Alain YVER

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Egon SCHIELE

EGON SCHIELE







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SHIELE, KLIMT, KOKOSCHKA





Biographie Egon Schiele

Peintre précoce à la carrière fulgurante, Schiele subit très tôt l'influence de Gustav Klimt et de la Sécession viennoise, dont il se détachera peu à peu pour trouver son propre style, en particulier dans la représentation de grands nus expressifs.

Il commence à peindre dès 1905 : ses premières œuvres sont surtout des autoportraits sans concession, voire exagérément cruels, dans lesquels transparaissent la détresse et les névroses de l'artiste. Transgressant les normes morales (ses dessins jugés immoraux lui vaudront trois de jours de prison en 1912), Schiele bouleverse également la morale religieuse de l'époque en peignant Le Cardinal et la Nonne (1912).

Dessinateur exceptionnel, Schiele montre avec violence la vérité crue des corps et la misère de ses modèles. Mais ces études sont aussi des recherches formelles sur l'expressivité de la figure humaine : pour les réaliser, l'artiste étudie dans un hôpital psychiatrique les attitudes des malades et s'inspire des membres désarticulés des marionnettes. Portraitiste intransigeant de lui-même et de la société, sa peinture explore les thèmes souvent entremêlés de l'amour et la mort. D'un même pessimisme, ses quelques paysages sont des allusions à une nature desséchée et stérile.

Schiele meurt à l'âge de 28 ans de la grippe espagnole, au moment où sa vie se fait plus sereine, et où son œuvre rencontre un premier grand succès lors de l'exposition de la Sécession viennoise de 1918.




Expressivité du corps chez Egon SchieleJ´avais mal soupconné la puissance du peintre autrichien Egon Schiele (1890-1918).



KlimtLeBaiser.jpg
Tout le monde connaît Le Baiser de Gustav Klimt (1862-1918) qui fait que, par le voilement ornemental des corps et les couleurs d´or, "Eros devient icône" (Werner Hofmann). A vingt ans, Egon Schiele déclare sans fausse  honte : "J´ai fait le tour de Klimt"

Egon Schiele est mort à vingt-huit ans. Il a cependant fait de lui presqu´une centaine d´autoportraits. Sans doute plus que Dürer et Rembrandt réunis. 

A la Renaissance, le miroir est pour le peintre un instrument de la découverte de l´identité. L´artiste écarte toute idéalisation allégorique de son corps : il peint un individu. Même si l´attitude permet à l´artiste d´adopter dans l´autoportrait le rôle d´un autre que  lui-même, - comme par exemple le Christ -, cet autoportrait ne remet pas en cause l´identité de la personne. Dürer et Rembrandt restent dans leurs autoportraits des êtres indivisés.


Il n´en est pas de même dans les autoportraits d´Egon Schiele après 1910. Les poses et les attitudes exacerbées présentent un autre que lui-même, un alter ego différent et inconnu. L´assurance narcissique de soi n´existe plus. Le corps est mis à nu. Les contorsions physiques, les mimiques grimacantes du visage, la minceur du corps, et la chevelure hérissée et comme électrisée révèlent des énergies vitales que le peintre ne peut totalement réprimer. Même si l´exhibitionnisme ne peut être totalement exclu, ce n´est en rien du voyeurisme, car dans les nus comme dans les autoportraits, Egon Schiele ne cherche pas à montrer au spectateur une scène qui ne lui est pas destinée. Bien au contraire : les poses sont telles que le corps est volontairement mis à nu dans toute son expressivité. Il se pourrait bien qu´ainsi Egon Schiele cherche à maitriser ses démons érotiques en les exposant,  satisfaisant du même coup par l´imaginaire les pulsions que le réel ne peut pas toujours satisfaire ; - comme cet autre Autrichien de Vienne qu´est Arthur Schnitzler réalisait sans doute en partie les siens en utilisant ses rêves dans ses textes littéraires. L´autoportrait chez Egon Schiele n´est donc plus une contemplation narcissique de soi-même, mais la représentation expressionniste et déchirée de la personne dans laquelle, comme l´écrit Paul Hatvani dans son Essai sur l´Expressionnisme (1917) : "l´artiste crée son monde dans sa propre image". Il en a été de même pour le peintre norvégien  Edvard Munch. Paul Hatvani écrit encore : "Dans l´Impressionnisme, le monde et le moi (...) avaient été placés dans un rapport harmonieux. Dans l´Expressionnisme, le moi inonde le monde".




30/05/2007
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