Alain YVER

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dEUS

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Crée en décembre 2007, deus-fr.net est le premier site francophone consacré à l'un des plus célèbres groupes de rock venant de Belgique.

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pochettes des albums
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dEUS sort un nouvel album et traversera la France


"Following Sea" est le nouvel album de dEUS, le groupe de rock belge mené par Tom Barman. Disponible en digital, l'opus sortira le 8 juin en CD et vinyle. Il est pour le moment défendu par le titre "Quatre mains", dont le clip a été récemment mis en ligne.

Crédits photo : Page officielle Facebook
Le groupe belge dEUS a sorti un nouvel album intitulé "Following Sea". Déjà disponible sur iTunes, il sortira dans les bacs en CD et vinyle le 8 juin prochain. L'album succède à "Keep You Close" (2011), dernière publication de la formation rock indépendante.

Aux manettes de l'album, on retrouve Adam Noble, co-producteur du précédent opus. « Plus léger et lumineux que le sombre "Keep You Close" » selon dEUS, "Following Sea" comporte dix titres dont fait partie "Quatre mains", le premier single. Chanté en français, le titre est déjà en écoute sur les plateformes de streaming. "Quatre mains" est en fait une version retravaillée de "Paper Bones", un morceau interprété sur une tournée de dEUS, en 2009. Le clip a été réalisé par Tom Barman lui-même et tourné à Anvers (dans le nord de la Belgique).

« Nous avions des chansons que nous ne voulions pas perdre, que l’on ne voulait pas voir sur une étagère pendant quatre ans, nous avons donc décidé de rompre avec notre manière de travailler et de terminer les chansons rapidement avant de les rendre publiques » explique le leader sur le site officiel du groupe.

dEUS se produira en tournée cet été. Les Belges donneront trois concerts en France : le 7 juillet à Musiques en Stock Festival à Cluses, le 4 août aux Nuits Secrètes d'Aulnoye-Aymeries et le 25 août à Rock en Seine, à Saint-Cloud.


Tracklist de l'album "Following Sea"

 1. Quatre Mains
 2. Sirens
 3. Hidden Wounds
 4. Girls Keep Drinking
 5. Nothings
 6. The Soft Fall
 7. Crazy About You
 8. The Give Up Gene
 9. Fire Up The Google Beat Algorith
 10. One Thing About Waves

Jean-Baptiste PIETRA

http://www.chartsinfrance.net/dEUS/news-80000.html







dEUS filme un Nouveau nouveau Testament
Philippe BROCHEN 2 février 2012
    
Extrait du clip "Ghost" de dEUS, extrait du dernier album du groupe belge "Keep You Close".

Pour son morceau «Ghost», le groupe belge a imagé un clip christique qui revisite singulièrement les écrits saints.

Un Jésus, fumeur de joints et skateur sur une planche en forme de croix, qui panse les plaies de ses amis par imposition. Des apôtres qui font des concours de sauts en skate dans une piscine. Ainsi se présente le personnage christique du nouveau clip du morceau Ghost signé du groupe anversois dEUS et extrait de son dernier album, Keep You Close.
Et ce n'est pas tout, car il est fort le bestiau: capable de glisser une canette de bière vide dans un barbecue pour la transformer en hot dogs et, dans la foulée et pour faire bonne mesure, de changer un verre d'eau du robinet en vin rouge. Le gars sympa, quoi. Mieux: le pote qu'on a toujours rêvé d'avoir. Et comme en plus il est sexué...
Bref, on vous laisse découvrir par vous même. Et, surtout, on ne vous raconte pas la fin.


http://next.liberation.fr/musique/2012/02/02/deus-filme-un-nouveau-nouveau-testament_793221







Rock belge
Le caprice de dEUS
Nouvel album, Following Sea
20/06/2012


Moins de neuf mois après son dernier disque, dEUS fait paraître Following Sea. Sorti à la surprise générale sur internet le 1er juin, ce septième album écrit la chronique d’un groupe en roue libre, libéré de toutes contraintes créatives. Ce n’est pas demain que dEUS perdra son statut de monument du rock belge mais le résultat est inégal.

Comme Radiohead et quelques autres avant lui, dEUS a sorti son nouveau disque Following sea sur internet : c’était vendredi 1er juin et la mer était calme. La pratique n’est plus tout à fait nouvelle mais elle étonne toujours, surtout venant d’un groupe dont le dernier album remonte à moins de neuf mois. C’était oublier que dEUS et son leader, Tom Barman, ont toujours refusé les habitudes et cassé la routine.
Il y a une bonne quinzaine d’année, dEUS composait à l’image de Noir Désir en France, les standards du rock dans son pays et le groupe, dont la moindre sortie est toujours suivie de près par les radios et la presse, reste quoi qu’il fasse, un monument en Belgique. Que peut donc faire un monument de la musique "pop", alors que les disques se vendent de moins en moins ? La réponse tient dans un choix : soit il se répète, soit il continue d’être ailleurs.
 
dEUS a clairement fait son choix et opté pour le deuxième schéma. En septembre dernier, Keep you close était trop lisse pour égaler les grands disques des années 90, mais Tom Barman et les siens semblaient chercher de nouvelles voies. Following Sea est un disque bien différent, composé en bonne partie des chansons qui n’ont pas été retenues pour Keep you close et que dEUS prévoyait de sortir sous forme d’EP.
 
 À la fois plus pop d’un côté et plus rêche de l’autre, il écrit la chronique inégale d’un groupe en roue libre, qui se laisse aller dans ses recherches : parlé/chanté sur la moitié des chansons, chant en français pour le très gainsbourien Quatre mains, sonorités électroniques... La question d’un disque anecdotique ne se pose pas pour dEUS, puisque le groupe d’Anvers garde le cap. Comme une boussole, Tom Barman montre le nord et dEUS ne dévie pas d’un rock exigeant, qu’on dit – à tort- cérébral.
 
Sirens, Hidden Wounds ou le planant Nothings sont ainsi de jolies chansons pop, néanmoins, toute la seconde partie de Following Sea laisse beaucoup plus sceptique. Elle pose plus généralement la question des disques sortis sur internet : vite mis en ligne, vite écoutés, vite passés, ces disques ne seront sans doute jamais générationnels comme l’ont été les premiers dEUS.  
 
dEUS Following sea (Pias) 2012


http://www.rfimusique.com/actu-musique/rock/album/20120620-le-caprice-deus






dEUS, proche du septième ciel
Par Julien Bordier (L'Express), publié le 11/07/2012


Le groupe de rock belge sort son septième album, Following Sea, agréable mais inégal.
Moins d'un an après la sortie du très riche Keep You Close, le groupe créé à Anvers en 1991 - le chanteur, Tom Barman, est le seul rescapé de la formation originale - remet le couvert avec une dizaine de chansons fraîchement enregistrées. On ne va pas s'en plaindre. dEUS est le groupe de rock belge, celui qui a montré la voie outre-Quiévrain. En ce qui concerne la voix, Tom Barman a des choses à dire sur l'actualité, comme le stress post-traumatique des militaires ("Hidden Wounds"), le naufrage du Costa Concordia ("The Give Up Gene"), ou le moteur de recherche Google ("Fire Up The Google Beast Algorithm"). Petite nouveauté, ce septième album s'ouvre avec le premier titre chanté en français. Avec son atmosphère sombre et mystérieuse, "Quatre mains" a parfois des accents gainsbouriens. Pour le reste, on retient de ce disque, agréable mais inégal, "Sirens", appel aux grands espaces, "Hidden Wounds" et son ambiance dub, les lumineux et mélodiques "The Soft Fall" et "Crazy About You". Ces deux derniers morceaux sont produits par David Bottrill, déjà aux manettes sur le sublime The Ideal Crash en 1999. Ceci explique peut-être cela.

En savoir plus sur

http://www.lexpress.fr/culture/musique/following-sea_1136159.html#drgIdPQKf6ajrMXX.99

