Alain YVER

Alain YVER

FACTOTUM

Factotum




extrait

“C’est fou comme on s’agrippe obstinément à notre mal être. L’énergie qu’on déploie pour alimenter notre rage. C’est fou comme à certain moments on peut grogner telle une bête, et puis,  l’instant suivant, oublier pourquoi et comment. Ce ne sont pas des heures, ni des jours, ni des mois ou des années, mais des décennies. Des vies entières totalement consacrées à se morfondre dans une rancoeur mesquine et dans la haine. Et lorsque finalement la mort se présente, elle n’a plus rien à emporter.”

“Si vous voulez tenter le coup, allez-y à fond. Sinon, n’essayez même pas. Vous risqueriez d’y perdre vos copines, vos femmes, vos proches, votre boulot et peut être même votre raison. Vous pourriez rester sans manger pendant trois ou quatre jours. Vous pourriez geler sur un banc publique. Vous pourriez finir en prison. Vous pourriez essuyer les moqueries, connaître le mépris et l’isolement. L’isolement est un bienfait. Tout le reste ne sert qu’à tester votre endurance, et voir jusqu’où vous êtes prêt à aller. Et vous plongerez, malgré l’apréhension et les pires perspectives. Et ce sera mieux que tout ce que vous pouviez imaginer. Si vous tentez le coup, allez-y à fond. C’est une sensation inégalable. Vous côtoierez les Dieux. Vos nuits s’embraseront de mille flammes. La vie ne sera qu’un long éclat de rire. C’est le seul combat qui vaille la peine.”

Henry CHINASKI
film “ FACTOTUM”




Titre original     Factotum
Réalisation     Bent Hamer
Scénario     Bent Hamer et Jim Stark, d'après le roman éponyme de Charles Bukowski
Musique     Kristin Asbjornsen
Décors     Eve Cauley Turner
Costumes     Tere Duncan
Photographie     John Christian Rosenlund
Montage     Pål Gengenbach
Société de production     Bent Hamer, Jim Stark et Christina Kunewa Walker
Budget     1 million de dollars
Format     1,33:1 - Dolby Digital - 35 mm
Genre     Drame
Durée     94 minutes
Sortie     Norvège Norvège : 12 avril 2005
France France : 23 novembre 2005
Langue(s) originale(s)     anglais américain
Pays d'origine     Norvège Norvège, États-Unis États-Unis

Factotum est un film américano-norvégien réalisé par Bent Hamer, sorti en 2005. Le film a été présenté en avant première au Festival international du film de Trondheim le 12 avril 2005.
Sommaire



Synopsis

Le film a pour personnage principal Henry Chinaski, connu comme l'alter égo de Bukowski.
Dans le film, Chinaski (Matt Dillon) enchaîne les petits boulots et les maîtresses. Il se considère comme un écrivain. Il explique devoir coucher par écrit les mots qui bouillonnent en lui. Chaque semaine, il envoie quelques nouvelles à des journaux littéraires.


Synopsis 

Hank Chinaski travaille comme manoeuvre dans des usines, ou des entrepôts pour s'offrir le luxe d'une vie qui consiste à boire, parier sur des chevaux, séduire des femmes, et surtout, écrire des histoires que personne ne veut publier.



Distribution

    * Matt Dillon : Henry Chinaski
    * Lili Taylor : Jan
    * Fisher Stevens : Manny
    * Marisa Tomei : Laura
    * Didier Flamand : Pierre
    * Adrienne Shelly : Jerry
    * Karen Young : Grace
    * Tony Lyons : Tony Endicott

Autour du film


    * Grand fan de Charles Bukowski auquel il dédia son deuxième film en tant que réalisateur, Crossing Guard, l'acteur Sean Penn fut un temps pressenti pour interpréter le rôle de Henry Chinaski.
    * Lors de la projection du 14 avril 2005 à Trondheim, Norvège, Factotum fut le premier film au monde à être projeté en numérique avec une résolution de 4K (4096x2160).
    * Un Factotum désigne une personne chargée de tout faire dans une maison ou auprès de quelqu'un.



