Alain YVER

Alain YVER

DADAÏSME

DADAÏSME








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Histoire du Dadaïsme
1890

Naissance de Man Ray

Man Ray naît le 27 août 1790, à Philadelphie, aux Etats-Unis. Proche de l'artiste Marcel Duchamp, il tente, en vain, d'introduire le dadaïsme à New York. En France en 1921, il s'installe à Montparnasse et intègre le cercle des surréalistes au coté d'Aragon, Eluard ou Breton. En 1925, il participe à la première exposition dédiée au surréalisme. Il est contraint par l'invasion allemande de repartir vers les Etats-Unis. Le photographe et peintre décède le 18 novembre 1976.
Voir aussi : Histoire du Surréalisme - Histoire du Dadaïsme - Marcel Duchamp - Photographe - Histoire de l'Art

1891
2 avril
Naissance de Max Ernst

Le peintre et sculpteur français Max Ernst est né à Bruhl, le 2 avril 1891. D'origine allemande, il suit des études de philosophie avant de bifurquer vers le dadaïsme, mouvement qu'il fonde à Cologne. Il rejoint le quartier parisien de Montparnasse et côtoie les plus grands artistes de son époque. Il adhère au surréalisme et diversifie son art vers la sculpture, le collage ou la création de décor. Il meurt à Paris à l'âge de 84 ans.
Voir aussi : Histoire du Surréalisme - Sculpture - Histoire du Dadaïsme - Histoire de l'Art

1916
5 février
Création du mouvement Dada

Les poètes Hugo Ball et Tristan Tzara ainsi que les peintres Jean Arp, Marcel Janco et Sophie Taeuber-Arp transforment une grande taverne en café littéraire et artistique, qu'ils baptisent Cabaret Voltaire. Cet évènement marque le début du mouvement Dada. Ce mouvement intellectuel, littéraire et artistique, est caractérisé par une remise en cause totale des conventions et contraintes idéologiques, artistiques et politiques. Malgré la Première Guerre mondiale, il connaît une propagation rapide avec des foyers importants à Paris, New-York, Berlin ou Cologne.
Voir aussi : Naissance - Art - Histoire du Dadaïsme - Histoire de l'Art

1916
8 février
Naissance du mouvement Dada

Plusieurs artistes européens se réunissent à Zurich à l'initiative du metteur en scène Hugo Ball pour l'inauguration du Cabaret Voltaire. Parmi eux, Tristan Tzara, poète roumain, Richard Huelsenbeck, poète allemand, Jean Arp, sculpteur alsacien et Hans Richter, peintre allemand. A l'aide d'un coupe-papier, ils ouvrent au hasard un dictionnaire et tombent sur le mot "dada". En réaction à l'absurdité et à la tragédie de la Première Guerre mondiale, ils baptisent le mouvement qu'ils viennent de créer de ce nom. Le "Dadaïsme" entend détruire l'art et la littérature conventionnels. Le mot lui-même ne signifie rien, il désigne selon les fondateurs du mouvement le néant absolu. En 1918, le dadaïsme atteindra son apogée quand Marcel Duchamp se joindra au groupe zurichois. Il faudra attendre 1919 pour voir le "Dada" arriver en Allemagne, avec Max Ernst, et en France, avec l'installation de Tzara à Paris.
Voir aussi : Histoire du Dadaïsme - Dada - Histoire de l'Art

1926
Paul Eluard publie "Capitale de la douleur"

Paul Eluard publie "Capitale de la douleur", un recueil poétique en vers et en prose traitant les thèmes de l’amour, du rêve ou encore de la peinture. Il y assemble de poèmes antérieurs mais aussi des nouveautés. Le recueil est écrit pour Gala, épouse du poète qui l’abandonna pour Salvador Dalí. Au cours des années suivantes, Eluard rencontrera d’autres femmes, dont Nusch qu’il épousera et dont il fera sa nouvelle égérie mais qui mourra soudainement.







D
adaïsme


//www.aci-multimedia.net/web_galerie/dadaisme.htm


Le dadaïsme est un mouvement de liberté artistique, plastique et littéraire, crée par de jeunes artistes de toutes nationalités durant la 1ère guerre Mondiale.
Né à Zurich, en Suisse, New York se diffuse en Allemagne et prendra sa forme définitive après l'armistice en 1918. Si "da,da" signifie "oui, oui" dans les langues slaves, le terme choisi par ces artistes pour se désigner ne veut rien dire : les dadaïstes ont en commun le goût de l'absurde, du non- sens, de la provocation et de l'humour.

Mais Dada, c'est aussi une immense révolte contre la guerre : la guerre détruit, dada veut détruire l'ordre établi qui n'a pas su empêcher le massacre. La guerre a utilisé le progrés technique à des fins destructrices, Dada dénonce la machine, cette invention de l'homme, qui s'est retournée contre lui.
Le dadaïsme apparaît aujourd'hui comme un épisode essentiel de la révolution artistique qui marque l'époque contemporaine. Car dada, qui rejetait tout enseignement a fait école. Parmi les artistes des cinquantes dernières années on ne compte plus les héritiers de M. Duchamp, F. Picabia, Man Ray, R. Schwitters, H. Arp et M. Emst... Le Dada né à Zurich en 1916, c'est le roumain Tristan Tzara qui le baptise dada, un mot trouvé au hasard dans le dictionnaire.

- Le Dada à New York se manifeste en 1915, lors de l'arrivée de deux peintres français : Duchamp(1887.1968) et Picabia (1879.1953). Duchamp réalise "ready made" des objets prêts qu'il présente comme des oeuvres d'art : une roue de bicyclettes.

- Le dada à Berlin en 1918. Comme les autres groupes dadas, Berlin prend une connotation politique. Pour les artistes, la peinture qui se pratique en temps de guerre (expressionniste, abstraite, cubiste ou futuriste) est incapable de dire les bouleversements réels de l'époque.

- Le dada en Cologne naît de l'amitié de Hans Arp et Max Ernst. Ils réalisent ensemble des collages astucieux à partir de catalogues d'achat par correspondance qu'ils intitulent des "Fatagaga".

- Le dada à Hanovre se limite à l'activité de K.Schwitters lorsqu'il abandonne la peinture figurative pour assembler au hasard des détritus de la vie urbaines: prospectus, tickets de tramway, morceaux de bois, de fer, de chiffon, de grillages...







