Alain YVER

Alain YVER

HENRY SALVADOR "TANT DE TEMPS"

TANT DE TEMPS





Un album que j'écoute beaucoup en ce moment, ce disque est un cadeau,  comme tout bon disque. le travail de Benjamin Biolay: comme toujours, magnifique. Un cd tout en douceur, qui coule avec le temps, du soleil dans les oreilles, du miel.
dans le même esprit, l' album d' Elie Semoun qui tourne presque en permanence sur ma platine, un article lui est consacré sur ce blog si dessous. Cela dit j'ai quand même une préférence pour celui d' Elie Semoun.
AY


Elie Semoun "CHANSONS"
//jazz.blog4ever.com/blog/lire-article-78728-9666195-elie_semoun_chansons.html

Benjamin Biolay
//jazz.blog4ever.com/blog/lire-article-78728-1951037-benjamin_biolay.html

Benjamin Biolay le dernier album "VENGEANCE"
//jazz.blog4ever.com/blog/lire-article-78728-9642007-benjamin_biolay_vengeance.html

//www.henrisalvador.fr/

//www.youtube.com/watch?v=iAB-ZU3brmk



Tout a commencé lorsque Francis Maggiulli a contacté Laurent Manganas pour lui dire qu'il était en possession de 6 titres inédits enregistrés par Henri, titres composés et enregistrés juste avant l'enregistrement de "chambre avec vue" l'album écrit par Benjamin Biolay et Keren Ann et qui a signé le retour de Henri en 1999. La surprise est de taille, les maquettes sont tops (mélodies et textes) mais les arrangements sont à refaire. L'idée est donc de garder la voix d'Henri et on refait jouer des musiciens. A l'écoute de ces titres Catherine Salvador fond en larmes. L'histoire va donc voir le jour...





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Tout a commencé lorsque Francis Maggiulli a contacté Laurent Manganas pour lui dire qu'il était en possession de 6 titres inédits enregistrés par Henri, titres composés et enregistrés juste avant l'enregistrement de "CHAMBRE AVEC VUE" l'album écrit par B Biolay et Keren Ann et qui a signé le retour de Henri en 1999. (Plus d'1 million d'albums vendus) La surprise est de taille, les maquettes sont tops (mélodies et textes) mais les arrangements sont à refaire. L'idée est donc de garder la voix d'Henri et de refaire jouer des musiciens. A l'écoute de ces titres Catherine Salvador fond en larmes. L'histoire va donc voir le jour... Mais il faut un album d'inédits et nous n'avons que 6 chansons. Laurent Manganas retrouve alors 1 chanson inédite écrite par Christian Loigerot enregistrée dans les années 95/96. Maintenant, il faut trouver un réalisateur. Qui peut réaliser cet album ? Et la seule personne légitime pour faire cet album, c'est B Biolay, le "créateur" de Jardin d'Hiver. Il entre en studio avec une équipe réduite de musiciens, un trio composé de Denis Benarrosh, Nicolas Fizman et B Biolay, l'album se fait à ICP autour de la voix de Henri. Entre temps, B Biolay qui connait la carrière d'Henri par coeur déniche un chef d'oeuvre. Une maquette de 2 minutes, où Henri répète le mot "mon amour" sur tout le titre et un titre inédit enregistré en duo avec Hubert Mounier de l'Affaire Louis Trio en 1990 et puis, B Biolay a eu envie de faire SA version de "Syracuse" entre Debussy et Ravel. Au final, 11 titres produits de manière intemporelle. On se sait pas si cet album a été enregistré en 1950 ou en 2011; à Los Angeles ou à Paris. B Biolay dit : "je voulais que ce soit l'album qu'Henri ai pu enregistrer avant CHAMBRE AVEC VUE" entre 1950 et 2000. Les musiques sont de Francis Maggiulli (aidés sur un titre par Calogero), Christian Loigerot. Les textes sont de Michel Modo (son complice de toujours), Gisèle Mollard (pour le duo avec Hubert Mounier), Philippe Gaillard... La voix d'Henri Salvador y est sublime. Il avait enregistré à l'époque des maquettes en 1 prise, en un souffle sans pression. Ces voix ont été laissées telles qu'elles, autour d'elles, les arrangements de B Biolay comme un écrin.







