Alain YVER

Alain YVER

HIROH KIKAI

HIROH KIKAI




Portraits de Japonais par Hiroh Kikai
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Hiroh Kikai :
Asakusa Portraits, de Hiroh Kikai, Christopher Phillips, Noriko Fuku



 
Ce livre en noir et blanc très bien est l’oeuvre d’un photographe qui s’est posté avec son appareil dans le quartier d’Asakusa à Tokyo, quartier oû se trouve un temple Senso-ji qui attire les touristes de tout le Japon mais aussi quartier des plaisirs.

Il a photographié pendant quelques décades les gens qui passaient devant son objectif. Le résultat est une synthèse extraordinaire de l’humanité.

Ce qui compte n’est pas le décor quasiment toujours le même bout de mur, mais les gens tous différents avec leur personnalités, leurs façons de s’habiller, des pauvres et des riches, nous sommes loin du Japon aseptisé et dépersonnalisé que l’on nous a souvent présenté.











Hiroh Kikai (鬼海弘雄, Kikai Hiroo?)[1], né le 18 mars 1945, est un photographe japonais plus connu pour ses portraits en noir et blanc de gens pris à Asakusa (Tōkyō), un projet qu'il a poursuivi pendant plus de trente ans.

Sommaire

 

Premières années

Kikai est né dans le village de Daigo (aujourd'hui absorbé par Sagae, Préfecture de Yamagata) le 18 mars 1945, étant le septième et dernier enfant (et cinquième fils) de la famille[2]. Il a eu une enfance heureuse ; vers 11 ans il se mit à jouer seul dans la campagne entourant le village[3]. Il a été diplômé du lycée en 1963 et a travaillé à Yamagata un an, puis est allé à Université Hōsei à Tōkyō pour étudier la philosophie. Il était passionné de cinéma — il a particulièrement apprécié les films de Andrzej Wajda, qui écrira plus tard des préfaces à certains de ses livres, et de Satyajit Ray — et a dit qu'il aurait travaillé à la réalisation de film si cela ne demandait pas d'écrire, chose qui ne lui a jamais plu, et d'avoir de l'argent, qu'il n'avait pas[4].

Juste après son diplôme en 1968, Kikai travailla comme chauffeur routier[5]. Un an plus tard il travailla dans un chantier naval. Pendant ce temps il restait en contact avec son professeur de philosophie à l'université, Sadayoshi Fukuda (福田定良, Fukuda Sadayoshi?). Ce dernier avait de vastes centres d'intérêt, jusqu'à écrire une chronique pour le magazine Camera Mainichi; il présenta Kikai au rédacteur en chef Shōji Yamagishi, qui lui montra des photographies de Diane Arbus qui l'ont fortement marqué[6]. Kikai a commencé à prendre des photos lui-même en 1969. À cette époque-là, un reflex Hasselblad coûtait 600.000 yen, alors que le salaire mensuel normal d'un diplômé d'université était d'environ 40.000 yen ; Kikai en trouva un soldé à 320.000 yen et en parla à Fukuda, qui lui a immédiatement prêté l'argent, sans intérêts ni délai fixé. (Le prêt a été remboursé par la suite.) C'est le Hasselblad 500CM avec objectif de 80mm que Kikai a employé pour tous ses portraits depuis[7].

Carrière photographique

Kikai pensait qu'un travail en mer serait photogénique mais, faute d'expérience, il n'en trouvait pas. Il finit par en trouver un sur un thonier ; pour prouver qu'il ne forcerait pas le navire à se détourner, il s'était fait faire une appendectomie, sans motif médical, et avait montré la cicatrice[8]. Il a navigué dans le Pacifique du 6 avril au 9 novembre 1972, avec une escale pour ravitaillement à Manzanillo (Mexique). C'est à cette période qu'il a pris ses premières photographies publiées, qui apparaissent dans le numéro de mai 1973 de Camera Mainichi.[9] Mais Kikai décida que pour être photographe il avait besoin de savoir travailler en laboratoire, et il prit un poste chez Doi Technical Photo à Tōkyō (1973–6)[10]. En 1973 il gagna un prix à la 14ème exposition de l'association japonaise des photographes de publicité (Japan Advertising Photographers' Association)[11]. Il est devenu photographe indépendant en 1984, l'année de sa deuxième exposition solo et un an après la première[12].

Kikai habitait près d'Asakusa (Tōkyō) et allait souvent là pendant ses journées libres, pour prendre des photographies des gens de passage. Il y alla plus fréquemment en 1985, et trois recueils de portraits ont été publiés jusqu'à maintenant.

Ses autres projets photographiques à long terme concernent les quartiers résidentiels de Tōkyō et sa banlieue proche, et des photographies de personnes et de scènes en Inde et en Turquie, toujours en noir et blanc. Cependant, certaines de ses digressions occasionnelles contiennent des photographies en couleur des îles Goto, et même des nus[13].

