Alain YVER

Alain YVER

FRANKO B

FRANKO B



http://www.franko-b.com/

http://www.franko-b.com/gallery/g_performance4.htm

VOIR LE FILM
http://www.claudiocavallari.net/franko.htm

http://www.montpellierdanse.com/index.php?page=shop.product_details&flypage=flypage.tpl&product_id=218&category_id=11&option=com_virtuemart&Itemid=211&lang=fr&vmcchk=1&Itemid=81

http://update.waopa.ch/?jw_portfolio=franko-b-ukit

http://www.lesdiagonalesdutemps.com/article-franko-b-83977377.html





CE CORPS, L'ARTISTE LE DÉCLARE SA TOILE

Franko B n’est guère un habitué des scènes françaises. Alors qu’il est artiste pluridisciplinaire depuis vingt ans environ, ces oeuvres à forte implication corporelle et physique restent plus ou moins légendaires en France. Certes, l’artiste s’est créé une réputation de scandale parce que ses interventions spectaculaires impliquaient souvent le sang, la douleur, la blessure volontaire. Son corps robuste est couvert de cicatrices et de tatouages qui témoignent de sa biographie tout autant que de son travail artistique, hanté par des obsessions. Ce corps, l’artiste le déclare sa toile ; le support de ses peintures ; la surface sur laquelle faire émerger les émotions viscérales et toutes les beautés de la souffrance. On a souvent voulu identifier des parallèles entre la vie artistique de Franko B et celle de Jean Genet : de par les scandales, les outrances, les tabous franchis, l’affrontement des lois de la bienséance, par la prédilection pour les sujets soi-disant abjects. I’m thinking of you est pourtant bien loin de ces propositions mi-punk, miactionnistes qui ont fait l’image de l’artiste. Ici, au contraire, on le voit presque serein, son corps massif bercé par une balançoire aux sons rêveurs de la partition musicale que Helen Ottaway joue au piano. Le mouvement se crée presque par luimême, on ne voit aucun effort. Franko B incarne une volupté passagère et désintéressée, comme si sa peau multicolore et la masse de son physique n’étaient, en effet, qu’une oeuvre bien détachée de son auteur. “Je suis peintre, dit l’artiste, et je me sers de la performance pour réaliser mes toiles.”









http://www.revue-diapo.org/index.php?option=com_content&view=article&id=249:franko-b&catid=62:session-2&Itemid=11

Dans une société où le sexe est balancé entre les éclats médiatiques et la censure obsessionnelle, Franko B fustige la figure trash à la manière d’un punk en proie à la folie. Franko B impose un corps déformé, troublant et qui dérange. Ce corps magnifié, ouvre sur une épopée cathartique dans laquelle lui, l’artiste, devient le héraut d’une esthétique aux couleurs brutes et à l’odeur bestiale. Et pourtant, c’est en réponse à ce monde abimé et profané par les autres que Franko B contribue à la naissance d’une œuvre où l’horreur transmise par la chair et, l’angoisse alimentée par le geste, composent une allégeance au sublime - une marche vers le beau.

Franko B ne nous surprend pas. Il nous renvoie à nos propres craintes, au reflet d’un visage imparfait débordé de peurs – ce miroir de l’effroi. Lui, n’hésite pas à se sacrifier et faire de ce corps qui nous accompagne un pas vers un paysage éclairé par la blessure.

Les photographies restituent les fragments de ce théâtre où le corps hurle sans parole. Dans un ouvrage, paru en 1998, intitulé Franko B, une série de photographies réalisée par Nicholas Sinclair sur la performance I’m Not Your Babe Part1[1], mettent en perspective le tragique et l’horreur véhiculés par le corps de l’artiste. Attitude sculpturale, l’artiste pose nu, statique et serein. L’ouverture des mains vers le ciel ne fait qu’accentuer les couleurs mystiques de la mise en scène donnant un corps sacrifié, baigné dans un halo de lumière blanche et noyé dans un nuage de fumée. Lois Keidan évoque la dangerosité et la fascination présentes au sein d’une  relation presque électrique entre l’artiste et le public ; un interstice dans lequel l’artiste expose son intimité et met à l’épreuve son pouvoir de séduction.