http://www.lexpress.fr/culture/musique/following-sea_1136159.html






La biographie de dEUS

Emblématique de la scène rock belge, le groupe dEUS (attention aux majuscules !) concilie habilement l'audace, l'énergie et le sens mélodique. Ils défient les comparaisons, et chacun de leurs nouveaux albums est fébrilement attendu par la critique. Sur scène, le groupe paraît tellement possédé par l'énergie du rock'n roll qu'il convainc les plus sceptiques. Lorsque paraît « Worst Case Scenario », leur premier album, en 1994, les musiciens de dEUS jouaient depuis longtemps ensemble, au sein de divers groupes d'Anvers. Toutefois, c'est la première fois que cette véritable dream team est réunie au sein de la même formation. En effet, l'association du guitariste Rudy Trouvé, du violoniste Klaas Janzoons, du batteur multi-instrumentiste Julle de Borgher, du bassiste Stef Kamil Carlens et du chanteur Tom Barman fait des étincelles. Et, même si certains le trouvent un peu trop « intellectualiste », le disque fait sensation. Il faut dire que « Suds And Soda », sa détonante ouverture, résume à elle seule ce que les années 90 ont fait de meilleur. Jump rock épuisant à danser, structuré par des guitares chaotiques et deux notes obsédantes de violon, il évoque les meilleurs moments de Placebo ou des Smashing Pumpkins. Sur les autres plages, on trouve un peu de tout, de l'expérimental « Morticiachair », aux blues dépouillés à la Tom Waits (« Worst Case Scenario », « Dive Bomb Jingle ») en passant par des ballades d'une cruelle beauté : « Secret Hell » et surtout « Hotellounge ». Le monde entier est désormais au courant : il se passe quelque chose d'unique, en Belgique, ce que ne dément pas l'étrange EP « My Sister = My Clock », que le groupe sort l'année suivante. Avec« In A Bar Under The Sea », en 1997, dEUS franchit encore de nouvelles barrières, signant un des disques les plus superbement sous-estimés de la décennie. Rejoints par le guitariste Craig Ward, les musiciens s'y montrent tour à tour funky (« Fell Off The Floor, Man », pop (« Little Arithmetics », « Disappointed In The Sun »), jazzy (« Nine Threads »), punk (« Memory Of A Festival »), blues (« Theme from Turnpike »), progressifs (« Gimme The Heat »)... le tout culminant avec un déferlement sidérant de guitares sur l'épique « Roses ». Partout, leur patte subversive et décapante règne, donnant à ce capharnaüm une unité inespérée. Malgré tout, l'ambiance est tendue. Au cours de l'enregistrement, Carlens part rejoindre son ancien groupe, Zita Swoon et peu après, Rudy Trouvé part à son tour et fonde Dead Man Ray. Entre temps, Danny Mommens s'empare de la basse, et c'est avec cette nouvelle formation que dEUS sort « The Ideal Crash » en 1999. Cet album, leur plus célèbre, contient un véritable classique : « Instant Street », qui se termine par une de leurs fameuses codas chaotiques. Mais dans l'ensemble, le ton a changé et ce sont les ballades qui dominent (si l'on excepte le tumultueux « Put The Freaks Up Front » et les tentations jungle d'«Everybody's Weird »). L'accueil élogieux de la critique n'empêche pas ce qui ressemble fort à une séparation. Tom Barman se lance dans la réalisation, avec le film « Any Way The Wind Blows », et chacun semble plus préoccupé par ses projets personnels que par le destin de l'orchestre. On voit même sortir un Best Of (« No More Loud Music »), en 2002, ce qui est rarement un signe de bonne santé. C'est pourquoi la sortie de « Pocket Revolution », en 2005, est une excellente surprise. A l'exception de Tom Barman et Klaas Janzoons, ce sont encore des personnes différentes qui jouent, Craig Ward et Danny Mommens (actuel membre de Vive La Fête) ayant quitté le groupe pendant l'enregistrement, selon une tradition bien établie. Mais indiscutablement, la signature est la même. Petit frère, en tous points, de « The Ideal Crash », ce dernier album laisse présager de bien bons moments pour l'avenir.

http://musique.ados.fr/Deus.html






Entrevue - 21/09/11 de dEUS
interviews
    
Cinq ans après sa reformation, dEUS apparaît encore et toujours comme l’une des groupes les plus résolument originaux de son époque. L’un des seuls capables de combiner l’exigence constante de renouvellement et de liberté artistique et les contraintes de l’efficacité rock. Renouant parfois avec la verve directe et incandescente du grandiose The Ideal Crash (1999), Keep You Close force le respect et fournit l’occasion à Tom Barman d’explorer rétrospectivement une discographie parfois inégale mais toujours estimable. [Interview Matthieu Grunfeld].

WORST CASE SCENARIO (1994)
Tom Barman : C’est un disque qui me semble extrêmement éloigné, parce que c’est le premier, bien sûr, mais aussi parce que c’est l’œuvre d’un groupe totalement différent dont Klaas Janzoons et moi-même sommes les seuls membres permanents. En même temps, il reste assez proche, même dix-sept ans après : on joue toujours certains titres sur scène, et avec plaisir d’ailleurs. Sauf Hotellounge (Be The Death Of Me), parce que ça hurle de partout. (Rires.) Il y a deux ans, on a joué cette chanson en Belgique, au festival Pukkelpop avec le chanteur de Snow Patrol. Pour moi, c’était super : comme ça, le public était content et je n’étais pas obligé de me casser la voix. Sinon, comme chaque album, il reste associé à une avalanche de souvenirs personnels, de sentiments sur la vie du groupe et d’impressions mitigées sur le contexte musical. Je me rappelle que le fait d’être immédiatement associés par la presse à une scène nous énervait énormément. À l’époque, toutes les salles et les festivals d’Europe voulaient organiser des Nuits Belges, et nous refusions systématiquement d’y participer.

Même aujourd’hui, si tu me parles de Nuit Belge, ça me donne envie de partir en courant au bar du coin pour commander un Pastis ! (Rires.) Pour une première œuvre de débutants, Worst Case Scenario tient plutôt bien la route. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, il y avait deux trentenaires dans le groupe, avec une solide expérience. Au moment où nous sommes rentrés en studio, tous les morceaux ou presque existaient déjà depuis deux ou trois ans. Du coup, nous avons les avons enregistrés et mixés en dix-sept jours seulement. Si j’éprouve parfois de la nostalgie, c’est surtout par rapport à cette rapidité de travail, cette spontanéité. Mais ce serait impossible aujourd’hui : je crois que je suis devenu trop perfectionniste en vieillissant. À chaque fois, j’annonce aux autres que l’on va essayer de tout boucler en trois semaines et ça les fait doucement rigoler. Ils me disent : “Tom, tu nous fait le coup tout le temps”. Mais j’adore trop chipoter, chercher encore et toujours, jusqu’à ce que l’on trouve quelque chose de nouveau.

MY SISTER IS MY CLOCK (1995)
Ce n’était pas mon idée et j’ai toujours été assez critique par rapport à ce mini-album. C’est un pêché de jeunesse, même l’objet est devenu très culte. Un seul morceau d’une demi-heure, très expérimental, très improvisé : ça, c’était le modus operandi de Rudy Trouvé. C’est comme cela qu’il fonctionne encore aujourd’hui. Il enregistre deux disques par an et publie tout. Il y a toujours de bonnes idées, mais je ne suis pas comme ça du tout. Je ne suis satisfait que s’il y a tri, filtrage. En même temps, j’ai accepté malgré mes réticences parce que j’ai toujours essayé de m’adapter aux autres et de tirer le meilleur parti possible de leurs talents. Au début, on avait donc Rudy qui apportait son avant-gardisme new-yorkais et qui était fan de James Chance et Sonic Youth ; Stef Kamil Carlens et ses références plus roots, plus blues ; Jules De Borgher qui arrivait avec son passé punk ; enfin Klaas, qui ne connaissait rien du tout et qui, encore maintenant, écoute très peu de musique.

Glovesong

Je dis ça gentiment mais c’est vrai : il passe toujours le même disque dans son bar. (Rires.) Et moi, je ne voulais pas du tout jouer dans un groupe au départ. J’avais fait des études de cinéma pour devenir réalisateur. Donc j’essayais modestement d’absorber tout ça. Je joue toujours le rôle de l’éponge avec les autres membres de dEUS. Même sur le nouvel album, Keep You Close, je joue très peu en fait. J’ai surtout écouté les propositions musicales des autres. C’est aussi pour cela que je n’ai jamais été un leader possessif ou autoritaire quand d’autres membres veulent réaliser leurs propres projets parallèles : plus les musiciens qui m’entourent ont d’idées, mieux c’est. Même si cela pose ensuite des problèmes d’organisation. C’est fatigant mais aussi très stimulant.

IN A BAR, UNDER THE SEA (1996)
C’est encore un album d’exploration, qui part dans toutes les directions, mais je le préfère nettement à Worst Case Scenario. Comme on dit en anglais, c’est “all over the placeˮ. Il y en a partout, quoi, mais c’est ça qui fait son charme. Je me souviens très bien d’une critique aux États-Unis qui disait : “Ces mecs sont des malades. Ils sont complètement fous et ils ne savent pas ce qu’ils font”. Bref, il détruisait complètement l’album et moi, en lisant ça, je me disais : “Ouais ! Super !!” (Rires.) Il a été créé dans un contexte de crise, d’interrogations sur l’existence même du groupe. Du coup, plutôt que de se prendre la tête, on s’en est sorti par le travail. Je crois bien que c’est la période la plus productive de dEUS en termes d’écriture : en studio, on a réussi à terminer vingt-trois ou vingt-quatre titres.

À l’époque, les faces B avaient encore leur importance et les trois singles extraits de l’album (ndlr. Theme From Turnpike, Roses et Little Arithmetics) sont sortis chacun avec deux ou trois titres inédits qui étaient intéressants. En tant que producteur, Eric Drew Feldman a rès bien compris cette abondance d’idées. On l’avait rencontré quand on jouait en première partie de PJ Harvey. Polly était fan de dEUS, lui aussi : ça c’est décidé très vite. C’est toujours un pote et je pense que si jamais je devais faire un album solo, c’est lui que je choisirais pour le produire. Rétrospectivement, on peut toujours se dire qu’il y a quelques morceaux qui n’auraient peut-être pas dû rester sur la version finale. Supermaketsong, par exemple, c’est juste une blague. Est-ce qu’il faut laisser ce genre de titres sur un album ? Franchement j’ai des doutes.

THE IDEAL CRASH (1999)
C’est celui que les fans et les critiques préfèrent souvent. Pour moi, il reste associé à des souvenirs ambivalents. D’un côté, l’élaboration a été très longue et très compliquée. On a enregistré l’album tout entier deux ou trois fois avant d’aboutir au résultat final. Au bout d’un moment, ce n’était plus des sessions d’enregistrement, c’était des séances d’exorcisme du syndrome de Tourette ! (Rires.) C’est aussi la première fois que j’ai puisé l’inspiration pour écrire les textes dans mes expériences et mes sentiments personnels. C’était très nouveau pour moi et assez douloureux, au début. D’un autre côté, j’ai également en tête plein d’images merveilleuses des journées et des soirées passées en Espagne. On habitait tous sur place, il faisait délicieusement chaud. On allait au studio de 13 heures à une heure du matin, on sortait toute la nuit et on dormait un peu avant de recommencer le lendemain. Bref, on faisait la fête, mais on travaillait aussi comme des connards.

