Alain YVER

Alain YVER

DANIEL DARC :"Tout est permis, mais tout n'est pas utile"

DANIEL DARC








http://www.lesinrocks.com/artiste/daniel-darc/

http://books.google.fr/books?id=w5_xk2F3xqkC&pg=PT4&lpg=PT4&dq=daniel+darc+Tout+est+permis+mais+tout+n%27est+pas+utile+DANIEL+DARC&source=bl&ots=3o7XpJYgy0&sig=v1KuRuLht5F3zU0LLGElk8cMc6Y&hl=fr&sa=X&ei=t7CrUfWACsaFhQeq8YCwCw&ved=0CDEQ6AEwATgK

https://www.facebook.com/FansDeDanielDarc



Daniel parlait, puis je faisais le tri. Il avait tant de passions, de souvenirs, d'enthousiasmes, d'attachements, de fidélités... Il emmêlait les fils et je les démêlais, construisant des pages, des séquences, des chapitres. Il aurait aimé s'y replonger par la suite, réécrire lui-même, réaménager, éclairer des angles morts. Mais il s'est éteint trop tôt. Ce livre paraît néanmoins parce que ses proches comme son équipe ne souhaitaient pas que soient perdus ces entretiens dans lesquels Daniel se livrait depuis plus d'un an. C'est lui qui en avait choisi le titre, "Tout est permis mais tout n'est pas utile". Une phrase de Paul dans sa première épître aux Corinthiens, et qui était au coeur de sa propre réflexion spirituelle. Daniel s'est permis beaucoup de choses, mais il voyait à sa vie une logique et même un droit fil. Il est parfois tombé, mais il s'est toujours relevé. Aussi ne souhaitait-il pas que son autobiographie soit un récit crépusculaire dans lequel il n'apparaîtrait qu'en miraculé de la dope et du rock. Il voulait que son livre soit fidèle à son chemin vers la lumière. Voici, forcément inachevé, le récit que Daniel Darc a fait de sa vie. Bertrand Dicale







Taxi Girl, la religion, le punk, la dope... Daniel Darc par lui-même.

Au moment de sa disparition, il y a trois mois, Daniel Darc travaillait. A un nouvel album, et à un livre d'entretiens avec le journaliste Bertrand Dicale. Aujourd'hui, le livre paraît ; un verbatim d'un peu plus de deux cents pages. Pas tout à fait la forme que les deux hommes avaient imaginée - on comprend bien pourquoi. Reste que l'essentiel y est, car sans effet superflu, Darc raconte. Ses racines familiales bancales - une mère amoureuse d'un Allemand pendant la guerre ; un père juif obligé de se cacher, qui sombrera plus tard dans l'alcoolisme. Sa passion pour le karaté, et pour le rock à la Elvis ou à la Gene Vincent. La formation de Taxi Girl, dans l'effervescence trash de la fin des années 1970. Son attirance irrépressible pour le punk, et son mode de vie déglingué. Son passage en prison. Sa timidité maladive, qu'il ne parvenait à surmonter que sous l'effet de substances. Car la drogue, bien sûr, occupe une large part du récit (avec ses lois impérieuses et sa cohorte de morts). Tout comme la religion, puisque Darc (qui enfant se rêvait rabbin) avait trouvé ces derniers temps sa voie dans le protestantisme... Le style direct et acéré, la franchise dépouillée du propos vont droit au but et touchent au coeur. On suit sans s'arrêter le déroulement de cette vie-météorite, dont on aimerait d'ailleurs mieux cerner les ressorts profonds. Le temps aura manqué aux deux auteurs pour aller plus loin. Nous reste cet écho cinglant et précieux d'une vie d'homme hors norme, qui éclaire la force de l'oeuvre. — V.L.

http://www.telerama.fr/musiques/livre,97974.php





Autobiographie de Daniel Darc :
"Tout est permis, mais tout n'est pas utile"

Publié le 27/03/2013

Disparu le 28 février, le chanteur et ex-membre de Taxi Girl travaillait sur une autobiographie avec le journaliste Bertrand Dicale. Elle paraîtra chez Fayard en mai prochain.
Par Laurence Houot
Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox
Daniel Darc s'entretenait avec Bertrand Dicale depuis près d'un an, avec en projet la rédaction de cette autobiographie. En accord avec ses proches, les éditions Fayard publieront le 15 mai ces entretiens, sous le titre que le chanteur avait déjà  choisi : "Tout est permis mais tout n'est pas utile", une phrase tirée de la Bible, (premier épître aux Corinthiens) qui, selon l'éditeur, "éclairait son passé et le guidait dans sa vie au quotidien".

