Alain YVER

Alain YVER

DIETER APPELT

DIETER APPELT 




sites
//www.exporevue.com/magazine/fr/appelt.html

quelques photos
//www.2visu.org/expositions/expositions_1999/index_appelt/index.php

//rue89.com/2007/07/10/retour-de-dieter-appelt-a-arles

La collection PHOTO POCHE
//www.delpire.fr/poches.htm




Biographie de Dieter Appelt

Après avoir étudié la musique à l'académie de Leipzig, Dieter Appelt entame une carrière de baryton solo à l'Opéra. Il se forme également à l'école des Beaux-arts de Berlin. A la fin des années 1970, il décide de consacrer son travail à la photographie. Il commence par se mettre en scène dans des 'happening', puis y insère de l'image, du film et de la sculpture. Dans 'La tâche que fait le souffle sur le miroir', une de ses oeuvres, la nature ne fait qu'un avec l'homme. Dans ses photographies, il crée le mouvement grâce à une succession d'expositions. En 1982, il enseigne à l'université des Arts de Berlin tout en continuant sa carrière d'artiste. De nombreuses expositions sont consacrées à Dieter Appelt, notamment à l'Art Institute de Chicago, au Guggenheim de New York, et en 2005, à la Maison rouge à Paris.






Dieter Appelt,
(né en 1935 à Niemegk/Brandenburg) est un photographe allemand.

Il suit des études de musique et est à l'origine chanteur lyrique. Il se lance par la suite dans la photographie en mettant en scène son propre corps, comme s'il s'agissait d'une sculpture.

Ses images tourmentées expriment l'angoisse et la détresse de l'être humain « avec la peur d'être né et de devoir mourir ». Son travail comprend de la photographie, des films et de la vidéo. A la limite de l'autoportrait, son oeuvre est à rapprocher du body art.





Dieter Appelt

En 1979, Dieter Appelt se concentre entièrement à son travail : « Fixer dans la photo sa propre mortalité, sa vulnérabilité et sa faculté de transformation ». Alors que les photographies des années soixante et soixante-dix étaient souvent utilisées comme un moyen d'illustrer de manière imagée des auto-explorations artistiques mises en scène, des actions et des performances, c'est exactement l'inverse qui se produit dans le travail de Dieter Appelt. Son corps sert à Appelt, de matériel sculptural, de réservoir pour la création artistique.
Le caractère magique de ces séries d'images est encore accentué par la perfection technique des photographies, par leur piqué extrême. On dirait que le média photographique, le temps de la vie, se dessèche pour se rapprocher des espaces temporels de la nature archaïque, et s'y abandonner. Dieter Appelt crée ainsi une image marquante exprimant l'espoir qu'il soit possible de défaire un jour les chaînes de sa propre existence.





04 nov. 2005  16 janv. 2006
Par Flore Poindron

04 nov. 2005   16 janv. 2006
Apparition de l'image, mémoire de la matière, empreinte du temps sur les choses… Des considérations optico-poétiques dont s'emparent les films, sculptures ou photographies de Dieter Appelt pour explorer la sensibilité de ces médiums à la lumière et la transversalité de leurs propriétés.

L'exposition dédiée à Dieter Appelt, né en 1935 aux environs de Berlin, devenu célèbre dans les années 70 pour sa photographie, influencé par les «actions» de Joseph Beuys et celles des artistes viennois, avant d'expérimenter plus tardivement la sculpture et le cinéma, ne respecte pas la chronologie attendue. Par un va-et-vient entre des travaux anciens et plus récents, elle restitue au plus près la densité temporelle de l'œuvre, traversée par des courants contradictoires de désagrégation et de stratification de la réalité.
A travers le prisme du cinéma q
e l'on doit à Françoise Paviot, commissaire de l'exposition (intitulée «Cinema Prisma»), transparaît une obsession du mouvement comme de la durée, un sens aigu de la construction dans des compositions qui relèvent tantôt d'une superposition de points de vue, tantôt d'un enchaînement séquentiel.

