Alain YVER

Alain YVER

DANIEL SPOERRI

DANIEL SPOERRI





SON SITE
//www.danielspoerri.org/web_daniel/sprachwahl.htm

LE NOUVEAU RÉALISME
//www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-nouvrea/ENS-nouvrea.htm




Daniel Spoerri est un artiste pluridisciplinaire suisse.

Nationalité : suisse
Naissance : 27 mars 1930
Age : 79 ans
Métiers : Danseur, Plasticien

Il débute comme danseur pour l'Opéra de Berne, puis il est metteur en scène, décorateur et acteur de théâtre. En 1959, il quitte la Suisse et rejoint Paris, où il monte les éditions MAT et invente "tableaux-pièges", objets extraits du quotidien qui en passant du plan horizontal au plan vertical, acquièrent une certaine étrangeté. Suite à cela, il intègre les Nouveaux Réalistes, en 1960 lors de la fondation. Toujours dans cette logique de détournement du quotidien, il crée en 1963 Détrompe-l'œil. Il s'intéresse ensuite à l'art comestible, allant jusqu'à ouvrir un restaurant à Düsseldorf. Ces travaux posent la question de l'essence de l'art :
est-ce la pensée ou bien le geste ?






ETE 2005


Expo: "Les Idoles de Prillwitz"

Le musée George Grard organise pour la septième fois durant les mois d'été une grande exposition d'art actuel. La tendance du musée a toujours été le renouvellement et la qualité. Après avoir exposé Johan Tahon, Johan Parmentier, Chantal Grard, sept lauréats de l'Institut Supérieur d'Anvers, Stephan Balkenhol et Henk Visch le musée expose l'artiste suisse d'origine roumaine Daniel Spoerri. Le curateur de cette rétrospective de travaux récents est monsieur Willy Van den Bussche, Conservateur en chef du P.M.M.K. à Oostende.

Une dizaine d'oeuvres récentes de D. Spoerri sont fondues en bronze dans la fonderie du musée depuis janvier '05 et seront exposées entre nombreuses autres sculptures pour la première fois dans les jardins et les salles de la fondation.
Spoerri
"Siamesischer damon"

Courte biographie et résumé du travail actuel de Daniel Spoerri:

    * Le sculpteur d'objet Suisse d'origine roumaine Daniel Spoerri (né en 1930) est l'une des figures principales du Nouveau-Réalisme.
    * En 1942 Spoerri émigre en Suisse.
    * 1955-1957: études de danseur.
    * 1957: assistant de K. Bremer au théâtre de Darmstadt . Durant cette période D. Spoerri écrit des articles sur le théâtre expérimental.
    * 1960: il déménage à Paris.
    * 1960: il devient le cofondateur du Nouveau Réalisme.

Résumé de sa carrière entre 1960 et 1970:

    Dés '59 '60 D. Spoerri crée ses "tableau-pièges". Il fixe librement des objets sur un fond tel qu'une table et déclare celle-ci oeuvre-d'art. En 1963 il devient célèbre avec ses menus-pièges: la galerie parisienne "J." présenta au public durant 12 jours des menus variés, menus composés par divers artistes et écrivains, allant de délices exotiques à la soupe au pain ("menu prison). Le repas fini, Spoerri fixait les restes des plats sur la nappe et la suspendait ensuite comme peinture au mur. Le critique d'art bien connu Pierre Restany faisait le service . En mangeant vous pouviez appeler "Pierre, viens ici!" Spoerri surgissait et disait:" N'y touchez plus". Il s'amenait avec son pot de colle, fixait le tout, du plastique sur les cendriers et hop, à nouveau une table prête à mettre au mur. Plus tard il ouvre à Düsseldorf son propre restaurant, basé sur le même principe. Pour lui il s'agissait de fixer un moment. Une prise de vue d'un moment!

    1961: Première exposition en solo à la galerie Schwarz à Milan.
    Il prend part à l'exposition "The Assemblages", à New-York.

    1968: Il ouvre son "Eat Art Restaurant" à Düsseldorf et édite le journal "Eat Art Edition".

    Daniel Spoerri fréquentait le marché aux Puces. Là il trouvait des gens qui vendaient de vieilles bricoles sur un petit tapis. Il achetait tout le fond de commerce, sortait un tube de colle de sa poche et fixait le tout.

