Alain YVER

Alain YVER

EASY RIDER

EASY RIDER




Ce film est un road movie qui est devenu depuis l'emblème de la génération hippie des 60's. Il raconte l'escapade de deux jeunes motards, Peter Fonda (Wyatt) et Dennis Hopper (Billy), qui après avoir vendu une grosse quantité de drogue, décident d'aller à la Nouvelle-Orléans pour voir le Mardi gras. Durant leur traversée des États-Unis, nos héros vont rencontrer une communauté hippie et leur mode de vie. Participant illégalement à un défilé, ils se retrouvent rapidement en prison où ils rencontrent Jack Nicholson (George Hanson), celui-ci se joignant à eux par la suite. Nos trois compères vont alors découvrir l'Amérique profonde, raciste et conservatrice, qui refuse l'évolution des années 60's.
WIKIPEDIA




EASY RIDER


Eternelle reprise. Par une sorte de mouvement de répulsion, Dennis Hopper dresse dans Easy Rider (1969) un portrait au vitriol d'une Amérique agitée.
C'est à travers le périple de deux hippies californiens, Billy (Dennis Hopper) et Wyatt (Peter Fonda), que le malaise de l'Amérique trouve son écho le plus juste. Après un repas partagé avec des fermiers accueillants, symboles de ce que le XIXe siècle aurait dû léguer à l'Amérique actuelle, ces deux hippies motards s'enfoncent, par une progression à rebours d'ouest en est, dans un pays toujours plus inhumain et qui finit par les assassiner au bord d'une route. Billy et Wyatt, deux garçons écrasés par une société-carcan, par une civilisation de la médiocrité, décident de partir pour le carnaval de La Nouvelle-Orléans. Cette conquête de l'Amérique qui se voulait à visage humain, se solde par l'échec, la mort et le triomphe du conformisme.

Easy Rider revisite le mythe de la Conquête de l'Ouest, très cher aux Américains. Le film se présente comme un manifeste de la contre-culture, conduisant à mettre en cause les frontières du normal et du pathologique, du légal et de l'interdit. Ce pays qui avait si longtemps repoussé les frontières, se retrouve confronté à lui-même, dans une sorte de face à face d'où ne peut sortir qu'un vainqueur. Dans la lignée du mouvement intellectuel de 1968, Easy Rider annonce ce courant de dénonciation d'une Amérique des extrêmes, une sorte de "bébé géant qui s'amuse avec des explosifs", pour reprendre l'expression d'Henry Miller. Musique et mysticisme marchent au coude à coude dans ce western moderne, où l'antimatérialisme cohabite avec une croyance des bienfaits de la connaissance de soi : hallucinogènes (la fameuse scène du trip au LSD dans un cimetière), danse, alcool étant censés ouvrir la voie des paradis artificiels, ces havres de paix qui masquent un enfer de la perdition. Pour la plupart des Européens, Easy Rider a confirmé leur propre image de l'Amérique, un microcosme où sont étroitement mêlés puritanisme et débauche, mesure et excès.

Toutefois, il serait simplificateur de limiter le projet de Dennis Hopper à une révolte anarchisante. Son exigence est, me semble-t-il, plus profonde. A son point de départ il y a la constatation d'une rupture. L'Amérique vit dans des idées, à moitié recluse dans l'idéalisme, noyée dans l'illusion du moralisme. L'expérience pionnière de la "frontière", le mythe du parcours sans entraves de l'homme dans un espace vierge et libre se muent en raidissement et perte d'orientation. Easy Rider n'est pas qu'un vagabondage mais une sorte de quête spirituelle qui ne peut aboutir sans frôler la désillusion et la mort.

Eternelle reprise. Par une sorte de mouvement de répulsion, Dennis Hopper dresse dans Easy Rider (1969) un portrait au vitriol d'une Amérique agitée.
C'est à travers le périple de deux hippies californiens, Billy (Dennis Hopper) et Wyatt (Peter Fonda), que le malaise de l'Amérique trouve son écho le plus juste. Après un repas partagé avec des fermiers accueillants, symboles de ce que le XIXe siècle aurait dû léguer à l'Amérique actuelle, ces deux hippies motards s'enfoncent, par une progression à rebours d'ouest en est, dans un pays toujours plus inhumain et qui finit par les assassiner au bord d'une route. Billy et Wyatt, deux garçons écrasés par une société-carcan, par une civilisation de la médiocrité, décident de partir pour le carnaval de La Nouvelle-Orléans. Cette conquête de l'Amérique qui se voulait à visage humain, se solde par l'échec, la mort et le triomphe du conformisme.