Dans les photographies de la fin des années 80, le corps de l'artiste est souvent mis en scène, mais en tant que médium d'une expérience, et non sujet intime de la représentation, ce qui rend sa présence plus symbolique qu'autobiographique.
Parfois associé à d'autres objets comme des éléments d'architecture industrielle, des paysages végétaux ou minéraux (Hohbraum-Konstruction für einen Baum), il devient aussi pur motif ou s'efface complètement. Ceci, au profit de compositions photographiques ou sculptées dans lesquelles seule semble compter l'inscription spatio-temporelle des formes et des objets.

L'artiste teste ainsi par leur agencement formel, rythmique ou sériel la capacité de ses constructions à ébranler notre perception, à renvoyer du sens. C'est cet effet «réfléchissant» qui assure un lien entre deux œuvres aussi différentes, par exemple, que Glas Skulptur (1999), dispositif rotatif de projection mécanisé, et la série photographique traduite sous le titre La tache que le souffle produit sur le miroir.
Il s'agit d'une série de douze prises de vue d'une même action réalisées à quelques secondes d'intervalle, retirées spécialement pour l'exposition à partir d'une planche contact datée de 1977.
On y voit le reflet trouble du visage de l'artiste dans un miroir, brouillé par le flou que provoque le nuage de buée produit par son souffle. Captation de l'invisible, mais aux dépens du reflet devenu imprécis, ces clichés inspirés par une réminiscence poétique (une phrase de Raymond Roussel) font apparaître la nature paradoxale de l'empreinte photographique, mais aussi la question du souvenir des images et du processus de mémoire chers à l'artiste.
Si la matière a une mémoire que l'exposition prolongée de l'appareil photographique révèle d'autant plus sensiblement, de quelle matière se compose la mémoire? Quelle est la place de l'art (et de la construction poétique) dans son affleurement?

La série intitulée «Ezra Pound» (1981) se compose de photographies des endroits dans lesquels vécut Ezra Pound, autre personnalité littéraire qui a compté pour Dieter Appelt. Elle consiste en une sorte d'enquête et de reconstitution, à partir de mises en scènes sur les lieux réels, mais que le temps a transformés, à l'image de la poussière qui s'est déposée sur les meubles.

Le corps aussi est soumis à l'épreuve de la durée, comme dans la série «Erste Hängung» (1976), où l'on découvre l'artiste dénudé, suspendu par les pieds, telle une dépouille animale. Malgré la violence infligée à la chair, récurrente dans ses rituels macabres, la crudité de la scène résulte plus de qualités formelles que d'un effet de réalisme — contraste du noir et du blanc, variation de l'intensité lumineuse, rendu sculptural du corps —, contestant d'une certaine façon sa valeur de document.

Alors que dans la série «Erste Hängung», les sept tirages font apparaître le corps malmené dans la même position mais dans des environnements à chaque fois différents et des cadres-supports matériellement autonomes, Pitigliano(1982) est conçu comme un tableau et reprend le principe séquentiel d'une construction filmique. Le cadre forme un tout qui se subdivise en une succession de plans, et c'est le geste qui varie. Celui d'une main qui clôt ou presse les yeux d'une morte, et semble vouloir y engouffrer ses doigts.

Une scène que nous invite à contempler, comme au cinéma, la chaise en acier placée en vis-à-vis, tandis que la dernière œuvre que l'on découvre, Spiegel Prisma Cinema Machine (1997), opère une sorte de synthèse formelle, une mise en abîme de toutes les préoccupations de l'artiste liées à l'expérience du temps, à ses différents niveaux de réalité et de compréhension. Sculpture et dispositif de projection, ce caisson abrite des miroirs reflétant le film en mouvement de la rivière Wiesent sur les parois de la pièce, l'emplissant ainsi tout entière de ses sursauts continus.