Daniel Spoerri déclare: "Je ne suis pas opposé aux créations individuelles, mais l'art ne m'intéresse que s'il contient une leçon visuelle. Je ne me soucie pas que ce soit une création individuelle ou non. La frontière entre les deux est difficile à tracer".

Evolution de l'oeuvre de Daniel Spoerri dès les années '70:
Dès 1970 D.Spoerri part à la recherche d'objets qui ont déjà leur existence propre. Des objets qui ont une belle patine du temps. Non seulement dans les brocantes mais partout où le hasard le conduit, Spoerri recherche les objets qui lui parlent et qui racontent leur histoire. Spoerri dévoile la beauté de ces objets et assemble les pièces qui pourraient avoir un passé commun. Autrement dit il existerait quelque part une ligne rouge, une intrigue. Ou mieux encore une alchimie mystérieuse entre les différents objets. Leur assemblage semble une petite opération, mais là réside tout l'art. D'abord la recherche, puis le tri des objets trouvés qui ont une histoire commune et pour finir l'assemblage des pièces de la façon la plus réussie. Selon lui l'objet acquiert sa beauté quand il est placé hors de sa fonction. Un bel exemple est "La
chaîne génétique" réalisée en 2002. Une chaîne de 250m de long d'objets trouvés au marché aux puces. Des petites tasses en porcelaine au chat empaillé. Les assemblages prennent parfois une tournure dramatique voir "Criminal investigation" de 1976, où il travaille avec des articles de presse, des photos et des armes. Spoerri est également fasciné par les prothèses, les lentilles, animaux et fourrures, pour ainsi dire le corps et tout ce qui vit ou meurt. Ces dernières années Spoerri fait fondre ses assemblages en bronze. La fonte en bronze a comme avantage de donner de l'unité au travail: la "fonte" de l'ensemble. Cela lui permet également de présenter ses sculptures en plein air, ce qui n'était pas possible avec l'emploi de matériaux non résistants aux intempéries. Spoerri aime le hasard, ce qui explique qu'il n'est pas méticuleux quant à la justesse de la fonte par rapport à l'objet à fondre, ou encore mieux la sculpture gagne en intensité par le hasard ou les accidents dus à la fonte.
Spoerri

Considération du critique d'art Otto Hahn:
Les liens mystérieux de la pensée primitive passionnent Spoerri qui, depuis ses débuts, est fasciné par les régions où le maïs réclame le sang, où l'os aime la chair. Lui-même joue à l'alchimiste en puisant dans son bric-à-brac ramené des puces. Il tente d'ébaucher une histoire, la fait bifurquer, la détruit, la reprend… Spoerri ne délivre pas de message, ne fournit pas de mode d'emploi. Il poursuit un dialogue avec les images, donne libre cours à ses fantasmes, puis en efface les traces afin de dérouter. "J'aime que le spectateur puisse pénétrer dans mon travail en se racontant une histoire, qu'il puisse passer d'un objet à l'autre avec sa propre logique. Mais à un moment donné, le récit doit s'embrouiller pour forcer le spectateur à revenir à son point de départ…". De là, il repart, avec les mêmes éléments, dans une nouvelle interprêtation. L'anatomie reçoit une autre signification entre les mains de l'artiste et les objets interprêtent un rôle que vous ne leur auriez jamais accordé.
"Multipel: Le poussin de Napoléon"

Pour plus d'infos sur l'oeuvre et la vie de Daniel Spoerri: www.danielspoerri.org










Daniel Spoerri


Daniel Spoerri passe son enfance en Suisse où, très jeune, il se lie d'amitié avec Jean Tinguely. Il commence d'abord une carrière de danseur à Zürich, Paris et Berne où il est danseur-étoile jusqu'en 1957.

En 1960, alors qu'il collecte des ferrailles pour Jean Tinguely, il a l'idée de coller les objets rassemblés en vrac sur un support qu'il redresse à la verticale, fixant ainsi dans la durée le dispositif d'un instant dû au hasard. C'est la naissance de ses tableaux-pièges qui, principalement, immortalisent des reliefs de repas, comme c'est le cas pour le "Repas hongrois" et autres dîners de l'exposition 723 ustensiles de cuisine. Cette entreprise culmine avec l'ouverture d'un restaurant permanent par Daniel Spoerri à Düsseldorf en 1968.

