Alain YVER

Alain YVER

GUILLAUME DEPARDIEU "Post Mortem"

GUILLAUME DEPARDIEU  "Post Mortem"

 

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http://www.youtube.com/watch?v=NCbp2qYZGx0




"Post Mortem" de Guillaume Depardieu : un album comme un cri dans la nuit
Publié le 26-11-2013 Par Olivier Cachin
spécialiste de rap et de hip-hop


LE PLUS. "Post Mortem", c'est le nom de l'album posthume de Guillaume Depardieu qui vient de sortir. Il l'avait baptisé de la sorte avant de mourir. L'occasion pour Olivier Cachin de se rappeler de sa rencontre avec un homme écorché vif et de livrer son ressenti sur ces morceaux inédits.
Édité par Henri Rouillier  Auteur parrainé par Morvan Boury
Je me souviens avec précision de ma rencontre avec Guillaume Depardieu. C’était le jeudi 7 février 2002, au studio du Palais des Congrès où enregistrait Bruno, alias Doc Gynéco, qui avait alors encore une major derrière lui pour financer ses lubies et ses coups de génie.
"Le juste milieu, j'ai jamais su faire"
Quand j’arrive, la tête brûlée du studio est blanche, avec une mine sombre et un œil au beurre noir. "C’est Guillaume Depardieu qui pose", me lance Bruno, espiègle, avec un sourire de satisfaction.
Guillaume est l’ami de Bruno et travaille avec lui sur un disque qui ne se fera jamais sous la forme prévue alors. Il a déjà refait sa partie de voix des dizaines de fois. Il semble perdu, allume une Gitane en demandant conseil à Charlie, l’ingénieur aux dreadlocks qui enregistre en parallèle Guillaume et les sessions de la musique du film "Le Boulet".
Guillaume fait une nouvelle prise plus douce, mais le résultat est faible. "Entre les prises vénèr’ et la soft, tu dois pouvoir trouver le juste milieu", dit Charlie. "Le juste milieu, j’ai jamais su faire", répond le grand blond, qui est accompagné d’une superbe Cruella en fuseau noir et veste de fourrure.
Anxieux et tourmenté, il est persuadé d’avoir été nul.
Bruno sait trouver les mots pour le rassurer au moment de doubler son texte : "Guillaume ! Maintenant tu vas refaire tous les mêmes trucs, on va te la faire écouter et dessus tu vas tout répéter." "Tout depuis le départ ? Le problème, c’est que j’ai deux fois le même texte". "On y va petit à petit", dit Bruno.
"Si tu veux, il y a de l’eau, du gâteau au chocolat…", propose Charlie. Guillaume : "Une petite pipe et…" "C’est quoi une pipe ?", demande Charlie.
"Un truc que tu ne pourras pas m’offrir", répond Guillaume de façon sibylline. Pense-t-il au sexe ou au crack ? "Je pars dans une demi-heure, je te fais un dernier jet." Bruno est OK. Guillaume est perdu, artiste maudit ultime à la recherche de son identité vocale. Il doute. "Là, on n’a pas de problème", lui explique Bruno, "le problème, c’est que maintenant que tu as bien le truc en bouche, tu le fais mieux. Juste ça. Essaie de le refaire en suivant l’ancien !" Et ça marche. "Il est bon celui-là !", juge Bruno après la prise.
Bruno à Guillaume : "Qu’est-ce que t’as foutu hier soir, toi ?" "Moi ? Je suis rentré, ouais. Hier, j’ai enterré un ami, j’ai vu mon père… (sa voix se brise, il semble au bord des larmes) Tu m’appelles, j’arrive. Tu me demandes de faire un truc, je le fais". Quelques mots venus du fond du gouffre. On imagine d’où vient l’œil au beurre noir. Affaire de famille… "Pour un mec qu’a jamais fait ça, c’est bien, j’te dis", lui assure Bruno.
Dans la stéréo du studio, la partie de Guillaume Depardieu défile :
"J’ai l’impression que je frôle c’que j’aime, la folie de la mort comme on donne la vie/ Comme les cornes de l’argent qui font que les gens prennent des agents pour argent comptant/ J’transpire des larmes et dans l’dos j’ai des couteaux/ Mais en affaires, faut rester fine lame, fine lame/ Quitte à les faire couler, les larmes, les larmes/ (…) Faut qu’ça cesse dans l’stress qui nous dresse sans tendresse et l’un et l’autre/ Pas contre l’autre…"
Guillaume doit rentrer, il habite en banlieue et pense prendre un taxi. On quitte l’ange blond avec son œil noir et sa dark maîtresse dans les couloirs du Palais Des Congrès, ivre de fatigue au point de dire à Bruno, qui lui propose de le rappeler vers 22 heures, qu’il sera couché à cette heure-là. Un aveu de poids pour cet oiseau de nuit qui a la tête d’un ange venant de se battre avec un lion.
Onze morceaux d'une tristesse infinie
C’était il y a presque douze ans mais j’ai encore en mémoire ce concentré d’émotions fortes en vrac qu’était Guillaume. On en retrouve une partie dans cet album titré "Post Mortem" du vivant de Guillaume, qui avait le sens de l’humour noir comme un espresso bien serré.
Sorti quelques semaines après celui, tout aussi Darc, de Daniel, il contient onze morceaux d’une tristesse infinie. Autre point commun de ces deux disques posthumes : ils contiennent une seconde rondelle rassemblant les maquettes et les démos. Si "Faisons L’Amour" est une ode au sexe et à la jouissance, elle illustre plutôt cette "petite mort", l’autre nom de l’orgasme, avec cette histoire "d’un homme et d’une femme fous à lier". "Louise" est une ode à sa fille adorée, à qui cet homme de tous les excès demande de se méfier "de certains voyages : ce ne sont que des mirages".
Bien sûr, on n’échappe pas à tous les tics des disques d’acteur, une certaine grandiloquence et une façon de déclamer qui peut parfois être gênante ("L’Estropié"), comme un hold-up lacrymal programmé. Mais l’équipe qui a travaillé sur ces onze testaments a su gérer le traitement de choc.
Renaud Létang réalise et mixe, et les musiciens ont la brillance des grands qui savent s’effacer devant la statue du commandeur : les cordes de Vincent Segal et Thierry Deneuville, les rythmes de Vincent Taeger, autant d’atouts pour ces 35 minutes one shot, sans suite, dernière gueulante d’un estropié écorché qui se quittait, qui chantait pour se retrouver et qui déclarait : "C’est par le murmure que j’éteins les cris."
Criant d’authenticité, à fleur de peau. Vénéneuse, la fleur.


http://leplus.nouvelobs.com/contribution/976028-post-mortem-de-guillaume-depardieu-un-album-comme-un-cri-dans-la-nuit.html






"Post Mortem" de Guillaume Depardieu : de l'émotion pure, un album nécessaire
Publié le 27-11-2013  Par Charles Gautier
Homme à l'oreille bien pendue


LE PLUS. Cinq ans après la mort tragique de Guillaume Depardieu, un album posthume est sorti lundi : "Post Mortem". Et si certains trouvent le fait même de sortir les chansons du comédien disparu un peu gênant, d'autres sont dithyrambiques. Notre contributeur l'a écouté. Son verdict : c'est (très) réussi.
Édité par Louise Pothier