Dadaïsme

Le 17 janvier 1920, un personnage bizarre débarque dans un Paris postguerre en pleine ébullition. Chapeau melon, canne de dandy, nœud papillon, monocle… Ce poète d’origine roumaine est attendu comme le messie par une bande de jeunes exaltés. Leur ambition : révolutionner l’art et changer le monde. De cette rencontre électrique va naître le dadaïsme version française, torpille éphémère mais fulgurante d’où émergera le surréalisme. Tristan Tzara, l’homme au monocle, possède déjà son brevet d’agitateur. De son vrai nom Sami Rosenstock, né en 1896 à Moinesti (Roumanie), l’homme a été, avec des artistes et poètes originaires d’Allemagne et d’Europe centrale, le principal orchestrateur du mouvement dadaïste, créé à Zurich en février 1916. Né dans les hoquets de la Grande Guerre, le mouvement avait pour but d’en exprimer toute l’horreur et l’absurdité.
Dans l’esprit de ses jeunes promoteurs, le dadaïsme n’est pas un énième mouvement esthétique, destiné à prendre place dans une longue lignée où figurent déjà symbolisme, cubisme ou futurisme, mais bel et bien une liquidation de la conception traditionnelle de l’art, encore trop tournée à leur goût vers l’objet, vers l’idéal et vers la virtuosité technique. Né de la progressive déconstruction de la représentation artistique et de cet accélérateur de particules qu’est la guerre, leur démarche s’inscrit dans la rupture et le scandale. Par son nom d’abord, « dada », terme absurde, ironique, dérisoire, choisi au hasard par le groupe en feuilletant un dictionnaire, qui évoque le balbutiement répétitif du jeune enfant. Par son projet, ensuite, qui vise à subvertir les notions même d’art et d’œuvre, et, par-delà, tout l’édifice social (plusieurs dadaïstes berlinois sont proches de l’extrême gauche révolutionnaire). Par ses formes, enfin, qui cherchent à dynamiter joyeusement les limites des modes d’expression traditionnels (peinture, dessin, poésie, théâtre, etc.).
 
Se réunissant dans une taverne de Zurich, le Cabaret Voltaire, les dadaïstes (le poète allemand Hugo Ball et sa compagne Emmy Hennings, les peintres roumains Marcel Janco et Arthur Segal, les Allemands Hans Richter et Christian Schad, les Néerlandais Otto et Adya van Rees…) poussent à son paroxysme l’esprit de provocation. Cris, éructations, costumes délirants accompagnent danses, chansons, lectures de poèmes… Vêtu d’une rigide panoplie de carton qui le fait ressembler à un évêque d’opérette, Hugo Ball déclame ainsi, devant un public mi-ébahi mi-goguenard ses « poèmes abstraits », longue litanie de syllabes sans queue ni tête (« gadji beri bimba glandridi… »). Adeptes de l’improvisation, de formes immatérielles et irrécupérables, les dadaïstes inventent, sans la nommer encore, la pratique du happening.
 D’autres artistes cherchent à faire reculer les limites de l’art. Dès 1914, le peintre français Marcel Duchamp, d’abord inspiré par le cubisme et le futurisme, pousse à son terme sa logique iconoclaste en désignant comme « œuvres d’art » des objets manufacturés (porte-bouteille en fer, plus tard fontaine en céramique…) : ce sont des ready-made. Ses tableaux (Broyeuse de chocolat, n° 1 et 2 - 1913 et 1914), d’où l’inspiration individuelle et le « sujet » semblent s’être absentés, provoquent l’incompréhension. Installé à New York à partir d’août 1915, Duchamp contribue à faire éclore un dadaïsme new-yorkais en compagnie de ses émules et amis, particulièrement le peintre franco-espagnol Francis Picabia et le photographe américain Man Ray.
Mais c’est bien à Paris, point cardinal de toutes les avant-gardes, entre 1919 et 1921, que ces différents créateurs choisissent de se retrouver. La capitale française va vivre pendant trois ans à l’heure dada… Au lendemain de la Grande Guerre, le mouvement était encore balbutiant à Paris. Le terrain d’accueil n’en avait pas moins été préparé par les coups de boutoir littéraires que représentaient l’œuvre d’Alfred Jarry (la série des Ubu démarre en 1896) et celle de Lautréamont, puis par le pullulement des revues d’avant-garde (Maintenant d’Arthur Cravan, SIC de Pierre-Albert Birot, Nord-Sud de Pierre Reverdy…), où s’exprimait un ardent désir d’innovation poétique. Sous les auspices du grand Rimbaud, Guillaume Apollinaire, Jean Cocteau ou le jeune Jacques Vaché avaient, chacun à leur manière, contribué à miner les fondements de la poésie traditionnelle, jusqu’au non-sens, jusqu’à l’absurde, jusqu’à l’obscurité. Baignés dans cette mouvance, pétris de références littéraires, deux jeunes enragés de retour du front, André Breton et Louis Aragon, ont lancé en mars 1919 une revue baptisée par antiphrase Littérature, où il s’agit de réinventer la trop digne vieille dame. C’est sur ce champ de bataille déjà bien labouré que prend la greffe française du dadaïsme.
Quand Francis Picabia débarque à Paris en mars 1919, les échos du mouvement ont déjà suscité une large vague de curiosité. Le peintre poursuit la publication de la revue 391, entamée à New York et à Barcelone. En janvier 1920, il est rejoint dans la cité-lumière par Tristan Tzara, tandis que la jeune avant-garde française (André Breton, Jean Cocteau ou Georges Ribemont-Dessaignes) collabore à Dada.
C’est portées par ces forces que les années 1920-1921 voient se multiplier en France les manifestations « dadaïstes ». On assiste aux mêmes scènes qu’à Zurich ou à Berlin : les membres du groupe hurlent des chansons, éructent des poèmes, beuglent des manifestes, laissant leur public pantois et suscitant parfois l’agressivité.
En ce début des années « folles », tout est « dada », à commencer par André Breton, qui publie en août 1920, dans les colonnes de la Nouvelle Revue française, un vigoureux « Pour Dada ». Le dadaïsme est-il voué à triompher au pays d’André Gide et de Paul Valéry ? Les signes de fragilité ou d’incompréhension sont pourtant nombreux. Francis Picabia prend dès mai 1921 ses distances avec le mouvement, qu’il juge déjà sclérosé et récupéré. La dimension plastique et picturale du dadaïsme reste d’ailleurs en France assez en retrait, malgré la production prolifique de Picabia et une belle exposition Max Ersnt au printemps 1921.
Il est vrai aussi qu’André Breton et ses amis ont contribué à tirer le dadaïsme dans un sens plus « littéraire » qu’en Suisse ou en Allemagne. En mai 1921 est ainsi organisé par Breton et Aragon le « procès Barrès », destiné à régler symboliquement ses comptes au chantre de la littérature nationaliste, accusé de « crime contre la sûreté de l’esprit ». Evénement franco-français, cette manifestation reste assez éloignée des préoccupations d’un Tzara ou d’un Picabia. Dès 1922, dada reflue. Comme dans les autres pays, les artistes un temps « dadaïstes » poursuivent leurs propres recherches formelles. Elles sont en France massivement polarisées par le surréalisme, qui naît officiellement en octobre 1924. Max Ernst le rejoindra, Tzara y collaborera…
Au cours des décennies suivantes, le Dadaïsme sera sans cesse réanimé, surtout en tant qu’idée. Les auteurs de poésie concrète des années 60 peuvent invoquer les poèmes phonétiques créés par les dadaïstes, et les Nouveaux Réalistes français se nomment même au départ Néo-Dadaïstes...