Lors de ses échanges avec le journaliste musical, Daniel Darc a évoqué "sa vie, son enfance, l'aventure de Taxi Girl, ses années sombres d'excès et d'errance artistique, sa conversion au christianisme, sa renaissance de chanteur, la popularité et le respect dont il jouissait depuis quelques années auprès du public et des professionnels."
 
Tout est permis mais tout n'est pas utile, Daniel Darc et Bertrand Dicale
Fayard -  250 pages - 16€

http://www.francetv.fr/culturebox/autobiographie-de-daniel-darc-tout-est-permis-mais-tout-nest-pas-utile-134083







Daniel Darc :
"Maintenant, c'est à moi d'écrire", avait-il dit avant de mourir

06/03/2013

La biographie de Daniel Darc a paraître chez Fayard en mai sera co-signée par le journaliste Bertrand Dicale et Daniel Darc lui-même.  

"Maintenant, c'est à moi d'écrire", avait dit Daniel Darc au journaliste Bertrand Dicale à la veille de sa mort, nous informent les éditions Fayard deux mois avant la parution de la biographie de Daniel Darc.  

Lancé dans un projet autobiographique depuis plus d'un an, Daniel Darc "s'entretenait régulièrement avec le journaliste Bertrand Dicale, qu'il avait choisi pour l'accompagner dans la rédaction", précisent-ils. Ils ajoutent qu'il s'apprêtait à reprendre lui-même la transcription de leurs échanges à la veille de sa mort.
 
"Tout est permis mais tout n'est pas utile" (La Bible)

Ce projet, qui touchait à sa fin paraîtra donc sous la forme d'entretiens en accord avec la famille et les proches de l'artiste et portera le titre qu'il avait lui-même choisi : Tout est permis mais tout n'est pas utile – une citation de la Bible (premier épître aux Corinthiens) qui, selon l'éditeur, "éclairait son passé et le guidait dans sa vie au quotidien".
 
Des années d'errance artistique et une renaissance
Au cours de ses longues discussions avec le journaliste musical, Daniel Darc aurait ainsi raconté "sa vie, son enfance, l'aventure de Taxi Girl, ses années sombres d'excès et d'errance artistique, sa conversion au christianisme, sa renaissance de chanteur, la popularité et le respect dont il jouissait depuis quelques années auprès du public et des professionnels…."

http://www.myboox.fr/actualite/daniel-darc-sa-biographie-en-forme-de-livre-d-entretiens--21677.html






Interview

Daniel Darc, ce sont les artistes qui en parlent le mieux !
Daniel Darc, outre ses proches et sa famille, ce sont peut-être les artistes l'ayant approché de près ou de loin qui en parlent le mieux… Et quoi de mieux que de choisir de réaliser une interview croisée entre Arman Méliès, de qui l'ont dit peut-être à tort, que son dernier album, le magnifique "IV" sonne très années 80 avec l'omniprésence des synthétiseurs, et Joseph d'Anvers, dont on a dit dans les médias que son premier opus, Les choses d'en face était influencé en grande partie par l'œuvre de Daniel Darc.
 