"L’aîné de la fratrie Depardieu se fraie, avec ce disque, un chemin parmi les meilleurs interprètes de la chanson française. On retrouve ainsi le phrasé si particulier de Serge Gainsbourg, la nonchalance de Benjamin Biolay ou encore les rebonds syntaxiques d’Alain Bashung", d’après "Le Figaro".
"Plus qu’un hommage à un acteur disparu à l’âge de 37 ans, 'Post Mortem' est la reconnaissance d’un grand chanteur", selon "L’Express".
Ces remarques dithyrambiques sont-elles méritées ? Ou alors est-ce la fâcheuse tendance d’encenser un artiste décédé ? On n’échappera sans doute pas non plus aux suspicions commerciales…
Cet album, 5 ans après la mort de son interprète, suscite bien des questions. Et celles-ci sont légitimes. Homme entier, acteur talentueux, serait-il aussi un interprète accompli ? Pour le savoir, abordons tout d’abord l’album "Post Mortem".
Un homme à fleur de peau
Composé de onze titres, "Post Mortem" nous révèle un homme à fleur de peau. Un révolté nous plongeant dans une ambiance sombre, dure. Grave… Comme est la voix de Guillaume Depardieu. Elle est aussi tranchante, percutante. Comme le sont ses mots.
Dès le premier titre, "Faisons l’amour", le ton est posé : cru, sans concession. Puis se suivent des morceaux où la violence se mêle au fragile, où la voix se fait porte-parole d’un corps qui lâche, dans les titres "L’estropié" et "Je fais ce que je veux de mon corps".
La révolte est aussi présente dans cet album, celle contre la société avec "Fast Food", celle contre les préjugés, contre la vie tout simplement. Mais si Guillaume Depardieu peut être percutant, il sait aussi se montrer plus intimiste, comme avec le titre "Louise", le prénom de sa fille, un des meilleurs de ce disque, où la voix de l’interprète si grave, dure, de pierre, s’effrite et laisse place à l’émotion, la fragilité, la tendresse. Une émotion que l’on retrouve dans le titre "Marlon", véritable crève-coeur…
Au-delà des mots, il y a aussi l’interprétation du chanteur. Un mélange de parlé-chanté. Seulement, les mots n’y sont pas prononcés, ils sont lancés, projetés, "dégueulés". S'ils sont scandés, c’est qu’ils devaient sortir. Un besoin vital, une énergie sombre, accentuée par la musique et les arrangements de ceux qui ont collaboré à cet album.
Si bien entouré
Car si l'album est si bon, c'est non seulement grâce à la performance de l'artiste lui-même, mais à celle de ses collaborateurs. François Bernheim en tête à qui il a présenté ses textes, Renaud Letang qui l’a réalisé, avec l’aide de Vincent Gegal, violoncelliste, et Vincent Taeger, batteur.
Un travail long de plusieurs années, pour trouver les arrangements correspondant le mieux à la réalisation de Guillaume Depardieu, parti trop tôt pour le finir, pour indiquer ses volontés.
Le résultat en est très agréable. Les mots glissent sur la musique quand ceux-ci sont chantés, comme dans "Je fais ce que je veux de mon corps". Mais elle se montre aussi violente que les mots pour accentuer la noiceur d’un titre, celui de "La violence" pour n’en citer qu’une.
Étant donné que les arrangements ont été composés bien après l’enregistrement des mots de Guillaume Depardieu, on peut apprécier d’autant plus la valeur de ceux-ci.
Un album qui n'est pas fait pour les sous
Bref, un excellent album. Et cela fait figure d’exception quand l’artiste est disparu.
En général, les albums posthumes sont de piètre qualité, composés de titres sortis alors qu’ils étaient bien enfouis dans des tiroirs, au fond des placards, qui n’auraient jamais dû être vendus mais qui rapporteront un joli pactole, telles les multiples nouvelles compositions de Jimi Hendrix, Elvis Presley et j’en passe.
Tout ce qui est mort est bon à vendre. Ici ce n’est pas le cas, la monnaie n’est pas l’objectif premier de l’album puisque les droits du disque iront à sa fille, Louise.
La sortie de ce disque était nécessaire car, comme le dit Julie Depardieu, "la musique, c’était le grand projet de Guillaume". Et cela se ressent tout au long de l’album : l’envie, la rage, celle de réussir, celle de briller. Celle qui nous fait parfois douter, comme le révèle encore une fois Julie Depardieu dans "Le Figaro" :
"Je pense que le grand projet de sa vie, c’était ça et les grands projets sont ceux qu’on ne réalise pas parce qu’il faut que ça soit génial."
Si cela l’a fait abandonner l’idée de composer, il a quand même réussi à écrire et à chanter. Avec brio.
Même si je ne vais tout de même pas le comparer à Gainsbourg ou Bashung, Guillaume Depardieu aura su se hisser parmi les plus grands talents de la chanson française grâce à une voix remplie d’émotion pure, souvent dure mais tellement forte. Comme l’était Guillaume Depardieu...


http://leplus.nouvelobs.com/contribution/976929-post-mortem-de-guillaume-depardieu-de-l-emotion-pure-un-album-necessaire.html






Guillaume Depardieu: L’histoire pas comme les autres de son album posthume
Publié le 25 novembre 2013.
    

MUSIQUE - L’album posthume du comédien, emporté par une pneumonie à l’âge de 37 ans, Post Mortem, paraît ce lundi…
Un titre prémonitoire, choisi par Guillaume Depardieu. L’album posthume du comédien, emporté par une pneumonie à l’âge de 37 ans, Post Mortem, paraît ce lundi. Pendant cinq ans, sa famille et notamment sa sœur Julie ont œuvré pour terminer ce dernier, réalisé par Renaud Letang avec Vincent Ségal et Vincent Taeger. Histoire d’un album pas tout à fait comme les autres.
Une œuvre personnelle
Fin 2007, Guillaume Depardieu sollicite François Bernheim, un ami de la famille, pour mettre en musique des textes personnels, presque autobiographiques. «Estropié» et «Je fais ce que je veux de mon corps» traitent ainsi de son amputation de la jambe en 2003. «Marlon», des liens entre Brando et sa fille Cheyenne, ainsi que de la difficulté d’être l’enfant d’un monstre sacré.
Guillaume a décidé que sur la pochette ne figurerait qu’une seule mention: «Post Mortem». Un drôle de choix, fidèle à la philosophie du comédien.
En mars 2008, le comédien enregistre en deux jours les maquettes de onze titres. Une, deux prises au maximum. Faute de temps, le douzième titre intitulé «Bienvenu trou du cul» ne sera pas mis en boîte.
En juillet 2008, Marc Thonon, patron du label Atmosphériques, organise un déjeuner avec Patrice Renson, un collaborateur de Matthieu Chedidet Vanessa Paradis.
Trois titres à son enterrement
Le 3 octobre 2008, à l’enterrement de Guillaume Depardieu, trois de ses titres raisonnent dans l’église de Notre-Dame de Bougival. Accablée par le chagrin, la famille est divisée autour de cet héritage musical.
Le projet initié avec Marc Thonon et Patrice Renson est sans suite. Benjamin Biolay se montre intéressé un temps, comme Edith Fambuena, la productrice de Bashung, de Daho et d’Higelin, ou encore comme le compositeur de musique des films de Wim Wenders, Steve Forward.
En mai 2009, Julie Depardieu fait la connaissance de Philippe Katerine, qui devient son compagnon. Il lui présente Alan Gac, le directeur artistique du label Cinq7. Ce dernier réussit à mettre tout le monde d’accord.
Il confie la réalisation à Renaud Letang, un collaborateur de Manu Chao et d’Alain Souchon. Avec le violoncelliste Vincent Ségal et le batteur Vincent Taeger, il habille les chansons.
Les droits du CD qui sort ce lundi 25 novembre, où figurent également les maquettes originales de Guillaume Depardieu, seront reversés à sa fille, Louise, âgée de 12 ans.


http://www.20minutes.fr/culture/1254301-20131125-guillaume-depardieu-lhistoire-comme-autres-album-posthume






Post Mortem de Guillaume Depardieu : «Il avait besoin de témoigner»
Par Mathilde Doiezie
Publié le 25/11/2013

