Alain YVER

Alain YVER

FEDERICO GARCÍA LORCA

FEDERICO GARCÍA LORCA




http://fr.wikipedia.org/wiki/Federico_Garc%C3%ADa_Lorca

http://www.pierdelune.com/lorca.htm

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/lorcaromancero/lorcaromancero.html

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/lorcaromancero/lorcaromancero.html

http://www.folio-lesite.fr/Folio/actualite.action?idActu=522

Les chansons populaires
http://www.entretemps.asso.fr/Nicolas/RadioNic/Lorca.html







Federico García Lorca est un poète et dramaturge espagnol, également peintre, pianiste et compositeur, né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros près de Grenade et mort le 19 août 1936 à Víznar. Il est l'un des membres de la génération de 27.

Biographie

Après plusieurs années passées à Grenade, il décida d'aller vivre à Madrid pour rencontrer enfin le succès. Il y devint l'ami de Luis Buñuel, Salvador Dalí et Sanchez Mazas, parmi ceux qui deviendraient des artistes influents en Espagne. Là, il rencontra aussi Gregorio Martínez Sierra, le directeur du Teatro Eslava, à l'invitation duquel il écrivit et mit en scène sa première pièce en vers, El maleficio de la mariposa (Le Maléfice du papillon), en 1919-20. Elle met en scène l'amour impossible entre un cafard et un papillon, avec de nombreux insectes en support. Elle fut malheureusement l'objet de moquerie du public, et s'arrêta après quatre représentations. Cela refroidit la passion de Lorca pour le théâtre pour le reste de sa carrière — il prétendit plus tard en 1927 que Mariana Pineda était sa première pièce.

Pendant les quelques années qui suivirent il s'impliqua de plus en plus dans son art et dans l'avant-garde espagnole. Il publia trois autres recueils de poèmes, dont Romancero Gitano (1928), son recueil de poèmes le plus connu.

Cependant, vers la fin des années 1920, Lorca fut victime d'une dépression, exacerbée par une angoisse due à la difficulté grandissante de cacher son homosexualité à ses amis et sa famille. Cette disparité entre son succès comme auteur et sa vie privée atteignit son paroxysme lors de la collaboration des deux surréalistes, Dalí et Buñuel, pour le film Un chien andalou (1929) que Lorca interpréta, peut-être par erreur, comme une allusion, voire une attaque à son encontre. En même temps, sa relation intense, passionnée mais non réciproque, avec le peintre Dalí s'effondra quand ce dernier rencontra sa future épouse. Consciente de ces problèmes (mais peut-être pas de leurs causes) la famille de Lorca s'arrangea pour lui faire faire un long voyage aux États-Unis d'Amérique en 1929-1930.

Son retour en Espagne en 1930 coïncida avec la chute de la dictature de Miguel Primo de Rivera et le rétablissement de la République. En 1931, Lorca fut nommé directeur de la société de théâtre étudiante subventionnée, La Barraca, dont la mission était de faire des tournées dans les provinces essentiellement rurales pour présenter le répertoire classique. Il écrivit alors la trilogie rurale de Bodas de sangre (« Noces de sang »), Yerma et La casa de Bernarda Alba (La Maison de Bernarda Alba).

Quand la Guerre civile espagnole éclata en 1936, il quitta Madrid pour Grenade, même s'il était conscient qu'il allait vers une mort presque certaine dans une ville réputée pour avoir l'oligarchie la plus conservatrice d'Andalousie. Il y fut fusillé par des rebelles anti-républicains et son corps fut jeté dans une fosse commune à Víznar. Le régime de Franco décida l'interdiction totale de ses œuvres jusqu'en 1953 quand Obras completas (très censuré) fut publié. Ce ne fut qu'avec la mort de Franco en 1975 que la vie et le décès de Lorca purent être discutés librement.

De nos jours, une statue de Lorca est en évidence sur la Plaza de Santa Ana à Madrid. En 2008, la justice espagnole a accepté que la fosse commune dans laquelle est enterré le poète soit ouverte dans l’intimité, en présence de la seule famille. Toutefois, de nombreuses controverses existent sur la présence de la dépouille du poète dans cette fosse commune. En effet, des recherches, effectuées pendant plusieurs semaines, en vue d'une exhumation, ont été abandonnées le 18 décembre 2009. On ignore si le poète a effectivement été assassiné dans le champ d'Alfacar ou s'il a été transféré dans un lieu inconnu.