DANS QUELLES CIRCONSTANCES L'AVEZ VOUS RENCONTRÉ LA PREMIÈRE FOIS ?
Joseph d'Anvers : "Moi je l'avais rencontré en 2004 au moment où j'essayais un peu de démarcher pour mon projet Joseph d'Anvers. J'ai eu un contact avec un label et en y allant, je m'étais dit, après avoir ramé pendant un an à être refusé à droite à gauche, que s'ils ne me recevaient pas, qu'ils ne trouvaient pas le projet bien, à ce moment là, j'arrêtai la musique et retournai dans le milieu du cinéma. Et en y allant, Rue Rochechouart, je croise Daniel Darc... A l'époque, Crève-cœur venait de sortir... On ne se connaissait pas mais je l'aborde pour lui filer une maquette (il était totalement ivre). Il me rétorque direct : "T'as une bonne gueule toi, viens boire un coup ! ". Nous voilà donc arrivés au Balto, il devait être 15 heures, pour boire des bières ! Même si j'ai fini bien bourré moi aussi, il m'avait filé une pêche pas possible parce qu'il me disait qu'il ne fallait pas lâcher, que lui, même s'il n'était pas riche, avait réussi à toujours faire ce qu'il voulait dans la musique grâce à l'écriture. Il m'avait même fait lire une lettre de fan écrite au crayon à papier sur une vielle feuille jaune. Une déclaration enflammée ! (rires). Bref, il m'explique ensuite que Crève-cœur, il l'avait autoproduit et il fallait que je fasse pareil et que j'avais juste à trouver une distrib' ensuite. Le soir même, remonté, je finissais de remplir le dossier pour obtenir le FAIR et je suis allé à la Poste juste avant que ça ferme et 2-3 mois après, je l'obtenais et les choses commençaient. Je l'ai déjà dit avant dans d'autres interviews donc je ne dis pas ça parce qu'il est mort aujourd'hui, mais c'est grâce à lui que tout a démarré. Daniel Darc m'a donné la pêche !
Arman Méliès : "Moi c'est un ami disquaire dans le Marais qui me l'a présenté pour la première fois dans sa petite boutique où je passais souvent le voir. Un jour, il y avait un mec qui était là et au bout d'un moment, une discussion sur la musique s'ouvre. Et il me dit "Si tu aimes Tim Buckley, il faut que tu écoutes Tim Hardin ! ". Je sentais vraiment que j'avais affaire à un passionné et un puits de science en matière de musique. Après coup mon ami vient me voir pour me demander si je savais avec qui je parlais depuis tout à l'heure et il me dit "c'est Daniel Darc, le mec de Taxi Girl ! ". Cela faisait une heure que le papotais avec un mec sans savoir qui il était ! Il m'avait filé une liste genre de 150 disques à acheter.
 DE QUEL MANIERE VOUS A-T-IL-VOUS INFLUENCÉ DANS VOTRE MUSIQUE ?
J : Moi j'aime bien un peu tout en fait. Moi dès mon premier album on m'a comparé à lui alors que je ne voyais pas trop le rapport entre ce que je fais et Daniel. Le fait est que j'ai écouté mais un titre comme Cherchez le garçon, j'étais trop petit et forcément je l'ai entendu. Ce morceau je le connais, donc ça a dû forcément m'influencer à un moment donné. Moi ce que j'aimais bien en lui, c'était aussi ses influences, tout ce qui touche à la Beat Generation. Moi ce sont les premiers ouvrages que j'ai lu, comme Jack Kerouac. Moi j'étais chez moi à Nevers, allongé sur mon transat dans mon jardin, à c'est l'été, tu t'emmerdes et ces lectures t'incitent à partir !
A : Par contre, tu ne prends pas la Route 66 mais plutôt la D903 !! (Rires)
J : Moi j'avais repris à l'époque du premier album, sur une édition limitée son titre Je suis déjà parti. J'aimais bien cette période car, même si elle l'est de moins en moins maintenant, mais la production de ce titre est juste ultra kitsch avec ses vieux synthés et ses cordes. J'adorais ça ! Moi j'aime bien les disques qui, même si ils peuvent être démodés, peuvent te donner le reflet d'une époque. Et ses chansons ont été tellement démodées à un moment donné que quand il les a sorties à l'époque, il devait vraiment être à la mode.
A : Pour moi, il a un côté, comme pour Alain Bashung ou Christophe, ce sont des modèles pour nous. Ils ont toujours eu une attitude vis-à-vis de l'industrie de la musique un peu particulière. Ils ont toujours été en décalage, ils ont eu des succès un peu sur un malentendu et ils ne se sont pas engouffrés dans la brèche qu'ils avaient créée eux-mêmes. Ils ont toujours continué à créer des choses mais en sachant à l'avance qu'ils allaient rencontrer d'énormes difficultés par choix de ne pas être conforme à un titre qui les avait fait connaître. Un besoin de voir ailleurs. D'autant plus que sur la durée, on se rend compte que cette attitude est payante.
J : Quand il a commencé à avoir du succès, il y a tous les mecs en costard-cravates qui venaient le voir pour lui dire qu'ils adoraient ce qu'il faisait, il disait que lui il se camait pour eux car il vivait la vie que eux rêvaient d'avoir sans oser l'avoir. Bon, moi je l'ai rencontré quelques fois, je n'étais pas un intime mais on s'aimait bien. Moi j'avais beau avoir un côté bad-boy, bagarreur quand j'habitais à Nevers, jamais je n'ai vécu ce que lui a vécu. Je n'ai jamais touché à l'héroïne et fait de prison ! Quand j'ai débarqué à Paris, c'était un peu un mythe pour moi. Il était un peu pour tout ça l'exemple de la vie Rock'n'roll !
Publié le 29/03/2013

http://www.fnac.com/Daniel-Darc-ce-sont-les-artistes-qui-en-parlent-le-mieux/cp20285/w-4







Hommage
DANIEL DARC, le garçon qui se cherchait...