CRITIQUE
Quatre ans après sa mort, Salvador envoûte encore. Grâce à Benjamin Biolay, qui a mis en musique ses titres inédits, il demeure l'incarnation du crooner cool.

Les arrangements somptueux de Biolay. La voix soyeuse de Salvador. Et vice versa. On approchait ce disque avec appréhension, comme tous les albums posthumes ; on en ressort avec un sentiment de bien-être. Sans doute à cause du parfum de plénitude qu'il exhale. Dans leur immense majorité, ces chansons n'étaient à l'origine que des « maquettes », enregistrées par Salvador en 1999 — c'est-à-dire à l'époque de Chambre avec vue. Il avait déjà plus de 80 ans... Mais quelle maestria vocale ! Autour de cette voix de crooner absolu, Benjamin Biolay a tissé des orchestrations très classiques, riches et légères à la fois, jamais pesantes ou folkloriques. Tonalité mélancolique : les deux premiers titres, Ça n'a pas d'importance et Tant de temps, ont des échos testamentaires. Et si les suivants sont souvent plus joyeux, c'est tout l'esprit de Salvador qui semble contenu ici. On n'y entend rien de ce qui pourrait ressembler à une récupération : l'hommage est parfaitement digne. Au rang des surprises : un duo, façon big band, avec Hubert Mounier (ex-Affaire Louis Trio) ; un autre avec Biolay (parfait dans le rôle du crooner bis) ; une version inédite de Syracuse. Et surtout une perle, étrange : deux minutes d'une harmonie parfaite, sur lesquelles Salvador ne chante que deux mots, comme une prière : Mon amour. Superbe.
 Le 23/06/2012 Valérie Lehoux - Telerama n° 3258







Tant de temps, album posthume d'Henri Salvador:
élégant et lumineux


Par Gilles Médioni (L'Express), publié le 18/06/2012
Le disque conçu pour flâner le coude sur la portière, swingue sur les vagues à l'âme.
HENRI SALVADOR. Benjamin Biolay fait revivre le chanteur à travers l'album Tant de temps.

La belle voix caressante d'Henri Salvador, disparu il y a quatre ans, resurgit avec un album posthume, Tant de temps, réalisé par Benjamin Biolay - les mélodies qui dataient de 1999 avaient été composées en grande partie par Francis Maggiulli. Le disque reste fidèle au goût du jazz de l'interprète de Syracuse et de Jardin d'hiver, et une mélancolie élégante émane des arrangements frissonnants taillés comme un écrin pour son timbre intemporel. Le disque, conçu pour flâner le coude sur la portière, swingue sur les vagues à l'âme. L'ombre se cache derrière les bossas ensoleillées et les chansons des îles. Des morceaux comme Tant de temps ou Ça leur passera (en duo avec Biolay) donnent toute leur lumière à cette parenthèse humble et enchantée.







Henri Salvador, le teaser de son album Tant de Temps


//www.lefigaro.fr/musique/2012/04/18/03006-20120418ARTFIG00461-henri-salvador-le-teaser-de-son-album-tant-de-temps.php

Le disque posthume du chanteur, décédé en 2008, se dévoile un peu plus à travers une vidéo dans laquelle intervient Benjamin Biolay.
 