C’est le disque auquel a le plus directement collaboré Craig Ward, qui est un guitariste incroyable, avec un sens du style et de la mélodie unique. Les discussions étaient souvent très tendues et conflictuelles parce qu’il me donnait une vingtaine de parties de guitare. Et j’avais beau lui dire que c’était trop pour un morceau de cinq minutes, il tenait à défendre son point de vue jusqu’au bout. Mauro Pawlowski, c’est tout le contraire. Il est aussi doué, mais il faut davantage le solliciter. C’est moins stressant comme ça. The Ideal Crash est le témoignage de cette lutte pied à pied entre moi qui était fan de trip hop à l’époque, et qui voulait faire un album très spacy, et Craig qui détestait ça et qui voulait enregistrer un disque de rock très brut. Sur la fin, il y a aussi eu beaucoup de problèmes personnels qui ont contribué à rallonger le processus : Klaas venait de se séparer de sa copine, Craig d’épouser une fille qu’il avait rencontré deux semaines avant et qui débarquait tout à coup en studio.

POCKET REVOLUTION (2006)
Après la tournée de The Ideal Crash, on a décidé de prendre une année sabbatique, et puis cela a duré plus longtemps que prévu. J’avais envie de décompresser un peu, d’explorer d’autres horizons. D’abord avec Magnus, mon projet électronique, puis en solo. J’ai commencé à réaliser un court-métrage, Any Way The Wind Blows (2003), qui est devenu un long-métrage. Sincèrement, pendant cinq ans, je n’ai pas pensé à dEUS plus de cinq fois. Et quand les journalistes venaient me voir après un concert de Magnus pour m’interroger sur une reformation, c’était comme si on me demandait si les scampi portent des lunettes ! (Rires.) En plus, je ne voulais pas immédiatement chercher un autre guitariste pour remplacer Craig. Pour tout dire, j’en avais un peu marre des divas de la six-cordes. Et puis Craig a voulu revenir, et ensuite il est reparti. Et 2004, c’est devenu l’annus horribilis de dEUS, celle où tout s’est mis à tourner de travers. Il a donc fallu recruter de nouveaux membres, un peu dans la précipitation. Mauro, je le connaissais déjà. Alan Gevaert, je l’ai sollicité quelques heures à peine après que j’ai reçu un e-mail dégueulasse de Craig qui, en trois pages, me disait en substance : “Fuck off !ˮ J’ai pensé tout arrêter.

J’ai changé d’avis juste après le concert au festival des Inrockuptibles à la Cigale en novembre 2004, avec les nouveaux musiciens. On a complètement détruit la salle, la réaction du public était incroyable et, quand on s’est retrouvés backstage, je savais que c’était reparti. Pocket Revolution, c’est un disque de survie. Tout le monde serre les rangs, tout le monde fait des efforts pour arriver à terminer l’enregistrement, tout le monde est soulagé après, mais c’était réellement très dur. La tournée qui a suivi nous a fait un bien fou. C’était la meilleure de ma vie. Les fans nous donnaient l’impression de vouloir nous remercier pour être revenus et, franchement, je ne m’y attendais pas à ce point-là. Je me souviens que l’on était encore en studio. J’étais malheureux, j’avais du mal à écrire et à composer et je reçois un coup de fil pour me dire que les places pour l’Olympia s’étaient toutes vendues en deux jours, tellement il y avait d’attente. Le soutien était salutaire.

VANTAGE POINT (2008)
Sur cet album, je crois que l’on retrouve l’influence de Magnus. À la fois parce que les climats electro sont très présents. Aussi parce qu’il y a beaucoup d’autres artistes invités. J’ai toujours été un grand fan de voix et le fait que Karin Dreijer, la chanteuse de The Knife, accepte de chanter avec nous alors qu’elle ne le fait que très rarement, c’était un véritable honneur. Idem pour Guy Garvey d’Elbow. Avec ce disque, j’ai l’impression que nous avons voulu presque trop bien faire. Rétrospectivement, on s’est aperçu qu’il y a des titres qui sonnaient de manière très prometteuse à l’état de maquette et qui ne fonctionnent pas dans leur version définitive. Ils ont quelque chose d’un peu froid, d’un peu distant et qui ne parle pas directement au cœur – ça m’a rendu profondément malheureux. Pour la première fois, j’avais un peu l’impression que dEUS courait après son passé au lieu de foncer tout droit. Nous avons essayé de retenir la leçon et nous nous sommes beaucoup servis de ces erreurs pour travailler sur le nouvel album.


KEEP YOU CLOSE (2011)
Cette fois-ci, il n’y a pas un seul morceau de l’album qui n’ait pas été testé d’abord sur scène. Parfois, il y a des idées qui te paraissent bonnes quand tu es en studio et qui ne fonctionnent finalement pas en concert, parce que le son est trop maigre. Pour vérifier si les morceaux et les arrangements tiennent la route, il n’y a rien de tel que de faire l’expérience en direct, au contact du public. Quand nous avons commencé à enregistrer Keep You Close, nous étions certains que la trame des chansons tenait la route. Nous avons beaucoup travaillé ensuite pour les rendre aussi fluides et naturelles que possible, ce qui prend paradoxalement beaucoup de temps. Alan a joué un rôle très important sur ce disque, et ses lignes de basse sont remarquables. Dans les textes, je parle de trucs très personnels et parfois un peu durs. Peut-être que ça fera un peu peur aux gens mais les sonorités, les textures sont plus chaleureuses, je trouve. Il y a deux morceaux sur lesquels nous avons utilisé des arrangements de cordes, et dont je suis particulièrement fiers. J’ai l’impression que nous sommes parvenus à ne pas nous répéter, ce qui reste un vrai défi après dix-sept ans de carrière.

http://www.magicrpm.com/a-lire/interview/deus/entrevue-21-09-11/page/1






dEUS

Avec leurs guitares et sans carrosse, voici les rois des Belges. dEUS est au rock d’outre quiévrain ce que les Beatles sont à la pop anglaise. Des dieux (eux vivants) conviés par exemple cet été à jouer à 20 h sur la grande scène de Werchter, le plus grand festival de ce plat pays qu’ils ont été les premiers il y a vingt ans à inscrire sur la scène rock mondiale. C’est donc d’autant plus « heureux » (avec l’accent) qu’ils viennent jouer chez nous, aussi grande scène, et que c’est gratuit pour le public. Si on leur connaît des chefs d’oeuvre comme In a bar under the sea et Ideal Crash (en 1999), leur dernier opus, Keep you close, sorti l’an dernier, a renoué avec des sommets. Tom Barman et sa bande (beaucoup renouvelée au fil des années) ont encore bien des choses à exprimer. Toujours cette mitraillette sauce royale classe de : tension, mélancolie dans la voix, arrangements complexes et envolées épiques.
Pourquoi être devant la scène:
1. Parce que Tom Barman n’a jamais eu de cesse de répéter que dEUS est avant tout un groupe de scène.
2. Parce qu’ils ont un coffre tout plein de classiques rock (21) : Roses, Instant Street, Suds and Soda, Little Arithmetics, Bad Timing… et qu’ils en joueront forcément.
3. Parce qu’en 2006, les Anversois s’engageaient fortement contre l’extrême droite et pour la tolérance (concerts, événement rassemblant une centaine d’artistes et 70 000 personnes…). Une semaine plus tard, le Vlaams Belang perdait sa première place à Anvers. dEUS est amour.


http://www.lesnuitssecretes.com/festival/deus-2/






A la grâce de Deus
Keep You Close

Mené par le toujours passionnant Tom Barman, Deus signe un album
irrégulier, d’où s’échappent des instants magiques ou de tension sensuelle: rencontre, critique et écoute.

Il y a vingt ans, Tom Barman ne jouait pas de la guitare mais du squash – son groupe aurait pu se nommer Deus de raquette. Hissé à la troisième place du classement des joueurs de son pays, le Belge avait tout de même prévu de préférer l’art à la performance sportive. Pour autant, la musique n’était pas au programme : c’est sur le cinéma que Barman avait jeté son dévolu. “J’ai arrêté le squash pour entamer des études et devenir cinéaste. Je dis souvent que le cinéma, c’est ce que je voulais faire, et que la musique, c’est ce qui s’est passé.”
Remercions le destin d’avoir placé le jeune homme sur le chemin du studio : avec Deus, Barman a tout simplement livré les chapitres les plus remarquables du rock belge des deux dernières décennies. “C’est difficile de durer ainsi. Le groupe reste une entité impossible, avec des ego qui se battent en permanence. Il y a comme une autodestruction dans tout ça, qui n’est pas du tout romantique et peut même devenir horrible. L’intimité et la proximité avec les membres du groupe, ça peut te rendre claustrophobe. Le groupe, ce n’est pas une histoire d’amour, et en même temps ça doit en être une.”
Les épreuves et les embûches n’ont pas épargné la formation de Barman : elle a traversé des déserts, elle a fait évoluer son casting. “Ça n’a pas tout le temps été simple, mais ces évolutions étaient nécessaires pour continuer à trouver un nouveau souffle. D’autant que j’ai toujours voulu être dans un groupe où j’admire les autres. Deus, c’est 100 % passion.” Dernier épisode de cette série à rebondissements, l’album Vantage Point affichait en 2008 la facette la plus explosive du groupe avec une poignée de titres sapés pour la scène.
Ne pas se fier au titre de son successeur qui paraît ces jours-ci : Keep You Close n’est pas le disque du retour au songwriting intimiste. L’album a au contraire été en partie façonné en concert, le groupe désirant mesurer l’efficacité de ses nouvelles chansons à la réaction de son public. “Le live reste l’objectif ultime pour Deus. C’est sur scène que nous avons grandi, d’autant que nous avons toujours eu une drôle de position. Si tu es les Foo Fighters, tu enregistres un album pour pouvoir le jouer devant 40 000 personnes tous les soirs. Avec Deus, on joue pour 500 comme pour 5 000 personnes. Le disque doit marcher partout… Et puis c’est mauvais pour ma santé de rester en studio. C’est pas sain, je bois vraiment trop d’Ice Tea.”
Longtemps, Deus a traîné une réputation de groupe arty, cérébral. “On a cultivé ça parce qu’on était arrogants. On faisait la gueule sur les photos. On était dans un groupe de rock, il fallait poser un peu ! A force de constater cette image intello, j’ai fini par dire ce que je pense encore : le cerveau, c’est l’organe le plus sexy au monde. Quand je tombe amoureux, c’est toujours de l’humour ou de l’intelligence de la personne. L’objectif à atteindre pour un groupe, c’est de faire danser et pleurer en même temps.” Deus a, il est vrai, davantage fait sangloter et gigoter par le passé : Keep You Close, qui a été enregistré dans le studio personnel du groupe à Anvers, est un drôle de disque.
De vrais instants de grâce (Constant Now, The Final Blast ou le formidable titre éponyme du disque) y côtoient des longueurs moins inspirées (Twice ou Dark Sets in pourtant partagé avec l’Afghan Whigs Greg Dulli). Constante de taille : Barman continue d’y chanter comme un dieu, et de confirmer sa position de plus grand rappeur qui s’ignore (The End of Romance). “Ce goût pour le phrasé, ça me vient de Gainsbourg, de Massive Attack. J’ai mis des années à oser parler sur de la musique, à m’affranchir de la mélodie. J’ai atteint un âge où je me permets davantage de choses. Mais je me demande aussi souvent à quoi sert ce que je fais. Il y a tant de problèmes dans le monde, mon cas personnel ne peut pas être aussi important… Et puis après tu écoutes Leonard Cohen et tu te dis que ça peut être important si c’est bien fait.”

