Alain YVER

Alain YVER

DANIEL DARC " UNE VIE " De Christian Eudeline

DANIEL DARC  " UNE VIE "
De Christian Eudeline

 

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Daniel Darc, l'interview intégrale dans le Taxi - RTBF .be
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ENTREVUE
http://video-streaming.orange.fr/musique/daniel-darc-l-interview-punch-drunk-love_8613997.html




Christian Eudeline BIOGRAPHIE


Journaliste et critique rock, Christian Eudeline écrit dans VSD depuis une dizaine d'années, aux Echos et a collaboré à l'émission de France 2 "CDaujourd'hui". Il est l'auteur d'ouvrages sur le rock et le punk-rock dont Nos Années Punks (Denoël, 2002). Il a également participé à la rédaction de L'encyclopédie du rock français (1960-2000) et de L'encyclopédie de la chanson française. Il est également l'auteur d'une biographie de Michel Polnareff publiée chez Fayard.

 

Daniel Darc "UNE VIE" par Christian Eudeline
DESCRIPTION

    •    Description Il a rejoint Bashung et Gainsbourg au bar du Paradis : celui où les géants de la musique passent leur nuit éternelle. Super nova durant son existence, il trône désormais au panthéon des chanteurs, compositeurs les plus importants du répertoire musical français. Daniel Darc s'était rêvé voyou, et il s'était converti au protestantisme. Daniel était junkie mais il aimait sa maman. Mais surtout Daniel était un rocker, un rocker d'aujourd'hui que Christian Eudeline a suivi pendant trente ans. Il l'a d'abord vu de l'extérieur, en tant que fan de Taxi-Girl, compilant des tonnes de documents qui ont aujourd'hui valeur d'archive universelle. Puis il l'a apprivoisé en tant que journaliste pour mieux le connaître de l'intérieur. A ce titre, il lui a posé les questions qu'il n'aurait jamais osé formuler à son meilleur ami... et Daniel Darc lui a répondu longuement, en confiance, au gré de sa carrière chaotique, auto-détruite puis ressucitée : désormais forcément mythique. Il écrit aujourd'hui le livre le plus érudit et le plus sensible sur un artiste clé de la nouvelle vague française à la croisée des chemins entre la légende rock, la poésie et la chanson française. Un bio définitive, le roman d'une vie unique, écrite depuis les deux bords du fleuve.






Daniel Darc, une vie
Auteur Christian Eudeline
Pagination 400 pages



En 20 ans de complicité, Eudeline lui a posé les questions qu'il n'aurait jamais osé formuler à son meilleur ami. Un an jour pour jour après sa mort, le journaliste rock livre d'une façon magistrale la vie intime et la carrière unique de Daniel Darc, le "pétrisseur d’étoile”.
depuis les deux bords du fleuve.
Préface de Dominique A.
De Darc, il nous reste des albums somptueux, et quelques images : les poignets  tranchés du Palace, le Sacré-Cœur tatoué sur le torse, du cuir, de la poudre…toute la mythologie rock’n’roll que le chanteur s’était appliqué à vivre à la lettre, par amour du geste, jusqu' au bord du gouffre, prêt à faire le saut de l’Ange. Et l’Ange a chuté.
Mais de Daniel, on ne sait que peu de choses. Né Rozoum, petit-fils de déporté du Vel‘ d’Hiv’, Daniel était juif, mais s’était converti au protestantisme. Il s’était rêvé voyou, et goûta de la prison. Il aimait les arts martiaux et a fracturé quelques crânes dans sa jeunesse punk. Il était fou de littérature, connaissait son Vian et son Ginsberg. Les Enfants du Paradis était son film fétiche, et il savait tout d’Elvis, de Dean, des icônes. Sans le savoir, il écrivait sa légende. Une légende du rock que Christian Eudeline a suivi pendant trente ans. D’abord en fan des premières heures de Taxi Girl, puis en l’apprivoisant en journaliste, en complice. Daniel Darc lui à répondu, au gré de sa vie et carrière brisées, ressuscitées, désormais mythiques. Il offre aujourd’hui le livre le plus éclairant et le plus sensible sur l’artiste qui a rejoint Bashung et Gainsbourg au bar du paradis : celui où les géants de la musique passent leur nuit éternelle.


http://ring.fr/livre/livre.php/livre/daniel-darc-une-vie









D'AUTRE CHOSES SUR

DANIEL DARC !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!





Daniel Darc dans le taxi de Jérôme Colin : L’interview intégrale


DANIEL DARC : Bonsoir. JEROME : Bonsoir monsieur. DANIEL DARC : Ça va bien ? JEROME : Oui.
DANIEL DARC : Je voudrais aller à l’hôtel Manos, vous connaissez ça ?
JEROME : D’accord, pas de problème. Vous allez bien ?
DANIEL DARC : Ben oui, j’arrive, je suis de Paris. Ah, on ne pourrait pas passer par la Place de Brouckère ? JEROME : Si on peut notamment passer par la Place de Brouckère.
DANIEL DARC : Parce qu’il y a un de mes héros qui a fait un truc qui s’appelle comme ça, c’est Django Reinhard. Django Reinhard, un de ses thèmes s’appelait Place de Brouckère.
JEROME : C’est vrai ?
DANIEL DARC : Oui.
JEROME : Ah je ne connais pas du tout ce morceau.
DANIEL DARC : Ça fait longtemps que vous faites « taxi » ?
JEROME : Je suis « taxi » depuis 5 ans.
DANIEL DARC : Vous êtes à votre compte ?
JEROME : Oui.
DANIEL DARC : Ça revient vachement cher ???

Les interviews d’Hep Taxi ! Jérôme Colin au volant, le portrait en mouvement de DanielDarc
JEROME : Oui. C’est pas facile. C’est pour ça que je fais payer les clients assez cher... DANIEL DARC : Attendez... Pourquoi ? Y’a pas un compteur ?
JEROME : Si y’a un compteur, il est là-bas, mais vous ne pouvez pas le voir.
DANIEL DARC : Alors c’est pas assez cher, c’est normal. Non ?
JEROME : Oui, non, c’est des prix plutôt normaux mais c’est vrai que ça revient cher.
DANIEL DARC : C’est normal ou pas normal, pourquoi plutôt normal ? C’est quoi ce truc ? Faut pas déconner. Je suis désolé, moi je ne suis pas bourré de tunes.
JEROME : Vous êtes chanteur, vous êtes bourré de tunes !
DANIEL DARC : On peut dire « tu » ?
JEROME : Oui. Tu es chanteur, tu es bourré de tunes ! Tous les chanteurs sont bourrés de tunes, on dit ! DANIEL DARC : Je ne suis pas chanteur. Quelqu’un t’a dit que j’étais chanteur ?
JEROME : Oui. Je connais tes disques.
DANIEL DARC : Non, mais c’est mon frère en fait. On nous confond tout le temps.
JEROME : Je connais tes disques Daniel Darc !
DANIEL DARC : Moi je suis charcutier.
JEROME : Ils m’ont fait dresser les poils sur les bras depuis que j’ai 15 ans.
DANIEL DARC : Moi c’est David Darc, je suis charcutier. Oui ? Depuis 15 ans ? Depuis 15 ans ils restent... Y’a rien à faire ?
JEROME : Ben des fois quand je regarde autre chose, ils s’arrêtent...
DANIEL DARC : Coupe-les peut-être ?
JEROME : Comment ?
DANIEL DARC : Coupe-les parce que depuis 15 ans ça doit être chiant.
vrai ?
JEROME : Non, c’est vrai. Vous m’avez fait passer des beaux moments.
DANIEL DARC : Tu... tu ne veux pas...
JEROME : Tu m’as fait passer des beaux moments.
DANIEL DARC : J’espère que ça va continuer.
JEROME : Comment ?
DANIEL DARC : J’espère que ça va continuer.
JEROME : Oui.
DANIEL DARC : Tes bons moments, et moi aussi. Putain, je suis parano ! J’ai rien pris mais j’ai
l’impression qu’une caméra nous prend en photo. J’ai l’impression qu’il y a une caméra devant.
Tu trouves la vie belle ?
DANIEL DARC : Y’a beaucoup de mecs qui se défoncent ici ?
JEROME : Comme partout.
DANIEL DARC : Comme partout. Moi j’aime pas trop.
JEROME : Vous êtes en forme pour le moment ? La vie est belle ?
DANIEL DARC : Non... la vie est belle ! T’es fou toi. Tu trouves la vie belle ? JEROME : Des fois oui.
DANIEL DARC : Des fois oui, mais bon... Des fois elle est bien dégueulasse. JEROME : Des fois elle est bien dégueulasse.
DANIEL DARC : Non...
JEROME : Mais des fois elle est belle non ?
DANIEL DARC : Oui...bien sûr. Souchon il a fait un truc vachement bien. Au niveau de l’écriture, y’a une chanson de Souchon, tu connais Souchon ?
JEROME : Oui.
DANIEL DARC : Il dit : c’est vrai que la vie est une fille de rien – enfin je sais pas – à ce moment-là t’es vraiment bien... Il dit : ce moment-là était bien, y’a pas vraiment après.... Putain, c’est génial ce qu’il écrit, cet enculé. Trop fort. C’est le seul mec en France qui est bien.
JEROME : Et vous, votre style c’est... DANIEL DARC : Mon style...
JEROME : « Les regrets, ça va droit au cœur ».
15 ans avec les poils en l’air... C’est

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DANIEL DARC : Féminin. Ah tu connais ça.
JEROME : « ... jusqu’à ce qu’on meurt ... ». C’est moins joyeux.
DANIEL DARC : On s’arrête genre dans une épicerie, tu vois ? Non ? JEROME : Oui. Dès que je vois une épicerie, je m’arrête.
DANIEL DARC : Je te remercie. Et puis après, de Brouckère c’est loin ou pas ? JEROME : Non. C’est pas très loin.
La famille
DANIEL DARC : T’as de la famille ? JEROME : Oui j’ai de la famille. DANIEL DARC : Enfants ? JEROME : Oui.
DANIEL DARC : Combien ? JEROME : 3.
DANIEL DARC : Non ! JEROME : Oui.
DANIEL DARC : Mais quel âge t’as toi ? JEROME : 33.
DANIEL DARC : 33 et t’as 3 mômes. JEROME : Oui.
DANIEL DARC : Et tu vas continuer ou tu arrêtes là ? JEROME : J’arrête là.
DANIEL DARC : Putain. Comment ils s’appellent ? JEROME : Ils s’appellent Matisse, Adèle et Antoine. DANIEL DARC : Matisse ?
JEROME : Matisse, Adèle et Antoine.
DANIEL DARC : Lequel est le plus jeune ?
JEROME : Antoine.
DANIEL DARC : Il a quel âge ?
JEROME : 3 ans.
DANIEL DARC : 3 ans. Et le plus vieux ?
JEROME : Matisse, il a 7 ans.
DANIEL DARC : 7 ans. Et Adèle ?
JEROME : Elle a 5 ans.
DANIEL DARC : Oui... C’est bien, c’est cool, tu dois être content.
JEROME : Oui. C’est pour ça que des fois la vie est belle.
DANIEL DARC : Oui. Et alors, la première fois, je suis sûr, au départ tu voulais un garçon puis ta fille est sortie la première. T’as flippé non ?
JEROME : Non, c’est un garçon qui est arrivé en premier.
DANIEL DARC : Ah bon ?
JEROME : Et vous, vous avez de la famille ?
DANIEL DARC : Heu...non, je connais pas... Si j’ai ma mère, oui. Ma mère. Mon père il est mort. Ma grand-mère est morte à Auschwitz, les autres je sais pas trop... Y’en a d’autres à Auschwitz. Très cosmopolite. JEROME : Pourquoi vous avez cette vision...
DANIEL DARC : Vision quoi ?
JEROME : Vision triste de la vie ? Comme quoi, ça ne peut pas nous amener de bonheur finalement.
DANIEL DARC : Non, je sais pas, le mot « bonheur », je sais pas, pour moi, c’est connoté genre tu vois, Las Vegas, tu sais, je ne sais pas si vous avez ça en Belgique, en France tu grattes ton truc, ah chéri on a gagné, on part... Des trucs bien dégueulasses de PMU. Tu sais, les morpions par exemple. Morpions, ça porte bien son nom. T’as eu des morpions déjà ?
JEROME : Est-ce que j’ai déjà eu des morpions ?
DANIEL DARC : Oui.
JEROME : Non.

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DANIEL DARC : Oh, c’est une galère ! Moi, c’est Mondino qui m’a rasé les couilles. JEROME : Comment ?
DANIEL DARC : Tu sais Mondino, tu connais, le photographe Mondino.
JEROME : Oui.
DANIEL DARC : C’est lui qui m’a rasé les couilles.
JEROME : Ah ben c’est sympa.
DANIEL DARC : Il a regardé, il m’a dit : oh ben y’en a trop, il faut raser. Y’en avait partout. Tu sais t’as l’impression d’avoir des minis crabes sur tes couilles, oh lala... Je te jure.
JEROME : Et bien je n’ai jamais eu de minis crabes sur les couilles.
DANIEL DARC : C’est horrible.
Les mythes du rock
JEROME : Alors vous, votre truc, depuis toujours...
DANIEL DARC : C’est quoi ?
JEROME : Vous êtes fasciné par les mythes du rock, c’est génial, et donc, vous avez voulu mourir jeune, évidemment...
DANIEL DARC : Et donc minis crabes tu trouves que c’est un mythe rock ?
JEROME : Non, un peu, les morpions c’est un peu un mythe rock, parce que c’est sex, drugs and rock’n’roll. DANIEL DARC : J’ai eu la gale aussi.
JEROME : Oh ! Et donc dans votre truc, dans votre amour du mythe rock, il y a ce côté je veux mourir jeune et puis ça vous avez dépassé parce que vous n’avez plus 24 ans et puis maintenant vous dites, je me suiciderai quand je ne banderai plus.
DANIEL DARC : Oui, non, en fait c’est pas sincère parce que je ne bande plus déjà.
JEROME : Oh, Daniel !
DANIEL DARC : Hein ? C’est vrai. Ben écoute, je sais pas quoi, moi je suis hétéro, tu vas pas commencer à me faire des plans, attends, ça va.
JEROME : Moi aussi je suis hétéro.
DANIEL DARC : Attends, je te vois venir, genre je te parie que je te fais monter... Tout ça, non, non, ça marche pas.

