Alain YVER

Alain YVER

EADWEARD MUYBRIDGE

EADWEARD MUYBRIDGE




//www.telerama.fr/scenes/le-temps-s-est-arrete-a-san-francisco,58643.php

Muybridge le magnifique
//etudesphotographiques.revues.org/index262.html

Muybridge, chantre de la beauté du corps humain
//lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2010/10/29/muybridge-chantre-de-la-beaute-du-corps-humain/

//www.tutorials-computer-software.com/2009/11/1878-muybridge-decomposition-du.html

//voyages.ideoz.fr/muybridge-chantre-de-la-beaute-du-corps-humain/

Eadweard Muybridge précurseur du cinéma
//rosacrux.xooit.fr/t158-Eadweard-Muybridge-precurseur-du-cinema.htm





Né à Kingston-on-Thames (Angleterre) en 1830, Eadweard Muybridge s'exile aux Etats-Unis en 1852.
Après un passage à New York, il s'installe à San Francisco et commence sa carrière comme éditeur. Au bout de quelques années sur place, il décide de retourner en Angleterre pour étudier la photographie. Il achète un coûteux équipement, puis repart en Californie en 1866.

A son retour, Eadweard Muybridge monte un studio itinérant et prend des photographies de la Californie. Progressivement, sa renommée de photographe paysagiste s'accroît grâce au Caast and Geadetic Survey. En 1867, ses premières photos du parc Yosemite sont primées et lui apportent une médaille. La même année, il rend compte pour le gouvernement de la présence militaire américaine en Alaska (il est le premier à obtenir des épreuves de cette contrée). Entre 1868 et 1873, il parcourt le Far-West et réalise plus de deux mille photographies. En 1877, il se distingue avec une vue panoramique des environs de San Francisco et les bourgeois locaux décident de faire appel à ses services pour tirer leurs portraits.

En 1878, Eadweard Muybridge reçoit une étrange commande destinée à départager deux amis : l'éleveur et entraîneur de chevaux de course, Leland Stanford, soutient, pour la somme de vingt mille dollars, la théorie d'Étienne-Jules Marey affirmant qu'un cheval au galop ne touche pas par moment le sol. Impossible à prouver par la seule vue humaine, il demande au photographe d'inventer un dispositif capable de s'en assurer. Astucieusement, celui-ci commande vingt-quatre appareils photographiques en Angleterre et les dispose le long d'une piste équestre. Des fils sont tendus et les déclenchent les boîtiers lorsque le cheval Occident les sectionne. L'expérience confirme le résultat espéré.

Par la suite, Eadweard Muybridge s'intéresse à la décortication du mouvement animal et humain. En 1879, il invente l'un des ancêtre du cinéma : le zoopraxiscope. Le procédé mécanique permet de projeter les différentes phases d'un geste et de recomposer un déplacement. Huit ans plus tard, il publie un ouvrage majeur, Animal Locomotion, composé de onze volumes contenant plusieurs dizaines de milliers de photographies instantanées, prises entre 1872 et 1885 et disposées en 781 planches. Celui-ci intéresse tout particulièrement la communauté scientifique.

Jusqu'à la fin de sa vie, Eadweard Muybridge voyage en Amérique et Europe. Il décède en 1904, en Angleterre et, contrairement aux frères Lumière et Étienne-Jules Marey, son nom tombe assez vite dans l'oubli…
Quelques œuvres majeures :

    * Groupe de touristes dans la Yosemite Valley, 1867. Stéréographie
    * Central Pacific Railroad, 1873
    * Planche « The Science of the Horse's Motion », Scientific American, 19 octobre 1878
    * Marche, planche 3 d'Animal Locomotion, 1887
    * Couse à pleine vitesse, planche 63 d'Animal Locomotion, 1887
    * Danse (fancy), planche 187 d'Animal Locomotion, 1887
    * Service de tennis, planche 298 d'Animal Locomotion, 1887
    * Montée et descente d'escalier, planche 504 d'Animal Locomotion, 1887
    * Mouvement de la main traçant un cercle, planche 532 d'Animal Locomotion, 1887
    * Denver, diverses performances, planche 664 d'Animal Locomotion, 1887