La mère du comédien et musicien a commenté au micro d'Europe 1 la sortie du premier album de son fils , disponible depuis ce lundi 25 novembre 2013.
Guillaume Depardieu absent, ce sont ses proches à qui il a laissé son premier album entre les mains qui se confient sur la réalisation de Post Mortem. Après Julie Depardieu qui a pris la parole pour le compte de l'AFP, révélant les dessous de la gestation du disque et les questions que cela a posé, c'est la mère du musicien-acteur, Élisabeth Depardieu, qui a pris la parole aujourd'hui, au micro d'Europe 1, à l'occasion de la publication de Post Mortem.
Interrogée sur les souffrances de son fils évoquées dans l'album, Elisabeth Depardieu déclare: «À moi, il a tout dit, je pense. Mais je pense qu'il avait besoin de témoigner, de tout ça, de son parcours. Il aimait écrire, chanter, ça faisait partie de ce qu'il avait envie de dire.»
«Il s'est toujours vu comme un musicien»
Comme sa fille Julie précédemment, elle évoque également ce besoin d'écrire qui habitait Guillaume et son désir de toujours de faire ses preuves en tant que musicien: «Il a toujours écrit. Il me reste plein d'écrits de lui, si j'y arrive un jour je les mettrais en ordre. À un moment donné, il a essayé de faire des chansons de ses écrits.»
Elle ajoute, sur cette dualité artistique de son fils, comédien qui se définissait avant tout comme un musicien: «Il s'est toujours vu comme un musicien car il a étudié le piano très tôt, il a fait l'école normale de musique. Il n'était pas du tout préparé à être acteur. Le cinéma est venu le chercher. Le goût lui en est venu et je crois que là, justement, il l'a fait pour retrouver son père, comprendre ce qui s'était passé. Je pense que ça a été un moteur de réconciliation entre eux. Et puis Gérard est quelqu'un qui ne parle pas: à travers le cinéma, c'était possible de dire des choses, je pense.»
Elisabeth Depardieu rebondit d'ailleurs sur les relations tumultueuses entre Guillaume et son père Gérard Depardieu, évoquées dans un morceau: «Ça se résume à une chanson. Qui n'a pas de rapports compliqués avec son père quand il est connu et que ce sont deux lions dans une même famille?».
Fidèle au désir de Guillaume
Elisabeth Depardieu est aussi revenue sur l'élaboration du disque, orchestrée par sa fille. Prendre une décision suite à la mort de Guillaume a été difficile. Fallait-il rendre public ce qu'il avait préparé, encore inachevé en partie et pourtant bien destiné à être publié un jour? «C'est sa volonté. Il était prêt à le faire. Il en a été arrêté juste parce qu'il est mort.» Mais «ça a été très compliqué. Nous avons été partagés entre deux devoirs. Le devoir de fidélité, de transmettre tout de suite les maquettes telles qu'elles étaient. Et puis le devoir qui était celui de sa volonté: il voulait d'autres arrangements. Julie s'en est occupée, elle a voulu être fidèle à ce qu'elle estimait être le désir profond de Guillaume.» Elle ajoute: «Il faut pas mal de courage pour s'atteler à ça. C'est violent aussi d'en parler».
Guillaume a «m[is] les voiles»
Une des chansons les plus difficile à écouter pour Elisabeth Depardieu est Je mets les voiles. En effet, comment ne pas penser alors à la disparition de l'artiste, survenue le 13 octobre 2008 des suites d'une pneumonie contractée sur un tournage en Roumanie? Entre le moment où Guillaume a écrit ce titre et celui où il est disponible, l'impossible s'est passé et la chanson s'est revêtue d'une «double signification»: «Il ne l'a pas écrite pour dire qu'il mettait vraiment les voiles, mais il les a mises, de fait», s'est émue sa mère.


http://www.lefigaro.fr/musique/2013/11/25/03006-20131125ARTFIG00359--post-mortem-de-guillaume-depardieu-il-avait-besoin-de-temoigner.php






Exclu – Gérard Depardieu s’exprime sur l’album posthume de son fils.
L'acteur nous livre ses émotions et évoque "Post Mortem" le disque de Guillaume Depardieu
Publié le 25 novembre 2013  par Laure Costey


À l’occasion du tournage de La voix des steppes, Gérard Depardieu a retrouvé l’église de Bougival. Où Guillaume, son fils, fit son dernier voyage en 2008. Rencontre émouvante avec le père qui se cache derrière l’acteur.
Il est magnétique. Quand on vous demande votre ressenti après avoir rencontré Gérard Depardieu, difficile d’être dans la demi-mesure. Le personnage ne tient d’ailleurs qu’en un seul bloc. Mais quand sa carapace de géant du cinéma français, grivois et farceur, se fissure, c’est son émotion à lui qui vous bouleverse.
À Bougival, où Gérard Depardieu a conduit les équipes du réalisateur kazakh Ermek Shinarbaev, un nuage de sentiments plane au-dessus de l’église. Depuis trois ans Gérard Depardieu travaille en étroite collaboration avec Arnaud Frilley. Le Français, producteur de ce film, est à la tête de B-Tween, la société de production montée par ses arrière-grands-parents, immigrés russes, en 1928. Avec les longs-métrages qu’il produit, il tient à raconter «des personnages, des légendes que montrent des pays que l’on connaît peu». Cette fois, le thème de la voix et du chant viennent mettre en lumière le Kazakhstan.
Dans La voix des steppes, Gérard Depardieu incarne Anatole, un brillant acousticien ayant pourtant connu de graves problèmes d’audition et d’élocution dans sa jeunesse. Un scénario déjà lourd de sens pour l’acteur qui a lui même connu ces troubles, enfant. La voix de Nathalie Dessay, invitée au casting, interprétant un air de Lakmé sous le chœur de l’église de Bougival vient provoquer des frissons dans l’assemblée de techniciens.
Impossible ici de ne pas penser à Guillaume Depardieu, qui a terminé son voyage à Bougival. Timidement, Gérard confie au père Boidot avoir toujours son fils «dans (son) cœur».
Finalement, ça n’est qu’à l’issue d’une journée où les rires de l’acteur ont pris le pas sur son émotion prête à éclore, qu’il accepte de parler de Guillaume. Non loin de la dernière demeure de son fils, tatouée du Petit Prince de Saint-Exupéry, Gérard Depardieu se souvient «des derniers appels de Guillaume» qui sont pour lui sa «propre chanson». Mais cet album, Post Mortem, il l’a également écouté et apprécié. Pour la première fois, le chef de clan Depardieu parle des «mots parfois difficiles» chantés par son aîné, et de «l’exigence qui lui ressemble et une poésie, une violence d’amour qui n’est pas banale». Comme leur histoire, si forte si fragile à la fois.


http://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/exclu_gerard_depardieu_s_exprime_sur_l_album_posthume_de_son_fils_302929






L'album posthume de Guillaume Depardieu, son grand projet
Publié le 22/11/2013

Publier son premier disque, Guillaume Depardieu "ne pensait qu'à ça". "Il est parti avant ?", dit sa soeur Julie à l'AFP. Cinq ans après sa mort, elle porte cet album intitulé "Post Mortem", un nom qu'avait choisi lui-même l'acteur. L'histoire de ce disque publié lundi commence un an avant la mort de Guillaume Depardieu, le 13 octobre 2008, à 37 ans, d'une pneumonie.

Par Culturebox (avec AFP)

Fin 2007, François Bernheim, chanteur, compositeur, producteur et ami de longue date de la famille, reçoit la visite de Guillaume. "Il est arrivé chez moi avec un tas de textes et il m'a juste dit +Ben voilà+", raconte-t-il. "J'ai cru qu'il voulait mon avis. Au bout d'une semaine, il m'a dit +Alors ?+ Je lui ai donné mon sentiment, je n'ai pas eu à utiliser de superlatifs, c'était vraiment extraordinaire au sens pas ordinaire du tout. Mais, lui m'a répondu +mais t'as rien fait ? Je voudrais des musiques là-dessus+", poursuit-il.

Pourquoi Guillaume Depardieu n'a-t-il pas composé lui-même, lui qui avait un "grand sens musical", jouait du piano depuis l'âge de 5 ans et lisait le "Traité d'harmonie" d'Arnold Schoenberg à 17 ans? "Je pense qu'il flippait, estime sa soeur. Je pense que le grand projet de sa vie c'était ça et les grands projets ce sont ceux qu'on ne réalise pas parce qu'il faut que ça soit génial". "Il devait composer un peu, ne devait pas se plaire, tout jeter, s'énerver. C'était quelqu'un qui détruisait tout parce que ce n'était jamais assez bien pour son rêve", dit-elle.

L'acteur avait choisi le nom sous lequel il allait se présenter: "Post Mortem"
"Quand il m'a annoncé ça, je lui ai dit +il y a quand même plus gai dans la vie. T'as pas un autre nom un peu moins glauque ?+ Il m'a répondu +Non, tu verras, c'est bien+", se souvient Julie Depardieu.

En juillet 2009, sur Europe 1, Julie Depardieu parlait du projet de son frère disparu, et présentait une de ses chansons, "Je fais ce que je veux de mon corps", qui figurera dans l'album "Post Mortem"

"Dans toutes les chansons, il dit qu'il va mourir. Il appelle ça +Post Mortem+. Il sentait que ça allait s'arrêter dans pas longtemps. Mais personne ne l'a pris vraiment au sérieux", ajoute-t-elle. "Quand il est arrivé de Roumanie dans le coma, j'étais persuadée qu'il allait se réveiller", confie l'actrice. L'acteur est mort le 13 octobre 2008, à 37 ans, d'une pneumonie contractée sur un tournage en Roumanie.

