bref ! Mon éditeur m'a un jour demandé : "C'était quoi, le Paris populaire?" Mon livre tâche de répondre à ces interrogations.


Existe-t-il encore un Paris populaire ?

En tant que tel, et c'est une première dans l'histoire, le Paris populaire que nous avons connu et aimé n'existe plus... Quelques individualités demeurent çà et là, mais pour combien de temps ? Paris est devenue une ville pour "rupins" très "oseillés"!

Que préférez-vous dans ce Paris dont vous êtes nostalgique ?

Bien sûr, il s'agit du Paris de mon enfance... Les souvenirs embellissent la réalité, parfois... Néanmoins, ce Paris-là, Paname, nous permettait de nous émerveiller. Contrairement à ce que l'on pense, les vieilles rues mal éclairées, les vieilles baraques calamiteuses créaient une ambiance poétique qui nous enchantait. Le menu peuple était davantage à tu et à toi... Le terme de "convivialité" était inconnu au bataillon, mais, entre eux, les gens étaient plus spontanés dans leurs propos et dans leurs actes : quand quelque chose déplaisait, en deux coups les gros, un coup de poing réglait l'affaire... Quitte à aller boire un gorgeon après ! C'était ça, Paname !

 

Pouvez-vous nous expliquer d'où vient le surnom "Paname", donné à Paris ?

Dans le livre, je tente d'expliciter les différents petits noms qui, au cours des siècles, ont désigné Paris : Parouart, au XVe, employé par François Villon, Pampeluche, au début du XIXe, qui apparaît chez Vidocq, Pantin, au XIXe, qu'utilise Victor Hugo, Pantruche, au XIXe, argot de Pantin, qu'on entend dans les chansons de Bruant, la Grand'Ville, qui existe depuis longtemps, et, enfin : Paname. L'origine de "Paname" est claire et obscure. Panama, le scandale de Paname ont eu leur mot à dire. Alors, un paname était un chapeau porté par les élégants... Paname a pu signifier la ville des élégants puis, à cause du scandale, la ville du chatoiement, des illusions et des désillusions... En tout cas, c'est pendant la guerre de 14 que le terme, qui s'employait déjà aux dires du linguiste Albert Dauzat, a pris son essor. "Tu le r'verras, Paname !" est le titre d' une chanson de 1916 ou 17. Après l'Armistice, on ne dit plus "Pantruche", mais seulement "Paname". A ce moment, Francis Carco écrit un recueil de fort beaux textes qu'il intitule "Panam" sans "e"... Plus tard, il écrira un roman, "Paname" avec un "e"... Au début, les deux orthographes coexistaient.
"Quand quelque chose déplaisait (...) un coup
de poing réglait l'affaire... Quitte à aller boire
un gorgeon après ! C'était ça, Paname !"


Parlez-vous le patois parisien ? Pouvez-vous nous faire une démonstration ?

Dans le livre, ce que je nomme le "patois parisien" est le langage qui s'utilisait dans le peuple et le bas-peuple avant la Révolution. Je suis viocard, mais pas suffisamment pour jacter ce patois-là ! Exemple : pour dire "J'ai été sa maîtresse", une femme disait : "J'ons été sa toupie"... Alors, à Paris, on parlait quasiment comme à la campagne. A partir des premières décennies du XIXe, ce langage s'est renouvelé. On l'a nommé l'"argot parisien". J'en suis familier et, dans mon bouquin, souvent j'ai raconté des historiettes en argot... Par exemple, feu mon vieux Robert de la Butte aux Radis, Robert Lageat, patron du Balajo, pour faire comprendre qu'il ne fallait pas trop plaisanter sortait : "La main au fion, j' suis pas bon, hein !" Raccourci terrib' qui dit bien ce qu'il veut dire. J'espère que vous n'avez pas la comprenette trop engorgée et que vous avez pigé ! De toute façon, pour terminer, bien amical, je vous serre la quintuplée, la pogne, la paluche, la pince... En parlant de l'argot, Maurice Chevalier chantait, "goualait" : "Vous gênez pas, y a du choix dans les mots : un plume, un pucier, un pageot..." : pour dire un paddock, pardagon… ou tout simplement un lit !


