Alain YVER

Alain YVER

COLTRANE

JOHN COLTRANE

VOILÀ À MON AVIS LE PLUS GRAND MUSICIEN DE TOUS LES TEMPS ( cela n' engage ke moi bien sur!!! ) SA MUSIQUE EST CHARGÉE DE SPIRITUALITÉ, QUAND J' ÉCOUTE COLTRANE IL ME FO UNE BONNE RAISON POUR REDESCENDRE SUR TERRE, ET J' EN TROUVE DE MOINS EN MOINS. À LIRE CHEZ Librio : COLTRANE (épuisé) À ÉCOUTER : giants steps, John Coltrane ballads, Living space, A Love Supreme, Olé, Coltrane ... et tout le reste, comme pour les autres musicos cités. ÉGALEMENT UN DVD ZONE 2 DOCUMENTAIRE "JOHN COLTRANE " + UN CD QUE L' ON TROUVE POUR UNE BOUCHÉE DE PAIN SUR LE NET. J' AI ÉGALEMENT UN GRAND NOMBRES DE PARTITIONS QUE JE ME FERAIS UN PLAISIR DE VOUS ENVOYER...

"Quand je joue, je voudrais que ma musique, mes notes, puissent guérir les blessures de ceux qui l'écoute".
 John Coltrane.





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JOHN COLTRANE

"Je ne me suis jamais demandé si les gens comprennent ce que je fais... La réaction émotionnelle est la seule chose qui m'intéresse. Du moment que cette communication instinctive s'établit, la compréhension n'est plus nécessaire".





Biographie

Saxophoniste et compositeur américain, John Coltrane naît en 1926 à Hamlet, en Caroline du Nord, dans une modeste famille où la musique tient une place de choix. C'est à l'église, en compagnie de sa mère, qu'il découvre la musique. 
 
Son premier instrument est le saxophone alto dont il joue, pendant son service militaire, dans l'orchestre de la Marine. En 1947, il s'installe à Philadelphie et passe au saxophone ténor. En 1948, il se joint au big band de Dizzy Gillespie. Commence alors une des plus formidables aventures musicales du 20e siècle.
 
En 1955, on l'engage dans le quintette de Miles Davis en remplacement de Sonny Rollins. Davis le renvoie en 1957 pour qu'il se désintoxique, ce qu'il fait avec l'aide de sa mère et de sa femme. Il sort transformé de cette épreuve, joue pendant six mois avec Thelonious Monk, six mois qui lui font faire un formidable bond en avant. John Coltrane est mûr pour une carrière plus personnelle et commence à enregistrer ses premiers disques qui témoignent d'une sorte de résurrection. Un disque de blues, Blue Train (où il transcende véritablement le genre), va soudain le faire connaître à un public plus large et le pousser sur les sentiers de la gloire. 
 
En 1960, il forme son propre groupe avec lequel il expérimente le free jazz et le hard bop, mais s'inspire aussi de musique indienne et africaine. En 1964, la quête folle de John Coltrane prend une nouvelle dimension avec la sortie de A Love Supreme, un de ses plus grands chefs-d'œuvre et sans doute un des disques les plus connus du saxophoniste. Coltrane retrouve la foi et de profonds sentiments religieux vont alors marquer sa musique. A Love Supreme est une offrande à Dieu, une prière que le saxophoniste lui adresse en remerciement de ses bienfaits. 
 
Il meurt le lundi 17 juillet 1967, à 40 ans, d'un cancer du foie.




Biographie de John Coltrane


L'influence de John Coltrane est immense. Bien au-delà du jazz, nul n'est resté indifférent a son apport stylistique et il a marqué toutes sortes de musiciens, y compris dans la soul, le hip-hop ou le rock. Tout saxophoniste free doit franchir la terrible épreuve de lui succéder et les guitaristes les plus aventureux, John McLaughlin, Jimi Hendrix ou Neil Young, se sont référés à lui. Pourtant son œuvre, extrêmement personnelle et introspective, est loin de se résumer aisément. Fascinante quête spirituelle d'on ne sait quel Graal, elle est un voyage, l'envol d'un Icare contemporain qui se serait prématurément brûlé les ailes.