Le Repas hongrois est le résultat d'une manifestation singulière, l'«exposition» 723 ustensiles de cuisine, organisée par Spoerri à la Galerie J, à Paris du 2 au 13 mars 1963. Dans la galerie convertie en restaurant, les plats préparés par Spoerri, qui est par ailleurs un grand cuisinier, ont été servis par de célèbres critiques. Une fois repus, les convives ont confectionné leurs propres tableaux-pièges en collant les restes de leur repas. Le repas hongrois a été servi par le critique d'art Jean-Jacques Lévêque le 9 mars 1963. Les reliefs ont été fixés sur la table où il a été consommé, puis la table, devenue un tableau-piège, a été fixée au mur.

C'est la 1ère tentative d'une œuvre d'art collective de dimension métaphorique et sacrée, humoristique et morbide : «l'artiste aux fourneaux et le critique servant la soupe», communion autour du repas pascal… L'expérience des banquets et des repas s'est répétée de nombreuses fois, happenings produisant autant d'œuvres d'art.

Parallèlement aux tableaux-pièges, Daniel Spoerri développe l'idée de détrompe-l'œil, œuvres dans lesquelles il combine un tableau classique illusionniste, un «chromo», avec des objets ayant pour fonction de démystifier cette image, de la reléguer parmi les objets de la banalité.

Initiateur de ce qu'il nomme Eat Art, Spoerri a multiplié autour de ce concept différents types d'œuvres (les produits d'épicerie garantis œuvres d'art par un tampon, les objets en pâte de pain…) dont les tableaux-pièges forment l'expression la plus récurrente et la plus surprenante.

Daniel Spoerri vit actuellement en Toscane, où il a ouvert sa propre fondation dotée d'un parc de sculptures.











Daniel Spoerri
   
in présentation des collections, 1994
    

Avant d'adhérer au groupe des Nouveaux Réalistes en 1960, Daniel Spoerri se lance dans la poésie et la danse. Il réalise ensuite des mises en scène de pièces d'avant-garde. En 1957, il fonde la revue « Material », première revue de poésie concrète et idéogrammatique, puis l'édition « MAT » (Multiplication d'Art Transformable). Le premier numéro fut présenté à Paris en 1959 avec des multiples d'artistes dont Marcel Duchamp, Man Ray, Victor Vasarely et Jean Tinguely. Dès 1960, D. Spoerri est célèbre pour ses « Tableaux-pièges », des œuvres dans lesquelles il fixe une situation sur son support du moment (une chaise, une table, une boîte). Partant de ce principe, il collectionne des objets du quotidien dans le but de repenser leur signification dans le contexte culturel qui les entoure.


Daniel Spoerri s'installe en Suisse à la mort de son père et est élevé par son oncle, recteur de l'Université de Zurich. Avant de se lancer dans l'aventure artistique, il a effectué divers métiers : apprenti dans une maison d'import-export puis dans une librairie, vendeur de fruits, manœuvre, garçon de café. Mais surtout, il écrit des poèmes, jusqu'au jour où on lui vole ses manuscrits. Il délaisse alors la littérature, travaille chez un photographe et passe toutes ses nuits à danser dans une cave existentialiste de Zurich. Il continue dans cette voie jusqu'en 1957 en dansant à Zurich, Paris et Berne. Après s'être essayé à la mise en scène de pièces d'avant-garde, D. Spoerri fonde la revue littéraire « Material » et écrit pour les cahiers du « Landestheater » dans lesquels il propage l'idée d'un théâtre a-psychologique. Il écrit encore avec la collaboration notamment de J. Tinguely puis fonde l'édition « MAT » (Multiplication d'Art Transformable). Jusqu'en 1964, « MAT » cherchera à multiplier l'œuvre d'art en utilisant un miroir ou deux supports reliés par des charnières, ce qui rend la multiplication plus complexe, mélangeant objets et reflets.