Citations

    * « On n’a pas un enfant comme on a un bouquet de roses. » - Extrait d’Yerma
    * « Chaque femme a du sang pour quatre ou cinq enfants et lorsqu'elle n'en a pas, il se change en poison. » - Extrait d’Yerma
    * « Naître femme est le pire des châtiments. » - La maison de Bernarda Alba
    * « Rien n'est plus vivant qu'un souvenir. »
    * « La pierre est un dos fait pour porter le temps. » - Darmangeat
    * « Lo más importante es vivir » (Le plus important, c'est de vivre)
    * « Mis primeras emociones están ligadas a la tierra y a los trabajos del campo… sin este mi amor a la tierra no hubiera podido escribir Yerma o Bodas de Sangre » (Mes premières émotions sont liées à la terre et aux travaux des champs ... Sans cela, sans mon amour de la terre, je n'aurais pu écrire "Yerma" ou "Bodas de Sangre")








Espagne - L'exhumation de Federico Garcia Lorca acceptée enfin par la famille du poète
qui toutefois ne souhaite pas l'ouverture de la fosse commune

    
MADRID, jeudi 18 septembre 2008 (LatinReporters.com) - "Nous n'empêcherons pas l'exhumation des restes de Federico, mais cela ne nous plairait pas" déclare au quotidien El Pais Laura Garcia Lorca, nièce du poète dont l'assassinat, le 18 août 1936 au début de la guerre civile espagnole, demeure un symbole de la barbarie, en l'occurence franquiste, de l'époque. La famille Garcia Lorca s'opposait jusqu'à présent à l'ouverture de la fosse commune où reposerait Federico, près de Grenade. Son revirement se produit au moment où la justice est appelée à se prononcer.

"Quoique l'exhumation ne nous plairait pas, nous respectons les souhaits des autres parties impliquées... Nous respectons les sentiments de tous et, bien sûr, la loi" explique à El Pais Laura Garcia Lorca, porte-parole de la famille et présidente de la Fondation Federico Garcia Lorca.

Entre les villages grenadins de Viznar et Alfacar, trois autres victimes de la violence antirépublicaine ont été, selon les historiens, fusillés avec le poète et jetés dans la même fosse commune: l’instituteur Dioscoro Galindo, défenseur de l'école laïque, ainsi que les banderilleros Francisco Galadi et Joaquin Arcollas, militants d'un syndicat anarchiste.

Se réclamant de la loi dite de la Mémoire historique votée par le Parlement espagnol en octobre 2007, les descendants de Dioscoro Galindo y de Francisco Galadi (le banderillero Arcollas n'a pas laissé de descendance) ont saisi la justice le 12 septembre dernier pour réclamer l'ouverture de la fosse.

Le dossier est entre les mains du célèbre juge Baltasar Garzon, persécuteur de bourreaux sud-américains tels que le (défunt) général Pinochet. C'est la décision de ce magistrat que Laura Garcia Lorca se dit prête à accepter, à contrecoeur s'il se prononçait pour l'exhumation, qui aurait sans nul doute un retentissement international.

Au-delà du cas particulier mais emblématique de la fosse commune du poète, le juge Garzon, sur instance de l'Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH), a requis depuis le 1er septembre de divers ministères et villes, ainsi que de l'Eglise, un gigantesque et inédit recensement de dizaines de milliers de disparus lors de la guerre civile de 1936-1939 et sous le franquisme. El Pais estime que cette initiative du juge, appuyée par le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero et décriée par l'opposition conservatrice, a contribué au revirement de la famille Garcia Lorca.

Pourquoi les profondes réticences familiales à l'égard de l'exhumation des restes de Federico?

"D'une part, la réalité de ne pas savoir exactement où il se trouve [la localisation de la fosse commune pouvant être erronée; ndlr]. En plus, dans le ravin [où se trouverait la supposée fosse commune] il y a entre 1.000 et 3.000 morts. Qu'en sera-t-il d'eux? Une exhumation partielle [limitée à la fosse présumée de Federico] dénaturerait le cimetière réel où gisent tant de victimes de la même répression... Marquer une différence entre les uns et les autres nous préoccupe" répond Laura Garcia Lorca à El Pais.

Elle ajoute: "A notre sens, il s'agit de la tombe définitive [de Federico], dans ce ravin et avec ceux qui l'accompagnent. Il ne nous plairait pas de le distinguer par dessus qui que ce soit. Il doit reposer là comme un de plus, par ordre alphabétique, uni aux autres... Sa gloire servirait à préserver le lieu et à éviter que les autres victimes tombent dans l'oubli".

La nièce du poète dit en outre "ne pas croire que les restes exhumés apporteraient de nouvelles données essentielles à la biographie" de Federico.

Elle redoute aussi que l'éventuelle exhumation "se convertisse en spectacle... Le cas échéant, nous voulons qu'on procède avec beaucoup de respect, en privé, dans l'intimité".

L'ouverture de la fosse "changerait les choses", au point de porter Laura Garcia Lorca à parler "d'autres possibilités", à savoir "l'emmener [Federico] à New York avec son père, à Madrid avec sa mère et ses soeurs... Répandre ses cendres en divers endroits où il vécut".