Fils d'un musicien amateur, c'est à treize ans que John Coltrane acquiert son premier saxophone alto. Il fait ses premières armes dans des orchestres de rythm'n blues puis, remarqué par Dizzy Gillepsie, il participe dès 1949 à la vague be-bop, apprenant à se libérer des codes. En 1955, sa rencontre avec Miles Davis est déterminante. Le trompettiste l'engage dans son quintette (avec Red Garland, Paul Chambers et Philly Joe Jones). Il adopte alors le style hard-bop, dans lequel il se révèle bien vite un maître. Mais l'héroïne le ronge, ce qui perturbe sévèrement ses relations avec Davis : il est plusieurs fois évincé de la formation.

1957 marque son intégration temporaire à l'orchestre de Thelonious Monk. Les deux musiciens montrent une extraordrinaire entente musicale, déjouant les structures rythmiques et swinguant malgré tout. L'album issu de l'expérience est un des quelques disques qui peuvent déterminer une passion immédiate pour le jazz. Coltrane signe aussi ses premiers enregistrements majeurs sous son nom, en particulier « Blue Train », où il sublime le hard-bop.

Après une dernière séance avec Miles, sur le célèbre « Kind Of Blue » (1959), il forme le quartet qui lui permettra de poser ses propres règles de grammaire. Après des collaborations avec Steve Davis, Steve Kuhn, Reggie Workman ou Pete LaRoca, il trouve la formule idéale en 1960 avec Jimmy Garrison à la basse, McCoy Tyner au piano, et Elvin Jones à la batterie. Avec« Giant Steps » (1959), il se démarque du vocabulaire bop, à la recherche d'arpèges orientaux inédits (« Naima »). Fasciné par la mystique et la musique indiennes, ainsi que par les racines africaines du blues, il bâtit des solos de plus en plus aventureux, un free-jazz dont le but n'est pas de rompre avec la tradition, mais de réunir et de concilier des univers étrangers. Au soprano ou au ténor, il se défie désormais de tout carcan harmonique, capable d'improviser de longues lignes mélodiques envoûtantes, ou de partir dans des déferlements de violence stridente. Tyner, Garrison et cette mitraillette vivante qu'est Elvin Jones lui offrent un territoire au relief accidenté, mais à la structure rythmique assez solide pour que l'auditeur ne perde pas le fil, même quand son instrument se risque en zone périlleuse.

Son adaptation d'un thème de « La Mélodie du Bonheur », « My Favourite Things », obtient en 1960 un énorme retentissement : loin des comédies musicales, il en fait une sorte de mantra dissonant et hypnotique. Définitivement, il s'impose comme le saxophoniste le plus important depuis Charlie Parker. Pris d'une sorte de frénésie créatrice, Coltrane multiplie les aventures musicales les plus diverses. Dès 1961, il incorpore le sax provocant d'Eric Dolphy à son quartet, puis fonde avec lui une autre formation (comprenant Rashied Ali, Pharoah Sanders et sa femme, Alice Coltrane) en marge de son groupe habituel. Il va de plus en plus loin, joue de plus en plus free. Dans le même temps, il s'illustre aussi sur des enregistrements plus hard-bop, comme « Coltrane Plays The Blues » (1960) ou « Ballads, Duke Ellington and John Coltrane », enregistré avec le saint patron du jazz en personne.

Après une série historique de concerts au Village Vanguard de New York (1961), et bien d'autres recueils marquants, comme « Olé » (1961), « Impressions » (1962) ou « Crescent » (1964), il enregistre en 64 – avec Garrison, Tyner et Jones – sa Bible : « A Love Supreme ». Hymne panthéiste, prière musicale nébulleuse et inspirée, il illustre à merveille son syncrétisme. Le disque suscite l'incompréhension chez certains, mais annonce un nombre impressionnant d'avant-gardes qui agiteront la musique dans les décennies suivantes : les symphonies minimalistes américaines, le psychédélisme, et même le jazz-rock, dont il pose les bases sans utiliser l'électricité.

Pourtant, au cours des dernières années de sa vie, Coltrane réduit les séances son quartet, préférant jouer avec d'autres orchestres plus free. Eternellement insatisfait, cet homme qu'on décrit pourtant comme calme et réfléchi, veut briser les dernières barrières du jazz. Avec « Ascension » (1965), sur lequel participent deux autres ténors (Pharoah Sanders et le jeune Archie Shepp) il ose toutes les dissonances. Son œuvre se fait abstraite, énigmatique plus qu'envoûtante.