Easy Rider revisite le mythe de la Conquête de l'Ouest, très cher aux Américains. Le film se présente comme un manifeste de la contre-culture, conduisant à mettre en cause les frontières du normal et du pathologique, du légal et de l'interdit. Ce pays qui avait si longtemps repoussé les frontières, se retrouve confronté à lui-même, dans une sorte de face à face d'où ne peut sortir qu'un vainqueur. Dans la lignée du mouvement intellectuel de 1968, Easy Rider annonce ce courant de dénonciation d'une Amérique des extrêmes, une sorte de "bébé géant qui s'amuse avec des explosifs", pour reprendre l'expression d'Henry Miller. Musique et mysticisme marchent au coude à coude dans ce western moderne, où l'antimatérialisme cohabite avec une croyance des bienfaits de la connaissance de soi : hallucinogènes (la fameuse scène du trip au LSD dans un cimetière), danse, alcool étant censés ouvrir la voie des paradis artificiels, ces havres de paix qui masquent un enfer de la perdition. Pour la plupart des Européens, Easy Rider a confirmé leur propre image de l'Amérique, un microcosme où sont étroitement mêlés puritanisme et débauche, mesure et excès.

Toutefois, il serait simplificateur de limiter le projet de Dennis Hopper à une révolte anarchisante. Son exigence est, me semble-t-il, plus profonde. A son point de départ il y a la constatation d'une rupture. L'Amérique vit dans des idées, à moitié recluse dans l'idéalisme, noyée dans l'illusion du moralisme. L'expérience pionnière de la "frontière", le mythe du parcours sans entraves de l'homme dans un espace vierge et libre se muent en raidissement et perte d'orientation. Easy Rider n'est pas qu'un vagabondage mais une sorte de quête spirituelle qui ne peut aboutir sans frôler la désillusion et la mort.

Ce film pamphlétaire s'attache à examiner de manière quasiment iconoclaste les préjugés culturels qui se dissimulent derrière les systèmes de signes. Les deux anti-héros épris de liberté se heurtent sans cesse à un ordre immuable où tous les individus apparaissent comme assujettis à des codes, des règles. Easy Rider n'est en rien un appel à la transgression; c'est plus largement le procès de l'intolérance et de l'indifférence. Car cette Amérique n'empêche pas de faire; mais elle réprime sévèrement ce qui lui semble déviant. Cette Amérique qui se veut une et indivisible ne supporte pas la contestation.

Easy Rider
Réal. : Dennis Hopper
Avec Dennis Hopper, Peter Fonda, Jack Nicholson
Etats-Unis - 1968 - 1h 30mn








CRITIQUE 

Film de Dennis Hopper (Easy Rider, USA, 1969). Scénario : Peter Fonda, D. Hopper et Terry Southern. Image : Lazlo Kovacs. Musique : Steppenwolf, Bob Dylan, Jimi Hendrix... 95 mn. VM. Avec Peter Fonda : Captain America (Wyatt). Dennis Hopper : Billy. Jack Nicholson : George Hanson.
Genre : road-movie.
Deux jeunes gens, Captain America et Billy, quittent Los Angeles pour assister au carnaval de La Nouvelle-Orléans. Ils enfourchent leurs motos et entament une longue odyssée à travers les Etats-Unis. Les rencontres se succèdent : hippies vivant en communauté, fumeurs de chanvre, bouseux intolérants et prostituées...
Filmé avec deux bouts de ficelle, selon l'inspiration du moment, Easy Rider connut à sa sortie un succès phénoménal. Film d'une génération, entre flower power et contestation dure, road-movie baigné de musique pop, sa réputation n'a cessé de grandir. Certains aspects ont pourtant vieilli : rousseauisme naïf du camp de hippies, discours anar un peu simplet... Le meilleur d'Easy Rider, lente geste poétique et sinueuse sur le bitume des années 60, réside dans sa singulière violence : mauvais trip au LSD dans un cimetière de La Nouvelle-Orléans, expédition meurtrière des braves gens contre les « vagabonds » à cheveux longs. Dennis Hopper et Peter Fonda instillent l'angoisse comme un subtil venin, étouffant le rêve de liberté et d'évasion. A travers les rencontres, ils livrent une critique virulente de l'Amérique moyenne, normative, puritaine et mortifère, finalement victorieuse. Profondément pessimiste, déroutant et envoûtant dans sa forme, Easy Rider est un vrai film d'auteur et, sous ses rides, reste étrangement d'actualité.
Cécile Mury








"Easy Rider" est une chevauchée fantastique à travers l'Amérique menée par Wyatt et Billy (Peter Fonda et Denis Hopper). Dans une Amérique qui se prépare à rentrer dans les années 1970, ces deux cavaliers chevauchant leur magnifiques choppers sont peut être les derniers vestiges des années 60. Cheveux aux vents, ils profitent à 100% de la vie (Sexe, Drogue et Rock'N'Roll quoi!), mais leur liberté dérange. Car ce sont bien ce que les deux héros représentent... La liberté...

Comme le dit souligne justement Jack Nicholson dans le film, les deux héros font tâche... Pourquoi? Car ils sont libres. Et être libre, c'est difficile. C'est refuser d'être un produit acheté et vendu. La plupart des gens pensent qu'ils le sont, mais devant Wyatt et Billy, ils se rendent bien compte de leur situation, et ils en deviennent violent... Cette haine né de la jalousie, de la stupidité ou tout simplement de l'incompréhension.