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Pourquoi vous faites de la musique ?
DANIEL DARC : Je sais rien faire d’autre. Je sais pas.
JEROME : C’est une bonne excuse, tiens ça. Pourquoi vous ne savez rien faire d’autre ?
DANIEL DARC : Parce que gangster c’est une galère... pour aller faire une banque, tu imagines le truc, caméra, c’est chiant. Même pour ça il faut être doué. Putain, à priori, t’arrives avec un flingue, c’est bon t’as pas à te faire chier, mais même pour ça maintenant il faut suivre la technologie et tout ça, non, c’est chiant. JEROME : Pourquoi vous chantez ? Pourquoi vous écrivez ?
DANIEL DARC : Pourquoi j’écris ? Parce que, je sais pas, parce que je sais écrire, autant m’en servir. JEROME : Pourquoi vous savez écrire ?
DANIEL DARC : Pourquoi ? Tu sais pas ? Tu sais ou tu sais pas ?
JEROME : Bof.
DANIEL DARC : Alors pourquoi ?
JEROME : J’aimerais écrire mieux.
DANIEL DARC : Moi aussi.
JEROME : Vous, vous osez le montrer.
DANIEL DARC : Non... 90 % de ce que je fais, je montre pas, je jette.
JEROME : Oui mais y’a 10 % que vous osez montrer. Pourquoi vous osez montrer ?
DANIEL DARC : Parce que c’est mon métier. Parce voilà, qu’est-ce que tu veux...
JEROME : Ça vous fait trembler de chanter devant les gens, de faire un disque ? Ça vous amène du plaisir ? DANIEL DARC : Faire un concert, ça me fait vomir.
JEROME : C’est vrai ?
DANIEL DARC : Non, vraiment ! Avant de monter sur scène je dégueule, je suis malade, vraiment malade. C’est horrible, c’est vraiment dégueulasse. Mais bon, j’ai que ça à faire puis voilà. J’ai personne chez moi qui m’attend, faut bien passer le temps. Monter sur scène. Les mecs qui vont voir des concerts, ils paient, moi j’en fais, je suis payé. T’imagines de payer en plus le psy...
Dieu et l’homme
JEROME : Vous croyez en quoi ?
DANIEL DARC : En Dieu bien sûr.
JEROME : Ça sert à quoi ?
DANIEL DARC : Ça sert à rien. Est-ce que tu oserais demander à Dieu, si il était devant toi : tu crois en l’homme, ça sert à quoi l’homme ?
JEROME : Oui. Oui, bien sûr. Est-ce que tu crois en ce que tu as soi-disant créé ? Oui, bien sûr. Je pourrais lui demander.
DANIEL DARC : Et tu crois qu’il pourrait te répondre quoi ?
JEROME : Il me répondrait : plus ou moins.
DANIEL DARC : Ah oui ?
JEROME : Est-ce que tu crois en l’homme ? Plus ou moins. Est-ce que tu aimes bien l’homme ? Plus ou moins. Peut-être que c’est ça qu’il me répondrait.
DANIEL DARC : Tu crois pas simplement, si t’as Adèle, puis les autres comment ils s’appellent déjà ? JEROME : Matisse et Antoine.
DANIEL DARC : Matisse qui a 3 ans, c’est ça.
JEROME : Non, Antoine a 3 ans.
DANIEL DARC : Et Adèle ?
JEROME : 5.
DANIEL DARC : 5 ans. Ben, c’est pas arrivé comme ça. ???
JEROME : Mais tu ne m’as pas demandé la couleur de leurs yeux.
DANIEL DARC : Alors attends, je vais essayer de deviner. Matisse c’est vert. Non ? C’est ça ? Antoine c’est marron ?
JEROME : Antoine c’est tout bleu.
DANIEL DARC : Tout bleu.
JEROME : Comme leur mère.

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DANIEL DARC : Et ta femme elle est comment ? Oui, justement.
JEROME : Elle est canon.
DANIEL DARC : Je m’en doute, mais c’est une blanche, c’est une black ? C’est quoi ?
JEROME : C’est une blanche.
DANIEL DARC : Et elle est intelligente ?
JEROME : Oui.
DANIEL DARC : Elle est canon en plus ?
JEROME : Oui.
DANIEL DARC : Je crois pas qu’elle existe.
JEROME : Oui.
DANIEL DARC : Qu’est-ce qu’on fait là, parce que Place de Brouckère je m’en fous, mais je voudrais une épicerie, un truc.
JEROME : On va trouver une épicerie, t’inquiète pas. On va s’arrêter. Dès que j’en vois une, là c’est parce qu’on est sur la Petite Ceinture mais dès qu’on sort de la Petite Ceinture, je te promets que j’en trouve une. DANIEL DARC : Attends, la Petite Ceinture, c’est quoi ? On sort de Bruxelles là !
JEROME : Non, non, c’est la Petite Ceinture. Ah non, c’est pas comme à Paris.
DANIEL DARC : Parce qu’à Paris...
JEROME : C’est intérieur ici.
Je crois que j’écoute la même musique que vous
DANIEL DARC : Qu’est-ce que tu écoutes comme musique, toi ?
JEROME : Alors moi j’écoute, comme musique, un peu de tout, mais ce qui m’a formé, ce que j’ai adoré, petit, c’est Dylan, Johnny Cash, tout d’abord, Marley pour une autre période etc... Puis le punk, pas mal, principalement le punk anglais, Clash, Sex Pistols. Et puis dans les années 80, oh, des groupes comme Taxi Girl, que vous connaissez, puisque c’était vous... Et puis dans les années 90, ben comme tout le monde finalement, je suis revenu au rock avec Nirvana et j’ai aimé les musiques électroniques parce que j’aimais Kraftwerk. Voilà.. Puis tout de même, je pense, la même influence que vous. C’est pour ça que j’aimais Taxi Girl, je pense. C’est pour ça que j’aime vos disques. Parce ce que je crois que j’écoute la même musique que vous. Non ?
DANIEL DARC : Comment ? Pardon ?
JEROME : Je pense que j’ai écouté un peu la même musique que vous.
DANIEL DARC : Oui. Enfin, Nirvana, j’ai jamais vraiment écouté. Mais...le punk, je préfère le punk de New York.. Johnny Sanders, Patti Smith, ... Dictators. Ces trucs-là, new-yorkais.
JEROME : C’est quoi être punk ?
DANIEL DARC : Je sais pas.
JEROME : Vous, vous êtes devenu punk à quel âge ?
DANIEL DARC : On ne devient pas punk, on EST punk. Là je suis là pour 3 jours, justement je dois faire une conférence, on est plusieurs, y’a Yves Adrien, tu connais Yves Adrien ?
JEROME : Non.
DANIEL DARC
JEROME : Oui,
DANIEL DARC
JEROME : Vous
DANIEL DARC
JEROME : Vous
DANIEL DARC
JEROME : Où ça ?
DANIEL DARC : Oh, je sais pas, faut que j’appelle mon pote Doudou.
JEROME : D’où vient le punk ?
DANIEL DARC : Je sais pas d’où il vient... attends, qu’est-ce que tu veux que je te raconte ? Ben d’habitude le punk déjà, la première fois qu’on se rend compte qu’il y a le mot punk, c’est écrit dans Shakespeare, je sais plus où, et puis ça veut dire un petit giton, un petit voyou, un peu pédé, tu vois, une sorte de Joe Dallesandro.
: Yves Adrien. Patrick Eudeline, je sais pas si tu connais.
Patrick Eudeline, je connais.
: Puis y’a d’autres amis. Une conférence sur le punk, d’où vient le punk...
faites ça quand ? : Comment ? faites ça quand ? : Ben là, demain.

Les interviews d’Hep Taxi ! Jérôme Colin au volant, le portrait en mouvement de DanielDarc
Joe Dallesandro, tu vois ? Little Joe. Puis après, d’où il vient le punk, je sais pas. Je ne sais même pas d’où je viens moi.
Un peu d’harmonica
DANIEL DARC : Ça ne te gêne pas si je joue un peu d’harmonica ? JEROME : Ah non !
DANIEL DARC : Tu m’embrouilles pas avec ton compteur... JEROME : Non, non, je vous le jure.
DANIEL DARC : Non, sans déconner.
JEROME : Dès qu’on s’arrête, j’arrête. Et je ne vous fais pas faire de détour.
DANIEL DARC : Oui, c’est ça que j’aimerais bien.
JEROME : Vous inquiétez pas.
DANIEL DARC joue de l’harmonica.
JEROME : Et vous savez chanter avec ?
DANIEL DARC : En même temps pas bien.
JEROME : Vous savez pas me faire « La pluie qui tombe » ?
DANIEL DARC : Ah tu connais ça ?
JEROME : Une version originale de « La pluie qui tombe ».
DANIEL DARC : C’est ce qui va être original, hein !
JEROME : Je suis le plus petit public du monde, mais c’était magnifique !
DANIEL DARC : Oh t’inquiète pas. Oh, non, j’ai connu pire hein. Une fois y’avait un mec, il lui manquait les jambes.
JEROME : Comment ?
DANIEL DARC : Une fois y’avait un mec il lui manquait les jambes.

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Amours Suprêmes
JEROME : (rires). Et alors, votre dernier album, il s’appelle comment ?
DANIEL DARC : Excuse-moi, à Bruxelles, quand tu cherches une épicerie...
JEROME : Regardez.
DANIEL DARC : En fait, tu vas à Paris, le plus rapide c’est d’aller à Paris. Vite fait, chercher ton truc, tu reviens.
JEROME : Non, c’est parce qu’on était sur l’axe et puis là, il va y en avoir.
DANIEL DARC : Là, on est désaxé.
JEROME : Oui. Dans la montée qu’on va prendre, il va y en avoir une. Il s’appelle comment votre nouvel album ?
DANIEL DARC : Il s’appelle « Amours suprêmes ».
JEROME : Pourquoi ?
DANIEL DARC : Parce que l’amour est suprême. Non, parce qu’il n’y a plus que ça, tu vois je deviens vieux, y’a plus que ça qui me branche, l’amour. Avant de crever la seule chose bien, c’est l’amour. T’as des vrais voyous, comme chez nous ?
JEROME : Oui. Mais le sexe ou l’amour ?
DANIEL DARC : Oh, le sexe... non, non, l’amour. Dès que tu commences à baiser, t’aimes la voisine hein. Tu vois ce que je veux dire.
JEROME : Dès que tu commences à baiser, t’aimes la voisine...
DANIEL DARC : Malheureusement c’est un peu vrai.
JEROME : Est-ce que vous avez eu une immense histoire d’amour ?
DANIEL DARC : Une immense histoire d’amour ? Oui, elle est toujours en route, oui, bien sûr.
JEROME : Est-ce que vous avez connu une grande, grande histoire d’amour dans votre vie ?
DANIEL DARC : Oui, j’en ai connu même plusieurs. Y’en a une j’aurais pu m’en passer. 3. La plus belle c’est celle de maintenant. C’est fini. 3 ans avec elle, génial. C’est génial. Je suis plus ensemble... ! Je suis plus ensemble ! On ??? ensemble depuis 3 ans. Elle s’appelle Annabelle.
JEROME : Pourquoi c’était si bien ?
DANIEL DARC : Parce que c’est la plus belle femme du monde, à part la tienne. Et Adèle.
JEROME : Ah oui !
DANIEL DARC : A 4 ans ça doit être trop mignon. C’est vrai hein ?
JEROME : Comment ?
DANIEL DARC : A 4 ans elle doit être trop mignonne.
JEROME : Oui. Elle est trop cool.
DANIEL DARC : 3, 4, parce qu’elle avait 5 ans je croyais.
JEROME : Elle a 5 ans.
DANIEL DARC : 5 ans oui. ???
JEROME : Elle a 5 ans. Parlez-moi de votre histoire d’amour.
DANIEL DARC : Elle a les yeux, tu m’as dit quelle couleur ?
JEROME : Bleus.
Moi aussi j’aime bien votre pays
DANIEL DARC : Alors, mon histoire d’amour... Regarde, c’est quoi là ? JEROME : Vous pouvez vous rasseoir...
DANIEL DARC : Excusez-moi, y’a des flics, c’est ça ?
JEROME : Oui.
DANIEL DARC : Ils sont cons ? Enfin ils sont...
JEROME : Ils ne pardonnent rien.
DANIEL DARC : Le Sarkozy local, il s’appelle comment ici ? Ah oui, vous n’avez plus de gouvernement. JEROME : Le Sarkozy local il s’appelle comment ? !
DANIEL DARC : Vous n’avez plus de gouvernement, c’est ça.
JEROME : On en a un provisoire maintenant. Pas mal hein.

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DANIEL DARC : Et alors ? C’est quoi ?
JEROME : Un gouvernement provisoire nous monsieur. Ben c’est le gouvernement d’avant.
DANIEL DARC : Ils sont tous provisoires.
JEROME : Qui est provisoire parce qu’il y a des gens qui ne savent pas ce qu’ils doivent faire avec notre pays. Ils veulent tout compliquer.
DANIEL DARC : Ben, venez chez nous puis les autres ils vont chez les Allemands et puis voilà. Non ? Au niveau de la langue ils se reconnaissent.
JEROME : Chez les Hollandais.
DANIEL DARC : Les Hollandais.
JEROME : Oui mais on aime bien notre pays.
DANIEL DARC : Moi aussi j’aime bien votre pays. - Oui mais y’en a partout, tu m’embrouilles là... JEROME : Oui mais regardez bien...
DANIEL DARC : C’est pour la tune que tu me fais le truc...
JEROME : Non.
DANIEL DARC : Attends, on tourne...
JEROME : Vous allez voir que dans 150 mètres à peu près on s’arrête.
DANIEL DARC : Oui, et alors ?
JEROME : Et je vais vous faire un cadeau.
DANIEL DARC : Ah oui ?
JEROME : On va se boire un bon verre.
DANIEL DARC : Ah, ok. Après faut que j’achète quelque chose, s’il te plaît, faudrait que j’achète quelque chose.
JEROME : Ok.
DANIEL DARC : J’y vais là ?
JEROME : Attends, je vais me mettre là sur le bord, d’accord ?
DANIEL DARC : Tu te mets où tu veux.
JEROME : Et on y va ensemble. Je vais me mettre là sur le bord et on y va ensemble.
DANIEL DARC : Oui, d’accord, ok.
Comment tu m’as dit que tu t’appelais déjà ?
DANIEL DARC : Oui, un rappeur, je le croise dans la maison de disque...
JEROME : Aro.
DANIEL DARC : Il me prend dans ses bras. Aro, je sais pas, j’écoute ça, Aro, je dis mais excuse-moi, tu sais il avait une capuche, je croyais que c’était Joe Starr, Joe Starr je le connais, je vois pas pourquoi il me prend dans ses bras, et en fait il me dit je m’appelle Aro, je dis excuse-moi, tu dois te tromper parce que moi je suis Daniel Darc. Oui, mais c’est trop de la bombe ce que tu fais, il avait, je te jure, il me prend dans ses bras, donc je le prends dans mes bras, y’avait Doudou qui était là, il n’en revenait pas. Il s’est mis à pleurer. Le mec genre 30 ans, pfff, immense, plus grand que toi, plus grand que moi, c’est pas difficile, mais grand, baraqué,
incroyable, ..
JEROME : Oui, et il vous adorait. Il t’adorait.
DANIEL DARC : Ben oui. Et c’est fou, ça me touche vachement plus que ??? Comment tu m’as dit que tu t’appelais déjà ?
JEROME : Jérôme.
DANIEL DARC : Jérôme... Le papa d’Odile, c’est ça ?
JEROME : Adèle.
DANIEL DARC : Adèle, pardon. Qui a 4 ans. 4 ans ou 5 ans, je ne me rappelle jamais.
JEROME : 5 ans.
DANIEL DARC : Depuis quand ? Elle est née quel jour ?
JEROME : 18 mars.
DANIEL DARC : 18 mars, elle est quoi comme signe ?
JEROME : Je sais pas.
DANIEL DARC : T’as jamais cherché ?
JEROME : Ben, j’ai pas du tout l’astrologie...