Dans le même ouvrage, d’autres clichés, toujours en noir et blanc, mettent en scène le corps dans des situations glauques et sordides suggérés par la présence des tags sur les murs et des déchets sur le sol. L’artiste dévoile son intimité par la nudité et cache son identité derrière le masque. Il manipule tout un tas d’objets : masque à gaz, à oxygène, attèles, poches de sang, chariots et bandages, signifiants comme moyens de survie. Franko B ne détourne pas tant la nature de ces objets qu’il leur confère un certain pouvoir mystique, révélateur de la force et de la fragilité du corps. Et l’esthétique suggérée, trash et sordide, compose les traits d’une exploration et d’un regard nouveau sur le beau et le sacré faisant de ce corps un objet empreint de vie et d’espoir.

Il suffit de regarder et de s’abandonner au récit terrifiant de ce cadavre tourmenté, support  d’une violence indélébile et irréversible. Il ne s’agit pas tant d’une expérience qu’un commentaire acide sur le monde. Et c’est lui-même, ce physique écorché, qui enrôle la position de l’intermédiaire. Dans cette représentation tiraillée entre la posture d’un corps insoumis aux autres et offert au monde, Franko B se dégage de toute surface policée pour devenir un signe pur et tout puissant.

Dans I miss U (1999), l’artiste s’expose, nu, dans un espace ne laissant aucune issue. Un Défilé de mode réinventé, un podium risqué, une route  à construire, l’artiste réalise sa marche, soumis aux regards du public, situé à gauche et à droite de ce même espace. Un cathéter dans chaque bras dont le sang coule, les déambulations de Franko B laissent des traces, signes d’un rapport troublant et dangereux  à l’autre et à la vie :

« Franko’s B work, drawing on the taboos of his own blood and canality and investigating the narrow boundary between « lived » and « performed » experience is at the centre of the dangerous and high-risk possibilities offered by live art practice [2].»

Dans ce no man’s land embrumé, c’est une promenade affective que l’artiste nous propose de découvrir. Ce partage écarté de tout érotisme, mène vers la découverte d’une esthétique encore incomprise et les « autres » ne peuvent qu’en être bouleversés.

L’univers de Franko B nous laisse imaginer que son œuvre s’émancipe de toute raison pour explorer les voies terrifiantes d’un monde composé de passions. Cette peinture de souffrance n’en devient pas moins une métaphore remplie d’espoir, un cri absolu de liberté.
Les blessures, vraies ou artificielles, sont les indices d’un puzzle où la figure monstrueuse de l’homme, les souffrances, maux et défaillances détiennent les clés d’un regard onirique sur le monde. Franko B, passeur ou guide offre un voyage émotif où le corps s’embrase pour l’écriture d’un dessein magnétique.

Mehdi BRIT.

1. Cette performance a été réalisée à l'ICA Théâtre en mai 1996.

2. Lois Keidan, « Blood on the Tracks. The Performance Work of Franko B », in Franko B, London, Black Dog Publishing, 1998, n.p.









Communiqué de presse
Franko B
I'm Thinking of You

Horaires : 14h, 18h, 20h.
Réservations : sur le site www.montpellierdanse.com ou au 0 800 600 740.

—Création et performance : Franko B
—Musique composée et interprétée par : Helen Ottaway
—Direction technique : Steve Wald

Franko B n'est guère un habitué des scènes françaises. Alors qu'il est artiste pluridisciplinaire depuis vingt ans environ, ces œuvres à forte implication corporelle et physique restent plus ou moins légendaires en France. Certes, l'artiste s'est créé une réputation de scandale parce que ses interventions spectaculaires impliquaient souvent le sang, la douleur, la blessure volontaire. Son corps robuste est couvert de cicatrices et de tatouages qui témoignent de sa biographie tout autant que de son travail artistique, hanté par des obsessions. Ce corps, l'artiste le déclare sa toile ; le support de ses peintures ; la surface sur laquelle faire émerger les émotions viscérales et toutes les beautés de la souffrance. On a souvent voulu identifier des parallèles entre la vie artistique de Franko B et celle de Jean Genet : de par les scandales, les outrances, les tabous franchis, l'affrontement des lois de la bienséance, par la prédilection pour les sujets soi-disant abjects.