Post Mortem", un disque vibrant de vie, lumineux
"Entre slam et chanson française, Guillaume Depardieu parle de lui-même avec une lucidité saisissante, sans le moindre auto-apitoiement mais au contraire avec une touche d'auto-dérision. Les titres des chansons de l'acteur, qui avait choisi de se faire amputer d'une jambe après une infection nosocomiale, parlent d'eux-mêmes: "L'estropié", "Je fais ce que je veux de mon corps", "Je mets les voiles", "Louise", sa fille qui sera la seule bénéficiaire des droits...

Ses proches ont longtemps hésité sur ce qu'il convenait de faire de ses chansons. Les titres étaient à l'état de maquette. Il manquait les arrangements. Or Guillaume Depardieu "changeait tout le temps d'avis", confie sa soeur. "Il était dans des mouvances, des courants qu'il entendait. Il écoutait NTM toute la journée, aimait beaucoup Amy Winehouse, appréciait Pete Doherty", raconte François Bernheim. C'est finalement le réalisateur Renaud Letang, aidé des musiciens Vincent Segal et Vincent Taeger, qui a habillé les chansons.

Le disque publié lundi est un double album
Un CD présente les maquettes telles qu'elles ont été enregistrées et le deuxième les versions achevées après sa mort. "Guillaume, il ne fera qu'un disque dans sa vie et je suis contente qu'il y en ait deux en quelque sorte. J'espère qu'il va aider quelques vivants qui ont peut-être les mêmes émotions que lui", dit sa soeur.

http://culturebox.francetvinfo.fr/lalbum-posthume-de-guillaume-depardieu-son-grand-projet-145537





Guillaume Depardieu, l'histoire singulière de son album
Par Julien Bordier, publié le 30/10/2013


En 2008, quelques mois avant sa disparition, le comédien enregistrait en studio les maquettes de 11 chansons. Post Mortem sort ce lundi 25 novembre. Histoire de cet album aussi singulier que son auteur.
Le givre a recouvert la route entre Bougival et Gif-sur-Yvette, en région parisienne. Arrivé à scooter ce matin de mars 2008, Guillaume Depardieu est complètement gelé. Mais seule une tempête de neige aurait pu l'empêcher d'atteindre le studio d'enregistrement. Et encore. Depuis des mois, il n'a que cet objectif en tête: réaliser son album. Cela n'a rien d'un caprice de star. D'ailleurs, il ne veut pas que la mention "Guillaume Depardieu" apparaisse sur la pochette. Seul figurera "Post Mortem". C'est son idée. Un résumé de sa philosophie. Il le répète souvent, la mort ne lui fait pas peur, elle fait partie de sa vie cabossée. Aujourd'hui, ce titre ressemble à un signe du destin. Comme si le comédien, emporté le 13 octobre 2008 par une pneumonie contractée sur un tournage en Roumanie, avait toujours su que ses chansons lui survivraient.
Plus de cinq ans se sont écoulés entre ces enregistrements à Gif-sur-Yvette et la sortie de Post Mortem dans les bacs, le 25 novembre. Cinq ans, c'est long. L'album a emprunté un chemin rythmé par les tournants musicaux et les tourments affectifs. Le sort de ces chansons a provoqué des frustrations et des espoirs, divisé puis réconcilié les proches de Guillaume Depardieu. De la douleur à la douceur. "Est-ce qu'on peut parler de thérapie? Non, répond Elisabeth, sa mère. Ce disque ne soigne pas l'absence de Guillaume, il lui rend justice. C'est un héritage vivant et très perturbant. Mais il fallait le sortir. Pour lui".
L'Express a rencontré les acteurs de ce périple artistique et humain. Une histoire forte pour un album hors norme. Hors norme, parce qu'il est associé au patronyme le plus célèbre du cinéma français, parce que son chanteur n'est plus là pour le défendre, parce que les textes sont bouleversants, parce qu'on y entend la souffrance d'un homme. Est-ce que le résultat correspond à ce que Guillaume aurait voulu ? Personne ne peut répondre à cette question. Mais l'interprétation est si intense qu'elle suffit à éteindre toutes les controverses musicales ou financières - les droits seront reversés à sa fille, Louise, 12 ans. Plus qu'un hommage à un acteur disparu à l'âge de 37 ans, Post Mortem est la reconnaissance d'un grand chanteur.
Flash-back n° 1. En 1987, Guillaume a 16 ans. Une cassette traîne dans la chambre de sa soeur Julie. Le Requiem, interprété par l'Academy of St Martin in the Fields, l'émeut aux larmes. Il se rêve en Mozart, il devient un pianiste talentueux. Sur le tournage du téléfilm Taggers, de Cyril Collard, en 1990, il croise la route de JoeyStarr, Marco Prince et Rockin'Squat. Le jeune comédien découvre une autre culture : le rap.
Flash-back n° 2. A 20 ans, l'aîné de la fratrie Depardieu tombe pour usage et trafic de stupéfiants. Derrière les barreaux, il prend la plume. "J'ai eu tout le temps de faire le vide [...], dit-il à Marc-Olivier Fogiel dans le livre Tout donner (Plon). Je me suis mis à écrire, beaucoup, j'ai vu que je me débrouillais pas trop mal. Ensuite, j'ai fait ce que j'ai toujours voulu faire : de la musique". Il choisit de rester dans l'ombre, pour se "roder", comme il dit, pour ne pas être catalogué "acteur-chanteur". Qui sait que le césar 1996 du meilleur espoir pour Les Apprentis a joué les "nègres" pour des rappeurs? Officiellement, personne. La seule chanson qu'il a signée de son nom, c'est A force de, pour Barbara. On connaît en revanche sa voix de baryton. En 2005, il accompagne Juliette le temps d'un duo (Une lettre oubliée) et participe au Stabat Mater de Bruno Coulais. Cette dernière expérience sert de déclic. Il est temps pour lui de faire le pas.
Il jette sa voix comme on descend un verre de whisky
L'acte de naissance de Post Mortem porte deux signatures, celle de Guillaume Depardieu et celle du compositeur François Bernheim, un ami de la famille qui a l'âge du père de l'acteur. Un confident, qui a travaillé avec Serge Reggiani, Renaud, Patricia Kaas. "Je connais Guillaume depuis qu'il a 6 ans, révèle-t-il. Au début de 2008, il a frappé à ma porte. Il m'a tendu un dossier et il est reparti. A l'intérieur, il y avait ses textes. Une écriture libre, sans césure, sans souci du nombre de pieds. C'était du slam". Bernheim taille des refrains, construit des mélodies et convie l'auteur en studio. L'heure de vérité. Guillaume Depardieu boxe avec les mots. Il jette sa voix comme on descend un verre de whisky. Les textes crus explorent l'intime. Il commence Faisons l'amour dans un chuchotement à fleur de peau: "Viens, viens contre moi, déchirons-nous, caresse-moi, ne cessons pas de nous haïr et puis baisons une dernière fois". Fast Food est le cri fulgurant d'un poète punk contre la société. Louise, une ballade délicate pour sa fille. Je mets les voiles révèle le rocker, le fan de Johnny Hallyday capable de lâcher les chevaux. Au petit jeu des comparaisons, son timbre évoque Benjamin Biolay, Serge Gainsbourg, Christophe Miossec.
Ecorché vif, l'acteur devenu auteur et chanteur n'épargne personne. Ni lui ni ses proches. L'Estropié et Je fais ce que je veux de mon corps traitent de son amputation de la jambe, en 2003. Marlon, référence à la relation entre Brando et sa fille Cheyenne, a un goût de cendre. Les paroles collent le frisson. "Marlon cet égoïste/ce monstre d'amour noir", hurle-t-il de rage. Pas besoin de faire un dessin. "Guillaume l'a fait écouter à Gérard, témoigne Julie Depardieu. Mon père a eu ce commentaire: "T'es un poète. Du genre, 'Tu me bousilles', mais tu sais le faire". Gérard admirait Guillaume parce qu'il a toujours eu les couilles d'écrire, alors que lui disait le texte des autres". Une prise, deux au maximum. En quarante-huit heures, onze morceaux sont mis en boîte. Faute de temps, un douzième reste dans les cartons. Dommage, le titre était prometteur: Bienvenu trou du cul.
Reste à convaincre les maisons de disques. François Bernheim joue les VRP. Dans les bureaux, les compliments pleuvent. De là à s'embarquer avec un garçon à l'image tumultueuse... Bouleversé, le patron du label Atmosphériques est, lui, prêt à monter dans le bateau. "C'était tellement hors format que cela faisait presque peur, explique Marc Thonon. Lors de notre dernier rendez-vous, il m'a saisi par le revers de la veste et a crié : 'Promets-moi que tu vas sortir ce disque. C'est une question de vie ou de mort!'''.
Juillet 2008. Marc Thonon organise un déjeuner entre Guillaume Depardieu et le compositeur et arrangeur Patrice Renson, collaborateur de Matthieu Chedid, Vanessa Paradis et Salif Keita. L'acteur est venu avec sa compagne et son lecteur CD; IAM, Axel Bauer et Barbara s'invitent soudain dans la brasserie cosy de la place des Ternes. Depardieu commande des écrevisses et la discussion tourne autour de la musique et du Stabat Mater de Coulais. "J'ai été touché et charmé par ce gars fragile et vif, confie Patrice Renson. Il était à un moment clef de sa vie et j'avais envie de l'aider". Pour Guillaume, le disque est surtout un laissez-passer pour la scène. "C'était son ambition et sa grande peur", affirme sa mère, Elisabeth. "On allait plus souvent au concert qu'au cinéma, se souvient Elise Depardieu, son ex-femme, la mère de Louise. Il voulait toujours prendre le micro". L'enregistrement est prévu pour novembre. Avant, Guillaume doit partir en Roumanie pour tourner L'Enfance d'Icare, sous la direction d'Alex Iordachescu. On connaît malheureusement la suite.
A son enterrement, trois de ses titres retentissent dans la petite église romane Notre-Dame de Bougival. François Bernheim veut sortir les maquettes en l'état. Un avis que ne partage pas Julie. "J'étais convaincue que ce n'était pas le souhait de Guillaume. Il m'avait dit: 'Ecoute le texte, mais derrière, t'inquiète pas, ça va changer'. Je m'étais engueulée avec lui avant sa mort. Je me sentais coupable et obligée de faire quelque chose". Accablé par le chagrin, l'entourage se déchire autour de cet héritage musical. "Nous avons mis beaucoup de temps à nous remettre sur pied, admet François Bernheim, qui termine un livre de souvenirs intitulé Guillaume Depardieu. Bande originale (avec Sylvie Matton. Grasset, parution en 2014). Julie a voulu prendre les choses en main. C'était comme une dette envers Guillaume. J'ai laissé faire. Je savais que sa douleur était forte et qu'il ne fallait pas se braquer. Avec le recul, je pense que nous avons bien fait d'attendre. Le public aurait perçu la sortie de ces premières versions comme un coup de marketing". La décision est finalement prise de faire appel à un producteur pour garder le meilleur des morceaux.
A qui confier cette mission sensible? Julie manque de contacts. Sa passion à elle, c'est l'opéra, Le Trouvère, Roberto Alagna. Le projet entamé avec Marc Thonon et Patrice Renson ne connaît pas de suite. Benjamin Biolay, avec qui Guillaume a partagé l'affiche du film Stella, se montre intéressé et garde les bandes sous le coude pendant quelques mois. A la fin de 2010, la productrice Edith Fambuena (Bashung, Daho, Higelin) reçoit les titres, mais les premiers essais ne débouchent sur rien. A son tour, Steve Forward, compositeur de musique pour des films de Wim Wenders, s'attelle à la tâche. "C'était son univers plaqué sur celui de Guillaume, regrette Julie. Cela ne nous plaisait pas. Ça ne fonctionnait pas. J'avais envie de jeter l'éponge". Le disque est alors dans l'impasse.
Les maquettes figureront aussi sur le CD
La vie apporte la solution sur un plateau... de cinéma. En mai 2009, Julie Depardieu tourne Je suis un no man's land, avec Philippe Katerine, qui va devenir le père de ses deux garçons. Grâce à cette rencontre providentielle Julie fait la connaissance dAlan Gac, manageur du chanteur de Louxor, j'adore et directeur artistique du label Cinq7. C'est lui qui va réussir à fédérer tout le monde. Il recommande de faire appel à Renaud Letang pour finaliser les chansons.
Réalisateur pour Manu Chao et Alain Souchon, Letang possède une touche moderne. Et un atout: il connaît la voix de Guillaume. Il a mixé son duo avec Juliette. Avec le violoncelliste Vincent Segal et le batteur Vincent Taeger, le producteur ajuste les rythmiques, refait des guitares, habille les mélodies... "Nous avons essayé de coller au plus près des intentions musicales de Guillaume", explique Letang. La voix, elle, n'a subi aucune modification. Elle est incroyablement vivante. Le résultat est à la hauteur des attentes de la famille. "Renaud a apporté la rigueur que Guillaume n'a pas eu le temps de donner à ses chansons, estime Elisabeth. Il possède une forme d'intuition insensée". Chacun pourra se faire une idée du travail accompli puisqu'il a finalement été décidé que les maquettes figureront sur le CD, en complément des versions définitives.
Arrivés au bout de la route, Elisabeth, Julie, Elise et François Bernheim sont maintenant prêts à partager avec le public cette part de Guillaume qu'ils gardaient auprès d'eux. A quelques semaines de la sortie, ils se retrouvent aux Studios Ferber, dans le XXe arrondissement de Paris, pour écouter les derniers mix. Hier, la communication était rompue. Aujourd'hui, l'ambiance est sereine. A l'heure du déjeuner, la discussion s'engage sur le visuel de la pochette. Il faut encore définir l'ordre des chansons. Bientôt, Post Mortem existera. Ad vitam aeternam.