Il meurt en 1967, foudroyé par un cancer, alors que son inspiration était loin d'être tarie.




Critique

John Coltrane à Newport, le plaisir par deux fois
LE MONDE | 16.07.07 | 17h33  •  Mis à jour le 16.07.07 | 17h33
   
Le 17 juillet 1967, John Coltrane meurt d'un cancer du foie. Il n'était âgé que de 40 ans. Il avait mis le monde du jazz - public et musiciens - à (ses) genoux depuis la fin des années 1950. D'abord auprès de Miles Davis, l'autre superstar du genre, puis en leader. Emporté dans une quête infinie de musique dans laquelle se mêlent des interrogations sur les formes et un mysticisme syncrétique.


Au disque, cette période peut être vue comme allant de Coltrane pour Prestige (1957) à Expression pour Impulse ! (1967). Si le saxophoniste afro-américain est plutôt bien traité en matière de rééditions - le coffret consacré aux années 1959 à 1961 pour la marque Atlantic reste un modèle, celui des années 1955 à 1958 pour Prestige est actuellement repris en déclinaisons thématiques -, les producteurs phonographiques devraient quand même trouver, avec la commémoration des quarante ans de sa disparition, l'occasion de remettre en avant le saxophoniste américain.

La première initiative revient à Impulse !, la compagnie phonographique américaine pour laquelle Coltrane a enregistré, de mai 1961 à sa mort, des dizaines de faces, en studio ou en concerts. Comme ici avec ceux du Festival de jazz de Newport, le 7 juillet 1963 et le 2 juillet 1965, d'abord édités partiellement et dans le désordre en 33-tours - dont l'un couplé avec une prestation d'Archie Shepp - puis en CD au début des années 1990.

La présente édition se veut définitive. Elle regroupe les deux concerts et laisse entendre une amélioration qualitative du son. Ajoutons-y une présentation plus longue, quelques dizaines de secondes sur un ou deux titres et surtout la version complète du thème Impressions, qui gravite à 23 minutes.

RUDESSE FREE

Dans le quartette qui joue Impressions en 1963, Roy Haynes remplace Elvin Jones à la batterie, qui ne pouvait être présent à Newport. Sans céder beaucoup sur le déferlement de Jones, Haynes est quand même dans une approche plus retenue, plus aérienne - il utilise d'ailleurs des balais. Ce qui donne à cet Impressions une fluidité, une perspective différente. Et Coltrane comme déstabilisé. Ce qui donne aussi à McCoy Tyner les coudées plus franches au piano. Reste l'assise du contrebassiste Jimmy Garrison, un roc.

Deux ans plus tard, cette fois Jones est là. Entre-temps, Coltrane est passé à l'exacerbation lyrique, à la rudesse free. Le quartette a joué My Favorite Things, d'Hammerstein et Rodgers, en 1963. Idem en 1965. C'est l'un des thèmes fétiches du saxophoniste, comme Naïma, comme Afro Blue, comme Impressions. Un matériau primaire pour se dépasser, explorer la musique. Comparer les deux versions, sans en placer une au-delà de l'autre, est un bonheur.

My Favorite Things : Coltrane at Newport, de John Coltrane, 1 CD Impulse !-Verve/Universal Music.
Sylvain Siclier
Article paru dans l'édition du 17.07.07.





Sous l'égide de John Coltrane
Dominique Simonet
Mis en ligne le 18/07/2007
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Plus que la lettre, c'est l'esprit de Trane qui occupe le Blue Note gantois.

Au Blue Note, lundi soir, le déluge n'était pas seulement céleste : sous le chapiteau ouvert à tous vents, l'averse de jazz était tout aussi drue. On était la veille du 17 juillet, date à laquelle, il y a 40 ans, disparaissait John Coltrane. Saxophoniste, compositeur, penseur, mystique, il a, au beau milieu du XXe siècle, transporté la musique bien au-delà de ce qui était - et est encore aujourd'hui - imaginable.