Mais la nièce du poète de conclure: "Nous voulons qu'il reste là [dans la fosse commune]. Il est mort ainsi, ils l'ont tué de cette manière et il est important qu'il reste là".








Auteur dramatique espagnol.

Parmi la cohorte de jeunes artistes que l'on désigne sous le nom de «génération de 1927», Federico García Lorca brille d'un éclat particulier : poète, dramaturge, dessinateur, musicien, il fait œuvre de novateur dans tous les domaines qu'il aborde. Son assassinat à l'âge de 36 ans en fait, en outre, un symbole de l'intelligence persécutée par la force aveugle des fanatismes.

 
L'Espagne, longtemps repliée sur elle-même, produit, à partir de la fin du XIXe siècle, des musiciens comme Albéniz, Granados et de Falla, des peintres comme Juan Gris et Picasso, auxquels se joindront, dans les années 1920, des écrivains comme García Lorca, qui contribueront à un nouvel âge d'or de la création en Espagne, brutalement interrompu par la guerre civile.


Le rossignol d'Andalousie

Ainsi sera surnommé Federico García Lorca par ses amis. Né à Fuente Vaqueros en 1898, il grandit dans la province de Grenade, où son père exploite plusieurs domaines. Auprès de ce père, doué pour la musique, et de sa mère, institutrice, Federico acquiert une bonne formation élémentaire et manifeste très tôt des talents littéraires et musicaux. Ses études secondaires seront, en revanche, à peine passables. Bachelier en 1915, il suit sans grande assiduité trois années de cours de droit à l'université de Grenade et se lance avec passion dans la littérature.

 
En 1916 et 1917, il visite la Castille, ce qui fournit la matière de son premier livre, publié à compte d'auteur en 1918, Impressions et paysages.

 
En 1919, il découvre la résidence universitaire de Madrid, dans laquelle il effectuera de nombreux séjours jusqu'en 1929, et où il se liera avec Salvador Dalí, Luis Buñuel, Jorge Guillén. À cette époque, il ne publie guère, même s'il écrit beaucoup de poésie et de théâtre, textes qui font l'objet de lectures publiques.

 
En 1921, après l'échec complet d'une première pièce jouée à Madrid, le Maléfice de la phalène, Lorca publie le Livre de poèmes et compose le Poème du cante jondo. L'année suivante, il participe, avec Manuel de Falla, à l'organisation à Grenade d'un concours de cante jondo.


Reconnaissance littéraire

L'année 1927 constitue une date décisive pour Lorca : il publie son recueil de Chansons et crée à Grenade, puis à Madrid, Mariana Pineda, avec, dans le rôle-titre, l'actrice catalane Margarita Xirgu. L'année suivante paraît un recueil de poèmes, tous écrits entre 1924 et 1927, le Romancero gitan. Désormais, Lorca est un auteur reconnu et apprécié dans toute l'Espagne.

 
De juin 1929 à janvier 1930, il effectue un séjour à l'université Columbia, à New York, avant de donner un cycle de conférences à Cuba, séjour qui lui fournira la matière d'un recueil, le Poète à New York, et pendant lequel, probablement, il écrit son œuvre théâtrale la plus ambitieuse, le Public.


La Barraca

De retour en Espagne, Lorca, désormais conférencier très recherché, se consacre à l'écriture poétique et théâtrale. En décembre 1930, Margarita Xirgu crée la Savetière prodigieuse, quelques mois avant la proclamation de la République (14 avril 1931). Lorca publie un texte déjà ancien, Poème du cante jondo, et lance le projet de la Barraca, théâtre universitaire itinérant financé par le ministère de l'Instruction publique, qui a pour mission de représenter des œuvres classiques espagnoles. La première tournée a lieu pendant l'été de 1932, dans la province de Soria, et la troupe restera sous la direction de Lorca jusqu'à l'été de 1935. Le public populaire, souvent illettré, fait meilleur accueil à ces représentations que la critique et le public bourgeois. L'écrivain achève Lorsque cinq ans seront passés, pièce inédite de son vivant, alors que le succès de sa carrière théâtrale déborde les frontières de l'Espagne. En 1933, il s'embarque pour Buenos Aires, où Noces de sang vient d'être créé avec succès. Accueilli triomphalement en Argentine, il y fait la connaissance du poète chilien Pablo Neruda.


Une trilogie théâtrale

De 1933 à 1936, alors que l'Espagne est gouvernée par une coalition de droite, la tension politique ne cesse de croître. Lorca achève Yerma – qui, après Noces de sang, constitue le deuxième volet d'une trilogie théâtrale – ainsi que son recueil poétique le Divan du Tamarit. La mort dans les arènes d'un ami torero inspire au poète son Chant funèbre pour Ignacio Sánchez Mejías (publié en 1938). Créée le 29 décembre 1934, Yerma fait l'objet d'une cabale de l'extrême droite. Mais Lorca déploie une activité inlassable : représentations de la Barraca, conférences, mises en scène de ses propres œuvres, ce pour quoi il séjourne à Barcelone de septembre à la fin de l'année.

