Alain YVER

Alain YVER

DAGUERRE

LOUIS DAGUERRE





//fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Daguerre

//etudesphotographiques.revues.org/index163.html

//vieilalbum.com/DaguerreotypesFR.htm

//etudesphotographiques.revues.org/index155.html

//membres.multimania.fr/histoiredesarts/dagguerreotype.html


VOIR L' ARTICLE SUR NICÉPHORE NIÈPCE SUR CE BLOG
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Louis Jacques Mandé Daguerre, plus connu en France sous le nom de Louis Daguerre, né le 18 novembre 1787 à Cormeilles-en-Parisis (Val-d'Oise), mort le 10 juillet 1851 à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne), est un artiste français considéré comme l'un des inventeurs de la photographie. Il est connu pour la mise au point du daguerréotype

Louis Daguerre fut d'abord peintre avant de se convertir au métier de décorateur de théâtre pour lequel il exécuta des tableaux remarquables (notamment les décorations d'Aladin et la lampe merveilleuse à l'Opéra). Il fut l'élève de Pierre Prévost et contribua à réaliser des panoramas. Il connut son premier succès grâce au Diorama, un spectacle conçu avec son associé Charles Marie Bouton en 1822. Ces très grandes toiles translucides peintes en trompe-l'œil et animées par des effets d'éclairage variés donnaient aux spectateurs une illusion de réalité. Selon l'éclairage la scène, représentée sur une toile de vingt-deux mètres sur quatorze, passait du jour à la nuit, changeait de climat, etc.
Le diorama de l'église de Bry-sur-Marne était peint de cette façon. Lors des sermons de Monsieur le curé, ses fidèles étaient parfois distraits de leur pieuse méditation lorsqu'un nuage passant devant le soleil modifiait l'éclairage de la scène peinte. Excédé par cette concurrence, le curé fit opacifier le revers de la toile.
Daguerre et Bouton utilisaient une chambre noire pour peindre ces immenses toiles de façon aussi réaliste que possible.

Daguerre fit la connaissance de Joseph Nicéphore Niépce, qui réalisa la première photographie en 1827, grâce à leur ingénieur-opticien commun Vincent Chevalier. Intéressé par ses recherches sur la capture des images, il contacta Niépce par courrier en 1826. Mondain, Daguerre impressionna l'inventeur chalonnais lors de leur première rencontre en Ils se mirent à correspondre. Niépce était très réticent à montrer les avancées de ses travaux « héliographiques », qui avaient débouché sur des premières images stabilisées. Cependant, l'entregent de Daguerre en matière de chambre noire conduisirent les deux hommes à signer un contrat d'association en 1829. Le but était d'améliorer le procédé de Niépce par les perfectionnements que Daguerre y apporterait.

À partir de 1829, Daguerre commença véritablement ses travaux en chimie en utilisant l'iode découverte par Bernard Courtois, comme agent sensibilisateur sur une plaque de cuivre recouverte d'une couche d'argent.

Après la mort de Niépce, en 1833, Daguerre décida de poursuivre les recherches sur les propriétés photochimiques de l'iode et découvrit, en 1835, que la vapeur de mercure agit comme révélateur de l'image. Avec le principe du développement de l'image latente, Daguerre avait trouvé le moyen de raccourcir le temps de pose, jusqu'alors de plusieurs heures, à quelques dizaines de minutes seulement. En 1837, il parvint à fixer ces images avec de l'eau chaude saturée de sel marin. Dès lors, le daguerréotype était né — sans que le nom de Niépce y soit associé.
L'atelier de l'artiste, Daguerréotype, 1837

Daguerre fit la démonstration de son invention à François Arago, homme politique et savant célèbre. Vivement intéressé, Arago perçut le potentiel du nouveau procédé et annonça officiellement cette découverte par une communication à l'Académie des sciences, le 7 janvier 1839. Durant l'été 1839, à l'instigation d'Arago, une loi fut votée par laquelle l'État français acquérait le nouveau procédé contre une pension annuelle de 6 000 francs à Daguerre et de 4 000 francs à Isidore Niépce, le fils de Nicéphore, qui avait succédé à son père dans l'association formée avec Daguerre. Le 19 août 1839, les détails techniques furent présentés devant les Académies des sciences et des Beaux-Arts.