Tant de Temps, l'album posthume d'Henri Salvador à paraître le 18 juin, est le fruit d'une collaboration entre un artiste de renom et le défunt chanteur. Dans une vidéo, Benjamin Biolay, l'artisan de ce disque, et Catherine Salvador, la veuve du chanteur, reviennent sur la conception de cet album chargé d'émotion. 
L'histoire commence lorsque l'auteur-compositeur Francis Maggiulli (Nolwenn Leroy, Calogero) informe le producteur Laurent Manganas (Benjamain Biolay) qu'il dispose de six titres inédits composés et enregistrés par Henri Salvador en 1999, juste avant la parution de Chambre avec vue. Les mélodies et textes sont parfaits mais les arrangements méritent d'être refaits. C'est à ce stade qu'intervient Benjamin Biolay dans la réalisation de l'album posthume. Le chanteur, qui avait déjà collaboré avec Salvador sur Chambre avec vue, s'attache à revisiter ces arrangements tout en gardant la voix du chanteur guyanais. Biolay fait intervenir un trio de musiciens afin de moderniser l'instrumentalisation de ces inédits. Le but était de rester fidèle à l'œuvre de Salvador. «Je voulais que ce soit l'album qu'Henri aurait pu enregistrer avant Chambre avec vue entre 1950 et 2000», a déclaré Biolay. 
Grand ami de l'écrivain Boris Vian, avec qui il a composé plus de 400 chansons, Henri Salvador a su conquérir un large public avec des titres phares tels qu'Une chanson douce, Syracuse ou Le Travail c'est la santé. En 2000, son album Chambre avec vue, porté par le titre Un jardin d'hiver, s'est écoulé à plus d'un million d'exemplaires. Ce carton lui a valu le prix d'interprète masculin et celui de meilleur album de l'année, aux Victoires de la musique, en 2001.
Le dernier album d'Henri Salvador, Révérence, dans lequel le chanteur dit adieu à la chanson, paraît en 2006. «Il faut savoir partir», avait-il alors lancé sobrement, lors de son dernier concert, sur la scène du Palais des Congrès de Paris, en 2007.

L'opus, qui sortira le 18 juin, sera composé de nombreux inédits du chanteur, décédé en 2008.

Catherine Costa, la dernière femme du chanteur, souhaite publier un album posthume d'Henri Salvador. Intitulé Tant de temps, le disque sortira le 18 juin prochain. Cette œuvre sera composée de titres inédits du chanteur enregistrés en 2006. La voix de l'artiste a été conservée sans retouche. En revanche, l'instrumentalisation des morceaux devrait être revue et modernisée. Cette opération reviendrait au chanteur Benjamin Biolay.
Grand ami de l'écrivain Boris Vian, avec qui il a composé plus de 400 titres, Henri Salvador a su conquérir un large public avec des titres phares tels qu'Une chanson douce, Syracuse ou Le Travail c'est la santé. En 2000, son album Chambre avec vue a été un énorme succès et s'est écoulé à plus d'un million d'exemplaires. Ce carton lui avait valu le prix d'interprète masculin et celui de meilleur album de l'année, aux Victoires de la musique, en 2001.
«Il faut savoir partir»
Disparu en 2008, Henri Salvador avait pris soin de sortir un dernier album, Révérence, dans lequel il disait adieu à sa carrière musicale. «Il faut savoir partir», avait-il alors lancé sobrement, lors de son dernier concert, sur la scène du Palais des Congrès de Paris, en 2007.







Henri Salvador ressuscité

Un album d'inédits du chanteur disparu en 2008, magnifiquement arrangés par Benjamin Biolay, sort aujourd'hui.
EMMANUEL MAROLLE | Publié le 18.06.2012

Cela aurait pu être tragique. C'est au contraire magique. Le disque posthume d'Henri Salvador, « Tant de temps », qui sort aujourd'hui, est une merveille. On la doit bien sûr au chanteur disparu en 2008, mais aussi à Benjamin Biolay qui a réorchestré sa voix et ses chansons inédites. Des retrouvailles post-mortem entre les deux hommes après des années de brouille.

Biolay avait été à l'origine de son retour en grâce en 2000, grâce à l'album « Chambre avec vue » et son tube « Jardin d'hiver ».

Salvador avait vite voulu recadrer son sauveur. « Je n'ai attendu personne pour écrire des chansons. Cela fait tout de même soixante-dix ans que je fais ce métier… Je lui ai donné sa chance. Je suis généreux, mais je n'aime pas que l'on se foute de ma gueule », nous confiait, agacé, le doyen à propos de son benjamin en 2003. « J'ai juste eu tort de lui écrire de bonnes chansons puis de ne pas aller dans les pince-fesses avec tous les gens qui le félicitaient, alors que quelques mois plus tôt, ils le considéraient comme un vieux ringard », répliquait l'accusé dans nos colonnes en 2005. Ambiance…