Daniel Darc s'en est allé le jeudi 28 Février à l'âge de 53 ans en cette période de grand froid hivernal. Tout un symbole pour cet artiste qui nous fredonnait en 2008 sur son album Amours Suprêmes : "Quand je mourrai, j'irais au paradis/C'est en enfer que j'ai passé ma vie." Entre chaud et froid, il aura passé sa vie à lutter contre lui même, coincé qu'il était entre ses deux sensations. Parfois au fond du trou à cause de tous les excès d'alcool et de drogue qu'il s'infligeait. Parfois dans la lumière des projecteurs grâce à cette plume lui ayant permis de laisser trace à jamais de textes si magnifiques.
Et c'est sur une chanson de Johnny Cash reprenant Hurts de Nine Inch Nails que la cérémonie de ses obsèques a pris fin au temple protestant de l'Oratoire… Encore un autre signe pour cet artiste singulier dont la carrière musicale divisée en deux périodes bien distinctes - celle des années 80 avec son groupe Taxi Girl et celle des années 2000 où l'on a assisté à sa renaissance en solo - marquera à jamais autant l'ancienne que la nouvelle génération d'artistes. D'ailleurs, au milieu de ses proches et des anonymes venus en masse lui rendre un dernier hommage, on pouvait apercevoir un grand nombre de représentants du monde de la musique (Jean-Louis Aubert, Etienne Daho, Lescop, La Grande Sophie…), connaissant l'homme de près ou de loin, depuis peu ou de longue date…
Daniel Darc était un homme qui s'intéressait profondément à la nature humaine, ce qui lui aura permis, à l'écoute permanente de ses contemporains, de s'inscrire dans les mouvances de son époque. Pour preuve, alors qu'il aspirait dans sa jeunesse à devenir rabbin, la lecture des articles de journalistes comme Patrick Eudeline ou la découverte des grands artistes musicaux comme Lou Reed, Iggy Pop ou encore Keith Richard lui feront aimer passionnément la musique Rock, voire Punk ! Et c'est donc naturellement, quelques années plus tard en 1977, qu'il formera avec quelques camarades de lycée le groupe Taxi Girl. Vous connaissez la suite, le tube Cherchez le garçon propulsera le combo : fer de lance de la scène new-wave d'inspiration Anglo-saxonne, en Français dans le texte s'il vous plaît !
Et c'est grâce à ce talent d'écriture allié à une personnalité charismatique que Daniel Darc va pouvoir poursuivre une carrière musicale et revenir sur le devant de la scène grâce à sa foi en ses chansons et cette rencontre humaine avec Fréderic Lo, musicien, réalisateur et compositeur de talent. La première résultante de cette amitié sera Crève-cœur, en 2004, qui va vite lui apporter une sorte de nouveau statut de patriarche au sein du petit milieu de la Chanson Française, un peu en manque de repère à cette époque là. Avec donc cette image de père spirituel, et toujours une oreille ouverte sur ce qui se passe à ses côtés, il va collaborer avec de nombreux chanteurs de la nouvelle génération comme Alizée, Berry, Nosfell ou le groupe Asyl et ainsi marquer leur carrière.
Mais il ne faut pas se le cacher, ses premiers essais en solitaire n'ont pas de suite rencontré un franc succès commercial, à l'instar d'un Bashung ou d'un Christophe d'ailleurs, si un parallèle devait être fait. Qui se souvient encore des albums obscurs mais non moins intéressants Sous influence divine, Parce que ou Nijinsky ? Parce que tout est question de mode… Il est amusant de constater d'ailleurs que depuis quelques années, une multitude de formations hexagonales, que ce soit les Lescop, La Femme ou encore Granville  se revendiquent de cette culture des années 80, ayant été un poids pour Daniel Darc lui-même à ses débuts en solitaire, et citent en première influence Taxi Girl… La transmission est désormais faite, le Monsieur peut désormais s'en aller… au paradis !
Publié le 28/03/2013