 
   
"J'espère que vous n'avez pas la comprenette trop engorgée et que vous avez pigé !"

Racontez-nous une anecdote amusante sur le Paris de votre enfance.

C'est pas grand' chose comme anecdote. Je lisais "But-et-Club" et "Miroir-Sprint " chaque semaine et j'aimais la boxe : Laurent Dauthuille, Robert Villemain, Ray Famechon et tutti quanti... Un dimanche après-midi, avec mon dab - mon père -, nous étions passés dans le Faubourg Saint-Denis. Au 57, il y avait le Central, un stade où débutaient les pugilistes. Nous sommes entrés et avons vu, sur le ring, de jeunes boxeurs combattre. Une belle femme est entrée. De la poulaille, un gars a lancé : "Mézig, si j'avais une belle poule comme ça, l'dimanche, j'resterais au page avec !"

Je lis avec étonnement dans la présentation de votre livre que des japonais tiraient de la Tour Saint Jacques. J'ai eu l'avantage (relatif !) de vivre la Libération de Paris et ne me rappelle pas cet élément. Pouvez-vous m'en dire plus ?

Il y a une erreur. Je n'ai pas dit que des Japonais étaient à Paris à la Libération et avaient tiré... J'ai dit que mon père m'avait raconté, en me montrant la coupole verte de la Sorbonne, rue Saint-Jacques : "A la Libération, on disait que là-haut, il y avait des Japs qui tiraient". L'écrivain Renzo Bianchini m'avait raconté cette rumeur... Et Robert Doisneau aussi. Dans un journal datant de la Libération, illustré par les photos de Doisneau, il est également question de Japonais. La vérité étant qu'il n'y en a pas eu. Il s'est agi d'un bruit, d'une rumeur qui a circulé en août 1944.

Quels sont les quartiers qui ont subi le moins de changements à Paris ?

Curieusement, il semblerait que les "beaux quartiers", comme l'on disait jadis, aient subi moins de changements. Dans certaines rues marchandes de Passy, par exemple, il continue d'y avoir des bouchers, des "volailleux" - pour volaillers, etc. En revanche, les quartiers du centre, du cœur, du ventre de Paname ont totalement été chanstiqués. Je pense aux Halles où, grosso modo, je suis né, au plateau Beaubourg devenu le Centre Beaubourg. Toutes les maisons n'ont pas été détruites, non... C'est la population qui a été chamboulée ! Rue du Plâtre, la rue de mon enfance, créchaient des marchandes de quatre-saisons, des gens qui bossaient aux Halles. Certes, il y avait des taudis : la rue Aubriot, la rue des Guillemites... En 2007, c'est là que le prix du mètre carré est le plus grisolle, chéro ! Pour la première fois, le populo, le trèpe n'est plus dans Paris et personne ne s'en émeut. Historiquement, il s'agit là d'une immense révolution. Après la démolition des Halles, Louis Chevalier, le grand historien de Paris, professeur au Collège de France disait : "Les années zéro du nouveau Paris ont commencé..." Près de quarante pigettes ont passé depuis lors et Paris pâtit encore de ce chamboumenet. En même temps que ses repaires, Paris a perdu ses repères...
"Pour la première fois, le populo, le trèpe n'est plus dans Paris et personne ne s'en émeut"

 

 
Paris était-il plus sûr dans les années 1950 ? Plus propre ?

