Alain YVER

Alain YVER

DANIEL DARC

DANIEL DARC







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Daniel Darc, pas si noir
Publié le 05.04.2012

« Ce matin, je me suis surpris. En sortant de chez moi, il y avait du soleil et j'ai trouvé ça bien. » Il commence à faire beau dans la vie de Daniel Darc, mythique rockeur revenu de tout, de la gloire, de l'anonymat, de l'enfer de la drogue aussi. Ce soir, il est en concert au Trianon, dans la foulée de son magnifique album « la Taille de mon âme ». Une prestation qui sera sans doute, comme souvent, en équilibre instable.

« J'aime la scène mais j'ai super peur. Sauf que maintenant je ne dégueule plus avant d'y aller. » Pourtant, rien ne semble pouvoir lui arriver, après trente ans de carrière et quelques prestations aussi historiques que chaotiques, à l'époque où il était chanteur du légendaire Taxi Girl.
En première partie des Talking Heads, fin 1979, Darc s'était ouvert les veines pour faire réagir le public. Ses poignets portent les stigmates de cette folle soirée, son corps de tout le reste. « J'ai 52 ans, j'ai une hépatite C dormante. J'ai dépassé la moitié de ma vie et c'est cool. Ça m'étonne. Ceux qui vivaient comme moi sont presque tous morts. »
A 25 ans, il ne pensait pas au lendemain. « Cela me plaisait d'être défoncé. Cela faisait partie du rock, je n'avais pas d'excuses. j'étais pas malheureux mais timide, je voulais toucher au glauque. »
Taxi Girl avait du succès avec « Cherchez le garçon », figurait dans le hit-parade, alors que ses musiciens perdaient pied. « Tout passait dans la dope. Je venais d'une famille modeste et soudain j'avais beaucoup d'argent, je dépensais n'importe comment. La popularité m'a fait faire des conneries. Il suffisait que l'on me dise d'être sobre pour que je fasse une overdose dans les loges. Et puis ça me faisait chier de passer dans les émissions de Karen Cheryl, déguisé en Astérix. »
Son pote Mirwais, le guitariste du groupe, a ensuite fait fortune en collaborant avec Madonna. Darc a vécu comme il pouvait. « Je n'ai pas beaucoup d'argent, mais ça va. Un moment j'étais dans un appartement loué à un tout petit prix par les Narcotiques anonymes. En échange, je devais aller voir un psy et il y a un mec qui passait chaque semaine pour voir si mes cuillères n'étaient pas tachées par la drogue. Maintenant, ma tante m'a filé un appartement. Et ma femme en a un aussi. » Car le musicien est amoureux. « Elle a douze ans de moins que moi et pour elle, je suis Daniel, pas Daniel Darc. Elle s'en fout de Taxi Girl. J'avais besoin de dédramatiser tout ça pour que Darc ne soit pas trop dark. Et je me sens plutôt bien. »

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Icône du rock français, Daniel Darc a "foutu l'camp"
publié le 28/02/2013  JEFF PACHOUD / AFP)

"D'un ventre épais, j'ai foutu l'camp / Un ange déçu, ange de néon / Un ange de plus, ange de néon", chantait Daniel Darc en 2011. L'artiste est mort, jeudi 28 février, dans un appartement du 11e arrondissement de Paris à l'âge de 53 ans. Contactée par francetv info, Sony Music, sa maison de disques, a confirmé l'information révélée par Le Parisien.
Icône torturée du rock et de la new-wave française, l'ancien chanteur du groupe Taxi Girl serait mort d'une surdose d'alcool et de médicaments, selon une source proche de l'enquête. Une autopsie devrait être effectuée durant le week-end.
Révélé avec Taxi Girl
Né en 1959 à Paris, Daniel Darc rejoint Taxi Girl en 1978, alors qu'il est élève au lycée Balzac. Avec ce groupe, il connaît deux ans plus tard son plus grand succès, la chanson Cherchez le garçon. "Ecoulé à 300 000 exemplaires, le single sera l'hymne de l'année 1980", rappelle Libération.L'histoire de Taxi Girl, groupe dans lequel a aussi débuté le futur collaborateur de Madonna Mirwais Stass, annonce déjà son rapport avec les addictions. En 1981, le batteur Pierre Wolfsohn succombe à une overdose. Le groupe éclate cinq ans plus tard. Il n'empêche. Avec l'ambigu Cherchez le garçon et son unique album, Taxi Girl s'est imposé comme un des fers de lance de la new-wave à la française, apportant une nouvelle esthétique au rock hexagonal.
Prisonnier de démons
Très influencé par le mouvement punk, Daniel Darc fait du rock un mode de vie. Amoureux de Johnny Cash, Elvis Presley, John Coltrane et James Dean, il était passionné d'arts martiaux, fasciné par Berlin et le Japon. Et pouvait se montrer extrême : en 1979, en première partie du groupe Talking Heads, il n'hésite pas à se trancher les veines sur scène.
Visage racé, silhouette voûtée et bras entièrement recouverts de tatouages, le chanteur a emprunté des chemins tortueux.
Mort dans sa 54e année, "dont vingt de toxicomanie", Daniel Darc a connu un parcours de galère, d'abus de drogue et d'alcool qui ont abîmé sa santé, rappelle  Libération. "Endocardite, staphylocoque doré, pleurésie, septicémie, hépatite, dos cabossé par une chute de moto puis d'une mezzanine...", égrène le quotidien, vendredi.
Le temps du retour et du succès
En 1987, il sort Sous influence divine, réalisé avec une autre figure de la new-wave, Jacno, puis Parce que, en 1988. Longtemps considéré comme un pestiféré par l'industrie du disque, il signe en 2004 un retour foudroyant avec Crève Cœur. L'album est vendu à 60 000 exemplaires et lui vaut, à 45 ans, une Victoire de la musique de l'album révélation de l'année, en 2005.
"Sans le punk et l'écriture, je serais forcément mort ou en prison, parce que rien d'autre ne m'intéresse. Il n'y a qu'avec ça que j'arrive à me débarrasser un peu de tout ce qui me fait chier", confie-t-il alors. Il entretient toujours sa relation avec le drogue : "Quand les gens disent 'problèmes de drogue', je dis 'solutions de drogue'. Sans les drogues, je serais mort depuis longtemps, j'aurais pas pu supporter tout ce qui se passe."
Sa conversion au protestantisme
Cependant, pour tenter de rompre avec ses années d'excès, le chanteur d'origine juive s'était converti au protestantisme. Sa ferveur, qu'il évoquait souvent pendant ses concerts ou en interviews, imprègne ses derniers disques Amours suprêmes (2007) et La Taille de mon âme (2011). Deux albums salués par la critique, sans pour autant connaître le succès de Crève Cœur. Il apparaît même au Collège des Bernardins, à Paris, en décembre 2011, où il mêle musique et spiritualité.
 "J'aime la scène mais j'ai super peur, confiait-il en 2012 au Parisien. Sauf que maintenant, je ne dégueule plus avant d'y aller." Il était encore sur scène au printemps dernier, notamment au Printemps de Bourges. Il devait se produire en mars à Chaumont et Ajaccio. "Quand je mourrai, j'irai au paradis / C'est en enfer que j'ai passé ma vie", chantait-il en 2007.
Francetv info