http://www.fnac.com/DANIEL-DARC-le-garcon-qui-se-cherchait/cp20215/w-4






Daniel Darc : après l'Enfer, le Paradis


53 ans, c'est toujours mieux que le cap fatidique de 27 ans que plusieurs rockers maudits n'ont pas dépassé. C'est toujours trop jeune pour mourir, surtout quand il restait des choses à dire, des chansons à écrire.
Connu tout d'abord pour avoir été le binôme de Mirwaïs au sein de Taxi Girl, il a chanté un titre qui restera éternel Cherchez le garçon, c'était l'époque des  jeunes gens modernes, de cette nouvelle vague sur laquelle surfaient de jeunes artistes, dont le besoin de création et d'expression, s'animait dans une telle urgence qu'il ne restait pas trop de temps pour fignoler les arrangements. Bon nombre des albums de cette époque ont ainsi mal vieilli, un peu comme le corps de Daniel Darc en somme, salement meurtri par l'alcool, les drogues qui l'aidaient à "supporter tout ce qui se passe", par le taillage de veines sur scène ou la prison.
En 2004, il revient d'entre les presque morts avec un album bouleversant : Crève cœur. Ce n'est pas son premier album solo, mais celui-ci est unanimement salué par la critique. Pour cet album comme pour le suivant, la poésie de Daniel Darc, l'émotion et la souffrance palpables dans son interprétation, sont mis en valeur par les compositions et les arrangements de Frédéric Lo. Ce dernier est connu pour avoir entre autres enregistré et produit la BO du film Les Chansons d'amour de Christophe Honoré, et le premier album de Pony Pony Run Run.
En 2008, il sort l'album Amours Suprêmes, dont est issu le single J'irai au Paradis. Alain Bashung chante avec lui sur le titre L.U.V et Robert Wyatt fait aussi une apparition. Il est comme ça Daniel Darc, derrière un visage fortement marqué et un tempérament timide, se cache un être sociable et sympathique, sollicité par de nombreux artistes, pour un duo ou pour leur écrire des textes.
En 2011, sort son dernier album en date La taille de mon âme, sur lequel figure le titre C'est moi le printemps, dont vous trouverez le clip ci-dessous. A l'instar de Mano Solo, Daniel Darc a si bien chanté la Mort, que cette dernière devait l'attendre avec une impatience qu'elle n'a pu contenir plus longtemps...
Publié le 01/03/2013

http://www.fnac.com/Daniel-Darc-apres-l-Enfer-le-Paradis/cp20043/w-4







Daniel Darc, la révolution permanente
Écrit par Alias  
15-12-2000

Il y a dix ans, lors d'un concert, tu as dit "je ne sais pas comment vous dire à quel point ma vie a été compliquée". S'est-elle simplifiée ou clarifiée depuis ?
Oui. Enormément. Quelque part ça m'a été donné, mais en même temps j'ai fait des choses aussi pour ça, je continue d'ailleurs. A tous les niveaux. Par exemple, pour ce qui concerne la foi, quand j'y repense des fois je me dis je me suis fait chier pour pas grand chose. J'ai perdu beaucoup de temps et je crois avoir compris maintenant que c'était vachement plus simple. Et puis il y a le fait de l'âge. Après ce que j'ai fait, être vivant à 40 ans... encore qu'en fait j'aurais très bien pu continuer à vivre comme avant, mais en fait ça n'avait plus grand intérêt pour moi. Et de la même façon, comme tout est lié pour moi, l'écriture change aussi. Avant avec Georges on arrivait dans le studio, on était défoncés, en cinq minutes on avait une chanson qui était parfois très bien parfois une merde, maintenant on travaille à la fois chacun de son côté et aussi ensemble et on travaille ! Peut-être qu'il y a moins de glamour, il y a plus de travail, mais quand j'écoute par exemple le dernier Nick Cave c'est à peu près la même chose. Ca me semble être la seule chose à faire d'à peu près cohérent. Il y a peut-être plein de gens qui peuvent penser de mon attitude que j'ai trahi, mais pour moi la véritable trahison aurait été de continuer à faire semblant de vivre toujours comme un gamin de 18 ans qui se fout de crever le lendemain... Je ne peux pas tricher. Comme on peut le dire un peu tragiquement en en rajoutant, la fête est finie ! ...la vie commence... C'est une façon différente de voir les choses, et la seule qui peut m'apporter encore quelque chose. Franchement j'ai réessayé de me défoncer, j'ai réessayé de boire, mais ça ne marche pas. J'ai grandi. Et puis, tu as remarqué, je peux aligner plus de deux phrases sans dire "oh ma vie a changé, je suis amoureux !"
 