par Johanna Seban
le 06 octobre 2011

http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/a-la-grace-de-deus/







Rock > dEUS
Biographie


Le groupe se forme à Anvers en 1991. Le premier line-up comprend Tom Barman(chant, guitare), Steff Kamil Carlens(basse), Julle De Borgher(batterie), Klaas Janzoons(violon) et Rudy Trouvé(guitare). La formation se produit alors dans les petits clubs belges avec des reprises accoustiques du Velvet Underground, des Pixies, ou encore Neil Young.
Il signe un maxi intitulé Zea en 1993 et commence à se produire à Londres en première partie de Girls against Boys. Il décroche un contrat avec Island Records et enregistre en 1994 son premier album Worst case scenario. Le groupe rencontre alors un succès colossal en Belgique.
L'année suivante, Deus signe My sister, my clock. Alors que Stef Kamil Carlens a déjà quitté le groupe pour s'occuper à plein temps de Zita Swoon, peu après la sortie de ce disque, Rudy Trouvé fait également ses bagages. Ils sont remplacés par Craig Ward à la guitare et par Danny "Cool Rocket" Mommens à la basse.
Deus repart en studio et enregistre In a bar, under the sea (1996), certainement l'album le plus expérimental du groupe. Suit, en 1999, l'album The ideal crash. En 2001, une compilation des plus grands titres de Deus voit le jour, No more loud lusic.
En septembre 2005, après six longues années d'absence, et l'arrivée de Stéphane Misseghers, Alan Gevaert et Mauro Pawlowski, les Belges sortent Pocket revolution et ne nous font pas patienter trop longtemps puisque Vantage point, album enregistré à la maison, débarque au printemps 2008. En septembre 2011, Deus sort Keep you close, un disque marqué par la participation entière du groupe à la composition contrairement à avant où Tom Barman avait les cartes en mains.
Anne 
Octobre 2005 
mis à jour Juin 2012




dEUS / Chronique LP > Following sea
 "L'idée d'attendre des mois avant de publier de la musique est tellement dépassée.". Soit. Il y un mois, les belges de Deus décident à la surprise générale de sortir un nouvel album, neuf mois après le décevant Keep you close. Une envie urgente de dépoussiérer les fonds de tiroir ? La peur de voir ces morceaux prendre un coup de vieux sur le prochain disque ? Un vrai faux cadeau offert aux personnes qui continuent allègrement de suivre les aventures des Anversois ? Non, Tom Barman assume avoir eu "honte d'avoir livré neuf titres en deux ans". Ces dix nouvelles offrandes compilées sur Following sea sont l'occasion pour nous de vous livrer nos tops et nos flops. C'est parti !


Nos tops :

"Quatre mains" : La belle surprise de découvrir une chanson en langue française, une vraie première pour les Belges (si l'on omet d'ajouter l'expérience live piano-voix de Tom Barman avec Guy Van Nueten en 2004). Comment ne pas penser au Gainsbourg des années 80 lorsqu'on écoute le phrasé talk-over de Barman ? Cinq minutes d'une dynamique dont la noirceur envoute inlassablement.

"Hidden wounds" : Voilà le genre de couplet parlé et jouissif qu'on ne trouve plus beaucoup chez Deus, telle une confession lancinante qui franchit progressivement les limites d'une pop enchanteresse. 

"Girls keep drinking" : Guitare funky, basse ronde, flow assuré, le groove ensorcelle sans artifice. L'effet est direct, certes déjà-vu mais quand c'est bon, c'est Bonduel !, inutile de se voiler la face.

"Nothing" : Ballade fragile aux guitares über cristallines, telle une caresse dans les cheveux. Une cousine éloignée de "Little arithmetic" (In a bar, under the sea) qui est malheureusement trop courte à notre goût.

"Fire up the google beast algorithm" : Sans conteste, le meilleur titre de l'album ! Tout y est : l'énergie, la créativité, des putains de vocalises entrecroisées. Un véritable coup de semonce qui vient balayer, sur un trop court instant (à peine deux minutes), certains regrets qu'on peut avoir sur cet album. 

"One thing about waves" : Plus de six minutes pour un morceau qui s'annonce comme épique ou qui en a tout l'air. Aérien dans le fond, répétitif dans la forme, il monte en régime progressivement met en perspective les enchevêtrement des instruments sous la coupe d'un Tom Barman dont la forme vocale est rassurante. Mais qui pouvait en douter ?


Nos flops :

"Siren" : Ou comment replonger dans les affres de ces pop-songs à la mélodie facile. Avalée puis recrachée. Le même effet qu'un "Ghost" sur Keep you close, pour situer.

"The soft ball" : Poussif et lissé, ce titre n'aura que l'avantage d'apporter un peu de couleur à l'ensemble de ce disque. Son aigreur domine largement les débats.

"Crazy about you" : Autre exemple de morceau manquant terriblement d'intérêt. Pas loin de la pop-song type d'un mauvais groupe américain de la fin des années 80, début des années 90. On se consolera en se disant que même les plus grands l'ont fait.

"The give up gene" : A la première écoute de ce morceau, le rythme fait étrangement penser à "Kiss" de Prince. L'idée est initialement bonne mais le problème réside dans le fait qu'on côtoie le vide avec en guise de décoration sonore des tests de sons de claviers tout naze. Véridique ! 


Disque inégal touchant à la fois les cieux comme le fond, Following sea est un peu à l'image du groupe qui, ces dernières années, nous a habitué à ce genre de disque où chaque bonne surprise se traduit presque comme un exploit. C'en est devenu irritant à la longue.
Ted 
Juin 2012
 


dEUS / Chronique LP > Keep you close
 Avec la sortie en 2008 de Vantage point, Deus nous avait laissé sur notre faim avec en cause un dernier tiers en dent de scie mais également des morceaux discutables s'éloignant peu à peu de la griffe des débuts, le tout chargé d'une production pour le moins luisante. Dès les premiers airs de violon du morceau éponyme de ce Keep you close, nous tombons les deux pieds dans les propos tenus auparavant. Propre et exaltée, la pop des belges a des allures d'élégance certaine, surtout lorsqu'elle mise en valeur par des chœurs et par la voix légèrement éraillée de Tom Barman, mais vient souvent se buter sur des titres sévèrement poussifs. Sans renier le travail impeccable des arrangements et la volonté de varier les sonorités instrumentales avec de jolies mélodies de cordes, de piano et autres vibraphone, Deus sait aussi tirer son épingle du jeu en sortant de bons titres dont eux seuls ont le secret. Ainsi, "The final blast" et "Dark sets in" sont ces exemples de ballades envoutantes qu'on n'ose plus beaucoup espérer des belges de nos jours et qui auraient très bien pu avoir leurs places sur Pocket revolution, époque où le combo voyait une grosse partie de son effectif renouvelé. 

Le groupe évolue vers le musicalement correct, s'impose des limites stylistiques balayant d'un trait toutes sorties de routes, cette folie d'antan qu'on ne retrouvera jamais sur "Twice (we survive)" ou "Ghost", deux titres plutôt ennuyeux. "Constant now" est un beau constat de cet album, de bonnes idées gâchées par un couplet quelconque entaché de notes de pianos superflues mais au refrain paradoxalement excellent et entrainant. Mais le pompon est définitivement décroché sur "The end of romance" où la sensualité de Barman s'exécute en mode talk-over et devient une véritable caricature fleur bleue. Le nouveau disque des belges connaît toutefois quelques belles envolées, certes rares, comme sur "Easy" où les structures deviennent tout de suite plus alambiquées. Malheureusement, les tubes épiques et jouissifs chez Deus n'existent plus vraiment et ont été remplacés par cette espèce de grandiloquence pop souvent imbuvable. Keep you close est une vraie déception et, croyez le bien, ce n'est pas une partie de plaisir que de se voir l'écrire tant les Anversois ont été brillants auparavant.
Ted 
Février 2012