Alors pourquoi Rashied Ali ? Parce que ce batteur a, en 1965, relevé le formidable défi de remplacer Elvin Jones dans le quartet de "Trane". Revenant sur ce brillant passé avec le magnifique quintet ici présent, il la joue essentiellement collectif, avec des arrangements très bien écrits, notamment dans le dialogue non exempt de confrontation harmonique entre saxe ténor (Lawrence Clarke) et trompette (Josh Evans). Pourtant, toute jouissive qu'elle soit, cette musique se déguste plus qu'elle ne transporte, et il faut attendre un bon vieux groove hard bop pour que le groupe se lâche vraiment.

Avec "Saint John Coltrane African Orthodox Church", écrit en grosses lettres sur son T-shirt, Ali, 72 ans, roule comme une locomotive. "Le mec, il est pas ankylosé", entend-on dans une jolie bouche. "Let's play 'Straight No Chaser", lance le maître des baguettes avant de se raviser : "No, no, no, 'Take The Coltrane." Belle coda que ce standard écrit par... Ellington lors de sa rencontre avec Coltrane, en 1962, sur l'étiquette Impulse.

Même génération, pareille fougue : l'Archie Shepp/Roswell Rudd Quartet est presque un quintet puisque le saxophoniste n'a de cesse de s'installer, dès que faire se peut, au piano. Outre la communauté d'esprit - libre -, il y a une fraternité sonore entre le trombone de Rudd et le ténor de Shepp : l'un et l'autre jouent sur les vibrations métalliques, dont résulte une sorte de feuilletage sonore, délicat chez Shepp, tournant vite à l'animal sauvage chez Rudd. "U-Jamaa", "Naima", "'Round Midnight" : avec Reggie Workman le bien nommé à la basse et Andrew Cyrille à la batterie, la couleur est au blues.

Fonceur comme pas deux, l'étonnant San Francisco Jazz Collective rassemble d'aussi fortes individualités que Joe Lovano au ténor, Dave Douglas à la trompette, Stefon Harris au xylophone, Renee Rosne au piano. "Epistrophy", "Brilliant Corner", Monk est au centre de ce combo - octet - qui sonne comme un big band. A l'instar de Rashied Ali et de Shepp/Rudd, il a compris le message de Trane et offre ce que le jazz a de plus beau à offrir, une incommensurable générosité.




John Coltrane

Par Serge LOUPIEN

«Le monde se portait mieux à l'époque où John Coltrane en faisait encore partie», a coutume de répéter le saxophoniste Charles Lloyd. Quant au trompettiste Art Farmer, jusqu'à sa propre mort en 1999, il ne manquera jamais une occasion de souligner le «drame» que représenta la disparition prématurée du maître (en 1967, à 40 ans), nuançant ses propos d'un : «Mais sa vie nous a tous enrichis.» On l'aura compris, aux yeux des siens, John Coltrane est le musicien dont l'influence aura le plus marqué le jazz contemporain. Aussi bien en tant que leader ( «Coltrane atteignit l'absolu», dira un jour le compositeur George Russell) que comme sideman , puisque, au lendemain de son départ de chez Miles Davis, celui-ci révélera : «Ce type est irremplaçable. Il me faudrait au moins cinq ténors dans ma formation pour tenir un rôle comparable au sien.» Les plages ici rassemblées sont donc d'autant plus intéressantes qu'elles sont les premières enregistrées par Coltrane sous son nom, avec le concours d'une poignée de «davisiens» (Red Garland, Paul Chambers, Jimmy Cobb) et de quelques instrumentistes notoires, dont les trompettistes Freddie Hubbard et Donald Byrd, le baryton Sahib Shihab, le pianiste Mal Waldron, le batteur Louis Hayes... Tous gens d'excellente compagnie et inconscients du fait qu'ils sont en train de révolutionner l'histoire de la musique.











COLTRANE

De nombreux hommages sont rendus au grand musicien américain, dont on fête ce 17 juillet le quarantième anniversaire de la mort.

L'année 2007 s'inscrit sous le signe des innombrables hommages rendus au saxophoniste et compositeur américain John Coltrane, dont on fête le 17 juillet le quarantième anniversaire de la disparition. La plupart des grands saxophonistes salueront la mémoire de ce maître à penser et à jouer. Parmi eux, des pointures américaines comme Steve Grossman au Jazz American Jazz Festival, Joe Lovano et Archie Shepp au Blue-Note Festival de Gand, en Belgique (6 au 17 juillet), où est également programmé le quintet de Rashied Ali, dernier batteur du musicien célébré.