« Le public ne l'a pas su mais ils s'étaient réconciliés », raconte Catherine Salvador, la veuve d'Henri, à l'origine de ce disque posthume. « Un ami commun avait recollé les morceaux », confirme Biolay, dont le nom s'imposait alors pour replonger en 2012 dans l'œuvre de son héros. Car c'est un Salvador bien vivant que l'on entend. « Six des onze chansons devaient sortir en 1999, précise son épouse. Il avait commencé à enregistrer des voix. Puis il a reçu Jardin d'hiver a laissé tomber le reste et a dit : Je veux travailler avec les gens qui ont écrit ça. »

«Ce disque était une façon (...) de finir l'histoire» Benjamin Biolay

On connaît la suite. « Chambre avec vue » se vend à près de deux millions d'exemplaires et les précédentes chansons en chantier restent dans les tiroirs. « C'était des versions de travail très chargées avec des faux pianos, un faux grand orchestre, des arrangements en plastique, raconte aujourd'hui Biolay. Mais quand j'ai isolé la voix d'Henri, c'est redevenu magique. »
Le musicien lui a donc offert un nouveau costume, des arrangements sobres et soyeux dans l'esprit de « Chambre avec vue ». L'album ressuscite le chanteur de l'époque et parvient à restaurer quelques trésors : un duo de 1991 avec Hubert Mounier, le leader de l'Affaire Louis Trio, bloqué pour des questions de gros sous et « Ça leur passera », que Biolay chante en duo virtuellement avec son maître. « La voix d'origine d'Henri n'était pas entièrement exploitable. J'ai pensé à Jacques Dutronc pour compléter le morceau mais il n'a pas voulu ou pu. Et Catherine Salvador m'a proposé de le faire. »

Le duo évoque la mégalomanie des artistes, comme un gentil duel d'ego entre les deux têtes de mule. Un symbole.    « Ce disque était une façon de réparer ce qui avait été arrêté brutalement entre nous, de finir l'histoire, commente Biolay. Je n'avais pas l'impression de réaliser un disque posthume. » « Tant de temps » est justement là pour faire vivre Salvador. « J'ai longtemps refusé de sortir quelque chose après la mort d'Henri, conclut sa veuve. Je n'étais pas prête. Maintenant, ça va mieux. Et puis, je ne veux pas qu'on l'oublie. »







