Alain YVER

Alain YVER

FILIP CHRÉTIEN

FILIP CHRÉTIEN


IL y a des artistes qu'ils ne faut pas rater, c'est péché ! la bonne musique ce fait rare de nos jours, comme toutes les bonnes choses, il faut fouiller, éplucher, trouver autre chose que tout ce que l'on nous propose disait Bill Deraime il y bien 30 ans de cela. Alors bonne route PHIL, vivement le prochain alboum.

 

AY

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5 mars 2014 / Filip Chretie “Dia A Dia” (Autoproduction)
rédigé par Greg Bod




Je ne sais pas comment vous faîtes mais moi quand je sens les choses qui se délitent sous moi, je me tourne vers des musiques de désespoir... Je me sens alors en communauté avec les mots d’un Pascal Bouaziz, d’un Matt Elliott ou d’un Tim Hardin avec lesquels je me sens en gémellité par delà la barrière des langues... Ne se sauve t’on pas du néant, de la désagrégation en l’affrontant ? Quel réconfort paradoxal à se confronter aux douleurs d’un autre ? Recherche t’on la catharsis, une forme de rédemption à se confronter à ces tristesses frontales ? Est-ce traduire, est-ce dire l’indicible ?

Mais parfois même ces combats comme des exorcismes ne fonctionnent pas ou plus, ne suffisent pas ou plus... Ou aller chercher l’appui, le soutien ? Dans l’ivresse ? Dans l’irraison ? Dans les faux-semblants ? Dans les mirages ? Dans les mesquineries des autres ?

Parfois, la solution se trouve tout à côté de vous, chez cet artiste comme le bon copain, le voisin d’en face, le "boy next door" comme ils disent dans la langue de Dylan... Celui de la porte d’en face... Celui à l’oreille toujours attentive, toujours là... Ce bon ami, celui qui a compris, celui qui est là tout le temps, dans les moments de désespoir, ceux de joie et ceux de tous les jours... Filip Chretien est de ceux-là, ces bons copains, toujours présents, toujours là, qui se refuse à penser que la vie n’est que noir et blanc, elle est pleine et multicolore... Filip Chretien est de ceux-là, ni triste ni gai, comme un Alex Beaupain ou un Pierre Bondu en camaraderie...

"La pluie qui tape sur les carreaux
sa mélodie
derrière les murs bien au chaud
bien à l’abri
ce temps m’invite à la paresse..."

On trouve chez le rennais cette même volonté de "naturalisme symbolique", curieux mélange si cher à Miossec.. Parfois, vous penserez à la voix trainante de Daniel Darc ("Le plus clair de mon temps"). Chez Filipp Chretien, on sent cette volonté de coller au quotidien , de nous parler de nos jours de tous les jours ("Lisa").

Puis d’un coup arrive la voix de Montand dans "Clair de femme", ce film de Costa-Gavras de 1970, tout se cache alors dans la suspension des points, dans les espaces étirés ("Septembre")...

Je ne me l’explique pas mais à l’écoute de "Dia A Dia", je pense au "Jolie" de Bill Prichard cet album de1991 au pessimisme radieux... Peut-être le pourquoi du comment est à chercher du côté lumineux, dans cette fraîcheur doucereuse et jamais béate, par ce regard comme aveuglé ("Le Chemin").

Filip Chretien est de ces artistes qui avec désinvolture et calme balaient les scories, ces trop pleins d’en nous-mêmes ("Si Tu Savais")... Ce "tu", ces mots simples, ces murmures qui pénètrent en nous comme un corps que l’on saisit avec cette impatience des premiers instants que l’on n’oublie jamais...

Filip Chretien, c’est comme ils disent en anglais le "boy next door", le chanteur qui invite sur son disque la baby-sitter de ses enfants dans un dialogue comme un dépôt de bilan ("Tout va bien")... Pourtant, la noirceur n’est jamais loin ,il faut la saisir dans les "assez bien" et les "plutôt mal"...

Percevez-vous des images quand vous écoutez de la musique ? Moi, oui, vous savez ... Ces successions de jour qui défilent tellement vite dans ces vieux films d’anticipation avec ces voyages dans le temps, et ces nuits qui suivent aux jours, les jours aux nuits dans un balancement frénétique ("La Rayure").