I'm Thinking of You est pourtant bien loin de ces propositions mi-punk, mi-actionnistes qui ont fait l'image de l'artiste. Ici, au contraire, on le voit presque serein, son corps massif bercé par une balançoire aux sons rêveurs de la partition musicale que Helen Ottaway joue au piano. Le mouvement se crée presque par lui même, on ne voit aucun effort. Franko B incarne une volupté passagère et désintéressée, comme si sa peau multicolore et la masse de son physique n'étaient, en effet, qu'une œuvre bien détachée de son auteur. « Je suis peintre, dit l'artiste, et je me sers de la performance pour réaliser mes toiles. ».









http://sinistremag.com/index.php/2010/10/trauma-oculaire-franko-b/

Trauma Oculaire : Franko B
Publié par Marc Boisclair le 06/10/10 | Arts Visuels Trauma Oculaire


Sinistre Blogzine tient à préciser, pour éviter les mauvaises surprises, que le Trauma Oculaire présenté ce mois-ci risque de choquer. Cependant, le but de mon collègue  est tout simplement d’expliquer la démarche du type, qui  se veut sérieuse et réfléchie. Cela ne signifie pas pour autant que Sinistre Blogzine endosse la démarche. Nous sommes conscients que le billet risque de susciter de vives réactions, voire de l’incompréhension. La polémique nous guette… Il est important de souligner que la démarche de Franko B n’affecte physiquement aucune autre personne que lui-même. Maintenant, vous connaissez vos limites et la décision d’aller plus loin vous appartient. Pour ma part j’ai été incapable de regarder la vidéo plus de 30 secondes…

Alexandre Duguay, rédacteur en chef.

Non, le dernier Trauma Oculaire portant sur l’Actionnisme Viennois n’aura pas plu à tous, mais voilà que je récidive tout de même aujourd’hui en vous présentant le travail de l’artiste Franko B, dont les prestations s’inspirent grandement du mouvement. Si les performances de ce dernier semblent moins éclatantes que celles d’Hermann Nitsch par exemple, elles n’en demeurent pas moins troublantes, puisque l’homme n’hésite pas à donner un peu (voire beaucoup) de son propre sang durant le processus. Voici donc un tour d’horizon sur l’œuvre de celui que l’on définit comme l’un des artistes les plus provocateurs de notre époque.

«Mon œuvre est centrée sur le viscéral où le corps est une toile, un terrain direct de la représentation du sacré, de la beauté, de l’intouchable, de l’indicible, mais aussi de la douleur, de la haine, de la perdition, du pouvoir et des craintes face à la condition humaine.»

Voilà qui définit plutôt bien l’art de Franko B. Né à Milan en 1960, l’artiste passa les sept premières années de sa vie dans un orphelinat du nord de l’Italie. Brièvement pris en charge par sa mère par la suite, il se retrouva confié à une institution de la Croix-Rouge seulement trois ans plus tard. Cette dépossession de son enfance, l’absence d’une cellule familiale stable et son expérience au sein de l’organisme façonna particulièrement l’homme et l’artiste en devenir. C’est d’ailleurs lors d’un voyage à Florence dans un camp de vacances de la Croix-Rouge que Franko fut exposé pour la première fois, au début de son adolescence, à l’art et plus particulièrement à la période de la Renaissance et ses représentations d’anges, de démons, de tourments religieux, de martyrs et ses symboles de la vie et de la mort. L’italien choisi d’élire domicile à Londres à l’aube de ses 19 ans où il y poursuivit ses études en beaux-arts.

Multidisciplinaire, Franko s’exprime à l’aide de la peinture, la sculpture, les installations, la musique, la photographie, l’écriture, la vidéo et les performances dès le début des années 90. C’est en 1996 que l’artiste s’est véritablement fait connaître à travers le monde avec la performance choc intitulée I’M NOT YOUR BABE. Complètement nu et couvert d’une peinture blanche (afin de cacher ses nombreux tatouages et ainsi obtenir un «canevas» vierge), Franko se vide littéralement de son sang sur scène lors de cette prestation où un cathéter est inséré dans chacun de ses avant-bras de manière à maintenir une veine ouverte, jusqu’à ce que l’artiste s’effondre d’épuisement. Il poussa l’expérience encore plus loin par la suite avec des performances comme I MISS YOU, où cette fois Franko défile dans un couloir au milieu de spectateurs, à la manière d’un défilé de mode (les traces de sang qui se dessineront sur le tissu au sol serviront à la confection de vêtements plus tard), ou encore OH LOVERBOY où ses veines s’ouvriront cette fois sur une immense toile inclinée sous l’artiste.