 
En février 1936, une coalition des partis de gauche, le Front populaire, remporte les élections. Lorca, qui affiche sa sympathie à l'égard du nouveau gouvernement, achève sa trilogie avec la Maison de Bernarda Alba. Il s'apprête à accompagner Margarita Xirgu au Mexique, mais décide de passer auparavant quelques jours à Grenade. C'est là que le surprend la rébellion du 18 juillet. Arrêté, il sera fusillé sans jugement, le 19 août, près du village de Víznar.


Le poète

Les premiers recueils poétiques de García Lorca sont placés sous le signe de la tradition populaire, même si la facture révèle l'influence d'une certaine modernité. Le Livre de poèmes contient des pièces qui rappellent le style d'Antonio Machado. Y percent des tonalités romantiques et une sensualité diffuse, qui annoncent la poésie ultérieure. Le Poème du cante jondo est un hommage à un art du chant spécifiquement andalou, où le poète puise modèles strophiques et thèmes d'inspiration. C'est, à ses yeux, l'art le mieux fait pour chanter l'amour et la mort, dans une vision panthéiste du monde. Il poursuit dans cette veine avec son Romancero gitan, hommage à toute l'Andalousie, remettant à l'honneur une forme poétique créée à la fin du Moyen Age, composée d'octosyllabes assonancés aux vers pairs.


Le monde qu'il présente est sombre, rempli de violence et de cruauté, la Guardia civil étant présentée comme une force de répression aveugle. Ce recueil a donné lieu à des interprétations folkloristes, que les amis surréalistes du poète lui reprocheront violemment et dont il se défendra lui-même. La réponse à ces accusations doit être trouvée dans le Poète à New York, où l'auteur, s'inspirant d'une réalité totalement exotique pour lui – l'Amérique anglo-saxonne ou Cuba l'Africaine –, cisèle un langage métaphorique d'une très grande rigueur, souvent même d'un volontaire hermétisme, et où une «Ode à Walt Whitman» est l'occasion pour l'auteur de laisser paraître clairement son homosexualité. Avec le Chant funèbre à Ignacio Sánchez Mejías, il compose une déploration aux accents antiques, dans laquelle il narre, avec une profonde émotion, la mort de son ami torero. Enfin, dans le Divan du Tamarit, il cherche à retrouver l'inspiration propre à la poésie arabo-andalouse, qui fleurit dans le sud de l'Espagne jusqu'au XIIIe siècle.

Le dramaturge

Avec le théâtre, Lorca associe plusieurs registres de son talent : l'écriture, le dessin et la musique. Il n'a jamais cessé de pratiquer le théâtre de marionnettes. Sa première œuvre publiée, Mariana Pineda, drame héroïque en vers, constitue une exception dans sa production. Il préférera traiter des sujets poétiques ou des drames inspirés de la réalité sociale de son temps. Enfin, l'écriture théâtrale lui donne l'occasion de repenser les normes du genre, qu'il estime dévoyé par ses contemporains.


L'écriture théâtrale

Aucune des pièces de Lorca ne doit être sous-estimée, même lorsqu'elle se présente sous des apparences modestes ou futiles. La Savetière prodigieuse est une fable sur le thème de la jeune épouse qui rend la vie impossible à son vieux mari, qu'elle aime pourtant. On y retrouve une veine populaire du meilleur aloi. Le même thème est repris dans les Amours de don Perlimplín avec Bélise en son jardin, mais dans une tonalité plus tragique, puisque le vieux mari, rendu impuissant par l'âge, s'invente un jeune rival, qu'il feint de tuer, avant de se tuer lui-même, alors que Bélise l'aime, mais trop tard. Le Public et Lorsque cinq ans seront passés constituent les tentatives les plus poussées de Lorca pour approfondir l'essence de l'écriture théâtrale. Dans la première pièce, il défend le principe d'un théâtre de la vérité, celui qui montre les choses qui sont «sous le sable», par opposition au théâtre à l'air libre que défend l'un des personnages, le Directeur. La seconde pièce se déroule dans une atmosphère onirique qui rappelle l'expérience surréaliste. Elle présente une structure plus facilement représentable que celle du Public. L'auteur y exprime son angoisse du temps qui passe et son incapacité à aimer les femmes. Doña Rosita, la vieille fille, pourrait être considérée comme une illustration du thème de Lorsque cinq ans seront passés appliqué à la femme : délaissée par son fiancé, elle se fane à la manière d'une rose. Commencée sous le signe du rire, la pièce se termine dans une atmosphère de tristesse profonde sans pour autant atteindre à la dimension tragique de la précédente.