Téléplanète - Téléphoner moins cher en Afrique

Les autres rendez-vous de la saison ne seront pas en reste. Qu'il s'agisse du Crescent Jazz Festival de Mâcon, de celui de Montreux (6-21 juillet), de Montréal ou encore ceux de Marciac (30 juillet-15 août) et de La Villette (29 août-9 septembre). Au Festival d'Antibes-Juan-les-Pins (13-22 juillet), l'Américain Rickie Ford rend un hommage appuyé avec son « Coltrane Project », tandis que le trompettiste Roy Hargrove consacre au saxophoniste un concert unique dans la soirée du 17 juillet.

De nombreuses prestations, donc, mais aussi un ambitieux programme de réédition, le plus significatif étant celui de la major Impulse qui a publié l'ensemble du catalogue de John Coltrane au prix très attractif de 10,90 euros par album. Au total, une vingtaine d'albums, parmi lesquels des joyaux comme Crescent, A Love Supreme, Meditations, Kulu Sé Mama ou Chin Chin Cheree, mais aussi de nombreux enregistrements publics (At the Village Vanguard, In Seattle, At the Half Note Café…) qui couvrent la période la plus féconde du musicien, de 1961 à 1967. Jusqu'ici réputée pour ses intégrales classiques à des prix défiant toute concurrence, la maison Brillant a également sorti, en juin dernier, un coffret de 10 CD édités sous l'intitulé Kind Of Coltrane. L'ampleur de l'anniversaire est à la hauteur de l'empreinte que Coltrane a laissée. De ses premières expériences en orchestre jusqu'à son légendaire quartet (1960-1965) en passant par sa participation dans le quintet de Miles Davis des années 1950, « Trane », de son surnom, a insufflé au jazz un nouveau lyrisme.

Moins connue est son attirance pour l'Afrique, qui affleure tout au long de sa fulgurante carrière, et qui influencera jusqu'à la star de l'afrobeat, Fela Kuti. Né le 23 septembre 1926 en Caroline du Nord, John Coltrane s'est intéressé très tôt au continent africain. Sa ville natale, Hamlet, accueillit les premiers navires négriers venus du golfe de Guinée. Dès sa plus tendre enfance, le jeune prodige baigne dans la musique et les chants liturgiques de sa mère, membre de la chorale de l'Église pentecôtiste de Zion, où officie également le grand-père du futur génie.

Après avoir appris les rudiments de la clarinette, il découvre le saxophone qu'il pratique dans différentes formations et qui l'amènent à Philadelphie. Dans cette ville, il étudie à la Orenstein School of Music. Cette enfance passée dans un environnement de gospels et de cantiques baptistes formera la quintessence de son art salué par l'album enregistré en 1964 - A Love Supreme - chef-d'œuvre de l'histoire du jazz.

Parallèlement à ses premières scènes, Coltrane adopte définitivement le saxophone ténor à la fin des années 1940 tout en s'intéressant à la polyphonie des chants pygmées. Ses tournées sont l'occasion de se frotter à Charlie Parker ou à Dizzy Gillespie, qui l'enrôle plusieurs mois dans son orchestre. Mais plus déterminante est sa rencontre avec le saxophoniste et hautboïste William Evans, converti à l'islam sous le nom de Yusef Lateef. Une solide amitié se noue rapidement entre les deux hommes unis par l'intérêt qu'ils portent aux musiques ouest-africaines. Comme beaucoup de jazzmen noirs américains, Lateef a séjourné en Afrique pour mieux se rapprocher de ses origines. Il a notamment vécu au Nigeria où il a étudié l'art musical haoussa, ce qui lui permet d'initier son disciple à la spiritualité et aux concepts de cette musique.

Plusieurs compositions révèlent déjà cette africanité dont l'album Dakar, sorti en 1957, n'est que les prémices. L'adoption du saxophone soprano à la même période n'est pas fortuite. Proche de nombreux instruments africains, en particulier le zoukra (sorte de hautbois répandu dans le Bassin méditerranéen), « la carotte » (nom donné au plus petit de la famille des saxophones) lui permet d'ouvrir son répertoire et de s'approprier un son criard très éloigné des canons traditionnels de la musique occidentale. Dès lors, les gammes s'enchaînent dans une mélopée de notes consacrées par l'un de ses plus beaux disques : My Favourite Things, mélodie lancinante et emblématique de l'art coltranien, qui confine à la transe.