http://www.lexpress.fr/culture/musique/guillaume-depardieu-grave-dans-la-memoire_1295414.html






L’album testament de Guillaume Depardieu


Guillaume Depardieu aurait voulu être chanteur. Cinq ans après sa mort, aboutit son album «Post Mortem», un projet porté par sa famille.<
On connaît l’acteur, le fils de, l’homme au tempérament de feu et aux frasques diverses… mais Guillaume Depardieu était aussi un amoureux de la musique.
Il avait écrit une chanson pour Barbara, À force de, repris Stabat Mater avec Bruno Coulais, ou encore enregistré un duo avec Juliette, Une lettre oubliée en 2005.
Pianiste depuis son enfance, Guillaume Depardieu aurait aimé être musicien plutôt qu’acteur : «Il n’y a pas de noblesse à être acteur. J’avais une vision péjorative de la fonction, il est pourtant possible que le cinéma ne m’ait apporté que du bien, même si j’aurais préféré être musicien […] La préférence musicale, c’est parce que je suis resté bloqué au stade anal des émotions: la musique est directe. J’ai besoin de recevoir une grande violence pour m’apaiser», confiait-il au journal Libération en 2007.
Il écrivait depuis l’âge de 20 ans
Guillaume Depardieu a commencé à écrire dès l’âge de 20 ans alors qu’il était en prison pour usage et trafic de stup’. Mais son grand projet, c’était un album qu’il voulait défendre sur scène.
Aujourd’hui, cinq ans après sa mort sort Post Mortem, l’album sur lequel il travaillait, mais qu’il n’avait pas eu le temps de terminer. Guillaume Depardieu avait enregistré 11 maquettes dont il avait écrit les textes et travaillé la musique avec François Bernheim, un ami de la famille Depardieu depuis de nombreuses années. Musicien et producteur, il a notamment travaillé avec Patricia Kaas, Brigitte Bardot, Serge Reggiani ou encore Renaud.
Morbide ?
Le titre Post Mortem pourrait sembler… morbide au mieux. Voire carrément de mauvais goût. Pourtant, c’est Guillaume Depardieu qui l’avait lui-même choisi, convaincu que ses chansons lui survivraient. Ironique. «Il hésitait à mettre son nom sur la pochette», précise son Label Cinq7. Il n’y est d’ailleurs pas. Seulement une photo très sobre de lui sur la couverture.
Cinq ans de travail
Alors pourquoi avoir attendu cinq ans? D’abord parce qu’«Il n’est jamais évident de finir une œuvre inachevée immédiatement après le départ d’un proche. Avec le temps, et à l’écoute de la qualité des mots, et de l’interprétation, il est apparu que ce disque devait exister en tant qu’œuvre», justifie le label.
Le projet a été porté par son ex-femme Elise, sa sœur Julie Depardieu, et sa mère Élisabeth Depardieu ainsi que François Bernheim.
Ensuite, parce qu’il a fallu du temps pour trouver les bonnes personnes pour faire aboutir cet album en chantier. «Il a fallu retravailler légèrement les arrangements qui, sur les maquettes, n’étaient pas voués à rester ainsi. Renaud Letang accompagné du violoncelliste Vincent Segall et du batteur Vincent Taeger avec l’aide de François Bernheim ont travaillé à la finalisation de l’album», continue le label.
Pour être parfaitement transparent, l’entourage de Guillaume Depardieu annonce que les droits de l’album reviendront à sa fille, Louise à qui il consacre une chanson (voir ci-dessus) à sa majorité dans six ans. Et les 11 maquettes, brutes, telles qu’enregistrées par Guillaume Depardieu seront ajoutées à l’album, en plus des 11 chansons arrangées.