 
Un cycle réaliste

Noces de sang et Yerma appartiennent à un même cycle. Avec elles, Lorca renoue avec le réalisme. Yerma illustre la tragédie de la paysanne qui, n'ayant pas d'enfant, ne voit pas de sens à sa vie. Elle est stérile parce qu'elle et Juan, son mari, ne s'aiment pas vraiment. Mais son honneur lui interdit d'avoir des relations avec le seul homme qu'elle aime. L'épilogue – l'assassinat de Juan par la femme stérile – rejoint le paradoxal soulagement que ressent la mère du marié de Noces de sang, que la mort de son dernier fils libère de toute angoisse à venir. Dans la Maison de Bernarda Alba, le dramaturge trace un tableau de la vie dans un village andalou, à travers les conflits qui éclatent dans une maison peuplée uniquement de femmes, sur lesquelles règne une mère tyrannique. Adèle, qui tente d'échapper à cette prison, finira par se suicider.

Federico García Lorca aborde tous les genres avec le même désir d'innover, sans tomber dans le piège de la mode. Le caractère parfois mondain de son existence cache un grand sens du devoir à l'égard de ses contemporains, qui le pousse à promouvoir l'authenticité dans la création, ce qu'aurait sans nul doute confirmé la maturité d'une œuvre trop tôt interrompue.










http://213.139.108.166/actufr/articles/118/article_86104.asp
Le mystère Garcia Lorca
par Heike Schmidt


Article publié le 29/10/2009 Dernière mise à jour le 29/10/2009 à 20:24 TU

A l’abri des regards, sous un chapiteau blanc, trois archéologues tentent depuis ce jeudi, 29 octobre, d’élucider le mystère qui entoure la mort du poète espagnol Federico Garcia Lorca (1898-1936). Pendant les deux mois de fouilles, des gardes empêcheront tout accès aux travaux pour respecter l’intimité des familles des victimes. Le poète, le plus célèbre disparu de la guerre civile espagnole, reposerait avec au moins trois autres personnes, fusillées avec lui en août 1936, dans une fosse commune à Alfacar, dans le sud de l’Espagne, près de Grenade.

L'Association pour la Récupération de la Mémoire historique (ARMH) prépare le parc Federico-Garcia-Lorca où des fouilles doivent être menées cette semaine.(Photo : Reuters/Pepe Marin)

L'Association pour la Récupération de la Mémoire historique (ARMH) prépare le parc Federico-Garcia-Lorca où des fouilles doivent être menées cette semaine.


Clôtures métalliques, bâches isolantes et nombreux gardes de sécurité protègent le site des fouilles, perdu dans une pinède dans le parc Fuente Grande en Andalousie. Depuis la fin de la guerre civile en 1939, la fosse d’Alfacar a gardé son secret. Est-ce bien ici que Federico Garcia Lorca repose, à côté d’un maître d’école et de deux anarchistes, victimes, comme lui, d’insurgés franquistes ? L’un des fossoyeurs réquisitionnés, Manuel Castilla, l’avait confirmé dès 1955 : le poète serait enterré « près d’un olivier, à une dizaine de mètres de la chaussée ».

La famille s’oppose aux fouilles

Pour garder le mythe intact, la famille Lorca s’est toujours opposée à son exhumation et à son identification. Début octobre, cette famille s’est finalement déclarée d’accord pour donner son ADN afin d’identifier leur proche et disposer de ses restes, le moment venu.

Certains historiens avancent la thèse selon laquelle la famille sait  depuis longtemps que les ossements du poète ne se trouvent plus dans la fosse commune. Le père de Federico Lorca aurait pu, en secret, transporter le corps de son fils dans la résidence d’été de la famille, la Huerta de San Vicente à Grenade, où il reposerait encore aujourd’hui, dans la cour de la maison-musée, sous un noyer planté à l’époque de sa mort.  

« Lorca, ce n’est qu’un corps de plus »

70 ans après la fin de la guerre civile, les fouilles pourraient mettre un terme aux hypothèses et aux légendes qui entourent la fin tragique de Federico Garcia Lorca, même si c’est à la demande des familles des autres victimes que sa sépulture sera ouverte. « Les gens veulent savoir où se trouvent leur parent pour fermer leurs blessures », explique la présidente de l’Association de récupération de la mémoire historique de Grenade, Maribel Brenes : « Lorca, ce n’est qu’un corps de plus ».

En effet, la loi dite de « Mémoire historique », votée en 2007, permet aux familles des disparus et des victimes du régime franquiste de récupérer les restes de leurs parents ou grands-parents. Sur la base de cette loi, le gouvernement d’Andalousie a donné l’autorisation aux trois archéologues de lancer les recherches.