Évidemment, pour saisir toute l’intensité et la charge émotive comprises lors de ces prestations, il est essentiel de les vivre en direct. En effet, tout comme Hermann Nitsch et les actionnistes, Franko s’intéresse à l’interaction avec le public présent lors de ses créations. Le spectateur, voyeur, est visiblement dérouté par le spectacle alors qu’il est défié par le regard de l’auteur. Doit-il lui venir en aide? Comment continuer à regarder passivement? Il n’est pas rare d’observer des gens pleurer ou s’évanouir lors de ces performances. L’absence de musique et la proximité avec l’artiste ne vient qu’appuyer ce sentiment d’inconfort alors qu’un climat d’intimité est ainsi créé. Sa prestation intitulée AKTION 398 a même été pensée pour être expérimentée un à un, seul dans une pièce avec l’homme. L’art de Franko B ne sert donc pas à exprimer un état d’âme de l’artiste, bien qu’il soit directement inspiré de son cheminement de vie. En franchissant certaines limites, l’artiste transfère les questions relatives à l’art et aux émotions directement au spectateur et l’oblige à subir une intériorisation par la même occasion. C’est ce qui rend son art réellement viscéral, bien au delà de la nudité et de l’hémoglobine.

Techniquement, Franko ne peut donner que trois ou quatre de ces représentations par année pour des raisons de santé, question de laisser à son corps le temps nécessaire à la guérison. Ces dernières sont orchestrées avec beaucoup de sérieux et de précautions par une équipe de perceurs expérimentés ayant quelques bases en médecine et en anatomie. La présence d’équipement médical souvent présent est aussi directement inspirée par le passé de l’homme au sein de la Croix-Rouge.

La vidéo suivante, d’une durée de plus d’une heure, est l’un des rares disponibles en ligne témoignant de ses performances devant public. Il est intéressant d’y observer les réactions de certains spectateurs lors de l’extrait de la performance I MISS YOU notamment, ou encore d’avoir un aperçu de la mise en scène qu’impliquait AKTION 398, comme si nous y étions.

Ses acolytes

Il n’est pas rare, en effectuant quelques recherches un peu plus poussées sur un artiste, d’y découvrir d’autres gens empruntant le même parcours que celui-ci, que ce soit dans la forme ou l’intention.

Lorsqu’il est question de Franko B, le nom de Ron Athey est souvent mentionné. En effet, Athey crée aussi des performances extrêmes à l’aide de son corps et parfois même de son sang devant public. Les deux hommes ont aussi pu partager la scène à quelques reprises lors d’événements spéciaux. La thématique de l’homosexualité est présente dans son œuvre, tout comme dans celle de Franko, seulement de manière beaucoup plus soutenue. Ses prestations dressent le portrait du corps de l’homme, de l’homme homosexuel et de l’homosexuel séropositif avec une charge sexuelle et violente hors du commun. Vous pouvez visionner l’une de ses performances ici-même.

Toujours dans l’idée de l’expression brutale à l’aide du corps, cette fois en photographie, l’œuvre de David Nebreda est aussi en lien. Schizophrène et vivant en marge de tout contact avec le monde extérieur, l’homme se maintient en vie à l’aide d’un régime végétarien extrêmement pauvre et crie son mal-être au travers d’autoportraits extrêmement dérangeants impliquant séances de dégradation corporelle et automutilation. Un peu limite pour diffuser, les plus téméraires n’auront qu’à googler son nom.

Qu’on aime ou pas, difficile de rester insensible face à l’ensemble de ces œuvres et si, par définition, l’art est censé susciter nos sens et nos émotions, on sera forcé d’admettre que l’effet est plutôt réussi. Pour plus de détails sur Franko B, consultez son site web.

Surveillez le prochain Trauma Oculaire alors que la chronique fera un retour aux médiums plus traditionnels avec l’art figuratif.




31/01/2012
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