La musique de Filip Chretien est référencée, certes, mais n’y relevez pas un défaut mais plus la volonté de participer à une continuité, d’être de ces familles - là ... Un Murat qui aurait réappris l’empathie et oublié le cynisme ("Avant l’orage")

Avez-vous déja revu ces vieilles photos de vous enfant ? Ces vieux polaroids qui vous font mal ? Cette nostalgie que vous fuyez ? Ce refus de faire basculer le regard vers ces moments là passés... ("Dia A Dia")....

Je ne connais pas Filip Chretien mais je sais que je tiens là un compagnon, un de ceux qui vous protègent de ces moments, de ces envies où tout s’évapore, où tout s’érode...


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Filip Chrétien
Día a Día  (Autoproduit)  mars 2014


Filip Chrétien partage avec Orso Jesenska et son superbe un courage inutile plus qu’une pochette aux herbes folles ployant sous le vent. Il n’y a jamais ni hasard ni coïncidences, ces deux disques se ressemblent. Enfin par forcément musicalement, quoique, mais ils ont tous les deux cette poésie de l’intime, cette façon tout en modestie de nous toucher profondément.
Il y a dans la musique de Filip Chrétien, cette classe toute en retenue, cette légèreté qui nous rend si vulnérable à sa musique. Pour cela le Breton, que l’on imagine d’une gentillesse incroyable, n’en fait pas des tonnes, sa musique ne se cache derrière aucun effet pop moderne, derrière aucun artifice, aucune posture mais, au contraire, elle affiche quelques fines mélodies, des arrangements simples mais justes. Le tout avec des paroles sombres mais qui n’ont rien de plombantes et cette façon d’utiliser le je pour parler de nous, jour après jour…
On pense parfois à Tue-Loup pour les atmosphères, aux premiers Miossec mais sans l’alcool, à un Darc ou un Murat, mais sa musique lui reste personnelle. On pardonnera facilement à ce Día a Día son parfois relatif manque de corps. Facilement oui, car rares sont les disques qui font cet effet, le même que celui du souvenir d’un doux baiser volé à une prime jeune fille dans les herbes folles.
 
Le Noise (Jérôme Gillet)
       
//www.froggydelight.com/article-14780-Filip_Chretien.html







Rencontre avec Filip Chrétien

« je suis cet album et cet album est ce que je suis »

Par : Mr Blue


C’est un peu par hasard que j’ai découvert l’univers de Filip Chrétien. C’est en totale connaissance de cause que je suis devenu fan du bonhomme. Encensé pour son dernier album Dia a dia, apprécié pour sa plume, il était temps de l’entendre parler de lui. Rencontre.

Salut Filip. Petit retour sur ton parcours. Tu as sorti un premier album en 2007 intitulé “Sur un banc vert, normal” et un EP en 2011 “Toujours d’accord”. Pourquoi ce temps avant la sortie de “Dia a dia” cette année?
Ça été une grande période de réflexion. J’avais envie d’évoluer et je ne savais pas comment. Je n’ai pas arrêté pour autant de travailler, d’enregistrer des pistes, d’écrire des titres. Tout ça est resté dans les cartons pendant très longtemps car je n’étais pas satisfait du résultat. Il me manquait quelque chose.
Et l’élément déclencheur?
A un moment, j’ai proposé à mon frère, Nicolas, de participer à mon projet. Du coup il a apporté d’autres couleurs, d’autres sensibilités que je n’avais pas l’habitude d’entendre. Cela a eu pour conséquence de réveiller, de sortir de l’armoire toutes ces chansons que je pensais perdues.
La venue de ton frère a-t-elle joué au rajout patronymique pour ton nom de scène? Tu signais Filip prélablement, et maintenant Filip Chrétien.
C’est quelque chose de plus profond que cela. Ça va avec un moment décisif dans ma vie où j’ai eu envie de ne plus me cacher derrière une image qui n’était pas vraiment moi. Je voulais me mettre à nu, être de nouveau moi-même. D’une certaine manière, à une époque, celle de mes premiers albums, je me cherchais. J’écoutais beaucoup de musique, j’essayais plus de m’identifier aux groupes et artistes que je suivais que de proposer ma propre création. Puis le déclic est arrivé. Je voulais enfin faire la musique qui me correspondait, tout simplement. J’ai fait cet album dans cette optique, l’effet en est rajouté par l’arrivée de mon frère. Dia a dia est vraiment un disque que j’assume et que j’ai pensé, réalisé, fabriqué, sans me préoccuper du qu’en-dira-t-on. Dia a dia est de mon ADN.