L'engouement du public fut immédiat. Le daguerréotype se répandit rapidement dans toute la France, en Europe, puis dans le monde entier. Il connut un immense succès pendant une dizaine d'années, avant d'être détrôné par d'autres procédés. La commercialisation des chambres et du matériel nécessaire à ces images photographiques firent la fortune de Daguerre.

Il a publié :

    * Historique et description du daguerréotype et du diorama  en 1839
    * Nouveau moyen de préparer la couche sensible des plaques destinées à recevoir les images photographiques en 1844.

Le peintre Philippe Rondé fit partie de ses élèves.
Le nom de Louis Daguerre est inscrit sur la tour Eiffel.

En août 1880, une souscription publique est décidée pour élever un monument à la mémoire de Daguerre à Cormeilles-en-Parisis. La Société française des Archives photographiques, historiques et monumentales la prend en charge. Ce monument est inauguré trois ans plus tard, en août 1883, en présence d'un public nombreux.









L'invention de la Photographie.
La vérité sur Daguerre.

"Quiconque a réfléchi sur l'histoire des découvertes ne mettra pas en doute, cependant, que, si la photographie a obtenu l'immense succès que chaque jour augmente, c'est que Daguerre, qu'on oublie trop et envers qui l'ingratitude semble de mode, ne s'est pas contenté de produits imparfaits, qu'il ne s'est pas arrêté en route, et qu'il a montré du premier coup des épreuves d'un art irréprochable, devant lesquelles les plus délicats se sont inclinés." Jean-Baptiste Dumas. (1864)

"il me suffit d'avoir appelé votre intérêt, et votre équité, sur cette question de partage de droits entre Mr Daguerre et Mr Niépce. Je me fie en outre au sens droit et steady du public anglais; j'entends du public éclairé, qui ne porte pas une décision sans avoir entendu les plaidoyers contradictoires. Car, pour le puffing, il appartient de droit aux esprits médiocres de tous les pays." J B Biot à Talbot le 19 mars 1839.

Avant propos:

Au lieu d'observer les choses que nous voulions connaître, nous avons voulu les imaginer. De supposition fausse en supposition fausse, nous nous sommes égarés parmi une multitude d'erreurs; et ces erreurs étant devenues des préjugés, nous les avons prises par cette raison pour des principes: nous nous sommes donc égarés de plus en plus. Alors nous n'avons su raisonner que d'après les mauvaises habitudes que nous avions contractées. L'art d'abuser des mots sans les bien entendre a été pour nous l'art de raisonner......Quand les choses sont parvenues à ce point, quand les erreurs se sont ainsi accumulées, il n'y a qu'un moyen de remettre l'ordre dans la faculté de penser; c'est d'oublier tout ce que nous avons appris, de reprendre nos idées à leur origine, d'en suivre la génération , et de refaire, comme dit Bacon, l'entendement humain.

L'origine des connaissances.

L'Abbé de Condillac

The origin of knowledge.

Instead of observing things we wanted to know about, we tried to imagine them. From false assumption to false assumption, we got lost into a multitude of mistakes; and as these errors became prejudices, we assumed they were principles, thus we erred more and more. Then we could only reason through those bad habits we had acquired. The art of misusing words we didn't really understand became our way of reasoning... When things have reached that point, when errors have been piling up, the only way to reorder our ability to think is to forget all that we have learned, to go back to the origin of our ideas, to follow their generation and to recreate, according to Bacon's words, human understanding.