dEUS / Chronique LP > Vantage point
 Avec une formation intacte depuis l'album précédent, fait rare chez Deus, on pouvait s'attendre à voir les Anversois nous pondre un album se rapprochant de Pocket revolution. Album attendu au tournant, Vantage point, le cinquième album du groupe a été, pour la première fois, enregistré à la maison chez Klaas Janzoons, le violoniste du groupe. Moins de pression, plus de temps, gain financier : des avantages non négligeables laissant penser que les flamands pourraient expérimenter de nouvelles choses. Au lieu de ça, Deus délaisse la complexité et met le paquet sur la production, le travail des sons et des arrangements. Et ce n'est pas un hasard lorsque l'on connaît le travail de Dave McCracken (Depeche Mode, Faithless). Résultat : une quasi-surproduction qui camoufle la simplicité des compositions avec des effets, des claviers et des choeurs à tout-va. Certes, les mélodies sont jolies et la voix de Barman toujours aussi attirante, mais leur nouveau répertoire sonne de plus en plus pop "radiophonique" à l'image de "The Architect" ou de la jolie ballade "Eternal woman". 
Les Belges gardent néanmoins leur énergie pour des titres tels que "Oh your God, "Is a robot" et "Favourite game". Ceci dit, cette production n'enlève en rien la patte Deus. On reconnaît le groupe dès les premières notes mais il s'éloigne doucement de ce qui faisait son originalité il y a encore quelques années. Les premières écoutes de Vantage point sont probablement les plus difficiles car il faut arriver à cerner cet album rempli de sons et d'effets. Par contre, une fois l'oreille fidélisée, on se rend compte finalement que ça file très vite. En effet, une fois passé le cap des 7 premiers titres mêlant chansons à la fois groovy, rock et pop, Deus termine son opus avec 3 titres en manque d'inspiration (surtout "Smokers reflect" et "Popular culture"). Et ce n'est pas les invités de l'album (dont Karin Dreijer Andersson de The Knife et Guy Garvey d'Elbow) qui, à eux seuls, réussiront à relever le niveau. Il est certain que Vantage point laissera un goût amer aux fans exigeants de Deus, comme une légère impression d'inachevé. Heureusement pour eux, les chansons de cet album passent beaucoup plus facilement en live, l'énergie de la scène aidant. Est-ce une erreur de parcours ? L'avenir nous le dira.
Ted 
Juin 2008



dEUS / Chronique LP > The ideal crash
 3 ans. C'est le temps qui sépare The ideal crash d'In a bar, under the sea. Que s'est-il passé durant cette période pour Deus, qui avait pris l'habitude de sortir un album par année? Un des piliers de la formation, Stef Kamil Carlens (basse, chant), parti pour s'occuper à temps plein de Zita Swoon, a été remplacé par Danny Mommens (Vive la Fête), les flamands enchaînent les dates de concerts et prennent le temps de se remettre à la composition. Pour leur troisième LP, la bande à Tom Barman s'envole en Andalousie, à Ronda plus exactement, en compagnie de David Bottrill, connu pour avoir produit Tool, Mudvayne, Muse ou Coheed and Cambria. Comme Radiohead avec son Kid A, cet album signé Deus marque une nouvelle ère dans la carrière du groupe. Fini les chansons hétéroclites, "fourre-tout" et place à des structures musicales plus classiques et plus linéaires. Une belle remise en question (dûe aux départ de Stef ?) et un travail de huit mois qui porte ses fruits. L'écriture des morceaux et la production sont des plus soignée. Les belges nous livrent un disque indie-pop-rock avec des mélodies somptueuses ("The magic hour", "Sister Dew", "Magdalena"), des rythmes intéressants ("Put the freaks up front", "The ideal crash"), un peu d'électro ("Everybody's weird", "Dream sequence #1"), des guitares qui crachent ("Instant street") et plus encore, le tout orné de la sublime voix de Tom Barman et des choeurs. Mention spéciale à la langoureuse The ideal crash avec son rythme syncopé ininterrompu et ses sons qui viennent se coller les uns sur les autres et le chef d'oeuvre nommé "Instant street" qui débute sur un air de bossa avec du banjo pour se terminer avec une superpositions de riffs de guitares apocalyptique laissant une belle chair de poule sur son passage. The ideal crash (dont la pochette n'a pas été réalisée par Rudy Trouvé, une première !) est un album magistral salué par la critique et par les pairs (Radiohead notamment) que tout bon fan de rock et de mélodies se doit d'avoir dans sa discothèque. Deus garde bien avec cet album son statut de "meilleur groupe belge de rock".
Ted 
Avril 2008



dEUS / Chronique LP > In a bar, under the sea

 Avant d'appréhender un disque de Deus, il est plus que nécessaire de s'intéresser au mouvement du line- up qui a entouré l'indéboulonable et génial Tom Barman. Exit donc Rudy Trouvé (auteur de la pochette), welcome le guitariste écossais Craig Ward. Exit également les murs de distorsion pour un son d'ensemble plus aéré et épuré où les guitares et justement les distorsions sont utilisées avec beaucoup plus de parcimonie, d'ingéniosité et de variété dans leurs interventions. Le son de Deus a évolué. L'EP My sister = my clock avait été un sacré avertissement sur la trajectoire qu'allait prendre le groupe anversois sur l'album à venir : celle de l'expérimentation et la fuite des normes établies. In a bar, under the sea est une invitation au voyage, un de ceux duquel on ne ressort pas totalement indemne. Un voyage à travers les contrées mais également à travers les époques. Bienveillant avec les repères de son auditeur, Deus n'hésite pas à laisser quelques indices jalonnant ici et là l'album, à l'instar d'une voix-off signalant chaque escales lors d'un trip en locomotive à vapeur : l'intro de l'opus "I don't mind what ever happens" évoque le blues noir et nous immerge dans l'ambiance des rives du Mississipi, "Theme from turnpike" dont certains samples semblent inspirés par l'oeuvre d'Ennio Morricone et les percussions amérindiennes hypnotiques sentent bon la pluie invoquée par la danse rituelle et le Far-West. Certaines sonorités de "Serpentine" pourraient illustrer un reportage sur les quartiers de China Town tandis que la trompette et le piano langoureux de "Nine threads" nous ramènent à la belle époque des bars de jazz enfumés de la Nouvelle-orléans. Enfin, "Wake me up before I sleep" et sa guitar slide "hawaiisante" nous laissent à penser que la plage d'Honolulu n'est pas si lointaine que ça. En cela, le groupe semble célébrer les différentes facettes et la diversité des cultures de ce melting-pot que sont les Etats-Unis. Diversité dans les ambiances donc, mais diversité également de par les styles abordés par le groupe : In a bar under the sea est un album caméléon qui flirte tour à tour avec le blues, la pop, le jazz, le rock, le punk. Deus ne se prive pas pour développer également un goût très prononcé pour une musique aux orientations progressives (cinq morceaux au dessus de la barre des 5 minutes). Le mot "compromis" n'existe pas dans le vocabulaire de Tom Barman et de sa bande, ils font ce qui leur chante et c'est tant mieux pour nous parce ça fonctionne à merveille. Dès lors, difficile de ne pas penser à un savant mélange de tout un tas de groupes ou de personnalités qui ont marqué le petit-monde de la musique rock : David Bowie pour le coté caméléon insatiable de découvertes, Frank Zappa pour cette addiction aux prises de risques et la "je fais ce que je veux de ma musique" attitude, le Velvet Underground pour cette propension à produire des morceaux de pop classieuse où l'électricité reste toujours présente. Jamais indigeste (quinze titres s'étalent pourtant sur une heure de musique), souvent passionnant, ce In a bar under the sea se savoure avec une délectation croissante. Grâce à sa richesse, l'excitation et la curiosité de l'auditeur semblent vouées à un éternel renouvellement. En 2005 est sorti Pocket revolution mais rétrospectivement, c'est réellement sur ce In a bar, under the sea sorti en 1996 que Deus a entamé sa petite révolution. Elégant et brillant, racé et inspiré : pas très loin du chef d'oeuvre.
Cactus


dEUS / Chronique LP > Pocket revolution
 Avec un line-up encore complètement renouvelé (seuls le chanteur Tom Barman et son violonniste Klaas Janzoons faisaient partie du groupe lors du dernier enregistrement) et une absence de six ans, on aurait pu s'attendre à une petite révolution dans le monde de la musique indé belge. Il n'en est rien. Nous retrouvons Deus exactement là où nous les avions laissés, ou presque.
Pour ce nouvel opus, le groupe s'est entouré de quelques uns de ses guests habituels (Stef Kamils Carlens, Craig Ward, Danny Mommens) : un lien avec le passé qui jalonne Pocket revolution et l'inscrit un peu plus dans l'évolution d'une formation, qui, avec déjà quinze ans de scène, a depuis longtemps fait preuve de maturité.
Les Belges ont définitivement laissé de côté les expérimentations de In a bar, under the sea et restent dans la ligne de The ideal crash.
L'album s'ouvre sur Bad Timing, chanson-marathon de sept minutes, format auquel le groupe nous avait habitué. Le timbre éraillé de Tom Barman modèle des pétites pop, qui, de "7 days, 7 weeks", le premier single, à "Include me out", devraient réconcilier tous les déçus de la pop que je connais avec la pop douce amère, loin des clichés dégouliants de bons sentiments. Des Stones à Bowie, la culture pop-rock-punk de différents membres du groupe se fait imperceptiblement sentir d'un bout à l'autre l'album ("Cold sun of circumstance").
Les guitares sont plus que jamais présentes et viennent électriser le son de Deus. La structure se construit toujours sur une même base : une introdution sur du velours bercé par un Tom Barman au ton juste, avant l'explosion de guitares parfois noisy ou saturées, jamais trop en avant ("If you don't get what you want").
Les Belges ne nous ont donc pas berné en nous annonçant cette petite "Révolution de poche" (elle était un peu facile). Une révolution dans la continuité.
Anne 
Octobre 2005


http://www.w-fenec.org/rock/deus.html







Rock > dEUS > Interview / Ted vs Tom (avril 2008)


Après plusieurs tentatives infructueuses, j'arrive enfin, grâce au W-Fenec, à faire ma première interview avec Tom Barman. Le rendez-vous est pris pour le 23 avril dans le VIéme au Salon du Panthéon, la veille de la première date française de la nouvelle tournée au Trabendo. Le temps de boire un coup et de discuter avec l'attachée de presse, le chanteur de dEUS arrive, se présente et m'invite cordialement à prendre place sur la terrasse.
 La tournée pour Vantage point commence demain.
Non, elle a déjà commencé. On a déjà fait 7 ou 8 concerts, des grandes villes comme Amsterdam, Londres, Cologne, Rotterdam. Demain, c'est Paris et on va retourner en Belgique puis dans le sud de l'Europe, Espagne et Italie.Il y a une vingtaine de dates avant les festivals.