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DANIEL DARC : C’est vrai ?
JEROME : Non.
DANIEL DARC : En Chinois tu sais bien forcément ce qu’elle est.
JEROME : Non.
DANIEL DARC : Non ?
JEROME : Non.
DANIEL DARC : Et ta femme elle est quel signe ? Ne me dis pas que tu sais pas le signe de ta femme. JEROME : Elle est scorpion. Je le sais parce que c’est comme moi.
DANIEL DARC : Quelle date et quelle date ? Elle, elle est...
JEROME : 9 novembre.
DANIEL DARC : Elle le 9 et toi le ?
JEROME : Le 9, aussi.
DANIEL DARC : Vous êtes nés le même jour.
JEROME : Oui.
DANIEL DARC : En fait c’est ta jumelle. C’est ta sœur jumelle.
JEROME : Non. C’est pas ma sœur jumelle mais on est né le même jour.
DANIEL DARC : C’est interdit normalement. Tu sais, mon ancienne femme, Annabelle, elle est née le 11 novembre 71. (Il chante). 19 fois, il le fait 19 fois.
Vous êtes un survivant, Daniel
JEROME : Alors, vous êtes d’accord pour dire que vous êtes un survivant, Daniel ?
DANIEL DARC : Oui, je suis d’accord si tu m’expliques la différence, si vous m’expliquez la différence, j’aime pas dire vous.
JEROME : Tu m’expliques. Dis-moi.
DANIEL DARC : Entre survivant et vivant, c’est quoi la différence ?
JEROME : C’est-à-dire que survivant c’est être passé par des épreuves à priori très difficiles.
DANIEL DARC : Ah c’est être survivant. Et vivant c’est quoi ?
JEROME : Vivant ça veut dire qu’il y a le cœur qui bat et que la vie a peut-être été belle.
DANIEL DARC : JE SUIS UN VIVANT SURVIVANT. Mais en fait, je suis un mort en puissance.
JEROME : Ça, tout le monde.
DANIEL DARC : J’ai fait un rêve affreux l’autre fois, tout le monde mourrait. C’est horrible ça. A la fin, les gens au lieu de vieillir jusqu’à 6 ans, ben non, ils mourraient vers 80. C’était flippant.
JEROME : Daniel. Heureusement que c’est des conneries.
DANIEL DARC : Et les bouffons qui nous font chier avec leur St Suaire.
JEROME : Pourquoi vous avez vu le côté sombre de la vie et pas le côté lumineux vous croyez ?
DANIEL DARC : Hey baby. Take a walk on the wild side. (harmonica).
JEROME : Dites-moi ! Take a walk on the wild side. Ben oui ben tiens, c’est bien plus excitant, mais qu’est-ce qu’on y gagne ?
The Walk on the Wild Side
JEROME : Qu’est-ce qu’on y gagne Daniel, à prendre une promenade sur le wild side DANIEL DARC : On y gagne le danger.
JEROME : Comment ?
DANIEL DARC : Le danger.
JEROME : On y gagne le danger, mais qu’est-ce que ça a d’intéressant, le danger ? Quand c’est tout le temps... DANIEL DARC : Quand c’est tout le temps, ça devient comme tout ce qui est tout le temps, c’est chiant. Faut décrocher du danger.
JEROME : Je comprends que ce soit complètement excitant le walk on the wild side...
DANIEL DARC : T’imagines, une vie sans danger ?
JEROME : Oui...c’est chiant.
DANIEL DARC : Bienvenue, comment ça s’appelle, 1984 Eurasia, je ne sais pas...

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JEROME : Oui, mais une vie avec que ça, Daniel ! (harmonica). Une vie avec que ça ! DANIEL DARC : Avec que ça, ben tu meurs plus vite. (harmonica).
JEROME : Oui mais c’est pas bien. Pourquoi un moment on s’en rend pas compte ? DANIEL DARC : Hé, des bends Tu sais faire des bends ? Tu joues de l’harmonica ? JEROME : Non, je ne joue pas de l’harmonica.
DANIEL DARC : Ecoute ça, le bend.. Mais je ne sais pas le faire bien (harmonica).
JEROME : Vous auriez aimé avoir une petite vie peinarde ?
DANIEL DARC : Qu’est-ce que tu veux que je foute d’une vie peinarde ? Tu veux pas me dire tu parce que pfff...
JEROME : Tu aurais aimé avoir une petite vie peinarde, Daniel.
DANIEL DARC : Franchement, t’imagines, si tu faisais une émission, tu jouerais le taxi, tu serais pas doué... Mais qu’est-ce que tu veux que je foute d’une vie peinarde.
JEROME : J’en sais rien.
DANIEL DARC : Avec un chien qui s’appelle Lassie ? Ou Toby.. Toby, ça c’est bien. Toby qui m’attend. Non, qu’est-ce que tu veux que je foute de ça, putain. Et quand ta meuf dit qu’elle a ses règles, elle veut plus se faire baiser ?... Mais là on est entre nous. Elle a ses règles, elle me dit non, mais moi j’aime bien ? C’est bon. Y’a que les meufs qui saignent. Ah y’a une chanson d’Alice Cooper qui était géniale, c’était.. Et y’a l’autre qui m’a dragué toute une nuit, putain, il m’a fatigué, toute une nuit il a voulu me baiser, comment il s’appelle ?
« Où sont les femmes »...
JEROME : Patrick Juvet.
DANIEL DARC : Patrick Juvet, le pauvre con, il n’avait pas compris. ??? il avait traduit par «seules les femmes pleurent ». Elles pleurent de la.. Elles pleurent de la chatte.
JEROME : Ohhhh !
DANIEL DARC : Je suis un peu graveleux, je sais.
JEROME : Tu es graveleux Daniel. Tu es graveleux.
DANIEL DARC : Les femmes pleurent de la chatte. Tu sais les mecs qui ont rencontré Rimbaud, ils étaient hyper déçus.

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Je sais bien que tu es tatoué, Daniel
JEROME : Et votre tatouage, ça vient d’où ? DANIEL DARC : Où t’as vu des tatouages ? JEROME : Là.
DANIEL DARC : Où ça ?
JEROME : Là.
DANIEL DARC : Comment t’as vu ça ?
JEROME : Parce que je les ai vus.
DANIEL DARC : Attends. Non. Je sais pas comment t’as pu... J’ai pas de tatouages.
JEROME : Oui. Mais je te connais, je sais bien que tu es tatoué, Daniel.
DANIEL DARC : ..
JEROME : Tu veux me les montrer ?
DANIEL DARC : J’étais sûr que tu es pédé.
JEROME : Mais non, je ne suis pas pédé.
DANIEL DARC : Depuis le début...
JEROME : J’aime bien les tatouages par contre. Prison Break. Prison Break, à côté...
DANIEL DARC : J’ai jamais vu Prison Break.
JEROME : Il est ridicule, hein.
DANIEL DARC : J’ai jamais vu. C’est bien ou pas, franchement ? Enfin, je comprends pas.
JEROME : Oui, y’a du suspens.
DANIEL DARC : Ils veulent s’arracher et à chaque fois ça foire ? Mais au bout de... t’en as marre.
JEROME : Ils s’arrachent. Ah non, à un moment ça marche. Il a les plans sur lui, sur ses tatouages.
DANIEL DARC : Oui c’est ça, il s’est fait tatouer les plans de la prison, c’est ça ?
JEROME : Oui. Comme ça il se souvient.
DANIEL DARC : C’est complètement con. Le mec qui lui tatoue le plan de la prison, c’est qui ?
JEROME : En fait, il n’a pas tatoué les plans de la prison, il a tatoué plein de trucs et lui voit dans toutes les formes les plans de la prison, si tu veux. C’est pas un vrai plan. C’est plein de dessins mais dans lesquels il y a les plans de la prison.
DANIEL DARC : Ben, j’ai pas bien compris l’histoire mais t’as vu ils sont ???
JEROME : Bon je peux les voir tes tatouages ?
DANIEL DARC : T’as vu Dr House ? Oh mais arrête. Je t’ai dit, je suis hétéro...
JEROME : Mais moi aussi merde. Juste voir les tatouages.
DANIEL DARC : Est-ce que tu aimes bien Dr House ?
JEROME : Je connais pas.
DANIEL DARC : Mais non, le médecin, la série...
JEROME : Je connais pas.
DANIEL DARC : Bon, voilà (il montre ses tatouages). C’est le cœur sacré. J’ai écrit pour un mec qui s’appelle Thierry Amiel, ça m’a payé mon tatouage. Le cœur sacré, ça s’appelait la chanson. Ben j’ai fait un cœur sacré.
JEROME : Et les bras ?
DANIEL DARC : Les bras ? Ça couvre des anciens shoots. Et là c’est une cicatrice.
JEROME : Alors j’aime bien le bras où il y a tout qui contourne les cicatrices, c’est très beau.
DANIEL DARC : Ah oui, ça c’est la première partie des Talking Heads à l’Olympia. En fait je tranche les veines comme ça, et ça coule pas. Pourtant c’était interne. Je fais ça puis d’un seul coup... alors je descends dans la salle, je me faisais chier en fait, je descends dans la salle, j’en fous partout, et je vais te raconter un truc qui était marrant, qui m’a fait marrer, c’est vrai, et donc y’en a un qui tombe, y’a un mec aux cheveux longs, il avait les cheveux longs, dégueulasses, genre .. Dire Straits...
JEROME : A vomir.
DANIEL DARC : Qui se le prend dans la gueule, il tombe, puis une autre meuf qui tombe aussi, mignonne,.. et puis voilà, et je remonte sur scène et là le pompier, il me saute dessus quasiment, tu sais, y’a toujours un pompier, il me dit monsieur, faut aller à l’hôpital tout de suite. Non, ça vaut pas la peine. Monsieur, monsieur, monsieur... Puis l’artère, tu sais avec mon cœur... je lui en fous dans la gueule, il tombe, il s’est évanoui. Ils ont amené un pompier pour le remettre en forme. Hé oui.

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JEROME : Et ce tatouage, tu peux le montrer là ? Il est magnifique. C’est très beau, je trouve. DANIEL DARC : Et tu vois ? Mais je suis content de ma croix dans le dos, puis mon cœur sacré...
Pourquoi tu t’es pas fait tatouer ?
JEROME : Ça veut dire quoi les tatouages ? Pourquoi on se tatoue ?
DANIEL DARC : Pourquoi on se tatoue ? J’aime bien un mec, je crois qu’il s’appelle Pascal Tourain, qui a écrit un bouquin qui s’appelle, c’est pas.. l’Homme tatoué mais un truc dans le genre, qui joue cette pièce, il est tatoué par Tintin, un tatoueur assez connu en France... Ah oui tiens, est-ce qu’il y a un tatoueur près d’ici ?
Près du Manos ? Manos machin truc ? Le Manos Hôtel. Y’a un tatoueur à côté ?
JEROME : Je ne crois pas.
DANIEL DARC : On y va d’ailleurs là ? On arrive quand ?
JEROME : On arrive dans... 5, 6 minutes au Manos.
DANIEL DARC : D’accord. Ce que ça veut dire ? Oui donc dans sa pièce y’a un truc que j’aime bien, c’est que, il parle de ce truc, les gens qui lui demandent toujours « pourquoi tu t’es fait tatouer ? ». Et il dit mais, vous vous rendez compte que vous avez vraiment beaucoup de chance parce que à chaque fois vous aussi nous, les tatoués, on pourrait venir vous voir et à chaque fois vous on dirait : « mais pourquoi tu t’es pas fait tatouer ? » JEROME : Mais vous, pourquoi, vous pouvez me le demander...
DANIEL DARC : Pourquoi tu t’es pas fait tatouer ?
JEROME : Parce que j’ai peur des marques qui restent toute la vie. Parce que je change.
DANIEL DARC : Je croyais que c’était les aiguilles.
JEROME : Non.
DANIEL DARC : Ben oui, mais les marques qui... justement, ça différencie par exemple... les piercings, tout ça, justement ça marque toute la vie. C’est ça qui me branche.
JEROME : Mais pourquoi vous avez envie d’être marqué toute la vie ? On change. La rédemption ça existe. DANIEL DARC : Ben oui...
JEROME : Le pardon.
DANIEL DARC : Tu crois que vraiment, Jésus si il arrive demain, devant nous, tu crois que c’est à cause de mes tatouages qu’il va me dire : oh toi, tu rentres pas au paradis.
JEROME : Mais non..
DANIEL DARC : Ok. Et autre chose : ça évite plein de cons. Tu vois par exemple, j’ai rencontré des... mon premier tatouage, je me rappelle d’un particulièrement, j’avais une fiancée, ses parents à priori y’avait rien, enfin comme à l’époque j’avais pas d’argent ils n’avaient pas envie que.. et alors j’ai pas eu à dire un mot, je me suis barré, c’était en Normandie, je suis retourné à Paris avant d’avoir dit bonjour. J’arrive, je suis en
« marcel », j’avais mes tatouages, c’était pas ceux-là, et le regard qu’ils ont jeté ! Et voilà c’est clarifier le truc. Plus c’est crétin, plus ça va vite, plus c’est intelligent.
JEROME : Pour clarifier la situation c’est ça ?
DANIEL DARC : Oui. Pour clarifier la situation, bien sûr. Quel est l’intérêt de se faire chier avec des cons ??? Seul Dieu peut me juger.
Dieu, l’Eglise, les protestants,..
JEROME : Et vous, vous croyez en Dieu ? Vous êtes protestant. DANIEL DARC : Je suis protestant. Je trouve ça bien, protestant. JEROME : Pourquoi ?
DANIEL DARC : Protestant, c’est bien.
JEROME : Pourquoi ? Parce qu’il y a le mot proteste dedans ?
DANIEL DARC : Non mais en plus protestant, comme l’église, à la base de ça, cette confession, pas religion, .. cette confession, ça veut dire pro-tester. C’est-à-dire, tester, enfin, témoigner avec..
JEROME : Y’a pas de notion de rédemption dans le protestantisme, c’est vrai ?
DANIEL DARC : Je sais pas qui a dit ça ? En plus qu’est-ce que tu entends par rédemption d’abord ? JEROME : Ben la rédemption.
DANIEL DARC : Merci, ta réponse est claire. Non mais...
JEROME : Avoir le pardon de ses péchés.