Henri Salvador, quatre ans après

Un album posthume, Tant de temps  20/07/2012 -
L'album d'Henri Salvador qui vient de paraitre Tant de temps présente onze chansons nouvelles. En tout 8 chansons inédites de 1999, une de 1991 et deux enregistrements de 1962 réarrangés : 4 ans après sa mort, l'album posthume d'Henri Salvador est aussi le disque des retrouvailles avec l'arrangeur, producteur et interprète Benjamin Biolay, douze après Chambre avec vue. Interview de la dernière compagne du chanteur, Catherine Salvador.
RFI Musique : La première surprise est de découvrir qu'il y avait autant de chansons inédites d'Henri Salvador. 
Catherine Salvador : Pour moi aussi, ça l'a été. En fait, j'avais oublié ces chansons.
La plupart sont enregistrées en 1999. Avant Chambre avec vue, donc. 
Malgré sa paresse légendaire, c'était un grand bosseur. Il jouait tout le temps de la musique avec les copains. Pendant l'été 1999, il a commencé à bricoler avec Francis Maggiulli. Ils ont maquetté ensemble quelques chansons et, d'ailleurs, les photos qui sont dans l'album datent de cette séance. L'ambiance était très sympa, détendue, et Henri était très heureux. Un peu plus tard, on a reçu la chanson Jardin d'hiver et Henri est parti sur ce nouveau projet. Il a mis de côté ces chansons-là et on a continué à avancer. J'avais totalement oublié qu'elles existaient. Quand il est décédé, Francis Maggiulli, comme un cadeau, m'a fait parvenir une copie de ces chansons. Jusque-là, quand on me demandait s'il y avait des inédits quelque part, je disais que non. Immédiatement après le départ d'Henri, mon état d'esprit n'était pas à faire un disque. Le temps passant, il a fallu que le directeur artistique Laurent Manganas me dise : "Tu ne peux pas laisser dormir ça" Or j'étais gênée par les arrangements posés sur les maquettes. Des arrangements trop larges, trop sirop. Ces dernières années, Henri était parti sur quelque chose de plus dépouillé. On ne pouvait donc pas publier ces chansons dans l'état. C'est alors que l'on a pensé à Benjamin. Il a accepté pour deux chansons, puis pour quatre, puis il était tellement bien en studio avec les musiciens que l'album s'est fait tout seul. Une fois qu'on avait dépouillé la structure des maquettes et gardé la voix d'Henri, Benjamin a pu s'éclater. Je crois qu'il a vraiment travaillé dans l'émotion et le plaisir.
Étiez-vous avec lui en studio ? 
Les chansons avaient été validées par Henri, il les avait maquettées dans le bonheur, en avait écrit ou coécrit certaines… Pour en avoir parlé avec lui tout au long de notre vie commune, je savais ce qu'il voulait et surtout ce qu'il ne voulait pas. Connaissant le travail de Benjamin et la matière qu'on lui donnait, je ne voulais pas interférer. Si j'allais en studio, ils auraient tous été gênés. J'avais seulement le soir le compte-rendu des mises à plat qu'on m'envoyait par internet. Et Benjamin m'a fait le bonheur de rajouter Syracuse arrangé à la manière Ravel ou Debussy, avec des arrangements d'un style qu'adorait Henri. Benjamin savait que, pour Henri, Ravel était au sommet. Il a pris la voix originale de l'enregistrement d'Henri en 1962 et posé ces arrangements subtils et sophistiqués. J'ai été très émue en l'entendant : Benjamin ne m'avait rien dit. Il a fait la même chose avec la chanson Mon amour qu'Henri adorait et qu'il était incapable de chanter sur scène. La seule fois qu'il a essayé, de tout le temps que j'étais avec lui, il s'est mis à pleurer et il n'est pas allé jusqu'au bout.
Si j'avais été en studio avec lui, Benjamin n'aurait pas eu ces idées folles. Même si j'avais regard sur tout, mon absence lui permettait d'avoir une vraie liberté de création. Je reviens toujours à ce que disait Henri : il faut laisser les ailes aux artistes. Qui suis-je pour interférer dans le travail de Benjamin et d'Henri ? 
Benjamin a tout sublimé. Il n'a surtout pas voulu toucher à la voix, même si tout était enregistré en une prise. Malgré tous les outils qui sont maintenant à sa disposition, il n'y a pas touché. Il est vrai que c'est une voix miraculeuse, à quatre-vingt-deux ans. J'espère maintenant qu'Henri est content et fier, qu'on n'a galvaudé ni son nom ni son œuvre.
Qui es-tu ?, chantée en duo avec Hubert Mounier, est aussi une chanson inconnue.
Je ne connaissais pas cette chanson mais Benjamin savait qu'elle existait, puisqu'il est ami avec Hubert Mounier. À l'époque de l'Affaire Louis' Trio, en 1991, Henri avait accepté ce duo qui n'était jamais sorti et dormait chez Universal. En revanche, c'est moi qui ai souhaité un duo avec Benjamin Biolay sur Ça leur passera. Il a un apport colossal sur cet album et je lui en suis très reconnaissante.
Henri Salvador Tant de temps (Polydor/Universal) 2012
Par Bertrand Dicale
//www.rfimusique.com/actu-musique/chanson/album/20120720-henri-salvador-quatre-ans-apres







« Tant de temps », le dernier cadeau d'Henri Salvador

Quatre ans après son décès à 90 ans, Henri Salvador revient dans les bacs avec « Tant de temps », un bel album, conçu à partir de maquettes inédites, sorti chez V2 (Universal).

