Alain YVER

Alain YVER

ERNEST CABANER

ERNEST CABANER




//autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2006/07/12/quelques-cenacles-fantaisistes-cros-sivry-cabaner-nina-de-ca.html

//certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/03/07/verite-du-mensonge.html

//livrenblog.blogspot.com/2011/04/charles-cros-et-cabaner-1869.html

//www.google.fr/imgres?imgurl=//autourduperetanguy.blogspirit.com/media/02/02/cdf83f483ec0b422cf18546a9554afc3.jpg&imgrefurl=//autourduperetanguy.blogspirit.com/la_boheme_litteraire/&usg=__G1GtWl2dMlEQjHdcl8LuHt2sW3A=&h=150&w=95&sz=5&hl=fr&start=18&sig2=R9DQi3NyDX36RDWo0T0JEQ&zoom=1&tbnid=v_yYdkzIUDo6eM:&tbnh=96&tbnw=61&ei=BuUnT5usEs6DhQfAuO2iBQ&prev=/search%3Fq%3DERNEST%2BCabaner%26hl%3Dfr%26safe%3Doff%26client%3Dfirefox-a%26hs%3Dlgt%26sa%3DX%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26tbm%3Disch%26prmd%3Divnso&itbs=1




Cabanes, Jean de
dit Ernest Cabaner (1833-1881)


Compositeur, pianiste et poète, il mit en musique des poèmes de Charles Cros, dont le fameux Hareng saur, et écrivit ses propres poèmes, dont Le Pâté, qu'il mit aussi en musique. Personnage excentrique et bohème, il fréquenta les impressionnistes au Café Guerbois, le salon de Nina de Villard et le Cercle des Zutistes, pour lesquels il trouva un local à L'Hôtel des Étrangers, où il travaillait comme "barman". Il accueillit Arthur Rimbaud chez-lui quelques temps.



CHANSON D' ERNEST CABANER POUR ARTHUR RIMBAUD

A Paris que fais-tu, poète,
De Charleville s'arrivé ?
Pars, le génie ici végète,
Mourant de faim sur le pavé.
Va, retourne auprès de ta mère
Qui prit soin de tes premiers ans...

Enfant, que fais-tu sur la terre ?
- J'attends, j'attends, j'attends !...

II

Un jour, ton histoire est commune,
Fatigué du pays natal
Tu partis cherchant fortune,
Poussé par ton destin fatal.
Ingrat, tu trouves que ta mère
Etouffait tes pensers naissants...

Enfant...

III

Criminels envers ton jeune âge,
Des amis, ayant lu tes vers,
Ensemble ont payé ton voyage,
Complices de ton plan pervers.
Maudits soient, au nom de ta mère,
Ces Parnassiens imprudents !...

Enfant...

IV

Un homme pourtant respectable,
Au lieu de te désapprouver,
T'a fait don d'un lit, d'une table,
De ce qu'il faut pour se laver.
Cependant, cet homme a sa mère,
Comme toi, qu'il loue en ses chants...

Enfant...

V

Ah ! lorsque la vieillesse arrive,
Guéri de ton illusion,
Comme le marin vers la rive,
On se tourne vers la maison...
Elle est vide, la pauvre mère
Est déjà morte, il n'est plus temps !

Enfant...

VI

Mais incurable est la folie
Qui hérisse tes blonds cheveux,
Vide, insensé, jusqu'à la lie,
Ta coupe, puisque tu le veux.
De chagrin fais mourir ta mère
Avant le terme de ses ans...

Enfant...

C'était pour sonder ta nature,
Enfant, qu'ainsi je te parlais,
Mais je t'offrirais : nourriture,
Vêtements, ... lit, si tu voulais.
Oui, je serais plus qu'une mère
Pour toi, car depuis bien longtemps,

Cherchant un ami sur la terre,
J'attends, j'attends, j'attends !...

E. C.








Deux amis d'Arthur : Germain Nouveau et Ernest Cabaner

Poète français (1851-1920) dont l'oeuvre, profondément mystique, fut admirée par les surréalistes.
Né à Pourrières dans le Var, Germain Nouveau entre en 1863 au petit séminaire d'Aix, puis au collège Bourbon de la même ville ou il obtient de nombreux prix et passe le baccalauréat en 1870. Il arrive à Paris en 1872 et collabore à l'album zutique.