Dire que Paris était plus propre en 1950 qu'en 2007 prêterait surement à discussion. Les maisons étaient souvent calamiteuses, décrépies, lépreuses... Il n'empêche : une poésie s'en dégageait, célébrée par les Carco, Mac Orlan et consorts. Les "intérieurs" étaient ce qu'ils étaient, on se débarbouillait souvent dans la cuisine, les "tartisses" étaient au 3e alors qu'on vivait au 1er, etc. Ceci étant, le confort engendre-t-il automatiquement le bonheur ? A entendre, en 2007, les gens groumer contre la baisse de leur fameux "pouvoir d'achat", il semblerait que non... En 1950, on espérait que le modernisme apporterait beaucoup. Qu'en est-il exactement, près de soixante ans plus tard ? Quant à la sûreté des rues, je pense qu'elle était plus grande autrefois, en 50. La nuit aux Halles, par exemple, un gars qui aurait fauché le sac d'une passante ne serait pas allé bien loin... Les porteurs, les forts l'auraient vite alpagué ! Longtemps, dans le métro, le voyageur ne risquait absolument rien. Je me rappelle un fait-divers au coin de la rue du Four et de la rue de Rennes, une nuit de réveillon de ces années-là. D'un coup de couteau, une sorte de "blouson noir" avait tué un homme avec lequel il s'était pris de bec. Pendant des jours, "Le Parisien libéré" avait disséqué l'affaire. Idem, la nuit, peut-être la même d'ailleurs, du 31 décembre 1959 au 1er janvier 1960. Des bandes de blousons noirs avaient défilé dans Paris et avaient cassé quelques vitrines, peut-être... Mais quelle affaire, le lendemain dans la presse ! Rentrant chez moi, je les avais aperçus alors que je me trouvais au coin de la rue Saint-Martin et de la rue de Rivoli, à la Tour Saint-Jacques, eux étaient au coin du boulevard de Sébastopol... Ce vieux Topol, comme l'on ne dégoise plus du tout...

"En 1950, un gars qui aurait fauché le sac d'une passante ne serait pas allé bien loin !"

 

Détestez-vous le Paris d'aujourd'hui et ses banlieues ?

"Détester" est peut-être un bien grand mot, mais, c'est certain, je préfère le Paname de jadis... Les souvenirs ont une force incroyable chez "mézigo", chez moi, quoi... C'est ainsi.

Quelle personnalité représente le mieux le Parisien ? Et la Parisienne ?

Cette notion de Parisien, de titi de Paname, a disparu aujourd'hui. J'ai la chance de connaître quelques lascars qui sont encore des gavroches, ainsi ce fameux Gilbert de la Butte-aux-Cailles, un ancien lutteur et catcheur, un gars de mon âge... Il y aurait aussi Gérad Bouvet, lutteur et catcheur idem. Lui a un accent parisien à ne pas croire ! Autrefois, il suffisait de monter dans le métro : des Gabin, des Maurice Chevalier "in vivo", il y en avait à la pelle ! Ah ! Au Balajo, ce que j'ai pu rigoler avec Jo Privat, le roi de la boîte à frissons... Il était de Ménilmont' cézig, de Ménilmuche, c'était un prince de la bagoulette, du langage, dirait-on en parler académique... Jo et Robert, le taulier, valaient Ventura et Gabin dans "Touchez pas au grisbi" ! Je vous le certifie, parole d'homme !


 
   

 
"Dans le métro, des Gabin, des Maurice Chevalier "in vivo", il
y en avait à la pelle !"

Que pensez-vous de l'actuel maire de Paris ?