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DADA ; DADAÏSME / Dadaism
ETYMOLOGIE / etymology

ETUDE SEMANTIQUE / Definitions

COMMENTAIRE / Analysise

Comme le nom qui a été retenu (par hasard) pour le désigner l’indique, le mouvement Dada ou le Dadaïsme est né d’un défi, d’une opposition à la fois contre la guerre (en l’occurrence celle de 1914-1918), contre les mœurs et les valeurs traditionnelles de la bourgeoisie qui ont pu y mener, contre la pensée rationnelle et contre les formes d’art dominantes. Comme l’écrit Tristan Tzara dans son Manifeste dada 1918, « Ainsi naquit DADA d’un besoin d’indépendance, de méfiance envers la communauté » (in : Lampisteries précédées de sept manifestes dada.– Paris : Jean-Jacques Pauvert, 1978, p. 22 : titre que nous abrégerons en Manifestes).
Cependant, malgré les appréciations défavorables dont il a cru bon d’émailler ces propos, on ne saurait mieux dire qu’Alain Jouffroy, dans un article intitulé « Anti-art »: « L’action de Dada suscite, contradictoirement, de nouvelles constructions formelles, une ‘déconstruction’ si l’on veut, qui fait aujourd’hui partie intégrante de l’art par le relais de l’histoire et par les courroies de transmission de la critique et des musées » ( in : Encyclopedia Universalis, t. 2, p. 284). En effet, la révision globale et totale des valeurs artistiques par Dada s’applique essentiellement aux arts plastiques et paradoxalement s’effectue par un nouvel art. Mais la littérature, et plus particulièrement la poésie, ne furent pas moins entraînées dans le tourbillon révolutionnaire.
Au demeurant, Dada ne se rattache à aucune forme ni à aucun genre artistique. Un des objectifs du mouvement n’était autre que de dépasser, de supprimer les démarcations entre les différentes formes de l’art, et plus particulièrement entre les arts plastiques et la littérature. En témoignent les nombreux tableaux-manifestes, les poèmes simultanés avec bruits, les collages, les photomontages, etc. Tous les matériaux traditionnellement utilisés dans les productions artistiques sont exploités, mais également des objets et des matériaux généralement considérés comme étrangers à l’art : fils de fer, allumettes, coquilles de moules, objets manufacturés, etc. Dans le domaine plus spécifiquement littéraire, les dadaïstes s’emparent de lieux communs, de slogans journalistiques et publicitaires pour en collectionner des assemblages dont la matière hétéroclite est dominée, et donc reconstruite, par un message subversif et destructeur. Ainsi, des poèmes ont pu être « joués » lors de « soirées » qui ont fait scandale. Dans son Manifeste dada 1918, publié d’abord dans la revue 391, Tristan Tzara est clair quant à cet objectif : « Une œuvre d’art n’est jamais belle par décret, objectivement, pour tous. La critique est donc inutile, elle n’existe que subjectivement pour chacun sans le moindre caractère de généralité (…). Que chaque homme crie : il y a un grand travail destructif, négatif à accomplir. Balayer, nettoyer » ( Op. Cit, p. 33).
Le mouvement Dada se développe entre 1916 et 1922. Dès le début, se manifestent les attitudes les plus radicales. D’emblée, le mouvement s’opposa à toutes les formes d’art existantes, à l’ensemble des modèles culturels exprimés par ces formes artistiques. Mais en outre, aucune règle, aucune doctrine n’est opposée à ce grand ravalement. Dans son Manifeste dada 1918, Tzara repousse les théories, les systèmes, l’art devenu commerce : « Ceux qui appartiennent à nous gardent leur liberté. Nous ne reconnaissons aucune théorie. Nous avons assez des académies cubistes et futuristes : laboratoires d’idées formelles » (p. 23). Plus loin, il appelle à détruire les « tiroirs du cerveau et ceux de l’organisation sociale » ainsi qu’à « démoraliser partout » (p. 27). Contre la philosophie et la psychanalyse, par exemple, il affirme : « Il n’y pas de dernière vérité » (p. 28), avant de résumer ainsi son anarchisme doctrinal : « Je suis contre les systèmes, le plus acceptable des systèmes est celui de n’en avoir par principe aucun » (p. 29). Contre la vie comme « mauvaise farce », reste l’art, mais dans ce domaine, chacun est censé suivre sa propre voie, est censé exprimer sa subjectivité afin de libérer son énergie vitale, fût-ce en courant le risque de rester incompris : comme l’écrit encore Tzara : « L’art est une chose privée, l’artiste le fait pour lui ; une œuvre compréhensible est produit de journaliste » ( Op. Cit., p. 30). Ce parti pris anarchiste permet déjà d’expliquer pourquoi le mouvement fut de courte durée.
La première réunion dada eut lieu le 8 février 1916 au café « Terrasse », à Zurich, selon la légende et les affirmations (divergentes) des participants. Des artistes et des intellectuels de diverses nationalités avaient trouvé refuge pendant la guerre dans cette ville, parmi lesquels l’écrivain allemand déserteur Hugo Ball qui y ouvrit le célèbre cabaret « Voltaire ». Aussi bien, Dada présente-t-il, dès ses origines, un caractère résolument international. La première publication dadaïste, l’unique numéro d’une revue Cabaret Voltaire (mai 1916), qui fait apparaître le terme « dada » sous la plume de Tristan Tzara, poète d’origine roumaine, offre des contributions de plusieurs des représentants les plus importants de l’avant-garde de l’époque, tels Kandinsky, Marinetti, Modigliani, Picasso. Les dadaïstes de la première heure sont originaires de divers pays : hormis Tzara, le peintre Marcel Janco, de Roumanie, Richard Huelsenbeck, sa femme Emmy Hennings, Hugo Ball et Hans Arp, d’Allemagne, Otto van Rees, des Pays-Bas, etc. Mais, dès 1917, le groupe commença à se disperser et les années suivantes, se constituèrent plusieurs foyers dadaïstes, chacun d’eux avec ses caractéristiques. Les plus importants furent ceux de Berlin et de Paris et, dans une moindre mesure celui de Cologne, encore que les noms de Hans Arp et de Max Ernst soient rattachés à cette ville où ils composèrent des collages et des « images composites ». Kurt Schuitters, auteur de collages, resta fidèle à sa ville natale, Hanovre : il publia dans sa revue Merz des œuvres graphiques de Arp, Van Doesburg, Hausmann, des poèmes de Tzara.