http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20131202_00397758






Cinq ans après sa mort, Elisabeth, sa mère, Julie, sa sœur, et Elise, son ex-compagne, se sont battues pour faire sortir son album de chansons
Vendredi 22 novembre, dans le jardin de sa maison, à Bougival, Elisabeth reçoit Julie et Elise.
Le 27 novembre 2013
Ghislain Loustalot

Paris Match. Pourquoi cinq ans se sont-ils écoulés entre la disparition de Guillaume et la sortie de son album ?
Julie. Tout d’abord, il y a eu l’état de stupéfaction causé par sa mort. Puis une période de questionnement. Guillaume n’avait pas achevé son travail, étions-nous en droit de le finir pour lui ? Nous avons décidé d’aller jusqu’au bout parce que cette œuvre était ce qui lui tenait le plus à cœur. Mais fallait-il laisser les maquettes brutes telles qu’il les avait enregistrées ? Nous avons beaucoup tâtonné, nous n’étions pas d’accord. Finalement, le ­public pourra découvrir les deux versions.
Elisabeth. Grâce à ces chansons, Guillaume est encore là. Sa voix restera toujours. Comme ses textes, tellement ­fidèles à ce qu’il était, à ce qu’il nous disait de ses colères, de ses enthousiasmes.
Elise. Après un long temps de sidération, j’ai pu entendre à nouveau cette voix qui s’était tue. Je retrouvais Guillaume, sa poésie, sa beauté.
Elisabeth. On le résumait à des ­actions d’éclat qui ne lui ressemblaient pas. Guillaume était un être extrêmement généreux. Il aimait la vie au point de s’y perdre.
Est-ce que cela ne vous fait pas du mal de l’écouter aujourd’hui, de revivre ses souffrances ?
Elisabeth. La douleur ne s’effacera jamais, mais, pour Louise, sa fille, il était important que nous sauvions quelque chose, qui compense ce qu’elle a pu entendre sur lui, y compris à l’école. Nous avons voulu rendre justice à Guillaume. Cela nous a coûté beaucoup de larmes.
Julie. Louise était notre urgence. A l’enterrement de Guillaume, elle était à côté de moi. Du haut de ses 8 ans, elle m’a dit : “Ne pleure pas, Tata, il est mieux là où il est.”
"Un jour, Guillaume m’a dit : “Si je devais disparaître, je voudrais que tu prennes soin de Julie." Elise
Pourquoi avait-il choisi ce titre, “Post Mortem” ? Une prémonition ?
Elisabeth. Il se savait fragilisé, son corps était abîmé. Il avait conscience que ça ne durerait peut-être pas longtemps. Pour renverser l’opinion que les gens avaient de lui, il avait compris qu’il lui faudrait toute une vie, cela lui paraissait insurmontable. Il en avait marre de lire : le fils Depardieu a fait ceci ou cela.
Julie. Fils de… Fille de… C’est quelque chose dont on ne se débarrassera jamais. Guillaume s’est souvent trouvé dans la situation de devoir expliquer les agissements de son père, avec lesquels il n’était pas toujours d’accord.
Elise. C’est ce qu’il veut dire dans la chanson qu’il a écrite pour Louise. Il voulait la préserver pour qu’elle ne devienne pas “la fille de” à son tour. Quand elle est née, il a développé un instinct de protection tellement fort qu’il s’est même posé la question de savoir si elle devait porter le nom de Depardieu.
Elisabeth. Toutes les périodes de notre existence ont été sous le feu des projecteurs. Y compris l’opération de Guillaume, la prison, tout. Il est déjà très douloureux de vivre ce genre de choses, mais quand elles sont vues à travers l’œil des autres, on ne reconnaît rien. 
Elise. Un jour, Guillaume m’a dit : “Si je devais disparaître, je voudrais que tu prennes soin de Julie.”
Dans “Marlon”, il hurle son désespoir et sa rage contre un père…
Elisabeth. J’évite de dire que c’est ma chanson préférée. Je n’ai pas envie d’en parler.
Julie. Les rapports filiaux sont difficiles dans d’autres familles que la nôtre. Je trouve ça beau quand un enfant les ­formule.


http://www.parismatch.com/People/Cinema/Guillaume-Depardieu-Les-femmes-de-sa-vie-538375






VIDEOS.

Julie Depardieu : «Guillaume n’est pas tout à fait mort»
Julie Depardieu raconte la naissance de «Post Mortem», l’album posthume de son frère, Guillaume, qui sort aujourd’hui.
Sylvain Merle  25 nov. 2013

Aujourd’hui paraît « Post Mortem », l’album posthume que Guillaume Depardieu préparait lorsqu’une pneumonie l’a emporté à l’âge de 37 ans. C’était le 13 octobre 2008. Pendant cinq ans, sa famille, sa sœur Julie notamment, a œuvré pour terminer le projet finalement réalisé par Renaud Letang avec Vincent Ségal et Vincent Taeger. L’album se compose de onze titres mis en musique par François Bernheim; onze textes parmi tant d’autres jetés sur le papier avec cette urgence vitale qui caractérisait le comédien. Des chansons qui disent sa fatigue et sa douleur, ses rêves et ses démons, avec des mots chantés ou susurrés, voire éructés comme sur « Marlone ». Julie Depardieu dévoile comment est né ce disque.

VIDEO. Julie Depardieu raconte son frère
http://www.leparisien.fr/musique/video-julie-depardieu-guillaume-n-est-pas-tout-a-fait-mort-25-11-2013-3347871.php

Guillaume voulait intituler ce disque « Post Mortem »?
JULIE DEPARDIEU. Il pensait ne pas être là au moment de sa sortie, c’est ce qu’il m’avait dit… « Tu seras mort, c’est ça? », lui avais-je demandé. Il a juste répondu que ça s’appellerait « Post Mortem ».

Il chante « je suis un mort en sursis »…
Il en parlait sans cesse pendant les écoutes des maquettes. Peut-être sentait-il déjà? Je n’avais pas compris. Quand on m’a dit que c’était fini, je n’y croyais pas. Il était passé entre les gouttes avec une vie extrêmement dangereuse ; pour moi, il ne pouvait pas mourir.

Cinq ans sont passés…
Il a fallu laisser passer le temps où j’avais envie que tout le monde meure. A sa mort, je me suis sentie désignée pour le faire. Certains voulaient sortir les maquettes brutes, j’ai dit : « Moi vivante, jamais! » Je me suis engueulée avec tout le monde.

Comment ont été orchestrées ces maquettes?
Des gens doués se sont penchés dessus, mais ça ne collait pas. Renaud Letang a commencé en 2011 et ça nous a plu. Ce qui faisait mal sur les maquettes, c’était que Guillaume était seul avec sa douleur. Là, il était vraiment accompagné et aussi présent qu’au début, j’avais envie de l’appeler pour lui dire comme c’était bien.

Qui assistait aux écoutes?
J’organisais tout, mais les décisions étaient communes. Il y avait souvent ma mère, Philippe (NDLR : Katerine, son conjoint) est venu aussi, ma belle-sœur, Elise Ventre. Ma nièce Louise est venue une fois également.