Il fréquente aussi les zutistes, fait la connaissance de Charles Cros avec lequel il collabore à la rédaction des Dixains réalistes qui tournent en dérision les parnassiens. Il découvre dans l'Album zutique les poèmes laissés par Rimbaud et Verlaine, qui ont quitté la capitale depuis juillet 1872.

Fin 1873, il rencontre Arthur Rimbaud au café Tabourey et, en mars 1874, ils partent ensemble en Angleterre pour s'installer à Londres, au 178 Stamford Street. Nouveau aide Rimbaud à la copie des Illuminations mais revient seul à Paris en juin de la même année.

Il voyage en Belgique et en Hollande. En 1875, à Bruxelles, il reçoit de Verlaine le manuscrit des Illuminations que Rimbaud, croisé à Stuttgart, a adressé à Nouveau afin de le faire publier. Nouveau retourne à Londres où il fait la connaissance de Verlaine avec lequel il restera longtemps ami.

Il se convertit au catholicisme et écrit alors des poèmes religieux. Il devient, en 1878, employé au ministère de l'instruction publique. Il commence à rédiger La Doctrine de l'Amour, qu'il achève en 1881. Pour avoir voulu se battre en duel, il perd son emploi en 1882. Devenu professeur au Liban, il y mène une vie difficile.

De retour à Paris en 1885, Germain Nouveau tombe amoureux d'une jeune femme qui lui inspire les poèmes de Valentines. Il est ensuite professeur dans différents postes, mais une crise de folie mystique entraîne son internement à Bicêtre en 1891. Il mène, après sa libération, une vie de vagabondage et de mendicité, et se plonge de plus en plus dans le mysticisme. De nouveau à Paris en 1904, il publie Savoir Aimer. Le ministère lui refusant son secours financier, il reprend son existence errante à travers l'Europe du Sud et l'Algérie. En 1911, il se retire définitivement dans son village natal de Pourrières ou il achète une maison. Il est découvert mort à son domicile et inhumé dans la fosse commune. Son recueil Valentines ne sera publié qu'en 1922.



Soif d'un baiser

Comme une ville qui s'allume
Et que le vent vient embraser,
Tout mon coeur brûle et se consume,
J'ai soif, oh ! j'ai soif d'un baiser.

Baiser de la bouche et des lèvres
Où notre amour vient se poser,
Pleins de délices et de fièvres,
Ah ! j'ai soif d'un baiser !

Baiser multiplié que l'homme
Ne pourra jamais épuiser,
O toi, que tout mon être nomme,
J'ai soif, oui d'un baiser.

Fruit doux où la lèvre s'amuse,
Beau fruit qui rit de s'écraser,
Qu'il se donne ou qu'il se refuse,
Je veux vivre pour ce baiser.

Baiser d'amour qui règne et sonne
Au coeur battant à se briser,
Qu'il se refuse ou qu'il donne
Je veux mourir de ce baiser.

In Valentines












Portrait de Cabaner par Manet en 1880 (Musée d'Orsay)



Verlaine disait de lui qu'on aurait dit
 "Jesus Chris après 3 ans d'absinthe."


Jean de Cabanes dit Ernest Cabaner

Compositeur, pianiste et poète, il mit en musique des poèmes de Charles Cros, dont le fameux Hareng saur, et écrivit ses propres poèmes, dont Le Pâté, qu'il mit aussi en musique. Personnage excentrique et bohème, il fréquenta les impressionnistes au Café Guerbois, le salon de Nina de Villard et le Cercle des Zutistes, pour lesquels il trouva un local à L'Hôtel des Étrangers, où il travaillait comme «barman». Il accueillit Arthur Rimbaud chez-lui quelques temps.

Voici le poème le plus célèbre de Rimbaud qui a suscité de nombreuses interprétations sans qu'aucune soit réellement satisfaisante. Il en donnera l'autographe à E. Blemont, futur directeur de «la Renaissance littéraire et artistique» qui le laissera à la Maison de la Poésie. Il existe une copie faite par Verlaine, avec quelques variantes et le titre : Les voyelles (Bibliothèque Nationale, ancienne collection Barthou).

Première publication dans Lutèce, 5 octobre 1883.

Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes :

A, noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,

Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,

Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides

Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Silence traversés des Mondes et des Anges :

- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -

Arthur Rimbaud, 1871

Ici, le poète joue avec les mots, les lettres, les couleurs et les sons (bombinent, rire, colère, vibrements, strideurs) en un tableau très coloré déjà précurseur des Illuminations. Les voyelles deviennent des objets avec lesquels on peut s'amuser et qui portent en elles leurs propres réalités, sens et couleurs (naissances latentes). Les couleurs ont une valeur symbolique. Pour le noir, la cruauté, la nuit (puanteur cruelle, golfes d'ombre) ; pour le blanc, la fierté, la pureté, la légèreté ; pour le rouge, le sang, les lèvres, la colère, les excès ; pour le vert, la sérenité et la paix ; pour le bleu, évocation religieuse des cieux (suprême clairon, anges). Et il passe au violet pour l'évocation des yeux de La Femme. Peut-être une allusion à la jeune personne qui l'aurait accompagné à Paris en février 1871, d'après ses amis.

Un point de départ à l'idée du poème, un abécédaire qu'il a du avoir entre les mains, comme tout enfant, quand il apprenait à lire. A chaque lettre correspondait une couleur et un certain nombre de mots : A noire, pour Abeille, Araignée, Astre, Arc-en-Ciel. E était jaune pour Emir, Etendard, Esclave, Enclume. I rouge pour Indienne, Injure, Inquisition, Institut. O azur pour Oliphant, Onagre, Ordonnance, Ours. U vert pour Ure, Uniforme, Urne, Uranie et Y orange pour Yeux, Yole, Yeuse, Yatagan.

Delahaye rapporte dans ses souvenirs cette déclaration de Rimbaud :»J'ai cru voir, parfois j'ai cru sentir de cette façon, et je le dis, je le raconte, parce que je trouve cela aussi intéressant qu'autre chose». Et Verlaine dit : «Moi qui ait connu Rimbaud, je sais qu'il se foutait pas mal si A était rouge ou vert. Il le voyait comme ça, mais c'est tout.» (Propos rapportés par Pierre Louÿs). Source : Classiques Garnier, édition 1971 Suzanne Bernard et André Guyaux.

Une autre interprétation, tirée de la biographie de Rimbaud par Pierre Petitfils, et certainement la plus vraisemblable :

Le sonnet est le reflet de l'enseignement musical d'Ernest Cabaner : le chromatisme musical ou audition colorée. Il apprenait le piano à Rimbaud, à l'hôtel des Etrangers, lieu de réunion du Cercle Zutique. Cabaner était le barman et Rimbaud a été son assistant au club pendant quelques mois, ce qui lui permettait de dormir sur place. Musicien bohème arrivé à Paris en 1850, Cabaner fréquentait de nombreux peintres dont Cézanne. Il coloriait les notes et leur attribuait le son d'une voyelle. La méthode avait déjà été imaginée pour les débutants par le Père Castel, au XVIIème siècle. Elle ne pouvait qu'intéresser Arthur, à la recherche d'une langue complète et universelle, résumant tout, «parfums, sons, couleurs», telle que décrite dans sa lettre à Paul Demeny du 15 mai 1871.

Cabaner a d'ailleurs dédié son Sonnet des Sept Nombres à son élève «Rimbald» :

Nombres des gammes, points rayonnants de l'anneau

Hiérarchique, - 1 2, 3 4 5, 6 7 -

Sons, voyelles, couleurs vous répondent car c'est

Vous qui les ordonnez pour les fêtes du Beau.

La OU cinabre, Si EU orangé, DO, O

Jaune, Ré A vert, Mi E bleu, Fa I violet,

Sol U carmin - Ainsi mystérieux effet

De la nature, vous répond un triple écho,

Nombres des gammes ! Et la chair, faible, en des drames

De rires et de pleurs se délecte. - O L'Enfer,

L'Aurore ! La Clarté, La Verdure, L'Ether !

La Résignation du deuil, repos des âmes,

Et La Passion, monstre aux étreintes de fer,

Qui nous reprend ! - Tout est par vous, Nombres des gammes !

Ernest Cabaner


31/01/2012
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Photo & Vidéo pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2 autres membres