Tu viens de dire que tu te cherchais, que tu étais très influencé par tes différentes écoutes à l’époque. Cela se retrouve dans tes productions. Je trouve Dia a dia plus personnel, plus cohérent, peut-être plus réfléchi dans son ensemble.
En effet, je me suis retrouvé sur cet album. L’unité et la cohérence viennent aussi du fait que tout a été enregistré dans “ma” petite pièce, dans ce 9m². Je n’ai pas été en studio ni où que ce se soit ailleurs. Tous les instruments sont là avec moi. Mon frère a été là tout le long aussi. Cela participe à cette cohérence.
Cette relation singulière que l’on peut trouver entre frères dans la vie privée, se retrouve t-elle aussi sur cet album?
A ce point de vue je pense que cet album a eu un double impact, artistique et personnel, dans la relation avec mon frère. On s’est vraiment retrouvé après toutes ces années où on a fait finalement que de se croiser. De ça j’en suis heureux et fier.
La vie d’un homme peut influer sur la vie de l’artiste. C’est vraiment ton cas ici.
Cet album fait partie de moi comme je fais partie de lui. Cet album je l’ai vécu intensément et physiquement. La gestation des chansons a duré environ un an et demi, l’enregistrement a duré six mois. J’ai un autre métier à côté, j’ai donc du travailler les chansons sur mes temps libres. J’ai longtemps fait des doubles journées pour que cet album puisse voir le jour, il a vécu à mes côtés. Il est ce que je suis.
Avec le temps passé sur ton autre travail, il t’a été dur d’écrire, de composer? Comment tu te réservais un créneau pour cela?
En fait je n’avais pas vraiment d’horaire. Comme pour beaucoup d’autres, ça peut être à des moments impromptus, dans la nuit, tôt le matin, après une fête avec des amis etc. Tu prends un bout de papier et tu notes vite avant d’oublier, tu enregistres des idées, des mots-clés, un peu comme tu le peux pour prendre plus tard le temps de développer la chose.
Revenons à l’album. J’ai vu sur tes précédentes productions des prémisses de Dia a dia. Les titres “Une vie imaginaire” et “Les mots évidents” y font échos, le premier pour la ligne mélodique, ton phrasé, le second titre pour les thèmes abordés, le temps (celui qui passe comme celui du ciel) et la relation à l’autre. Par exemple sur ton nouvel opus, tu mentionnes beaucoup de mois, notamment ceux de l’automne.
Je pense que tout cela participe à l’inconscient. Effectivement une fois qu’il a été terminé je me suis rendu compte de cela, à savoir l’utilisation des mois, l’image de l’automne et de l’hiver et les sensations accolées à ces saisons. Rien n’a été calculé de la sorte. Il est néanmoins clair que mon mois préféré est celui de septembre. Je ne sais pas trop pourquoi, pour la lumière, pour la fin de l’été, pour une douceur prégnante qui s’achemine vers une certaine dureté de la vie. Un peu tout ça je pense.
D’ailleurs la photo de la pochette date de septembre?
Non plus d’août à mon avis.
Tu peux nous parler de cette photo alors?
Cette image correspond à un paysage qui m’est cher, un endroit où j’ai passé toutes mes vacances. C’est le golfe du Morbihan. C’est une région dont je suis tombé amoureux. Pour moi cette photo, c’est un peu tous les paysages de mon enfance. D’ailleurs à l’intérieur de la pochette il y a également une photo de moi jeune, avec mon frère. Cela fait aussi écho avec ce dont on parlait tout à l’heure. Cet album c’est moi dans ce que je suis et ce que j’ai vécu et cet album c’est le retour du partage avec mon frère. Il est donc vraiment important pour moi.
Pour revenir sur le thème du temps. Au delà de l’aspect chronologique ou météorologique, ce temps c’est aussi celui de l’acceptation, de la construction, le temps dans les rapports humains en quelque sorte. Tu penses raconter ce genre d’histoire?
En fait je ne suis pas un auteur à proprement parlé. Je ne suis pas prédisposé à écrire des chansons. J’écris des bouts de phrases, d’images, accompagnées par un instrument. Je suis incapable d’écrire une chanson de A à Z en un seul trait. Souvent je trouve un bout de refrain, un bout de couplet, j’essaie de trouver des mots qui sonnent et après je construis autour. Je trouve des ponts sonores ou textuels entre ces bouts sans pour autant vouloir raconter une histoire. J’aime bien la notion de trame. Je propose une idée générale et je laisse le temps et le loisir aux personnes de se raconter leur propre histoire à partir de cette trame, de s’identifier aux textes.
Ton album, c’est un peu un story-board en ce sens?
Un peu. Moi à la base je suis un amoureux du cinéma. J’adore par ailleurs monter des images, y adjoindre de la musique, sans pour autant finaliser là aussi, pour laisser loisir aux gens de s’approprier tout cela.
Ton goût pour le cinéma se retrouve sur le titre “Septembre” où on entend un dialogue du film “Clair de Femme” de Costa-Gavras. Tu es férut du cinéma de cette époque, des années 70 ?
Oui le cinéma de cette décennie me plait énormément. Les vieux films avec Montand, Romy Schneider, Delon et d’autres. Ces films où la relation à l’autre est exprimée et magnifiée, dans le bon comme dans les déchirures sentimentales. Tout cela me parle.