Daniel Darc, la carrière d'un ange cabossé
Par Laurène Daycard
Publié le 01/03/2013

Depuis Pars sans te retourner, en 1984, jusqu'à J'irai au Paradis en 2008, le parolier choisissait des titres ravageurs. Crédits photo : Abaca/Moreau Lionel/ABACA
VIDÉOS - L'ancien leader de Taxi girl est décédé le 28 février à l'âge de 53 ans. Le retour en images sur le parcours d'un écorché vif.

Le talent ne l'a pas protégé de de la mort. Daniel Darc avait pourtant troqué son goût de l'héroïne pour une foi indéfectibleil y a quelques années. Il avait alors retrouvé le chemin de la scène et même celui de l'amour. Cela n'a pas suffit. Il s'est éteint hier dans son appartement.
Taxi girl, un «jeune garçon moderne»
Sans forcément l'avoir désiré, Daniel Rozum rencontre le succès à 19 ans. À l'époque, en 1978, il est le meneur charismatique de Taxi girl . Ce groupe de new wave s'inscrit alors dans la tendance des «jeunes gens modernes» qui anime la scène parisienne avec d'autres bandes comme Marquis de Sade ou Elli et Jacno. Darc a l'âme d'un rockeur mais il devient pourtant une égérie électro-pop. Avec 300.000 exemplaires écoulés, Cherchez le garçon devient leur grand tube en 1980. À l'occasion d'un concert sur la scène du Palace, Antoine de Caunes les présente alors comme «un jeune groupe français à la puissance nerveuse mais néanmoins contenue.»
Son héroïne à lui
Le public prend pleinement conscience de la face sombre des Taxi girl en 1981 lorsque le batteur du groupe, Pierre Wolfsohn, succombe à une overdose. La force autodestructrice du chanteur se manifeste dès 1979 lorsqu'il se taillade les veines sur scène pendant la première partie de Talking heads. Des années plus tard, invité chez Ardisson, Daniel Darc reconnaît que la drogue a tué le groupe. En 1986, les garçons se séparent en effet. Darc se lance alors en solo. Sa notoriété décroît. Ce qui n'est pas le cas de sa consommation journalière de drogue dure. Ironiquement, il lance au cours de la même émission télévisée: «J'entendais Guillaume Depardieu qui avait fait six overdoses, moi j'ai dû faire ça en six mois.» La drogue l'aide alors à affronter son mal être: «Je pensais être timide, mais quelqu'un m'a récemment dit que j'étais phobique social.»

La résurrection de Crèvecœur

En 2004, le chanteur revient donc de très loin. La drogue, l'alcool, mais aussi la rue. Écorché vif, sa voix n'en est que plus émouvante. Son nouvel album, Crèvecœur , est applaudi par la critique. On le surnomme alors «l'ange cabossé» du rock français. Il renaît enfin aux yeux du public. Il confie alors à France 3 se sentir enfin apaisé. «J'ai du goût à la vie. Sans ça, encore une fois, ça ferait longtemps que je me serai foutu en l'air», explique-t-il. Quatre ans plus tard, pour la sortie d'Amours suprêmes, il avoue avoir trouvé l'amour. Elle s'appelle Sophie. Le prénom de la sagesse...
«Quand je mourrai, j'irai au Paradis»
Il apparaît agenouillé à l'abri d'une église sur la pochette de son dernier album. Lui qui était né dans une famille de déportés juifs s'était converti au protestantisme en 1997. Le parolier affirmait lire la Bible tous les jours. Ce cheminement spirituel résonne aujourd'hui étrangement. Surtout lorsqu'on l'écoute chanter: «Quand je mourrai, j'irai au Paradis. Car c'est en enfer que j'ai passé ma vie.»

//www.lefigaro.fr/musique/2013/03/01/03006-20130301ARTFIG00532-daniel-darc-la-carriere-d-un-ange-cabosse.php











Daniel Darc: «Je ne fais pas du rock chrétien»
Par Pierre De Boishue, Olivier Nuc

L'ex-membre de Taxi Girl, qui a récemment publié La taille de mon âme, est le nouvel invité du Live.

Daniel Darc - C'est moi le printemps

Très zen, Daniel Darc! Invité du nouveau numéro du Live-Le Figaro, le chanteur affiche sa sérénité. Sur tous les plans. «Ca se passe bien. Je suis amoureux. Je suis débarrassé de plein de démons et de trucs qui m'obsédaient. Je crois que je n'ai jamais été aussi bien que maintenant.». En effet, cela n'a pas toujours été le cas. Depuis ses débuts avec Taxi Girl, en 1978, l'homme n'a jamais manqué de jouer avec le feu. D'où cette image d'écorché vif qu'il conserve auprès du public.
D'une certaine façon, il comprend cette attitude à son égard. «C'est peut-être dû au fait de m'être tranché les veines à un moment donné sur scène, indique le talentueux musicien. Or, c'était vraiment pour me marrer. Je ne voulais pas mourir du tout. C'est peut-être dû aussi au fait d'avoir connu pas mal d'overdoses. C'est ce genre de choses qui me collent à la peau». Et d'ajouter avec malice: «C'est comme Iggy Pop! Il fait maintenant la pub des Galeries Lafayette. Je ne demande pas mieux que de faire celle du Printemps!».
Dans le même registre, il glisse: «Dans les interviews que j'avais faites pour l'album d'avant, j'avais l'impression que les journalistes s'attendaient à voir un mec qui allait presque se suicider devant eux, alors que je suis plutôt marrant». Durant l'entretien, Daniel Darc a commenté sa conversion au protestantisme en décrivant l'influence de la religion dans son travail de composition. «Je me suis rendu compte à quel point je parlais de Dieu.» Une précision, néanmoins: «Je ne fais pas du rock chrétien», insiste-t-il. Et cela lui réussit. L'artiste est récemment revenu avec un album dense, plébiscité par ses fans et applaudi par la critique. Avec La Taille de mon Ame, Daniel Darc démontre qu'il n'a rien perdu de sa fulgurante inspiration.
«J'écris tous les jours des textes, mais c'est plus un entraînement qu'autre chose, parce que je ne m'en sers jamais. Là, sur La taille de mon Ame, ça été pratiquement improvisé en studio.» Un disque dont il compte régulièrement jouer les morceaux avec un violoncelliste et un pianiste. Son but? Mieux faire ressortir ses textes. L'émotion n'en sera que plus grande pour ses nombreux admirateurs.