Tu m'avais confié il y a peu que tu allais faire de l'accompagnement aux mourants ?
C'est le minimum. Tout le monde fait ce qu'il peut faire, selon ses facilités. J'ai vu tellement de gens partir autour de moi que j'ai appris à vivre avec ça. Je peux le faire. Pour les Sans Papiers cet été dans les églises, je ne faisais pas partie du collectif, j'étais là, simplement, j'étais là. Parce qu'il y avait besoin de personnes là. Je suis croyant et pour moi croyant ça veut dire militant. C'est pour ça que j'ai d'abord été attiré par le bouddhisme parce qu'autour de moi je voyais des gens qui se disaient chrétiens et pas pratiquants, ce qui est une aberration. Moi je désire vivre comme un chrétien. Et le Christ était un militant. Par contre il est hors de question que je prenne une carte dans un parti politique. J'ai toujours gardé un fond anarchiste, je pense que le Christ était un peu anarchiste quelque part, je pense qu'on peut être à la fois chrétien et anarchiste, mais évidemment les gens ne comprennent pas, parce que tu dis "anarchiste" ça veut dire "Ni Dieu Ni Maître" mais pour le "Pas de Maître" je suis tout à fait d'accord et puis pour Dieu, ben moi je me repose sur les paroles de Paul qui dit "Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile. Tout m'est permis, mais je ne me laisserai pas asservir par quoi que ce soit". * Je ne renie pas ce que j'ai fait ou dit, je ne le condamne pas, mais il y a des choses que je ne veux plus faire parce que j'ai envie de construire et pas de détruire. Et par construire je ne veux pas dire construire une famille et avoir trois mômes, ça ce n'est toujours pas mon problème. Ca peut être ne serait-ce que construire artistiquement.
 
Construire pour soi, pour les autres. Détruire c'est bien parce qu'il y a forcément un moment où tu as envie de t'opposer, évidemment, mais je ne suis plus un adolescent. Je suis adulte, sans espoir de retour !
Moi, quand je me prends les pieds dans le tapis je suis ridicule. Toi tu es charmant. Comment fait-on pour rendre sensuelles ses maladresses ?
Moi quand je me casse la gueule je me trouve ridicule et quand je te vois te casser la gueule je te trouve charmante ! c'est subjectif. Et aussi, si ça passe mieux chez toi ou chez moi que chez d'autres, c'est le fait d'en être conscient. Je suis conscient de mes maladresses et d'un certain nombre de choses qui chez moi déconnent. J'essaie de faire avec. Ou peut-être que ça te semble charmant à toi parce que tu te reconnais en moi...
 
Et les tatouages c'est pour quoi ?
Esthétiquement c'est un truc qui m'intéresse beaucoup. Au départ, tu le sais très bien, c'était de la rébellion, ah ah ah, bien pauvre rébellion mais c'était ça. Maintenant je suis un peu dans un engrenage parce qu'il m'a laissé en plan, donc c'est vraiment pas beau. Mais je vais terminer, je ne désespère pas. Mettre en couleurs, tout ça. Par contre si maintenant ma peau était vierge je ne ferais peut-être plus de tatouages. Parce que maintenant ça n'a strictement pas plus d'importance que d'avoir un nouveau blouson en jean.
 
Où en es-tu de tes collaborations pour les albums des ex For Roses, ou The Village, et de tes projets personnels ?
Avec The Village je vais faire plutôt des lectures, il y aura un texte écrit spécialement et un qui sera remodelé avec des petits trucs mélodiques, le tout largement en improvisation. Pour les ex For Roses, je vais sans doute collaborer pour quelques titres avec Edwin le Héron qui joue maintenant avec une chanteuse, Marjorie, que j'apprécie beaucoup. Quant à mon album, il est composé essentiellement par trois personnes : Georges (qui es de plus en plus génial et aussi avec groupe Pure Sins), moi et Maxence Cyrin qui a auparavant fait de la techno, un album de piano assez "Debussy-Ravel-Sakamoto" et des trucs un peu bruitistes à la EinstŸrzende Neubauten. On s'est rencontrés par l'intermédiaire d'une amie et on travaille ensemble vraiment depuis quelques semaines. Après on va maquetter et démarcher pour trouver une maison de disques (quand je vois que Juliette Gréco a galéré cinq ans pour faire son album, à la limite, tu vois, je me dis pourquoi pas...). Et les paroles ce sera moi, comme toujours.
 
Penses-tu puiser de nouvelles sources d'inspirations dans ce qu'on appelle largement les musiques nouvelles ? Et utiliser des machines ?
Depuis les débuts de Taxi-Girl, on s'est toujours servis de machines à défaut d'autre chose. Si demain j'ai un mec comme Georges Martin aux manettes ou si je peux écrire pour un orchestre, c'est le rêve ! Sur le prochain album par exemple il y a un ami à moi qui s'appelle Samuel Chiron qui fera du violon. Mais dès les débuts de Taxi-Girl on se servait de machines parce qu'on n'avait pas l'argent de faire autrement. Si demain je pouvais me retrouver avec un orchestre symphonique il n'y aura plus de synthés. Mais je ne peux avoir de vrais jazzmen à la trompette, ni un orchestre symphonique...
 