Ce sont en effet ces trois facettes de la population américaine qu'ils vont rencontré sur leur route. Certes il y aura bien quelques compagnons de route moins aggresifs, comme Jesus le Hippie qui cherche à retourner chez lui ou le magistral Jack Nicholson, avocat raté et alcoolique qui veut lui aussi rejoindre le Sud pour visiter le "plus beau bordel de l'Amérique". Mais tout ces personnages ont en commun une soif de liberté, une envie de vivre pleinement et de profiter de chaque seconde.

Véritable critique d'une société en plein tournant, "Easy Rider" a été un des films fondateurs du Nouvel Hollywood. On entrevoit le déclin de la génération Peace & Love au travers de la communauté Hippie visitée lors de la première partie du film, mais aussi la dégénérescence et l'intolérance des "Rednecks" du Sud profond.

Le film a aussi choqué par ses images: non pas qu'elles soient violentes, elles montrent un aspect encore tabou de la société (surtout vis à vis de la drogue). Les héros n'arrêtent pas rouler des joints, et n'hésitent à prendre des "petites pillules" dans un cimetière pour une magnifique scène de débauche sexuelle sous acides. Choquant? Non: libre, tout comme Wyatt et Billy.

Desservi par une BO Rock'N'Roll d'époque incroyablement stylée, cette épopée héroïque pour la liberté reste dans nos mémoires 30 ans après sa sortie au cinéma. Véritable hymne d'une génération que je n'ai pas connu moi même, je pense malgré tout en entendre encore certains échos à la vision de ce DVD...
   






Motos, drogues et liberté.

Film culte, très représentatif de toute une génération. Inspiré du long-métrage italien, de Dino Risi (Il Sorpasso) le Fanfaron, le réalisateur Dennis Hopper, s’est contenté de points de repère comme balises, d’un scénario reposant sur des prestations improvisées. On contestait, tout un système autant politique, que sociologique qui refusait l’évolution des années 60. Sans toutefois oublier, le refus de la guerre du Vietnam, qui fut la honte des États-Unis.
 

Le synopsis, fut plus symbolique que réaliste. Deux hippies, Peter Fonda (Wyatt) et Dennis Hopper (Billy), venant de conclurent une colossale vente de drogue, prennent la poudre d’escampette en motos. Fuyant il va sans dire, le risque d’être emprisonné. En cours de route, ils feront la connaissance Jack Nicholson (George), qui décidera de se rendre jusqu’au très réputé défilé du  Mardi Gras, du Nouvelle-Orléans. Cependant, le trio découvrira qu’il n’y a aucun endroit sans contrainte. Aucune fuite, ne peut effacer les racines profondes d’un continent ultra conservateur. Et que mêmes, sous des apparences de «power flowers», la plupart des citoyens faisait partie du statu quo.
 

Avec une distribution remarquable de, Peter Fonda, Dennis Hopper, Antonio Mendoza (dans le rôle de Jésus), Phil Spector, et Jack Nicholson. Chacun d’entre eux a participé à l’ensemble du long-métrage. Les trois amis forment le scénario, avec un certain Terry Southern. Bref, ils font à peu de tout. Avec une trame musicale, coïncidant avec certaines scènes, ils n’hésitaient pas à la fondre à toute une idéologie de l’époque : Steppenwolf (The Pusher, Born To Be Wild), The Byrds, The Jimi Hendrix Experience (If Six Was Nine), sans oublier Roger McGuinn pour (It’s Alright Ma, et Ballad Of Easy Rider).
 

Emblème, d’un profond désarroi de toute une jeunesse américaine, Dennis Hopper s’est mérité le premier prix de Cannes pour son premier essaie cinématographique.






Lorsque l'on mentionne des films de la contre-culture américaine des années 60, Easy Rider arrive en tête. Bien que tout, dans cette histoire de motards traversant un monde d'aliénation, soit daté, le film a gardé beaucoup de charme. Très populaire à l'époque, il dépeint et vante une culture axée sur la drogue et le rock. Le film capte la fracture grandissante entre la contre-culture et l'État aux États-Unis. Tourné en extérieur, Easy Rider privilégie l'immédiateté du style documentaire, et insiste même dans cette voie avec des dialogues improvisés et un jeu de "drogué" vraiment réaliste. Easy Rider a réellement lancé la carrière de Jack Nicholson, qui a reçu plusieurs récompenses et une nomination aux Oscars, et défendu l'image rebelle de Peter Fonda. C'est aussi l'une des premières réalisations de Dennis Hopper et un de ses premiers rôles de marginal, type de performance qu'il approfondira plus tard. Les moments psychédéliques sont grandioses, et la bande-son, rassemblant The Byrds, Steppenwolf et autres groupes de l'époque, est royale. Easy Rider reste une des oeuvres fondamentales de la fin des années 60 à Hollywood, à la fois pour son impact explosif et son portrait précis de cette époque chaotique. Peu d'adolescents de cette époque n'ont pas fait de ce film un élément essentiel de leur culture.



01/02/2008
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