C'est l'amitié profonde avec J. Tinguely et l'impression ressentie devant l'œuvre d'Yves Klein qui révèlera, en 1960, l'identité des « Tableaux-pièges ». La mise en question presque immédiate du tableau considéré comme la fixation d'un moment précis entraîne toute une suite de spéculations qui débouchent sur des variations optiques ou imaginaires. Le tableau « piège » les objets mais les objets « piègent » tout autant le support. Cette expérience donne également à D. Spoerri l'idée de fixer des palettes d'artistes. La même année, dans l'appartement d'Y. Klein, il adhère au groupe des Nouveaux Réalistes, en présence de Pierre Restany, Y. Klein, J. Tinguely, Arman, Martial Raysse, Raymond Hains, Jacques Villeglé et François Dufrêne.

La première grande exposition des « Tableaux-pièges » a lieu à Milan chez Arturo Schwarz en 1961. La même année, Daniel Spoerri réalise une série de tiroirs et de boîtes piégés par la colle. En 1963, il présente dans la même galerie une série de « Détrompe-l'oeil » qu'il explicite à propos de « La Douche » (1962) : « Le choix délibéré des objets fixés interprète, profane et change la signification du support ; exemple : une vue romantique des Alpes, une vallée et un ruisseau dévalant vers le spectateur, est modifiée par l'adjonction d'un jeu de robinets et d'une douche ». Daniel Spoerri illustre aussi son talent de collectionneur d'objets usuels et quotidiens par d'autres œuvres comme la collection d'épices – des produits d'épicerie reconnus individuellement comme œuvre d'art et non plus assumés dans leur contexte et sur lesquels est apposé un tampon stipulant « attention œuvre d'art » – ou d'objets d'optique moderne – une collection de lunettes de types différents ou agrémentées d'éléments étrangers, « Lunettes de fakir », « Lunettes pansées », « Lunettes à fourrure ».

L'exposition du restaurant de la Galerie J. en 1963, fait appel à un autre sens, celui du goût. À cette occasion, les dix tableaux formés de 723 ustensiles de cuisine étaient exposés dans une galerie transformée en restaurant dans lequel « le chef Daniel » cuisinait les menus et « fixait » chaque soir une table. Toutes ces manifestations sont pour lui le moyen de repenser la signification de l'objet et du contexte culturel qui l'entoure. Dans cette appropriation objective de la réalité, Daniel Spoerri abordait déjà les problèmes traités ultérieurement par le groupe Support-Surface. En collant sa première table, en dépit de tout critère esthétique, il avait posé le terme initial d'une série d'interrogations auxquelles répond toute une partie de son travail : d'où vient l'ordre des objets ?
De même qu'il acceptait la fiction des galeries transformées en restaurant, Daniel Spoerri accepte finalement la réalité elle-même en présentant simplement sa chambre d'hôtel ou en assurant la direction d'un vrai restaurant qui fermera ses portes en 1982. À Milan, en 1970, pour le dixième anniversaire du Nouveau Réalisme, il se charge du banquet funèbre du Nouveau Réalisme, l'« Ultima Cena », dans laquelle des œuvres sont traduites en éléments comestibles. La même année, sous l'étiquette « Eat-Art », une galerie est ouverte au-dessus du restaurant. On y présente des expositions personnelles, on y diffuse des éditions de Richard Lindner, Joseph Beuys, Ben, Arman, George Brecht, Robert Filliou, André Thomkins, César. Chacun est libre d'y utiliser le matériau de son choix. De tous ces matériaux temporaires ne reste, seul, qu'un certificat signé. En 1975, pour reprendre l'idée de la collection d'objets usuels et courants, D. Spoerri réalise des « Vide-poches » et, en 1976, il ouvre le Musée des « Fétichismes » et la « Boutique des aberrations ». Dans ces deux manifestations, D. Spoerri esquisse la première approche des musées sentimentaux – une extension du « Tableau-piège » – et réaffirme son scepticisme envers le marché de l'art.
D'autres formes de « Tableaux-pièges » ou de sculptures suivront dans les années 80 et 90 sur fond de planches de livres de médecine, de tapisseries 'kitsch' ou de peintures. Ainsi D. Spoerri réalise des assemblages d'objets, non plus sous forme de tableau, mais posés sur divers socles (« Das Kollegium », 1986, « Ethnosyncrétisme », 1986, Galerie Beaubourg) et déguise des tableaux où triomphent la poésie populaire et la dérision.