Tu aimes jouer sur les images donc. Et sur les sonorités? Si on prend le titre de l’album, Dia a dia, on pourrait se faire avoir par une sorte de mirage phonétique et entendre “adieu”. Est-ce un effet voulu également?
Oui et non. Oui j’aime jouer avec les mots mais non pour le titre. En fait cela vient aussi d’une anecdote personnelle. Il y a une jeune femme qui chante sur mon disque, notamment sur “Tout va bien”. Il s’agit de Caroline Daix. Et Caroline était en fait la baby-sitter de mon fils. Un jour elle m’a montré qu’elle savait chanter. Du coup sur mon premier album, c’est déjà elle qui faisait tous les choeurs. Elle est partie en Espagne depuis mais on a gardé de très bons contacts. Un jour, elle me rappelle juste avant que je fasse cet album et me demande un titre sur lequel on chanterait tous les deux. Le moment où elle est arrivée pour l’enregistrement je n’avais toujours pas écrit la chanson. On fait la soirée en se racontant nos vies respectives. De fil en aiguille, la discussion qui en a découlé fut un peu la trame de ce titre “Tout va bien”. Du coup, le lendemain matin, j’avais enfin en tête et en mots le titre que je cherchais, du moins les refrains. J’ai écrit les couplets par la suite. Quand elle est revenue un mois après, je finalisais l’album, j’avais écrit la chanson Dia a dia. Dia a dia fait écho à ma vie où j’ai vu partir beaucoup de gens dans mon entourage. J’ai demandé à Caroline de me rapporter un peu de soleil dans tout ça en reprenant ces trois mots sur ce titre. C’est en l’entendant chanter que je me suis dis qu’il s’agirait du nom de l’album.
Pour revenir sur les voix féminines, ou plutôt la voix maintenant que nous avons l’explication. Tu aimes travailler avec la tessiture féminine sur des duos, des choeurs. Ça te donne des envies de plus de collaborations pour la suite?
Clairement, si j’en ai l’opportunité pour un prochain album, j’aimerai m’occuper exclusivement de la musique pour laisser une voix féminine occuper l’espace des mots. Moi ce que j’aime dans ce genre de voix féminine comme celle de Caroline, c’est son aspect feutré, sensible. Je n’apprécie pas les voix trop puissantes.
Comme un peu ce grand monsieur qu’est Gainsbourg. Il savait embellir et utiliser au mieux la tessiture vocale de ses muses.
Tout à fait. D’ailleurs en terme d’affiliation et de talent, j’adore le dernier Vanessa Paradis produit par Benjamin Biolay. Je l’ai écouté en boucle ce disque.
Pour revenir sur la pochette et le livret. Les dessins que l’on trouve sont de toi?
Non. En fait via mon réseau, j’ai découvert le travail d’un mec qui s’appelle John-Olivier Azeau. Il a une vraie particularité. Il est illustrateur et travaille au stylo bille. J’aime beaucoup son travail et il a gentiment accepté de faire quelques illustrations pour l’album. J’avais envie de casser le procédé classique de la photo pour l’album et le livret, toujours avec le principe de création “en cours”, un peu comme des esquisses le concernant, comme un premier jet pour ses sujets.
On parlait de Biolay, de Paradis et de Gainsbourg à l’instant. En terme d’inspiration ou en tout cas de plaisir d’écoute, tu te réfères à qui ?
C’est bête à dire mais finalement je peux écouter de tout. Je n’ai aucun arrêté. Je suis autant fan de Miossec, Darc ou Daho comme il a souvent été dit, de par ma voix, que des premiers Eicher sur “Les chansons bleues” ou “Grauzone”, Dominique A ou le rock de Mendelson. Si on part dans l’international je peux te citer Dylan, Cohen, la noisy de My Bloody Valentine, le rock des Smiths, de Wilco ou celui des velvet Underground avec Nico pour faire écho aux voix féminines dont on parlait tout à l’heure. Si on se réfère aux arrangements, notamment l’utilisation des cordes, je pense à The Divine Comedy par exemple. Et j’en oublie plein forcément. Je ne me suis pas construit musicalement et je n’écoute pas forcément que de la musique apparentée à mon style et ma voix.