Kikai n'a jamais fait partie d'un quelconque groupe ou cercle, préférant travailler tout seul, ce qui est rare parmi les photographes japonais[14]. Quand il ne sort pas exprès pour prendre des photographies, Kikai ne porte pas d'appareil. Il laisse les photos de famille à sa femme Noriko, et c'est elle qui utilise l'appareil photo quand ils partent en voyage ensemble[15].

Au début de sa carrière, Kikai dut souvent trouver des palliatifs pour gagner sa vie : il travailla parfois en usine, en 1980 chez Isuzu et en 1982 chez Subaru[16].

Kikai enseigna pendant quelque temps à Université d'art de Musashino (武蔵野美術大学, Musashino Bijutsu Daigaku?), mais il a été déçu par l'absence d'effort soutenu de la part des étudiants et a donc arrêté[17].

Kikai a fait des expositions solo à Tōkyō et ailleurs au Japon, ainsi qu'à Cracovie et à San Francisco ; ses tirages sont conservés par le musée municipal de photographie de Tōkyō (東京都写真美術館, Tōkyō-to Shashin Bijutsukan?, Tokyo Metropolitan Museum of Photography) et par le Centre pour la photographie (Center for Creative Photography) de l'Université d'Arizona, Tucson[18].

Portraits d'Asakusa

Hiroh Kikai (g.) entre des portraits d'Asakusa à la Musée de la Photo de Tōkyō (Tōkyō-to Shashin Bijutsukan), le 12 août 2011

Dès 1973, Kikai avait commencé à prendre une série de portraits carrés en noir et blanc dans le quartier d'Asakusa. Il a laissé cette série de côté jusqu'à ce qu'il s'aperçoive en 1985 que les murs rouges unis du Sensō-ji feraient un arrière-plan idéal. À partir de cette année-là, il s'est fixé de nouvelles contraintes pour la plupart de ses portraits d'Asakusa : le sujet se tient seul, droit devant l'appareil (initialement un Minolta Autocord bi-objectifs, plus tard le Hasselblad), regarde directement le photographe et est cadré jusqu'aux genoux[19]. Kikai attend parfois au temple pendant quatre ou cinq heures, dans l'espoir de voir quelqu'un qu'il voudrait photographier, et passe parfois trois ou quatre jours sans prendre une seule photo ; mais il prend parfois jusqu'à trois personnes différentes en une seule journée, et il a photographié au total plus de six cents personnes de cette façon[20]. Il pense qu'avoir un arrière-plan uni et une confrontation directe avec le sujet permet au spectateur de voir le sujet dans sa globalité, comme une personne sur laquelle le temps s'inscrit, sans aucun facteur limitant ou détournant l'attention[21].

Bien que Kikai ait commencé à photographier à Asakusa simplement parce qu'il vivait à proximité, il a continué à cause de la nature de l'endroit lui-même et de ses visiteurs. Asakusa, qui fut autrefois une quartier bouillonnant et à la mode, a perdu ce statut depuis bien longtemps. Kikai dit que si le quartier était aussi populaire et animé qu'il l'était avant la guerre, alors il irait ailleurs[22].

Ōtachi no shōzō / Ecce Homo a été le premier recueil de portraits d'Asakusa, publiée en 1987. C'est un livre de grand format avec des portraits pris à Asakusa en 1985–6. Kikai a gagné le Prix de Bienvenue 1988 de la Société Photographique du Japon (PSJ) pour ce livre, et le troisième Prix Ina Nobuo pour l'exposition correspondante[23].

En 1995, un certain nombre de portraits de la série ont été exposés avec les œuvres de onze autres photographes à Shashin toshi Tōkyō (« Tōkyō, ville de la photo »), l'une des expositions d'ouverture du Musée Métropolitain de Photographie de Tōkyō[24].

Le recueil Ya-Chimata, publié un an après, contient un plus grand nombre de portraits, avec une impression de moindre qualité et des pages plus petites.

Persona (2003) est un autre recueil de portraits pris à Asakusa. Quelques-uns font partie des premiers travaux de Kikai, mais la plupart sont postérieurs à tout ce qu'il a publié auparavant. Plusieurs sujets apparaissent deux fois ou plus, de sorte que le lecteur voit le temps passer sur eux. Le format du livre (33×31cm) est étonnamment grand pour un livre de photographies publié au Japon, et les planches ont été imprimées en quadrichromie[25]. Le livre a gagné le 23ème Prix Domon Ken et le Prix Annuel de la PSJ en 2004[26]. Une édition en plus petit format avec des photographies supplémentaires a suivi deux ans plus tard.

Asakusa Portraits (2008) est un grand recueil édité par le Centre International de la Photographie (ICP) de New York, publié conjointement avec l'exposition « Heavy Light » de l'ICP, consacrée à l'art et la photographie japonaise contemporaine. Les travaux de Kikai exposés à cette occasion ont reçu des critiques favorables[27], et Asakusa Portraits a été loué pour la qualité des photographies ainsi que (de la part de Paul Smith) pour la mode vestimentaire des personnes photographiées[28].