C'est avec son quartet fondé en 1960, composé du pianiste McCoy Tyner, du bassiste Jimmy Garrison et du batteur tellurique Elvin Jones, que le saxophoniste donne à cette dimension africaine toute son ampleur. Des compositions comme « Afro-Blue », « Dahomey Dance », « Tunji » sont autant de plaidoyers en faveur d'un continent où, curieusement, il ne s'est jamais rendu, mais qui définit l'architecture et la progression de son œuvre. En témoigne l'enregistrement, en mai 1961, sous le label Impulse, des Africa Brass Sessions, rare séquence où le saxophoniste se confronte à un orchestre, emmené dans le cas présent par son comparse Eric Dolphy.

Autre rencontre cruciale en la personne de Babatunde Olatunji que Lateef lui présente la même année. Yorouba débarqué quelques années plus tôt aux États-Unis, ce brillant batteur-percussionniste est le premier Africain à signer avec le label Columbia. Il livre une série d'albums parmi lesquels Zungo (1959) ou Flaming Drums (1962), qui marqueront sans le savoir les débuts de l'afrobeat.

Olatunji, qui mourra en 2003, est à l'origine de la création en 1967 du Olatunji Center for African Culture (Ocac). Soutenu financièrement par Coltrane, ce centre situé au cœur de Harlem est tourné vers l'histoire afro-américaine. Il est fréquenté par des intellectuels africains, mais aussi des Afro-Américains soucieux de remonter le fil de leurs origines. Une structure qui, hélas, ne survivra pas à la mort de son mécène. Le 17 juillet 1967, John Coltrane décède des suites du cancer du foie qui le ronge depuis plusieurs mois et auquel la consommation surabondante de drogue et d'alcool n'est pas étrangère.

Si la mort ne s'était pas prématurément invitée, ce monstre sacré aurait, à coup sûr, définitivement ancré sa vie en Afrique. Pour preuve, son dernier enregistrement, quatre mois avant sa disparition : The Olatunji Concert. Récemment réédité par Impulse, cet album lumineux dans lequel s'invitent des joueurs de bata, percussions très prisées dans l'ancien Dahomey, ne comporte que deux morceaux dont le premier, « Ogunde », est une ode à Ogun, dieu du fer dans la divinité vaudoue. Un message testamentaire on ne peut plus clair.



u début de 1947, Coltrane joue quelque temps de l'alto avec l'ensemble de King Kolax, puis il se joint au groupe d'Eddie « Cleanhead » Vinson au ténor, dont il joue pour la première fois. Un voyage en Californie avec cet ensemble lui donne l'occasion de faire le bœuf avec Charlie Parker.

En 1948, Coltrane se remet à l'alto, dans l'ensemble de Jimmy Heath. Il commence alors à consommer des drogues. L'année suivante, il travaille une fois avec Bud Powell, à New York, puis, en compagnie de Jimmy Heath, il se joint au grand ensemble de Dizzy Gillespie, dans lequel il joue de l'alto tout en continuant de s'exercer au ténor. Au mois de mai 1950, Gillespie dissout son grand ensemble et forme un groupe réduit, avec Coltrane à l'alto et au ténor. En 1951, Coltrane rencontre Charlie Parker pour une deuxième et dernière fois. Il ne subsistera de cette rencontre qu'une photo. Au mois de mai, il quitte définitivement le groupe de Gillespie.

De retour à Philadelphie, il joue avec divers groupes et fait les bars pour subvenir à ses besoins pendant qu'il poursuit sa formation aux Granoff. Il finit par se joindre à l'ensemble de l'altiste de rhythm and blues Earl Bostic, avec lequel il ne restera que quelque temps. Une tournée de l'ensemble de Bostic en Californie donne à Coltrane l'occasion de faire la connaissance d'Eric Dolphy, une rencontre qui eut une importance déterminante dans sa vie. Par la suite, il joue avec Miles Davis et Sonny Rollins au Audubon Ballroom de New York. À cette époque, John consomme de l'alcool et se drogue plus que jamais, à l'héroïne, principalement. Sous l'influence du saxophoniste Yusef Lateef, qu'il a rencontré à Philadelphie, il s'intéresse à la philosophie et à la spiritualité orientales.