Le groupe dadaïste de Berlin, que rejoignit Huelsenbeck en 1917, se caractérisait surtout par ses tendances politiques d’extrême gauche et par ses dispositions à l’action. Dès 1915, plusieurs artistes, parmi lesquels Johannes Baader, John Heartfeld et son frère Wieland Herzfeld, avaient déjà ouvertement proclamé leurs opinions antimilitaristes, qui devaient être plus tard exprimées par Tzara avec vigueur dans le Manifeste dada 1918. Ils donnaient libre cours à leur indignation dans des revues comme Der freie Strasse, Neue Jugend, Die Pleite, Der blutige Ernst, Der Dada. Ils s’y adonnaient en même temps à des recherches littéraires de poésie simultanée et de poésie phonétique et recouraient à de nouveaux procédés artistiques parmi lesquels surtout des photomontages. Le mouvement se désagrégea lorsque certains de ses membres s’engagèrent dans des formes d’action politique précises, l’anarchisme ou le communisme.
Le groupe dadaïste de Paris se forma, à partir de janvier 1920, lorsque Tristan Tzara entra en contact avec deux artistes partisans d’un anti-art, Marcel Duchamp et Francis Picabia. Ceux-ci avaient déjà manifesté, à New York, une mentalité proche de celle du dadaïsme, en incarnant « la rébellion des plasticiens contre les formes d’art consacrées », comme le rappelle Michel Sanouillet, dans son ouvrage richement documenté, Dada à Paris (Nelle éd. Paris : Flammarion, 1993, p. 3). Les deux peintres français avaient déjà fait scandale, l’un dès 1913, avec son Nu descendant les escaliers, l’autre dès 1915, avec sa Procession à Séville. Duchamp exhibe des « Ready-Made » et Picabia s’engage dans la « peinture mécanomorphe ». L’activité des deux peintres et de leur entourage autorise Sanouillet à dire que le mouvement Dada « vint à l’existence simultanément en Suisse et en Amérique » (p. 15). Comme lui on peut voir, en tout cas, dans cette activité un mouvement original de « caractère dadaïste » (p. 26), qui s’épanouit au contact de milieux comme la galerie du photographe Alfred Stieglitz, le salon mondain de Walter Conrad Arensberg, Greenwich Village, les boîtes de Harlem. L’effervescence moderniste de Greenwich Village qu’évoque par exemple Jack Selzer dans son livre Kenneth Burke in Greenwich Village. Conversing with the Moderns, 1915-1981 (Madison : Wisconsin University Press, 1997) était, effectivement propice à l’esprit « dada ».
Tzara, quant à lui, avait déjà publié des textes provocateurs, entre poésie et théâtre, [et par leur langage,] comme La première aventure céleste de M. Antipyrine (1916), des Poèmes nègres, des Poèmes simultanés (1916-1917), Vingt-cinq poèmes, Vingt-cinq et un poèmes (1918). Ces quelques lignes du début du « Manifeste de monsieur antipyrine » donnent une idée du langage que Tzara pouvait lancer à la figure du lecteur bourgeois : « DADA est notre intensité[.. ]. Dada reste dans le cadre européen des faiblesses, c’est tout de même de la merde, mais nous voulons dorénavant chier en couleurs diverses pour orner le jardin zoologique de l’art de tous les drapeaux des consulats » ( Manifestes, p. 15). Dans « Dada manifeste sur l’amour faible et l’amour amer », il pousse à l’extrême son goût de la provocation et du non-sens dans la poésie en donnant comme recette : « Pour faire un poème dadaïste », de découper les mots d’un article de journal, de les agiter puis de les copier, ce qui peut produire ceci : « Lorsque les chiens traversent l’air dans un diamant comme les idées et l’appendice de la méninge montre l’heure du réveil programme, etc… » (p. 64). Il avait également publié son Manifeste dada 1918 où , en exergue, il dissuadait le lecteur de toute spéculation sur le nom du mouvement : « La magie d’un mot– DADA-qui a mis les journalistes devant la porte d’un monde imprévu, n’a pour nous aucune importance » ( Op. Cit., p. 19). Dés le début du texte proprement dit, il renchérit : « DADA NE SIGNIFIE RIEN » (p. 30), se moquant des recherches étymologiques et ajoutant pour l’amusement ce que peut signifier le terme pour les nègres Krou (« queue d’une vache sainte ») ou en russe et en roumain (double affirmation) etc. En mars 1920, dans la revue Dadophone (n°7), Picabia reprit et radicalisa l’expression de ce nihilisme dans le Manifeste cannibale dada,. opposant au néant du néant : « DADA lui ne sent rien [ comme le font les interlocuteurs à qui il s’adresse], il n’est rien, rien, rien/ Il est comme vos espoirs : rien/ Comme vos paradis : rien/ Comme vos idoles : rien/ Comme vos hommes politiques : rien/ Comme vos héros : rien/ Comme vos artistes : rien/ Comme vos religions : rien » ( Écrits I. – Paris : Belfond, 1975, p. 213, ). Toutefois, la fin du Manifeste dada 1918 est plus ambiguë. Si Tzara termine par un développement intitulé « DÉGOÛT DADAÏSTE » où ses maîtres-mots sont bien « dégoût », « négation », protestation » et « abolition » (de la mémoire, du futur, par exemple), il promeut au moins une première valeur : « croyance absolue indiscutable dans chaque dieu produit immédiat de la spontanéité ». Et les dernières lignes, reliant Dada à une liberté qui assume tous les cris, les douleurs et les contradictions, mettent en évidence, jusque dans la typographie une valeur suprême, la vie : « Liberté : DADA DADA DADA, hurlement des douleurs crispées, entrelacement des contraires et de toutes les contradictions, des inconséquences : LA VIE » (p. 35). Dans le D.I.T.L. de 1986 (Bern : A. Francke), Mary Ann Caws, spécialiste de la poésie dadaïste, invoque même la « Note sur la poésie » (1917) de Tzara, ses images empruntées à la nature, la sentimentalité qui en affleure, pour nous amener à sentir « the optimism of such movement directed not toward the past or the future, but toward the present » (p. 448). Elle ajoute, après avoir rappelé l’exemple de Jacques Vaché, ami dadaïste d’André Breton, dans son éloge du « Maintenant » : « From this point of view, Dada is seen as the inheritor of Nunism or Nowism, and of Presentism, simultaneity taken to the extreme » (Ibid.). (Le terme Nunism vient de nun : « maintenant »).Effectivement, dans cette « note », Tzara confie au poète la tâche d’ « allumer l’espoir AUJOURD’HUI » ( Manifestes, p.103), et l’on peut citer ces quelques lignes, d’un autre niveau de langue que celles du « Manifeste de Monsieur Antipyrine », et d’un esprit autrement plus optimiste : « Savoir reconnaître et cueillir les traces de la force que nous attendons, qui sont partout, dans une langue essentielle de chiffres, gravée sur les cristaux, sur les coquillages, les rails, dans les nuages, dans le verre, à l’intérieur de la neige, de la lumière, sur le charbon, la main, dans les rayons qui se groupent autour des pôles magnétiques, les ailes » (pp. 103-104).