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DANIEL DARC : Qui t’a dit ce truc-là ?
JEROME : Je sais pas. Je crois. Il me semble avoir entendu ça. C’est pas vrai ?
DANIEL DARC : C’est une catholique romaine qui t’a dit ça.
JEROME : Mais alors dans le protestantisme, je sais bien que ton succès personnel c’est l’image de l’amour que Jésus a pour toi. C’est ça ? C’est, si Jésus t’aime, tu vas réussir.
DANIEL DARC : Non. Dans le protestantisme, y’a beaucoup de courants. Y’a un courant qui s’appelle libéral, qui n’a rien à voir.. Enfin, je suis calviniste, on va dire. Y’a les luthériens qui sont encore en dialogue assez serré avec les catholiques. Luther, c’est celui qui a le premier traduit la Bible en allemand pour que tout le monde puisse la lire. En français y’a une Bible pour les gens ??? Imaginons qu’il y a des micros partout puis je sais pas, y’a une télé, y’a des gens qui nous matent, et moi je dirais Castellion, la Bible de Castellion, C A S T E L L I O N, faut la lire celle-là, elle est sublimement belle ? La réforme, ah, c’est trop beau.
JEROME : Dans votre disque, le dernier y’avait un truc qui s’appelait « Psaume 23 ».
DANIEL DARC : Oui.
JEROME : C’est quoi ?
DANIEL DARC : Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. C’est quoi ? C’est... y’a un moment très beau, j’étais à Trouville, y’a quelques mois,.. le jour où il y avait l’enterrement de Michel Serrault. J’allais à Honfleur pour voir le musée, enfin, l’ancienne maison d’Eric Satie qui est devenue un musée, et puis je rentre dans un bar, il était 11h, midi, je demande une bière, le mec, il me dit non. J’étais correct. Rasé. On ne voyait pas mes tatouages. Je sais pas, il ne voyait pas que j’étais circoncis, je dis vous voulez que j’appelle les flics ? C’est vrai que dans ma bouche ça a dû sonner bizarre, mais vraiment... Oui, appelle les flics. Mais pour quelle raison vous ne voulez pas me servir ? Il me dit : tu veux ma raison ? 150 kg, 1m90, genre de gros monstre, un sumotori ? Je me barre et je me dis que je vais peut-être péter quelque chose. Et à ce moment-là, je vois une croix. Et je monte la rue. Une toute petite rue à Trouville. Cette croix était en haut d’un petit clocher. Une petite église. Je rentre dans l’église. Je veux pas dire que je suis.. non plus mais je me suis mis à pleurer tout de suite. Et tu sais quoi ? y’avait la prière, « même si j’avais commis tous les crimes », ça commence comme ça, même si j’avais commis tous les crimes, je n’aurais pas peur parce que.. Voilà, c’est un mec qui se fait du mal. De toute façon, on ira tous au paradis.
JEROME : C’est le titre du morceau de l’album.
DANIEL DARC : C’était Polnareff.
JEROME : J’irai au paradis.
DANIEL DARC : J’irai, oui. Non mais tu vois, je suis chrétien d’origine juive... Tu vois, un pape qui a passé plusieurs années à faire le salut nazi, tous les jours, je ne vois pas pourquoi les protestants sont des sous- chrétiens..
JEROME : Vous allez à l’église ?
DANIEL DARC : Quand le temple est fermé oui. Tous les dimanches, je vais au temple.
JEROME : C’est vrai ?
DANIEL DARC : Non, non, c’est faux.
JEROME : Mais oui, c’est vrai, excuse-moi.
DANIEL DARC : J’ai pas 18 ans ou 15 ans. Oui, c’est vrai. Mais je vais à l’église souvent. Je préfère aller à l’église quand y’a pas de messe, mais j’y vais, presque tous les jours.
JEROME : Ok. Ça t’apporte quoi ?
DANIEL DARC : D’aller à l’église ? Il fait frais. Et puis souvent les petites vieilles, elles oublient leur sac à main. Je me casse avec... Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Ça m’apporte quoi d’aller à l’église ? JEROME : En quoi tu crois ?
DANIEL DARC : En Dieu.
JEROME : Oui, mais non ! En quoi tu crois ? Non mais tu vois ce que je veux dire. En quoi tu crois pour te sauver ici ? Pas après. Ici.
DANIEL DARC : Putain ???
JEROME : Des fois je suis triste. Des fois je suis triste.
DANIEL DARC : Ben oui. Moi des fois je suis..
JEROME : Moi aussi.
DANIEL DARC : Pas ici maintenant,.. ?
JEROME : Très bien. Est-ce que tu te dis des fois que tout va s’arranger ?
DANIEL DARC : J’ai jamais pensé à ce truc-là.

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JEROME : Pourquoi ?
DANIEL DARC : Ça va aller de pire en pire ??? Tout va aller de pire en pire. Des arthrites, des arthroses... ??? Tu crois qu’ils vendent quoi ? Des capotes anglaises ? Non, c’est pour se montrer à la caméra.
La Star Ac
JEROME : On va arriver à l’hôtel dans une minute. Vous avez fait la Star Ac’ vous Daniel. DANIEL DARC : Non je l’ai pas fait encore, mais enfin, je veux dire, ils ont chanté ma chanson. JEROME : Ils ont chanté...
DANIEL DARC : Ils ont chanté ma chanson...
JEROME : Ils ont chanté ma chanson, ma...
DANIEL DARC : Oui, ça m’a bien aidé.
JEROME : Ils ont chanté quelle chanson ?
DANIEL DARC : J’ai eu de l’électricité à nouveau... « Cherchez le garçon ». JEROME : Ah ils ont chanté « Cherchez le garçon ».
DANIEL DARC : Oui.
JEROME : Et vous n’êtes pas allé chanter avec.
DANIEL DARC : Non. Mais si on me demandait j’irais. Ah non en plus je dis des conneries parce que, maintenant oui j’irais, mais à l’époque on me l’a demandé, j’ai refusé. C’est vrai.
JEROME : Et pourquoi maintenant tu irais ?
DANIEL DARC : Parce que je crois, quand on me l’a demandé j’étais... non, je sais exactement pourquoi, parce que j’avais un pseudo manager qui me cassait les couilles, .. Tu vois, il m’a tellement demandé de le faire qu’en fait, j’ai dit non. C’est là que je suis punk tu vois. Tu vois, Doudou c’est mon ami mais en même temps mon régisseur et si il y a besoin, c’est mon garde du corps.
Plus belle la vie
DANIEL DARC : T’as des nouvelles de... Tu regardes la télé ou pas ? JEROME : De temps en temps.
DANIEL DARC : « Plus belle la vie », où ça en est ? Qu’est-ce qui s’est passé ? JEROME : Je sais pas.

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DANIEL DARC : Je te jure, je regardais tous les jours ça. C’est le truc qui me manque le plus à la télé. JEROME : « Plus belle la vie » ?
DANIEL DARC : Oui, j’adore. Et j’ai raté quand Christian Morin arrive.
JEROME : Quand qui ?
DANIEL DARC : Christian Morin, tu sais le mec d’Europe 1, tu sais, qui joue de la clarinette.
JEROME : Oui, qui faisait « La roue de la fortune ». Mais c’est pas punk, « Plus belle la vie ».
DANIEL DARC : C’est ce qu’il y a de plus punk. Attends, Patrick Eudeline, tu l’appelles, il peut te raconter tout... mais j’ose pas l’appeler. C’est trop punk pour moi. Punk, qu’est-ce que ça veut dire punk ? JEROME : J’en sais rien !
Vous avez peur de mourir vous ?
DANIEL DARC : Tu sais Jackson Pollock, tu connais Jackson Pollock ?
JEROME : Oui, le peintre.
DANIEL DARC : Y’avait des mecs de Square, le magazine Square, ils ne comprenaient rien. Ils lui disent, mais excusez-moi monsieur, mais monsieur Pollock, quand est-ce que vous savez qu’une toile est terminée ? Il les regarde, il boit bien sûr un peu de whisky, il faut qu’il boive avant de parler, comme un être humain normal, et il dit : quand tu fais l’amour, quand est-ce que tu sais que c’est fini ? Voilà. Pour les chansons, pour la peinture, pour la guerre, pour l’amour, c’est toujours comme ça. Comment tu sais que c’est fini ?
DANIEL DARC : Sur ma tombe faudra mettre « Comment il savait que c’était fini ? ».
JEROME : Vous avez peur de mourir vous ?
DANIEL DARC : J’ai peur d’être un déchet avant de crever. Mourir non. J’aimerais bien de préférence avoir pas mal trop, mais en même temps j’aimerais bien être bourré de balles de fusil, de trucs comme ça, qu’on me file plein de morphine. J’aimerais bien, ah j’aimerais bien oui crever d’une overdose de morphine à cause d’une salope d’infirmière et je porterais plainte, je rêve de ça à chaque fois, mais d’un autre côté je me dis comme je suis mort comment je fais. Mais tu pourrais venir me voir. Je signerais.. On peut s’arranger... Tu veux venir à Paris un de ces jours ? Porter plainte contre l’infirmière qui va me tuer à coups de morphine ? Toi, t’es pas pro... Je peux te poser une question ?
JEROME : Oui.
DANIEL DARC : Qu’est-ce que tu penses justement de la légalisation, enfin, déjà un truc tout con, je sais pas si vous appelez ça « steril box » ici, mais des seringues vente libre partout. Hein ? Qu’est-ce que tu en pense ? JEROME : Qu’est-ce que je pense du fait qu’il y ait des seringues en vente libre partout ? C’est normal parce que la seringue ne sert pas qu’à se shooter.
DANIEL DARC : Tu te fous de moi ou quoi ? Ça sert à quoi ? A se faire des gros mamelons quand tu fais du botox mais enfin...
JEROME : Non, mais parce qu’une seringue t’en a besoin pour mettre le liquide dans le truc pour faire l’aérosol...
DANIEL DARC : Ce sont des seringues qui sont vendues avec le mode d’emploi pour se faire un shoot (harmonica).
JEROME : C’est bien parce que comme ça, pour les maladies transmissibles, c’est nettement plus pratique donc je suis pour.
DANIEL DARC : Ok. Et qu’est-ce que tu penses d’une légalisation des drogues ?
JEROME : Des drogues douces ou des drogues dures ?
DANIEL DARC : Qu’est-ce que c’est pour toi une drogue douce ? (harmonica).
JEROME : Une drogue douce c’est une drogue qui provoque une certaine accoutumance mais pas violente et qui ne retourne pas totalement la personnalité de la personne qui la prend.
DANIEL DARC : Ça c’est une drogue douce. Une dure ?
JEROME : Une drogue à laquelle on est tout de suite accro et qui modifie absolument tous sens de notre vie. DANIEL DARC : D’accord. Et est-ce que tu sais, la seule drogue, quand tu es en manque de cette drogue tu peux mourir ? La seule ? Tu sais laquelle c’est ?
JEROME : Le sel.
DANIEL DARC : Non, l’alcool.
JEROME : C’est vrai ?
DANIEL DARC : Oui. Bien sûr. Ah c’est là.

Les interviews d’Hep Taxi ! Jérôme Colin au volant, le portrait en mouvement de DanielDarc
JEROME : Oui.
DANIEL DARC : Tu m’attends ou...oh, je sais pas.
JEROME : Merci Daniel.
DANIEL DARC : Tu veux passer ? Alors c’est Doudou qui paye.
JEROME : Oui. T’inquiète. C’est moi qui t’offre course.
DANIEL DARC : Non... File moi la tune... tu me files la tune...
JEROME : Non, je t’offre la course.
DANIEL DARC : Ah tu m’offres la course !
JEROME : C’est gratuit.
DANIEL DARC : T’es sûr ?
JEROME : Oui. J’ai écouté « Love Supreme » avec toi.
DANIEL DARC : Ah c’était bien, merci. Si t’avais pas été pédé, j’aurais bien baisé avec toi.

Les interviews d’Hep Taxi ! Jérôme Colin au volant, le portrait en mouvement de DanielDarc
http://ds1.ds.static.rtbf.be/article/pdf/daniel-darc-dans-le-taxi-1362148769.pdf







Daniel Darc :

« Aujourd’hui, les rockers ne savent pas lire »
Hubert Artus | Rue89 26/12/2011

    Dès l’arrivée, il nous parle des polars de l’Irlandais Ken Bruen, nous disant qu’il a pleuré sur le dernier. Bruen : du roman noir, du rock, de l’autodestruction.
Qui dit Darc dit, au préalable, Taxi Girl. Le groupe de Mirwais, devenu depuis architecte sonore pour Madonna, qui a passé la surmultipliée en solo depuis 2003. Taxi Girl (1978-1986), c’est le chaînon aussi improbable que manquant entre les MC5, Kraftwerk et les Bérurier Noir qui allaient venir.
Qui dit Darc dit aussi cette scène de novembre 1979. Sur la scène du Palace, en première partie des Talking Heads, le chanteur se tranchait les veines au cutter et formait sa légende… de junkie (quinze ans d’héroïne, à cinq grammes par jour).
Deux mois après la sortie de son dernier album, « La Taille de mon âme », nous l’avons rencontré pour parler rock et littérature. De drogue et d’alcool encore.