//www.lefigaro.fr/le-live/2012/01/13/03018-20120113ARTFIG00571-daniel-darc-je-ne-fais-pas-du-rock-chretien.php






Daniel Darc, un chanteur d'enfer est mort
Par Olivier Nuc Publié le 28/02/2013

Daniel Darc avait tellement flirté avec la mort toute sa vie qu'il aura sans doute fini par ne plus la redouter. Ces dernières semaines encore, il débordait de projets. Lorsqu'on avait partagé quelques moments avec lui, lors du premier concert donné par Christophe au Théâtre Marigny le 28 janvier dernier, le chanteur nous confiait, avec excitation, avoir commencé à rédiger une autobiographie, en compagnie du journaliste et auteur Bertrand Dicale.
Cet amoureux des mots, à la grande culture littéraire, se délectait de l'exercice. Il avait aussi commencé à travailler sur de nouvelles chansons, collaborant avec le compositeur Manou, complice des albums de la chanteuse Berry, pour laquelle il avait rédigé un texte de l'album Les Passagers, l'an passé. Samedi 23 février, il était monté sur la scène de la Gaîté Lyrique, à Paris, pour rejoindre Bertrand Burgalat. Ce fut sa dernière apparition publique. «Il a joué de l'harmonica et improvisé sur mon instrumental Aux Cyclades Électroniques, se souvient le compositeur. Il était très en forme, je l'ai trouvé bien plus solide que lorsque je l'ai connu il y a une vingtaine d'années. Il voulait qu'on refasse des choses ensemble.» Dernièrement, Daniel Darc avait participé au show télévisé de Burgalat, «L'Année bisexuelle», diffusé sur Paris Première. «On a fait une parodie de Daft Punk, qu'on a appelée Darc Punk», raconte le musicien. Daniel Darc avait livré un dernier disque studio en 2011, La Taille de mon âme.

Né Daniel Rozoum à Paris en 1959, il avait été de l'aventure punk dès l'adolescence. La new wave française lui doit un standard, sorti en 1980: Cherchez le garçon, avec le groupe Taxi Girl, formé avec Mirwais et Laurent Sinclair. Quelques mois avant la sortie du quarante-cinq tours à succès, il avait fait sensation en s'ouvrant les veines sur scène en première partie d'un concert donné au Palace par les Talking Heads. Daniel Darc a consacré les années suivantes à s'autodétruire avec une grande application. Un long flirt avec l'héroïne avait laissé sa carrière en lambeaux et sacrifié l'avenir d'un groupe qui aurait pu devenir aussi populaire qu'Indochine. «J'aurais aimé qu'il y ait moins de trous dans sa carrière», confie Frédéric Lo. Ancien fan du groupe, le musicien a orchestré le grand retour de Daniel Darc il y a une dizaine d'années. Leur collaboration avait commencé autour de l'écriture d'un texte pour la chanteuse Dani, Rouge rose. Les deux voisins d'immeuble avaient ensuite confectionné Crève-Cœur, un chef-d'œuvre qui a permis à Darc de revenir au premier plan, en 2004. «Ce disque a changé nos vies respectives, se remémore Lo. J'ai adoré bosser avec lui. On a dû faire une cinquantaine de titres en tout. Récemment, on parlait de recommencer à travailler ensemble.» Amours suprêmes, composé par Lo et publié en 2008, avait moins séduit la critique, malgré les participations de Robert Wyatt et Alain Bashung.
Une pudeur désarmante
En 2009, Daniel Darc avait participé à l'album et à la tournée donnée à l'occasion des 50 ans de la mort de Boris Vian, un de ses auteurs préférés. Il avait composé une musique sur un texte inédit de l'auteur, Pas pour moi, qui semblait taillé pour lui. Lors de la séance d'enregistrement, aux mythiques studios Ferber, sur les hauteurs du XXe, il avait eu la surprise de trouver Patrick Vian, fils de Boris, venu écouter les prises du disque. Pour un homme aussi anxieux que Daniel Darc, cela aurait pu aboutir à une crise de trac carabinée. Il a pourtant chanté et joué de l'harmonica ce jour-là avec la grâce et l'élégance qu'il mettait dans chacun de ses projets. En tournée, il s'excusait chaque fois d'avoir oublié certains mots de Vian. La pudeur de cet homme était désarmante. Son humilité et sa générosité aussi.
Né dans une famille de Juifs déportés, il s'était converti au protestantisme, mais rejetait l'étiquette de chanteur chrétien. Il avait récité le Psaume 23 de la Bible sur son album Crève-Cœur, en 2004. Et son apparition au Collège des Bernardins, en décembre 2011, avait certainement constitué l'apogée de sa carrière scénique. Revenu des ténèbres, il avait écrit: «Quand je mourrai, j'irai au paradis/Car c'est en enfer que j'ai passé ma vie.»

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Le destin de cette icône du rock français des eighties a toujours oscillé entre lumière et autodestruction.


