Alain YVER

Alain YVER

HELEN LEVITT

HELEN LEVITT




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http://www.atgetphotography.com/The-Photographers/Helen-Levitt.html


http://www.laurencemillergallery.com/artist_levitt.html

http://www.telerama.fr/scenes/eloge-de-l-enfance,41546.php

http://www.tumblr.com/tagged/helen-levitt





Levitt, d’œil new-yorkais
31 mars 2009
    
Disparition. La photographe en solitaire des trottoirs américains est morte dimanche à l’âge de 95 ans.

Helen Levitt est morte dans son sommeil dimanche 29 mars, à New York, sa ville natale, dont elle avait saisi la beauté avec son Leica. Elle avait 95 ans et n’avait guère changé sa philosophie de l’art de vivre en solo. Elle préférait s’occuper de ses chats, lire un bon policier ou jouer au gin-rami plutôt que de s’afficher au vernissage de ses multiples expositions.
La Fondation Henri Cartier-Bresson, à Paris, lui avait rendu un vibrant hommage en septembre 2007. Et son galeriste, Laurence Miller, avait alors souligné combien cette femme, réputée peu commode, était exigeante : «Helen est plus viscérale qu’intellectuelle. Elle n’a jamais eu aucun plan de carrière ni le moindre désir d’être célèbre, même si elle est reconnue comme un maître de la photographie. Elle est la doyenne des artistes de ma galerie.»
Intuition. Née le 31 septembre 1913 à Brooklyn, Helen Levitt abandonne tôt ses études. Premier job chez un photographe commercial, dans le Bronx, où cette fille d’immigrants se familiarise avec la chambre noire, avant de portraiturer les amis de sa mère. Choc en avril 1935, lorsqu’elle découvre les photographies d’Henri Cartier-Bresson, de Walker Evans et de Manuel Alvarez Bravo, accrochées à la galerie Julien Levy, sur Madison Avenue, au pied de Central Park. Dès lors, comme eux, cette autodidacte retiendra l’intuition comme matière première de ses photographies, mais s’abstiendra de toute incursion dans le photojournalisme. Par timidité, précisera-t-elle, et manque d’attrait pour la technique.
De fait, elle inventera son propre monde, arpentant sans a priori les quartiers populaires de New York, vite rénovés en confettis poétiquement mystérieux. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas de témoigner de l’Amérique sous Roosevelt, c’est de ravir, à Spanish Harlem ou dans le Lower East Side, les passages secrets de la rue. Les enfants frondeurs, leurs gribouillages à la craie, leurs graffitis de bagatelle. La bizarrerie du trafic des piétons face aux voitures. La solitude des gens réfugiés à leurs fenêtres. Et la chorégraphie de la vie à l’emporte-pièce, entre comédie à l’italienne et documentaire à la Rossellini.
La reconnaissance ne tarde pas. «Personne ne la surpassait», lancera John Szarkowski, le conservateur chargé de la photographie au Museum of Modern Art, lorsqu’il lui accorde une exposition personnelle en 1943 : elle a 30 ans. Y sera dévoilé l’un de ses clichés les plus reproduits : trois gosses en route pour Halloween, ravis sur le perron, avec leurs masques de fortune.
Photographe du seuil, toujours en retrait, Helen Levitt n’importune pas ses modèles. Pas de message social, pas d’état des lieux, mais une empathie certaine, visible lorsqu’elle séjourne au Mexique, comme assistante de Luis Buñuel, en travail de commande pour le Museum of Modern Art. Ses instantanés dévoilent des ouvriers aux couleurs de cendre, pétrifiés par leur labeur. Ce voyage mexicain (en 1941) sera sa seule escapade hors de Manhattan.
Bigoudis. Ses confrères l’admirent. Walker Evans, par exemple (elle l’accompagnera dans le métro quand il fera ses photos incognito). L’écrivain James Agee aussi. Ils réaliseront ensemble, avec Janice Loeb, In The Street, un bijou de quatorze minutes monté en 1952, version live de ses images immobiles.
Un moment tentée par le cinéma, Helen Levitt revient à ses premières amours en 1959. Coup d’éclat : elle s’initie à la couleur grâce à des bourses de la Fondation Guggenheim. Tout a changé. Les trottoirs se vident de leurs locataires, effondrés devant la télévision, qu’importe ! Helen Levitt continue à traquer les dessous candides de sa ville natale. Des poules devant un parterre de chaises sous plastique. Les croqueurs de pastèques. Les ladies en bigoudis. Le surpeuplement des cabines téléphoniques. Et une banquise d’enfants en goguette, ses sujets fétiches, prêts à en découdre avec les passants.
Même si la photographe se sentait «vacillante», Helen Levitt a su imposer avec force sa vision d’un New York d’en bas, loin des miradors de la réussite. Son unique credo : «La beauté est dans la réalité elle-même.»
Brigitte OLLIER