Parmi tes références, l’une revient d’album en album : William Burroughs. Que représente-t-il pour toi ?
Il est un de ceux qui m’ont fait découvrir le rock. Auparavant, il y avait eu le choc des fifties avec Elvis ( « Heartbreak Hotel »), mais ça me semblait hors de portée. D’autant que je ne voulais pas être chanteur, mais guitariste, comme Gene Vincent et Scotty Moore.
Je voulais être un guitariste junkie, mais je n’ai été que junkie… Ensuite, le punk a tout changé, et j’ai pu faire de la musique. Et j’avais alors découvert Lester Bangs, Richard Melzer et « The Aesthetics or Rock ».
C’était en 1973, et c’est à cette époque que j’ai également commencé à lire Patrick Eudeline, à écouter du punk. Je ne comprenais rien, mais j’étais une éponge. J’ai découvert la « beat generation » : « Sur la route » de Kerouac, « Les Garçons sauvages » de Burroughs, tout ça en langue originale. Une vraie esthétique.
« Les Voleurs » est un manifeste qui a beaucoup compté pour moi. J’ai commencé à faire des cut-ups. C’est pourquoi, dans « Cherchez le garçon », les couplets n’ont rien à voir avec le refrain. Plus tard, Bowie s’est servi de cette technique pour « Diamond Dogs ».
Je ne suis pas un rocker littéraire, je suis juste un rocker qui a lu : Fitzgerald, un choc, « L’Attrape-Cœur » comme tous les mômes, puis Jerry Rubin, les beat et Bukowski. Je voulais être romancier…
Aujourd’hui, les rockers ne savent pas lire. Et les textes sont affligeants. Grand Corps Malade, on dit que c’est un poète, ça me désole. MC Solaar, pareil. Ils ne savent pas ce qu’est un sonnet, une rime riche, une rime pauvre.
L’esthétique rock dont tu parles, c’est quoi ?
Pour moi, le rock est une force esthétique, politique. Je me sens proche des brûlots des White Panthers et du MC5. Le rock power, c’est une puissance brute. Lorsque Sun Ra chante avec le MC5, c’est une sorte d’épiphanie.
Un rocker ne fait pas que du rock, c’est pourquoi je tiens à avoir, dans mes albums, des morceaux uniquement au piano ou au violoncelle.
Quelque part, aujourd’hui, tout le monde met du rock dans ses albums, même Lara Fabian. Sans se rendre compte de ce que c’est. Qu’un morceau est bon si tu peux en jouer l’air avec un seul instrument. La force du texte transparaît alors. Deux-trois accords, et de l’âme. En tapant du pied. D’ailleurs, je me vois bien finir comme John Lee Hooker, seul sur scène en tapant juste du pied.
Pour toi, un texte de chanson se rapproche-t-il plus de la poésie ou de la nouvelle ?
Je me sens plus proche de Bukowski que de Rimbaud, donc je dirais la nouvelle. La poésie rimée m’emmerde, souvent. J’aime bien des auteurs comme Hubert-Félix Thiéfaine, mais on ne peut pas dire que « La Fille du coupeur de joints » soit de la poésie.
MC Soolar ou Grand Corps Malade (oui, encore eux…), ce n’est pas de la poésie. Si j’avais fait ça en classe de première, on se serait foutu de ma gueule. D’ailleurs, je ne l’ai pas fait. Il faut cesser l’indulgence : ce n’est pas parce que c’est moins con que le reste, ou un peu mieux, que c’est bien ! Notre époque est celle de l’indulgence.
Comment naît un texte ? Par exemple : « La Taille de mon âme », pour moi le plus beau de ton récent album ?
Il est arrivé une nuit à cinq heures du matin. Je suis insomniaque, je ne dormais pas. Je suis alcoolique. Il y a donc des périodes où je suis un alcoolique sobre, et d’autres où je ne le suis pas. Cette fois, je ne l’étais pas. Je cherchais un lieu ouvert à côté de chez moi, à Bastille.
Je suis allé au marché d’Aligre, j’ai bu un demi au bar. Il y avait des bouchers, un peu torchés. L’un d’eux a commencé à gueuler : « Si tu savais la taille de ma bite... » Phrase de mec… J’avais un carnet – j’ai toujours un carnet –, et j’ai noté.
Le mot « bite » est immédiatement devenu « âme » dans ma tête. Je n’avais que ça. Rien écrit d’autre.
Puis j’en ai parlé à Laurent Marimbert [un des réalisateurs de l’album, ndlr], qui en studio a commencé à brancher le matériel pour imaginer un truc. J’ai alors pensé au « Mépris » de Godard : « Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? », etc. Je voulais tourner autour de ça.
J’ai fait l’anti-Brigitte Bardot. Pas de corps, mais de l’âme.

Aujourd’hui, comment repenses-tu à la période « Taxi Girl », à ce concert où tu te tailladais les veines ?
J’ai eu deux périodes liées aux drogues. Le début, où comme tout le monde j’étais bourré de speed et d’amphétamines. A cette époque, j’étais incapable de prendre la parole. Je ne faisais même pas les interviews, c’était notre clavier qui s’en chargeait. Phobique sociale, comme disaient les médecins.
J’avais du mal, à jeun, à m’exprimer sans péter les plombs. Un jour, un mec est venu, backstage, et nous a proposé de la poudre (héro). Il m’a fait un shoot. Et voilà.
A partir de ce moment-là, j’étais tox mais je pouvais parler. Au final, former un groupe, ce n’était pas pour moi…
Puis la mort de Pierre, notre batteur, en 1981, a tout cassé, il n’y avait plus de raison de continuer. J’étais un peu un imposteur, hein, dans Taxi Girl, puisque je voulais faire un groupe punk, ou rock ! Au final aussi, on a engendré des monstres, comme Indochine.
Que représente le rock, pour toi ?
A 52 ans, j’ai toujours la même énergie. Il y a toujours quelque chose à faire dans le rock, à fracturer. C’est pourquoi la sous-culture actuelle, celle qu’on essaie de nous faire passer pour de la contre-culture, me révolte.
Le slam, par exemple, le plus souvent ça n’en est pas, puisqu’il y a de la musique. J’aime les Last Poets, mais les rappeurs ont aujourd’hui envie de voler une Porsche alors que nous avions, nous, envie de tout péter.
Grâce au rock, je suis vivant. Grâce au rock, mes problèmes de toxicomanie et d’alcoolisme ne sont pas des problèmes, mais des solutions. Plus que rock, ou punk, je me sens beat.
Quel serait le sens social d’une révolte rock ?
Il n’y en aurait aucun. Je pense que plus rien ne peut passer par le rock, à présent. Aujourd’hui, les mômes s’en foutent, de la musique, des compositions. Ils veulent trouver tout tout de suite, et le système va dans ce sens. Pour eux, ni le rock ni la musique ne changeront rien.
La politique, est-ce quelque chose qui t’intéresse ?
Je ne suis pas un porte-drapeau, mais ça m’intéresse beaucoup. Je suis un mec de gauche. J’ai fait partie des « Aventuriers d’un autre monde » avec Alain Bashung, Raphaël, Cali, Jean-Louis Aubert. C’était bien payé, et on a tout reversé. J’ai tout filé à la Cimade. C’était d’ailleurs la première fois que je faisais ce genre de choses, et j’en suis fier.
Quand tu dis gauche : quelle gauche ?
Je vais voter Hollande, aux deux tours. Ce n’est pas bandant, hein. Aucun discours n’est bandant aujourd’hui. Je vote contre Sarkozy. Politiquement, en France, seuls Pierre Mendès-France et Michel Rocard ont été des figures qui m’intéressaient.


http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2011/12/26/daniel-darc-aujourdhui-les-rockers-ne-savent-pas-lire-227803





DANIEL DARC (Rencontre au Polichinelle)
Par Catnatt, le 21-12-2011

Un être enchanté : un point de contact lumineux entre le désir et le monde » (Paul Auster)

Daniel Darc n’a jamais aussi mal porté son nom. Il me semble qu’il est un être enchanté, un point de contact lumineux entre la foi, la musique et le monde. Certes amoché, le dos en vrac, les traces d’une vie, mais solaire, le visage apaisé, le regard rempli de lumière et un sourire d’enfant. Peut-on en dire autant d’autres du même âge ?
Il va bien falloir abandonner le mythe. « La taille de mon âme », son nouvel album se situe très exactement entre la littérature et la légende. Ce que Daniel Darc a mis de mots et ce que nous avons cherché de lui à travers toutes ces chansons. Ecoutons-nous vraiment ce qu’il dit ou nous laissons nous griser d’illusions ? La vie rock’n roll, le romantisme du XIXème, le punk, le spleen, la douceur de l’autodestruction ? L’icône destroy promise à la mort ? D le maudit qui n’en finit pas de chanter son oraison funèbre ? De Janis à Rimbaud ?
Il est en face de moi, il est calme, souriant, la confiance de celui qui aime et est aimé. Oui, un être enchanté.
- « Vous arrive-t-il encore d’être heureux ? »
Il a un sourire ironique. « Le bonheur… ».
Son silence.
- « Je crois que j’ai la réponse. »
J’ai dit au revoir, il m’a pris dans ses bras, je lui ai donné un coup de sac sans faire exprès, il m’a chambrée, nous avons ri. Je suis sortie et j’ai fumé une clope à la santé de tous les malades de la vie. La place de l’art. Se rend-on compte de l’impact de la propagation de l’art sur nos solitudes ? Autrefois, il était quasi impossible de lire, d’entendre d’autres émotions humaines que les siennes. Ou à peine. Ecouter Daniel Darc, c’est poser des mots sur la difficulté d’être au monde : Le temps, les sentiments, l’exil. J’aime l’entendre chanter et j’aime tout autant l’entendre parler. Laurent Marimbert a laissé tourner en permanence les magnétos ; a inséré ces moments volés dans l’album comme des petits bouts de tranches de vie : « Tu me dis s’il faut que je joue plus vite ou lentement ? ». Le rire espiègle de Daniel à la fin de « C’est moi le printemps ». Ses chuchotements. Quand il râle « Putain, merde mon cuir ! (Et tout doucement) Et il pleut, merde, ras le cul… ». L’autodérision sur sa prestation au youkoulélé : « Et dix ans de flamenco pour en arriver là… Si j’avais su… ». Sa voix qui fredonne sous l’air de « Raindrops keep falling on my head » « Toute la merde tombe sur moi ». L’humour, éternel compagnon de Daniel Darc.
« La taille de mon âme » est plein de vie. Au détour de chaque chanson, des détails. Composé au lendemain d’une rupture amoureuse, cet album porte tous les stigmates d’un Darc, la créature, le mutant. Mais il est temps de cesser de chercher Daniel. Il écrit tous les jours – comme un Romain Gary « Je ne peux pas ne pas écrire, c’est un besoin organique. » – et dans un sourire, il m’avoue : « Tu sais sur des cahiers Moleskine, comme tous les bobos ». Je plaide coupable, le carnet à la main : « Nature et Découvertes ».
Le rire si particulier de cet artiste, qui est une sorte de pendant masculin de Brigitte Bardot, tant l’élocution est enfantine parfois, toujours particulière. Son tempo unique. Marimbert et Darc sont rentrés en studio, les mains vides : « C’est la première fois que je ne distribue pas les rôles, moi aux paroles et la musique à un autre. Nous avons tout co-signé cette fois-ci. J’écrivais, Laurent complétait et vice-versa ». Jamais aucun texte écrit sur un moleskine n’a franchi la porte du studio. Tout est spontané. Ses sentiments, ses émotions, la tristesse de la fin d’un amour. Des paroles d’inconnus comme avec « La taille de mon âme », variation autour d’un « Si elle savait la taille de ma bite » d’un comptoir de café et la litanie de Brigitte Bardot dans « Le mépris ». Ou comme dans « Vers l’infini » où Daniel Darc avait en tête « As tears go by ». Des traces de Bach dans « Ana ». Il n’est jamais seul dans ses chansons, toujours escorté : ce sont « Les enfants du paradis » qui planent sur « C’est moi le printemps ».
Il m’a fait un cadeau ; en entendant mon prénom, il a tout de suite fredonné les paroles de “Nathalie” de Gilbert Becaud. Je déteste cette chanson ; il rigole : “J’adore cette chanson !”. J’ai commis encore mes tableaux excel. Il a insisté pour les emporter. En quelque sorte quittes, bien que je l’écouterais encore bien volontiers sans la contrainte d’une interview. Sur mes classements maniaques, j’ai retenu quatre thématiques : Le sentiment d’impuissance et le mouvement de chute. Les femmes qui s’en vont et les amis qui disparaissent. J’aurais également pu rajouter la foi, cette espérance.
On n’en finit pas de tomber dans les textes de Daniel Darc. « C’est là où l’être humain est le plus intéressant, non ? La chute est partout autour de nous. C’est peut-être pour ça que j’aime la boxe ou les arts martiaux, cela t’apprend à chuter et à ne pas te faire mal. Chuter peut être un moyen de reprendre le dessus ». Il sait que c’est inévitable. Il amortit d’un mot, d’une virgule, d’un chant. Il tourne la fatalité, d’une pirouette, en dérision. « Peut-être un jour je vais arriver, je vais arriver à ne plus tomber » (Quelqu’un qui n’a pas besoin de moi).
On n’en finit pas de se sentir impuissant dans les textes de Daniel Darc. « 4 ou 5 fois je soupire, ça pourrait être pire » : La douceur vénéneuse de « Sous la lune ». Sa curiosité quand je lui dis que c’est un leitmotiv dans cet album. « Je ne chante pas mon impuissance. Je chante le sentiment de l’impuissance. Il y a une distance avec la réalité ». Je lui réponds : « Mais quand vous chantez la taille de mon âme, c’est bien une chanson sur l’incapacité à transmettre ce que l’on est vraiment ? Cela vous concerne, non ? ». Il approuve. Ne s’éternise pas. Pas une façon de botter en touche mais plutôt l’inutilité de certains discours. « Autrefois, j’étais jeune, j’avais plus de facilité, j’étais capable de parler de n’importe quoi, moins de préliminaires ». (Ana)
Il murmure plus qu’il ne parle : « C’est plus décisif à mon âge de parler. ». On trouvera plus facilement Daniel Darc dans ses silences à présent que dans ses phrases. La chute, l’impuissance et puis les amis qui meurent et les femmes qui s’en vont. « Avant les amis mourraient d’overdose, maintenant c’est du cancer. Mais ils continuent de partir ». Il est caustique. Et les femmes ? Il sourit. Daniel Darc est amoureux. « A l’époque où je suis rentré en studio, je sortais d’une relation qui a duré des années. Ca habite l’album, c’est certain. Mais j’ai rencontré à nouveau une femme ». Le sourire d’un type amoureux, c’est la meilleure réponse qui soit.
L’album est traversé par l’ironie « Je m’aventure à 10 mètres de chez moi, je saute de la fenêtre du rez-de-chaussée » et les drames « Fuite et fin, le premier des deux qui crève attend l’autre ». Et pour toutes ces collisions, une seule réponse : la foi ; s’en remettre à l’invulnérable. Puisqu’il est né « d’un ventre épais », d’une histoire sur la folie des hommes, entre condamnation à mort par contumace, camps, culpabilité d’être en vie, de ne pas avoir connu, culpabilité toujours. Puisque l’héroïne et l’alcool lui ont sauvé la vie, manière de négocier avec un monde totalement insupportable. Alors, Daniel Darc s’en remet à la clémence, la compassion et la bénédiction. Cela rythme « La taille de mon âme » avec les variations. La quête associée de la musique et du sens. La foi lui a appris la patience : « Le parcours initiatique religieux, comme les arts martiaux, prend du temps ».
Si l’on retrouve les thèmes chers à l’artiste, Laurent Marimbert, il me semble, l’a tiré vers la vie. Venant d’un univers plutôt variété, il a rendu celui de Darc plus accessible : les mélodies sont belles, les arrangements soignés, les ambiances différentes d’une chanson à l’autre. Ce n’est pas un album triste, loin s’en faut, c’est juste qu’il n’oublie pas que tout est dérisoire. « C’était bien mieux avant. Elle dit ça lentement. Moi, je sais que le temps n’attend personne, pourtant. C’est vrai, de temps en temps, je me dis « si seulement ». Elle se dit « moi aussi, je suppose que j’ai vieilli ». Enfants du paradis, du purgatoire aussi. Maigre consolation, personne n’en sortira d’ici vivant. » J’en pleurerais. Ce sont des chansons d’âmes solitaires. Le purgatoire, c’est ici et maintenant et non pas plus tard comme chez les catholiques. Cela n’existe d’ailleurs pas dans la religion protestante qu’il a embrassée.
Daniel Darc a défié le rationnel, les statistiques, les fortes probabilités. Il est encore là, comme un petit miracle. « J’te jure, je reçois des mails… Les mecs, c’est tout juste s’ils ne râlent pas que je sois encore vivant. Et je rapporterais probablement plus si j’étais décédé ». L’ironie de la situation. Sa bienveillance. Un sdf du quartier qui débarque, offre une rose – je n’ai pas su si c’était pour moi ou pour Darc – et nous explique le plus tranquillement du monde qu’il a trouvé une piaule mais que la contrepartie est de se faire enculer par son hôte. Le mec qui se marre. Daniel Darc qui répète pour être sûr d’avoir bien compris. Parenthèse vaguement surréaliste. Moi qui hésite entre l’hallucination et le rire. L’humour noir qui fait rage parmi les délaissés du monde. Et Darc qui se situe juste entre les deux, entre le sdf et moi, entre l’enfer et le paradis, entre les morts et les vivants ; un point de contact lumineux, dans une zone autre, celle de ceux que tout portait à mourir et qui continuent de fouler le sol malgré tout.
J’ai trop écouté Daniel Darc, j’ai oublié de prendre des notes ; j’ai oublié l’interview. C’est un compliment. Lui qui en a tant dit, chanson après chanson, est d’une pudeur paradoxale. Je n’ai rien emporté, ou si peu, un regard clair, un sourire enfantin, quelques impressions fugaces, quelque chose de fantomatique, une légèreté fragile. Darc reste une énigme, il ne me reste que des points de suspension. Le combat toujours perdu de l’humanité, l’entière mise à mots d’un être est impossible. «Si seulement tu savais mes nuits… Rien. Si seulement tu savais mes rêves… Rien. Si seulement tu savais mes rires… Rien. Si seulement tu savais mes joies… Rien. Si seulement tu savais la taille de mon âme… ».
Si seulement je savais…