Comprenant onze titres, pour la plupart inconnus, ce nouveau disque propose entre autres une version retravaillée de Syracuse , et des duos avec Hubert Mounier et Benjamin Biolay, qui a savamment réorchestré l'ensemble. Il était déjà, avec Keren Ann, à l'origine du retour en grâce de Salvador en 2000 avec son album Chambre avec vue.
Catherine Salvador, dernière épouse du chanteur qui veille aujourd'hui sur sa mémoire et ses œuvres, revient sur l'histoire de ce projet particulier.
Quelle est l'histoire de cet album posthume ?
Catherine Salvador : Elle débute en 1999. À l'époque, Henri avait 82 ans et collaborait avec plein de musiciens et d'auteurs, il adorait cela. Il grattait la guitare, bricolait tout le temps. C'était un faux paresseux ! Un jour, il a reçu Francis Maggiulli, qui était membre des Charts, comme Calogero, et compositeur. Et Michel Modo, superbe parolier.
À la demande d'Henri, Modo avait écrit une chanson intitulée Une belle journée , sur laquelle Maggiulli a composé une mélodie. Henri est allé l'enregistrer dans le studio de Francis, en même temps que cinq autres titres. Les photos souriantes illustrant l'album ont été prises lors de cette séance. Puis nous sommes partis en vacances, Henri et moi, dans le sud.
Là, peu de temps après, il a reçu un disque : une chanson intitulée Jardin d'hiver que proposaient deux jeunes auteurs, Benjamin Biolay et Keren Ann. Henri l'a écoutée attentivement et m'a dit : « On va prendre cette direction. J'ai envie de faire un album avec ça…  » De là est parti le projet Chambre avec vue . Il a mis de côté les chansons de Francis, qui a dû se sentir un peu triste. Et on les a oubliées. Après le bonheur de cette reconnaissance tardive, il voulait tellement profiter de la vie…
Comment ces chansons ont-elles fini par refaire à la surface ?
Après le décès d'Henri, en février 2008, Francis Maggiulli a envoyé à la maison de disques les six chansons maquettées, qui disposaient alors d'un arrangement dans un style Big Band, avec gros orchestre et pas mal de violons. Moi, j'avais bloqué juridiquement l'utilisation du nom, de l'image et de l'œuvre d'Henri Salvador. Et là, je n'étais pas emballée par les arrangements. J'ai donc refusé que le disque se fasse. C'était trop lisse, même si Henri, avant de mourir, avait un projet d'album avec un Big Band qu'il devait aller enregistrer à Los Angeles…
Les chansons sont donc allées dormir dans un placard et y sont restées jusqu'à l'an passé, quand Laurent Manganas, directeur artistique, a eu l'occasion de les écouter à son tour. Il m'a appelée pour me dire qu'il fallait les sortir. J'aimais bien les mélodies et les paroles, j'ai même pleuré en les réécoutant. Mais l'environnement ne me convenait pas. Laurent a alors suggéré d'isoler la voix et de trouver un arrangeur pour refaire les accompagnements.
Le nom de Benjamin Biolay s'est-il imposé à vous ?
Pour être sincère, j'ai rapidement pensé qu'il était la personne idéale, qu'il saurait trouver les ambiances qui convenaient, comme il avait su canaliser douze ans plus tôt, avec Jardin d'hiver , l'envie de belle chanson que portait Henri. Mais je n'y songeais pas. D'une part parce qu'il était extrêmement sollicité et très populaire depuis son album La Superbe , d'autre part parce qu'après Chambre avec vue , Henri et lui s'étaient un peu brouillés. Même si cette histoire s'était réglée depuis longtemps, j'imaginais tout le monde ne parlant que de ça et je n'en avais pas envie.
C'est finalement Pascal Nègre, patron d'Universal Music, qui nous a donné carte blanche pour faire un album complet. Le projet est devenu très concret. Nous avons donc contacté Benjamin, qui était effectivement saturé de boulot mais a accepté d'arranger deux chansons. Peu après, il a dit oui pour quatre, et finalement les onze titres. Il l'a fait avec talent, dans un style parfait, épuré. Et il y avait trois surprises…
Vous voulez parler de cette version inattendue, très sensorielle, de Syracuse ?
Oui. Benjamin savait qu'Henri aimait Debussy et Ravel et en a donc tenu compte dans son écriture. Il s'est fait plaisir ! Nous n'avions pas réalisé que cette chanson célèbre – de Bernard Dimey – avait juste cinquante ans.
Et puis il y a cette incroyable chanson, Mon amour , constituée de deux mots. Henri l'avait « écrite » dans les années 1960, et il adorait la chanter mais il ne pouvait le faire sur scène car elle le faisait fondre en larmes ! Henri n'était pas avare de mots d'amour. Désormais, les amoureux pourront se les approprier.
La troisième surprise, Qui es-tu ? est un duo que je ne connaissais pas avec Hubert Mounier, l'ancien chanteur de l'Affaire Louis Trio. Lui et Henri étaient très amis mais j'ignorais qu'ils avaient chanté ensemble ! L'enregistrement se trouvait dans les archives d'Universal.
Il y a aussi la chanson Tant de temps , qui donne son titre à l'album…
Elle a été demandée par Céline Dion et figurera sur son prochain album. Comme elle adorait Henri et que c'était réciproque, j'ai donné mon autorisation…
Quel genre d'homme était Henri Salvador au cours de ses dernières années ?
Il disait que les années passent très vite lorsqu'on est âgé. Et il tenait à les vivre intensément. Il vivait le moment comme il était, en songeant toujours que demain serait plus merveilleux qu'aujourd'hui. Henri avait le rire large, chacun sait cela, il en avait même fait une arme de conquête. Mais c'était aussi le signe de sa grande capacité au bonheur. Il avait l'émotion à fleur de peau, pleurait beaucoup. Et je l'ai toujours vu considérer les gens avec qui il travaillait d'égal à égal, sans jamais se sentir supérieur. Sans doute parce qu'il avait fait du chemin lui-même.
Réserve-t-il d'autres surprises ?
Il existe des choses, oui, et je suis assez sollicitée. Je sais aussi que son centenaire approche, en 2017, mais je n'y songe même pas. Pascal Nègre m'a dit un jour qu'un bon disque n'avait pas besoin d'anniversaire pour sortir. Il a raison. La vie est longue et je veux faire les choses sereinement.
Recueilli par JEAN-YVES DANA