http://www.liberation.fr/culture/2009/03/31/levitt-d-oeil-new-yorkais_549837







La photographe Helen Levitt est décédée
Publié le 31-03-2009

La célèbre photographe, s'est fait connaître dans les années 30 avec ses clichés réalisés dans les quartiers modestes de New-York, en particulier ses portraits d'enfants dessinant à la craie dans la rue.
Helen Levitt, la célèbre photographe est décédée dans son sommeil à Manhattan à l'âge de 95 ans, a-t-on appris mardi 31 mars. Ses photographies, véritables scènes de la vie dans la rue new-yorkaise, montrant un quotidien aujourd'hui révolu étaient célèbres dans le monde entier. Helen Levitt est morte dimanche dans son appartement, a indiqué son ami Thomas Roma, également directeur du département photographies à l'Ecole des Arts de l'Université Columbia, dans le Missouri. "Elle faisait indiscutablement partie des plus grands photographes de tous les temps", a-t-il ajouté.

Quartiers modestes de New-York

Autodidacte, Helen Levitt s'est fait connaître dans les années 30 avec ses clichés réalisés dans les quartiers modestes de New-York, en particulier ses portraits d'enfants dessinant à la craie dans la rue.
Née en 1913, la photographe a grandit à Brooklyn (Etat de New York). Epoustouflée par les dessins éphémères des enfants, elle investit dans un Leica pour les immortaliser. Le livre "New York City 1938-1943" est considéré comme l'un des 100 meilleurs livres photos. Helen Levitt a photographié les quartiers de Harlem et de Lower East Side, bien avant que la télévision ne le fasse.

"Documents d'histoire"

Elle travaille ensuite comme photojournaliste et dans les années 60, est soutenue par la fondation Guggenheim. Elle privilégie le noir et blanc jusque dans les années 60, admirative du célèbre photographe français Henri Cartier-Bresson. Elle passera ensuite à la couleur. En 1991, le Musée d'Art moderne de San Francisco organise une rétrospective sur sa carrière longue de 70 ans. Peter Galassi, le commissaire de l'exposition affirmait alors que ses photos sont "devenues des documents d'histoire", parce qu'elles montrent "une forme d'ouverture, de liberté et de sécurité dans les rues, comme cela n'a pas existé pendant longtemps".

http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20090331.OBS1405/la-photographe-helen-levitt-est-decedee.html






Helen Levitt, un lyrisme urbain [Relié]
Description de l'ouvrage Date de publication: 23 septembre 2010


Helen Levitt Un lyrisme urbain Textes de Jean-François Chevrier, Jorge Ribalta et Alan Trachtenberg Durant plus de cinquante ans, Helen Levitt (1913-2009) a photographié essentiellement à New York les rues des quartiers populaires. Ses images montrent, avant tout, des moments fugitifs et ordinaires, des regards, des gestes qu expriment par excellence les jeux et les dessins d enfants. Le livre, outre des images de Mexico en 1941, réunit le travail à New York en noir et blanc dans les années 1930-40, puis en couleur à partir de 1959. Il constitue la première monographie en français consacrée à cette photographe américaine majeure du XXe siècle. L' uvre d'Helen Levitt a fait l objet de rétrospectives, entre autres, au San Francisco Museum of Modern Art (1991), à la Documenta X de Kassel (1997) et à la Fondation Henri Cartier-Bresson à Paris (2007). Parmi les ouvrages qui lui ont été consacrés : Mexico City (Double Take, 1997), Here and There et Slide Show (PowerHouse Books, 2004 et 2005). Jean-François Chevrier enseigne l'histoire de l'art à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il a récemment publié Entre les beaux-arts et les medias : photographie et art moderne (L'Arachnéen, 2009). Jorge Ribalta a été commissaire, entre autres, de l'exposition « Archivo Universal. La condición del documento y la utopía fotográfica moderna » au Musée d'art contemporain de Barcelone (MACBA) en 2008. Alan Trachtenberg, professeur d'études américaines à l'université de Yale, est notamment l'auteur de Reading American Photographs: Images as History, Mathew Brady to Walker Evans (Hill and Wang, 1989). Format : 23 x 20 cm Relié sous jaquette 110 photographies en noir & blanc et couleur 180 pages ISBN : 978-2-912132-66-6 36 euros.