Avec qui aurais-tu rêvé de travailler ?
Georges Martin avant tout, pour moi c'est un génie, Brian Wilson évidemment... En France Jean-Claude Vanier (qui a produit et co-écrit Melody Nelson), William Scheller, ce qui ne veut pas dire que j'aime tout ce qu'il fait. Il y a un mec, Akosh Szelevenyi, qui a fait des dates en première partie de Noir Désir. Il ne veut même pas jouer dans les clubs de jazz parce que ça pue, il a raison. Il joue dans le métro, du free jazz, il est très jeune, dans les 23 ou 24 ans, il est yougoslave. Je crois un peu aux rencontres comme ça. Par exemple Samuel Chiron n'est pas connu mais pour moi il joue largement mieux que John Cale à l'époque du Velvet. Pour avoir une indépendance financière, s'il faut travailler huit heures par jour, pour moi ce n'est pas de la prostitution. La prostitution c'est dans ce que tu fais au niveau artistique. Pascal Obispo est une prostituée.
 
Quelle serait aujourd'hui ta définition de la modernité ?
Je ne crois pas à la modernité. J'ai été, j'allais dire post-mortem... post-moderne. La modernité c'est aujourd'hui. Se réveiller, être vivant, je trouve ça assez moderne. Essayer d'abolir tout ce qu'il y avait entre ce qu'on désirait et ce qu'on vivait. Parce qu'on avait des idées qui étaient très très belles et on s'envoyait des jets d'héroïne pour que ça soit encore plus beau mais on ne vivait rien. Maintenant il faut essayer petit à petit. Ma modernité c'est que tout ce qui a été pour nous un rêve devienne réel. La réalité me semble très moderne.
(* : Paul. Première épître aux Corinthiens. 6-12. Traduction Louis Segond.)
DERNIER ALBUM EN DATE / NIJINSKY (BONDAGE, 1994)

http://interdits.net/interdits/index.php/Daniel-Darc-la-revolution-permanente/Confidences.html







Mort de Daniel Darc:
"Rien de ce que j'ai fait n'est désespéré"

28/02/2013

DR
Daniel Darc, ex chanteur de Taxi Girl, vient de mourir à l'âge de 53 ans. En 2008, cette tête brûlée qui commençait tout juste à découvrir l'apaisement nous accordait un entretien sans langue de bois.

C'est en interview que Daniel Darc assouvit au plus près son désir d'improvisation, de fulgurance, de free speech strident et magnétique. Une parole suprême. Entretien.
Tu as survécu à peu près à tout. Est-ce que tu pensais que tu pourrais survivre au succès de Crève cœur ?
Daniel Darc – Le succès est arrivé tard et en même temps tout de suite avec Cherchez le garçon. Je crois que je n'ai jamais vécu comme un mec qui avait du succès. Je suis un fils de prolétaires, je suis fier de ça, je suis arrivé là-dedans parce que les opportunités qui s'offraient à moi n'étaient pas nombreuses. C'était ça ou braquer des banques. Comme j'avais peur de me faire gauler, et vu que j'étais plutôt doué pour écrire des chansons… J'ai 48 ans et ce n'est pas maintenant que ça va changer ma vie. Je suis seul, je n'ai pas de femme, pas d'enfant, je vis dans un appartement assez merdeux, je n'ai pas tant de thunes que ça et je m'en fous, je ne vais pas me barrer en Suisse comme Johnny. La seule différence, c'est que maintenant, quand je veux une bière, je vais dans un café au lieu de l'acheter chez Leader Price. Il ne faut pas oublier qu'à l'époque de Cherchez le garçon, malgré le succès, je dormais sur la grille du métro Havre-Caumartin. Comme Miles Davis, j'ai tout foutu dans mes deux bras. Aujourd'hui, vu que je ne prends plus de came, j'ai davantage d'argent, je peux en donner à mes potes, à des causes et aussi en garder pour bouffer et pour boire.
En dehors de la question de l'argent, il y a eu aussi cette reconnaissance publique et critique incroyable. Ça ne t'a pas paralysé avant d'attaquer Amours suprêmes ?
Pas une seule seconde, je crois au contraire que ça m'a donné du courage. Pour la première fois depuis longtemps, je savais que je pourrais faire un prochain album. C'est tout ce qui importait. La seule chose qui a changé avec Crève cœur, c'est qu'auparavant je voulais composer le plus beau disque de tous les temps, ce genre de trucs à la con. Maintenant, je suis conscient que ce n'est pas le cas, mais j'y travaille. De toute façon, le plus beau disque de tous les temps, c'est Elvis qui l'a fait avec les Sun Sessions.