De ce fait, Tzara fut accueilli avec enthousiasme par le groupe qui s’était constitué autour de la revue Littérature, précurseur du surréalisme, et où les futurs grands représentants de ce mouvement, tels André Breton, Louis Aragon et Philippe Soupault jouaient déjà un rôle prépondérant. Il est vrai que, depuis 1917, les dadaïstes entretenaient déjà des relations épistolaires avec ceux qui allaient devenir des surréalistes et publiaient des textes dans leurs revues. Certes, il peut être exagéré de considérer le surréalisme comme la « forme française de Dada », ce que fait par exemple Michel Sanouillet dans son livre Dada à Paris ( Op. Ci p. 432). Et nous renverrons ici à la longue argumentation, en fait à double tranchant pour le lecteur, de cet admirateur de Dada, où il montre ce qui unit les deux mouvements (l’esprit de révolte, de protestation) mais aussi ce qui les divise (notamment chez les surréalistes, plus de retenue dans le ton, plus de « tenue » dans l’écriture, leur goût du rituel) (pp. 432-437). Ce qui est certain, en revanche, c’est que Dada est un des courants les plus importants à avoir préparé le surréalisme. Les revues Sic de Pierre Albert-Birot et Nord-Sud de Pierre Reverdy, en publiant des textes de Tzara et de quelques autres dadaïstes contribuèrent à ouvrir la voie à une poésie nouvelle, à répandre le mépris des règles (traditionnelles), même celles qui régissent la langue et, en dédaignant la nature et (surtout) son imitation, permirent l’éclosion d’un lyrisme exubérant. La diffusion de textes dadaïstes permit à des œuvres comme celles de Rimbaud, de Lautréamont, de Jarry d’atteindre un plus vaste public.
Toutefois, à Paris même, le mouvement dadaïste ne connut qu’une existence éphémère. Dès 1922, lorsque le surréalisme s’affirma sur des bases plus solides, le dadaïsme, dépassé, toucha à sa fin. Lors d’un congrès consacré à l’Avant-garde, comme le rappelle encore Mary Ann Caws : « Breton’s system and seriousness finally won out over the joyously anti-serious Dada spirit, mischievous and untidy, tricky and rapier-like, genial and jumpy » (art. cité, p. 448). Alors que Breton, Aragon et d’autres s’étaient laissé entraîner en 1920 et 1921 par Tzara dans diverses manifestations publiques spectaculaires, souvent cocasses, (conférences, expositions, concerts, sketches) où étaient caricaturés les milieux culturels bourgeois, leurs interdits, leurs tabous, ils rompirent avec le dadaïsme lorsque Tzara, en juillet 1923 fit représenter son Cœur à gaz au théâtre Michel. Tzara et, peu après, Picabia et quelques autres allèrent chacun de son côté et suivirent chacun une voie individuelle. On peut cependant considérer que le dadaïsme avait déjà pris fin en 1922, victime de sa remise en question continuelle de tout. Comme le fait remarquer Alain Jouffroy, « l’anti-art, puis art tout court, se condamnait lui-même à son propre anéantissement » ( Op. Cit., p. 284). Tristan Tzara s’en rendit-il compte qui déclarait déjà en décembre 1920, dans son Manifeste sur l’amour faible et l’amour amer : « On envisage l’anéantissement (toujours prochain) de l’art. Ici on désire un art plus art. Hygiène devient pureté mondieu mondieu» ( Manifestes, p. 58) ?
Aux Pays-Bas toutefois, une « campagne dadaïste se développe en 1923, dirigée par Théo van Doesburg, concepteur et fondateur du mouvement « De Stijl » et de la revue du même nom (1917-1931) à laquelle collaborèrent par exemple Mondrian, Van der Leck, l’architecte Oud. Van Doesburg entretint des rapports avec le mouvement dadaïste d’Hanovre et avec Kurt Schuitters qui se qualifia déjà de « néo-dada ». Mary Ann Caws signale des prolongements du mouvement Dada également en Autriche, avec Raoul Hausmann et ses photomontages, en Espagne, et même au Japon, avec Takahishi Shinhichi, disciple de Tzara. Aux États-Unis, Marcel Duchamp poursuivit le mouvement avec le photographe Man Ray. Nous renverrons à la somme éditée par Jean Weisgerber Les avant-garde littéraires au XXe siècle (Budapest : Akademiai Kiado, 1984) pour plus de détails sur des « Échos dadaïstes » en Italie, U.R.S.S., Pologne, Yougoslavie, Hongrie (par Miklos Bèládi), en Roumanie (par Ion Pop), aux Pays-Bas (par K. Schippers), Belgique, Tchécoslovaquie, Espagne, Amérique latine (t. I, pp. 372-386). Partout, comme le propose Weisgerber dans la conclusion générale au chapitre sur le dadaïsme : « Si l’on tente de circonscrire la matrice dadaïste sous l’angle comparatiste, on voit qu’elle se ramène à admettre la coexistence, juxtaposition ou simultanéité de tous les contraires, sans en rechercher la synthèse, comme le fera le surréalisme. Les oppositions dialectiques demeurent sans solution, l’identité équivalant à la contradiction » (p. 390).
Mais, même si son existence fut éphémère, Dada a suscité et suscite encore une abondante bibliographie et des expositions de ses artistes dans le monde et a représenté une référence stimulante pour divers mouvements d’avant-garde ultérieurs. Plus qu’un mouvement artistique et littéraire, peut-être Dada est-il à considérer comme la manifestation d’une mentalité, d’une attitude d’esprit. Il incarne en effet l’aspiration à une liberté totale, à une spontanéité absolue, le désir de rompre avec tout ce qui est contraignant, la remise en question incessante de tout système de pensée, de toute création artistique et littéraire, sur un mode agressif, provocateur mais aussi très souvent ludique, l’humour y jouant un grand rôle. Parmi les héritiers de la mentalité Dada on peut dès lors citer, par exemple, l’art visuel et le Pop Art, les « happenings » au théâtre (en vogue à partir des années 1960), le spatialisme, la poésie concrète, la « Nouvelle vague » au cinéma.
Marcel De Grève
Rijksuniversiteit Gent
//www.flsh.unilim.fr/ditl/Fahey/DADADADASMEDadaism_n.html