Contexte historique

La technique de la photographie offre aux scientifiques des possibilités nouvelles. A partir des années 1870, le Français Etienne-Jules Marey (1830-1904) et dans son sillage l'Américain Eadweard Muybridge (1830-1904) se servent d'instantanés photographiques pour décomposer le mouvement des êtres vivants. En dissociant, en figeant, en analysant les poses successives de leurs modèles, les deux hommes peuvent capturer le détail des activités sportives ou des gestes de la vie courante. Par le biais de ces séquences rapprochées, ils obtiennent avec précision les images de ce qu'on ne peut percevoir à l'œil nu. En arrêtant le temps et le mouvement, ils réussissent à voir l'invisible.
Analyse des images

Marey, passionné par la locomotion humaine et animale, est l'inventeur en 1882 du fusil photographique et de la « chronophotographie », qui permettent de linéariser sur une même plaque le déplacement d'un sujet muni, pour les besoins de l'expérience, de plusieurs points réfléchissants sur les bras et les jambes. Comme ses films où se meuvent au ralenti chiens, chats, moutons et chevaux, les clichés d'un cavalier arabe, donnant par leur qualité une impression de fluidité, d'énergie et de vitesse, permettent de comprendre le fonctionnement de la « machine animale ». Dans Animal Locomotion (1872-1885), Muybridge, qui travaille d'abord sur la côte ouest des Etats-Unis, présente près de 800 vues et images prises au millième de seconde. L'inventeur du « zoopraxiscope » utilise douze (puis vingt-quatre) appareils à déclenchement successif placés en ligne à une quinzaine de centimètres les uns des autres. Les sujets, en l'occurrence un athlète sautant à la perche et un cavalier franchissant un obstacle avec sa monture, déclenchent les appareils en passant devant. Le résultat est fascinant : ces photos, à la fois témoins fidèles et artifices pleins d'étrangeté (puisque offrant une vue totalement inhabituelle sur un geste ordinaire), établissent un pont entre la science et l'art. Réunissant discontinuité et illusion de mouvement, exactitude et rêverie poétique, utilité scientifique et esthétique, elles offrent une vision paradoxale et totalement nouvelle.
Interprétation









La décomposition du mouvement

Les travaux révolutionnaires de Marey et Muybridge ont eu immédiatement des applications. D'abord, ils ont eu une profonde influence sur des artistes comme Rodin, Bouguereau, Whistler, Eakins et Degas, lequel s'inspira de Marey pour peindre des danseuses dans diverses positions. On raconte que Meissonier, impressionné par la démonstration de Muybridge selon laquelle un cheval au galop n'a par moments aucun appui au sol, modifia certaines de ses scènes historiques. Au XXe siècle, les cubistes et les futuristes se plairont à décomposer le mouvement plus ou moins schématiquement. En outre, Marey et Muybridge ont fortement contribué à l'invention du cinéma. Dans les années 1880, l'Américain organisa les premières projections cinématographiques en Europe, tandis que le Français, inventeur en 1892 du premier projecteur d'images animées, réussissait à filmer à grande vitesse, faisant défiler cent images par seconde. Plus généralement, les efforts des scientifiques visant à disséquer photographiquement le vivant ressortissent à ce « nouveau paradigme épistémologique » qui se met en place à la fin du XIXe siècle et auquel appartient aussi l'anthropométrie d'Alphonse Bertillon, fondée sur le fichage des individus, les mesures du corps humain et les typologies physiologiques. Au tournant du siècle, à l'heure où les expériences d'un Marey et d'un Muybridge débouchent sur la création d'un art nouveau, le cinéma, s'imposent également des techniques modernes pour analyser, mesurer, identifier les personnes et maîtriser les corps. Aujourd'hui, on peut déceler dans le documentaire scientifique, dans le sport filmé et dans l'enregistrement en images des performances physiques une lointaine influence du chronophotographe et autres zoopraxiscopes.

Auteur : Ivan JABLONKA
//www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=454









La vie en mouvement
Le grand-père de l'image animée

Le photographe anglais Eadweard Muybridge fut un véritable pionnier de l'observation visuelle des mouvements humains et animaux. En 1872, il aida notoirement l'ancien gouverneur de Californie, Leland Stanford, à mettre fin à une polémique en photographiant un cheval au galop. Muybridge avait inventé un système complexe d'obturateurs simultanés permettant d'obtenir des arrêts sur image, et de prouver par-là pour la première fois de manière irréfutable qu'un cheval au galop décolle ses quatre sabots du sol pendant une fraction de seconde. Pendant les trente années suivantes, Muybridge poursuivit sa quête pour cataloguer intégralement de nombreux aspects du mouvement humain et animal, prenant des centaines de clichés de chevaux et d'autres animaux – et de sujets nus ou légèrement vêtus accomplissant diverses activités comme courir, marcher, pratiquer la boxe, l'escrime, ou encore descendre un escalier (c'est cette dernière étude qui inspira le célèbre tableau de 1912 de Marcel Duchamp).