Si l'œuvre de Dieter Appelt se réfère constamment au cinéma, elle ne retient dans cette fascination qu'un procédé, une technique de montage, une «manière de penser en termes d'images», aussi bien qu'une manière de se confronter au «reflet de la multiplicité de problèmes techniques et conceptuels non résolus».
Car ses œuvres ne racontent jamais d'histoires, bien qu'elles fabriquent des images. Elles donnent à voir le temps dans sa matérialité plastique, transformable, comme une matière à la fois agrégée et friable.

Artiste(s)
Dieter Appelt
Né en 1935 en Allemagne. Vit et travaille à Berlin.



Dieter Appelt: La catastrophe des choses

Du 17 avril au 4 août 1996
CCA, Montréal, Salle Octagonale

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Montréal, avril 1996

Dieter Appelt : La catastrophe des choses réunit 26 images du grenier de la Künstlerhaus Bethanien à Berlin que l'artiste allemand Dieter Appelt a photographié en 1984. Ce bâtiment (conçu par Ludwig Persius et Theodor Stein et érigé de 1845 à 1847), situé dans Mariannenplatz, au coeur du quartier turc de Kreuzberg, a servi d'hôpital jusqu'en 1970 et abrite maintenant un centre d'art. À l'invitation de la Künstlerhaus, Appelt a monté une installation intitulée Bethanien pour laquelle il a retenu 26 images parmi les photographies qu'il a prises du grenier et les a accompagnées de 26 feuilles de papier portant, chacune dans une langue différente, l'inscription "Die Katastrophe der Dinge ist ihre Realität" (La catastrophe des choses c'est leur réalité).

Dans toute son oeuvre, entreprise à la fin des années 1950, Dieter Appelt s'est appliqué à sonder les rapports de l'artiste avec son environnement physique et culturel, expérimentant sans cesse le langage photographique véhiculé dans des séries d'images. Bethanien comprend une série de vues analytiques dans lesquelles le photographe a observé la surface des poutres en bois et l'interconnexion de la lumière, du temps et de l'espace. Appelt crée délibérément des images qui ne sont pas instantanées. Il expérimente les expositions étendues et multiples, parfois en superposant des négatifs, et enregistre une suite d'états, donnant l'illusion de multiples dimensions dans une seule image.

Fasciné par les lieux chargés d'histoire, Appelt explore le grenier pour faire ressortir les forces invisibles, mystérieuses et imprécises de la dégradation qui vont au delà de notre expérience. En se concentrant sur des détails de construction, il a utilisé de telles techniques photographiques que le grenier est devenu une autre réalité, marqué par le passage du temps. « J'attends de la photographie plus que la représentation d'un objet », a-t-il souligné. « Je veux transformer les constructions les plus simples pour créer un nouvel univers ».

Présentée par le Centre Canadien d'Architecture, cette exposition, consacrée à l'un des plus importants photographes allemands, confirme la volonté du CCA de rendre compte des projets les plus avant-gardistes et les plus représentatifs de l'art photographique actuel, et de faire connaître au public les différentes approches suscitées par la complexité de l'architecture de notre époque. Dans la foulée d'initiatives précédentes, comme l'exposition Letters from the People: Photographies de Lee Friedlander (présentée dans la salle octogonale du CCA à l'automne de 1993), cette exposition propose une réflexion sur les diverses représentations des lieux où nous vivons, de même que sur les formes d'une éventuelle confrontation avec notre environnement, posant les jalons du nouveau programme d'activités de la collection de photographies du CCA.

Dieter Appelt est né en 1935 à Niemegk, en Allemagne. Il a étudié la musique à la Mendelssohn Bartholdy Akademie de Leipzig, puis à la Hochschule der Musik de Berlin. Il a également suivi des cours d'art et de photographie expérimentale à la Hochschule für bildende Künste de Berlin, sous la direction de Heinz Hajek-Halke. De 1961 à 1979, il a été engagé par le Deutsche Oper de Berlin qu'il a quitté pour se consacrer exclusivement aux arts visuels. En 1982, on l'a nommé chef du Service des films, vidéos et photographies à la Hochschule für bildende Künste. Son oeuvre photographique a parcouru le monde entier, et a récemment fait l'objet d'une rétrospective présentée par l'Art Institute of Chicago (1994) et le Musée du Québec (1995).