D'une certaine façon, Bertrand Delanoë poursuit la politique entreprise au temps de Jacques Chirac et de Jean Tiberi. Il est dans une continuité politique. L'embourgeoisement de Paris a commencé à l'époque de Chirac... Aujourd'hui, élections et ré-élections obligent, Bertrand Delanoë fait du clientélisme. Par exemple, la construction du tramway, l'opération Vélib'... Ce qu'il faut, maintenant, c'est offrir des possibilités pratiques aux Parisiens, ou plutôt aux habitants de Paris. On nous parle de crise des matières premières et Paris est illuminé plus que jamais ! A quoi sert-il d'éclairer l'Hôtel-de-Ville, la nuit, sinon à faire augmenter les impôts locaux ? Je suis très négatif, mais à mes yeux, Bertrand Delanoë n'a pas le sens de Paris. Il l'a déclaré d'ailleurs : "Je ne suis pas un poète, je suis un aménageur !" Mon vieil ami Louis Chevalier, trente ans durant titulaire de la chaire d'histoire de Paris aux XIXe et XXe siècles expliquait qu'à Paris, il fallait en faire le moins possible... pour garder à la Grand' Ville son caractère... Paris est une vieille ville et les maires successifs de Paris en font, au contraire, le plus possible, c'est-à-dire le pire ... Même si les Parisiens sont opposés aux tours, je crois qu'un jour, les tours dénatureront Paris encore plus... Hélas ! Mais que faire contre ces Messieurs de la politique?

 







Paris Gangster

Mecs, macs et micmacs du milieu parisien
Claude DUBOIS




Cette édition, entièrement remaniée dans sa forme comme dans son fond, fait suite à Apaches, voyous et gonzes poilus. Le texte a été actualisé (la saga de Francis le Belge) et notablement augmenté (d'un bon tiers), l'iconographie a été complètement renouvelée et la maquette refaite dans la veine de Paris ouvrier.

Pour le reste, la description du Paris des mauvais garçons conduit à évoquer une société parallèle avec ses codes, ses lois et ses signes de reconnaissance ; un monde haut en couleurs, toujours agité d'histoires aussi emberlificotées qu'incroyables.

C'est aussi l'évocation d'un Paris qui n'est plus, dans la mesure où la destruction et la reconstruction de certains quartiers parisiens dévolus au milieu ont pesé lourd dans son étiolement. Le monde du crime s'est transporté dans d'autres lieux, sous d'autres formes. Ce n'est plus la même histoire.

Les voyous de l'ancien temps avaient du panache, même si leur parcours se terminait tôt, le nez dans le ruisseau... la faute aux pruneaux !








Paris Gangster
Claude Dubois



Dans l'âme de Paris le milieu, ou mitan, c'est pêle-mêle Bébert l'Enjôleur, Jo l'Italien, Jo la Terreur, Jean le Frisé, Henri les Yeux Bleus ou Dédé les Diam … Henri Charrière (Papillon), Pierrot le Fou, Jacques Mesrine, un nommé La Rocca ou François Marcantoni.
Des apaches, des macs, des costauds, des tatoués ou des grossiums arborant Borsalino et Monte Cristo, lingés comme des Milords.
C'est aussi Melville, le Breton ou Simonin. Du rififi chez les hommes, Touchez pas au grisbi ...
Des mecs et leur môme, Casque d'Or en tête (Amélie Hélie de son vrai nom).
Et tous de suivre la loi, non écrite, du mitan. Ils ont la mental', la gouaille, l'argot fleuri et fascinent.
"Ceux dont nous parlons ici, les voyous de l'ancien temps, avaient du panache, même si leur parcours se terminait tôt, le nez dans le ruisseau … la faute aux pruneaux"
Superbe radiographie du milieu parisien, richement illustrée, Paris gangster est une plongée nostalgique dans un monde disparu que Dubois fait revivre avec verve et talent.
Tout y est, surtout l'incomparable poésie de Paname.
De la très belle ouvrage !