http://www.playlistsociety.fr/2011/12/daniel-darc-rencontre-au-polichinelle/17604/






Daniel Darc  interview
Festival de Sédières
27 juillet 2004

Lors de l’entretien qui suit, Daniel Darc avoue qu’il se sentait « merdeux » sur scène au festival de Sédières, très tendu qu’il était à l’idée de donner un concert en ayant l’esprit occupé par des problèmes personnels… Toutefois, quand on le salue pour la première fois de la journée à la gare de Tulle, s’il semble d’un extrême fragilité, il reste aimable et cordial quand il tend une poignée de main très chaleureuse, même à un illustre inconnu.
Emu aux larmes par son dernier opus en date - l’inépuisable Crèvecœur -, on désirait lui poser quelques questions pour en savoir plus sur ses chansons si attachantes. Rendez-vous est donc pris le soir même après son concert à Sédières, quand la pression sera retombée… Là, Daniel Darc se révélera d’une douceur et d’une humanité désarmantes, il accueille les compliments avec des « Merci » un peu gênés et un regard empli de tendresse, il parle très doucement, murmure presque, lit les questions (ou les devine) avant qu’on lui les pose, s’interrompt un bref instant pour rassurer sa mère au téléphone et s’emporte - presque calmement - sur quelques sujets sensibles. Ah, oui, j’allais oublier : contrairement à ses craintes, son concert était vraiment tout sauf merdique…
Avant le concert de ce soir, j’avais assisté à ta prestation très réussie aux Eurockéennes de Belfort (début juillet 2004). Le public, jeune et très nombreux, t’as accueilli particulièrement chaleureusement, ça doit faire plaisir de jouer dans ces conditions, surtout pour un retour sur scène…
Daniel Darc : « Oui, j’étais vachement content… Forcément, ça fait énormément plaisir, je ne m’attendais pas du tout à ça, vraiment… J’étais heureux quand des mecs de mon âge m’applaudissaient mais là, des gens de 20, 25 ans comme ça s’est passé plusieurs fois sur la route, ça m’a touché, c’est même ce qui m’a le plus touché : voir des jeunes qui connaissent les chansons par cœur, c’est génial ! En plus, ils venaient quelques fois backstage parler avec moi et ils étaient intelligents.
On a vraiment vu que tu étais touché à Belfort, tu semblais beaucoup plus détendu que ce soir au festival de Sédières… 
Oui, ce soir j’étais vraiment très tendu, mais ce sont des trucs par rapport à moi, à ma vie privée… des conneries quoi. Mais je revendique ça.
C’était quand même un bon concert… 
Je sais pas, j’espère… Maintenant, j’ai un groupe qui est vraiment génial pour moi , ils se rendent compte quand ça merde de mon côté, et ils sont derrière. On fait des concerts comme on ferait des opérations de résistance pendant la guerre : quand il y en a un qui se plante, les autres le soutiennent. J’ai toujours joué avec les mecs avec qui je voulais jouer, je n’ai jamais eu des gens dont je n’avais pas envie mais ça n’a jamais été à ce point ténu, fort et exacerbé qu’en ce moment. Ils sont toujours là pour me rappeler, pour me dire « vas-y ! » quand j’ai une absence. Je suis très heureux de ça…
L’accueil qui vous est réservé est-il toujours bon sur cette tournée ? 
Oui… Ça fait un peu prétentieux, mais oui. Il n’y a pas une date où le public n’est pas là. Bien sûr, il y a eu des moments où on aurait pu penser que le public était froid, je pense à deux / trois fois en particulier ; si tu passes par hasard, tu te dis que les gens sont distants, et en fait non, parce que je m’explique avec eux, c’est comme dans une baston de rue, on s’explique et je m’en sors... je m’en sors même plutôt bien ! Au contraire, c’est eux qui changent complètement d’avis, ils se retournent en ma faveur… Ça aussi, c’est touchant car tu te rends compte que c’est à toi de voir ce que tu peux faire. En fonction de ça, tu donnes ce que tu as à donner et si tu ne caches rien, ça se passe bien.
A Belfort, tu avais dédié le concert à Marlon Brando, peux-tu nous parler de ce qu’il représente pour toi ? 
Si j’ai fait ça, c’est sans doute parce que j’avais appris sa mort le jour même, je ne m’en souviens pas. Voilà, c’est tout, je n’ai rien à expliquer… mais c’est quelqu’un qui est peut-être le plus grand acteur de tous les temps, c’est quelqu’un qui n’a jamais réellement joué, qui a toujours été là, qui a toujours refusé d’apprendre ses textes. Il a toujours été là comme une sorte de truc au milieu : « Je suis ce que je suis, je suis celui qui est… », une sorte de rocher au milieu du reste. Il n’y a rien à faire sauf le prendre en considération. Marlon Brandon et le rock ‘n roll, pour moi, c’est la même chose. Je prends ça en considération parce que ça existe, je ne peux rien faire sans ça, c’est tout…
Est-ce-que ça aurait pu t’intéresser de jouer dans des films ?
Oui, ça m’intéresse toujours… Plein de fois, j’ai été repéré par des réalisateurs - surtout des réalisatrices - j’ai peut être des trucs en projet mais je n’ai pas envie d’en parler parce que pour le moment rien n’est sûr. Ça me plairait assez. Cela dit, moi, au départ, ce n’était pas ça que je voulais faire : je voulais écrire. Il se trouve que l’écriture s’est déformée, j’ai écrit des chansons et je me retrouve quand même là-dedans. Je vais peut-être jouer dans des films qui arrivent là, de petits rôles… Par contre, je ne suis pas prêt à arrêter tout pour ça, il se trouve que ma vie, c’est l’écriture de chansons pour le moment et peut-être, un jour, un roman…
Vas-tu réellement essayer de te mettre à l’écriture de romans ?
Je ne sais pas, encore une fois ça me rappelle un peu Gainsbourg qui avait voulu peindre des chefs d’œuvre toute sa vie. Moi, c’est pareil, j’ai toujours voulu écrire des romans puis le rock est passé par là... Et j’ai opté pour la facilité : j’ai écrit des chansons en français, je ne sais pas si un jour j’arriverai à faire autre chose que ça. En attendant, je suis content de ce que je fais même si je sais que ce n’est pas un art noble, en tout cas j’essaye de faire ce que je peux avec ça…
Ton ami Patrick Eudeline, qui est également écrivain, a joué dans le film Baise-moi de Virginie Despentes, as-tu aimé le film ?
Je n’ai toujours pas vu le film, par contre j’ai lu le livre de Virginie Despentes bien sûr. C’est une amie, on se voit une fois tous les deux ou trois mois mais c’est quelqu’un que je considère comme mon amie, je suis vraiment flattée qu’elle soit mon amie, c'est quelqu'un de bien, vraiment, quelqu’un d’incroyablement sensible, généreux et beau... Comme Patrick Eudeline, comme Philippe Manœuvre, il y a très peu de gens qui me touchent comme ça dans le rock. Patrick, c’est comme un grand frère pour moi, c’est grâce à lui que je connais tout ce que je connais. Je l’ai découvert en achetant Best par hasard parce qu’il y avait Elvis en couverture, le premier article que j’ai lu était signé Patrick Eudeline. Je comprenais un mot sur cinq, mais grâce à ce premier article, j’ai appris tout ce que je connais sur le rock jusqu’à maintenant. J’ai vu pour la première fois en 1973 le mot « punk », je suis tombé sur ce mot là que j’avais déjà lu dans Shakespeare mais j’avais oublié, je l’ai redécouvert par la suite.
Dans Baise moi, Patrick Eudeline joue plus ou moins son propre rôle, serais-tu attiré par le fait de jouer ton rôle dans un scénario sur ta vie, qui est riche en événements… Raconter ce que tu as vécu, ça te plairait ? 
Ecrire sur ce que j’ai vécu, on me l’a demandé plusieurs fois, je ne me sens pas prêt pour le faire maintenant parce que j’ai des trucs plus pressants dont je t’ai déjà parlé… Sinon, s’il y a un rôle pour moi et en plus un rôle qui me ressemble, je ne demande pas mieux que de jouer dans ce film ! Pour le moment, ce n’est pas à moi de le faire... mais je suis intéressé qu’on me propose ça.
Le jour où tu étais de passage aux Eurockéennes, as-tu eu l’opportunité d’assister à quelques concerts avant et après le tien ? 
Franchement, je ne sais pas, je ne m’en rappellerais pas à moins que tu me dises les groupes qui étaient à l’affiche, je te dirais oui ou non… J’ai fait pas mal de dates dans d’autres festivals donc j’ai vu plein de groupes…
La journée avait commencé avec AS Dragon sur la grande scène… 
Je voulais les voir, je n’ai pas pu les voir, je ne sais pas pourquoi…
Puis Herman Düne a joué à la Loggia… 
Je ne sais même pas ce que c’est, c’est peut-être bien mais je ne connais pas…
Suivi par PJ Harvey sur la Grande Scène… 
Ouais je l’ai vue, j’étais au premier rang pendant un moment, j’aime beaucoup ce qu’elle fait ; je la trouve extrêmement touchante et pleine de talent.
Enfin, les Pixies ont donné un concert parfait… 
Ça ne m’intéressait pas vraiment, j’aime bien mais je m’en fous un petit peu. J'ai entendu vaguement, mais je ne suis pas allé les voir de près.
Comment se passe la vie en tournée avec tes musiciens ? Vous avez l’air de former une sorte de gang très soudé… 
Oui, ce n’est pas uniquement avec les musiciens, c’est avec toute l’équipe : il y a également Doudou - j’allais parler de lui mais il est là, donc je ne vais pas le faire -, Laurent qui organise la tournée et qui est là chaque jour, ceux qui s’occupent du son, Tintin. Effectivement, on est bien ensemble, je suis heureux de travailler avec eux et je suis fier d’eux. Même quand je me sens merdeux comme ce soir - par moments, je n’étais pas du tout à l’aise -, ils s’en rendent compte et ils m’aident…
Tu sembles avoir une grande complicité avec Frédéric Lo et Alice Botté, tes deux guitaristes sur scène… 
Oui, bien sûr, on a pratiquement fait le disque à deux avec Frédéric Lo, il y a une extrême complicité entre nous. Alice, ça fait 20 ans qu’on se connaît, c’est comme un frère. Mais encore une fois, ce n’est pas qu’avec le groupe (il y a aussi Denis aux claviers, le batteur, le bassiste… ) qu’il y a une complicité, mais aussi avec les personnes qui s’occupent de nous, qui nous font tourner, des gens qui prennent du temps : ce sont des amis qui n'hésitent pas à s’occuper de moi quand je ne vais pas bien. Ça, c’est vraiment important, c’est même indispensable parce que, je n’ai plus 20 ans… Faire des concerts à 20 ans, c’est un truc normal, enfin ça me semble normal, parce que moi je n’ai rien d’autre à faire, ma vie c’est ça. Mais j’arrive bientôt à 45 ans (je ne sais pas si je les ai, je ne sais plus… ), ce n’est plus naturel comme avant. Monter sur scène à 45 ans, c’est un truc bizarre, étrange… Donc tu as besoin de la complicité de tout le monde autour de toi, et là je l’ai enfin...
Sur le disque, les musiques et la production de Frédéric Lo sont sobres et inventives, as-tu trouvé le partenaire musical idéal ? Tu parles même parfois de rapports Iggy/Bowie entre vous deux… 
Oui, j’en rajoute là-dessus mais effectivement Frédéric, quand il s’engage, il sait vraiment où il va, moi je m’en fous un petit peu, j’avance pour voir ce que ça va donner et je vois plus tard… Il y a donc un côté Dum Dum Boy chez moi (NDR : chanson d’Iggy Pop en solo racontant l’histoire des Stooges, alias les dum dum boys, les idiots… ), un petit peu idiot mais qui avance comme ça. Frédéric, lui, calcule mieux son truc, c’est ça qui fait qu’on fonctionne bien ensemble… En plus, il est très généreux ; il s’enthousiasme quand je m’enferme pour un truc, il me laisse faire, il regarde ça d’à côté, et puis si ça lui plaît, on le fait… On se complète, c’est pour ça qu’on va continuer à travailler tous les deux pour son album et pour mon prochain album.
La question suivante était : avez-vous d’autres projets en commun ? 
Ben voilà, il y a ça ! Je veux aussi écrire des textes pour d’autres personnes, surtout des chanteuses : Jane Birkin, Zouzou, et puis d’autres…
C’est déjà en préparation ? 
Oui…
Quels sont les autres projets auxquels tu vas t’atteler dans l’immédiat ?
Faire un autre album, écrire les paroles en partie pour l’album de Frédéric Lo, préparer un autre disque avec Frédéric pour moi, écrire pour des chanteuses et des chanteurs… Ecrire pour plein de gens, c’est surtout ça que je veux faire. On va travailler sur mon disque d’ici six mois, donc il ne sortira pas avant un an. Enfin, un an et demi plutôt car on va bosser sur le disque de Frédéric avant.
A propos des textes que tu écris, ils sont à la fois émouvants, personnels et pudiques, ce qui les rend souvent bouleversants... En les écoutant (et en les lisant), on remarque qu’ils sont en même temps désespérés et hantés par la mort mais également pleins d’espoir et de désir de vivre… 
Ouais, c’est plus plein d’espoir qu’autre chose, je pense que j’ai dépassé un truc qui était franchement désespéré. J’ai dépassé ça mais j’étais obligé de le faire, encore une fois, ne serait-ce qu’à cause de l’âge, ça ne menait plus à rien, (NDR : il murmure) ça ne servait plus à rien…
Qu’est-ce qui nourrit ton écriture ? Tes lectures ? la musique que tu écoutes ? la vie ? 
C’est la vie… Mais, effectivement, je lis bien sûr ; je me nourris de tout ce que je peux emmagasiner dans une journée de 16 h, 18 h ou 20 h, et après je balance tout ça dans le désordre. C’est mon désordre intérieur qui fait que mon ordre extérieur est un petit peu malmené.
Sur Crèvecoeur, les chansons tristes et lentes sont souvent suivies par des titres plus enlevés et légers (comme Mes amis et Et quel crime ?), c’était une volonté de ta part de ne pas lasser ou être déprimant ? 
C’est surtout une volonté de continuer à vivre ! Autour de moi quand je regarde un petit peu mes amis, ça se passe comme ça ; parfois tu as tellement pleuré que tu ne peux plus, alors tu te marres, le moindre truc te fait sourire ne serait-ce que quelques secondes, ça te donne du courage pour recommencer… Dans l’ordre des morceaux, il y a ça effectivement ; il y a un moment où tu es allé tellement bas que tu ne peux pas aller plus bas, alors autant en rire, reprendre un peu d’espoir et repartir… Ce n’est pas un choix, c’est comme ça, ça s’impose à moi.
Aux Eurockéennes, juste avant de jouer le morceau Un peu c’est tout, tu avais déclaré, « c’est ce que je pense de la chanson française »… Peux-tu évoquer le « peu » qui tu apprécies dans la chanson d’ici ?
J’aime énormément Miossec, j’aime énormément Bashung, j’aime énormément Christophe (Bevilacqua). Voilà, j’aime énormément ceux-là, et le reste… je m’en fous un petit peu.
J’ai trouvé assez drôle que la dernière fois que tu aies vu Miossec, vous vous soyez roulé une pelle …
Pourtant, c’est vrai... C’est comme ça, c’était pas technique. Je crois qu’il aime bien ce que je fais aussi, on a parlé d’Elvis, et puis voilà… On aurait très bien pu se foutre sur la gueule, mais comme ça n’a pas tellement d’intérêt, on s’est roulé une pelle, voilà. (Rires)
Miossec a écrit une très belle chanson pour Bashung qui s’intitule Faisons envie, serais-tu intéressé toi aussi par le fait d’écrire pour Bashung ?
Oui, mais je ne pense pas qu’il ait besoin de moi… Mais si un jour, il me demande, bien sûr, tout de suite ; comme je te l’ai dit, c’est quand même un des trois mecs en France que j’aime vraiment en France.
Il y a un point commun entre Bashung et toi, c’est que vous avez tous les deux mis en musique et chanté des textes extraits de La Bible (Le cantique des cantiques pour lui et Psaume 23 pour toi), as-tu aimé sa version du Cantique des cantiques ? 
Oui, je trouve ça très bien. Je pense que cette traduction de la Bible est une des moins fiables, mais dès le départ cette Bible là n’est pas faite pour être fiable mais pour être un « livre d’écrivain ». En tout cas, j’aime vraiment beaucoup ce que Bashung en a fait. Ça fait très longtemps que je voulais faire ça aussi, en fait ce n’est pas la lecture de La Bible qui m’a donné cette idée, c’est le film Il était une fois en Amérique où il y a un grand passage sur Le cantique des cantiques…
J’ai beaucoup aimé ce film mais je ne souviens absolument pas de ce passage… 
L’héroïne du film lit Le cantiques des cantiques au personnage joué par Robert De Niro - qui est encore môme - en rajoutant à chaque fois à la fin « oui mais mon amour est un voyou, et ne se lave pas, et ses genoux sont cagneux etc », elle ajoute toujours des trucs comme ça à la fin des phrases. C’est très beau, c’est même à pleurer… enfin moi, ça me fait pleurer. C’est un film magnifique.
Comme Bob Dylan, tu t’es converti au Protestantisme, peux-tu parler du rôle que cela joue dans ta vie ?