Dadaïsme
Le dadaïsme est un mouvement international fondé en 1916 à Zurich par Tristan Tzara (1896-1963). Le dadaïsme vise à renverser la conception traditionnelle de l’art au moyen de la provocation et de la dérision. Ce mouvement a rassemblé des écrivains et des artistes ayant refusé de participer à la guerre et ayant appelé à la subversion des valeurs établies.
Louis Aragon (1897-1982), André Breton (1896-1966), Paul Éluard (1895-1952), Philippe Soupault (1897-1990) ont appartenu au mouvement Dada.
Le dadaïsme a considérablement influencé le surréalisme.

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DADAÏSME

Dada est un mouvement intellectuel, littéraire et artistique qui, pendant la Première Guerre mondiale, se caractérisa par une remise en cause, à la manière de la table rase, de toutes les conventions et contraintes idéologiques, artistiques et politiques.
Malgré la Première Guerre mondiale, Dada connut une rapide diffusion internationale.
Ce mouvement a mis en avant l'esprit d'enfance, le jeu avec les convenances et les conventions, le rejet de la raison et de la logique, l'extravagance, la dérision et l'humour. Ses artistes se voulaient irrespectueux, extravagants, affichant un mépris total envers les « vieilleries » du passé comme celles du présent qui perduraient. Ils recherchaient la plus grande liberté de créativité, pour laquelle ils utilisèrent tous les matériaux et formes disponibles. Ils recherchaient également cette liberté dans le langage, qu'ils aimaient lyrique et hétéroclite.
Historique
Création de Dada
Le terme Dada est inventé en février 1916 à Zürich (Suisse) par les poètes Hugo Ball, Tristan Tzara et les peintres Jean Arp, Marcel Janco et Sophie Taeuber-Arp. Ils investissent une grande taverne, celle de la Spiegelgasse 1 dans le quartier du Niederdorf, la transforment en café littéraire et artistique et la rebaptisent « Cabaret Voltaire ».
L’explication la plus courante de l'origine du mot est celle du hasard ludique : un dictionnaire ouvert au hasard et un coupe-papier qui tombe sur le mot « dada ». En réaction à l'absurdité et à la tragédie de la Première Guerre mondiale et en opposition avec tous les mouvements se finissant en -isme, ils baptisent le mouvement qu'ils viennent de créer de ce nom. Dada n'est « ni un dogme, ni une école, mais plutôt une constellation d'individus et de facettes libres », précisait à l'époque Tristan Tzara[réf. souhaitée]. Hétéroclite et spontané, Dada s'est aussi imposé comme un mouvement sans véritable chef de file. Tous les dadaïstes étaient présidents[réf. souhaitée].
Marc Dachy a donné de nombreuses versions de l'origine du mot, jusqu'à citer le peintre Paul Gauguin qui avait déclaré : « Quant à moi, j'ai reculé dans mon enfance jusqu'à mon dada » ; ainsi, selon Giovanni Lista, il y aurait une volonté délibérée d'ancrer le mouvement dans un retour aux valeurs de l'enfance : Hugo Ball, le fondateur du mouvement déclara, avant la guerre, qu'il devait « sauver le petit cheval de bois ». Il note dans son journal à la date du 18 avril 1916 : « Dada signifie « oui, oui » en roumain, « cheval à bascule » et « marotte » en français. Pour les Allemands, c'est un signe de naïveté un peu folle, de lien très étroit entre la joie de la procréation et la préoccupation pour la voiture d'enfant. »1
Développement de Dada
Un peu avant la fin de la guerre, des mouvements Dadas sont créés dans les grandes villes allemandes Berlin, Hanovre et Cologne. Les différents « Manifestes » parviennent à Paris, malgré la censure et le « bourrage de crâne » contre tout « germanisme ».
Succédant à des révoltes individuelles et solitaires contre la civilisation occidentale — Arthur Rimbaud a « assis la beauté sur ses genoux et l'a trouvée amère » —, cristallisée par l'épreuve du conflit de 1914-1918, la contestation culturelle de Dada se manifeste par la truculence provocatrice et la dérision, souvent au cours de manifestations publiques. Hannah Höch qui dessinait des patrons de couturier pour une revue, les utilisait en découpage sauvage pour en faire des collages politiques.[réf. nécessaire]
Pour la première fois, les femmes sont acceptées comme artistes à part entière, camarades de jeu et complices des manifestations, « traitées comme des collègues »[réf. nécessaire] et non plus seulement comme des amantes, des « amatrices douées » ou des « objets de sublimation dans l'art ».[réf. nécessaire]
La fin de Dada
En France, à partir de 1920, Dada s'essouffle, André Breton trouve que « Dada tourne en rond ». Louis Aragon, dans son Projet d'histoire littéraire contemporaine, fait mourir dada dès 1921-1922. Il dit aussi que les « Vingt-cinq poèmes » de Tristan Tzara « l'avaient saoûlé toute sa vie ». En novembre 1921, la revue belge Ça Ira !, dans un numéro dirigé par Clément Pansaers, proclame que Dada est mort.
Selon l'historien Marc Dachy, le procès contre Maurice Barrès marque la décomposition véritable des dadaïstes. La « Mise en accusation et jugement de Maurice Barrès pour crime contre la sûreté de l'esprit » n'était pas sans déplaire à Tzara, Francis Picabia, Georges Ribemont-Dessaignes, Erik Satie, ou Clément Pansaers, qui s'opposaient à l'idée d'un tribunal, et plus particulièrement d'un tribunal révolutionnaire. Tzara n'intervient que comme témoin, laissant à Breton le soin de diriger le procès. Le procès tourne rapidement en plaisanterie, ce qui n'était pas le souhait de Breton.
    •    Tzara s'exclame : « Je n'ai aucune confiance dans la justice, même si cette justice est faite par Dada. Vous conviendrez avec moi, monsieur le Président, que nous ne sommes tous qu'une bande de salauds et que par conséquent les petites différences, salauds plus grands ou salauds plus petits, n'ont aucune importance. »
    •    Breton intervient : « Le témoin tient-il à passer pour un parfait imbécile ou cherche-t-il à se faire interner ? »
    •    Tzara répond : « Oui, je tiens à me faire passer pour un parfait imbécile et je ne cherche pas à m'échapper de l'asile dans lequel je passe ma vie. »
Le fondateur du mouvement quitte violemment la salle, aussitôt suivi par Picabia, et ses amis, au moment où Aragon commence son plaidoyer, plus contre le tribunal que contre Barrès, qui fut d'ailleurs condamné à vingt années de travaux forcés.
Au mois de juin suivant, le salon Dada organisé par Tzara à Paris est dédaigné par André Breton et Marcel Duchamp refuse tout envoi pour cette exposition, à l'exception d'un télégramme avec les deux mots : « Pode Balle ».
La soirée Dada2 du 6 juillet 1923 organisée par Tristan Tzara au théâtre Michel3 marque la rupture définitive entre Dadaïstes et surréalistes (André Breton, Robert Desnos, Paul Éluard et Benjamin Péret). Face aux violentes interruptions des surréalistes : Breton, d'un coup de sa canne, casse le bras de Pierre de Massot, un journaliste (et non Tzara) appelle la police qui intervient. La soirée prévue le lendemain est annulée4.