Malgré les excès, de belles rencontres permirent à Daniel Darc de livrer son âme et ses démons dans ses chansons, devenant une référence pour toute une génération de chanteurs.
Daniel Rozoum, dit Daniel Darc, naît le 20 mai 1959 à Paris. En 1976, il reçoit, grâce au groupe punk anglais The Sex Pistols, un choc musical qui va complètement bouleverser sa vie. En 1978, alors qu'il est au lycée Balzac à Paris, il rejoint le groupe Taxi Girl, fondé par quatre amis : Mirwais Stass (guitares), Laurent Sinclair (claviers), Stéphane Erard (bassiste) et Pierre Wolfsohn (batteur).
Très influencé par le rock littéraire américain de Patti Smith et par l'attitude provocatrice des punks et d'Iggy Pop, Daniel Darc se lance à corps perdu dans cette aventure artistique et humaine qui durera huit ans.Inédite en France, la musique de Taxi Girl doit autant au rock urbain et noir du Velvet Underground qu'à la musique électronique de Kraftwerk. Grâce à ses prestations musicales sur le fil et à l'attitude jusqu'au-boutiste de son chanteur (il s'ouvre les veines sur scène en première partie d'un concert de Talking Heads en novembre 1979), Taxi Girl acquiert très vite une réputation sulfureuse qui fait hésiter les maisons de disques.
C'est finalement avec EMI qu'ils enregistrent en 1980 un premier simple "Mannequin" suivi par un deuxième "Cherchez le garçon". Cette chanson froide, synthétique mais dansante, va connaître un immense succès dans l'Hexagone avec plus de 300.000 exemplaires vendus et impose le style Taxi Girl marqué par la voix blanche de Daniel Darc et des synthés, très influencés par ceux de The Doors. Tout arrive très vite pour eux mais, trop de bruit, de concerts et de drogues n'aident pas les membres de Taxi Girl à lutter avec leurs démons intérieurs. Le bassiste Stéphane Erard décide de quitter le groupe et quelque mois plus tard, en juillet 1981, le batteur, Pierre Wolfsohn meurt d'une overdose de cocaïne.
En 1982, Taxi Girl sort son premier véritable album "Seppuku", produit par le bassiste des Stranglers Jean-Jacques Burnel. Pour l'occasion, Daniel Darc s'est inventé un double, Viviane Vog, pour signer une partie de ses textes plutôt morbides (meurtres, dépression, suicides…)
Malgré des bonnes critiques et des prestations scéniques impressionnantes (le Casino de Paris en 1982 et une tournée française avec Indochine en première partie), les ventes ne suivent pas et en avril 1983, Laurent Sinclair abandonne le trio. Taxi Girl publie en mai 1983 un mini-album "Quelqu'un comme toi" et quelques simples jusqu'en 1986 mais le duo ne retrouve pas le succès de ses débuts et se sépare, épuisé.
Darc en solo
Seul, Daniel Darc a du mal à surmonter ses problèmes de dépendance à l'alcool et à la drogue mais la vie va mettre sur son chemin quelques bonnes fées. La première s'appelle Jacno avec lequel il va réaliser son premier album solo, "Sous Influence Divine" qui sort en 1987 : huit titres qui tournent autour du thème de l'amour impossible. Moins provocateurs, ses textes gagnent en poésie et en mélancolie mais l'album ne touche que les aficionados et le grand public passe à côté malgré une reprise de Françoise Hardy, "Comment te dire adieu".  
En 1988, nouvelle rencontre, celle d'Etienne Daho qui produit "La Ville", une chanson plus apaisée et la même année, Daniel Darc enregistre "Parce que", douze titres co-écrits avec l'anglais Bill Pritcharddont une reprise de Charles Aznavour ("Parce que"): le courant passe à merveille entre ces deux ultrasensibles et l'album, même s'il ne connaît qu'un succès d'estime, reste aujourd'hui une œuvre mythique et précieuse pour ses fans.
Fan de littérature, l'ex-chanteur de Taxi Girl publie aussi en parallèle quelques recueils de textes ("Mélancolie d'Edie" et "Energie dramatique de la rue" en 1991, "A love supreme" en 1998 en hommage à une de ses idoles John Coltrane et "Le Drugstore du ciel" en 2000 ). Sur la recommandation de Patrick Eudeline, il s'essaie à la critique musicale dans le magazine Best et traduit aussi quelques livres de William Burroughs.
Toujours démangé par la musique, Daniel Darc réitère l'expérience en 1994 avec "Nijinsky", deuxième album solo enregistré avec le groupe The Weird Sins et réalisé par son ami du groupe Pure Sins, Georges Betzounis qui ne rencontre pas plus de succès que ses précédentes tentatives. Marqué par la déveine commerciale, Darc enchaîne les collaborations diverses: textes pour Marie-France ou Marc Minelli, reprises ("She's so untouchable" de Johnny Thunders, "Les Champs-Elysées" de Joe Dassin en compagnie de Bertrand Burgalat) et conseils aux groupes Diabologum et Brent.
2004 : "Crève cœur"
La fin des années 1990 le voit errant dans Paris, brûlé par une vie marquée par les abus (qui l'ont amené à faire quelques semaines de prison) et les échecs commerciaux. La sortie du tunnel a lieu grâce encore à une rencontre en 2003 avec le compositeur Frédéric Lo qui lui propose d'écrire un texte pour le nouvel album de la chanteuse Dani. Daniel Darc signe celui de "Rouge Rose" et mis en confiance par Lo, décide de prolonger l'expérience en enregistrant douze nouvelles chansons composées par celui-ci.
Dédié au chanteur country Johnny Cash, décédé la même année, "Crève Cœur" sort début 2004 chez Mercury : le chant de Darc a mué vers un talk over  très gainsbourien et raconte avec un désenchantement et une sensibilité inimitables, des histoires d'amour, de rédemption et d'amitié. Cette fois-ci, le succès est au rendez-vous: les médias célèbrent le retour d'un talent unique qu'on croyait perdu et le public succombe aux mélodies subtiles ("Je me souviens, je me rappelle", "Mes amis") de Frédéric Lo. Emu par tous ces témoignages, Daniel Darc semble enfin avoir fait la paix avec ses démons intérieurs: comme il l'a souvent dit, le rock lui a sauvé la vie.
Pour couronner ce grand retour, "Crève cœur" est élu Album révélation de l'année aux Victoires de la musique 2005. En mai de la même année, Daniel Darc démarre sa tournée avec des passages en France, en Belgique et en Espagne. Jouant notamment au premier étage de la Tour Eiffel à Paris en juin ! Il multiplie aussi les collaborations avec différents artistes : un duo avec Cali sur son album "Menteur", l'écriture de chansons pour l'acteur Tcheky Karyo ou pour de jeunes chanteurs comme Elisa Tovati, Thierry Amiel et même Alizée.
2008 : "Amours suprêmes"
Du 11 au 18 janvier 2007, il accompagne Richard Kolinka, Raphaël, Alain Bashung ou encore Jean-Louis Aubert sur la tournée "Les Aventuriers d'un autre monde". Puis il se penche sur son nouvel album, "Amours suprêmes", qui sort en janvier 2008. Le titre est un hommage à John Coltrane et son célèbre "A love supreme".
Comme pour "Crève Cœur", il en a confié la composition et la réalisation à Frédéric Lo, qui semble déchiffrer mieux que personne la fibre artistique de Daniel Darc. Musicalement, le disque est plus riche, les ambiances différentes d'un titre à l'autre. Pour les textes, Daniel Darc se montre toujours aussi inspiré, entre fragilité et noirceur. Sur "Amours suprêmes", on retrouve des invités de choix : Alain Bashung pour un duo en anglais, "L.U.V.", Robert Wyatt dans "Ça ne sert à rien", et la chanteuse de Cocoon, Morgane Imbeaud dans "J'irai au Paradis". Une tournée à travers al France est organisée dès le mois d'avril.
Le 17 mai, il se produit à l'Olympia lors d'un concert très intense. On le retrouve aussi au Cabaret sauvage à Paris le 8 septembre 2009 dans le cadre du festival Jazz à la Villette, ainsi qu'au Théâtre du Palace le 7 février 2011 pour un spectacle intitulé "Il sera une fois".
Daniel Darc rencontre le multi-instrumentiste et compositeur Laurent Marimbert, que lui a présenté le chanteur Christophe. A quatre mains, une série de chansons sont créées rapidement, puis enregistrées dans la foulée. Une grande complicité artistique semble unir les deux hommes. Ce travail est soutenu musicalement par des musiciens venus enregistrer live en studio. L'album "La taille de mon âme" sort en novembre 2011. Emprunt d'une poésie noire, ce recueil de chansons est à l'image du chanteur, extrême, puissant, sensible, habité par la mort, mais aussi par une envie manifeste de vivre. Le premier extrait de cet album s'intitule "C'est moi le printemps".
Daniel Darc donne deux concerts les 6 et 7 décembre au Collège des Bernardins à Paris. Il démarre ensuite au mois de janvier une tournée en France qui le mène notamment sur la scène du Printemps de Bourges.
Mais le printemps aussi à une fin et l'hiver suivant, le 28 février 2013, Daniel Darc est retrouvé mort dans son appartement parisien. Un dernier excès d'alcool et de médicaments l'emporte à jamais.
Février 2013
//www.rfimusique.com/artiste/chanson/daniel-darc/biographie