Henri Salvador:
Tant de temps. Bijou pour les oreilles.


Cela fait déjà plus de quatre ans qu'Henri Salvador est parti quelque part là-haut faire marrer le bon Dieu avec son rire inimitable. Il y a pourtant un nouvel album qui vient de sortir « Tant de temps » et c'est une des bonnes nouvelles de l'année.
On peut toujours se poser la question de la légitimité d'un album posthume. On peut toujours soupçonner les réels intérêts derrière cette drôle d'entreprise qui consiste à faire chanter un mort. Dans le cas de cet album, on n'a pas de doute. L'intérêt est artistique, évidemment.
Une des raisons du succès de cet album est la présence de Benjamin Biolay. C'est lui qui a eu la lourde tâche de d'arranger les titres qu'il avait composés et enregistrés juste avant l'enregistrement de "CHAMBRE AVEC VUE", album écrit avec la chanteuse Keren Ann.
Maître Biolay est entré en studio avec une équipe réduite de musiciens et a réussi son pari. Le résultat est bluffant, c'est de la dentelle. 11 titres qui se savourent, qui s'écoutent comme on boit un grand vin, avec le plaisir de chaque gorgée. Les mots coulent avec une fluidité déconcertante, les arrangements rappellent ceux de l'album "Rose Kennedy" de Biolay, on est dans l'ambiance surannée d'un disque d'un autre temps (les années 50 ? 60?) mais pourtant terriblement contemporain. Benjamin Biolay a d'ailleurs déclaré "Je voulais que ce soit l'album qu'Henri ai pu enregistrer avant « CHAMBRE AVEC VUE » entre 1950 et 2000 », ce qui en dit long sur l'intemporalité de l'oeuvre.
On notera deux excellents duos (avec Biolay et Hubert Mounier de l'Affaire Louis Trio) mais surtout une version de Syracuse très aérienne des plus réussies. À écouter d'urgence.
1. Ca n'a pas d'importance
2. Tant de temps
3. Une île sans elle
4. Mon amour
5. Une belle journée
6. Qui es-tu ? (en duo avec Hubert Mounier)
7. Paname a la Havane
8. Mes petites préférences
9. Ca leur passera (en duo avec Benjamin Biolay)
10. Doucement
11. Syracuse
Texte: David Nathan