Tous les ossements retrouvés à Alfacar seront analysés au laboratoire médico-légal de l’université de Grenade et comparés aux ADN fournis par les descendants des victimes reposant dans la fosse. Le rapport final est attendu dans trois mois au plus tôt.

Certains Espagnols regrettent l’intérêt médiatique que suscite la saga à rebondissement de la tombe de Federico Garcia Lorca, au détriment des autres victimes de la même époque. Selon l’Association de récupération de la mémoire historique, 11 000 personnes sont portées disparues dans la seule région de Grenade. Dans toute l’Espagne, elles seraient 130 000.
   








Federico Garcia Lorca divise l'Espagne

 Laura, la nièce du poète, veut que la fosse où repose son corps soit protégée comme un cimetière. Et que son histoire n’occulte pas celles des autres suppliciés enterrés à ses côtés

De notre envoyée spéciale en Andalousie Flore Olive - Paris Match
«Quand Federico apparaissait, il ne faisait ni chaud, ni froid, il faisait Federico», disait de lui le poète Jorge Guillen. Federico Garcia Lorca a été fusillé le 18 août 1936, à l’aube, entre les villages d’Alfacar et de Viznar.
Il doit faire chaud et moite ce matin-là, sous le soleil écrasant de l’été andalou. Au loin, par-delà les collines couvertes d’oliviers, Lorca doit apercevoir Grenade, scintillante au pied de la Sierra Nevada. Peut-être la conscience de son destin tragique lui inspire-t-elle des vers. Avec lui, dans le camion qui le mène à la mort, trois hommes dont il ne sait rien, un maître d’école, Dioscoro Galindo, et deux activistes anarchistes, toreros à l’occasion, Francisco Galadi et Joaquin Arcollas Cabezas. Tous les quatre reposent ensemble au pied d’un olivier. Quelque part, dans ce ravin de Viznar, au bord de la route, sous la terre sèche couverte de thym et de romarin. Autour d’eux, des milliers d’anonymes, jetés là, à l’aube d’autres matins, durant des années.
On ne parlait pas de Federico «pour se protéger de la douleur»

Laura Garcia Lorca de Los Rios avait 6 ans lorsqu’elle entendit pour la première fois les mots de son oncle, déclamés par un acteur de la troupe de théâtre animée par ses parents, professeurs à l’université de Columbia, aux Etats-Unis. La petite fille a été émue. Elle ne savait pas que son père était le frère d’un poète «qui avait écrit cette chose si extraordinaire». Elle a compris alors que Federico était le «disparu» dont la perte créait cette «sensation d’absence à la maison», ces «moments de tristesse et de tragédie». Il était celui dont on ne parlait pas, «pour se protéger de la douleur». Laura est née aux Etats-Unis, où s’était d’abord installé son grand-père maternel, Fernando de Los Rios, ancien ministre et ambassadeur de la République à Washington. Les Lorca ont traversé l’Atlantique pour l’y rejoindre, dès qu’ils ont pu quitter l’Espagne, dans les années 40.

Dans la famille, on raconte que lorsque le bateau a quitté le quai, Don Federico, le père de Federico Garcia Lorca, aurait déclaré: «Je ne foulerai plus la terre de ce foutu pays.» Il y laissait un fils et un beau-fils, tous les deux exécutés. Laura a toujours su qu’elle était née à New York parce que la guerre avait été perdue. «J’ai grandi dans un monde où les idéaux de la République étaient toujours vivants, dit-elle. Mais nous n’avions pas seulement perdu une guerre, nous avions aussi perdu l’avenir de l’Espagne.» Federico Garcia Lorca fut arrêté chez un ami d’enfance phalangiste, Luis Rosalès, un mois, jour pour jour, après son arrivée à Grenade et le début de la guerre civile. Il se sentait en sécurité, caché dans cette famille de hauts responsables du parti nationaliste d’extrême droite. Le poète n’était pas un activiste, mais un intellectuel, homosexuel déclaré, fils d’un riche propriétaire terrien. Un esprit libre, subversif, et donc, un condamné.