Et Gérard Depardieu?
Je lui faisais écouter de temps à autre, dès que je le voyais, de retour de je ne sais où…

Qu’en pense-t-il?
Il est très mystérieux. Comme les paysans, plus il ressent, moins il exprime, mais je pense qu’il est heureux et ému que Guillaume revive un petit peu.

Le titre « Marlone » évoque votre père?
Marlon Brando en particulier, la paternité en général, pas seulement Gérard. C’est sur les pères qui passent à côté de leur famille pour le travail. Il était hospitalisé avec Cheyenne Brando, la fille de l’acteur, qui s’est suicidée juste après sa sortie. Il a dû l’écrire en sa mémoire et pour tous les enfants dont le père avait autre chose à faire.

« Post Mortem » est à l’image de Guillaume?
Oui, c’est lui. Une grande douceur sur « Louise », sa « terre promise », une espèce d’humour distancié sur « l’Estropié », avec ces sifflets de soldats qui reviennent avec quelque chose en moins; lui, c’était la jambe. Il exprime sa douleur et sa rage aussi. On a une peau, lui pas, il était à vif, et l’addition était salée parce que c’est avec son corps qu’il payait.

Travailler pour cet album aide-t-il à faire le deuil?
Guillaume nous a laissé un truc qui fait qu’il n’est pas tout à fait mort. Je sais qu’il n’est pas en voyage, mais je suis contente que ce petit bout de lui paraisse. Il en parlait depuis toujours, c’était son grand projet.

http://www.leparisien.fr/musique/video-julie-depardieu-guillaume-n-est-pas-tout-a-fait-mort-25-11-2013-3347871.php






Le testament musical de Guillaume Depardieu
Le Point.fr - Publié le 12/09/2013


Un album posthume de l'acteur sortira fin novembre, cinq ans après sa mort. Le projet a été porté par sa famille et notamment sa soeur, Julie Depardieu.

C'est l'un des rêves les plus chers de Guillaume Depardieu qui va se réaliser fin novembre : l'album sur lequel il travaillait avec passion va enfin voir le jour, cinq ans après sa disparition en octobre 2008, lorsqu'une pneumonie fulgurante terrassait brutalement cet artiste à fleur de peau. Comme le rapporte Le Parisien/Aujourd'hui en France, qui annonce une sortie pour le 25 novembre, Julie Depardieu et sa mère Élisabeth n'ont jamais abandonné l'idée de faire découvrir le travail de Guillaume et ont tout fait pour concrétiser ce projet. "J'ai son album dans mon iPod, je l'écoute souvent, déclarait Julie un an après la mort de son frère. Il va sortir en disque, mais on est en train de l'optimiser. On veut en faire un truc qui restera dans le temps, pas un album dont on ne parlera plus dans trois ans. On y apporte des arrangements, mais on essaye de respecter ce qu'il voulait."

D'abord prévu pour sortir chez Atmosphériques, c'est finalement les équipes du label Cinq7 qui ont repris le projet. "Il y avait une trame mélodique, assez dépouillée, qui a été habillée en studio, avec des musiciens et des arrangements", précise la maison de disque. Le travail s'est fait par petite touche, au goutte-à-goutte, sous la direction du réalisateur Renaud Letang, qui a travaillé entre autres avec Alain Souchon ou Manu Chao. Le compositeur François Bernheim a été mis également à contribution ainsi que le violoncelliste Vincent Ségal pour certaines parties instrumentales. Sur la trame initiale, où la voix de Guillaume a parfois les accents d'un Gainsbourg, les instruments viennent habiller le testament d'un artiste hypersensible. "Du Guillaume Depardieu pur jus, pas d'étiquette, du style !" comme l'acteur définissait lui-même son album avant sa mort.

L'amour, le désir, la souffrance et la mort
De fait, les textes sont directs et souvent crus, à l'image d'un artiste écorché par une vie qu'il brûlait avec violence et passion. Drogue, alcool, conflit avec son père... Le jeune premier, salué par la critique dans Tous les matins du monde, enchaîne les films autant que les excès. Puis vient cette maladie nosocomiale qui le ronge à petit feu après un accident de moto. À l'époque, il écrit déjà des chansons, il compose même "À force de" pour la grande Barbara. Après des années de morphine et d'antibiotiques, Guillaume décide finalement de se faire amputer la jambe et d'utiliser une prothèse. On retrouve évidemment toute cette rage dans ses textes, qui évoquent à la fois l'amour, le désir, la souffrance et - déjà - la mort. L'une des chansons brutes avait d'ailleurs été diffusée lors de ses obsèques, dans l'église de Bougival : "Je fais ce que je veux de mon corps/Car je ne dispose pas de mon sort/J'apprivoise les transports/Vers le ciel." Plus noire, la chanson "Je mets les voiles" : "Je préfère crever plutôt que d'être une source à ta souffrance."
Au final, onze chansons à texte ont été ciselées pendant des mois, prêtes désormais à être partagées par le grand public. Un premier single, sans doute "Faisons l'amour", devrait être diffusé dans les jours qui viennent sur un site dédié (guillaume-depardieu.fr). Pour sa soeur Julie, il s'agit vraiment d'un testament artistique. "Il ne parlait que de ça. Il me faisait écouter les maquettes, a déclaré la comédienne à l'AFP. Il fallait que ce disque existe, pour lui et pour sa fille aussi." Sa fille, Louise, qu'il a eue avec l'actrice Élise Ventre, âgée seulement de 7 ans à la mort de son père. L'album s'intitulera tout simplement Post Mortem. Comme un dernier message aux vivants.


http://www.lepoint.fr/culture/un-album-posthume-pour-guillaume-depardieu-12-09-2013-1723548_3.php






Publié le vendredi 22 novembre 2013 à 14:59 par H.D
Julie Depardieu parle de l’album de son frère, Guillaume Depardieu
« Ses chansons disent qu’il va mourir »
    
Un album posthume de Guillaume Depardieu sortira fin novembre
12/09/2013
Enregistrer un album, c’était son rêve. Guillaume Depardieu l’a réalisé avec « Post Mortem ». Et s’il n’est plus là pour en parler, sa sœur Julie s’en est chargé lors d’une interview à l’AFP.
Cinq ans après sa mort, Guillaume Depardieu livre une partie de ses secrets et surtout sa sensibilité à travers Post Mortem , son premier et dernier album, qui sort ce 2 novembre. Un disque dont il avait écrit les paroles, mais pas la musique, laissée au compositeur François Bernheim. « Je pense qu’il flippait. Je pense que le grand projet de sa vie c’était ça, et les grands projets ce sont ceux qu’on ne réalise pas parce qu’il faut que ce soit génial », explique Julie Depardieu.
Avide de se produire sur scène pour partager sa musique avec le public, l’acteur avait choisi de la faire sous le nom Post Mortem. « Quand il m’a annoncé ça, je lui ai dit : il y a quand même plus gai dans la vie, tu n’as pas un autre nom un peu moins glauque ? Il m’a répondu : non tu verras, c’est bien". De là à imaginer que Guillaume pressentait ce qui allait lui arriver, il n’y a qu’un pas, que sa sœur franchit sans hésiter « Dans toutes les chansons, il dit qu’il va mourir. Il sentait que ça allait s’arrêter dans pas longtemps. Mais personne ne l’a pris vraiment au sérieux ».
Entre chanson française et textes récités façon slam, Post Mortem n’est pas l’album sombre qu’on imagine. Guillaume y fait même souvent preuve d’ humour au second degré et d’une auto dérision étonnante. Preuve de la force intérieure qui l’animait. Pourtant, le 13 octobre 2008, un an après avoir commencé à travailler sur son disque, il était emporté par une pneumonie contractée lors d’un tournage en Roumanie. Julie s’en souvient : « Lorsqu’il est arrivé de Roumanie dans le coma, j’étais persuadée qu’il allait se réveiller ». Il n’en a rien été. Pourtant, aujourd’hui, sa voix et ses textes peuvent nous laisser penser qu’il ne nous a jamais quitté.


http://www.voici.fr/musique/julie-depardieu-parle-de-l-album-de-son-frere-guillaume-depardieu-512192





Elisabeth Depardieu :

"Guillaume avait besoin de témoigner"
Par Europe1.fr
Publié le 25 novembre 2013


INTERVIEW E1 - Elisabeth Depardieu se confie avant la sortie lundi de l'album posthume de son fils.
Pour la sortie lundi de l'album de posthume de Guillaume Depardieu, Europe 1 recevait sa mère, Elisabeth Depardieu. Selon elle, ce disque n'est pas un règlement de comptes avec son omnipotent père, mais un témoignage sur son parcours si tumultueux.