DANS LE MÊME ESPRIT
http://www.noircommepolar.com/f/theme.php?sous_theme_id=34









Apaches, voyous et gonzes poilus

ce bouquin est sorti en 1996 écrit par claude dubois , éditions parigramme . on y parle du milieu parisien , des apaches des fortif' aux truands des 80's !de très belles photos aussi !
et bien évidement , on y parle des illustres accordéonnistes d'antan qui animaient les bals musette souvent fréquentés par le mitan et que les jo privat , émile vacher et consorts ont contoyé de très près les cadors de la pègre de l'époque !
alors pour ceux qui aiment les histoires de gouapes sur fond d'accordéon ......
à dégotter aussi : par françois caradec chez larousse , le dico du français argotique et populaire ! pas complet mais sympa pour tous ceux qui ignorent tout du javanais , du louchébème et autres argots croustillants !
bon , ça nous rajeuni pas ma bonne dame , mais on se sent moins seul , car lorsque je jacte en argot en 2007 , je ressent terriblement le fossé des générations ! bon allez padrig , une verveine et au pieu !
PADRIG
   


   



Ça c'est Paris !

de Claude DUBOIS

Les chroniques du Titi parues dans le Figaroscope








Mardi 11 juillet 2006

Duel Vsd

Girard/ Claude Dubois sujet: le Paris populaire, disparu ou pas...


Le Paris populaire a-t-il disparu ?

Alors que la troisième édition de Paris-Plage vient de se clore, Claude Dubois, historien du vieux Paris, fustige cette évolution de la capitale livrée aux bobos. Absurde, rétorque Christophe Girard, adjoint à la Culture du maire de Paris, nous essayons de décoincer la capitale. Débat de générations à l'Ernest Bar du Lutetia.

© Sophie Vayer pour VSD

Claude Dubois.

Paris n'est plus une ville populaire : disparition des petits commerçants, prolifération des cybercafés, loyers élevés. Notre capitale, livrée aux « bobos », a perdu son âme et son argot.

Christophe Girard .

En nous installant à l'Hôtel de Ville, nous avons constaté que le Paris populaire était passé aux mains des spéculateurs. Depuis, nous avons rouvert des marchés dans le 4e, le 18e, nous avons apporté une aide aux cinémas de quartier, bloqué la création des multiplexes, etc.

Claude Dubois.

Faire de la rue des Rosiers une rue semi-piétonnière est un pur scandale. Détruire la vie juive populaire, c'est la menacer de disparition. Il ne faut surtout pas toucher à ce quartier.

Christophe Girard .

Deux visions s'opposent : d'un côté, les habitants qui ne supportent plus les voitures, de l'autre, les commerçants qui ne supportent pas qu'on touche à leur rue. On peut trouver un compromis intelligent.

Claude Dubois.

Delanoë a émis le désir de construire des tours, une aberration. Quant à certains projets architecturaux, comme celui des Halles, c'est de l'esbroufe. Qui va payer ?

Christophe Girard .

D'abord, c'est un crime d'avoir détruit les pavillons Baltard en 1970. Maintenant que c'est fait, on ne va pas pleurer toute notre vie ! Le maire a lancé une consultation. Pour les tours, il a dit qu'il aimerait obtenir l'autorisation de construire, en périphérie, des logements sociaux de grande hauteur.

Claude Dubois.

Quand on regarde Paris de la Samaritaine on voit bien les ravages qui ont été faits.

Christophe Girard .

Maupassant s'est insurgé contre la tour Eiffel. Vous auriez été d'accord avec lui.

Paul Wermus.

Vous semblez regretter la disparition des quartiers chauds.

Claude Dubois.

Je pleure la disparition des maisons closes. Une ville comme Paris doit offrir du plaisir.

Christophe Girard .

Sur le terrain des principes, je combats la soumission des femmes. En tant qu'homo, je n'ai pas la nostalgie des gigolos qui tapinaient devant le Drugstore Saint-Germain. Mais je me réjouis qu'il y ait autant de clubs échangistes.

Claude Dubois.

Vous démolissez le boulevard de Clichy, le symbole du plaisir, et vous dites : « On souhaite créer un espace civilisé. » Vous cassez Pigalle. Vous piétonnisez la rue des Abbesses et la rue Lepic. On doit affronter la tyrannie des piétons.