//www.niepce-daguerre.com/









Le daguerréotype est le premier procédé photographique qui fit l'objet d'une véritable exploitation commerciale.

Historique

Technique


Le support est constitué par une plaque d'argent ou plus communément de cuivre argenté soigneusement polie jusqu'à prendre l'aspect d'un miroir. Cette plaque est ensuite sensibilisée par un séjour dans la vapeur d'iode, ce qui provoque la formation d'une couche superficielle d'iodure d'argent sensible à la lumière. Il faut alors l'utiliser rapidement.

Après une longue insolation (pouvant aller de quelques minutes à plusieurs heures), le développement de l'image est réalisé par une exposition à la vapeur de mercure qui provoque la formation d'un dépôt blanchâtre d'amalgame dans les zones insolées. Contrairement à ce qui se passe avec la photographie argentique conventionnelle, ce dépôt est clair et l'image est a priori directement positive.

Pour éviter le noircissement général de la plaque il faut éliminer l'iodure non insolé qui recouvre encore la surface d'argent. Un trempage rapide dans une solution très diluée de thiosulfate de sodium (hyposulfite) ou plus simplement de chlorure de sodium (sel de cuisine) assure cette élimination.

Il faut également protéger la plaque de l'oxydation par l'oxygène de l'air et plus encore de sa sulfuration par le sulfure d'hydrogène H2S (hydrogène sulfuré) souvent présent à l'état de traces dans l'atmosphère. C'est pourquoi les daguerréotypes doivent toujours être présentés sous une vitre, dans un montage scellé qui interdit toute pénétration de gaz. Lorsque ce montage est bien réalisé, l'image daguerréotypique, a priori extrêmement fragile, peut se conserver de façon quasi illimitée.
[modifier] Conditions d'observation

Les daguerréotypes peuvent être vus comme des négatifs ou des positifs, selon les conditions d'observation. Pour expliquer de façon relativement simple cet effet a priori paradoxal, il faut se souvenir que le support de l'image est en fait un miroir qui renvoie de façon spéculaire la lumière qu'il reçoit. Si ce miroir est placé en face d'un fond clair, il renverra directement du blanc ; s'il est placé en face d'un fond noir, il paraîtra au contraire très sombre.

Le dépôt d'amalgame d'argent est en fait plus ou moins gris et son aspect mat est dû au fait qu'il diffuse davantage de lumière qu'il n'en réfléchit. Il en résulte que si le daguerréotype est placé de façon à renvoyer la lumière d'un fond clair, l'image apparaît en gris sur fond blanc et prend donc l'aspect d'un négatif peu contrasté ; dans le cas contraire, les zones qui ont reçu la lumière apparaissent en gris clair sur un fond sombre et l'image apparaît en positif. Ce phénomène est du même ordre que l'effet Callier bien connu dans le cas des négatifs argentiques classiques.









Actualités de la Recherche en histoire visuelle

Le daguerréotype, première expérience open source
Par André Gunthert, vendredi 15 décembre 2006



Le récit des grandes conquêtes techniques du XIXe siècle s'est longtemps conformé au modèle des découvertes scientifiques. Grâce à François Arago, la photographie a fourni dès 1839 l'un des premiers exemples de ce schéma valorisant. Mais celui-ci impliquait une contrainte: la disparition de toute forme d'intéressement personnel, la dissimulation des potentialités commerciales, l'effacement de la dimension économique. Dans la France post-révolutionnaire, comme le progrès politique, le progrès technique n'était ni une affaire industrielle ni une affaire commerciale, mais une valeur universelle, une res publica qui devait appartenir à tous. C'est en raison de ce statut honorifique que l'historiographie spécialisée, élaborée dès les années 1850, va constamment et systématiquement ignorer les aspects économiques de la pratique photographique. Aujourd'hui encore, les travaux en la matière représentent le parent pauvre de la recherche, loin derrière ceux analysant les multiples facettes de l'économie du cinéma, ce qui contribue à conserver aujourd'hui à l'histoire de la photographie un aspect anachronique.