En 1953, Coltrane se joint à l'ensemble de sa première idole, l'altiste ellingtonien Johnny Hodges. L'année suivante, au mois de juin, il rencontre sa future épouse, Juanita Grubbs. Celle-ci est convertie à l'islam et, pour cette raison, s'est rebaptisée Naïma.





COLTRANE  ALABAMA

John Coltrane était un musicien engagé, mais pas besoin de mots avec un tel homme, la preuve:Alabama.
Le 15  Septembre 1963 , quatre fillettes noires sont tuées dans un attentat à la bombe sur l'église baptiste de la 16e rue à  Birmingham, en Alabama. Suite à cette tragédie, Coltrane enregistre cette lancinante mélodie,Alabama, le 18 novembre 1963, en mémoire des enfants assassinés.
Ici par la musique,Coltrane exprime  une colère retenue, son cri de révolte et de souffrance  face à cet acte  des plus lache. Ce morceau est vraiment bouleversant
Coltrane était tres tourné vers le spirituel et pensait fermement que son rôle était de communiquer de l'amour par sa musique.
On peut dire qu'une chose c'est qu'il a reussi

//djamel.vox.com/library/post/john-coltrane-alabama-bouleversant.html

A LIRE

LA BIOGRAPHIE DE JOHN COLTRANE (en français )  30€



John Coltrane : sa vie, sa musique  ( au edition OUTRE MESURE )

Avec « le Lewis Porter » sur John Coltrane, la bibliographie sur le jazz en langue française s'enrichit d'un titre de référence, unanimement salué outre-Atlantique au moment de sa sortie (1999 aux Presses de l'Université du Michigan). Après L'Improvisation, sa nature et sa pratique dans la musique de Derek Bailey et Free Jazz d'Ekkehard Jost, il s'agit du troisième texte majeur sur le jazz et les musiques improvisées proposé en traduction française originale par la collection Contrepoints. Cette politique éditoriale de traduction répond, dans ces trois cas, à une véritable demande de la part d?un lectorat qui s'élargit depuis plusieurs années en direction des musiciens, étudiants en musicologie ou élèves des écoles de jazz et des conservatoires.

Largement attendue par les amateurs comme par les spécialistes, l'édition française de l'ouvrage de Lewis Porter coïncide avec le quarantième anniversaire de la disparition du saxophoniste (1926-1967) couramment identifié comme l'un des derniers maîtres historiques du jazz, voire comme l'ultime dépositaire de sa modernité. Tributaire d'une tradition remontant au Swing puis au Bebop (à travers l'influence de Johnny Hodges puis celle de Charlie Parker), Coltrane n'en est pas moins au cœur du free jazz qu'il a en grande partie inspiré et dont il s'est lui-même nourri en ses dernières années.

L'auteur, pianiste et musicologue, enseignant et chercheur (fondateur et responsable du prestigieux Masters Program in Jazz History and Research à la Rutgers Université de Newark) s'est appuyé sur les travaux de ses prédécesseurs, notamment C.O. Simpkins et J.C. Thomas (1975), tout en comblant leurs nombreuses lacunes par de nouvelles et complètes investigations (archives, presse périodique, témoignages de proches et de musiciens, etc.) et de nombreuses analyses musicales détaillées. Respectant l'imbrication étroite, chez tout musicien de jazz, du vécu personnel et du contexte social, des étapes et rebonds de la carrière et de la production musicale proprement dite, Porter conduit le lecteur vers une compréhension en profondeur des mécanismes de création observables chez Coltrane, musicien intègre, inquiet, hanté par le dépassement de lui-même.

Le livre comporte de nombreux exemples musicaux et reproductions de documents ainsi qu'une iconographie, pour l'essentiel inédite jusqu'alors. Il est complété par une chronologie de la carrière de Coltrane, la plus détaillée disponible à ce jour, ainsi que d'éléments indispensables de discographie, bibliographie et index.

La traduction de Vincent Cotro, lui-même collègue de l'auteur, musicologue et auteur de nombreux textes sur le jazz, rend justice aux exigences tant littéraires que musicales et techniques qui caractérisent ce livre indispensable.