Le jour de l’exécution, un jeune homme a longtemps suivi le camion qui conduisait au supplice Lorca et ses compagnons. Jusqu’à ce que les militaires lui ordonnent de faire demi-tour. Ce jeune homme de 27 ans s’appelait Antonio Galindo Monge, et l’homme assis dans le fourgon près de Lorca était son père, Dioscoro Galindo. Un maître d’école de campagne, partisan de la laïcité, rien d’autre. Etudiant en médecine, Antonio est ensuite devenu médecin capitaine côté républicain. A la fin de la guerre, il a été emprisonné. Passé à tabac tous les jours parce qu’il était le fils de Galindo, le «maestro rojo», le maître rouge.
«Il ne s’agit pas seulement d'ouvrir une tombe»

Nieve, la fille d’Antonio, se souvient du mutisme de son père, «toujours triste, éteint», apeuré, terrorisé par le passé. Après la prison, il était parti à Madrid pour travailler comme maçon, livreur, chauffeur. Pour se faire oublier, il n’a jamais osé réclamer son diplôme de médecine à l’université de Grenade. «Il avait sans cesse peur qu’on vienne le chercher», dit Nieve. Son drame, Antonio l’a raconté à sa fille «en secret, à la maison». Nieve voudrait que l’histoire «soit écrite telle qu’elle est». Elle a fait des recherches, aidée par les associations pour «la reconstruction de la mémoire historique». Le village où son grand-père était instituteur lui a proposé d’offrir une sépulture au maître d’école. Ses proches ont considéré que reposer aux côtés d’un personnage aussi illustre que Lorca était un honneur, qu’il ne fallait pas «désunir» ces quatre hommes, mais plutôt mettre une plaque là où seraient localisées leurs dépouilles. Il faut situer précisément le lieu où gisent leurs restes. Puis les exhumer, identifier les corps. Nieve Galindo a donc déposé une demande en ce sens auprès des tribunaux locaux, rapidement suivie par la famille Galadi. Dans un premier temps, la famille Lorca s’est opposée à l’ouverture de la fosse. Avant de s’y résoudre. En Espagne, le cas a fait polémique. Nieve a reçu des lettres dans lesquelles il lui est reproché de vouloir remuer le passé. Certains voient en elle une profanatrice de tombes.

La famille de Laura a été accusée de «fascisme» ou «d’homophobie» parce qu’elle a d’abord refusé l’exhumation. «Ici, explique Laura, une idée fausse circule: ouvrir une fosse serait un acte progressiste et ne pas l’ouvrir, un acte conservateur. Ne pas vouloir bouger la terre, ce n’est pas refuser de faire bouger l’histoire. Nous voulons que l’histoire se raconte, qu’on sache qui sont ces morts. Il ne s’agit pas seulement d'ouvrir une tombe.» «C’est une question intime, ajoute-t-elle. Très personnelle et, d’un certain point de vue, irrationnelle.» Laura craint que la célébrité de son oncle ne brise l’atmosphère de recueillement nécessaire à une telle démarche. Elle se demande ce que deviendront tous les autres corps… Les sans-noms.
Le père de Julio était l’un de ces «autres»

Deux sites pourraient abriter les restes de Federico Garcia Lorca et de ses compagnons. Il existe au moins neuf fosses dans le ravin de Viznar. Aucune n’a été ouverte. A l’emplacement de l’une d’entre elles, une stèle dit: «Lorca eran todos» («Lorca était chacun d’entre eux»). «Je préfèrerais qu’il y ait tous les noms, par ordre alphabétique, explique Laura. Que celui de Lorca ne se distingue pas des autres.»

Le père de Julio était l’un de ces «autres». La tête baissée, l’air pensif et mélancolique, il remonte lentement le chemin de randonnée qui longe le ravin. José Romero, le père de Julio, est quelque part, sous les broussailles. José était paysan. Père de cinq enfants. Il a été dénoncé et arrêté en 1940. Exécuté en janvier 1941. Avant de passer devant le peloton d’exécution, le père de Julio a écrit une lettre, d’une main tremblante. L’écriture est presque illisible, saccadée. «Je veux que tu marches la tête haute, dit-il à sa femme. Je ne suis pas un assassin. Je n’ai rien fait que travailler.» Julio avait 3 ans. Lui et sa mère ont été jetés en prison.

Lorsqu’ils en sont sortis, il avait 6 ans et des inconnus occupaient leur maison. Alors, ils se sont abrités dans une grotte, près d’un village, et Julio a grandi là, jusqu’à l’adolescence. Il a tout de même passé avec succès l’examen des chemins de fer, mais il n’a pas été admis. «J’étais “fils de républicain”, explique-t-il. Je n’avais plus aucune chance.» Il est parti en exil, en France, pendant quarante ans. Puis il est rentré à Grenade. Lorsqu’il a découvert le papier jauni des lettres conservées par sa sœur, Julio a eu envie de savoir. Où était son père. Ne serait-ce que cela. Au pied de quel olivier, de quel pin, sous quelle pierre. Pour y parvenir, il va devoir se battre pour avoir aux accès aux archives difficilement accessibles, ou délivrées avec mauvaise volonté. Il lui faudrait entamer une démarche devant les tribunaux. Julio hésite à s’y résoudre. Pour le moment, seule sa quête lui importe. L’hommage à son père.