Dieter Appelt a produit Bethanien (1984-1991) en trois exemplaires. L'exposition de cette épreuve d'artiste est organisée par Paolo Costantini, conservateur de la collection de photographies du Centre Canadien d'Architecture et commissaire de l'exposition.
    
 




Dieter Appelt :
Morts et résurrections de Dieter Appelt
1981, Editions Herscher

Nous sommes tous des mutants, titre d'un ouvrage de Dieter Appelt réalisé en collaboration avec un généticien, pourrait aussi être son adage. Berlinois d'origine, Dieter Appelt donne une double perception de la réalité à travers ses photographies : la vie est pour lui un danger. Son œuvre, constituée principalement d'autoportraits, est une "tragédie photographique" avec laquelle on ne peut entrer en contact que de façon frontale.
Né en 1935, autodidacte, il est initié à la photographie par son père, lui-même photographe. Après des études de musique, il intègre le mouvement des Actionnistes Viennois (2) dans les années 70 et devient ainsi plasticien-photographe dès 1979. Photographe, musicien, dessinateur, vidéaste et sculpteur, il met en place des performances depuis 1976. Il réalise ses autoportraits comme des dépôts successifs de messages par superposition de prises de vues. Soumettant son corps à des expériences parfois douloureuses, il se fond dans la matière et subit une étrange métamorphose : enveloppé d'argile, momifié, enseveli, "il projette violemment ses images mentales sur le monde". (3) Il s'est par exemple suspendu par les pieds devant l'objectif pendant un long moment, jusqu'à la limite du supportable. L'image de la destruction qu'il met en scène s'oppose à celle de la construction de ses images, méthodique, structurée et longuement réfléchie. La rapidité du déclenchement de l'obturateur est réfutée par ses temps de pose très longs et ses mises en scène préparées longuement à l'avance. "Pour lui, la photo possède autant de poids qu'elle a exigé de temps." Günther Gercken décrit bien le travail de Dieter Appelt : "La contrée rocheuse inanimée engendre l'homme. La pierre se mue en chair. De l'état de larve, l'homme passe au stade de chrysalide, puis d'imago. Libéré de la pesanteur, il s'envole…vers son propre espace mental."
D'images symboliques en messages subliminaux, sa photographie est élaborée comme une méthode scientifique, à l'exception près que son corps est son seul langage. Il travaille en séries, à l'instar de la chronophotographie (4), en prenant le temps de choisir avec soin les lieux de constitution de ses images. Il s'extrait de l'aspect contemplatif de la photographie pour agir sur les esprits et exposer son corps à des sévices, autant que l'esprit du lecteur à des questionnements sans fin. Son corps-instrument, est le lieu d'inscription des violences morales du quotidien. "Homme de la nuit des temps", "être où il y a du dragon et de la chauve-souris" selon l'écrivain Michel Tournier, Dieter Appelt opère une "recréation imaginaire du monde". Son processus exige, d'une part, un engagement physique, et, d'autre part, une réflexion sur l'homme dans son milieu naturel. On pourrait dire qu'il entretient un rapport hors-normes à la matière, à la vie.

(1) A corps perdus est le nom de l'exposition réalisée dans l'Eglise Saint Martin du Méjan pendant les rencontres d'Arles de 1995 et a fait l'objet d'un livre publié la même année aux éditions Actes Sud.
(2) Groupe d'artistes actif entre 1962 et 1968 - Ce mouvement se situe dans le contexte du développement des Happenings en Europe. Adoptant une attitude provocatrice, ils réalisent des mises en scène violentes, où le sacrifice devient un rituel qui leur permet d'accéder à une forme de libération.
(3) Michel Tournier
(4) Méthode de prises de vues successives et superposition des sujets en mouvement, élaborée dans les années 1880 par Etienne-Jules Marey à des fins scientifiques. Cette technique est à l'origine du cinématographe.

Anne-Sophie Boivin



15/08/2007
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