Je suis chrétien… C’est important pour moi mais je suis croyant, c’est tout. Il se trouve que j’étais en quête de quelque chose - et je ne sais toujours pas ce que c’est d’ailleurs… -, je suis passé plusieurs fois devant des temples protestants et il était écrit « ce que nous croyons : » et en dessous il y avait différents points qui étaient soulevés. Comme pleins de gens, je ne connaissais même pas la différence entre Catholiques et Protestants, pour moi c’était la Vierge Marie ou pas la Vierge Marie. En fait, je me suis rendu compte que ce n’était pas du tout ça : je croyais effectivement en les mêmes choses que ces gens qui se disaient protestants. Je me suis donc senti bien chez eux, et je suis allé prier plusieurs fois, je me suis senti chez moi… Et à partir de ce moment là, il y a eu un travail de conversion.
La conversion de Bob Dylan avait été suivie par une visite au Pape Jean-Paul 2 et d’un concert en son honneur au Vatican, tout cela arrivant après des déclarations honteuses du Pape contre le préservatif… J’avais trouvé ça très choquant que Dylan soutienne par sa visite au Vatican un discours aussi criminel… Qu’en penses-tu ? 
Moi aussi j’ai trouvé ça choquant. Je ne reconnais en rien le Pape, je ne suis pas catholique, je suis chrétien d’obédience protestante. Le Pape est pour moi un des serial killers les plus efficaces actuellement. Je n’ai absolument rien à voir avec le Pape !
Peux-tu parler de tes idoles musicales (Bob Dylan, Johnny Cash) ?
« Idole », c’est un bien grand mot… Mais effectivement j’aime vraiment Johnny Cash, Neil Young, Dylan, Elvis Presley, Gene Vincent, des gens qui chantent… En fait, ce qu’il en reste et ce qui m’intéresse le plus au fond, ce n’est pas la technique car la technique est quelques fois complètement absente de ces gens-là ; des gens comme Dylan, surtout quand il est très fragilisé - fragilisé aux deux sens du terme : c’est à dire qu’il est plus fort que d’habitude -, il est fragilisé justement par la foi chrétienne qui arrive en lui et le bouleverse complètement, il chante techniquement très mal, ça peut arriver. Mais il a un truc tellement fort en lui que tu t’en fous, peu importe ! Johnny Cash, c’est pareil : du « Man in black » il devient « Man in white », du voyou qui se défonce aux amphétamines, il devient ce mec qui porte les évangiles ; au niveau technique, il y a un sérieux creux… et puis ça passe. Elvis, c’est pareil, Gene Vincent, c’est pareil… Le « creux », il est comblé par la foi, par le silence, et par la beauté que tu peux faire passer dans ton chant pour essayer de recréer quelque chose, quand tu sais que tu as déjà brisé une partie de ta vie, une partie de tes espoirs… C’est ça qui m’intéresse, ce sont les gens qui se rendent compte d’un vide immense en eux, comme Iggy Pop quand il écrit le texte de China girl ou celui de Dum dum boys… Des gens qui ont eu des certitudes tellement fortes, qui s’en sont rendus compte, puis qui les jettent par terre, et ça ne change rien pour eux, ils sont toujours là, malgré tout.
Quels disques de ces personnes pourrais-tu recommander à ton jeune public qui ne les connaît pas forcément bien ?
Déjà, je leur recommanderais de devenir bilingue, d’apprendre l’anglais le mieux possible… Je parle bien anglais - je ne sais pas si je suis bilingue -, mais j’ai appris par Dylan, par les Beatles, et par les Stones, sans ça je m’en foutais un petit peu… J’ai eu une prof d’anglais super, qui était vraiment très bien : Madame Gonzales (Rires). Toute la musique que j’écoutais était en anglais, donc je me suis dit, il faut que je comprenne ça et, voilà c’est grâce à ça que je parle anglais. S’ils sont bilingues, ils doivent écouter Blonde on blonde de Dylan, ou Highway 61, et puis tout Dylan de toute façon ! Et puis les Smiths, si c’est des mecs qui ont moins de 20 ans, les Smiths, c’est bien…
Pourquoi ne fais-tu pas de reprise sur scène des musiciens dont tu parles avec autant de passion ?
Je pense faire un album de reprises avec Frédéric Lo… Mais ce sera des reprises en version française parce que mon accent anglais n’est pas génial et puis de toute façon, ça ne m’intéresse pas en anglais. Je trouve que ça a été déjà très bien fait : Bryan Ferry a enregistré pour moi son meilleur disque comme ça, il n’y avait que des reprises, David Bowie avec Pin Ups a fait la même chose. Moi, ce qui m’intéresse c’est faire des reprises mais en langue française : Gainsbourg, et puis d’autres trucs moins connus, je pense le faire un jour mais quand j’aurai plus de temps et moins d’idées ; là, pour le moment, je préfère faire mes trucs à moi.
Je crois que vous jouez parfois Space oddity de David Bowie avant de monter sur scène, que penses-tu de sa musique ?
On l’avait jouée une fois avant de monter sur scène, juste comme ça, on ne la joue pas en concert. Franchement, c’est quelqu’un que je n’écoute pas beaucoup… Bowie, c’est comme Etienne Daho en France, il a toujours été extrêmement correct par rapport à ses influences, il a toujours tout fait pour que Iggy et Lou Reed se retrouvent avec la gloire qu’il a lui-même. Pour ça, c’est un mec très bien selon moi. Cela dit, ce qu’il fait lui-même, ce n’est pas un truc qui me touche énormément, évidemment c’est quelqu’un qui est talentueux mais je ne suis pas fou de Bowie. A la limite, il est presque trop talentueux pour moi : c’est un bon acteur, c’est un bon chanteur, c’est un bon en tout… C’est un mec qui joue trois semaines du saxophone, et il en joue bien… Il a tellement rien à se reprocher que ça me laisse perplexe, mais c’est un mec qui est correct donc…
Tu parlais de Gainsbourg, on sent souvent dans tes morceaux des réminiscences de son travail, est-ce-qu’il t’a marqué ? 
Forcément, parce qu’en langue française, à part Boris Vian et Gainsbourg, il n’y a pas vraiment beaucoup de gens qui ont insisté sur la langue française autant que ces deux-là. Moi j’aime pas Brassens, je déteste Jacques Brel - il y a quelques chansons que j’aime bien mais le personnage me fait chier, Ne me quitte pas tout ça, pour moi, c’est vraiment de la merde - donc forcément qu’est ce qu’il reste ? Il reste Vian et Gainsbourg, - et dans mon cas, Bashung qui était là avant moi -, il n’y a personne d’autre qu’eux pour moi… C’est pour ça que Bashung est dans le dictionnaire aujourd’hui, je l’ai appris par hasard comme ça l’autre fois, c’est tout à fait mérité. Il n’y a tellement rien en France en langue française à par ces quelques personnages… Ah, je crois que c’est ma mère… (NDR : Il part répondre au téléphone et revient très rapidement)
J’ai appris qu’à la rentrée (le jeudi 4 novembre 2004), tu allais jouer avec Bashung à la Coopérative de Mai… 
Je ne sais pas encore si ça va se faire, je pense que oui, si c’est écrit… Si ça se fait je suis très heureux ! Parce qu’encore une fois, c’est quelqu’un que j’aime vraiment : j’aime ce qu’il fait, j’ai pas envie d’en dire plus de toute façon. Ça suffit là, je me suis assez déculotté (Rires) !
En ce moment, il y a une vague de réformations, récemment j’ai vu les Stooges au Zénith, je crois que tu les as vus aussi, qu’est ce que tu en as pensé ?
(NDR : Il s’enflamme) Je les au vus au Bol D’or et au Zénith, c’est très bien, c’est vraiment très bien ! De toute façon, c’est Iggy Pop. On est content de savoir que c’est les Stooges parce qu’on sait qu’ils vont jouer les morceaux des deux premiers albums, ça donne des repères… Mais au fond de nous, on sait très bien qu’on s’en fout un petit peu, c’est Iggy.. Bien sûr, c’est touchant de voir ces mecs derrière lui, mais si on avait un avis vraiment neutre là-dessus, on se dirait « putain, quel groupe ! il a quand même eu des groupes mieux que ça. » C’est pour ça que pas une seconde dans ma vie je n’ai pensé à reformer Taxi Girl, ça serait n’importe quoi. Le peu de morceaux de Taxi Girl que je refais aujourd’hui, je les joue mille fois mieux qu’on n’a jamais pu les faire sur scène avec Taxi Girl. J’ai un groupe mille fois mieux maintenant, à l’époque, on ne savait pas jouer, on était nuls, vraiment à chier, on était des merdes…
Il y a quelques années, tu avais participé à la compilation initiée par Fabrice Ponthier (programmateur du festival de Sédières) qui s’appelle Comme un seul homme, quel souvenir en gardes-tu ?
Le sujet me touchait vraiment beaucoup, j’ai fait ça avec des anciens de Diabologum, qui font un groupe qui s’appelle Programme je crois, ils se sont très mal tenus sur ma tournée, donc ne veux plus en entendre parler - tu peux peut-être me faciliter le truc, tu n’as qu’à le dire dans ton interview comme ça ils ne me feront plus chier - on devait refaire des choses ensemble mais ils se sont conduits comme des merdes ; ils sont venus lors d’une tournée, ils étaient vraiment merdeux donc je ne veux plus entendre parler d’eux… Diabologum, c’est fini, c’est bien fait, Programme c’est de la merde, qu’ils aillent se faire enculer ! Cela dit, je parle du présent maintenant, j’arrête le passé une seconde, j’ai rencontré Fabrice pour le truc qu’on a fait avec ce groupe dont je t’ai parlé (NDR :le morceau avec Diabologum s’intitule Et si nous n’avions pas été là, l’histoire aurait été la même mais racontée par d’autres), et ce mec était mal, la maladie le mettait dans un sale état. Et là, je l’ai vu aujourd’hui, et j’étais heureux de le voir dans cette forme là, il est vachement bien, je suis super heureux… Pour moi, ça rapproche aussi d’autres choses ; je ne sais pas si on peut dire la maladie pour moi, ce n’était pas vraiment une maladie qui était dénommée, on peut appeler ça la dépendance ou ce que tu veux. Donc, moi non plus j’étais pas très bien, je me sens mieux aujourd’hui et ça me fait incroyablement plaisir de voir un mec comme lui, qui va bien et moi qui me sors un peu de ma merde, et tout ça parce qu’il y a des gens autour…
Ce soir, tu as joué en pleine Chiraquie dans les granges restaurées à l’initiative de Bernadette Chirac, tes impressions ? 
Je trouve ça plutôt marrant, moi… J’aimerais bien la coincer, elle a un truc, Bernadette ! Depuis Yvonne De Gaulle, on n’avait pas fait plus sexe que Bernadette... Non, non, je la trouve bonne.
J’espère qu’elle lira l’interview, vous pourrez vous rencontrer, ce sera peut-être le début d’une idylle…
Ouais, mais sans David Douillet : c’est pas Chirac, c’est Douillet qui me gêne…
Y-a-t-il des choses qui te gâchent la vie, des gens que tu détestes ?
(NDR :Sans aucune hésitation) Douillet, Chirac, Obispo, non oublie Obispo pardon, en plus vraiment je ne l’ai pas fait exprès, je voulais parler du nain premier ministre… Sarkozy ! Obispo-Sarkozy, c’est pareil. Sarkozy-Obispo ! Tant que je ne les aurai pas vus copuler ensemble…
Sur cette tournée, chaque fois que tu présentes Denis Clavaizolle, tu envoies une petite pique à Jean-Louis Murat "Il l’a supporté pendant 14 ans, applaudissez-le"…
Je dit ça de la même façon que si Denis Clavaizolle arrive à sortir de notre collaboration vivant, il sera très méritant aussi ! Je pense qu’on est des casse couilles, je ne me fous pas de la gueule de Murat quand je dis ça. Murat, je ne le connais pas, je connais un peu son travail. A mon avis, il doit être pénible, comme moi je dois être pénible, incroyablement pénible. Donc, c’est pas un truc méchant que je fais contre Murat, pas du tout…
Est-ce que sa musique te touche ?
Non. Enfin, j’ai à peu près tout écouté , mais une fois, comme ça… Il y a des titres que j’aime bien, d’autres que j’aime moins. Ce n’est ni assez important pour moi pour que je m’y arrête et que je trouve ça sublime ou nul et en même temps, c’est quand même un truc que je trouve bien, je trouve ça bien foutu. Je sais qu’il a du talent…
Je crois que tu n’avais pas aimé ses propos peu amènes et provoc à l’encontre d’Etienne Daho… 
Ouais, bien sûr que je n’ai pas aimé… C’est pitoyable ce genre de choses, c’est pour ça que je n’ai pas envie de m’enfermer là-dedans. Je te le dis, franchement, j’aime bien ce qu’il fait et je pense que c’est un mec bien, cela dit quand il critique d’autres mecs comme Daho, je ne vois pas l’intérêt… Même si je n’écoute pas tout ce que fait Etienne, c’est un mec incroyablement honnête par rapport à son travail, par rapport à d’où il vient ; il a toujours renvoyé l’ascenseur, il a toujours été honnête, il a toujours été bien avec les gens (avec moi le premier)… et incroyablement gentil avec Dani. Etienne, c’est un mec très bien, après, est-ce qu’on écoute ses disques ou pas, ça nous regarde, nous. Moi, un mec qui se fout de la gueule d’Etienne, c’est comme s’il se foutait de ma gueule… Est-ce que c’est très intéressant de faire de la provoc aujourd’hui, vu ce qu’on fait comme musique ? On n’a pas inventé Search & destroy en 1973 ! De notre côté, on fait ce qu’on peut, encore une fois, moi je préfère te dire du bien des gens que j’aime en France et m’arrêter là plutôt que de dire du mal d’autres dont je ne te dirai pas de mal puisque je n’en ai rien à foutre, ça les regarde…
Je ne te demande pas ça… 
Oui mais tu comprends, on est peu en France à faire un truc de qualité (je m’inclus dedans, peut-être à tort) et c’est ça qui m’intéresse. Si peux faire découvrir le dernier Bashung par exemple à des gens qui ne connaissent pas , je suis vachement content et je préfère ça que dégommer d’autres mecs qui font de la merde, je m’en fous de ça !
As-tu assisté à un concert de la tournée actuelle de Bashung ?
J’ai vu quelques dates, c’est incroyablement touchant pour moi. C’est quelqu’un qui n’a pas peur à l’âge qu’il a, avec l’expérience qu’il a et avec les qualités qu’il a de se remettre en question et de faire un truc toujours sur le bord du précipice, au bord du gouffre. C’est ça qui me plaît, c’est ça qui me plaît aussi chez Miossec et chez Christophe
Est-ce que tu avais vu un concert de la tournée 2002 de Christophe ?
J’ai vu une date de cette tournée, ça m’avait beaucoup plu, j’avais trouvé ça sublime…
Tu as eu plus d’un problème avec tes maisons de disques mais, là, tu sembles avoir trouvé des personnes qui te soutiennent…
Oui, je crois aussi, c’est fou parce qu’ils sont autour de moi, très serrés, il y a une petite équipe de gens qui ont vraiment l’intention de faire ce qu’ils peuvent avec moi et qui en ont marre d’entendre parler des produits dérivés etc… Si ça se trouve certains font ça sur cette maison de disques mais elle compte beaucoup de gens… Donc il y a quelques personnes comme ça qui sont derrière moi, et il y a même des gens hauts placés dans la maison de disques qui me soutiennent et qui sont très heureux d’avoir quelqu’un qui fait autre chose que les trucs qu’on voit sur la 6. Pour le moment, je serais vraiment con de me plaindre ; après je ne sais pas comment ça se passera demain mais ce n’est pas mon but, mon but c’est de faire mon truc le mieux possible, et que personne ne me fasse chier.
Sur le dvd offert avec Crèvecœur figure le film Rêve cœur de ton ami Marc Dufaud. Dans ce documentaire qui retrace les étapes du processus de création du disque, tu n’as vraiment pas l’air en forme. L’enregistrement était-il si douloureux que ça ?
Non, mais je crois comprendre ce que tu veux dire, je pense que c’est ingrat d’enregistrer des gens quand ils sont en train de faire un disque. On est en studio en train d’essayer de finaliser quelque chose donc on n’a vraiment plus rien de nous : on n’a plus de chair, on est absorbé par l’enregistrement. Ce qu’on fait figure sur le disque ; vouloir capter ces moments-là, c’est de toute façon assez casse-gueule parce qu’on n’est plus rien à ce moment-là : tout ce qu’on est, on le donne, on en fait quelque chose, ça devient quelque chose mais nous, on n’est plus rien ! Je pense que Marc s’en est vachement bien sorti parce que c’est comme mon frère, il me connaît, il sait très bien si je joue quelque chose, si je le surjoue ou pas, ou si je ne joue pas. Il a pris les passages où je ne jouais pas, il a bien fait, mais d’un autre côté ça peut être très vite chiant si tu n’est pas fan de moi, je le conçois complètement ; dans ces moment-là, on essaie seulement de faire passer des choses sur les bandes.
Tu as dédié ton disque au fils de Marc Dufaud, Nathanael… 
Au départ, il y a un titre qui s’appelle Nathanael, il n’est pas sur l’album finalement mais il sortira un jour (NDR : en fait, il est disponible en bonus sur le site de Daniel Darc pour les acheteurs de Crèvecœur). Ce titre est sur mon filleul Nathanael, c’est un môme bien.
Pour finir sur quelque chose de plus personnel, tu disais que tu aimerais bien avoir un enfant, est ce que ça te travaille toujours ? 
Oui, bien sûr, ça me travaille, mais pour le moment je n’ai plus de femme, il faut faire les choses dans l’ordre ! (Rires) Ma femme, Anabel, est partie, donc je verrai plus tard ; l’enfant, je ne vais pas le faire tout seul… »
L’album de Daniel Darc, Crèvecoeur, est toujours disponible, et sa tournée, qui passera le vendredi 27 août 2004 par le festival Rock en Seine à Paris, se poursuivra à l’automne (le 4 novembre à la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand, le 1er décembre à Cluses et le 14 décembre 2004 à l'Olympia à Paris)...