Pas mal de dates sont d'ailleurs déjà sold-out. Ressens-tu une certaine pression ?
Non, pas du tout. On veut toujours se surprendre nous-même. On se doit de faire des bons shows donc ce n'est pas une pression mais plutôt une sorte d'adrénaline, une envie de bien faire les choses.

Demain, vous faites votre première date française. Comment sont vos relations avec la France ? Le public français est-il particulier à vos yeux ?
En France, ça a commencé à vachement accrocher à partir du troisième album, The Ideal Crash. Après, on a fait un grand break, j'ai fais un film (NDT : Anyway the wind blows en 2003), Magnus et des trucs à côté (NDT : Live avec le pianiste Guy Van Nueten en 2003). Puis on est revenu avec Pocket revolution et là on a vu un public avec des jeunes de 18 ans. C'est comme une "rejuvenation". Le public se renouvelle, surtout en France, et ça c'est cool. Après, il ne faut pas généraliser. Tant que les gens ont envie de danser et de s'amuser à nos concerts, c'est le principal.

Parlons un peu de l'album, Vantage point est aussi le nom de votre studio où vous avez enregistré. C'est votre premier enregistrement dans ce studio. Tu peux nous en parler ? 
Klaas, notre violoniste, a acheté un grand bâtiment il y a 5 ans. Il y a une salle des fêtes en bas où il y a des fêtes légendaires et on a utilisé le loft en haut pour enregistrer. On a cependant testé plusieurs salles dans ce loft où on a pu profiter de la réverbération naturelle de ce bâtiment qui est très vieux et ça, c'est un grand luxe. C'est très relax, on a pu travailler quand on le voulait, il n'y a pas de pression et c'est un sacré gain d'argent car en studio c'est assez cher. Et le son qui est en sorti, d'un point de vue général, est très bon.

La même formation deux albums de suite, c'est inédit. Est-ce que quelque chose a changé entre les deux albums dans la façon d'apporter les idées?
Rien n'a changé. Peut-être que pour le prochain ça va changer. C'est toujours moi qui apporte 40% voire la moitié des idées des morceaux et le reste c'est tous ensemble. En tout cas, même mes idées, on les retravaille ensemble. Pour le prochain, on va essayer de le faire tous ensemble. Mais depuis les débuts de dEUS, j'ai toujours été le principal compositeur. Donc rien n'a changé sur ce point là excepté la formation. 

Au niveau de la stabilité de la formation, c'était très bien venu. 
L'enregistrement de Pocket revolution était une période assez sombre (NDT : Cet album a commencé à être composé avec l'ancienne formation puis la moitié des membres sont partis) et d'avoir un groupe qui a fait ensemble 140 concerts nous a permis d'avoir les yeux dans la même direction lors de notre rentrée en studio. Ca c'était super.

 Avez-vous encore des relations avec les anciens ?
Stef, on se voit quelque fois dans l'année. Craig, je l'ai vu encore hier soir, on s'est bien marré. Il y a eu des moments de prise de tête avec les anciens membres de dEUS. Tu sais, les groupes de rock ont toujours eu des entités explosives et ce n'était pas différent chez nous.

La production est de Dave McCraken, comment s'est passé la rencontre ?
On a rencontré pas mal de personnes. Quand on a essayé avec lui, ça a bien fonctionné. Et humainement c'est important pour nous que ça fonctionne bien.

Il a produit Depeche Mode...
Oui et également Ian Brown. Il a fait beaucoup de travail studio et également de l'écriture, pour le groupe de Ian Brown justement. Au début je voyais pas de rapport entre lui et dEUS et finalement on a travaillé ensemble et ça a bien marché. Il aime bien expérimenter et il n'est pas facilement content. C'est important car pour un groupe, il n'y a rien de pire qu'un producteur qui dit tout le temps "oui c'est bien, on change rien" sans se remettre en question à chaque fois.

Sur l'album, on a l'impression que tu chantes moins et laisse la voix aux autres. Est-ce une bonne impression ?
Ce n'est pas que je chante moins mais plutôt que je laisse plus les autres chanter. Oui, on s'est vraiment amusé. Avec la stabilité vient une sorte de sérénité. Chanter ensemble, ça a quelque chose de très vieux jeu. Dans Slow il y a les choeurs, dans "The architect", on chante ensemble. C'est chouette ! A la fin de Pocket revolution, j'ai découvert que notre batteur Steph est un excellent chanteur. Il cherche des harmonies très jolies donc tout le monde apporte sa touche dans le groupe. Et bien sûr, Mauro (guitare) a une superbe voix pour jouer un peu contre la mienne. Par exemple, dans "The architect", il pose les questions, moi je réponds. Chez dEUS, le fait que tout le monde chante, c'est très nouveau.

Peux-tu nous parler des invités sur l'album ? J'ai entendu des voix féminines...
Oui, sur "Eternal woman" il s'agit de Lies Lorquet qui vient d'un groupe belge qui s'appelle Mintzkov. Sur "Slow" on a invité Karin Dreijer Andersson de The Knife et puis Guy Garvey, le chanteur d'Elbow, chante sur "The vanishing of Maria Schneider".

Avez-vous beaucoup de chansons qui n'ont pas été incorporé dans l'album ?
Une quinzaine quand même. On a enregistré quatorze titres et on en a laissé dix sur l'album. Mais il y avait une quinzaine d'idées. On a voulu faire un album assez compact, assez court, où tu n'as pas le temps faire la vaisselle pendant l'écoute. Un album qui exige l'attention. 

J'ai lu que votre maison de disque a imposé aux journalistes un embargo assorti d'une amende de 25.000 euros, en cas de publication d'interview prématurée. Quelle en est la raison ?
(il me coupe la parole au milieu de la question que je n'ai pu finir) J'ai pas envie de parler de ça parce que c'est la maison de disque qui l'a fait. Il n'y a rien de nouveau. Il y a toujours des gens qui veulent avoir des scoops, c'est pour ça qu'il y a des contrats. C'est une tempête dans un verre d'eau. En plus, on n'était pas là, on était en tournée. En tout cas, ce n'était pas notre idée. Peut-être que ça a été géré un peu maladroitement mais maintenant c'est passé, on s'en fout.

Qui a réalisé le clip de la chanson "The architect" ?
Ce sont des français, ils sont trois : Arnaud Delord , Caleb Krivoshey et Frank Seiler. Ce sont des jeunes qui font des trucs de production et des clips. C'est le deuxième clip de dEUS qui n'a pas été produit par moi. J'ai fait le clip de "Slow".

 La pochette de Vantage point est de Michaël Borremans ? C'est vous qui est venu à lui ou le contraire ?
Je l'ai contacté car j'étais fan de son travail. C'est un flamand, il est vraiment en train de monter. Il fait des trucs un peu sinistres mais très fascinant et j'adorais vraiment le dessin. Lui était fan de dEUS, la collaboration était superbe.

Est-ce que dEUS accorde beaucoup d'importance à l'artwork ?
Ah oui, toujours ! C'est important pour nous, on est de la génération du vynil. Quand j'achetais mes vynils, j'allais directement dans ma chambre, je déballais et j'observais les pochettes tout en écoutant le disque. Je suis très content du travail de Michaël. Il a tout écrit les paroles à la main, tout est fait par l'artiste. Tout le visuel est important y compris les vidéos.

Tes coups de coeur musicaux du moment ?
Le nouveau Portishead. (S'adressant à une fille à côté) Tu l'as entendu le nouveau Portishead ? Je l'ai emprunté à quelqu'un, il est très noir, très très noir mais il est superbe.

Où en sont tes projets en dehors de dEUS ? 
Je prépare des trucs pour l'avenir, des films. Mais ce n'est pas trop le moment pour l'instant car je suis occupé avec dEUS. Je m'amuse beaucoup avec ce groupe, il y a une bonne énergie. On veut être plus productif et travailler plus vite, éviter de sortir des albums tout les trois ans. Ce n'est pas le moment de songer à ça, je suis toujours concentré à fond sur le truc que je fais dans le moment. Derrière, dans ma tête, il y a toujours des idées de scénario pour des films.

Pensez-vous à sortir un DVD live de cette tournée ?
Non, parce que c'est ennuyeux les DVD live. On va sortir un DVD mais on ne sait pas encore dans quel format. Ce sera quelque chose de nouveau en tout cas que tu n'auras pas vu. Live, c'est déjà vu ; backstage aussi, on l'a déjà vu dix milles fois ; making-of, pareil. Donc peut-être une combinaison de ces trois là mais rajouter un je ne sais quoi en plus. On verra ça.

Pour terminer, avec le temps, il y a t'il une question pour laquelle tu ne souhaites vraiment plus répondre ?
La scène belge !

T'as vu, je te l'ai pas posée !
Non et je t'en remercie. Vraiment, celle sur la scène belge, j'en ai marre donc passons (rires).