Helen Levitt

Née en 1913, Brooklyn, États-Unis – Morte en 2009, New York, États-Unis
Née en 1913 dans le quartier de Brooklyn à New York, Helen Levitt a photographié sa ville natale sur un mode lyrique tout au long de sa carrière, pendant plus de soixante-dix ans. Connue pour son talent pour capter des moments poétiques fugitifs et singuliers, Helen Levitt a obtenu le succès pour son traitement sincère des enfants et pour sa disposition étonnante à capter l’énergie frénétique de leurs jeux et de leurs échanges. Son aptitude à enregistrer la rue n’a d’égal que celle de son ami et collègue Walker Evans.
Helen Levitt a souvent travaillé dans le Harlem hispanophone et dans le Lower East Side, où les intérieurs domestiques débordent sur la rue. Sur sa photographie la plus célèbre, trois enfants se préparent pour Halloween sur le perron de leur maison : la première revêt son masque, le deuxième descend les escaliers, le troisième se laisse glisser dans l’effervescence de l’événement. Cette photographie prise en 1939 fut montrée lors de l’exposition inaugurale du département de photographie du MoMA en 1940.
Associée à l’écrivain James Agee et au peintre Janice Loeb, Helen Levitt a commencé à filmer In the Street au milieu des années 1940. Sorti en 1952, ce court-métrage documentaire de 14 minutes, bien que dénué de narration, fourmille de vie : un petit garçon déguenillé embrasse une petite fille, puis la frappe ; une petite fille habillée en bohémienne prend des poses de vamp ; une bande d’enfants se rassemble autour d’une bouche d’incendie. Les images de Helen Levitt expriment la plénitude de la vie urbaine et en rendent perceptible l’étrangeté. L’artiste dira plus tard : « C’était un bon quartier pour prendre des photos ce jour-là, parce que c’était avant la télévision… Beaucoup de choses se passaient. Les personnes âgées étaient assises dehors à cause de la chaleur 1. » Le film d’Helen Levitt fait référence aux réalisateurs de documentaires sociaux, Jacob Riis et Lewis Hine, sans jamais avouer cet objectif. Plus clairement encore, il esquisse un dialogue avec Walker Evans qui, lui, a intégré le reportage dans la photographie moderne.


http://www.latriennale.org/fr/artistes/helen-levitt







Helen Levitt et l'enfance mouvementée
LE MONDE | 16.10.2010


Les sujets d'Helen Levitt (1913-2009) sont tout simples : des enfants qui jouent dans la rue, des graffitis sur le mur, des passants saisis au vol. Et pourtant ses images en noir et blanc, puis en couleurs, sont des énigmes poétiques que l'oeil détaille sans jamais les épuiser. Une belle rétrospective de son oeuvre, accueillie cet été par le festival PhotoEspaña à Madrid, au Museo Colecciones ICO, est à présent reprise au centre d'art Le Point du jour, à Cherbourg. L'occasion d'un rattrapage pour ceux qui auraient raté l'exposition précédente, à la Fondation Henri Cartier-Bresson, à Paris, en 2007.