Ce magnifique ouvrage retrace la vie et l'oeuvre de Muybridge, de ses premières réflexions sur l'anatomie et le mouvement à ses dernières expériences photographiques. La totalité des 781 planches de son ouvrage révolutionnaire Animal Locomotion (1887) y sont reproduites. De plus, The Attitudes of Animals in Motion (1881), son premier album illustré, aujourd'hui rarissime, est reproduit ici intégralement. Une chronologie détaillée établie par le chercheur britannique Stephen Herbert jette un nouvel éclairage sur l'un des plus importants pionniers de la photographie.

Exposition Eadweard Muybridge à la Tate Britain, Londres, du 8 septembre 2010 au 16 janvier 2011.

À propos du photographe:
Eadweard Muybridge (1830–1904), né en Angleterre mais actif comme photographe aux États-Unis pendant la plus grande partie de sa vie aventureuse, est une figure clé de l'histoire de la photographie. Il a fixé sur d'immenses plaques de verre la splendeur naturelle du parc de Yosemite et réalisé des panoramas photographiques de San Francisco – et il a tué l'amant de sa femme d'une balle de revolver. Il est néanmoins surtout devenu célèbre en résolvant les problèmes liés à l'exposition photographique de courte durée et en exploitant les possibilités ainsi offertes. Les études du mouvement humain et animal réalisées à partir de là deviendront la grande passion de Muybridge, chronophotographe et précurseur du cinéma.

À propos de l'auteur:
Hans Christian Adam a étudié la psychologie, l'histoire de l'art et les sciences de la communication à Göttingen et Vienne. Spécialiste de la photographie historique, il a publié de nombreux articles et livres traitant entre autre de la photographie de voyage et de guerre.  Il a déjà publié chez TASCHEN livres Edward Sheriff Curtis: Les Indiens d'Amérique du Nord, Karl Blossfeldt, Eugène Atget: Paris et Berlin, portrait d'une ville.









Marey / Muybridge

L'intérêt porté pour la capture du mouvement n'a pas attendu l'arrivée des premiers ordinateurs pour pouvoir se concrétiser. Commençons par Etienne Jules Marey et Edward Muybridge qui demeurent deux des références en matière de recherche sur la capture du mouvement. A la fin du 19ème siècle ces deux inventeurs avaient, avec leurs premiers travaux sur la chronophotographie, permis l'invention du cinéma, néanmoins à l'époque les mesures restaient en deux dimensions, dans le plan de l'image, et étaient donc de ce fait absolument incomplètes et inexploitables pour toute mesure quantitative.

Pour la petite histoire, il est intéressant de noter comment ces deux hommes en sont arrivés à la création de la caméra de cinéma. La question de départ concernait un débat artistique sur le trot du cheval. Le cheval au trot avait-il, ne serait-ce qu'un très bref instant, les quatre fers sans contact avec le sol comme le représentaient certains peintres de l'époque? Muybridge mit au point un système de photographies multiples sur une seule planche photo, clichés suffisamment proches dans le temps pour que l'on puisse y « lire » le mouvement. Marey utilisa une autre technique, beaucoup plus classique avec des tuyaux et des coussinets montés sur le cheval. Ils arrivèrent à la même conclusion au même moment, et cela encouragea une rencontre. Quand Marey découvrit le système photographique de Muybridge, il n'eut de cesse que de le perfectionner et finit par construire la première caméra, qui permettait d'enregistrer les mouvements sur un film fait de photos successives. Le cinéma ne naîtra que quelques années plus tard, quand les frères Lumière, à Lyon, quelques 150 kilomètres plus au sud, s'inspirèrent de la technologie des machines à coudre pour fabriquer le premier projecteur de film. Marey et Muybridge, en bons scientifiques, ne cherchaient qu'à mieux comprendre le mouvement humain ou animal. Toute cette digression pour rappeler d'une part que le point de départ était un débat artistique, et que d'autre part, il existe deux aspects du problème. L'enregistrement du mouvement d'une part, comme l'avaient inventé Marey et Muybridge mais aussi la restitution, à l'aide d'un projecteur pour les Frères Lumière, avec tous les outils de rendus des images de synthèse de nos jours.




















02/11/2010
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Photo & Vidéo pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2 autres membres