80 MUSICIENS DE JAZZ TÉMOIGNENT ( chez acte sud ) 35€
par Franck Médioni

John Coltrane est probablement le musicien qui m'a le plus fait vibrer. C'est-à-dire qu'il m'a fait ressentir les émotions les plus intenses, parmi toutes celles que j'ai pu ressentir, musicales ou non, au cours de ma vie. Comme je le dis dans l'avant-propos du livre, Coltrane, je l'ai beaucoup écouté, jusqu'au vertige.


John Coltrane est probablement le musicien qui m'a le plus fait vibrer. C'est-à-dire qu'il m'a fait ressentir les émotions les plus intenses, parmi toutes celles que j'ai pu ressentir, musicales ou non, au cours de ma vie. Comme je le dis dans l'avant-propos du livre, Coltrane, je l'ai beaucoup écouté, jusqu'au vertige. Je ne l'écoute plus, ou si peu. Ses disques m'accompagnent depuis plus de vingt ans. Sa musique dorénavant m'habite. Sait-on vraiment en quoi une musique résonne en chacun de nous, quelle part insondable de nous-même est convoquée irrésistiblement ? Les plus grands artistes, les plus grands musiciens se reconnaissent notamment parce qu'ils savent secréter en chaque être un système d'échos, un tissu de résonances propre qui, souvent à notre insu, agissent à la manière d'un miroir et, finalement, d'un révélateur. Certaines œuvres, certaines musiques nous accompagnent qui semblent n'avoir d'autre effet que de nous permettre de mieux entendre le monde, dans son ordre-désordre ou son chaos, d'éclairer un chemin qui n'existe que par notre marche. Pour moi, la musique de Coltrane, comme celle de Bach, est la musique en soi, la musique dans l'absolu. C'est une fête ininterrompue de l'esprit et du corps, tour à tour méditative, lyrique, et toujours d'une splendide énergie. Force et plénitude du son, phrases rayonnantes de beauté saisissante, impétuosité fulgurante, chant paroxystique, lyrisme incandescent, intensité dramatique qui confine à l'inouï, bref beauté convulsive, la musique de Coltrane, illuminée, ivre d'elle-même, est à la fois joie et démesure, célébration de l'instant et plainte, appel, expression de l'angoisse, de la mort.

L'idée de ce livre, « John Coltrane, 80 musiciens de jazz témoignent » sorti chez Actes Sud, vient d'une nuit spéciale sur France Musique que j'ai consacrée à Coltrane dans la nuit du 16 au 17 juillet 2004. J'ai alors fait venir de nombreux musiciens à Radio France, j'ai recueilli des témoignages très intéressants, très forts qui, me suis-je dit, pourraient être la matière d'un livre en hommage à Coltrane qui est mort le 17 juillet 1967. Actes Sud, en la personne de Bertrand Demoncourt qui s'occupe de la collection musique, s'est toute de suite intéressé au projet. J'ai donc continué à interroger des musiciens sur Coltrane pour le livre, en les rencontrant à Paris, mais aussi par courrier, téléphone ou mail. Je peux vous dire qu'il a été difficile de « décrocher » une interview d'Alice Coltrane, veuve de John, qui nous a quitté il y a quelques mois.

Ce livre en hommage à Coltrane qui demeure l'une des figures majeure de la modernité jazzistique, est illustré par des belles photos en noir et blanc de Guy Le Querrec, Horace et Marcel Zanini. Et les photos des 80 musiciens sont signées Christian Ducasse et Christian Rose. J'ai donc réuni 80 témoignages de musiciens (de Rashied Ali, dernier batteur de Coltrane à Marcel Zanini, clarinettiste et saxophoniste qui l'a rencontré à New York, en passant par Sonny Rollins, Lee Konitz, Steve Grossman, Archie Shepp, François Jeanneau, Jan Garbarek, Evan Parker, David S. Ware, David Murray, Matthew Shipp, Michel Portal, Louis Sclavis, Martial Solal, Joëlle Léandre et Ramon Lopez) toutes nationalités, tous styles, toutes générations réunis. Ces 80 témoignages forment comme un portrait polyphonique de Coltrane. Ce sont des témoignages souvent d'une grande force, toujours sincères, parfois très émouvants. Pas de demi-mesure avec Coltrane. Ceux qui l'ont connu en gardent un souvenir très ému. Et pour les autres, la plupart, qui l'ont connu par le disque, il demeure un musicien essentiel. Sa musique est bien vivante. Nos vies appartiennent au cercle qu'il a tracé.









30/12/2006
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