Pour revenir sur Dia a dia. Le premier titre est un instrumental. Il est de courte durée, un peu comme le morceau d’ouverture de ton premier album (Mon ange). C’est un peu comme une mise en bouche? Une façon de donner une couleur à l’album dès l’entame?
Je ne suis forcément parti dans cette optique pour ce titre mais je trouvais que c’était une bonne entrée en matière. Il m’évoquait une ouverture en tout cas. J’aimais bien l’idée d’enchainer avec “le plus clair de mon temps” alors que les gens attendaient sûrement du texte sur ce premier morceau. On a travaillé les enchainements entre les morceaux sur cet album. C’est une idée de Bruno Green, avec qui j’ai déjà collaboré sur mon premier opus. L’idée était de figurer un espace temporel sur cet album, pour que tout “file”, “passe”, comme une continuité, sans rupture. Dans l’idéal, c’est un disque qui doit s’écouter en entier. C’était en tout cas notre envie. Sur ce principe, si on me demande un morceau phare ou celui qui passerait le mieux en radio, je suis incapable de le dire. Pour moi cet album est un tout.
Sur la construction de tes morceaux, il n’y a pas de schéma prédéfini? Tu travailles à l’instinct?
Tout à fait. Comme je te l’ai dit j’ai des idées, des mots, des phrases que je m’empresse de noter et après je construis autour. Néanmoins, sur cet album, je n’ai pas écrit de textes sans avoir une idée de la mélodie. Autrement dit, les “gimmicks” mélodiques, si ce ne sont pas encore les lignes mélodiques dans leur ensemble, me viennent en premier puis les mots viennent se coller sur ces notes.
Pour le choix des arrangements et des instruments, c’est une orientation pour cet album ou est-ce une couleur musicale que tu apprécies et qui perdurera par la suite?
La principale raison du choix sur cet album vient de mon passé. Je jouais auparavant dans une formation avec des potes. A un moment il se trouvait qu’on n’était plus d’accord sur la couleur musicale à donner. Globalement on n’était pas satisfait chacun de notre côté du son qu’on produisait. C’était mon projet initialement et j’avais laissé la place aux gens de s’exprimer à ce sujet. Je me suis donc rendu compte qu’il fallait que je je reprenne les rennes de ce projet, pour retrouver ce son qui me plait. Je me suis retrouvé chez moi, dans ma petite pièce, avec les instruments à disposition dans ce genre d’endroit, à savoir une guitare, un “piano” des années 80 etc. Je voulais “bricoler” chez moi pour être dépendant de personne. J’ai fait tout le squelette de l’album comme ça, avec ce côté guitare folk-classique de Nicolas et moi sur les quelques passages électriques. Par la suite, le projet se développant, j’ai fait appel à des potes, pour rajouter encore des guitares sur certains morceaux, de la basse et du violoncelle sur d’autres. Ils ont tous répondu présent et je les en remercie. C’est un vrai plus pour les morceaux.
Dernière question. Tu as déjà commencé à transposer cet album sur un format Live? Des différences avec le format studio?
Je bosse dessus en ce moment. Le seul souci, c’est dans le contexte actuel, on ne peut pas être douze sur un Live (rire). L’idée c’était de monter une formule à trois et finalement on pense rajouter une personne. On va avoir une batterie-percus, une guitare acoustique avec mon frère, moi qui vais apporter un côté électrique plus dur et enfin on va rajouter un clavier afin d’être raccord avec le disque. Donc oui il y a aura des ponts entre la version “maison” et la version scénique. L’idée ce n’est pas de coller à l’album mais qu’on s’y retrouve quand même.
Merci et au plaisir d’écouter cette version Live donc.
Merci à toi.