L'art Dada

Artistes Dadas
Article détaillé : Artistes Dada.

Écrivains, peintres, plasticiens, cinéastes, danseurs, photographes et même quelques musiciens, Dada a traversé toutes les expressions artistiques de son temps5.
Jean (ou Hans) Arp
    •    Symétrie pathétique broderie d'après un dessin de Jean Arp.
    •    Fleur-marteau

Beatrice Wood et Marcel Duchamp en 1917

Alfred Stieglitz, photographie6 de la Fountain de Marcel Duchamp, 1917.
Marcel Duchamp
    •    Roue de bicyclette (1915), première œuvre du ready-made, il s'agit d'une roue de bicyclette fixée sur un tabouret.
    •    Fontaine (1917), l'urinoir qui a ouvert la voie de la théorie du ready-made, concernant des objets du quotidien qui ne sont pas fondamentalement de l'art, mais le deviennent si on le décide.
    •    L.H.O.O.Q. (elle a chaud au cul) (1919), désacralisant la Joconde, avec moustache, barbiche...
    •    Tu m' (1920) voir.
    •    Rotative plaques verre (1920), art pré-psychédélique voir.
    •    Marcel Duchamp as Belle Haleine (1921), photographie en collaboration avec Man Ray voir.
    •    Disques avec spirales (1923), art pré-psychédélique voir.
    •    La Mariée mise à nu par ses célibataires, même d(1923) voir.
    •    Flacon de parfum Belle Haleine avec Rrose Sélavy (Éros c'est la vie) sur l'étiquette.
    •    La Chute d'eau
    •    Le Gaz d'éclairage
Suzanne Duchamp
    •    Ariette. D'oubli de la chapelle étourdie (1920).
    •    Ready-made malheureux de Marcel (1919), traité de géométrie à suspendre à son balcon.
Max Ernst
    •    La bicyclette graminée garnie de grelots, les grisons grivelés et les échinodermes courbants l'échine pour quêter des caresses (1920-1921).
George Grosz
    •    Remember Uncle August, the Unhappy Inventor (1919).
Raoul Hausmann
    •    L'Esprit de notre temps, (Der Geist unserer Zeit), tête mécanique (1919).
Hannah Höch
    •    Paire de mariés bourgeois (1927), huile sur toile représentant un mannequin en bois habillé de voile blanc aux côtés d'un marié en frac.
    •    Da-Dandy, collage.
Richard Huelsenbeck
    •    Almanach Dada, traduit de l'allemand par Sabine Wolf, notes de Sabine Wolf et Michel Giroud, édition bilingue, Paris, Champ Libre, 1980.
Clément Pansaers
    •    Bar Nicanor, et autres textes Dada, établis et présentés par Marc Dachy, illustrations, Paris, éditions Gérard Lebovici, 1986.
Francis Picabia
    •    Jeune fille (1920), une encre sur papier.
    •    Volucelle II (1922).
    •    Dresseur de chien (1923) qui annonce le Dresseur d'animaux (1937).
    •    Lettres à Christine (1945-1951), suivi de Ennazus, édition établie par Jean Sireuil, présentation de Marc Dachy, Paris, éditions Gérard Lebovici, 1988.

