Alain YVER

Alain YVER

COLLODION HUMIDE

COLLODION HUMIDE




Etienne Carjat (1828- 1906).
Charles Baudelaire, c. 1862. Photoglyptie d'après négatif au collodion humide éditée par Goupil, montée sur carton imprimé et légendé, issue de la Galerie Contemporaine (1878).
23 x 18 cm.



IMAGES
http://www.laboiteverte.fr/des-surfeurs-au-collodion-humide/

très complet
http://etudesphotographiques.revues.org/index1004.html





Le Collodion humide est un procédé photographique inventé par l'anglais Frederick Scott Archer en 1851.

Historique

Ce procédé a connu une grande popularité jusqu'aux années 1870 - 1880 environ car il permettait d'obtenir des clichés d'une grande finesse et de rendre une gamme de gris particulièrement étendue.

Il présentait toutefois un inconvénient majeur : le négatif devait être préparé, exposé, puis développé en un temps très court, car une fois sec il devenait insensible et, si la prise de vue avait déjà été faite, impossible à développer. Selon les conditions de température et d'humidité ambiantes, l'opération ne devait pas dépasser de 15 à 30 minutes au total.

C'est ce procédé qu'a utilisé le photographe Eadweard Muybridge pour produire des instantanés du galop des chevaux. Cette technique a aussi été utilisée par Sally Mann dans sa série photographique "What Remains" en 2003.

En 2010, le Centre Iris pour la photographie, à Paris, a accueilli une exposition de photographies du photographe américain Quinn Jacobson, qui utilise la technique du collodion humide pour tirer ses clichés. L'artiste a voulu revenir à cette technique inventée par l'Anglais Frederick Scott Archer pour retrouver toute la matérialité de la pratique photographique, qui a tendance, depuis plusieurs années, à aller vers davantage de dématérialisation via le numérique.

Composition - Développement

Le collodion est un nitrate de cellulose dissous dans un mélange d'alcool et d'éther que l'on étend sur une plaque de verre. Quand ce mélange sirupeux commence à se figer sur le verre, on plonge la plaque dans un bain de nitrate d'argent pour la sensibiliser, les sels contenus dans la pellicule sont ainsi transformés en halogénure d'argent sensible à la lumière. On égoutte alors la plaque, la transfère dans un châssis étanche à la lumière. Ces opérations se font évidemment en chambre noire. On peut alors faire une prise de vue avec la chambre photographique. La plaque doit ensuite être immédiatement développée en chambre noire avec de l'acide gallique ou du sulfate de fer II puis fixée au thiosulfate de sodium ou au cyanure de potassium.

Cette opération se faisait dans une pièce éclairée en lumière rouge clair, le collodion étant achromatique.

Ce procédé a été utilisé en photogravure jusqu'aux années 1950 et plus.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Collodion_humide







Préambule

Avant toute chose, je voulais rappeler le caractère artisanal et parfois aléatoire d'un procédé comme celui que je vais vous décrire. Il ne peux en aucun cas être totalement maîtrisé, tout au mieux arrivera-t-on à conserver une bonne, voir très bonne qualité d'image en apprenant à connaître ses solutions, les réactions et les caprices des produits employés, les conditions d'humidité et de températures ambiantes etc. mais il reste des facteurs qui ne peuvent être que difficilement prévisibles, et ce encore aujourd'hui malgré la palette d'outils mis à notre disposition. Cette particularité est propre à de nombreux procédés anciens, et c'est probablement pour ces raisons d'inconstances et de « savoir-faire » que ces méthodes font l'objet d'un engouement croissant. Aussi je ne peux que mettre en garde les adeptes de courbes et de diagrammes : ici on mesure en couleur, en odeur, en fluidité et en regardant avant tout.

Il est également important de souligner que la manipulation de certains produits doit être faite avec de grandes précautions.

Un peu d'histoire ...

Ce procédé photographique se situe dans la continuité des recherches de Niepce de Saint Victor, qui avait développé un procédé de prise de vue dont le substrat était l'albumine. Le procédé peu sensible et difficile à mettre en œuvre laisse place au Collodion dans les années 1850,

La découverte de la Nitrocellulose en 1846 par Schönbein ouvre de nouvelles portes dans les domaines de la médecine et de la photographie. La nitrocellulose (matière cotonneuse), une fois dissoute dans des proportions de 2 a 10% dans un mélange d'éther et d'alcool, forme un mucilage qui a la propriété de se solidifier à l'air libre en formant un film sous l'action de l'évaporation des solvants.

La paternité du procédé est difficile à attribuer, comme souvent à cette époque. Frank Scott Archer édite un texte au sujet du collodion en 1851, alors que Le Gray dit l'avoir mis au point dès 1850. Ce fait est souvent éludé par les sites anglo-saxons, et je me permets ici de rappeler l'importance de Gustave Le Gray dans le développement technique de la photographie.

Quoiqu'il en soit le collodion a été majoritairement utilisé aux États-Unis, et ce jusque l'entre deux guerre, le «Tintype» était un moyen rapide et peu coûteux d'avoir sa photo. Ce facteur historique fait qu'à ce jour le collodion est une discipline beaucoup plus développée outre-atlantique entre autre lors des événement de reconstitutions des batailles de la guerre de sécession. En Europe la photographie cherchant plutôt à se faire accepter comme un «Art» a joué sur les qualités de chacun des procédés à sa disposition ; ainsi le papier salé et le collodion étaient tout deux également pratiqués par des artistes comme Le Gray, Baldus, Nègres, Marville, Atget,Humbert de Mollard etc. chacun ayant ses raisons pour attribuer à chaque méthode des avantages dûs à leur caractéristique graphiques en relation avec tel ou tel sujet (voir la monographie de G. Le Gray aux Editions Gallimard).

Félix Tournachon (Nadar) a réalisé la quasi totalité de ses portrait en utilisant la technique du collodion humide ; ces plaques sont consultables sur le fond numérisé du musée d'Orsay. Il est notable de voir que sur une plaque de quatre photos, certaines sont inutilisables du fait d'une mauvaise manipulation (coulage défaillant) ; lors de la préparation de la plaque, on se prend a rêver devant un « photomaton » de C. Baudelaire dont seul une photo de la plaque a pu être exploités.

suite ICI
http://www.galerie-photo.com/collodion-humide.html


14/06/2012
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