Sans cette pression, tu t'es senti plus libre ?
Pas vraiment, notamment parce qu'entre les deux albums la dépression s'est installée chez moi. J'ai passé pas mal de journées dans le noir, sans bouffer, en me levant juste pour pisser et boire. De la flotte. Je n'écoutais rien, je ne disais rien. Je ne sais même pas à quoi c'était dû. Je crois que je suis trop conscient qu'on va crever. Peut-être que c'est aussi lié à l'âge. Pour le rock, 48 ans, c'est vieux. Quand j'ai commencé Taxi Girl, les mecs de 28 ans, pour moi, c'étaient des vieillards. Aujourd'hui, je me demande : "Est-ce que je peux continuer sans mentir, sans devenir chiant pour les autres ?" Mais les gens me disent "T'es toujours là", comme si j'étais un survivant. J'ai fait vachement de mal aux autres quand j'étais junkie. Je me suis mal conduit, j'ai beaucoup pris sans rien donner en échange. Ce n'est pas une question de morale, un truc chrétien à la con, mais aujourd'hui, quand je suis malheureux, quand je me comporte mal, j'ai des remords. J'ai la conviction que pour aller le mieux possible il faut respecter les gens, les aimer. Surtout ça, aimer les gens.
Le titre Amours suprêmes, c'est un peu ça ?
Oui, et j'ai également beaucoup pensé au Cantique des cantiques : mes chansons d'amour sont dédiées à une femme et à Dieu en même temps. C'est aussi évidemment en référence à John Coltrane et son Love Supreme. Un jour, j'ai lu une interview d'Iggy Pop, il disait : "Je veux être un saxophone hurlant comme John Coltrane." Du coup, j'ai acheté un disque de Coltrane. Il a été tellement loin, et dans tous les sens, qu'après lui il n'y a plus rien à révolutionner. Le free-jazz est un point de non-retour. Avec le rock, à part quelques trucs comme les Stooges, les Damned, Sonic Youth et encore, tu reviens toujours à trois accords, c'est vite fait et t'emmerdes le monde. En plus, le freejazz est une musique qui donne envie de faire la révolution. J'aime bien cette idée.
Est-ce que, justement, dans le format des chansons que Frédéric Lo t'apporte, tu te sens parfois à l'étroit ?
Frédéric m'apporte des accords, je trouve une mélodie. C'est presque un truc oulipien. Je me sens parfaitement à l'aise dans le rock au sens oulipien du terme. C'est un peu comme La Disparition de Perec (livre de plus de 300 pages où n'apparaît jamais la lettre "e" – ndlr), je me pose des contraintes. J'aime bien l'idée de jouer aux autotamponneuses, de dégueuler, de me taper la tête contre les murs au niveau de l'écriture, mais quand j'écris j'ai besoin d'avoir quelqu'un près de moi. Seul, je ne suis bon à rien, je suis paresseux. Souvent, je vais au studio Ferber, Frédéric fait ses trucs de son côté et moi j'écris. J'ai toujours bossé à partir de chutes d'accords sur lesquelles j'invente des mots, je construis des poésies. Pour le duo avec Bashung, j'ai demandé un micro et un rythme métronomique à Frédéric et j'ai lu mon texte. Il a trouvé un refrain à la guitare qui m'a d'abord fait chier mais, maintenant, je l'aime bien. Pour moi, Bashung est le meilleur chanteur français. C'est un mythe. Sur le morceau, il fait un peu le tom basse, grave et viril, et moi la cymbale, avec un côté petit garçon. J'ai choisi l'anglais car on peut exprimer des choses crues qu'on n'aurait pas pu dire en français. Par exemple : "J'arrête la dope sans rien", "Je suis en manque". En même temps, c'était aussi un truc fun parce que ce sont des clichés rock mis bout à bout. Je suis moi-même conscient – et plutôt fier – d'être un cliché.

En français aussi tu dis des choses assez peu consensuelles, comme "j'ai gâché ma vie" sur J'irai au paradis.
C'est mon premier disque vraiment impudique. Mais dire "j'ai gâché ma vie" ne signifie pas que j'ai raté ma vie. J'ai gâché une partie de ma vie, je pense que j'avais un don que je n'ai pas exploité comme il le fallait. C'est un constat, il n'y a rien de désespéré dans cet album. Le jour où je serai vraiment désespéré, je me tirerai une balle dans la tête. Rien de ce que j'ai fait n'est désespéré. De toute façon, dans les périodes où je vais très mal, je suis dans l'incapacité d'écrire. Les périodes où je vais bien, je n'écris pas non plus, mais comme elles sont rares…








02/06/2013
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