J'aimerais tant revoir Salvador... par Benjamin Biolay

Par L'Express, publié le 22/06/2012

Benjamin Biolay s'est vu confier la direction musicale de Tant de temps, un album qu'Henri Salvador n'avait jamais fini et qui sort aujourd'hui. L'auteur de La Superbe rend ici hommage à l'interprète de Syracuse.
Lorsque j'étais enfant, ma tante m'a offert un disque d'Henri Salvador qui chantait Va t'faire cuire un oeuf, man. J'ai été immédiatement touché par son art du swing, sa voix extraordinaire, son jeu de guitare. J'ai commencé à acheter ses 33-tours et, quand j'ai rencontré, à l'adolescence, des musiciens pop comme ceux de L'Affaire Louis' Trio, j'ai été heureux de partager avec eux la même passion pour Henri. On avait d'ailleurs ce désir commun de faire chanter Charles Trenet par Salvador. Plus tard, après Jardin d'hiver (2000), j'en ai parlé à Henri, il a failli m'en coller une. Charles, quant à lui, m'a lancé: "Benjamin, pourquoi avez-vous écrit pour cet imbécile?" Je ne savais pas qu'ils se détestaient à ce point.
En 1999, je pensais Salvador à la retraite, un pote bouliste m'avait dit qu'il avait inventé une boule de haute technologie. Et puis j'ai appris qu'il cherchait de nouvelles signatures pour un album, et Keren Ann et moi nous lui avons envoyé une bossa: Jardin d'hiver. J'ignorais qu'il travaillait à l'époque sur cet album-ci, Tant de temps, avec Francis Maggiulli. Au moment de Jardin d'hiver, j'ai découvert deux Henri. Le Henri musicien pas sûr de lui, qui chantait comme un dieu et posait sur son nez de grosses lunettes à double foyer pour déchiffrer le texte. Et le Henri qui, à 82 ans, semblait prendre la grosse tête. A sa décharge, il s'était fait arnaquer toute sa vie et tenait sa revanche. Il me racontait des anecdotes sur Bruno Coquatrix [NDLR: patron de l'Olympia] et m'incitait à me méfier d'un légendaire directeur artistique. Je lui répondai: "Mais il est mort depuis longtemps." "Méfie-toi de lui quand même." On s'est brouillés par la suite, j'étais jeune, j'espérais une relation plus intime. Mais on s'est réconciliés grâce à une connaissance commune.  
Il y a quelques mois, Laurent Manganas, directeur artistique, m'a proposé d'assurer la direction musicale de Tant de temps. Il m'a confié des maquettes précaires qui dataient de 1999 et j'ai entendu cette voix de Salvador que je connaissais depuis tout petit.
Ce n'était pas intimidant de travailler sur ces chansons pour la plupart inédites, car je savais déjà ce qu'il aimait ou pas: j'avais parlé jadis de longues heures avec lui de sa vision de l'histoire de la musique. Il n'était pas dans la panthéonisation des artistes contemporains, mais il adorait Paul McCartney, Nat King Cole et Chet Baker.  
Les chansons de Tant de temps ont été enregistrées dans l'esprit qu'il aimait et les arrangements réalisés autour de sa voix. Parmi les chansons figure Mon amour, la seule dont il signe paroles et musique. Et aussi Tant de temps, une ballade façon Imagine, de John Lennon, ou Ça leur passera, dans laquelle je chante en duo avec lui pour des raisons techniques, les pistes n'étant pas entièrement exploitables. On a demandé à Jacques Dutronc, mais il ne pouvait pas, alors je l'ai fait. La version de Syracuse est celle d'origine, sans aucun filtre, on dirait du Nick Drake.
A aucun moment il n'y eut de côté morbide, posthume. Henri est mort tellement âgé et vraiment reconnu de tous. Tant de temps n'est pas le disque de trop. Pour moi, c'est un nouvel album d'Henri. J'ai la prétention et la candeur de penser que ce disque lui plairait.  
Tant de temps, par Henri Salvador (Polydor).  
Henri Salvador est dédécé le 13 février 2008, à l'âge de 90 ans.








09/12/2012
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