Pourtant, la question économique joue un rôle crucial dans la constitution de l'histoire du médium au XIXe siècle. Non seulement parce que la photographie, avant de devenir un art, sera d'abord un commerce puis une industrie, mais aussi parce que la définition de la photographie sous les traits de la science aura une influence décisive sur la façon qu'auront ses acteurs d'évaluer leurs mérites respectifs. Des pionniers comme Daguerre, Talbot ou Disdéri verront leur étoile pâlir à partir du moment où leur intervention aura été perçue comme entachée par l'appât du gain, par l'absence de ce noble désintéressement qui devait être la marque des innovateurs en matière photographique. De cette même détermination provient l'essor de la figure des amateurs et la légende de leur rôle décisif dans les progrès du médium.

L'affrontement de deux modèles
Co-inventeur de la photographie, avec son associé Nicéphore Niépce, Louis Daguerre va être le premier personnage de l'histoire du médium auquel s'applique la malédiction économique. Dans son pamphlet de 1841, La Vérité sur la découverte improprement appelée daguerréotype, le fils du pionnier chalonnais, Isidore Niépce, dépeint le directeur du Diorama comme cet entrepreneur âpre au gain venu spolier son père de la juste reconnaissance de ses droits à l'invention. La fable opposant le désintéressement provincial de l'inventeur pauvre et modeste et la cupidité parisienne du commerçant riche et arrogant marquera si bien les esprits qu'aujourd'hui encore, certains doutent qu'il y ait bien eu un apport positif de la part de Daguerre. Cette description est pourtant à l'opposé de l'équilibre réel des intérêts en jeu. C'est précisément à cause l'activité du diorama que les travaux photographiques restent pour Daguerre un passe-temps à peu près dégagé de la contrainte d'un retour sur investissement, alors que la mauvaise situation financière de la famille Niépce font de l'exploitation de l'invention une ressource attendue avec impatience du côté de Chalon. La mauvaise foi d'Isidore est d'autant plus coupable qu'il est probablement à l'origine de l'exception économique qui s'applique au lancement public de la photographie. D'après les lettres qui nous ont été conservées, Daguerre, conscient de la valeur de la découverte, ne s'attend pas à ce qu'elle puisse être immédiatement rentable. C'est par respect pour le contrat qu'il a signé avec Nicéphore – puis reconduit avec Isidore –, et compte tenu de la ruine de la famille Niépce, que Daguerre passe l'année 1838 à tenter de mettre au point une solution économiquement viable de commercialisation de l'invention. Devant l'échec de sa proposition de souscription, Arago suggère la formule d'un rachat par l'Etat, sous la forme d'une récompense nationale: une rente également répartie entre les deux associés (une part supplémentaire étant comptée à Daguerre pour la cession des procédés du diorama).

En faisant entrer le premier procédé photographique dans le domaine public, la formule proposée par Arago s'avère d'une grande intelligence technique, puisqu'elle permet et favorise un processus de perfectionnement qui aurait été ralenti par la protection du brevet. Cette situation particulière confère à l'histoire technologique de la photographie un dynamisme remarquable. Le recours au brevet de la part du pionnier anglais William Henry Fox Talbot pour commercialiser son procédé sur papier, le calotype, à partir de 1841, inaugure un clivage entre Paris et Londres qui mérite d'être questionné au-delà des propriétés respectives des deux technologies. Nous nous trouvons ici devant une situation d'expérimentation économique grandeur nature, dont on n'a pas suffisamment souligné le caractère exceptionnel. Or cette expérience opposant, cent-cinquante ans avant l'apparition des logiciels open source, la commercialisation classique au système du domaine public, permet de trancher sans hésitation en faveur du second. Ce sont les spécialistes anglais qui en dressent le constat dès la fin des années 1840: alors que la pratique photographique a été encouragée en France, elle a été freinée en Angleterre. En 1851, année de la première exposition universelle au Crystal Palace de Londres, qui donne l'occasion de confronter les productions photographiques nationales, les commentateurs britanniques soulignent le «retard» anglais, tant sur le plan du développement technique, du nombre de praticiens, que sur celui des résultats obtenus.