Portraits d'espaces

Kikai a dit que les gens et le paysage sont les deux faces d'une même médaille[29]. Quand il est fatigué d'attendre (ou de photographier) à Asakusa, il marche jusqu'à 20 kilomètres à la recherche de décors urbains dignes d'intérêt, pour en faire des « portraits d'espaces »[30]. En une journée, il peut marcher deux ou trois heures pour exposer une seule bobine de film 120[31]. Il photographie généralement entre 10 heures et 15 heures, et évite de photographier quand il y a des passants car leur présence transformerait les photographies en simples instantanés, trop faciles à lire ; même sans aucun sujet animé, il décrit ces images comme les « reflets de la vie »[32]. Parfois, Kikai trouve une scène qu'il veut photographier, attend là et ne déclenche que quand quelque chose d'inattendu apparaît dans le cadre. Après développement, il ne fait pas de tirages contact, et juge la photographie par le seul négatif[33].

Des échantillons de cette série sont apparus dans divers magazines au moins depuis 1976[34]. Pour chaque photographie, la légende fait seulement figurer l'adresse approximative (en écriture japonaise) et l'année.

Tōkyō Meiro (« Labyrinthe de Tōkyō », 1999) présente des portraits d'espaces déserts à Tōkyō (et parfois dans la ville voisine de Kawasaki). Il y a des devantures, des rangées de magasins ou des rues résidentielles. La plupart des bâtiments sont sans prétention. Comme la série d'Asakusa, ces portraits sont monochromes et carrés, pris avec une focale standard sur du film 120[35].

Tōkyō mutan / Labyrinthos (2007) — basé sur une série de photographies et d'essais publiés dans le mensuel Sōshi (草思?) de mars 2004 à juillet 2005, puis de la série « Tōkyō Polka » publiée sur Internet[36] — présente de nouvelles photographies du même type. Il y a des images carrées en noir et blanc de Tōkyō et Kawasaki, avec des compositions qui semblent l'effet du hasard et plutôt désordonnées, la plupart du temps des scènes désertes montrant des signes d'une activité récente et intense. La première et la dernière image sont un unique nu dans une vitrine, datant de 1978, et un très jeune enfant photographié en décembre 2006 (apparemment avec le même arrière-plan du Sensō-ji que dans Persona). Le livre contient également la série d'essais « Tōkyō Polka » écrite par Kikai, essais traitant des habitants de Tōkyō tel qu'il a pu les observer durant ses promenades à pied ou en train.

L'Inde

Kikai a indiqué qu'aller en Inde se sent comme un retour au Yamagata de sa jeunesse, et un dégagement de la vie à Tōkyō[37]. Sa photographie là est beaucoup moins prévue ou formelle que ses portraits des personnes ou des endroits à Tōkyō : après un début tôt avec la couleur film 120, il emploie noir et blanc 35mm le film en Inde - et a en riant indiqué qu'il emploierait 35mm à Tōkyō si la ville étaient plus intéressante et n'a pas rendu lui le sentir malheureux[38].

India, un livre de grand-format a édité en 1992, présente des photographies prises en Inde (et jusqu'à beaucoup de peu de degré Bangladesh) au-dessus d'une totalisation de période un peu davantage qu'une année et s'étendre de 1982 à 1990. Il a gagné Kikai le 1993 Société de récompense de photographie[39].

Indo ya Gassan (« L'Inde et le Gassan », 1999) est une collection d'essais au sujet de et de photographies de l'Inde. Gassan est une montagne en préfecture centrale de Yamagata près d'où Kikai a été apporté vers le haut ; dans ses essais, Kikai réfléchit sur l'Inde et la compare au Yamagata de sa jeunesse.

Shiawase / Shanti (2001) est une collection de photographies qui se concentre sur des enfants, les la plupart dont ont été pris dedans Allahabad, Benares, Calcutta, Puri et Delhi en 2000[40]. Il a gagné le Prix grand de la seconde Ville Sagamihara de photo Festival[18].

Malte, le Portugal et la Turquie

Kikai était l'un de treize photographes japonais invités près l'EU-Japon Fest à la photographie les vingt-six nations de l'union européenne ; il a passé vingt et un jours à Malte en septembre 2005 et une période courte au Portugal en octobre 2004, voyageant largement dans les deux pays[41]. En couleurs, ces photographies sont un départ à ses premiers travaux. Les la plupart sont plus ou les photographies moins franches des personnes. Une collection a été éditée en tant que huitième dans une série de quatorze volumes, In-Between.

Kikai a visité la Turquie plusieurs fois ; les photographies de la Turquie sont apparues dans le magazine Asahi Camera.[42]
















05/03/2012
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