C'est dans les rues d'Harlem qu'Helen Levitt a trouvé son terrain d'exercice idéal : dans ce quartier populaire, les enfants vivent dans les rues. Ils y courent, rigolent, s'y disputent. Surtout, ils s'inventent un monde à part dont l'appareil photo semble fournir les clés. Accroupi sous un lion en pierre, un petit garçon a l'air de s'en protéger. Une mère plonge la tête dans une poussette d'où surgit un bambin rigolard, et l'ensemble fait naître un étrange sphinx avec des roues, des jambes de femme et une tête de gosse.
L'univers enfantin d'Helen Levitt, jamais mièvre ni attendrissant, semble toujours à la limite du fantastique : son Leica saisit des corps sur le vif, dans des positions inhabituelles et désarticulées qui résistent à l'interprétation. A travers ses photos de masques d'enfants ou ses graffitis, on sent parfois la marque du surréalisme, mouvement qu'elle connaissait sans y appartenir : "Bouton vers un passage secret. Appuyez", indique une mystérieuse inscription associée à un cercle de craie sur le mur.
Ses instantanés virevoltants et graves portent surtout l'influence de deux maîtres, Henri Cartier-Bresson et Walker Evans. Elle rencontre le premier en 1935 à New York, alors qu'il vient préparer sa célèbre exposition chez Lucien Levy avec Walker Evans et Manuel Alvarez Bravo. Elle le suit pendant un an, s'imprègne de son oeuvre et conservera jusqu'à sa mort dans sa cuisine le tirage qu'il lui a offert. Du second, devenu ami proche, elle héritera du goût pour les images sans chichis et pour les signes urbains. Mais Helen Levitt n'a jamais eu la renommée de ses deux collègues : elle était solitaire, ne voyageait guère - à part un voyage au Mexique. Et, contrairement aux photographes de sa génération, elle refusait obstinément les commandes de la presse, niant à ses images toute portée politique ou sociale.
Cette oeuvre forte et cohérente, qui s'étale sur cinquante ans, est marquée par une forte rupture. Pendant sept ans, de 1945 à 1952, Helen Levitt cessera totalement de photographier. Avant de s'y remettre, mais sur un autre mode : elle passe à la couleur, dans des images aussi sobres qu'étranges. La ville est la même qu'en noir et blanc, heurtée, foisonnante, désordonnée, mais cette fois traversée de couleurs violentes. Corps et décors se répondent, comme si les motifs des vêtements et les graffitis des murs formaient une harmonie délibérée. Trois coqs surgissent devant un magasin de chaises lourdement ornées. Une famille entière s'entasse dans une cabine téléphonique, les fleurs de la robe maternelle occupant tout l'espace.
L'exposition du Museo Colecciones ICO rassemblait près de 120 images, pour la plupart des tirages d'époque issus de collections américaines, françaises ou espagnoles. Le Point du jour reprend quasiment la totalité des photos, mais les réunit sur une surface bien plus étroite, en deux salles.
L'oeuvre d'Helen Levitt y est découpée en trois périodes : le travail en noir et blanc sur New York, qui a été réuni dans son livre A Way of Seeing (1965), accompagné ici d'images plus tardives et moins connues ; son voyage au Mexique de 1941, d'une intense mélancolie ; son oeuvre en couleurs, présentée à travers des tirages postérieurs et des diapositives projetées. Le film In the Street (1948), réalisé avec James Agee et Janice Loeb, sera aussi projeté en continu.
La section réservée au voyage mexicain a été malheureusement un peu réduite, car les photos du Musée Reina Sofia n'ont pas été autorisées à voyager. Dommage, car la tonalité de ces images tranche avec le reste de l'oeuvre : on y découvre des paysages désolés, des êtres écrasés sous le soleil, immobiles et perdus dans l'image. Comme si, loin de la ville, les personnages d'Helen Levitt, étaient par le même coup privés de toute énergie.

"Helen Levitt, un lyrisme urbain". Le Point du jour, Centre d'art/éditeur.
107, avenue de Paris, Cherbourg-Octeville, Manche . Tél. : 02-33-22-99-23. Lepointdujour.eu.
Du mercredi au vendredi, de 14 heures à 18 heures, samedi et dimanche de 11 heures à 19 heures. Du 23 octobre au 30 janvier 2011. Entrée libre. Livre 180 p., 110 photographies. 36 €.

Claire Guillot

http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/10/16/helen-levitt-et-l-enfance-mouvementee_1427233_3246.html




















26/11/2013
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