«Nous aimerions que cet endroit soit protégé, comme un cimetière, dit Laura. Que ce soit cela, la mémoire historique. Parce que l’histoire, c’est ça: des milliers de personnes ont été fusillés. Dans ce ravin, ils sont tous égaux. Tous victimes de la même barbarie.»







Federico Garcia Lorca :
un héros pour le monde hispanique


Federico Garcia Lorca est une figure emblématique de la culture hispanique mondiale. L'Espagnol de Fuente Vaqueros (près de Grenade) fut un être plein de passions, un artiste accompli qui savait écrire aussi bien en prose qu'en en vers, peindre comme jouer du piano, composer des pièces de théâtre comme de la musique. Multiformes, Federico Garcia Lorca vécut intensément une
vie passée trop rapidement sur terre – aux yeux de beaucoup il est une gloire et un héros national, au même titre qu'un Picasso ou un Buñuel. Federico Garcia Lorca est né au début du mois de juin 1898 dans un village de paysans et est décédé en août 1936 à Viznar, toujours en Andalousie, dans la région de Grenade. On connaît mal la jeunesse de l'artiste, hormis que sa famille était composée de gens de la terre aux revenus aisés. Le garçon naît et reste fort actif et gardera d'ailleurs un appétit bouillonnant pour la vie et l'art tout au long de ses courtes mais intenses trente-huit années de vie. Très jeune, la grand-mère de la famille lui donne un amour irrépressible pour la musique, un goût pour les sons et mélodies qu'elle tente d'inculquer à tout le monde. Federico Garcia Lorca en sera profondément marqué et son oeuvre en subira l'impact. Son premier recueil de poèmes, « Impressions et paysages » est publié en 1918. Il est dédicacé à son professeur de musique, c'est dire l'importance de cet art dans son Oeuvre. Avec son père, il se représente même sur scène. Son talent pour le piano et son esprit font sensation et il est discuté un temps de l'envoyer à Paris pour se parfaire. Il est amoureux du folklore andalou et se fait l'ami du compositeur Manuel de Falla – un maître du flamenco. Federico Garcia Lorca devient un spécialiste du flamenco et combattra sans cesse pour faire de cette culture artistique un symbole national – l'Espagne lui doit cela ! Par la suite, il découvre la musique classique et apprend à jouer de la guitare flamenco avec des Gitans. Mais le jeune homme, amoureux de son Pays, quitte le village pour rejoindre la capitale et son riche vivier d'artistes. Il y devient l'ami du réalisateur Luis Buñuel et du peintre Salvador Dali. Federico Garcia Lorca rencontre également le directeur d'un théâtre, pour qui il rédige sa première pièce de théâtre... qu'il met en scène : il n'a que 21 ans. Mais la pièce est mal accueillie, raillée même et l'artiste en gardera un goût amer dans la bouche. L'Espagnol ne devra se remettre au théâtre que quelques années plus tard. Il prend donc à bras le corps son souhait de porter le populaire flamenco au devant de la scène et organise, avec une assemblée d'autres intellectuels connus sous le nom de Génération de 27, le premier concours du genre en 1922 : il rend au flamenco ses lettres de noblesse et redonne un sentiment de fierté au peuple hispanique. Artistiquement parlant, tout semble aller pour le mieux mais sa difficulté à cacher son homosexualité le plonge dans la dépression... Un regain de vigueur et de notoriété surgissent quand paraissent ses « Chansons » et quand sa pièce « Mariana Pineda » est acclamée. Le succès continue quand le « Romancero Gitano » en 1928 est publié, car l'auteur est dès lors célébré tel un dieu par la presse comme par la population. L'ouvrage connaîtra sept réimpressions successives : un vrai best-seller ! Seulement, quand ses amis Buñuel et Dali collaborent pour réaliser le premier film du mouvement Surréaliste, « Un chien andalou » en 1929, Federico Garcia Lorca le prend mal, comme si on l'attaquait personnellement. Il est fou d'un sculpteur qui ne s'intéresse pas à lui et qui épousera une femme quelques temps plus tard. Mais l'artiste est invité aux Etats-Unis pour un cycle de conférences. Son rejet de la société américaine lui fera produire des textes nationalistes et vindicatifs ou encore des oeuvres d'avant-garde. Rentrant en 1930, Federico Garcia Lorca devient directeur de la compagnie de la Baracca. Puis il assiste à la chute du dictateur Primo de Rivera et au commencement de la guerre civile : il retourne à Grenade. Sans peur des insurgés, il est arrêté et fusillé le 19 août 1936, pour son homosexualité et son corps subit des outrages inhumains pour la cause... Jusqu'en 1953 le général Franco bannit son oeuvre et jusqu'au décès du dictateur, il fut interdit de discuter de Federico Garcia Lorca. Une statue lui est dédiée sur la grande place de Madrid.

Contributions de Jonathan


16/01/2011
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