http://www.foutraque.com/inter.php?id=56





Daniel Darc à la vie à la mort
01/03/2013


Comme un funambule désinvolte, improbable rebelle maso, il jouait depuis plus de trente ans à trompe la mort. Daniel Darc était de ceux qui ne trichent pas, ni avec les autres, et encore moins avec lui. Un type à 100% cash, écorché vif dans sa vie comme sur scène, à côté duquel on ne peut pas passer.
Ma première rencontre avec ce personnage romanesque date d'avril 1979, sur la scène du vieil Olympia (avant son déménagement absurde), lors d'une soirée pompeusement baptisée « Néo romantique ». On est alors en pleines années Actuel, celles où les « jeunes gens modernes aiment leur maman », et une scène parisienne est en train de naître. La preuve en ce dimanche soir gravé à jamais dans ma mémoire où éclatent ces canailles de Go Go Pigalles, les esthètes Suicide Romeo, le baroque Modern Guy, les cyber-rockers d'Artefact... et ce fameux Taxi Girl qui commence à buzzer dans les magazines de rock. 
Sur son costard ricain fifties, Darc arbore alors ostensiblement une étoile jaune et balance un impressionnant show épileptique et vénéneux, rythmé par les puissants claviers de Laurent Sinclair (qui se fait alors appeler Captain V2). Le son est puissant, le show tendu à l'extrême...  
Virus inoculé. Et, dans les mois qui suivent, « Mannkin » et « Cherchez le garçon », remarquables signes avant-coureurs de « Seppuku », l'album fondateur du son Taxi girl, peuplent les ondes. 
Darc, je le croiserai encore en décembre 81 sur la scène du Rainbow à Londres où les frenchies impressionnent en première partie des Stranglers, et l'année suivante au Metropole de Bruxelles. Virus, virus... 
Les années filent, le groupe splite tout d'abord pour ne plus constituer qu'un duo Darc-Mirwais, « catchy » et beaucoup plus rock. Le signe avant-coureur d'un largage des amarres en 1987 lorsque Darc se lance dans une carrière solo en collaboration avec un autre déglingué de la vie, Jacno. Entre prestations foutraques et albums-joyaux (« Crève-coeur »), Daniel Darc commence alors un long chemin de croix, le corps peint et l'esprit singulier, perpétuellement traqué par ses addictions. 
Une danse de la mort esquissée très tôt avec la drogue, pas celle qui s'envole en fumée mais celle qui prend possession de ton corps et ton âme. Une maîtresse exclusive qui le porte à bouts de bras et lui donne encore et encore l'envie de continuer, tout en sachant qu'elle sera celle qui dira un jour stop. L'homme flamboyant a vu ce jour fatidique arriver, ce jeudi, même si officiellement c'est un cocktail fatal d'alcool et de médicaments qui est pointé du doigt. Triste cocktail...
Pascal Wallart


http://musique.blogs.lavoixdunord.fr/archive/2013/03/01/daniel-darc-a-la-vie-a-la-mort.html






Hommage à Daniel Darc

Ce jeudi 28 février, une étoile du Rock s'est éteinte. Daniel Darc, icône punk française et amoureux de l'écriture, nous a quittés à l'âge de 53 ans…
 
Daniel Darc avait le mal de vivre. Il se réfugiait dans un mode de vie totalement Rock and Roll, côtoyant la drogue… et flirtant constamment avec la mort. Sa quête perpétuelle d'émotions fortes et de jeunesse éternelle cachait en réalité une grande sensibilité et une immense souffrance.
 
Chanteur du groupe Taxi Girl entre 1978 et 1986, il nous a offert l'un des classiques du mouvement new-wave avec "Cherchez le garçon". Inoubliable.
 
Sa carrière solo débute en 1987. Il sortira les albums "Sous Influences Divines", "Parce que", et "Nijinsky" puis mettra son parcours musical entre parenthèses à cause de son addiction à l'héroïne et d'un séjour en prison. Il sera même mis à l'écart du circuit des maisons de disques.
 
C’est Frédéric Lo, fan inconditionnel de Daniel Darc, qui va le remettre en scelle en concevant avec lui le merveilleux album "Crèvecoeur". Véritable succès, cet opus lui vaudra une Victoire de la Musique en 2004.
 
A partir de là, Daniel Darc s’immerge complètement dans l'écriture et la musique. Bien que la vie l'ait esquinté, il apparait plus apaisé. Sa santé est fragile mais il semble plus motivé que jamais, comme émerveillé d'avoir traversé toutes ces tempêtes, d’avoir apprivoisé tous ses démons et d'être toujours là!
 
Les albums" Amours Suprêmes" et "La taille de mon âme" sont comme un second souffle.
 
Le timbre fragile et malicieux de Daniel Darc a touché des générations. Son écriture touchante et sincère en ont fait une figure marquante et une icône new-wave, ouvrant la voix à d'autres artistes comme Etienne Daho ou Lescop. Il a apporté une esthétique et une poésie au monde rock français.

Je suis né en mai
C’est moi le printemps

Quand je serai foutu
Il restera le vent

Quand je m’en irai
Quand je serai partant

Je ne veux pas de regrets
Soyez contents

http://www.radio-ellebore.com/les-chroniques/item/485-hommage-a-daniel-darc.html














27/02/2014
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