Merci beaucoup Tom !
Merci à toi ! Tu viens voir dEUS demain ?
Remerciements : Oli, Sarah (Spöka), Le Salon du Panthéon et bien sûr Tom Barman pour sa gentillesse et son invit'.
Photos : Ted et MySpace.com/deusa
Ted 
Avril 2008 
mis à jour Mai 2008

http://www.w-fenec.org/rock/deus,4158,ted-vs-tom-avril-2008.html






dEUS


dEUS est un groupe belge de rock indépendant fondé à Anvers en 1991 par Tom Barman1. C'est un des tous premiers groupes de rock belges à avoir connu une certaine popularité au niveau international.
Le groupe est issu de la bouillonnante scène anversoise qui veut que deux musiciens qui se croisent forment un groupe dans l'heure qui suit. Ce qui explique les nombreux changements de personnel endurés par dEUS depuis ses débuts et les nombreux groupes qui lui sont apparentés tels que Zita Swoon, Dead Man Ray, Kiss My Jazz, Vive la Fête ou encore Evil Superstars.
Historique
1993-1999: Worst Case Scenario, In A Bar, Under The Sea et The Ideal Crash
La première formation réellement stable du groupe s'étend autour des trois fortes personnalités créatrices que sont Tom Barman (chant, guitare), Stef Kamil Carlens (basse, chant) et Rudy Trouvé (guitare, chant) accompagnés de Jules De Borgher à la batterie et de Klaas Janzoons au violon. C'est cette formation qui sort un premier single en 1993 intitulé Zea sur le label indépendant BANG!, suivi, un an plus tard de l'album Worst Case Scenario (distribué par Island en Europe).
Le style de ce premier album est un véritable kaléidoscope qui définit les obsessions du groupe pour les jams interminables, le surréalisme, le jazz, le rock savamment déjanté que pouvaient proposer des artistes comme Captain Beefheart, Frank Zappa, Sonic Youth ou le Velvet Underground, et une écriture résolument pop et mélodique. Le single Suds & Soda construit autour de deux notes de violon fou résume à lui seul ces influences multiples et devient rapidement le titre du groupe le plus connu, et en même temps l'hymne Anversois par excellence. Devant un tel panel, les critiques, particulièrement en Grande-Bretagne, seront déconcertées et dans l'impossibilité de définir le style de musique offert par dEUS. C'est ainsi qu'ils vont se retrancher derrière l'appellation Art Rock qui est loin de satisfaire, aujourd'hui encore, Tom Barman. Néanmoins, un réel engouement se crée pour le groupe à travers l'Europe où Worst Case Scenario se vend à 150 000 exemplaires.
En 1995, dEUS va plus loin dans les expérimentations en proposant My Sister = My Clock, EP composé d'une seule plage comprenant treize titres souvent coupés au milieu d'un riff et reliés entre eux par des dialogues en anglais et en espagnol. Ce collage unique en son genre a d'abord été proposé en édition limitée, avant de voir une sortie plus traditionnelle en réponse à la demande du public. Peu après, Rudy Trouvé décide de quitter dEUS pour se focaliser sur ses projets personnels. Il est remplacé par le guitariste écossais Craig Ward.
C'est avec ce personnel que fut enregistré le deuxième album, In A Bar, Under The Sea, qui sort en septembre 1996. Le départ de Trouvé peut s'entendre dans le son des guitares, moins ouvertes à la distorsion que sur le premier album, et dans une tonalité d'ensemble plus jazz et calme mais certainement pas plus sage. Pour preuve les très peu académiques Fell Off the Floor Man, A Shocking Lack Thereof ou encore Theme From Turnpike, sorti comme premier single, et bénéficiant d'une vidéo signée Tom Barman, construite comme un générique de film, ce qui prêta à confusion et lui permit d'être projeté dans les cinémas jusqu'aux États-Unis avant la projection du film Trainspotting. In A Bar, Under The Sea offrit au groupe un autre hit underground avec Little Arithmetics, pop-song commençant dans le calme et se terminant dans une distorsion contrôlée.
In A Bar, Under The Sea correspond aussi avec le départ de Stef Kamil Carlens, parti s'occuper à plein temps de son groupe Zita Swoon. Il fut remplacé par Danny Mommens.
C'est autour du duo Barman-Ward que fut enregistré en Espagne, le troisième album The Ideal Crash. Sorti en mars 1999, cet album marque un tournant dans la carrière du groupe. Plus condensé (10 chansons), abandonnant les jams et les morceaux expérimentaux qui pouvaient en sortir, The Ideal Crash offre des chansons à l'écriture travaillée et au son peaufiné, entre acoustique et touches électroniques, et en même temps toujours très électrique. Les critiques, cette fois, s'y retrouvent pour accueillir l'album comme le travail le plus abouti du groupe. dEUS gagne en popularité, spécialement en France (qui était restée réservée face aux deux premiers albums), au Portugal et en Belgique et aux Pays-Bas (où dEUS trouve son public de base). Cependant, dEUS reste dans la catégorie underground, et les ventes de l'album n'explosent pas (plus ou moins 150 000 exemplaires).
2000-2011 : Pocket Revolution, Vantage Point et Keep You Close
À la suite de la tournée The Ideal Crash, Tom Barman décide de mettre dEUS en stand-by afin de travailler à la réalisation d'un film, Any Way The Wind Blows qui sort en 2003 sur les écrans. Un an plus tard, dEUS revient avec un nouveau batteur (Stefan Misseghers, anciennement batteur de Soulwax), un nouveau single, If You Don't Get What You Want, chanson rock tout en crescendo et une mini-tournée qui voit le groupe sillonner les festivals d'Europe. Celle-ci est écourtée lorsque Craig Ward décide de quitter le groupe alors également en plein enregistrement du nouvel album. Il est bientôt suivi par Danny Mommens. En proie au doute, Tom Barman, désormais seul maître à bord, hésite à tout abandonner. Il en est dissuadé par l'arrivée du guitariste Mauro Pawlowski, ancien leader des Evil Superstars, et du bassiste Alan Gevaert. L'enregistrement reprend donc, et en septembre 2005, Pocket Revolution est enfin dans les bacs des disquaires. L'album est de nature plus classique (comparé aux premiers essais du groupe) et laisse surtout voir un Tom Barman seul aux commandes. Pocket Revolution n'en est pas moins le plus gros succès commercial du groupe, offrant à dEUS un disque de platine en Belgique (50 000 ventes), trois concerts sold out à l'Ancienne Belgique de Bruxelles bientôt suivis par deux concerts complets à Forest National, du jamais vu pour un groupe belge. À l'étranger, si l'Angleterre l'a boudé, Pocket Revolution (contrairement à The Ideal Crash) a été distribué aux États-Unis via V2 Records (sans qu'il y ait pour autant de miracle commercial à l'appui, dEUS jouant là-bas dans des salles à moitié vides) et la popularité du groupe est restée intacte en Europe. À noter que ce dernier album a été par la suite édité dans deux versions, accompagné d'un cd 5 titres en avril 2006. Un autre intitulé Pocket Revolution Burnt comprenant un deuxième cd de remix réalisés par le DJ Jagz Kooner (toujours chez V2 Records).
En octobre 2006, le dernier concert de la tournée devait s'apparenter à un retour de dEUS dans leur ville d'Anvers. Il s'est au final apparenté, sur une idée de Tom Barman, à une série de concerts en faveur de la tolérance et contre l'extrême droite, qui ont pris place le 1er octobre (soit une semaine avant les élections communales) dans quatre villes de Belgique (Anvers, Bruxelles, Gand et Charleroi). Cet événement a mobilisé une centaine d'artistes et plus de 70 000 personnes.
Enregistré dans la foulée avec la même formation que pour Pocket Revolution (une première dans l'histoire du groupe) Vantage Point, cinquième album de dEUS, paraît le 21 avril 2008. Produit par un collaborateur de Depeche Mode, Dave McKraken, le disque se veut direct, éclectique et dansant (comme sur le premier single belge et français The Architect, clin d'œil à l'architecte américain Richard Buckminster Fuller - Slow a été choisi comme premier single pour le reste de l'Europe) et s'avère l'album de dEUS le plus formaté grand public. Vantage Point est devenu disque de platine en Belgique après un mois de commercialisation, ce qui ne l'a pas empêché de recevoir un accueil plus que mitigé. Le groupe a ensuite sillonné les routes d'Europe. Une tournée qui l'a mené jusqu'à Moscou et qui s'est soldée par deux concerts à Forest National à Bruxelles.
Désormais une formation stable pouvant profiter de son studio personnel à Borgerhout, dans la banlieue d'Anvers, dEUS enchaîne sur l'enregistrement de son sixième album en 2009. dEUS décide de partir sur les routes d'Europe au printemps 2011 afin de jouer ses nouveaux titres en live. Plusieurs fois repoussé, Keep You Close sort finalement le 19 septembre 2011 sur le label Pias (le groupe reste sur Universal pour le marché belge). Une journée après sa mise en vente en Belgique, Keep You Close est déjà disque d'or avec 10 000 exemplaires vendus 2. Les critiques, cette fois, sont majoritairement positives, et voient en Keep You Close un retour en forme de dEUS. Le disque, par certains aspects, se rapproche de The Ideal Crash. Il a d'ailleurs été produit par David Bottrill, qui avait enregistré The Ideal Crash. Mais Keep You Close découvre aussi une nouvelle facette du groupe, avec l'utilisation de cordes et de cuivres (comme sur la chanson-titre) qui donnent au disque une couleur soul et cinématique. On retrouve aussi la participation de Greg Dulli (The Afghan Whigs, The Twilight Singers) sur deux titres. dEUS repart ensuite en tournée européenne en octobre. Ce même mois, le groupe est élu "Best Belgian Act" aux MTV Europe Music Awards3.
2012 : Following Sea
Le 1er juin 2012, dEUS surprend tout le monde en annonçant la sortie d'un nouvel album, Following Sea, moins d'un an après la sortie de Keep You Close. D'abord disponible en téléchargement légal sur iTunes, il sort une semaine après au format compact disc et vinyle. Le premier single issu de l'album est un titre dont les paroles sont en français (Quatre Mains) ce qui constitue une première pour le groupe. C'est Adam Noble qui produit l'album. Tom Barman annonce lui-même la sortie de l'album par ces quelques mots: « Nous avions des chansons que nous ne voulions pas perdre, que l’on ne voulait pas voir sur une étagère pendant quatre ans, nous avons donc décidé de rompre avec notre manière de travailler et de terminer les chansons rapidement avant de les rendre publiques. C’est 2012 bordel, l’idée d’attendre des mois pour les sortir semble tellement démodé. »
Le clip de Quatre Mains (qui est une version retravaillée du titre Paper Bones4) sort le même jour. Il est réalisé par Tom Barman et tourné à Anvers. Une semaine après sa sortie en Belgique, Following Sea se vend à plus de 10 000 exemplaires et devient donc disque d'or5.
Membres
Membres actuels
    •    Tom Barman : chant, guitare - depuis 1991
    •    Klaas Janzoons : violon - depuis 1991
    •    Stefan Misseghers : batterie, percussions - depuis 2004
    •    Mauro Pawlowski : guitare - depuis 2005
    •    Alan Gevaert : basse - depuis 2005
    •    
Anciens membres
    •    Jules De Borgher : batterie, percussions (1991-2004)
    •    Stef Kamil Carlens : basse (1991-1996)
    •    Rudy Trouvé : guitare (1991-1994)
    •    Craig Ward : guitare (1995-2004)
    •    Danny Mommens : basse (1997-2004)
    •    
Discographie
    •    Worst Case Scenario (1994)
    •    My Sister = My Clock (EP) (1995)
    •    In A Bar, Under The Sea (1996)
    •    The Ideal Crash (1999)
    •    No More Loud Music - The Singles Compilation (2001)
    •    Pocket Revolution (2005)
    •    Vantage Point (2008)
    •    Keep You Close (2011)
    •    Following Sea (2012)6
    •    
    •    http://fr.wikipedia.org/wiki/DEUS