Daniel Darc, la victoire en chancelant
Musiques | Ame damnée de la pop des années 80, Daniel Darc (re)goûte aux joies du succès, les pieds au bord du précipice.
Le 26/01/2008 
Louis Guichard - Télérama n° 3028

Daniel Darc. Photo : Richard Dumas.
En le regardant s'approcher, on pense à une phrase tardive de Duras : « Je ne tiens plus ensemble. » Comment Daniel Darc tient-il encore ensemble ? Dans le studio en sous-sol où il a enregistré son album, sa démarche hésite entre sautillement de moineau et chancellement de fin de soirée. Ses dents lui font mal. Frêle et tremblant, parcouru de spasmes, perdu dans son blouson en jean, aux prises à chaque instant avec le démon de l'autodépréciation, il communique par un chaos de mots à moitié mangés, d'idées aussitôt jetées en l'air, aussitôt laissées tomber. Un enfant battu de 48 ans. La timidité le ronge depuis toujours. Il lui attribue ses longues années de dépendance à l'héroïne.

En 2004 sortait ce scoop : Daniel Darc est vivant. L'ancien leader du mythique groupe postpunk Taxi-Girl - oui, Cherchez le garçon (1980) - avait survécu à ses overdoses en série, à la boisson, à la prison, à la dépression, au tropisme qui envoie au cimetière avant 30 ans les vrais de vrais du rock. Vivant et étonné lui-même de l'être, il signait un album inespéré, Crève coeur, à la pop mélancolique et subtile, et se payait le luxe de conquérir de nouveaux fans, au-delà des survivants du cercle d'origine.

Une surréaliste Victoire de la musique est venue sanctionner ce miracle. Surréaliste, car dans la catégorie « révélation ». Daniel Darc refuse d'en plaisanter. Si ce n'est à lui, la reconnaissance, même oublieuse des faits d'armes passés, fait plaisir à ses proches : « La Victoire de la musique, c'est ma mère qui la garde précieusement. » Après tout, cette récompense, habituellement attribuée à un débutant, comme le prix Constantin, pour lequel il a été retenu parmi les finalistes la même année, dit une vérité au-delà des dates et des faits : il y a quelque chose d'irréductiblement juvénile, genre lycéen à problèmes, dans la manière d'être de Daniel Darc, dans l'affectation ado de sa voix.
Il vit actuellement une situation paradoxale : le voici dans le rôle du chanteur qui sort un disque quatre ans après le précédent, presque la routine des grands pros installés. Il n'a plus le statut officiel de survivant, de revenant. Qui plus est, le nouveau disque, intitulé Amours suprêmes, est le (digne) prolongement de Crève coeur. A nouveau réalisé par Frédéric Lo, le providentiel compositeur-producteur qui, naguère voisin d'immeuble de Darc, l'a remis en selle.