 Claude Dubois

"La ville a perdu ses odeurs, elle s?est aseptisée"

Christophe Girard

"Nous espérons y remettre du désordre"

Le Paris populaire a-t-il disparu ? Les duels précédents

 Christophe Girard .

On ne veut rien casser du tout. Mais les riverains souhaitent la tranquillité.

Claude Dubois.

Paris devient communautariste : les Pakistanais dans le 10e, les Chinois dans le 13e, les homos dans le Marais?

Christophe Girard .

Les homos vivent partout dans Paris, les riches dans le 16e, les pauvres en banlieue? Ce que j'aime dans le Marais, c'est l'homo bodybuildé qui, sortant d'un bar, croise un Chinois en pousse-pousse?

Claude Dubois.

Vous n'arrêtez pas d'« emmouscailler » les automobilistes au bénéfice des cyclistes.

Christophe Girard .

J'ai abandonné ma voiture et je suis bien content de prendre le métro? Il est bon de changer nos traditions, ras le bol de ces diesels qui polluent les trottoirs et la santé.

Claude Dubois.

Paris-Plage est une aberration, ça n?est pas populaire, mais populeux. Pourquoi ne pas l?avoir installé près du lac du bois de Boulogne ou de Vincennes, là où il n?y a pas de circulation ?

Christophe Girard .

Il y a le mot peuple dans populeux, donc ça me va. Paris- Plage est une formidable réussite, à commencer pour ces mômes qui ne peuvent pas partir en vacances.

Claude Dubois.

Avons-nous vraiment besoin d?un tramway sur les Maréchaux ? Les Verts se sont parjurés, il y a eu une invraisemblable quantité d?arbres détruits.

Christophe Girard .

On en a replanté plus qu?on n?en a détruit. Il y aura 30 hectares boisés de plus à Paris en 2007.

Claude Dubois.

Ça tombe bien, je suis un mec du macadam, je n?aime que l?asphalte !

Paul Wermus.

Le mot de la fin ?

Claude Dubois.

A Paris la sagesse consiste à en faire le moins possible. Je regrette le Paris d?autrefois et ses équarrisseurs. Paris exhalait des odeurs puissantes. Je suis contre ce Paris aseptisé, je préfère le Paris en noir et blanc d?autrefois.

Christophe Girard .

Il me reste bien des projets dans la « fouille », il faut décoincer Paris, trop de gens ont l?air d?avoir avalé leur parapluie. J?espère remettre un peu de désordre créatif dans la capitale, sur ce point on devrait se rejoindre.

Claude Dubois.

Paris survit, Paname et Pantruche sont morts avec Gavroche.

 

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Claude DUBOIS sur France Inter 20/08 
Envoyé par tony le 20/08/2004 à 12:07


Une émission de Laurence Garcia du lundi au vendredi de 09h à 10h

Ecouter l'émission du 20 août 2004

Claude Dubois

Claude Dubois, titi parisien, véritable archéologue de notre belle capitale, est venu ce matin chargé de trésors et de souvenirs....
Son livre, "Paris-gangster : mec, mac et mics du milieu parisien", édité chez Parigramme, sort le 16 septembre prochain.

L'association pour la défense de Paris s'appelle : "Acherp".

Gérard Dufreisse, alias Gégé le Gangster et Jean-Claude Nicoli nous transportent dans une promenade à Pigalle.
Si vous êtes amateurs de cabaret, bal et accordéon, vous pourrez les retrouver à la salle du nombril au 78Bd, de Clichy, à partir du 20 septembre.
L'orchestre est celui de Jo Privat junior. Rien que ça pour faire tourner les jupes des demoiselles !









Merci pour vos livres, j' espère qu'il y en aura de nombreux autres et qu'ils auront le succès qu'ils méritent. A la bonne vôtre !!!

                           


19/08/2007
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