"Je pense qu'il avait besoin de témoigner, de tout ça, de son parcours. Il aimait écrire, chanter, ça faisait partie de ce qu'il avait envie de dire", confie-t-elle avant de demander : "Qui n'a pas de rapports compliqués avec son père quand il est connu, et que ce sont deux lions dans une même famille ?"
De quand datent ces chansons ? "Il a toujours écrit ! Il me reste plein d'écrits de lui, si j'y arrive un jour je les mettrai en ordre", explique Elisabeth Depardieu pour qui "il faut pas mal de courage pour s'atteler à ça ! C'est violent aussi d'en parler." Cet album, c'était "sa volonté, ajoute-t-elle. Il était prêt à le faire ! Il en a été arrêté juste parce qu'il est mort !"
Pourquoi avoir attendu six ans après sa mort pour sortir cet album ? "Parce que ça a été très compliqué. Nous avons été partagés entre deux devoirs. Le devoir de fidélité, de transmettre tout de suite les maquettes telles qu'elles étaient. Et puis le devoir qui était celui de sa volonté : il voulait d'autres arrangements. Julie [Depardieu] s'en est occupée, elle a voulu être fidèle à ce qu'elle estimait être le désir profond de Guillaume."


http://www.europe1.fr/Culture/Elisabeth-Depardieu-Guillaume-avait-besoin-de-temoigner-1719403/





Post Mortem, l'album de Guillaume Depardieu attendu pour novembre
13/09/2013 -
    
Il y a cinq ans, on ne savait pas si le projet allait voir le jour, c'est maintenant confirmé, un album posthume de Guillaume Depardieu va être publié en novembre de cette année.
Le fils Depardieu, décédé en 2008 des suites d'une pneumonie violente, était surtout connu en tant qu'acteur. Ce que l'on ne savait pas ou moins, c'est qu'il s'était déjà essayé à la musique par le passé et qu'il avait enregistré avant de mourir une collection de chansons, onze au total, en collaboration avec le compositeur François Bernheim. Il aura fallu cinq ans pour travailler ces chansons laissées par Depardieu à l'état de maquette et trouver les bons collaborateurs : Renaud Letang (producteur d'albums d'Alain Souchon, d'Emilie Simon, de Feist...) à l’arrangement aidé de Vincent Ségal(violoncelliste).
Cinq après les rumeurs, c'est le patron du label Atmosphériques, qui a dévoilé, au Parisien les détails de ce disque à la sortie imminente, dont le nom macabre et évocateur, Post Mortem, a été trouvé, non pas par la maison de disques, mais par Guillaume Depardieu lui-même. C'est à partir du 25 novembre qu'on pourra écouter ce disque, qualifié par les proches de l'acteur, comme très personnel et aux textes puissants... une sortie d'autoportrait musical d'un tourmenté du cinéma français.
En 2009, sa sœur Julie Depardieu avait dévoilé un extrait de ce projet "Je fais ce que je veux de mon corps" :


http://musique.premiere.fr/News-Musique/Post-Mortem-l-album-de-Guillaume-Depardieu-attendu-pour-novembre-3833609






Post Mortem de Guillaume Depardieu : un album à fleur de peau

Quand j'ai appris il y a quelques semaines que Guillaume Depardieu avait écrit un album peu de temps avant son décès et que sa famille avait décidé de le sortir, j'ai été très étonnée. Je connaissais son goût pour la musique puisqu'il avait enregistré un duo avec Juliette sur l'album Mutadis mutandis (magnifique chanson soit dit en passant)  mais je ne savais pas du tout que le jeune homme avait envie d'entamer une carrière de chanteur.

C'est donc avec beaucoup de curiosité que j'ai foncé sur Deezer pour écouter le trop bien nommé Post Mortem. On pouvait craindre le pire parce qu'il y a pléthore d'albums inédits qui sortent après le décès de l'artiste et ils sont tous plus mauvais les uns que les autres. Ce n'est pas le cas ici : Post Mortem est un album que j'ai beaucoup aimé.

Le ton est donné dès le premier titre Faisons l'amour : cru, brutal, percutant, direct. Guillaume Depardieu n'a pas fait dans la demi-mesure. Sa voix grave est aussi percutante que les mots qu'il prononce. Sur certains titres Guillaume les crache avec violence. Et pourtant, on sent la douceur et la sensibilité de l'homme sur tous les morceaux. Post Mortem est à l'image de son auteur : tout en contradiction.

Révolté sur les étonnants Fast Food et La violence, Guillaume se fait tendre et protecteur sur Louise, chanson émouvante écrite pour sa fille. Émotion vive que l'on retrouve sur Je met les voiles et sur Si on s'aimait. L'estropié et Je fais ce que je veux de mon corps expriment la douleur face à un corps mutilé que le jeune homme a dû se réapproprier.

Les textes sont beaux même si parfois poussifs ( L'estropié) et l'interprétation est envoûtante. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Daniel Darc tant au niveau des textes que de la voix. J'ai pensé aussi à Benjamin Biolay pour le phrasé et les intonations. L'ensemble est porté par de très beaux arrangements signés Renaud Letang.

En définitive Post Mortem est un album qui m'a fait vibrer et qui est bien plus qu'un simple produit commercial. C'est l'œuvre d'un poète trop tôt disparu.

http://le-bric-a-brac-de-potzina.blogspot.com/2013/11/post-mortem-guillaume-depardieu-album-critique-avis.html






Guillaume Depardieu "savait qu’il allait mourir" d’après sa sœur Julie
22/11/2013

    Disparu il y a cinq ans des suites d'une maladie, Guillaume Depardieu a laissé derrière lui une série de chansons qui représentaient le projet de sa vie. Des chansons arrangées en album, qui sortira dans quelques jours.
Père, fils, frère, ami, Guillaume Depardieu représentait beaucoup pour les membres de sa famille, qui ont du lui dire un tragique adieu en 2008, lorsqu’il a succombé aux suites d’une pneumonie, après un tournage en Roumanie. Mais s’il était avant tout acteur, suivant ainsi les traces de son monstre sacré de père, Guillaume ambitionnait également de se tourner vers la musique. Il avait d’ailleurs écrit toute une série de chansons, qu’il n’a pas eu le temps de mettre en boîte avant de partir. Mais ses proches se sont chargés d’achever ce qu’ils qualifient comme étant "le projet de sa vie".
L’album s’apprête donc à sortir dans les bacs sous l’intitulé étonnamment prémonitoire de "Post Mortem". Un titre que Guillaume avait choisi lui-même, explique Julie Depardieu à l’AFP : Quand il m’a annoncé ça je lui ai dit: 'y a quand même plus gai dans la vie. T'as pas un autre nom un peu moins glauque ?' Il m'a répondu 'Non, tu verras, c'est bien'", se souvient Julie Depardieu. Et d'ajouter : "Dans toutes les chansons, il dit qu'il va mourir. Il appelle ça Post Mortem. Il sentait que ça allait s'arrêter dans pas longtemps. Mais personne ne l'a pris vraiment au sérieux. Quand il est arrivé de Roumanie dans le coma, j'étais persuadée qu'il allait se réveiller."
Quant à savoir pourquoi Guillaume Depardieu n'a pas souhaité s'occuper de la musique lui-même, Julie a sa propre explication : "Je pense qu'il flippait, raconte-t-elle. Je pense que le grand projet de sa vie c'était ça et les grands projets ce sont ceux qu'on ne réalise pas parce qu'il faut que ça soit génial. Il devait composer un peu, ne devait pas se plaire, tout jeter, s'énerver. C'était quelqu'un qui détruisait tout parce que ce n'était jamais assez bien pour son rêve".
Au fil des titres, dont "L’estropié", "Je fais ce que je veux de mon corps", "Je mets les voiles", ou encore "Louise", en hommage à sa fille, Guillaume Depardieu se dévoile un peu plus et laisse le public entrer dans cette part d’intimité qu’il a longtemps farouchement gardée.


http://www.public.fr/News/Guillaume-Depardieu-savait-qu-il-allait-mourir-d-apres-sa-saeur-Julie-470561


































 
 
 

 
 



13/02/2014
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