En quatre ans, il s'est produit autre chose de contradictoire avec son image d'éternel loser : le monde de la chanson française s'est entiché de la signature de Daniel Darc. De Marc Lavoine à Cali, on lui passe commande. Ironiquement, les enfants de la télé-réalité ne sont pas les derniers à vouloir se réclamer de l'ancien punk sur les stickers qui ornent leurs CD. Alizée, un temps protégée de Mylène Farmer, a obtenu deux titres. « Je ne suis pas regardant, je peux écrire pour toute personne qui n'est pas de droite », précise l'auteur. Ex de la Nouvelle star, le blondinet Thierry Amiel a fait fructifier un texte de Darc en énorme succès. La chanson parle d'un « cœur sacré, tatoué », et, comme pour prouver qu'il ne triche pas même quand il vend son nom, Daniel Darc soulève soudain son tee-shirt, découvrant, avec sa brusquerie de grand timide, l'énorme coeur tatoué (en rouge vif) dont les paroles font état. Le morceau lui ressemble d'autant mieux que le son Taxi-Girl, avec ses boucles synthétiques, y fait un tonitruant retour. La roue a tourné, la pop (et la variété) d'aujourd'hui fétichise celle des années 80. Pascal Obispo cite les paroles de Cherchez le garçon dans son tube 1980. Comment Daniel Darc vit-il ces rentes inattendues, ces sollicitations tardives ? « Rien à foutre. J'ai à nouveau du fric, mais je le claque, je le perds, je le donne. Ça ne change rien à ma vie. » Et sa vie, elle recommence mal tous les matins : « La première idée qui me vient, c'est de me jeter par la fenêtre, mais chaque jour je me rappelle que j'habite au rez-de-chaussée. »

Ils auraient eu tort de se gêner : Darc et Frédéric Lo intègrent à leur tour ce revival Taxi-Girl au nouvel album. Au milieu de morceaux chantés-parlés sous influence Lou Reed et Serge Gainsbourg éclosent de suaves gimmicks pop « à la manière de ». Mélangé à des textes au-delà du désespoir (« Je n'attends presque rien, je reste là en sursis », « Est-ce vraiment mieux qu'être mort ? »), cela donne une sorte de merveilleux d'outre-tombe, étrangement grisant. Le surcroît d'arrangements, comparé au sobre album précédent, Daniel Darc le commente avec une crudité peu répandue chez les artistes en promo : « Je suis comme une vieille pute. J'ai moins de fraîcheur qu'il y a trois, quatre ans, alors il faut plus de technique. » Et il ajoute que l'élaboration de son disque s'est résumée pour lui à cette équation piège : « Comment séduire tout en chantant : "J'ai envie de crever" ? »

Il répond ainsi sans préavis à des questions qu'on ne lui pose pas. Il répète : « Ma vie personnelle est un échec. » Il dit continuer à rêver à la personne (plutôt une fille, mais pas obligatoirement) qui lui tiendrait la main et justifierait son existence. Il y a plein de « mon amour » incantatoires dans ses textes. Il assure ne survivre que pour le retour à la scène (prévu au printemps) et l'écriture. Concernant la scène, c'est l'idée du Never Ending Tour (tournée sans fin) de Bob Dylan qui l'inspire, même s'il refuse de préjuger de ses forces au-delà des mois qui viennent. Au passage, il parle du cousinage instinctif qu'il se sent avec Pete Doherty et Amy Winehouse, nouveaux abonnés aux cures de désintox, et parmi les seuls selon lui à ne pas faire seulement semblant d'être rock.

Quant à l'écriture, cela reste la grande affaire. William S. Burroughs est son dieu. « J'écris tout le temps. Des textes, des nouvelles, des petits bouts, sur à peu près tout, de l'ordinateur au ticket de métro. » Après les deux décennies de chaos qui l'avaient conduit de l'état d'étoile à celui d'épave, il a bien envisagé d'autres directions, et même de devenir pasteur (il s'est converti au protestantisme), mais aujourd'hui, fini de tergiverser. Travailler, tout le temps, sous le signe de la nécessité, de la fatalité : « Si t'as pas besoin d'écrire, t'as pas le droit d'écrire. » Il a déjà jeté à la poubelle un roman qui ne lui semblait que « pas mal ». Et compte sur le temps qui reste pour en avoir le coeur net : « Il faut que je sache que je ne suis pas un branleur. ».

//www.telerama.fr/musique/24686-rencontre_avec_le_chanteur_daniel_darc.php






Darc, retour de l'enfer
Il est revenu de tout, ou presque. Des drogues dures, de ses pulsions autodestructrices et d'une traversée du désert longue de dix ans. Mais ne lui demandez pas s'il se considère comme un survivant. Daniel Darc répond qu'il est "vivant, tout simplement". Il sillonne la France dans le cadre d'une tournée consécutive à la sortie de Crève-coeur, son quatrième et meilleur album.
"Une tournée, c'est une régression. Un truc d'éternel adolescent. C'est super agréable pour moi qui ne sait même pas remplir une feuille d'imposition", s'amuse l'ancien chanteur de Taxi Girl (Cherchez le garçon...). Un groupe culte de la scène rock des années 1980, formé avec un certain Mirwais, devenu depuis le compositeur attitré de Madonna. "Je suis très heureux pour lui. Mirwais est un bosseur acharné. Il a fait du bon boulot. Pour un peu, il me ferait presque aimer Madonna."
Le corps voûté et cabossé de D.D. porte les stigmates des excès passés. Mais son visage a gardé une grâce presque juvénile de voyou angélique. S'il n'avait pas rencontré la musique, il assure qu'il serait devenu "bandit ou terroriste d'extrême gauche". Durant son concert, il rend hommage à Nathalie Menigon (ancien membre d'Action directe, Ndlr) qui "pourrit en prison quand Papon est en liberté". Daniel Darc parle, vite, sans temps mort, avec une fébrilité étourdissante. Souvent, il s'égare dans de longues "diversions" sur la foi, son séjour en prison ("des vacances, juste cinq petites semaines"), le jazz "mort avec Albert Ayler", sa passion pour Johnny Cash et "les phrases qui enflent" de Charles Péguy. Il les aime vraiment, ces artistes qui l'ont nourri, influencé et guidé. En ce moment, il dévore Le livre de l'Intranquillité de Fernando Pessoa.
"Moi je crois au Diable"
Intranquilité. Le barbarisme sied bien à Daniel Darc, de son vrai nom Daniel Rozoum. "C'est un moteur qui m'a fait me battre, dans tous les sens du terme. Grâce ou à cause de cette intranquillité, j'ai eu recours aux drogues, explique ce grand timide à la sensibilité exacerbée. J'avais besoin d'un écran pour affronter la réalité. Alors je prenais de l'héroïne. Je faisais des concerts désastreux et je trouvais que c'était génial." Maintenant il est clean. Et mort de trouille. Au point de vomir sa bile en coulisses, lors du premier concert de sa tournée ("Une libération énorme"). "C'est plus douloureux sans la came, mais quand je sors de scène, je suis fier", explique celui qui fut longtemps prisonnier de sa petite légende de poète maudit. "A une époque, j'étais devenu le junkie de service. On venait assister à mes concerts avec une fascination morbide, pour éprouver le frisson de l'autodestruction et vivre mes excès par procuration."
Il se définit comme un phobique social. "Une personne dépendante, comme tout le monde." Ses addictions furent nombreuses. Avant les drogues dures, ce fut le karaté. Aujourd'hui c'est la musculation. Et l'écriture, toujours. Citant Kerouac, il dit: "Quelqu'un qui n'a pas besoin d'écrire n'a pas le droit d'écrire." Ces dix dernières années, Daniel Darc n'écrivait plus de chansons. Seulement de la prose et un essai sur John Coltrane. Son retour à "l'art mineur", il le doit à un jeune compositeur nommé Frédéric Lo. "Nous habitons la même rue. Un jour il m'a branché pour écrire les paroles d'une chanson destinée à Dani (Rouge rose, Ndlr). Quand il m'a fait écouter la musique, j'ai pleuré."
Entre les deux hommes, la collaboration se poursuit et donne naissance à ce Crève-coeur de toute beauté. Un petit bijou de mélancolie noir comme la nuit. Douze petites comptines vénéneuses et berceuses tourmentées. Dans le creux de l'oreille, Daniel Darc chante, chuchote, déclame avec une douceur écorchée la rédemption, les peines de coeur, les amis suicidés, le vertige de la mort...
A 45 ans, l'écorché vif semble réconcilié avec la vie. Il confie son envie d'avoir des enfants avec la femme qu'il aime. Il dit aussi que si son foie est pourri, sa foi, elle, reste intacte. Car le rocker libertaire converti au protestantisme en 1997, est un fervent croyant. Crève-coeur se termine d'ailleurs par Le psaume 23, un texte adapté de la Bible. Sur scène, la Bible posée sur le coeur, il la chante, comme sous influence divine. Il dit ne pas croire en Dieu. Il a foi en lui. Nuance. "C'est très important. Souvent on dit: 'Je crois en Dieu.' Moi je crois au diable. Mais je n'ai pas foi en lui."