Le triomphe du modèle du développement public
Cette prise de conscience constitue l'une des principales impulsions qui débouchera sur la fondation de la Photographic Society (future Royal Photographic Society), en 1853. Créée pour soutenir la pratique amateur bridée par les brevets commerciaux, elle s'inspire du modèle de la Royal Geographical Society pour son organisation et ses principes: ceux d'une véritable société savante, qui imposent notamment la communication en public des découvertes ou des perfectionnements, leur discussion et leur publication dans le bulletin de l'association. Inauguré de l'autre côté de la Manche dès 1851 par la Société héliographique, quoique de façon éphémère et bien moins formalisée, ce type de fonctionnement se situe à l'opposé des règles économiques en matière technologique, qui reposent au contraire sur la notion de propriété de l'innovation, dont le secret est le seul garant d'une possible rentabilité commerciale. En emboîtant le pas en 1855 de son homologue britannique, la Société française de photographie entérine à son tour le modèle de la société savante, qui restera jusqu'à la fin du XIXe siècle le principal outil de gestion de l'innovation photographique.

La création des sociétés photographiques, au milieu du XIXe siècle, correspond à un tournant dans l'histoire du médium. Elle favorise l'essor d'une dynamique de progrès technique indépendante d'un contexte de rentabilité industrielle et témoigne d'une attente sociale précise. Pas plus la vapeur que l'électricité, autres technologies contemporaines, n'ont engendré de sociabilité vouée de façon désintéressée à leur développement. Dès cette époque, la maîtrise des grands secteurs technologiques échoit à l'industrie privée ou publique, seule à même de supporter les investissements nécessaires à leur déploiement. Quelques domaines ont cependant suscité un engouement collectif comparable à celui du champ photographique: celui de la radio-amateur, au début du XXe siècle, ou plus récemment celui de la programmation libre en micro-informatique et sur internet. Ces exemples ont en commun de ne nécessiter qu'une mise de fonds modeste, compatible avec une pratique privée, mais se caractérisent aussi par un fort potentiel de développement et une grande attractivité, issue de la gamme d'applications qu'ils autorisent. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, ce n'est pas l'industrie, faible et peu développée, mais bien les associations qui dictent à la photographie l'essentiel de sa dynamique et de ses orientations.

Appliqué au petit commerce de la photographie, le décalque du modèle savant modifie les habitudes, incite à la libre communication des découvertes de préférence à la prise de brevet, impose le partage plutôt que le secret. Nous le savons aujourd'hui: le lent polissage d'une technologie, les processus de rodage et de mise au point des innombrables détails d'une technique à maturité dépendent d'un investissement collectif dont aucun contemporain de Daguerre n'avait encore idée. En empruntant à la science ses méthodes d'expertise publique, les photographes du XIXe siècle ont adopté sans le savoir le meilleur principe de perfectionnement possible pour l'époque.

Compte rendu du séminaire "Problèmes d'histoire visuelle", séance du 14/12/2006.

Bibliographie

    * Quentin Bajac, Dominique de Font-Réaulx (dir.), Le Daguerréotype français. Un objet photographique (cat. exp.), Paris, musée d'Orsay/RMN, 2003.
    * François Brunet, La Naissance de l'idée de photographie, Paris, Puf, 2000.
    * Helmut & Alison Gernsheim, L. J. M. Daguerre. The History of the Diorama and the Daguerreotype, New York, Dover Publications, 1968 (2e éd.).
    * Anne McCauley, "Arago, l'invention de la photographie et le politique", Etudes photographiques, n° 2, mai 1997, p. 6-43.
    * Rupert Derek Wood, "A State Pension for L. J. M. Daguerre", Annals of Science, v. 54, n° 5, septembre 1997, p. 489-506 (en ligne: //www.midleykent...).