Man Ray, Rrose Sélavy, 1921
Man Ray
    •    Lautgedicht (1924).
Georges Ribemont-Dessaignes
    •    Dada, Manifestes, poèmes, nouvelles, articles, projets, théâtre, cinéma, chroniques (1915-1929), nouvelle édition revue et présentée par Jean-Pierre Begot, Paris, éditions Champ Libre, 1978.
Kurt Schwitters
    •    Merz Picture 46 A (The Skittle Picture) (1921), un cadre et des petits objets fixés.
Sophie Taeuber-Arp
    •    Gardes (1918), une sculpture articulée évoquant l'univers des marionnettes.
    •    Triptyque abstrait (1918), une huile sur toile avec application de feuilles d'or.
    •    Masque de Janco (1918), masque.
    •    Tête dada (1918).
    •    Composition abstraite (1919), un collage
Beatrice Wood
    •    Un peu d'eau dans du savon (1917), collage loufoque avec un dessin de femme nue dont le sexe est caché sous un vrai savon.
Otto Dix
    •    Pragerstrasse (1920).
Tzara, Janco et Huelsenbeck
    •    L'amiral cherche une maison à louer (1916), poème simultané en français, anglais et allemand caractéristique et très fidèle à la philosophie Dada.
Principaux foyers Dadas
    •    Zurich (1915-1919), avec notamment Tristan Tzara, Jean Arp, les poètes allemands Hugo Ball et Richard Huelsenbeck, le peintre roumain Marcel Janco, le peintre et cinéaste allemand Hans Richter, Sophie Taeuber-Arp ;
    •    New York (1915-1921), avec Marcel Duchamp, Francis Picabia, Man Ray ;
    •    Berlin (1917-1923), avec Richard Huelsenbeck, George Grosz, Raoul Hausmann(l'un des créateurs du photomontage, suivi par John Heartfield), Johannes Baader, Hannah Höch ;
    •    Cologne (1919-1921), avec Jean Arp, Max Ernst (aux collages inventifs), Johannes Theodor Baargeld ;
    •    Hanovre avec Kurt Schwitters et son mouvement Merz;
    •    Paris, de 1920 à 1923. La première manifestation Dada a lieu en janvier 1920, quelques jours après l'arrivée de Tristan Tzara. Dada connaît son apogée en tant que mouvement, avec Tristan Tzara, Francis Picabia, Man Ray, André Breton, Paul Éluard, Louis Aragon, Philippe Soupault et sa fin avec la naissance du surréalisme.
La culture Dada
Dada et l'humour
Après la Première Guerre mondiale, les jeunes ont besoin d'exprimer leur jubilation d'être en vie, la guerre finie et la paix retrouvée. La vie a vaincu la mort, la paix a vaincu la guerre, l'enfance et l'insouciance sont de retour et vont pouvoir s'exprimer. En 1963, Tristan Tzara a dit : « Dada n'était pas seulement l'absurde, pas seulement une blague, dada était l'expression d'une très forte douleur des adolescents, née pendant la guerre de 1914. Ce que nous voulions c'était faire table rase des valeurs en cours, mais, au profit, justement des valeurs humaines les plus hautes. »
Dada et l'érotisme
En 1920, Tristan Tzara nomme des « présidentes dada », les plus anticonformistes possibles et à l'originalité débridée. Les « jeunes filles dada », les « Dada's girls » dansent en solo avec ou sans masque, comme Sophie Taeuber. Elles font tourner les têtes et suscitent l'enthousiasme, mais aussi les huées. Une "Dada dance" bien connue consiste à mettre ses bras en l'air (épaule perpendiculaire au tronc et avant-bras perpendiculaire au corps) et à sauter en même temps. Emmy Hennings, compagne de Hugo Ball, fonda avec lui, le cabaret Voltaire à Zurich, dont elle devint l'âme en animant ses soirées, par la danse, le chant et la poésie.
L'américaine Clara Tice, peintre caricaturiste et poète, horrifie la prude société américaine avec ses dessins de femmes nues accompagnées d'animaux, illustrant de manière érotique les Fables de La Fontaine. Ses œuvres seront confisquées par la police. Une autre américaine, Beatrice Wood réalise aussi des œuvres à forte connotation érotique.
Valeska Gert crée ses « danses » lors de certaines soirées berlinoises. Bien loin du classique Lac des cygnes, elles ouvrent la voie à la libération du corps des femmes et au nudisme. Renée Dunan, élevée au couvent, mais grande admiratrice du marquis de Sade, se libère, se proclame « dadaïste de la première heure », et défraie la chronique, sous divers pseudonymes, dont « Marcelle La Pompe » et « M. de Steinthal », en hommage à Stendhal et à l'écrivain aventurier Casanova de Seingalt.
Citations Dadas
    •    Jean Arp : « Vous aussi, bel homme, jolie femme, vous êtes dada, seulement vous ne le savez pas. Demain dada aura un visage différent d'aujourd'hui et pour cette raison sera dada. Dada, c'est la vie. »
    •    « Dada est un cri, c'est le vide érigé en art de vivre. »
    •    Hugo Ball : « Ce que nous appelons dada est une bouffonnerie issue du néant. »
    •    Hannah Höch a développé, avec son compagnon Raoul Hausmann, le photomontage « en voulant suggérer, avec des éléments empruntés au monde des machines, un monde onirique, nouveau et parfois terrifiant. » né de l'envie de « faire une chose belle et une joie pour toujours, d'éléments dont on n'attendait plus ni beauté ni joie. »
    •    Francis Picabia : « Rien pour demain, rien pour hier, tout pour aujourd'hui. »
    •    Kurt Schwitters :
    ◦    « Il n’y a pas d’art relevant d’une classe déterminée d'hommes et y en aurait-il qu’il serait sans importance pour la vie. A ceux qui veulent créer un art prolétarien, nous posons la question : « Qu'est-ce que l'art prolétarien ? » Est-ce l'art fait par les prolétaires eux-mêmes ? Ou un art au seul service du prolétariat ? Ou un art destiné à éveiller les instincts prolétariens (révolutionnaires) ? Il n'y a pas d'art fait par les prolétaires parce qu'un prolétaire qui crée de l'art n'est plus un prolétaire mais un artiste. Un artiste n'est ni prolétaire ni bourgeois et ce qu'il crée n'appartient ni au prolétariat ni à la bourgeoisie mais à tous. L'art est une fonction spirituelle de l'homme et vise à le délivrer du chaos de la vie (du tragique). L'art est libre dans l'utilisation de ses moyens et relève de ses lois propres et de ses lois propres seulement ; dès l'instant où une œuvre est une œuvre d'art, elle est largement au-dessus des différences de classes prolétariat-bourgeoisie. Si l'art devait servir exclusivement le prolétariat, nonobstant le fait que le prolétariat est contaminé par les goûts de la bourgeoisie, cet art serait aussi limité qu'un art spécifiquement bourgeois. Un tel art ne serait pas universel, ne prendrait pas ses racines dans le sentiment national universel mais dans des considérations individuelles, sociales, limitées dans le temps et dans l'espace. Si l'art devait éveiller des instincts à tendance prolétarienne, il se servirait en somme des mêmes moyens que l'art religieux ou nationaliste. Aussi banal que cela paraisse, en vérité il revient au même de peindre une Armée rouge avec Trotsky à sa tête ou une armée impériale avec Napoléon à sa tête. Pour la valeur d'un tableau en tant qu'œuvre d'art, il n'y a pas lieu d'éveiller des instincts prolétariens ou des sentiments patriotiques. L'un comme l'autre sont, du point de vue de l'art, une escroquerie. L'art a pour seul devoir d'éveiller par ses propres moyens les forces créatrices de l'homme, son but est la maturité de l'homme, non pas du prolétaire ou du bourgeois. Seuls des talents limités sont amenés, par manque de culture et par étroitesse de vue, à produire de manière bornée quelque chose comme de l'art prolétarien (de la politique en peinture). L'artiste, lui, renonce au champ spécifique des organisations sociales. L'art que nous voulons, cet art n'est ni prolétarien ni bourgeois parce qu'il doit déployer des énergies assez fortes pour influer sur l'ensemble de la culture au lieu de se laisser influencer par les rapports sociaux. » Trad. Marc Dachy
    •    Tristan Tzara :
    ◦    « Dada reste dans le cadre européen des faiblesses, c'est tout de même de la merde, mais nous voulons dorénavant chier en couleurs diverses, pour orner le jardin zoologique de l'art de tous les drapeaux des consulats do do bong hiho aho hiho aho. », (Premier manifeste Dada).
    ◦    « Dada ne signifie rien. »
    ◦    « Dada est un microbe vierge. »
    ◦    En 1922, lors d'une conférence à Weimar et Iéna, il dit : « Dada met une douceur artificielle sur les choses, une neige de papillons sortis du crâne d'un prestidigitateur. »
    •    Plus tard, il dira :
    ◦    « Dada est la danse des impuissances de la création. »
    ◦    « Les débuts de dada n'étaient pas les débuts d'un art mais ceux d'un dégoût. »
    ◦    En 1963, il dit : « Dada n'était pas seulement l'absurde, pas seulement une blague, dada était l'expression d'une très forte douleur des adolescents, née pendant la guerre de 1914. Ce que nous voulions c'était faire table rase des valeurs en cours, mais, au profit, justement des valeurs humaines les plus hautes. »

//fr.wikipedia.org/wiki/Dada



26/12/2012
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