//www.lejdd.fr/Culture/Musique/Actualite/Darc-retour-de-l-enfer-98545






Daniel Darc, entre pénombre et lumière :
 « Je suis revenu vers Dieu quand j'étais en prison »

le 2 mars 2013

Le rocker punk français Daniel Darc (1959-2013) est décédé le 28 février 2013. Figure sulfureuse de la scène alternative,écorché vif, ce créateur sans concession était aussi animé d'une recherche spirituelle qui l'a conduit vers une conversion chrétienne dans un cadre protestant, avec un baptême aux Batignolles.
Cette conversion a marqué son oeuvre tardive, difficile à comprendre sans cette dimension, notamment les albums Crève Coeur (avec une interprétation forte du Psaume 23) et La taille de mon âme (2011).
Il avait notamment été interviewé dans Technikart (novembre 2011, p.62-63) par Benoît Sabatier. Il y déclarait notamment, « Je suis revenu vers Dieu quand j'étais en prison. Jésus a été important (..) Je suis converti. Protestant. » Entre pénombre et lumière.
Sébastien Fath






Ancien chanteur du groupe français Taxi Girl, Daniel Darc est mort à 53 ans. Son corps, retrouvé au domicile parisien de l'artiste, pourrait être autopsié. Selon une source proche de l'enquête, le décès serait lié à une absorption d'alcool et de médicaments.
 le 01.03.2013

Daniel Darc: «Sans le punk et l'écriture, je serais forcément mort ou en prison, parce que rien d'autre ne m'intéresse.»

Né le 20 mai 1959 à Paris, très influencé par le mouvement punk, Daniel Darc voyait le rock comme un mode de vie et non comme une posture. La carrière du chanteur a été assombrie par des addictions et un penchant vers l'auto-destruction. En 1979, par exemple, il s'était tranché les veines sur la scène du Palace, à Paris.
Passionné de littérature et d'arts martiaux, fasciné par Berlin et le Japon, cet amoureux de Johnny Cash, Elvis Presley, John Coltrane et James Dean, avait rejoint Taxi Girl en 1978. Avec l'ambigu «Cherchez le garçon», le groupe s'était imposé en 1980 comme un des fers de lance de la new-wave à la française, apportant une esthétique trouble au rock hexagonal.
Victoire de la musique
L'histoire de Taxi Girl, où a aussi débuté Mirwais Stass - futur collaborateur de Madonna -, était déjà marquée par les addictions. En 1981, le batteur Pierre Wolfsohn succombait à une overdose.
Le groupe a éclaté cinq ans plus tard. Daniel Darc s'est alors lancé dans une carrière solo. Un premier album «Sous influence divine» sort en 1987, suivi deux ans plus tard par «Parce que».
Longtemps considéré comme un pestiféré par l'industrie du disque, il avait signé en 2004 après dix ans d'absence un retour foudroyant avec «Crève Coeur». L'album lui avait valu à 45 ans une Victoire de la musique pour «L'album révélation de l'année».
Années d'excès
Pour tenter de rompre avec ses années d'excès, le chanteur d'origine juive s'était converti au protestantisme. Sa ferveur, qu'il évoquait souvent pendant ses concerts ou en interviews, imprégnait ses derniers disques «Amours suprêmes» (2007) et «La taille de mon âme» (2011). Si ces deux albums n'ont pas connu le succès de «Crève Coeur», ils ont été salués par la critique.
Visage racé, silhouette voûtée et bras recouverts de tatouages, il était encore sur scène au printemps dernier. «Quand je mourrai, j'irai au paradis/C'est en enfer que j'ai passé ma vie», chantait-il en 2007. (afp/Newsnet)

//www.lematin.ch/loisirs/musique/chanteur-daniel-darc-mort/story/24133977







Daniel Darc, le chantre du pardon est décédé
Matthieu Mégevand - publié le 01/03/2013

Vedette de la scène rock française dans les années 1980, l'ex-chanteur de Taxi Girl est mort le 28 février à l'âge de 53 ans. En guise d'hommage, Le Monde des Religions republie un portrait paru en février 2012 de celui qui a connu une longue descente aux enfers et une douloureuse addiction à l'héroïne avant de rencontrer la foi protestante.