//www.undisqueunjour.com/musiclab/rencontre-avec-filip-chretien/





FILIP CHRÉTIEN
Día a día




Dans la lignée de Daniel Darc, il nous est donné d’entendre aujourd’hui l’un de ses dignes héritiers, un artiste à la sensibilité exacerbée qui fait mouche avec des chansons intimistes proches de celles figurant sur le superbe « Crèvecœur » du rocker écorché vif (Filip Chrétien a par ailleurs repris avec beaucoup de talent « La pluie qui tombe » sur un album hommage consacré au chanteur disparu). Pour « Dia a Dia » son second véritable album, le Rennais explore avec tact, sérénité, et beaucoup de subtilité, toutes les nuances du sentiment amoureux, avec une certaine dose de mélancolie également, mais évitant pathos et exaltation. Chantre de l’épure et privilégiant les mots qui sonnent, il évoque le temps qui passe, esquisse des fragments de vie où chacun peut y trouver un écho à sa propre existence. Des propositions séduisantes élaborées avec la complicité de son frère Nicolas (sur trois titres), que Filip Chrétien défendra sur scène dès l’automne, une saison qui sied admirablement à la couleur de ce bien bel album.

 

www.filipchretienmusic.com
Alain Birmann


//www.longueurdondes.com/2014/06/04/filip-chretien/






Filip Chrétien « Dia a dia »

Le bonheur mélancolique de Filip Chrétien est contagieux. On y retient les maux et les mots, ceux d’un rennais qui aurait pu naître rue de Siam…
Après deux EP, le petit monde de Filip Chrétien s‘invite à nouveau au cœur de notre été sans fin. Avec « Dia a dia », le rennais livre un nouvel album intime et sensuel qui n’est pas sans rappeler Etienne Daho, Christophe Miossec ou Daniel Darc. De belles références qui collent un peu trop à la peau de l’artiste et qui ont du mal à s’effacer au fil des morceaux. Mais qu’importe. Chaque titre est à lui seul un réel moment de bonheur artistique, que Filip y parle d’amour, de fuite, d’orage d’automne ou de regrets. Les pastels sonores s’invitent au voyage de la vie. Et là, point de référence, mais une vérité crue qui ne supporte pas la demi-mesure. Le genre d’exercice où Filip Chrétien excelle et réussit à nous entraîner avec délectation. La douce mélancolie de l’artiste y ajoute un supplément d’âme, notamment sur « Tout va bien » quand il associe ses textes et sa voix à celle de Caroline Daix. Là encore les clins d’œil affluent. Pourtant, la beauté de l’art l’emporte sur cette étrange volonté de vouloir tout révolutionner… Tout le temps. « Dia a dia » n’a certainement pas cette ambition, Et c’est là son charme : laisser le temps prendre une pause et nous prendre par la main, doucement, avec tendresse. Et en ressortir grandi.

Hervé Devallan

publié le 09-08-2014

//www.bretagne-actuelle.com/filip-chretien-dia-a-dia-/disques/chanson/744-3-8





Filip Chrétien // Le Plus clair de mon temps
01/04/2014

Chanson française classe et légère.

Il est rarement question de chanson française dans cette rubrique, mais on a été marabouté par l’album Dia a dia de Filip Chrétien qui, sans révolutionner quoi que ce soit, accueille dans une zone de confort même pas coupable : la preuve, on s’y rend en plein jour, souvent, pour checker où en est la pyrolyse de quelques éléments que l’on sent fondateurs, de Manset à Mendelson, de Murat à Miossec (quatre M pour dire qu’on aime). Et ça distille joyeusement, l’eau de rose comme le jus de boudin, avec une classe et une légèreté trop rare dans la chanson d’ici, sans ces crétins complexes rock ou, à l’inverse, sans cette soumission au son de fumier de la variété, sans obéir à ce choix absurde entre la malice et la noirceur. Filip Chrétien, homme entier, saute donc du coq à l’âne, mais fait des câlins à l’âme. Il est entré sans frapper, à pas feutrés d’Yves Simon, on ne sait pas quand il sortira.


par JD Beauvallet le 01 avril 2014


//www.lesinrocks.com/2014/04/01/musique/filip-chretien-le-plus-clair-de-mon-temps-11491559/














26/09/2014
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