BO

//kristin_asbjornsen.mondomix.com/fr/artiste.htm

LA BO SIGNÉE KRISTIN ASBJONSEN, UNE MERVEILLE...
NOTAMENT SLOW DAY ICI.

//www.youtube.com/watch?v=5AB6cd4z-wc


1. On the Bus
2. Reunion
3. I Wish to Weep
4. Farewell I
5. Slow Day - Dadafon
6. Ice Plant Overture
7. Pickles
8. Still Awake
9. Quirky Waltz
10. Dreamland II
11. Slow Day Fragments
12. My Garden
13. In the Kitchen
14. Beside You
15. Drunk Driving
16. Remembering
17. Shoes
18. If You're Going to Try
19. Horse Race Groove
20. Farewell II
21. Show Day II - Dadafon




"LE PUBLIC ne retient d'un écrivain, ou de ses écrits, que ce dont il a besoin, et se moque du reste", écrivait l'Américain Charles Bukowski (1920-1994) dans Journal d'un vieux dégueulasse. Et d'enchaîner sur son renom (pas si usurpé que cela) de peintre du sexe comme "une tragi-comédie" : "Ce n'est pas parce que le sexe m'obsède que j'en fais la matière de mes livres, c'est parce qu'il me permet de vous faire rire et un tout petit peu pleurer."
Retrouvez les archives du journal : tous les articles parus dans Le Monde depuis 1987


Buk, comme on l'appelait, aura amusé la galerie en dépeignant des parties de jambes en l'air qui ravirent Henry Miller, mais ce ne fut pas le seul trait de sa sulfureuse légende. Il traînait aussi la réputation d'être crade, mal élevé et ivrogne, féru d'extravagances, comme en témoigna sa prestation dans une émission mémorable d'Apostrophes, où il fut exclu manu militari du plateau télévisé avec sa bouteille. A défaut d'avoir été bien lu, il aura participé à l'édification d'un imaginaire qui le relie aux clochards de la Beat Generation.

L'une des qualités du film de Bent Hamer, réalisateur d'origine norvégienne, est de prendre cette légende de haut. En adaptant l'un de ses romans, Factotum (1975), il se préoccupe plus de "l'émule de Dostoïevski qui écoute du Mahler à la nuit tombée" que du mal élevé au bagout de "fils de pute". Chronique d'une vie d'errances vouée à l'écriture de textes dont la transe reflète joies et dégoûts du quotidien, Factotum égrène la litanie des boulots temporaires, chambres sordides, soûleries et étreintes glauques d'Henri Chinaski (son double autobiographique), sans enfermer le personnage dans un pittoresque à deux sous.

UN GOÛT POUR LA DÉRISION

On pourra même trouver la dérive de ce brutal blues man un peu clean, comparée aux obscénités de sa prose. C'est que Bent Hamer a choisi de mettre un texte en images, en privilégiant le mal être d'un écorché vif, ses illuminations poétiques et remarques existentielles, plutôt que ses bouffonneries.

Préparateur de cornichons, réparateur de vélos, trieur de cartons, Chinaski travaille à contrecoeur. Il fait des pieds de nez à ses patrons, écume les bars, joue aux courses, se fait jeter du domicile familial par son père, se bagarre, passe d'une fille à l'autre, mais avec une obsession : écrire des poèmes ou nouvelles qu'il envoie aux magazines. Puis de guetter l'infernal retour des manuscrits refusés, redire encore et encore ses galères, sa solitude, avec un sens romantique de la souffrance et un goût certain pour la dérision. Le séducteur subit une humiliante attaque de morpions, l'ancien journaliste reçoit un coup de fil du Times Building, qui l'embauche comme "ouvrier d'entretien et gardien".

Factotum est doté d'un autre atout : dans le rôle de Chinaski/Bukowski, Matt Dillon fait une épatante prestation. Nonchalant, mal rasé, l'acteur découvert jadis par Coppola (Outsiders et Rusty James) habite le personnage en vrai disciple de l'Actors Studio. Trimbalant sa gueule de bois et une vulnérabilité d'enfant acharné à se mettre hors circuit, il a trouvé sa façon à lui d'ignorer la sobriété. On y croit.



07/02/2010
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