Biographie

C’est dans la ville belge d’Anvers que débute l’aventure dEUS. Plus précisément en 1991 et à l’initiative de Tom Borman (guitare et chant), Stef Kamil Carlens (guitare), Gino (basse), et de Kris Daans (batterie). La formation se produit alors dans les petits clubs de Flandres en réalisant des reprises acoustiques du Velvet Underground, des Pixies, ou encore Neil Young. Trouvant peu à peu ses marques, le quintet va se rôder en Espagne et en Belgique avant d’enregistrer plusieurs démos. Un accord sera finalement trouvé en 1993 avec Bang ! Records à propos de la distribution du maxi Zea, leur première véritable production. Celle-ci suscitera déjà l’intérêt des structures indépendantes anglo-saxonnes, mais ce sont les prestations londoniennes en première partie de Girls Against Boys qui vont créer le buzz autour de dEUS.
  Suite à un léger changement de line-up, l’album Worst Case Scenario sera mis en boîte au cours du mois de décembre 1993. Tout va très vite, puisqu’un contrat de licence mondiale est conclu le mois suivant avec le géant Island Records, label qui avait déjà le groupe dans ses tablettes depuis sa première escapade britannique. Le succès est alors colossal en Belgique, mais il va allègrement dépasser les frontières du plat pays. Forts de cette solide réputation nouvellement acquise au sein de la scène indé mid-90’s, l’EP My Sister = My Clock sera enregistré dans la foulée l’année suivante. Mais dEUS connaît son premier vrai départ avec le guitariste Rudy Trouve, remplacé par l’écossais Craig Ward. Ce dernier va donner une impulsion déterminante au groupe à l’orée du deuxième album In A Bar, Under The Sea en 1996. Le disque, produit par Eric Feldman (membre de Captain Beefhart Magic Band, Pj Harvey, et des Pixies), dévoile au grand jour la fibre expérimentale et accidentée de dEUS, celle qui n’hésite pas à entrechoquer les univers chers à chacun de ses membres.
  En 1999, un nouvel élément fondateur quitte le combo en la personne de Stef Kamil Carlens. Danny Mommens prendra le relais à son poste, ce qui permet l’enregistrement du troisième opus. The Ideal Crash sort en 1999, et bénéficie à nouveau d’un cador à la production en la personne de David Botrill (Tool). De nouvelles sonorités seront abordées, par l’intermédiaire de cuivres, de cordes, ou de mellotron. dEUS gagne alors en amplitude, en se produisant notamment dans les festivals les plus importants, et en remplissant toutes les salles par lesquelles il passe. Les belges obtiennent de plus l’appui de pointures telles que Radiohead ou R.E.M (excusez du peu), ces derniers ne tarissant pas d’éloges à leur sujet dans les interviews.
  Le combo fait alors table rase au sein de son line-up en 2004. Aux côtés de Tom Barman, on retrouve Klas Janzoons (violon), l’ex-Soulwax Stéfane Misseghers (batterie), Alan Gavaert (basse), et Mauro Pawlowski au poste de guitariste (en remplacement de Craig Ward). Après six ans de diète discographique, sans compter la compilation de singles No More Loud Music en 2001, dEUS revient en septembre 2005 avec le tant attendu Pocket Revolution. Il ne faudra heureusement pas attendre aussi longtemps pour voir arriver son succèsseur: le joli Vantage Point parait en avril 2008.



Chroniques
Vantage Point ( 2008 )
La Belgique et l’amateur de Rock indé, c’est une histoire d’amour qui semble ne jamais devoir connaître de fin. De retour après un Pocket Revolution datant (déjà) d’il y a trois ans, revoilà  dEUS, groupe discret mais ô combien incontournable de la scène européenne. Quinze ans que ça dure et toujours pas le moindre signe de lassitude…
Vantage Point, ou l’histoire de dEUS. Toujours semblable, jamais similaire, chaque fois différent, adulé et anonyme à la fois. Plus indie rock que quiconque, pop, mélodique, inspiré, libre, tout en nuances,  dEUS, encore une fois charme sans artifices, fidèle à lui-même. Remuant, varié, Vantage Point est de ces « albums-bulle » qui vous réchauffent les âmes grisonnantes, s’enroulant autour de l’épine dorsale pour irrémédiablement (re)monter à la tête, offrant sa petite parenthèse de bonheur auditif.
Entêtant, passant de complaintes apaisées - voire tristouilles – faisant parfois penser à The Dears, à quelques envolées électriques sauce rock belge, relevées d’une basse subtile et ronde à souhait, d’une discrète touche de clavier par-ci, d’une voix féminine par là… dEUS fait en fin de compte du dEUS. Celui que l’on aime et qui n’a que faire de ce que peut bien avoir pondu la Grande Bretagne, Mecque fatiguée de la pop moderne, depuis cinq ans. Celui qui donnerait envie de tomber amoureux encore une fois, de partir, de ne jamais penser au lendemain qu’une fois celui-ci achevé, passant comme une caresse et nous faisant oublier le reste, comme ça l’air de rien.
Non, il n’y a définitivement pas de lassitude… dEUS est roi mais visiblement s’en fout. Vantage Point, est un nouvel album sans extravagance qui une fois de plus fait mouche et force le respect. 46 minutes d’une douce euphorie passagère, sans gueule de bois pour vous attendre au tournant. Le genre de disques qui, sans même que l’on sache pourquoi, vous arrachera forcément un sourire. Le bonheur en libre service, en somme. Que demander de plus?
Craipo


Pocket Revolution ( 2005 )
Revoilà le groupe à qui la scène indie rock belge doit tout. Que ce soit Girls In Hawaï, Sharko, ou Ghinzu, ils sont tous quelque part redevables à dEUS. Premier groupe à s’être réellement décomplexé de l’absence de culture rock dans les pays francophones, sa musique a rapidement conquis l’Europe par sa spontanéité, mais aussi par sa richesse. Et ce n’est pas avec Pocket Revolution que la donne va changer tant la qualité substantielle est au rendez-vous.
  En douze titres, dEUS nous expose tout le talent qu’on lui a reconnu unanimement jusqu’à présent, en déclinant son indie rock classieux au gré des tempos et des ambiances. On se ballade ainsi dans les turpitudes de Tom Borman et ses compères à grands renforts de synthé, de cordes (violon, violoncelle), d’orgue mellotron, sans oublier les guitares dont les sonorités sont sans cesse tiraillées et trafiquées. L’humeur subit, par conséquent, une perpétuelle mutation à l’écoute de Pocket Revolution. Les douces mélodies se taillent la part du lion, mais c’est sans compter sur les accès purement jouissifs de guitares distordues qui font irrémédiablement mouche (Bad Timing, Stop-Start Nature, Sun Ra). On peut ajouter à cette recette détonante le fait que la musique de dEUS ne respecte aucun schéma précis, ayant en réalité pour seul dénominateur commun la profondeur musicale et la voix limpide/grave de Tom Borman. En toute logique, le groupe mixe avec une facilité qui force le respect rock 70’s, riff plombé, et pop angélique (l’énorme Cold Sun Circumstance).
  D’autres horizons musicaux viendront illustrer par ailleurs la liberté de ton entretenue par le combo belge. Cela s’opère par l’utilisation de chœurs lumineux limite gospel sur la chanson titre Pocket Revolution, ou encore par le groove afro subtil de What We Talk About. dEUS diffuse en dernier lieu, dans des morceaux lounge délicieusement feutrés, la sensualité sud-américaine que l’on croyait définitivement enterrée avec la carrière de Sade (The Real Sugar, le titre de clôture Nothing Really Ends). Dans cette optique, Tom Borman incarne à merveille une sorte de white soulman perdu dans un cabaret de favelas, ce qui confère de fait un large panel d’émotions et de couleurs à cet album.
  Voilà ce qu’on appelle un retour fracassant. Avec Pocket Revolution, dEUS conforte incontestablement sa position de leader du rock indé européen continental en alliant élégance et efficacité. Véritable corne d’abondance de sons/ambiances intelligemment enchevêtrés, ce disque se pose tout simplement comme une des meilleures sorties rock de 2005.
Jokito


http://www.metalorgie.com/groupe/dEUS






































30/12/2013
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