Dans le café, il n'y a que nous, et le serveur bouffi de sommeil. Daniel Darc commande une bière brune qu'il boit par petites gorgées, laissant promener ses doigts cerclés de bagues sur la chope. Sous sa chemise entrouverte on devine une peau recouverte de tatouages, dont la croix du Christ qui protège son buste. C'est un homme petit et trapu, qui parle d'une voix mal assurée, fragile et nasillarde, mais posée, immédiatement authentique.
Daniel Darc parle et ne cache rien, il fait penser à un enfant que trente années de drogues, d'alcool et d'excès divers auraient définitivement marqué. Il parle de ses origines juives, de la mort de sa grand-mère à Auschwitz. Des épisodes qui l'ont façonné, de l'anarchisme de sa jeunesse, du punk « sans Dieu ni maître ». Et bien sûr de son ancien groupe, Taxi Girl, cette aventure qui  lui a fait connaître le succès, les nuits sans sommeil, mais aussi l'héroïne. « Je ne sais pas combien d'overdoses j'ai fait, je ne les compte même plus. Une fois, j'ai dû rester trois mois à l'hôpital, les médecins ont appelé ma mère pour lui dire que j'allais mourir. Je m'en suis finalement sorti. On m'a prévenu qu'un seul shoot me tuerait ; j'en ai fait un, je ne suis pas mort, j'ai continué l'héro. » Avec la drogue, c'est la prison, la déchéance, la mort de ses proches. On est loin de l'image grandiose et fantasmée du poète maudit, de l'artiste sombre. C'est le glauque, l'addiction, la chute.
« J'ai beaucoup tâtonné »
Mais rien ne terrasse Daniel Darc. Il se relève, arrête l'héroïne, garde l'alcool et se tourne vers Dieu. « J'ai un peu tout essayé, explique-t-il, beaucoup tâtonné : comme je pratiquais les arts martiaux, je me suis d'abord tourné vers le bouddhisme zen, puis le bouddhisme tibétain ; puis j'ai été proche de l'anthroposophie et des théories de Rudolf Steiner. J'ai ensuite rencontré une religieuse catholique dans un centre de soins palliatifs dans lequel était mon père. Quand il est mort, cette religieuse m'a mis en relation avec un prêtre. J'étais gêné par plusieurs aspects du catholicisme – le pape, l'Immaculée Conception, les indulgences… –, et j'avais beaucoup de questions en suspens. Mais plutôt que d'y répondre, ce prêtre a voulu que je me fasse baptiser tout de suite. Ça m'a refroidi, je suis allé chercher ailleurs. »
Finalement, le chanteur se tourne vers le protestantisme et découvre une foi sans intermédiaire qui lui correspond pleinement. Sans maître mais avec Dieu. Cette foi qui le détache un peu des addictions redonne également à sa musique un second souffle : en 2004 sort son album solo Crève cœur, qui va rencontrer un grand succès à la fois critique et populaire ; en 2008, Amours suprêmes voit le jour, et fin 2011, La Taille de mon âme. À nouveau unanimement salué par la critique, ce nouvel album est sans doute celui qui fait le plus directement référence à la foi chrétienne du chanteur : « Pour moi, le lien entre la spiritualité et la musique est évident ; quand j'écoute Nick Cave, John Coltrane ou Bach joué par Glenn Gould, tout y est, tout va de soi. Je ne cherche pas spécialement à mettre en avant ma foi dans ma musique, mais c'est quelque chose qui vient spontanément. »
Sans regret ni fierté
De fait, c'est tout un univers rempli de l'amour de Jésus, de miséricorde et de rédemption qui habite ce dernier album. Un album inspiré, presque mystique, qui n'impose aucun dogme ni morale, mais cherche simplement à se rapprocher le plus possible, aussi près que la musique le peut, de ce Dieu d'amour et de pardon que Daniel Darc aime tant. « J'ai entendu il y a quelques années Théodore Monod dire qu'il pensait que si Hitler avait, au dernier moment, regretté tout le mal qu'il avait fait, il devait désormais se trouver au paradis. C'est quelque chose en quoi, malgré l'histoire de ma famille, je veux croire profondément. La miséricorde, l'amour inconditionnel de Dieu. »
La dernière chanson de l'album, Sois sanctifié, fait justement référence à cette rédemption sous la forme d'un psaume intime et déchirant : « Et si tu avais commis tous les crimes / gravi du vice les cimes / une place à jamais te resterait / Si au milieu des ténèbres, des abîmes / haï jusqu'au plus infime / une place à jamais te resterait / Sois sanctifié. » C'est, entre les lignes, tout un pan de l'histoire de Daniel Darc qui ressurgit, une histoire faite d'abus, d'errances, de désespérances, mais qui ne peuvent en aucun cas le priver de l'essentiel, de l'amour et du pardon. « Un pardon derrière lequel on ne doit pas se cacher, dit-il. On me demande par exemple souvent ce que m'apporte la religion. Mais ça ne m'apporte rien ! Tout ça n'a rien à voir avec un gain. Je me dis d'ailleurs parfois que je dormirais peut-être mieux la nuit si je n'étais pas croyant, parce que je sais que j'ai quand même fait du mal, et je me demande : que va-t-il advenir de mon âme ? »
La Taille de mon âme, justement, morceau éponyme de l'album, donne un élément de réponse à cette question. Car au-delà des ténèbres, des moments d'égarement, on y retrouve ce Daniel Darc entier, authentique et libre, qui assume sans regret ni fierté, sans honte ni ressentiment, son existence faite de chutes et de renaissances, une existence pleine et mouvementée : « Si tu savais mon cœur, rien / si tu savais mes yeux, rien / Si tu savais mes mains, rien / Si tu savais mes jours, rien / Si tu savais mes nuits, rien / Mais si seulement tu savais la taille de mon âme. »
Derrière la fragilité et l'éphémère, oui, l'âme de Daniel Darc est pleine, bien remplie, fragile et imparfaite. Une âme à taille d'homme. D'homme qui chante et crée. S'égare et se retrouve. Une âme qui cherche Dieu.

//www.lemondedesreligions.fr/culture/daniel-darc-le-chantre-du-pardon-est-decede-01-03-2013-3001_112.php












03/04/2013
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