Catherine L'Hostis
     
Daniel Spoerri est né en 1930 à Galati (Roumanie), il vit à Seggiano en Toscane (Italie).









Eat Art
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Le ''Eat Art'' est un courant artistique apparut dans les années 1960 sous l'impulsion de l'artiste Daniel Spoerri. Ce courant a pour fonction l'utilisation de l'aliment dans la création artistique. Le Eat Art, littéralement « manger art », met le repas et la nourriture à l'honneur avec l'intention de désacraliser le processus artistique qui rend l'objet immuable. La nourriture étant périssable, le Eat Art n'a pas pour vocation la production d'objets mais existe principalement à travers une réédition de sa réalisation (comme ce fut le cas à la galerie du Jeu de Paume en 2002 pour le Restaurant Spoerri).
Comme il a été rappelé par Giovanni Lista, au sein des avant-gardes de la première moitié du siècle, c'est notamment le futurisme qui a organisé des banquets, théorisé une nouvelle cuisine et de nouvelles façon de manger afin de créer un art axé sur la nourriture.

Le tableau-piège

A partir de la fin des années 1950, Daniel Spoerri colle des assiettes sur des tableaux dans sa petite chambre n°13 de l'Hôtel Carcassonne à Paris. Avec le soutien de Pierre Restany et la complicité de Jean Tinguely, Daniel Spoerri va développer ce qu'il dénommera des tableaux-pièges et qui sont le point de départ du Eat Art. Le tableau-piège fixe la fin d'un repas pour que le banal et le quotidien puissent accéder à la pérennité de l'art. Peu à peu Daniel Spoerri cherche à mettre en valeur la genèse de ces tableaux à travers l'idée du restaurant, à la fois lien social et paradigme du convivial. Dans la Galerie J., à Paris en 1963, Daniel Spoerri organise un restaurant éphémère pour permettre aux spectateurs de créer des tableaux-pièges à leur tour. A la fin des repas, la table était fixée en tableau-piège et recevait un brevet de l'artiste avec la mention « en foi de quoi –pour que ceux qui ont des yeux voient- j'authentifie ». Le Eat Art voit réellement le jour et l'aliment devient prétexte à la création.


Restaurant Spoerri

Le succès est tel que Daniel Spoerri ouvrira à Düsseldorf en 1968 le Restaurant Spoerri. Le restaurant mettait en avant une création artistique alimentaire et fonctionnait surtout par l'intervention d'amis de l'artiste. Ses amis, Arman, Ben, Claude et François-Xavier Lalanne, Dorothée Selz, Niki de Saint-Phalle et biens d'autres encore, proposent d'habiter le lieu par des créations gustatives. Les mets qui seront proposés, parfois très exotiques comme le ragoût de python ou le steak de tigre, ne sont pas fondamentalement des aliments novateurs. Ce qui prime c'est avant tout une intervention conceptuelle derrière la nourriture qui est proposée.

Nous sommes en 1970 lorsque Claude et François-Xavier Lalanne proposent au Restaurant Spoerri : Le Dîner Cannibale. Cette performance proposait de manger, non pas de la vraie chaire humaine, mais son simulacre. Claude Lalanne avait créé une technique pour fabriquer des moules en cuivre de la totalité d'un corps. François-Xavier sera ainsi moulé de la tête aux pieds et les formes de cuivre seront dorées pour ne pas être nocives. Lors du repas proposé, tout était fait d'aliments ordinaires mais étrangement horrifiques. On y trouvait des oreilles en beurre, des pieds de pain, des doigts de pâtes à la sauce tomate et bien d'autres recettes donnant à voir le corps consommé.

Aujourd'hui

Aujourd'hui le Eat Art peut-être perçu de deux manières différentes. Il peut-être considéré comme un courant des années 1960-1970 principalement lié à Daniel Spoerri. Il peut aussi être considéré comme un pendant artistique qui lie la cuisine à la création. Dans ce sens il existe toujours et de manière de plus en plus active, notamment au travers de différentes dénominations que sont, entre autres, Food art , Cuisine éclairée (terme du théoricien Olivier Assouly), Cuisine Conceptuelle… Le design culinaire, quant à lui, prolonge le Eat Art mais n'est pas un courant artistique de même typologie.




16/01/2010
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