Trois hommes au berceau de la photographie

Le 19 août 1839, François Arago, illustre savant et homme politique en vue, déclare devant les Académies des sciences et des beaux-arts que l'État français a acheté le daguerréotype, une invention de Louis Daguerre à l'origine de la photographie, afin d'«en doter libéralement le monde entier» !

le premier daguerreotype boulevard du temple



Comme il est arrivé bien souvent au temps de leur grandeur, Français et Anglo-Saxons se sont disputé la paternité de cette invention considérable, la photographie.

Celle-ci est au croisement de plusieurs techniques : la «chambre noire», dont les propriétés ont été identifiées dès l'Antiquité, et la fixation des couleurs sur papier par voie chimique. Les Anglais soulignent que les premiers résultats dans ce domaine sont obtenus vers 1800 par l'un des leurs, Thomas Wegwood, fils d'un potier réputé. Il a l'idée d'enregistrer une image produite par une «chambre noire» de son père sur une feuille de papier imprégnée de chlorure d'argent, une substance photo-sensible. Mais il meurt en 1805 avant d'avoir obtenu des résultats satisfaisants...

La solution vient avec Nicéphore Niépce, un Français né à Chalon-sur-Saône le 7 mars 1765 et passionné par la lithographie (impression sur pierre). Il reprend l'idée d'imprégner une plaque d'impression métallique avec du chlorure d'argent mais, pour fixer l'image durablement, ajoute une couche de vernis également photo-sensible à base de bitume de Judée (une sorte d'asphalte).

Dès 1822, il produit de premières «héliographies» qui ont la vertu de ne pas s'effacer au bout de quelques minutes mais c'est en 1826 ou 1827 qu'après avoir exposé une plaque d'étain poli pendant huit heures, il produit la première photo digne de ce nom : une vue (très floue) de la fenêtre de sa maison de Saint-Loup de Varennes.

Vu le temps d'exposition, le procédé n'est pas prêt pour la photographie instantanée mais Niépce n'en a cure : il s'intéresse avant tout à la lithographie.

Là-dessus, voilà que l'inventeur modeste de Chalon-sur-Saône entre en relation, par l'intermédiaire de son opticien, avec un fantasque décorateur de théâtre parisien, Jacques Daguerre.

De vingt-deux ans plus jeune, celui-ci utilise habilement les ressources de la chambre noire dans ses arrangements théâtraux. Il perçoit tout l'intérêt commercial du procédé de fixation des images de Niépce et le convainc de signer un contrat d'association en 1829. Voilà réunies les deux techniques à la base de la photographie !

La mort de Niépce, en 1833, ne met pas fin à l'aventure dont le rythme va même s'accélérer : Daguerre réussit avec des produits ad hoc à ramener les temps de pose à quelques minutes et conçoit en 1837 un appareil de prise de vues qu'il baptise avec modestie «daguerréotype».

Comme il manque d'argent mais pas d'entregent, il convainc l'astronome François Arago (53 ans) de soutenir son projet. Celui-ci s'empresse de jouer de son influence pour pousser l'État à se rendre acquéreur de l'invention puis à «en doter libéralement le monde entier», lors de la séance historique du 19 août 1839.

La France du «roi-bourgeois» Louis-Philippe 1er prend ainsi de vitesse l'Angleterre de Fox Talbot (1800-1877). Ce dernier, qui était en concurrence avec Niépce, mettra toutefois au point un procédé permettant de multiplier les épreuves positives à partir d'un négatif.

Le succès du daguerréotype est immédiat et phénoménal. Sans cesse amélioré, avec désormais un temps de pose de quelques secondes, il prend vite la place des portraits en miniature dans les salons des familles bourgeoises. -



03/12/2010
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